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 Le Rat Malchanceux / Ombre Fantôme

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MessageSujet: Le Rat Malchanceux / Ombre Fantôme   Lun 23 Avr - 15:24

Le Rat Malchanceux 
Feat. Présage des Rats & Ombre Fantôme. 
Par les étoiles !

« Le rat est prompt à se mettre dans de beaux draps ».


Présage des Rats n'a pas bien dormi. On peut clairement le voir à son visage sombre, au jaune terne de ses yeux immenses, à ses griffes qui ont manqué de peu un apprenti venu lui apporter son repas. Une pauvre souris. Vous y croyez vous ? Juste une souris ? Il est peut-être nu mais pas petit. Le jeune insolent... il veut sa mort bien-sûr, ils la veulent tous. Pourquoi ne pas affamer le rat ? Ce serait rigolo, on l'entendrait gémir comme une pauvre âme dans tout le camp et un matin, comme par magie, son corps maigre serait assez mince pour voir au travers et là on irait joyeusement le livrer à ses amis de toujours, ses seuls amis, les corbeaux ! Corbeaux de malheur. Comme le Rat de malheur. Il s'ébroue, enfin il secoue ses plis de peau d'un air entendu, outré, scandalisé. Est-ce que la paranoïa a rendu fou notre vieille carne aigrie ? Toujours pas, mais la grandiloquence et l'exagération ça le connaît, quoi de mieux que sa position pour râler ? Un ancien guérisseur, devenu vieux et presque sage, c'est fantastique, il est soi-disant de bons conseils, c'est-à-dire qu'on doit attendre qu'il ait fini de parler, on ne lui couperait plus jamais la parole ! Il est consulté sur beaucoup de choses et surtout il est la relique du Clan. Certes l'ancienne meneuse l'a rejoint mais elle n'a rien de vieux ni même d'antique. Alors que lui...


Mais malgré son nouveau statut jouissif qui lui permet de hurler sur les autres à loisir sans qu'on lui en veuille ouvertement, même si force est de constater que les novices se liguent pour le mettre en rogne, enfin c'est de bonne guerre, malgré tout l'amusement potentiel que lui offre cette nouvelle existence aux crochets de la société, il s'ennuie. La déchéance de l'esprit, pas du tout le berceau de l'imagination et de l'inventivité, si certains attendent de se transformer en nuage, lui est près de rejoindre la terre et de bouffer des pissenlits par la racine, ah le temps, sacré petit fourbe qui lui chuchote à l'oreille chaque soir : tu vas mourir mon vieux !
Finis les projets, les complots et les ricanements au résultat, enfin du moins sont-ils de moindre envergure, à présent son complot le plus récent s'est résumé à voler de la mousse à la guérisseuse et à uriner dedans puis remplacer la mousse propre des apprentis par son forfait. Malfrat sans noblesse que voilà. Il s'en voudrait presque d'être tombé si bas. Mais que faire ? Temps avec ses petits yeux d'enfant et ses rides rieuses le pointe du doigt et dit : de toute façon tu ne peux m'échapper, mon vieux ! La petite peste.


Le Rat s'ennuie. Avant, sa tâche de guérisseur commençait tôt le matin, finissait tard le soir ou ne finissait pas du tout. A présent quoi ? Plus de visions ou plus vraiment, du moins elles doivent être dues à d'autres choses, l'âge, l'herbe à chat, qui s'en soucie ? Plus de malades à soigner et plus d'apprentie grotesque à embêter à longueur de temps. Avant il avait un rôle, une place, celle du cadavre décharné aux longues oreilles et à l'odeur insupportable qui s'adressait aux étoiles et aux mourants. Ah loin le chuchoteur à l'oreille des fiévreux, loin les escadrons et les dénonciations, loin sa vie de supérieur hiérarchique et religieux. Non pas qu'il ait renoncé à toutes ses activités ! Notre vieux pervers persiste à se poster en hauteur, lorsque ses articulations le permettent, et à observer les jeunes demoiselles de passage. Mais dès lors difficile de s'échapper en courant ou d'arguer qu'il a aperçu une plante très rare.


Le Rat a mal dormi. Il a pensé à sa fin toute la soirée, a passé une nuit blanche aux côtés de mille questions et a fini par tourner de l’œil alors qu'il fixait la brume en essayant de se curer les griffes. Il s'est réveillé, cul vers le ciel, une griffe dans la gueule, sa propre odeur malsaine dans les naseaux. Quelle joie. Pour ne rien arranger il s'avère qu'aujourd'hui, il pleut, à grandes eaux. Les gamins rient de délice en courant d'une tanière à l'autre comme s'ils pouvaient éviter les gouttes ces idiots, les grands se demandent si les patrouilles sont nécessaires, après tout, ils sont en paix. Pouah les heures s'écoulent si lentement en temps de paix. Renonçant à une toilette pénible, pas déterminé à se débarrasser d'un parfum si terrible pour les autres, il s'extirpe de sa tanière de vieux croûton et s'engage sous la pluie battante. La nature sera son bain. Il espère au passage tuer quelques puces que les apprentis n'ont pas réussi à déloger. Puis, discrètement, il sort du camp, laissant derrière lui un lit de mousse souillé et des os de souris.


Le voilà qui courre presque, enfonçant puis retirant ses griffes jaunes de la terre détrempée, ricanant lorsqu'il fait peur à un oiseau surpris de voir une telle créature dans ses bois. Il a repris un peu de poil de la bête, du moins si l'on peut parler de poils dans son cas, son poids s'est stabilisé et il peut respirer correctement. Comme quoi les pissenlits attendront encore un peu. Le Rat crapahute, explore, cherche des cachettes d'où il pourrait espionner ses « camarades » lors de patrouille. Quoi de mieux qu'un mauvais ragot pour semer la zizanie. Zizanie des Rats. Il ricane, salue un corbeau.


Enfin il s'engouffre dans le marais, seule partie du territoire qui lui plaît vraiment parce qu'elle lui rappelle Cerfblanc. Que de mauvais souvenirs, mais que d'amusement ce fut ! La pluie a dissipé la brume mais on n'y voit pas à plus de trois longueurs de queue et la mousse prolifère partout. C'est au moment où il bondit sur une pierre que ses maigres pattes dérapent. On a pu observé un Rat voler par dessus un groupe de rochers, échouer dans l'eau puis glisser de plus belle pour finir encastré entre eux pierres, le museau couvert de toiles d'araignées. La pluie n'a pas cessé. On entend le rat râler, grogner, se débattre, mais sa tête est coincée entre les pierres, ses oreilles traînent dans la boue et de nouveau son cul dit bonjour au ciel. Quelle belle journée.
Par les étoiles ! a-t-il hurlé, selon les rumeurs, avant de tomber pour de bon. 

Le Rat, après une bonne heure d'insultes envers la caste minérale et la vie en général, fini par cesser de se débattre. L'eau monte dans son petit cloaque. IL se met à hurler de sa voix de crécelle insupportable. Espérant qu'une reine le prendra pour son chaton.

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MessageSujet: Re: Le Rat Malchanceux / Ombre Fantôme   Jeu 26 Avr - 21:18

Ombre Fantôme

L'atmosphère maussade ne m'incitait pas parcourir la forêt. Il pleuvait. Fort. Trop fort pour qu'un chat s'aventure sous ces trombes d'eau. L'épaisse couche de nuages gris semblait avoir fait baisser le ciel qui ne manquerait pas de nous tomber sur la tête si le mauvais temps persistait. Peu encline à mettre une patte dehors, je soupirais d'exaspération. Si tu m'entends Clan des Étoiles, par pitié, fais que cette pluie torrentielle cesse. En cette magnifique – que dis-je ? - merveilleuse journée, il se trouvait que nous autres membres de l'Escadron avions pour devoir de nous lancer dans l'exploration de notre nouveau territoire. Une intempérie telle que celle-ci ne s'était pas présentée depuis de nombreuses lunes, aussi Étoile Ailée avait-elle trouvé bon de nous envoyer en patrouille histoire d'analyser le comportement de notre nouvelle forêt. Mais à quoi s’attendait-elle ? Que la terre se transforme en arc-en-ciel ? Le sol serait juste trempé, glissant et boueux. En parlant de boue, qui devait se coltiner les marécages ? Bibi bien sûr. C'est vrai, quoi de mieux que d'aller se promener dans un lieu potentiellement dangereux sous cette violente averse ? C'était bien plus amusant d'aller risquer de s'y casser une patte que de rester à lambiner chaudement dans notre tanière de guerrier. Brillante idée… J'en regretterais presque de m'être fait désigner pour intégrer le nouveau groupe d'élite. A avoir su ça, j'aurais peut-être réfléchi à deux fois avant d'accepter naïvement. Quelle idiote. Mais le mal était fait, la sentence était tombée : quoi qu'il puisse se passer aujourd'hui, je devais partir en escapade. Ce fut donc le poil rabattu sur les flancs en quelques secondes par la pluie que je m'avançais au travers du déluge.

Il pleuvait toujours aussi fort. Il faisait froid. Mes poils collaient. Je n'y voyais rien. A peine avais-je foulé la terre des marécages que j'en avais déjà assez. Chacun de mes pas s'enfonçait profondément dans le sol trop meuble à mon goût pour en ressortir poisseux, souillés de cette terre ruisselante et infâme. Jurant contre l'argile qui colorerait sans doute mon pelage blanc pendant plusieurs jours, j'avançais toutefois, enfouissant profondément à l'intérieur de moi le dégoût que j'éprouvais en ce moment même pour cette partie de notre territoire. Bien que cette dernière ressemblât énormément aux marécages qui existaient autrefois à Cerfblanc, par ce temps désastreux cela ne donnait pas franchement envie d'aller si promener, même pour se remémorer de bons souvenirs. Mais à être là, autant remplir ma mission correctement. Pensant aller plus vite si je m'abstenais de rechigner davantage, je parcourais de long en large l'étang jusqu'à entendre un semblant de miaulement. Le bruit s'y apparentait, mais je n'en étais pas certaine. Le vacarme de la pluie cachait en grande partie ce que je pouvais entendre, et me reposer sur mon odorat ne me servirait à rien. L'eau dissipait les odeurs. Quelle poisse… Je tendis alors l'oreille, me concentrant sur les bruits alentour. Il s'avéra par la suite que la voix me parvenait de droite, je suivis donc cette direction ce qui me mena à une situation… cocasse. Mais qu'est-ce que… ? Un chat se trouvait tête entre deux rochers. Ce ne fut pas difficile de savoir à qui appartenait ce corps dégarni et maigri par l'âge : Présage des Rats. Face à ce spectacle peu coutumier, fallait-il rire ou paniquer ? Le choix m'était difficile tant son attitude portait à confusion. Cul en l'air ? Comment s'était-il démerdé pour se retrouver ainsi ? Secouant la tête pour éloigner ma surprise, je me précipitais vers le guérisseur à la retraite en prenant garde de ne pas tomber. Il ne manquerait plus que ça...

- Bon sang ! Comment as-tu fait ? Ce n'est pas prudent de sortir seul par ce temps, tu ne t’es rien cassé au moins ?

N'attendant pas sa réponse, je me mis à lui tourner autour, étudiant avec attention la position des roches. L'eau devait rendre glissante la surface des cailloux, un faux mouvement risquait de faire s’effondrer le tout directement sur la tête du matou. Il fallait par tous les moyens que j'évite ce scénario catastrophique…

- Tu sens quelque chose ? Comme un déséquilibre au niveau des pierres ?

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MessageSujet: Re: Le Rat Malchanceux / Ombre Fantôme   Mar 8 Mai - 17:47

Le Rat Malchanceux 
Feat. Présage des Rats & Ombre Fantôme. 
Qui a inventé la pluie ?



«  Il paraît que le Rat, lorsqu'il est mouillé, est de la pire des humeurs ».


Il se débat comme un beau diable, gigote, inspire, expire comme si cela pouvait suffire à le rendre plus maigre encore. Je ne suis pourtant pas si gros pense-t-il en son for intérieur. Il se sent soudain le héros d'une énième farce, lancez la musique épique et les cors de guerre, le Rat est en campagne contre le destin ! Il se demande s'il avait, un jour, sans le savoir fait quelque tort au décideur là-haut qui gérait les affaires de la chance, il ne lui semble pas, sans quoi il s'excuserait, une fois n'est pas coutume, sans délai aucun ! Or il en vient à croire, depuis longtemps déjà en réalité, que le sort s'acharne, qu'on lui en veut, qu'on le hait.

L'eau monte dangereusement dans son petit cloaque ridicule tandis qu'il donne de la voix pour attirer quiconque aurait l'audace de s'aventurer dans les bois à cette heure, par ce temps. Il tente de soulever sa tête, portée par un cou maigrelet et faiblard, perclus des courbatures de sa mauvaise nuit. Ses oreilles trop longues trempent déjà dans l'eau, et s'il avait des moustaches il en serait probablement de même. Il se sait détesté par son clan, œil pour œil hein ? Mais il espère quand même un peu plus de compassion, il faut bien le dire, quelle horreur toute cette pluie à croire que le clan des étoiles a la vessie trop pleine ou pleure de rire à le voir ainsi. Oh comme il a hâte d'aller retrouver ces vieux croulants et de leur dire ce qu'il pense de tout ça.

Et soudain il croit entendre quelque chose, ses grands yeux jaunes, qu'il avait gardé fermés jusque là, la honte commençant à l'envahir. La honte ou le désespoir d'ailleurs, il s'est toujours attendu à une mort ridicule mais à ce niveau là on dépasse toutes ces désespérances ! Il gigote de plus belle, tâchant de faire balancer sa queue fine et osseuse en direction d'un potentiel sauveur. Ensuite, avec horreur, il songe qu'un blaireau ou un renard est peut-être en train de lui lorgner le derrière et de se demander comment, et par quel bout, manger ce rat qui se débat dans un trou.  Alors Présage des Rats arrête de bouger et respire aussi lentement que possible, c'est-à-dire comme un dératé. Et puis il finit par reconnaître l'odeur de son clan à travers la pluie et la boue. C'est une femelle. Il pourrait presque sourire notre vieux pervers. Mais la situation ne s'y prête pas. Lorsqu'elle lui demande comment il s'est fourré dans ce bourbier, et malgré la prudence qui convierait plutôt à être aimable et distingué, il vocifère :

« Tu crois vraiment que c'est le plus important actuellement !? Je n'ai pas besoin d'être prudent je suis encore solide contrairement à ce que vous croyez vous les jeunes blancs-becs »

Pendant qu'il s'évertue à parler malgré l'eau qui lui entre dans la gueule il tente de pousser de toutes ces forces sur ses pattes arrières pour s'extirper de son piège de roche mais rien n'y fait, il n'a pas de prise ou pas assez de force. Il s'étonne quand même des réactions de la jeune guerrière qui doit être Ombre Fantôme si on en croit le timbre de sa voix, le Rat a bonne mémoire et n'a pas encore perdu la tête, à croire qu'elle ne sait pas quelle réputation il a. Le râleur invétéré, le fourbe et vieux, si vieux rat.

« Ne vas pas te fendre le crâne en glissant cervelle de souris ! » hurle-t-il plus fort qu'il ne l'aurait cru.

Parce que malgré tout les vieux réflexes de guérisseur reviennent, le voilà qui se reprend à dispenser des conseils de sécurité déguisés en insultes. Elle lui demande s'il sent qu'un rocher pourrait potentiellement fendre son crâne à lui en glissant. Elle étudie la situation. D'accord, elle n'est pas idiote, admettons, mais que compte-t-elle faire seule ? Après réflexion il se dit qu'elle n'aura pas le temps de rentrer au camp pour aller chercher du renfort. Entre la pluie torrentielle qui s'abat sur eux et la boue argileuse qui fait office de sol, pas moyen d'avancer vite. Alors il obtempère et tâche d'évaluer la position des pierres.

« Il y en a une qui bloque mon flanc à partir du rein. Il faudrait la retirer lentement pour que j'essaie de prendre appui sur une de mes pattes avant, je ne peux pas les bouger dans cette position ».

Et puis, perdant espoir ;

« Pourquoi me sauver de toute façon ? Je ne suis qu'un poids pour le clan, un vieux débris. Tu vois Fantôme d'Ombre, je me demande qui a inventé la pluie »

Le voilà qui part dans le mélodrame alors que son nez touche la surface de l'eau montante. Mais sans oublier de faire comme si il ne connaissait pas son nom, ne s'y intéressait pas le moins du monde.




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MessageSujet: Re: Le Rat Malchanceux / Ombre Fantôme   Sam 19 Mai - 1:13

Ombre Fantôme

Contre toute attente, le Rat semblait bien se porter. Il beuglait comme à son habitude ce qui me laissait présager qu'il n'était pas encore prêt à s'insinuer parmi les Étoiles. C'était déjà une garantie de le voir coopérer mais quand bien même la situation me rassurait de ce côté-ci, je n'étais pas certaine de parvenir à le sortir de cette mauvaise passe. Ma force seule ne me serait d'aucune utilité face à de tels montres de la nature que représentent les rocs. Ainsi, je songeais un instant à aller chercher de l'aide tandis que le vieux croûton me criait ses conseils pourtant évidents. Contrairement à certains, je suis encore jeune et agile. Je me retins toutefois d'énoncer mes pensées à haute voix, pensant qu'il serait préférable de garder cela secret pour ne pas avoir à subir les jérémiades d'un vieux contrarié. Malheureusement, le déluge ne me permettait pas un quelconque aller-retour, l'ancien périrait avec certitude si je le faisais patienter sous ces trombes d'eaux. Que faire ? Lorsque l'ancien guérisseur m'indiqua ce qui paraissait être la raison de ses problèmes, je m'avançais et le positionnais à côté de lui. Étudiant avec attention la zone ciblée par le sac d'os, je passais ma tête à droite, à gauche, en dessous, au-dessus. J'observais l'énorme masse sous toutes ses coutures mais rien ne me sautait aux yeux. Pas de fissure qui pourrait être exploitée, pas de prise… Si j'avais été accompagnée, j'aurais pu tenter de m'y appuyer dessus tandis que mon camarade aurait guidé la pierre dans sa chute mais ce n'était pas faisable. Qui plus est, le Rat ne pouvait m'être d'aucune utilité. Complètement immobilisé et sans doute fatigué d'une vie bien remplie, il ne devait pas posséder le tiers de ma force, moi qui n'étais pourtant pas costaud. Nous étions les derniers à encore traîner dans ces foutus marécages ! Les… Marécages… ? A l'énonciation de ce mot, je me mis à observer les alentours d'une concentration notable jusqu'à ce que la solution m’apparaisse enfin. Cette zone de notre territoire étant particulièrement humide, je n'aurais aucun mal à dénicher de la mousse ni à rassembler une grande quantité de boue par ce temps. Comme prévu, trouver de la verdure spongieuse ne fut pas un calvaire aussi en ramassais-je rapidement pour les déposer près du Rat. Lorsqu'un tas assez conséquent fut amassé, je positionnais la mousse dégoulinante entre la fine peau du vieux et l'imposant rocher. Désolée pour tes articulations, elles qui détestent la mousse trop imbibée. Ainsi positionnée, j'espérais qu'elle servirait de coussin amortissant pour ne pas abîmer le flanc du chat. La première partie de mon travail achevé, je m'apprêtais à poursuivre.

- Et moi je me demande qui a inventé la finesse d'esprit, dont certains n'en sont visiblement pas dotés.

Ayant pris un ton humoristique, je ne cherchais pas spécialement à le mettre en rogne mais plutôt à lui faire réaliser que sortir par ce temps, pour un félin âgé, n'était pas la plus fine des idées. Puis, reprenant d'un air plus sérieux, je lui glissais quelques mots :

- Reste tranquille et ne bouge pas.

D'autant plus que la suite ne va pas te plaire. Sans plus attendre, je plongeais ma patte dans le sol ramolli par la pluie pour en extirper une magnifique boule de boue. L'instant suivant, je tartinais pas trouvaille sur la mousse et la surface du rocher qui était en contact avant la verdure mais aussi celle en contact avec d'autres pierres, sans oublier la peau du croûton. La boue servirait ici de graisse et je n'aurais plus qu'à laisser faire la gravité. Celle-ci ferait s'affaisser le rocher et moi, posté en dessous d lui, serais en mesure de le guider pour aider au mieux le Rat à se libérer.

- Si tout se passe comme prévu, le rocher devrait se mettre à glisser. De mon côté je vais essayer d'un peu le soulever pour l'écarter de toi. Dès que tu sentiras du leste, essaie de t'extirper, tu pourras prendre appui sur mon dos.

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MessageSujet: Re: Le Rat Malchanceux / Ombre Fantôme   Dim 12 Aoû - 23:33

Le Rat Malchanceux 
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Un bain de boue monsieur ?



«  Le Rat, lorsqu'il est mouillé, a une drôle d'odeur : on ne le sent plus à des kilomètres à la ronde ».

Présage des Rats, pendant que sa chère compagne d'infortune s'évertue à le faire sortir de là, s'amollit de temps à autre, détendant ses pauvres muscles endoloris. Il pense à la vieillesse, cette petite chose décharnée, putride et sournoise qui s'attaque à lui, à ses os, à ses dents, à ses yeux, à sa superbe peau lustrée. Et il a beau faire des exercices, ne pas abuser de la souris grasse, se purger régulièrement, rien n'y fait, la vieillesse avance et le grignote de ses crocs pointus.Il pense à cette petite dame bien impatiente de tout prendre aux pauvres êtres comme lui qui ésont loin d'avoir accompli tout ce dont ils sont capables, qui retire à la Terre des créatures promises à de grandes choses. Il songe aussi qu'une fois qu'elle est sur vous, la vieillesse est comme un parasite, une énorme puce qui suce votre vie, comme votre sang et votre énergie, jusqu'à la moelle. Cette puce, les autres la la voient, c'est comme si la vieillesse était contagieuse, surtout ne pas s'approcher trop des vieillards ! Surtout ne pas les toucher, les jeunes vous esquivent tout d'un coup comme pour s'éviter une affreuse maladie incurable. Ah certes incurable la vieillesse, pas comme ces petites saletés de puces, mais pas contagieuse ça non, le Rat a fait ses expériences et il est formel ! Essayer de transmettre le virus de l'arthrite à quelqu'un, même en lui soufflant au nez pendant son sommeil, ne donnait rien, pas la moindre petite faiblesse ! Lui qui était resté éveillé toute la nuit cette fois-là, lui qui s'était privé de sommeil pour rien, l'horrible chaton était resté aussi jeune qu'insolent. Ou est-ce la jeunesse elle-même qui était insolente ? Certainement. Ce n'est pas une énorme puce qui sourit aux gens qui vous croisent, non, c'est une mignonne petite bête qui dit: regardez moi comme je suis beau et frais et fort et comme je suis invincible ! Mais la grosse puce est toujours là dans l'ombre, qui guette, prête à dévorer toutes vos possessions intangibles.

Bref, le Rat va probablement mourir et cela ne lui plaît point. Il sait bien qu'on ne va pas le pleurer au camp, il sait bien que certains vont danser sur sa tombe. Il sait bien. Et pourtant elle essaye de le sauver cette pauvre guerrière trempée jusqu'aux os, il se demande bien pourquoi, sûrement un accès d'honneur qui l'a transcendée jusqu'à l'âme et l'a poussée en avant, à l'assaut des éléments et du cul du Rat. Mais enfin elle lui glisse de la mousse et de la boue dessus, absolument merveilleux, au moins les parasites l'éviteront peut-être un temps. Mais par le clan des étoiles quelle odeur ! C'est incroyable de sentir mauvais à ce point, il a de la peine pour cette pauvre mousse, contrainte de pousser dans la vase ad vitam. Mais lui-même n'a-t-il pas poussé dans la vase ? Au milieu d’ignares qui ne l'ont jamais compris ? Le voilà qui a une révélation, en réalité ce trou, ce piège cette vase, tout ça est un signe divin, un signe que la mousse c'est lui, la vie c'est la boue, le rocher qui le bloque c'est son esprit et les complexes que les autres lui imposent pour l'empêcher de briller plus qu'eux. Alors comme la vase il pue et tout le monde le fuit, mais la vase, vaillante survie à tout, même à sa propre odeur ! Il secoue la tête, se dit qu'il pensera à son épiphanie plus tard, parce que les choses se compliquent et que la pluie ne les lâche pas. Mais en tout cas il est l'élu sauvé des eaux et cela vaut bien un peu de pénibilité non ? Le Rat se demande s'il délire parce qu'il est vieux ou parce qu'il sent la mort venir, une mort honteuse, les fesses en l'air, ses parties génitales absentes affichées à la vue de tous. Bah, peu importe.

Elle lui demande de ne pas bouger et il hausserait un sourcil si cela était possible. Pense-t-elle vraiment qu'il est en mesure de bouger ? S'il l'était il lui mettrait un coup de griffe de vieillard, l'idée lui plaît bien il sourit un instant tout en détendant son corps jusqu'à le rendre mou. Un rat gluant.
Elle lui donne ses instructions et il croit comprendre. Ca va marcher, ça doit marcher. Sinon, que fera le Clan de l'Ombre sans son trublion préféré ? Alors le rat, de toutes ses maigres forces qui ne sont pas si négligeables, prend appui sur le dos musculeux de la femelle et pousse, pousse, pousse, jusqu'à sentir sa peau graisseuse former des bourrelets, rouler contre la roche et la boue. Et dans une fantastique arabesque, un formidable rebond, le Rat libre et aérien, se retrouve au dehors de sa cavité, le cul dans la boue. Ses yeux jaunes exorbités, le palpitant qui danse la java, plus marron que nu il regarde, d'un air abasourdi Ombre Fantôme.

« Tu as réussi » dit-il comme s'il n'y croyait pas.

« Oui tu as réussi... ce plan … dégoûtant... a réussi » miaule-t-il comme il peut en avalant la pluie qui dégouline entre ses oreilles, traçant des sillons dans son masque de boue. A le voir ainsi on croirait une tortue, le dos couvert de mousse, le bec méconnaissable.

« Bon je peux continuer ma balade ! » s'exclame-t-il d'un air triomphant. « Grâce à mon sublime corps svelte, nous nous sommes sortis de ce pétrin. Évidemment je ne dirai à personne que je t'ai trouvée coincée dans un rocher, dans une position plus qu'incongrue » Comment éviter de remercier son sauver, comment tirer la couverture à soi façon Présage des Rats.  

Grand sourire plein de dents jaunâtres. La grosse puce, c'est lui.


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MessageSujet: Re: Le Rat Malchanceux / Ombre Fantôme   Jeu 6 Sep - 16:17

Ombre Fantôme

Trempée jusqu'aux os et gueule barbouillée d'une souillure infâme, je retiens un râle lorsque je sens mes pattes s'enfoncer un peu plus dans le sol gluant des marécages inondés sous le poids – bien que maigre – du vieux croulant. Je souffre alors de ses griffes émoussées qui se prennent dans ma fourrure, s'y emmêlant à mesure que l'ancien tente désespérément de s'extirper du piège rocailleux. Serrant les crocs pour m'aider à supporter ce à quoi je n'étais guère habituée, j'essaie ardemment d'éloigner la pierre de la peau chauve du Rat lorsque je sens le roc glisser légèrement. Je ne devais pas lâcher et faire preuve de résistance face aux contraintes causées par cette malheureuse mésaventure. Ne pas ployer. C'était tout ce qui m'importait à cet instant précis. Plus que tout, je me devais de le ramener vivant. Si le Clan des Étoiles a voulu que je le rencontre dans son malheur c'est que son heure ne doit pas encore être venue. Si je suis ici, ce n'est pas pour rien, je le crois. Quoi que nous fassions, nos actes ne sont pas sans utilité, ils engendrent forcément quelque chose. Et je pense qu'aujourd'hui le destin a voulu que nos routes se croisent pour que ma sortie ne soit pas sans valeur. C'était un signe. Le Rat verrait bien des saisons naître et mourir avant de finalement s'éteindre et rejoindre les cieux pour les peupler de ces fragments étoilés que l'on connaît si bien. Lui qui pendant bien des saisons nous avait protégé des maladies, lui qui malgré son fort caractère s'était toujours porté garant de notre santé, nous lui devions la vie, nos ancêtres avaient dû s'en rendre compte. Qu'importe que nous ayons eu à subir sa mauvaise humeur et son sarcasme par le passé, il méritait de vivre.

C'est alors que dans un ultime effort, le Rat parvint à se dégager. Tout aussi abasourdie que lui, je sens mes muscles se relâcher à mesure que je réalise ce qu'il venait de se passer. Ce plan, aussi original qu’écœurant, venait de fonctionner. N'en croyant pas mes yeux, je m’assieds pour reprendre des forces et laisser le temps à mes neurones de faire le point, ignorant la souillure venant marquer mon poil autrefois si pur, désormais crasseux et visqueux. Nous y étions parvenus. Le Rat n'était finalement peut-être pas si galeux que ce que tous tendaient à croire. Si la vieillesse s’emparait de lui inexorablement, il était indéniable que la rage de vivre subsistait toujours en lui. Beaucoup d'anciens auraient renoncé à la vie dès lors qu'ils se seraient retrouvés dans la même situation que le retraité. Lui, au contraire, avait su garder espoir et garder sa lucidité tandis que tout semblait perdu.

La pression retombe, l'air se fait plus respirable tandis qu'il pleut toujours averse. La remarque du Rat m'arrache un sourire qui se veut discret. Même dans ce genre de situation, il ne perdait pas le nord. Toujours fidèle à lui-même, je l'écoute remanier l'élèvement à sa sauce. Il ne manque pas d'air... Je sais toutefois qu'au-delà des mots fiers qu'il prononce se cache en fait un remerciement qu'il ne saurait énoncer autrement. C'est que le vieux vieillit, il se raccroche comme il le peut à ce qui faisait de lui le guérisseur railleur, à savoir l'arrogance. Je finis par lever les yeux au ciel, plus amusée que vexée puis secoue vivement la tête pour chasser les gouttes d'eau perlant devant mes yeux et m'empêchant de voir correctement.

- Attends-moi, je pourrai possiblement avoir encore besoin de toi d'ici à ce que je rentre. Ce ne te dérange pas ?

Plutôt que de m'offusquer et de répondre sèchement je préfère adopter un ton léger qui l'amusera peut-être. Je me lève donc et lui emboîte le pas, ne voulant pas le laisser seul après ce qu'il venait de se passer. A le savoir si empoté, je ne pouvais décemment pas l'abandonner à une nature houleuse. Il finirait par ne plus revenir.

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