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 Jeter les armes |Appel du Loup|

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Épopée des Lucioles
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MessageSujet: Jeter les armes |Appel du Loup|   Dim 1 Juil - 17:17


Épopée des Lucioles




Jeter les armes
feat. Appel du Loup

«Tu n’es pas responsable, Luciole.»

Ses mots m’étreignent, tentative futile d’interrompre ma contemplation pensive de ces événements. La chose m’obsède. Je ne peux plus fonctionner sans y revenir sans cesse malgré tous mes efforts pour m’en détacher. Parmi la forêt de brume, j’entends sa voix au loin, son Appel qui détruit tout ce que j’ai mis du temps à construire. Pourquoi dois-je être si fragile? Si vulnérable? Je jette un coup d’œil vers la silhouette étoilée qui me scrute depuis les ombres. Elle s’avance, toujours à ma poursuite, toujours aussi désespérée. Je croise son regard, celui là si ancien et pourtant jeune et inexpérimenté. Je sens qu’il cherche les mots pour me sortir de ma propre prison, mais je me cambre et m’éloigne à nouveau. Heureusement, il est persistant. Il a vu d’autres plus obstinés avant moi. Il n’a jamais abandonné.

«Tous ne peuvent pas t’aimer, tu sais?»

«Bien sûr que s…»

«Crois-moi, j’ai essayé. J’ai même perdu une vie à cause de cette idée naïve. Puis j’ai perdu toutes les autres en me disant qu’on m’aimerait si je les défendais tous. Je regrette encore cette décision, Luciole, et maintenant je te vois sacrifier les mêmes parts de toi. Ça suffit.»


Je détourne les yeux. On m’a dit, on m’a conté. Comment le brave Étoile Sombre a foncé dans la mêlée, furieux, destructeur. On m’a dit comment il est mort, surchargé. On m’a dit qu’il a donné sa vie pour nous. Je n’aime pas ces discours, plus avoir l’avoir connu dans le monde des songes là où il tente de veiller sur moi malgré toutes mes réticences.

«Je ne comprends pas, Étoile Sombre. J’essaie si fort. J’ai tout tenté, mais ce n’est jamais suffisant.»

«Tu crois qu’il s’en soucie? Épopée des Lucioles, il ne mérite même pas tout ce que tu fais pour lui. Ce qui le pousse à la haine lui appartient. Même si c’est difficile pour toi à admettre.»

«Va t’en!»


Je m’éveille. La nuit est encore sombre, le ciel derrière le couvert des arbres piqué d’étoiles. Je soupire, la tête encore alourdie par le poids des songes, les réflexes émoussés. Je mets un moment à réaliser que j’ai trouvé sommeil au pied d’un chêne, loin encore une fois de la tanière des guerriers. De toute manière, je n’y trouve pas la paix depuis ma conversation avec Appel du Loup, que je tente désormais d’éviter. Partagée encore la rancœur et le désespoir, j’ai préféré opter pour une approche prudente. De m’éviter une fois de plus ses reproches creux. Il a voulu détruire ce masque qui me permet d’avancer, il n’a pas vu que c’était nécessaire. Et à présent, il a raffermi mes défenses. Je ne sais plus à quand remonte ma dernière conversation sincère. Je me suis perdue à mon propre jeu, mais celui-ci me rend un peu malade aussi. Je ressens encore une fois les brûlements au creux de mon estomac, ceux-là que j’ai décidé de ne pas traiter. Mon frère, je préfère ne pas le mêler de mes histoires.

Je m’étire à travers une aube paresseuse. Le Clan, bientôt, se lèvera. Je devrai distribuer les tâches et m’enquérir du bien-être de chacun. Pourtant, aujourd’hui je n’ai que l’envie de fuir. Loin vers l’horizon, loin pour qu’on ne me trouve plus. Lorsque je sens ma gorge me piquer, je décide de plutôt obéir aux responsabilités qui me pèsent. Les pensées m’affligent; je me dirige par automatisme en direction du campement. Étoile Sombre m’a souvent dit de suivre mes pattes car elles connaissent le chemin du cœur. Aujourd’hui, ces pattes me mènent directement au cœur d’un trou que j’ai manqué de repérer. La chute me tire un cri qui bientôt s’étouffe. Je me heurte contre les parois et atterris lourdement contre ma patte avant droite. Le choc envahit tout mon corps et je peine à reprendre ma respiration devant la violence de cet atterrissage. Je vois sans mal l’ouverture par laquelle je suis entrée, mais je sais que je ne parviendrai jamais à y grimper, les parois trop raides pour me permettre de m’y hisser avec mes trois pattes fonctionnelles. Je lèche frénétiquement ma patte blessée, inutilisable, les larmes me venant aux yeux. Entre deux léchées, j’appelle pour qu’on vienne me sortir de là, tremblante et en proie d’une grande douleur. Les parois de ma prison semblent se refermer un peu plus contre moi et je me sens paniquer.

Pourvu qu’on me trouve.
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MessageSujet: Re: Jeter les armes |Appel du Loup|   Ven 13 Juil - 19:41

Jeter les armes
Épopée des Lucioles & Appel du Loup
Half in the shadows
Half burned in flames


Il sort à contrecœur de la torpeur bienfaitrice. Le sommeil lui apporte chaque nuit la paix qu’il ne trouve plus nulle part ailleurs. Devoir s’éveiller reste tous les matins la même épreuve, et les bruits du camp ne le motivent pas vraiment. S’ils sont parfois rassurants, ils sont bien plus souvent irritants, surtout en ces jours. Mais aujourd’hui, lorsqu’il ouvre les yeux, tout est silencieux. Les félins dorment encore. Une silhouette floue lui jette un coup d’œil avant de sortir de la tanière, et ça lui revient. Patrouille de l’aube. Il ne sait plus qui sont ses co-équipiers, n’en a pas grand-chose à faire. Au lieu de suivre celui qui l’a réveillé, il prend le temps d’ajuster sa vision encore troublée par les brumes du sommeil. Ses yeux cherchent une seule fourrure parmi toutes celles qui l’entourent, et ne la trouve pas. Il s’y attendait, elle n’était pas rentrée dans la tanière le soir précédent. Mais malgré lui une légère pique vient se ficher au creux de son ventre. Il ne comprend lui-même pas pourquoi il la cherche encore. S’il venait à poser ses iris sur elle, seul le ressentiment le récompenserait. C’est comme un tic, quelque chose d’inconscient dont il se rend compte seulement après l’avoir effectué.

Il soupire, une habitude depuis peu. Il se fait pitié à lui-même. Un ancien coincé dans la peau d’un jeune. Il a du mal à se lever et ne communique plus. Super, quel brave guerrier il fait. Il n’est plus qu’amertume. Il rejoint bientôt ses camarades, les salue brièvement, sans se gêner pour leur montrer qu’il n’est pas d’humeur à se pencher sur les derniers potins. Le soleil n’est même pas encore levé, le ciel de nuit grisâtre déprime encore plus le matou.

La patrouille se dirige vers la rivière. Les odeurs de la forêt et le chant des oiseaux apaisent un instant Loup, qui se calme et apprécie même pendant un court instant l’escapade. Mais lorsque les félins s’arrêtent sur les rives, il recommence à s’impatienter. Ses pensées tournent en rond dans son crâne sans sens. Il s’ennui, veut bouger. De l’air. Ici, il étouffe. Et pour ne rien arranger, des souvenirs indésirables l’importune. Ici, c’est exactement l’endroit ou il a tourné le dos à la lieutenante, faisant le vœu silencieux de ne plus jamais avoir à lui faire face. Et maintenant, ça revient le tourmenter. Fichue patrouille, il serait tellement mieux à dormir…

« Je vais… Hm, je vais marquer la frontière plus loin là-bas. On se retrouve plus bas. »

Il s’éclipse, s’enfonce à nouveau sous le couvert des arbres. Il se demande un instant s’il va vraiment s’arrêter et marquer la frontière. Mais non, aujourd’hui il n’en a pas la force. Comme très souvent en ce moment. Peu importe, il sortira une quelconque excuse au chef de patrouille plus tard. C’est bien la cadette de ses occupations. Il bifurque, s’éloigne dans la direction opposée le plus vite possible. Pourvu que le bruit de cette satanée rivière s’estompe vite, elle lui martèle sur le crâne, l’irritant au possible. Comme s’il ne l’était pas déjà assez, irrité, exécrable, exténué. Pourtant, il vient à peine de se lever.

Devant lui se dresse un pin. Appel du Loup s’arrête, prend le temps d’observer son environnement. La forêt des passages. Ouf, il a un instant craint d’avoir traversé une frontière. Mais il pense encore être chez lui, sinon une patrouille de l’ombre aurait déjà fait de la charpie de sa belle fourrure. Il avance prudemment, incertain. Il ne sait pas vraiment ou se trouve la frontière entre son monde et celui des ombreux ici. Il se fait ombre parmi les troncs, tente de taire le moindre de ses pas, s’entoure de silence. Celui-ci dure quelques temps, à peine troublé par les bruits de la nature, mais il vient vite être perturbé par autre chose, un petit bruit bien plus pressant et désespéré que le tranquille chant des oiseaux.  

Il croit d’abord se tromper, après tout les hallucinations auditives doivent être l’étape de plus qui le conduira vers la sénilité… Mais non, il a bien entendu. Quelqu’un appelle. Il se dirige vers la voix, pour découvrir quelqu’un de beaucoup trop familier au fond d’un trou. Peut-être n’avait-il pas reconnu la voix d’Épopée des Lucioles à cause de sa détresse ou du fait qu’elle venait de sous la terre… Peu importe, à présent il est face à elle, ou plutôt au-dessus, et totalement démunis.

« …il semble donc que quelqu’un là-haut tient vraiment à ce que nous nous retrouvions face à face le plus souvent possible ahah… »

Piètre tentative de blague, il sent l’échec de sa tentative arriver avant même qu’il ne finisse sa phrase. Il n’a jamais été doué pour l’humour ou le timing, et il vient encore une fois de se vautrer. Il tente vainement de reprendre contenance, puis se rend soudain compte que la guerrière n’a pas l’air au plus haut de sa forme.

« Euh-euh, tu vas bien ? Tu as mal quelque part ? Attends, je vais essayer de… »

Il cherche comment la sortir de là. Le trou n’est pas si profond que ça, quelques longueurs de queues au plus, mais assez pour que la remontée pose un véritable problème. Il faut une branche assez solide… Il s’éloigne quelques instants, ne sachant trop ce qui ferait l’affaire. Puis il trouve après quelques recherches un tronc tombé au sol. Il choisit une longue branche qu’il met de longues minutes à réussir à détacher du tronc, et revient finalement auprès de Lucioles.

« Tiens, je ne sais pas trop si ça va convenir… Tu crois que tu peux l’utiliser pour t’y agripper ? Et je vais essayer de te hisser. »

Il espère que ça va marcher, mais redoute dans le même temps l’instant où elle se tiendra devant lui. Comment est-il sensé seulement lui faire face ?

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MessageSujet: Re: Jeter les armes |Appel du Loup|   Mer 25 Juil - 0:17


Épopée des Lucioles




Jeter les armes
feat. Appel du Loup

Combien de temps avec pour seule réponse la froideur des silences? Je reste ainsi, tremblante, à tenter de maintenir ma tête par-delà les eaux qui menacent de m’engloutir. L’inconscience me susurre à l’oreille, engourdissant tous mes sens. Comment ai-je pu être aussi stupide? Cette idée, brûlante et cruelle, a le mérite de me tenir éveillée. L’instinct, plus fort encore que les ténèbres qui me guettent, me pousse à me battre, un cri à la fois. Les larmes me dévorent le visage à présent. Je patauge dans l’odeur de ma propre peur. Elle m’asphyxie, augmente la sensation de vertige que je ressens en scrutant désespérément l’ouverture du trou où j’ai chuté. Je pose ma tête contre mes pattes en sentant un étourdissement passer. Je n’ai qu’un désir : fermer mes yeux et attendre que la douleur ne passe. Mais je sais que si je laisse le sommeil me gagner, que je ne trouverai peut-être pas aide à temps. J’ai peur dans ma panique. Peur de ne pas me réveiller, même si ma vie n’est pas directement en danger. Même si ma patte guérira probablement, même si on me trouvera. Parmi mes pensées chaotiques, je ne parviens plus à saisir la raison. J’espère simplement que parmi les Étoiles qui veillent sur mon sort, l’une d’entre elles trouvera la bonté de me sauver. Ma vision se voile. Je ne pourrai pas combattre la lourdeur plus longtemps. S’il vous plaît… quelqu’un… n’importe qui…

Je sursaute en voyant une silhouette se dessiner au-dessus de moi. Je crois aux démons que m’ont décrit les guerriers expérimentés du Clan, de ces spectres ayant combattu les vivants sur les plaines d’un autre monde. Depuis mon obscurité, la forme semble danser, mais sa voix me rappelle à la conscience. Ma vision troublée devient plus nette. Je reconnais celui qui se réjouit probablement de ma chute, celle qu’il a tant espéré après tout. Ironique, risible même, qu’il soit celui pour répondre à mon appel, lui qui a voulu s’emparer de toutes mes vulnérabilités, lui qui m’a voulu pour lui entière. Me voilà à ses pieds, à sa merci. Il n’a qu’à se pencher pour saisir tout ce qu’il croit que je possède. Dans ma panique effarouchée, je le fusille du regard dans l’attente de ses paroles médisantes, de ses gestes agressifs. Je les attends, je les désire presque. Sauf que ce qui suit me désarçonne encore plus. Il s’inquiète. Questionne. Aide. Prise de court, je laisse l’émotion ensuite s’emparer de moi, m’envahir, me submerger : l’espoir. Il est venu pour m’aider. Maintenant qu’il est là, je ne veux plus qu’il parte. Sois le pilier qui m’a laissée tomber. J’ai cessé d’espérer, pourquoi devais-tu faire renaître ce sentiment chez moi? Je le suis du regard, interdite, incapable de répondre. Les mots se bousculent dans ma tête. Je n’ai plus les réponses, plus la guidance, plus mes sourires. Plus ce masque. Il s’éloigne. Me laisse-t-il tomber encore une fois? Pourquoi ai-je encore espoir qu’il me rattrape?

«Loup? Loup où es-tu? S’il te plaît, ne me laisse pas seule… Ne me laisse pas seule… Oh s’il te plaît Loup…»

Je supplie dans des couinements désespérés qui me feraient honte en d’autres circonstances. Sauf qu’il revient, avec une branche large qui soutiendra probablement mon poids. Sauf que j’ai trop peur, trop mal. Je suis immobilisée. Confuse. Complètement paniquée. Parmi mes appréhensions, il y a toujours cette confiance brisée et ce cœur encore lourd de ses dures paroles. La déception aussi. Cette déception que je ne parviens pas à m’expliquer. Comme si me languissais de quelque chose qui n’a jamais existé.

«Je… je ne peux pas… Ma patte… elle est blessée… Je crois qu’elle est cassée… J’ai trop… trop mal… Puis si tu m’aides… tu risques de tomber toi aussi…»

Je ne retiens plus mes larmes. J’ai jeté les armes. Il peut se moquer, profiter s’il le désire. Je me recroqueville contre moi-même, fuyant son regard. Il fait si longtemps que je prétends, que je fais semblant d’être forte. Je ne me soucie plus que mon discours soit pathétique et faux.

«F-fais juste… rester avec moi… si… Je ne veux pas être seule.»


L’inconscience pose une main contre moi, prête à s’emparer de moi.
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MessageSujet: Re: Jeter les armes |Appel du Loup|   Dim 23 Sep - 12:13

Jeter les armes
Épopée des Lucioles & Appel du Loup

I tried to show you that I can turn my back on you
Ft. Ikon - Killing Me

Lorsque Appel du Loup songe à Épopée des Lucioles, lorsque son image éphémère apparaît devant ses yeux comme un mirage translucide au milieu d'une nuit, d'une chasse, d'un rêve, elle ne lui rappelle que l'amertume des amis perdus, la colère de la trahison, les éclats des cris. Elle est celle qui plus que quiconque ravive dans son cœur les sentiments qui savent le mieux le secouer et le faire grogner. Il a pu en allant chercher cette branche distinguer les implorations de la lieutenante piégée, et elles ont su l'ébranler plus que ce qu'il ne veut bien le laisser paraître. Son âme s'est fendues et les questionnements repartent à l'assaut. Il les repousse, il ne veut pas d'un deuxième affront. En lui tournant le dos la dernière fois, il a tourné le dos à tout ce qui avait pu les lier un jour, faire d'eux des amis ou des ennemis. Il avait voulu la démunir de tout ce qu'elle était à ses yeux, faire d'elle une ombre passagère à la péripétie de sa vision. Et voilà que cette sorcière, non, cette fée réapparaissait de force. Il ne savait s'il devait pour cela la haïr ou l'adorer. Si elle précipiterait sa perte ou serait celle qui le tirerait des enfers.  

Perdu au milieu de ces doutes, il tente cependant de s'en défaire. Certes, il est égoïste, antipathique, imbu de lui même et possède bien d'autres défauts. Mais il n'est pas cruel au point de laisser ainsi un membre de son clan au fond d'un trou sombre et froid. Oh, ce serait mentir que de dire qu'il n'y a pas pensé. Avoir sa vengeance ainsi, se moquer d'elle d'en haut en la regardant souffrir tout en bas. Mais au fond de lui, il sait que cela ne réussirait qu'à le perdre un peu plus, au point ou il ne saurait plus se retrouver. Aujourd'hui, c'est elle qui est au fond d'un gouffre, mais en réalité c'est lui qui tombera le plus bas. Il n'a jamais ignoré tout cela. Alors il essaye de s'éviter de penser, bouge pour ne pas se disputer avec lui même. Après avoir traîné cette lourde branche, tâche qui le laissa haletant, il commença à faire des cent pas au bord du trou, moyen vainc qui, il l’espérait, l'aiderait à se défaire de ses sentiments. Il fait abstraction de tout, veut se comporter comme si une totale étrangère avait aujourd'hui besoin de son aide. Mais comment la considérait comme une étrangère quand elle l'appelle ainsi, Loup, Loup, comment faire quand elle est la seule à oser le faire ainsi, et quand il se retrouve si démuni ?

« N-n'ai pas peur. Je reste ici... Tu veux que je descende ? Ou que j'aille chercher de l'aide ? »

Les options n'offrent pas un éventail très large. Descendre pour la rassurer, et se retrouver piégés à eux, aller chercher de l'aide, et la laisser seule, ou rester ainsi à la rassurer jusqu'à ce qu'elle puisse remonter... Mais comment la rassurer ? Il se sent inutile, et ses efforts pour ne pas laisser la peur le gagner se réduisent un peu plus à chaque secondes. Voir Épopée des Lucioles ainsi, c'est voir un spectacle interdit qu'il n'aurait jamais dû voir, et cette perspective le glace, car il n'a à présent d'autres choix que de répondre à ses appels.

« Parle moi. Je ne te laisse pas seule, alors parle moi... Lucioles... »

Il tremble de prononcer ainsi son nom, tremble de lui reparler ou de la regarder. Il se sent tellement coupable, et il s'en veut de se sentir coupable, il s'était promis qu'il n'y avait plus rien, qu'elle n'était rien, qu'ils n'étaient rien. Et il lui semblait qu'elle aussi s'était faite cette promesse, que c'était d'un accord tacite mais silencieux et froid qu'ils s'étaient ainsi détachés l'un de l'autre, alors pourquoi et comment pouvait-elle ainsi l'appeler et le supplier ?

« Je ne comprend pas... Je pensais que tu me détestais, comme moi je te détestais. »

La question franchit ses lèvres avant qu'il ne puisse la retenir, plus fort et plus claire qu'il ne le voudrait. Quel abruti, ce n'est pas le moment, pas le lieu. Il n'aurait jamais dû y avoir de moment ni de lieu.

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MessageSujet: Re: Jeter les armes |Appel du Loup|   Dim 30 Sep - 23:03


Épopée des Lucioles




Jeter les armes
feat. Appel du Loup

J’écarte l’attaque sordide des ténèbres qui tentent d’apaiser mon esprit de sa violence doucereuse. Le sang bat à mes oreilles et je redresse avec peine le menton vers l’éclat de ciel que je perçois depuis ma position. Je tremble, mais ma respiration s’est régulée, prenant désormais un rythme plutôt rapide mais constant, solide. La présence du Loup m’y aide, même s’il n’attend qu’une ouverture pour me dévorer. Il y a quelque chose dans cet abandon qui est triomphant. Quelque chose qui me soulage. La pression se fait plus forte contre ma poitrine mais mes sanglots semblent dégager un peu plus cette chose que je ne savais même pas là et qui m’entrave puis longtemps. Soudain, je ne me trouve plus dans cette crevasse, mais devant la forêt de Cerblanc dévastée. Je vois le corps sans vie d’un père que je n’ai jamais connu, pleuré. Et je pleure aussi. J’ai toujours tenté de le repousser, mais il est là. Il fait partie de moi, je peux presque sentir sa présence en cet instant. Peut-être est-il venu me chercher? Je ne sais pas. Mais Étoile Sombre fait partie de moi. Je ne sais pas pourquoi cette idée me vient dans un moment pareil. Peut-être parce qu’il est une rare source de soutien, ou du moins la seule que je m’autorise réellement depuis un bon moment. Je cligne des yeux. Est-ce lui qui m’attend là-haut, qui m’implore de lui parler, de ne pas céder? La vision s’éclaircit. Le Loup est toujours là. Il n’est pas parti.

Je pleure de plus belle. Ça me fait mal d’y penser, après la dernière fois. Mal de cet espoir que les choses pourront changer, que je ne suis pas ce monstre qui le torture. Je n’ai plus la force de parler tant je pleure… Il me faut me ressaisir, économiser mes maigres ressources. Je tâche de respirer, mettre de l’ordre dans le chaos qui m’habite. Avec précaution, je bouge un peu, me mettant plus confortable au moins. Ma patte arrière, brisée, ne pourra m’être d’aucune aide mais peut-être qu’avec une épaule pour me soutenir je parviendrai à sortir d’ici. Concentrée, j’en ai presque oublié la requête d’Appel du Loup. Soudain sa voix me rappelle ce qui nous entrave et je me raccroche à sa surprise, à cette ouverture aussi minime soit-elle. J’ai besoin de cette flamme, de cette lueur dans mes ténèbres. Sans plus aucun filtre, je lui expose, probablement pour la première fois, la vérité.

«J’ai tenté en vain de te rendre ta haine, Loup. Mais j’en suis incapable. Je… j’espère encore mon ami, celui que tu étais pour moi avant. Tu m’as… tu m’as vraiment fait du mal.»

J’ai envie, là où la colère enserre ma poitrine, de lui exposer avec la même haine tout ce que j’ai pu ressentir cette journée-là. Je me demande pourquoi nous en sommes venus à en discuter maintenant alors que nous tentons scrupuleuse d’éviter l’éléphant dans la pièce depuis longtemps maintenant. Je suis condamnée à l’attente de toute manière, celle qu’il descende comme je suis parvenue à articuler un peu avant que les choses ne dérapent sur cette pente. Aussi bien nommer les choses alors, même si elles risquent, peut-être, de causer ma perte. S’il décidait de rebrousser chemin?

«Je suis naïve, Loup. J-je veux faire plaisir aux autres p-parce que sinon j’ai peur qu’ils ne m’aimeront pas. Mais toi tu me détestes malgré mes efforts. Ça me rend folle cette idée, je me demande ce que j’ai pu faire pour te mettre autant en colère.»

Je n’ai pas encore le recul pour voir que sous sa violence, il y a tout de même une part de vérité. Que je ne parviens jamais à être honnête. Que ce masque, qui a volé en éclats, me sépare du reste du monde.

«Je n’ai pas besoin que tout le monde m’apprécie je suppose… Mais ça me fait peur. Mais toi on dirait que tu as peur de l'inverse. On dirait que tu as peur qu'on t'aime.»

Les larmes coulent sur mes joues. Je me sens misérable. Étourdie par la douleur, vulnérable, terrorisée. Mes dents claquent d’un froid impalpable. Je me pousse de ma patte arrière valide, pressée de sortir. Viendra-t-il me chercher?
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MessageSujet: Re: Jeter les armes |Appel du Loup|   Lun 29 Oct - 18:52

Jeter les armes
Épopée des Lucioles & Appel du Loup

Can I please come down ?
Cuz I'm tired of drifting round and round

Ft. Simple Plan - Astronaut

Il fait les cent pas autour du trou. Un loup en cage. Les arbres autour de lui semble se pencher, l’engloutir dans leurs ombres. Ils l’étouffent. Il étouffe. Le silence non plus n’est pas son allié. Il aimerait presser Épopée des Lucioles de lui répondre, de parler, de briser l’enchantement qui le rend ainsi. Il ne sait pas comment cesser d’être frustré, sur le qui-vive, méfiant. Son esprit, son corps, il ne sait pas comment ne pas démarrer au quart de tour. Il ne sait pas comment appeler le calme à s’emparer de son âme. Les accalmies ne durent jamais longtemps. Et plus il tente de les retenir, plus vite elles l’abandonnent. Mais si au moins elle pouvait briser le silence, et ne pas le laisser seul dans la tourmente… Mais elle ne parle pas, pas pour l’instant. Elle pleure. Et ces pleurs donnent envie à Loup de se taire à jamais, de ne plus bouger, de disparaître, de tout donner, de rendre les armes. Ils lui donnent aussi l’envie de se mettre en colère, de hurler, de savoir pourquoi encore. Pourquoi est-ce qu’elle veut encore être son ami ? Elle est l’amie de tout le monde. Lui n’est plus l’ami de personne. Elle lui demande pourquoi elle le met autant en colère. Ce n’est pas qu’elle, c’est le monde entier qui s’acharne chaque jour. Il a appris à ne pas donner aux autres, à s’arrêter à temps, à avoir toujours une longueur d’avance, à se contenir. Mais avec elle, il manque toujours le point à ne pas dépasser. Il ne sait pas quand s’arrêter. Tout va trop vite, trop fort.

Il a voulu entendre sa voix, mais elle ne parvient pas à l’apaiser. Elle pose trop de questions, des questions auxquelles il ne veut pas répondre. Pourtant, c’est encore lui qui a commencé. C’est toujours lui. Il ne peut s’empêcher de la chercher, puis de tout gâcher. Pas cette fois ci, il veut essayer de lui prouver qu’il peut faire autre chose. Être autre chose. Mais les mots lui manquent encore, les phrases qu’il pourrait prononcer sont toutes vides de sens, vide de vérité. Il ne se retrouve dans aucune d’elles. Alors il tourne, pourtant attentif à ses mouvements. Jusqu’aux dernières paroles d’Épopée des Lucioles, qui balaient tout.

Tout s’arrête. Le silence garde ses lèvres scellées, l’immobilité s’empare de chacun de ses membres. Ses yeux arrêtent enfin de tourner sans savoir ou se poser. Ils se dardent sur elle, sur la proie au fond du gouffre. Sur l’ennemi. Le calme avant la tempête. Loup la sent monter en lui, il la contient. Il la laissera exploser quand elle sera assez forte, et alors elle détruira tout sur son passage. C’est ce qu’il se dit. Il espère qu’Épopée des Lucioles n’en réchappera pas.

Sauf qu’il ne la laisse jamais sortir. Sa rage, trop forte, le consume trop rapidement. La tempête s’empare entièrement de son cœur, s’engouffre dans chaque recoin de son corps, de son âme, le fait trembler et pleurer et craquer. Puis elle disparaît. Il est vide à présent, il n’est plus rien. Il soupire, longuement, pour se remettre de son passage. Pour retrouver ses idées, préparer une réponse, une répartie. Il n’en a pas. Il se laisse glisser au fond du trou.

Il se retrouve plus près d’elle qu’il ne le pensait. Depuis combien de temps n’ont-ils pas étés aussi proches ? Cela le trouble un instant. Il ne s’y était pas préparé. Il a l’impression de la voir pour la première fois depuis longtemps, de vraiment la voir. Pourtant, c’est la même Épopée des Lucioles qu’il y a un instant encore, avec ses larmes et ses tremblements, avec sa vulnérabilité qui lui écorche le cœur. Il se redresse, content d’avoir su maîtriser sa chute et de s’en sortir indemne. Il l’analyse un instant encore, parcourt son corps u regard, cherche à comprendre ce qui va ou ne va pas. Mais rien ne va chez eux. Il est peut-être temps de se l’avouer.

« Bien sûr que j’ai peur. Vous, les autres. Vous me terrifiez. »

Il détourne enfin les yeux, gêné de les avoir gardés sur elle si longtemps, et gêné d’avoir parlé. Il lève le regard vers le ciel et la cime des arbres, faignant de chercher activement un moyen de sortir. Mais la seule chose qu’il pense, c’est qu’elle tremble beaucoup trop fort.

« Tu as froid. Viens, lève-toi. »

Il s’approche d’elle pour lui proposer un appuie, mais sans pourtant oser la toucher. Tout ce qu’il fait, c’est se rapprocher un peu, et se baisser pour qu’elle puisse plus facilement se reposer sur lui.

_________________

*Mélodie des Étoiles

Spoiler:
 


Lumy sourit en #cc6600. ~ Minuit songe en #009900. ~ Loup hurle en #006699. ~ Ardeur se moque en #cc0066. ~ Vestale danse en #9999cc. ~ Royaume chantonne en #99cc00

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MessageSujet: Re: Jeter les armes |Appel du Loup|   Dim 4 Nov - 16:11


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Jeter les armes
feat. Appel du Loup

Il est des choses que je n’ose pas dire, pas même dans l’intimité de ma propre pensée. Je cours après un mensonge depuis si longtemps. La vérité maintenant prononcée, je me sens épuisée de ma course, mes poumons vidés, mon haleine agitée de soubresauts. Je n’ose pas, je n’ose plus regarder vers le haut de là où il doit m’observer encore. Je ne saisis pas la force de la houle qui l’habite à son tour, concentrée sur la propre tempête en moi. J’ai cru que j’avais le contrôle, mais j’imagine que de tomber change les perspectives. Je m’écoeure de ma propre vulnérabilité, de ces émotions que je viens de nommer et toutes celles que je ressens encore. Je me sens lâche d’avoir tant besoin de l’autre, mais sûrement l’est-il autant que moi de se terrer dans la haine. Je ne sais qui de nous a le plus raison d’agir ainsi, probablement sommes nous deux fous, trop jeunes, trop immatures et surtout blessés. Peut-on réparer deux cœurs qui tendent à se préserver ainsi? Je ne sais pas. J’aimerais qu’on me dise ce genre de choses, mais je suis encore celle qui n’ose pas demander. Demander ce serait admettre, après tout. Maintenant que Loup connaît mes mécanismes, j’ai le sentiment de ne pas pouvoir me confier davantage. Il ne comprendrait pas, de toute façon. Ne sommes-nous pas opposés?

Je sursaute au son d’une glissade calculée près de moi. Je crains encore que ma prison ne se referme sur moi, mais ce n’est pas le cas. Le Loup a répondu à mon appel, s’avançant prudemment à mes côtés. Il me rejoint et je peux sentir sa fourrure contre la mienne. Sa présence m’apaise. J’aimerais qu’il me prenne pour lui, même si cette pensée cause une grande confusion chez moi. J’aimerais… qu’il prenne soin de moi, qu’il me sourit, qu’il prenne une part du poids qu’il y a sur mes épaules et qu’il le porte à ma place. Personne ne fera jamais ça pour moi. J’ai décidé, il y a longtemps, d’être celle qui le ferait pour les autres. Même lui, j’ai envie de le protéger de lui-même, de cette crainte qui l’habite et qu’il m’avoue honteusement. J’aimerais lui dire qu’il n’a pas à nous crainte, l’autre. Sauf que comme lui, je suis terrifiée d’autrui. Alors je me tais tandis qu’il se place de manière à me laisser sortir. J’aimerais ne pas frissonner quand il affirme que j’ai froid. J’obéis, me redressant, haletante, prenant appui sur lui. Je progresse, usant de lui comme de la patte qui refuse de collaborer. Lentement, je m’accroche à la paroi. Une énergie que je ne me soupçonnais plus m’envahit et je m’extirpe d’un bond maladroit vers la sortie, vers l’issue. Finalement, je m’hisse sur la terre ferme et m’éloigne du trou pour mieux me rouler en boule, léchant une patte après l’autre, tentant de réchauffer ce corps lourd et brisé.

«Merci.»

La fatigue m’assiège à présent. Je me laisse rouler sur le côté, la tête parmi les herbes. Je vais vivre. Nous sommes encore loin du campement, mais j’ai la certitude maintenant : je vivrai. Sauf que je ne serai plus jamais la même, n’est-ce pas? Avec tout ce que je viens de lui nommer… J’attends son retour, espère presque retrouver la proximité que nous avions là-bas. Alors qu’il me rejoint, je l’observe d’un regard luisant d’espoir. J’aimerais qu’il en soit autrement.

«J’aimerais te dire de ne pas avoir peur, Loup. Mais… Je te comprends. J’ai peur d’avoir mal moi aussi. C’est sûrement pour ça que je m’obstine à plaire à tous. Pourquoi je joue ce jeu, que je revêts ce masque. Je ne sais pas en qui je peux avoir réellement confiance. Plus depuis que ma mère m’a dit…»

Je me tais. Ai-je failli lui révéler mes véritables origines? Je soupire en espérant qu’il ne me questionnera pas. Je ne sais pas si je serai en mesure de lui mentir maintenant que j’ai retiré ce masque.
(c)Golden


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