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 Nuit Fauve {Jeu Macabre}

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Cendres de Rosée
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MessageSujet: Nuit Fauve {Jeu Macabre}   26.01.18 15:40

Nuit Fauve
Jeu Macabre & Etoile Destinée




C'est la nuit mais elle ne dort pas. La fatigue habite ses yeux mais ils ne se ferment pas.
Seule dans sa tanière, elle fixe le plafond et les jours qui ne seront plus.

Elle pense à son frère, ce jumeau jamais connu qui désormais hante ses rêves. Elle pense à son fils, cet enfant jamais connu qui désormais grandit loin d'elle. Elle pense... mais non, elle ne doit pas penser à lui. Pas à ce renégat qui vit près d'elle, à qui elle a donné l'asile, ce guerrier entouré d'ombres et de mystères. Mais plus elle le fuit, plus sa pensée la rattrape. Il lui colle à la peau, elle ne peut se défaire de son odeur qu'elle a imaginé cent fois mélangée à la sienne. Car oui, parfois elle rêve. Ses pensées s'égarent au creux de la nuit, elle se trouve dans l'obscurité d'une forêt épaisse qu'elle ne reconnaît pas, la brume se dissipe l'espace d'un instant, et il est là. Il ne dit rien, jamais, dans ces rêves. Il la regarde et elle ne peut détacher ses yeux de sa silhouette de chasseur.
Il l'obsède.
Le sommeil la fuit.
Elle a dans la tête des yeux verts et un pelage fauve.

Alors elle n'en peut plus et elle se lève. Sans un bruit, elle quitte la solitude de sa tanière dans laquelle elle s'est réfugiée et rejoint la clairière d'un camp endormi. Tout est paisible à la lueur de la lune. Le froid revigore ses muscles endoloris ; alors elle se demande, depuis combien de temps n'a-t-elle pas chassé à la seule lumière des étoiles ? La nuit l'attire dans ses bras. Après un instant d'hésitation, un seul, ses pattes la conduisent au seuil de la tanière des guerriers. Sera-t-il là ? Il l'a habituée à ses absences et elle ne sait pas ce qu'elle redoute le plus. Trouver sa couche vide, ou bien devoir affronter le questionnement muet de ses yeux ?

Elle n'a pas à se demander longtemps. A peine entrée, à peine sa vision accoutumée à l'obscurité, son regard trouve le sien. Comme elle, il ne dort pas. Son sommeil est-il aussi troublé que le sien ? Sûrement pas pour les mêmes raisons, pense-t-elle ; et elle espère se tromper. Lui aussi a ses fantômes et ses secrets. Elle en partage certains – elle voudrait en partager davantage. Dès qu'elle le voit, le désir la prend de s'approcher jusqu'à le frôler, comme la première fois qu'ils se sont rencontrés. Depuis, ils n'ont plus jamais été aussi proches ; depuis, ce souvenir la hante, la ronge de l'intérieur comme la faim.

J'ai tant besoin qu'on se noie dans les nuits fauves.


Elle le regarde, une invitation tacite dans ses yeux brillants comme deux pleines lunes. Puis elle se détourne et quitte la tanière comme elle est arrivée, simple spectre d'une nuit sans étoile. L'astre seul occupe tout l'infini du ciel. Son museau immaculé se lève vers cet océan d'encre, elle est habitée par la nuit. Elle l'attend, et lorsqu'enfin il sort, son odeur l'entoure toute entière et elle voudrait s'y noyer. Enfouir son museau dans son pelage, disparaître dans le creux de son poitrail, entre ses larges épaules qui roulent à chacun de ses pas. Mais elle se contente de tourner la tête vers lui, et là encore son regard l'électrise.

« J'ai besoin de sortir chasser ce soir. J'ai pensé que tu voudrais m'accompagner. »

Invitation plutôt que commandement, sa voix est calme et posée, tout le contraire de ce qu'elle ressent à cet instant. Elle n'est plus reine ni meneuse : elle n'est plus que pur instinct et adrénaline. Créature de la nuit, comme lui.

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Dernière édition par Étoile Destinée le 10.02.18 9:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nuit Fauve {Jeu Macabre}   27.01.18 19:38

NUIT FAUVE
Étoile Destinée & Jeu Macabre

«you're my only compass»

Jeu Macabre est rentré tard. Voilà bien longtemps que la nuit a endormi le soleil. Il a déposé deux proies sur le tas de gibier, une grive et un mulot, de petites créatures mais c'est toujours ça de pris, c'est ce que lui disait son mentor dans une autre vie. C'est toujours ça de pris. Ne pense pas à ce que tu aurais pu avoir, mais à ce que tu as. Que possède-t-il ce soir ? La lune et les étoiles peut-être, elles brillent seulement pour lui, le camp dort comme le soleil. Le lendemain la vie reprendra ses droits, les apprentis fileront hors de leur tanière pour attendre patiemment qu'on les emmène voir le monde, les guerriers s'étireront, las et préoccupés. Mais demain pourtant, ils vivront, ils attendront que la nuit tombe, encore et encore, jusqu'à des jours meilleurs. Ils espèrent encore. Et qu'est-ce que c'est beau.

Mais dans toute cette belle effervescence il n'est pas à sa place, son Clan est loin, transi de froid, pétri de doute et lui est parti. Alors même depuis qu'il est ici, à l'abri, il s'enfuit pendant des jours. Non pas qu'il soit prisonnier, mais une force magnétique semble vouloir le retenir ici. Auprès de la lune. Quelque chose, quelqu'un, veut l'empêcher d'être libre et de toute façon il comprend qu'il ne le veut pas non plus. Alors il tire sur ses chaînes invisibles, il tire de toutes ses forces, elles lui arrachent la peau et l'âme mais il continue et réussit à s'effacer, quelques jours, une lune parfois. Le temps passe, mais plus il s'éloigne plus le temps pèse et plus il s'écoule lentement.  Jeu Macabre finit toujours par revenir et la lune brille chaque fois plus fort, suivant le rythme de son cœur. Et  à mesure que ses pas feutrés le rapprochent du camp, les tambours hurlent dans sa poitrine et le poids dans son estomac vide s'estompe, comme du sable dans l'eau.

Il sent le bonheur et cela fait si longtemps qu'il ne le reconnaît pas. Il le confond avec la peur, il appréhende l'avenir, et si les étoiles noires revenaient ? Mais elle brille tellement fort, le destin semble le caresser d'un doigt de velours lorsqu'elle est là, c'est forcément un piège se dit-il en plissant les yeux. Et si cette fois encore il restait le violent, le laid avec sa gueule de travers et ses yeux délavés, ses cicatrices terrifiantes et sa voix brisée. Si cette fois encore un autre ravissait la belle avant lui ? Si cette fois encore il décidait de couper lui-même ses ailes pour s'empêcher de voler, pour être sûr que tout se passerait bien, dans la frustration et la douleur, mais pas dans la déception cruelle qui étreint le cœur lorsqu'il fait froid et qu'on se sent seul. Il refuse qu'on le rejette. Et il refuse de s'attacher. Ils sont tous morts.  

Le guerrier, rompu de fatigue, s'engouffre bien vite dans la tanière des guerriers. Il se faufile jusqu'au fond, prenant soin de ne réveiller personne. Il sait bien qu'ils ne l'aiment pas beaucoup, il comprend, lui-même n'aurait jamais supporté un réfugié dans son genre. Mais au moins chasse-t-il pour eux, au moins ne se sert-il jamais dans leur réserve. Un fantôme bienveillant dont on se méfie. Le froid le fait trembler un peu, ses muscles endoloris par la marche le lâchent d'eux-mêmes et il s'affale dans un lit de mousse, à l'écart des autres. Un moment il hume leur senteur si particulière, pas désagréable même si moins intense que celle de son ancien Clan. Elle porte ce parfum elle aussi. Doucement il s'endort en y pensant, il se souvient de ses crocs plongés dans son pelage. De cette nuit sur l'asphalte.

Une heure plus tard peut-être il est réveillé en sursaut par un cauchemar. Il est seul dans une vallée d'ombre et une petite chatte aux yeux vairons lui hurle dessus. Il l'a abandonnée. Sa respiration saccadée le pousse à relever la tête pour mieux reprendre son souffle. Et voilà que son regard préféré répond au sien. Elle est là, elle l'attend dehors. Elle se détourne. Il ne se préoccupe pas de faire sa toilette et file hors de la tanière, lorsqu'il arrive à son niveau il feint la nonchalance. Elle ne doit pas savoir, mais elle sait. Ils savent tous les deux. Il ne croit pas qu'elle soit venue lui confier une mission, ni lui demander de partir, pas comme ça, elle a trop d'honneur.

Elle lui dit qu'elle a besoin de chasser. Elle veut plonger dans la nuit, il lui faut s'échapper, elle aussi. Un instant il se souvient de ce que c'est d'avoir des responsabilités, de ne penser qu'aux autres et d'oublier ses propres courbatures, sa propre faim. Il hoche la tête sans un mot et la frôle pour ouvrir la marche. Ils sortent du camp, parfois il se retourne pour observer ce regard électrique, presque fou, délivré par le voile de l'obscurité. C'est la première fois qu'il la voit ainsi, mais ce n'est pas pour lui déplaire. Elle n'est pas un monstre froid. Il faut qu'il parle, avant qu'ils soient trop loin, avant que la forêt et les chants de la nuit ne les captivent pour de bon.

«  Tu sais, je crois que tout va changer, je crois que le monde que nous connaissons va s'effondrer, mais je sais que je ne veux pas être seul quand ça arrivera. »


Il vient de jeter sa dignité et sa fierté aux oubliettes. Faites qu'elle dise quelque chose. Il sait que c'est maladroit, il imagine qu'une reine veut entendre autre chose. Mais comment lui faire comprendre qu'il voudrait l'emmener loin, l'arracher à tout ça, pouvoir chasser ainsi toutes les nuits sans penser aux patrouilles et aux batailles ? Comment lui dire que c'est elle qui le retient, qui brise ses rêves d'évasion ? Il a peur de l'emprise qu'elle peut avoir.

« Mais je ne veux pas te faire de mal. » dit-il alors qu'ils atteignent un petit bosquet.

Il se fige en entendant une souris, les vieux réflexes ne meurent jamais.

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MessageSujet: Re: Nuit Fauve {Jeu Macabre}   10.02.18 11:03


Il lui est apparu le plus simplement possible, le pelage ébouriffé par sa nuit écourtée et encore parsemé de quelques brins de mousse qui lui tirent à elle l'ombre d'un sourire. Malgré son calme apparent, elle perçoit la tension qui habite son corps. Aussitôt, elle le sait prêt à se plonger dans la nuit avec elle. La forêt l'appelle lui aussi, et pour une fois, pour un soir, l’Étoile ressent le plaisir du partage et des cœurs qui s'unissent. Il la frôle en passant, peut-être par hasard ? elle doute encore de ses intentions. Le mystère qu'elle respire à ses côtés la fascine autant qu'il l'effraie, et elle n'est pas sûre de vouloir des réponses, pas tout de suite. Pour le moment, elle veut seulement s'abandonner à un instant de liberté et une illusion d'infini.

C'est ensemble qu'ils sortent du camp en silence, telles deux ombres parties rejoindre les ténèbres desquelles elles sont nées. Aussitôt ses sens s'éveillent, comme une bouffée d'air salvatrice, elle se sent vivre à nouveau. Leurs foulées s'allongent et elle retrouve son corps souple et agile d'autrefois. Elle a grandi dans ses terres, mais suspecte le guerrier de les avoir explorées au point de les connaître sensiblement : il y aura sûrement vu son devoir, une nécessité pour s'acquitter au mieux de la dette qu'il croit avoir envers elle et son clan. Car elle a remarqué ses efforts pour alimenter la réserve de gibiers chaque jour, et quelque part, elle l'admire un peu pour cela.

A peine le calme néant de la plaine les enveloppe-t-il qu'il se met à parler. Sa voix est rauque comme d'habitude, le silence l'a forgée, mais elle est surprise d'y trouver une douceur inconnue. Il s'adresse à elle presque avec familiarité, et elle songe qu'à vrai dire peu la connaissent aussi bien que lui. D'ailleurs il y a quelque chose de rassurant dans ses paroles malgré le fatalisme qu'elles expriment et qui, au fond, fait écho à ce qu'elle sait déjà. Et pourtant, au-delà de ce « nous » qu'il formule, elle doute. Et fait dévier le cours de la conversation de là où il voudrait l'emmener, par peur sûrement, alors même qu'elle se rapproche du guerrier et que leurs pelages à nouveau se frôlent sans se toucher.

« J'aimerais avoir tes certitudes. J'aimerais avoir l'assurance que tout ça finira un jour... Je n'en peux plus d'attendre. » Elle soupire. C'est comme un orage qui ne vient pas. Toute la tension accumulée de ces dernières lunes, elle la sent dans ses muscles tendus, jusque dans ses os transis de froid. Le métal même de ses yeux s'est émoussé ; mais pas ce soir. La présence du guerrier a aiguisé le tranchant de son regard, qu'elle darde sur lui sans peur de le blesser.

Et c'est à ce moment qu'il lui avoue que, lui, a peur. Alors elle le sait vulnérable, sous son armure de guerrier il y a une faille. Quelque chose qu'elle a entraperçu à plusieurs reprises, lorsqu'ils étaient face-à-face et que son visage affichait autre chose qu'une froide détermination. Un doute ou un espoir, elle ne sait pas trop ; quelque chose en tout cas traverse son visage l'espace d'un instant. Qui sait où cela les mènera ? « Tu ne veux pas être seul ; moi j'ai peur de ne jamais l'être. » Soudain lasse, elle détourne le regard. Elle n'ose formuler les pensées qui l'assaillent et pourtant, pourtant, elle sait qu'il est le seul qui pourra jamais la comprendre. Peut-être.

Au même moment, il se fige et elle comprend pourquoi en décelant l'odeur d'une souris mêlée à celle des bois qu'elle connaît si bien. Aussitôt l'instinct prend le dessus, elle devient la chasseresse qu'elle n'a jamais cessé d'être. Le givre crisse sous ses pattes alors qu'elle s'aplatit au sol. Pendant un instant, elle ne pense plus qu'au goût métallique qu'aura le sang dans sa bouche et pendant un instant, elle en salive. Elle rêve de planter ses crocs dans la chair tiède du petit être dont elle perçoit maintenant les battements de cœurs effrénés. Sait-il que sa fin est proche ?

« Je n'ai jamais chassé en duo avant, avoue-t-elle dans un murmure. On dit que l'on souffre toujours la première fois. Comment le saurais-je ? Mais je crois que la seule qui soit en danger ce soir, c'est cette souris. »

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MessageSujet: Re: Nuit Fauve {Jeu Macabre}   06.03.18 12:21

NUIT FAUVE
Étoile Destinée & Jeu Macabre

«I want you to see the point, I want you to fill the void» TN

Le givre et la nuit gémissaient. Les deux ombres se confondaient de temps à autre, chuchotant, écoutant surtout.


Elle lui dit qu'elle voudrait être seule, pour une fois. Sur l'instant il ne comprend plus, il se sent perdu, rejeté. C'est elle qui lui a demandé de l'accompagner, elle qui lui envoie des signaux de fumée, des regards, des gestes qui lui promettent tant et n'apportent rien. Sur l'instant il se sent blessé, mais il ne dit rien, reste contracté, comme toujours, encaisse peut-être a-t-il mal compris. Il n'a jamais été bon pour les longues conversations, il ne saisit jamais tout de suite où les autres veulent en venir. Lui est droit, lui est franc et va droit au but, il aimerait le faire tout de suite. Lui dire que sa seule envie c'est de partir avec elle ou bien de dormir près d'elle, dans cette maudite tanière, cette tanière de chef, dont le nom les empêche de faire ce qu'ils veulent. Les convenances, les règles, il en a assez lui qui n'a vécu que par un Code, qu'à travers des phrases répétées, réécrites, encore et encore, pendant des années. Il veut lui dire qu'à présent plus grand chose ne compte, que la chaleur de son souffle, la clarté de ses yeux posés sur lui. Mais voilà, il y a ces conventions, même en amour.

Amour, peut-être. Ou admiration, fascination, besoin inhérent ? Il ne sait plus trop, voilà tant de lunes qu'il n'a pas senti ce pauvre cœur s'agiter dans sa poitrine. Il ne pourrait s'agir que d'un essoufflement, comment savoir si c'est ça l'amour ? Et jamais il n'a connu d'amour partagé, Muse Solaire, la seule reine qui avait su attirer sur elle une attention différente de celle qu'un lieutenant porte à tout un chacun, avait beaucoup compté. Mais jamais elle n'était venue le remercier de l'avoir tant protégée, jamais elle ne lui avait rendu ses attentions, il savait qu'elle était timide mais par le Clan des Étoiles il aurait donné son sang pour un regard d'elle. Il avait donné son frère.
Alors qu'était-il encore capable de faire s'il s'avérait qu’Étoile Destinée l'aimait.

Elle aussi est née et formée pour chasser. Jeu Macabre l'imagine apprentie, il ne sait pas grand chose d'elle mais il se forme une image sérieuse dans son esprit. Il observe ses muscles fins se tendre, il pourrait presque entendre les battements de son cœur, qui augmentent en intensité avant de ralentir pour faire place à la concentration. Il compare leurs corps qui n'ont rien avoir. Pourtant la vie n'a épargné aucun d'eux. Son corps fin et gracieux, ombre et lumière, sa fourrure qui lui semble si douce d'où il se trouve, jamais assez proche. Son corps dur et noueux, souillé, rêche, tailladé, toujours trop loin.

Mais il a soudain envie de la défier, il veut jouer un peu. Lui aussi se met en position et au moment où elle va bondir il lui assène un petit coup de patte pour la déséquilibrer. Il en profite, s'élance, priant pour ne pas rater sa cible, lui le piètre chasseur. Et cette fois-ci, comme pour faire rire la forêt, il est très précis. L'air frais le transperce tandis qu'il fond sur sa proie. Le sang chaud inonde sa gueule et à peine l'a-t-il tué qu'il lâche la créature. Chasser n'est pas vraiment ce qui l'intéresse ce soir.

« Le danger peut venir de n'importe où. C'est ce que je disais toujours à mes apprentis, du temps où on me faisait encore l'honneur de m'en confier. » dit-il avec une pointe d'amertume dans la voix.

Il continue, emporté soudain, emporté par le tour que prennent les choses emporté parce qu'il ne voit pas tout de suite où elle veut en venir. Où tout cela les mène.
« Le temps nous manque, les étoiles, si elles sont encore ici, savent que je répugne à m'exprimer si frontalement quand ce n'est pas pour organiser une patrouille ou donner un ordre. Mais le temps s'enfuit sous nos pas. Tu n'as jamais chassé en duo soit. Moi je n'ai jamais vécu en duo. Alors je te le demande, quand ce monde va changer, quand les lois vont s'effondrer et quand il faudra tout reconstruire, seras-tu à mes côtés ? »

Il est haletant. Il ne prend pas le temps d'écouter une réponse, il lui semble à présent que rien ne va assez vite, que les secondes s'égrènent dans un sablier géant qui joue contre lui. Il se met à marcher, enjambe la bête morte, s'enfonce plus avant dans les bois, libre à elle de le suivre. C'est comme s'il était encore dans le noir, baignant dans le ventre de sa mère, près d'Orage Noir, c'est comme s'il leur était impossible de sortir mais qu'ils sentaient ce qui se passait à l'extérieur. Il y a cette barrière entre lui et le monde, la vie, elle. Et cette barrière est comme un gouffre impossible à franchir. Il faut qu'il crie, qu'il se débatte, mais il se dit que parler est déjà bien assez difficile. Il s'arrête encore avant de reprendre son chemin. Il parle plus fort, convaincu qu'elle est restée derrière, sans savoir quoi dire, sans savoir comment lui faire comprendre qu'il n'est pas digne de lui dire ces choses. Qu'il n'est pas digne d'elle.


« Ton nom a résonné comme une évidence. Mais quel destin m'attend donc ? Je ne suis plus si jeune, ni si fort, je n'ai jamais été beau, je n'ai jamais été brillant. Mais j'ai besoin de savoir si je pourrais m’enorgueillir de marcher avec toi, d'entendre les autres dire que je veille bien sur toi, et que même si je ne mérite pas ce qui m'arrive j'ai de la chance. Je ne sais pas ce qui t'est arrivé mais je veux pouvoir dire que je sais qui tu es. Je suis fatigué. »

Il est son propre personnage, le museau maculé de sang, les épaules saillantes, ses yeux verts fixant la lune d'un air froidement déterminé. Voilà, c'est dit, voilà ce qui l'anime et il sait que ça sera la dernière fois. Son souffle chaud l'entoure de vapeur tandis qu'il accélère encore.


[HRP: ceci est absolument nul, mais j'ai mis tellement de temps à te répondre que je ne pense pas pouvoir faire mieux ._. ]

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MessageSujet: Re: Nuit Fauve {Jeu Macabre}   23.04.18 7:13


Elle sent son regard qui s'est posé sur elle comme un oiseau de proie. Elle le sent comme une caresse, un effleurement, un contact physique qui la fait frissonner, là, au creux de la nuit. Sait-il à quel point il la déstabilise ? Elle fait tout pour ralentir le rythme de son cœur, de son imagination débridée qui s'aventure sur des terrains encore inexplorés. Pourquoi faut-il que ce soit lui ? Pendant tant d'année son cœur n'a pas flanché. Elle s'est crue immunisée, distante et exclue de tous ces couples qui s'aiment et puis se quittent. Elle pensait son destin différent. Pourtant il a suffi d'une nuit et d'un peu de pluie pour la perdre.

Elle est déconcentrée tout à coup, l'a-t-il remarqué ? En tout cas il profite de son hésitation, elle a attendu une seconde de trop avant de fondre sur sa proie et voilà que c'est lui qui s'élance à sa place. Son coup de patte la surprend comme un éclair dans un ciel tranquille, il illustre sa maxime. Le danger peut venir de partout. Même de lui. L'a-t-elle jamais considéré comme un danger, lui le guerrier en exil, le condamné ? Oui, sans doute, sinon il ne la troublerait pas tant. Encore une fois, elle se surprend à parcourir son corps du regard, ce corps sec et nerveux fait pour la guerre, pour tuer et meurtrir. Son museau est déjà maculé du sang de sa proie.

Mais face à lui, elle n'a pas peur. Jamais. Seule sa fierté se rebiffe d'avoir été ainsi devancée et corrigée comme une apprentie inexpérimentée. Elle voudrait ouvrir la bouche, le repousser d'une réplique froide et cinglante, lui rappeler son orgueil d’Étoile. Mais il ne lui en laisse pas le temps, à nouveau il se met à lui parler. Alors elle écoute, en silence, elle le fixe de ses yeux comme deux lames attentives. Au moindre faux pas il pourrait s'écorcher et il en est sûrement conscient.

Il continue pourtant. Ses mots sont si soudains, son émotion si inattendue, qu'elle ne sait que dire. Elle préférait lorsqu'il la surprenait avec ses gestes et non pas avec ses paroles, bien plus tranchantes. Est-il blessé par son absence de réaction ? Le visage de la chasseresse demeure impassible alors qu'elle observe le guerrier se débattre dans un piège qu'il a, semble-t-il, posé pour lui-même. Elle comprend trop tard qu'il se livre à elle entièrement. Qu'il parle de sentiments bruts, de promesses, d'espoirs. Enfin son armure se craquelle, ou plutôt non : il l'ôte de lui-même, tel un combattant déposant les armes. Et elle est là, face à lui.

Puis il la fuit. Elle hésite d'abord, mais ses pattes se mettent finalement en mouvement. Elle le suit à travers les bois, courant bientôt pour ne pas se laisser distancer. Elle le poursuit comme on poursuit un rêve. Puis il s'arrête et elle fait de même, à une distance toujours plus courte de son pelage rêche et pourtant si invitant. Elle aimerait le faire taire d'un geste mais il parle encore, comme un fleuve qu'on ne peut plus endiguer. Et s'éloigne à nouveau, comme s'il ne pouvait faire face à ses propres aveux. Est-il en train de la fuir ? Alors elle se fond dans la nuit, serpente entre les arbres, devient une ombre habitant le silence. Bientôt elle le rattrape dans sa course et l'oblige à la regarder. Elle a besoin de sentir son regard sur elle, ce regard enflammé qui la fait exister. Leurs deux souffles se mêlent dans l'air glacé.

« Reste. »


C'est, dans un premier temps, le seul mot que sa bouche est capable d'articuler. Mais elle y met toute tout son commandement, comme une véritable Étoile, toute sa force et sa conviction... tout son désir.
Sait-il seulement à quel point elle le désire ?

« Je ne peux pas te faire de promesse
, murmure-t-elle doucement. Ils sont si proches maintenant que cela suffit. Si tu crois que nos noms définissent nos vies, alors vois : je suis une étoile et je suis destinée. Toujours, j'ai cru que ce destin était lié à mon clan, qu'il fallait que je n'existe que pour lui, je me suis offerte à la Lune. Tu étais lieutenant, tu as vécu cela... Mais ce que tu ignores, c'est que lorsque nos ancêtres nous cèdent une vie, elle ne nous appartient pas – elle aussi appartient au clan. Il m'en reste cinq. »

Elle marque une pause. Se confie à son tour.

« Il y a tant de choses que j'aimerais te donner mais je crains de ne pouvoir le faire. Et toi tu me donnes déjà tant – je préférerais que tu ne ne le fasses pas, il serait alors plus facile d'ignorer mes propres souhaits. Mais tu me parles de vie, tu me parles d'avenir, et il n'y a plus rien de macabre en toi. Alors peut-être que nos noms ne veulent rien dire après tout. »

Plus elle le regarde et plus elle doute, se sent vaciller au bord du gouffre. Ses yeux verts l'encouragent à formuler à voix haute ce qu'elle a toujours su mais qu'elle n'a jamais pu se résoudre à avouer à quiconque.

« Tu me connais déjà parce que je suis comme toi... Jeu Macabre, la vérité est que nous aurions dû partager nos vies depuis bien longtemps si le hasard n'en avait pas voulu autrement. Car mon sang est celui du Clan de l'Ombre, c'est à lui que j'aurais dû appartenir, c'est à toi. »


Un secret comme preuve d'amour. Voilà ce qu'elle peut lui offrir.

« J'ai la folie de croire que notre rencontre est un moyen de rattraper cette erreur. Alors... reste. »


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