« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

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 Hiver sans fin. [Lynx]

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MessageSujet: Hiver sans fin. [Lynx]   Dim 16 Juil - 19:30


Nuage de Vipère


L'ambiance est pesante, écrasante même. L'air est froid, & le paysage blanc ; cela n'a de cesse depuis un moment déjà, & il devient difficile de se souvenir de l'été tant il parait lointain. L'hiver a jeté son lourd manteau sur la forêt depuis longtemps à présent, & ne semble pas décidé à repartir un jour, tenant tous les félins entre ses griffes sévères. Un hiver sans fin, dont chacun guette la fin presque avec désespoir tout en pressentant que cela n'est pas prêt d'arriver. Encore un symptôme persistant de la vieille Apocalypse dont plusieurs parmi eux sont trop jeunes pour se souvenir. Ou peut-être un nouveau trouble, dans la même lignée, visant à affaiblir un peu plus les vivants en rendant leurs conditions de vie plus rudes encore ; une énième attaque envers eux, dans la même veine que celle si violente qui fut la première de toutes. L'Apocalypse dont les plus âgés parlent encore avec peine & souffrance, tant les plaies ouvertes à ce moment-là sont restées à vif faute d'avoir eu le répit nécessaire pour les panser. Ainsi que le démontre cette Saison des Neiges si longue & oppressante, à l'atmosphère si souvent menaçante comme ce matin-là. Les nuages épais qui couvrent le ciel ne semblent guère rassurants ; & pourtant, l'apprentie fredonne avec bonne humeur. Au moins le temps ne semble pas orageux ou à la tempête, aucun flocon ne tombe ce matin. Il devrait être possible de traquer quelques proies pour le Clan qui en a bien besoin.

Rendue devant la pile de gibier bien maigre, qui lui confirme le bien-fondé de cette idée, elle y sélectionne une souris maigrelette. Pas de Reines dans la Pouponnière en cette rude saison, & les Anciens ont eu leur part ; elle peut donc se sustenter pour gagner quelques forces, avant de se rendre aux alentours du Camp pour pister quelques proies supplémentaires qui feront, elle l'espère, la joie de ses congénères à la fin de cette énième longue & rude journée. Elle chassera de la fin de son déjeuner au crépuscule s'il le faut, mais elle ramènera au moins deux proies se promet-elle, décidée à mettre à profit autant que possible cette journée qu’Étoile Sombre lui a donné en congé, devant lui-même se consacrer à ses devoirs de meneur. Sa seule consigne : pratiquer ce qui lui fut déjà enseigner. & ne pas sortir seule du Camp également, mais cela elle trouvera bien un arrangement n'est-ce pas? S'en retournant vers la Tanière des Apprentis, elle y découvre un de ses camarades qui vient d'en sortir, se levant tout juste en cette froide aurore où la lumière peine encore à percer. Une petite étincelle passe alors dans les yeux de saphir, & elle trottine d'un pas léger vers lui, lâchant son rongeur après s'être assise près de lui.

- Salut Nuage de Lynx! C'est l'une des dernières proies de la pile, tu veux la partager?

Un sourire fleurit sur son visage alors qu'elle prononce ces paroles enjouées. Contrairement à son frère, parti tôt avec son mentor ce matin, elle apprécie beaucoup le jeune matou bicolore. Légèrement plus jeune qu'elle, il fut un bon ami de Pouponnière d'aussi loin qu'elle se souvienne, & elle a toujours gardé bon contact avec lui. Se réjouissant de son baptême lorsqu'il a rejoint à son tour la Tanière des novices, elle s'était alors montrée pleinement satisfaite de retrouver son ami un peu plus souvent & de passer des moments de franche bonne humeur avec lui, à partager leur repas ou se raconter leurs entraînements.. Voir à parler de tout & de rien tout simplement, comme elle parvient à se sentir libre de le faire avec lui. Le seul fait de repenser à ces moments de complicité à tout moment de ses journées lui arrache des sourires de contentement, & elle ne peut s'empêcher à chaque fois de se sentir impatiente de le voir en rentrant au Camp. & qu'importe le regard désapprobateur que peut avoir Nuage du Corbeau, il n'est pas venu le jour où sa sœur de lait le laissera décider ses fréquentations!

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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Lun 17 Juil - 16:03



Nuage de Lynx
 
Je m'éveille dans le même paysage que depuis des lunes et des lunes, la forêt d'un blanc immaculé. Une apparence qui parait bien pur, mais juste une apparence. Un déguisement pour un tueur discret, silencieux et extrêmement dangereux. L'hiver. Il élimine les plus faibles, les jeunes et les anciens, réduit drastiquement le nombre de proie, et,par conséquent, affaiblit les guerriers et les Clans, faisant naître les tentions et les conflits. Il est là, partout, dans l'air, sur le sol, dans l'eau. Mais ce n'est qu'un envoyé, un pion. Cette Saison des Neiges interminable n'est qu'un outil, manipulé et utilisé. Bien que ce soit lui qui tue, ce n'est pas sa volonté propre. Quand une griffe prend la vie d'un chat, on ne la considère pas comme fautive. Et bien là, c'est pareil. Les vrais coupables sont les Étoiles Noires. Ces félins qui jadis se rendirent coupable d'actes qui les privèrent du Clans des Étoiles. Ces félins qui ont fait disparaître le lieutenant et la guérisseuse précédente. Ces félins qui ont tué mon frère, et bien d'autres encore. Voilà mes pensées à chaque réveil il y a quelques lunes. Je n'ai en rien perdu ma haine farouche de ces entités maléfiques et mon envie de les détruire, mais aujourd'hui, je ne peux rien y faire. Bien que cela m'enrage, je fais avec. J'enterre cette sensation, je la refoule. Les Étoiles Noires cultivent et font pousser les graines de la rancœur qui détruit les chats et noircie les âmes. Et je suis prêt à abandonner ma haine aussi longtemps qu'il le faudra pour faire obstacle à leurs plans. Je fais donc en sorte de voir la vie du bon côté. Ce qui n'est en soi pas si compliqué, quand on y regarde  bien. Je n'ai pas une mauvaise vie, loin de là. 

Je m'extirpe de la tanière des apprentis, et la douce température qui régnait là-bas est aussitôt remplacée par le froid mordant du dehors. Je m'étire, baille un peu et ébouriffe mon épais pelage. Je regarde le ciel bleu au dessus de moi. Visiblement il fait beau, bien que se soit un euphémisme par les temps qui courent. Mon estomac émet un grognement plaintif, me demandant pour la énième fois de manger un peu. Mais les temps sont durs, et je sais que de toute façon, je me verrai obligé de me contenter de peu, juste de quoi me permettre de tenir la journée et de faire un brin de chasse. J'émerge encore et ne remarque qu'au dernier moment l'apprentie en approche. Nuage de Vipère s'assoit à côté de moi en lâchant une souris maigrichonne. Il n'y a qu'elle et moi niveau apprenti au camp. Hirondelle n'est pas là et cet abruti de Corbeau est  parti tôt avec son mentor. Tant mieux, il ne viendra pas nos casser les pieds ! 


- Salut Nuage de Lynx! C'est l'une des dernières proies de la pile, tu veux la partager?
dit-elle d'un ton enjouée 


La minette roux-pâle et moi avions grandis ensemble et quand elle était devenue apprentie, je me souviens avoir ressenti un peu de jalousie et un peu de peine aussi. Charbon était déjà partit, je me retrouvais seul. J'avais compté les jours avant de pouvoir la rejoindre, elle, son frère et sa sœur. Je me rappelle bien quand j'ai à mon tour quitté la pouponnière avoir parlé avec eux trois. Je revivais. Je n'étais plus seul, j'avais de nouveau des camarades. J'avais retrouvé le sourire.


-"Oh, c'est gentil à toi, mais si on partage tu n'en auras pas assez, puis je n'ai pas fai..." Gwoooooooo... trahi par les bruits de son propre ventre... c'est triste. J'eu un petit rire gêné. J'ai vraiment faim." Ah. Mon estomac me fait savoir qu'il n'est pas d'accord avec moi. si ça ne te dérange vraiment pas, alors j'accepte."


Je m'allonge à côté d'elle, et pousse le rongeur vers elle pour qu'elle prenne la première bouchée. Il nous arrive régulièrement de manger tous les deux comme ça, à discuter d'entrainement, de chasse, d'histoires, de blagues, d'actualité...Ce sont des moments privilégiés où je me sens content sans trop savoir pourquoi. Je me sers ensuite, prenant un petit morceau et le mastiquant longuement. La chair est filandreuse et sèche. L'hiver n'est pas dur qu'avec nous. Les proies aussi sont grandement affectées. L'écosystème aussi, en fait. La nature est bousculée par cette saison anormale. Il nous faut plus de proies.


-"Il va falloir qu'on mette les anciens à la chasse, si ça continue. Pas de nourriture, pas d'énergie, pas d'énergie pas de chasse, pas de chasse pas de nourriture. Et la faim rend agressif. Tu te souviens des conversations qu'on avait sur les tensions entre les Clans ?" Je me rappelle avec bonheur ses moments passés, qui m'ont procurés un grand plaisir. "Ah, ça y est, je parle comme un ancien... Bref... En créant des fossés comme ça, on se met encore plus en danger. Un hiver sans fin est plus dangereux que tous les guerriers du monde. Il faut frapper plus loin, trouver un moyen de nuire directement au Étoile Noires. Moi, je veux découvrir un moyen. Un moyen de vous protéger tous."




Hors de question de perdre d'autres proches. De perdre des amis, des camarades, de la famille. Je vais réussir. J'y crois. Je garde foi en les Étoiles. C'est pour ça que  je vis, que je m’entraîne, que j'espère. Pour qu'un jour tous puissent vivre plus en paix.


 
 

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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Mar 18 Juil - 10:40


Nuage de Vipère


Si le refus premier de son camarade lui fait pencher la tête légèrement de côté, surprise & interrogatrice, la trahison que lui fait son estomac face à cette petite proie dont elle suggérait le partage lui arrache un ronron amusé ; puis un rire franc. Doux & carillonnant, si ce n'est affectueux, alors qu'elle s'allonge sur le flanc à ses côtés, tout près de lui ; mais alors, c'est juste pour se préserver du froid hein, avec cette température après tout il faut bien se soutenir, se réchauffer! Pas parce que d'une manière ou d'une autre, de façon inexpliquée, elle a tendance à chercher la proximité du jeune mâle depuis un moment déjà. & puis, c'est un ami, un excellent ami même, sûrement le meilleur. Qu'y a-t-il de mal à se tenir proche de son meilleur ami, hein?

- Evidemment que ça ne me dérange vraiment pas, cervelle de souris! J'te le proposerai pas sinon.

& elle prend la première bouchée après que son camarade la lui ait réservée, savourant cette viande même sèche & filandreuse ; ils n'ont pas accès à mieux, alors autant chérir chaque morceau de nourriture qui leur est accordé. Inutile de se plaindre ou pleurer les anciennes proies meilleures, de toute manière tant que l'hiver n'aura pas pris fin, que le gibier n'aura pas accès à sa nourriture habituelle désormais que leurs réserves de grains doivent être vides, il sera inutile de rêver à de la nourriture plus goûteuse. & encore plus de jouer de nostalgie en songeant à ce qu'ils avaient avant que cet hiver sans fin ne débute. Une seconde fois elle se sert alors que le matou lui rend la pièce de gibier après avoir pris sa première part, & il entame la discussion. Faisant écho à ce qu'elle songeait avant de venir le trouver, à ses projets de la journée ; & à une partie de ses craintes tout comme de ses aspirations également. Sait-il à quel point ces mots sont le reflet d'une partie de ses propres pensées? Cela ne l'étonnerait pas en un sens. Il fait partie des rares avec qui elle se permet ce genre de discussions philosophiques, lorsque leur échanges se font plus sérieux qu'à l'accoutumée ; des rares à qui elle a pu confier pas mal de choses & qui la connaissent à ce point. N'a-t-elle pas été, après tout, jusqu'à lui confier une fois son désir de connaître sa mère, au moins son identité ou son histoire? N'a-t-il pas passé alors un moment à étudier avec elle toutes les femelles sans enfants du Clan pour essayer de trouver celle qui l'aurait abandonnée, avant de finir intrigué de n'en trouver comme elle aucune qui semblerait correspondre? Oh s'il y a une chose qu'elle n'a point confié au matou, c'est d'avoir trouvé le fin mot de cette histoire depuis. Elle n'a pas encore osé. Osera-t-elle un jour, sans craindre le jugement d'un des chats qui comptent le plus à ses yeux? Perdre son amitié serait un désastre à ses yeux, & elle n'ose s'y résoudre.

- Oui, attention papy tu vas te faire vieux avant l'heure! Attends au moins d'être guerrier!

Un sourire moqueur lui échappe, alors qu'elle rebondit sur les paroles précédentes de son camarade, tout en faisant rouler vers lui la petite pièce de gibier. Plus sérieuse après cette gentille taquinerie, elle recentre finalement ses pensées sur leur conversation, interdit à son regard saphir de se perdre encore dans le vague comme il vient de le faire ; & dirige ses yeux vers ceux de son ami.

- Mon grand-oncle Œil de Faucon s'y est déjà remis. Toute la famille désapprouve & il le sait, mais il ne supporte pas de nous voir nous épuiser tous à la chasse presqu'en vain alors qu'il peut encore participer, dit-il. En un sens je le comprends ; j'aimerais pas être forcée à l'oisiveté alors que je pourrais encore tenter d'aider un peu, même si ce n'est que d'une proie toutes les trois aubes.

Elle soupire. Elle aussi s'inquiète pour l'Ancien, déjà âgé de plus de cent lunes. Elle préfèrerait le voir profiter de ses vieux jours ; mais quel réel profit quand on passe la journée à s'inquiéter de perdre des plus jeunes que soi sans avoir rien tenté? Oui, maudites soient les Étoiles Noires, à troubler ainsi leur paix chérie, leur harmonie. Maudites soient-elles, à leur faire ainsi la guerre. Comme l'a dit Nuage de Lynx tantôt, elle aussi rêverait de trouver un moyen de les mettre hors d'état de nuire. Ou au moins, à défaut, de préserver les leurs.

- A ce propos, vu qu'on a pas encore trouvé le moyen pour mettre fin à cet hiver terrible, as-tu quelque chose de prévu aujourd'hui? Moi, Étoile Sombre m'a donné congé ; il a des choses de Chef à faire. Je comptais passer la journée à chasser, pour être utile, mais il veut pas que je sorte seule.

En même temps, par les temps qui courent.. Elle peut parfaitement le comprendre.

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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Mar 18 Juil - 22:02


 

 
Nuage de Lynx
 
 
Je prends une bouchée de souris, me répétant mentalement que c'est une viande tendre et juteuse pour mieux faire passer la chair filandreuse et nerveuse. C'est déjà bien qu'on ai à manger, je ne vais pas me plaindre. La moquerie de l'apprentie rousse lui arrache un sourire qui m'emplit de bonheur. Je souris en retour. Pourquoi ? Aucune idée. C'est vrai, d'habitude, j'aurai fais semblant de me vexer pour rigoler. Mais pas là. Je ne veux que savourer ce bonheur particulier qui me donne envie de sourire, ce bonheur que je ressens en sa compagnie. Ce doit être parce que c'est une excellente amie. Surement. Elle rebondit sur ma première phrase, et me fait part de ses inquiétude pour son grand-oncle qui s'est remit à la chasse. Normal, avec son âge canonique, il s'expose à plein de dangers comme attraper une maladie, tomber nez à nez avec une Étoile Noire ou que-sais-je encore. En même temps, je le comprends parfaitement. Nuage de Vipère à raison: comment pourrait-il regarder son clan souffrir sans rien faire ? Et ça prouve qu'il faut au plus vite que cela cesse. Quel sera l'étape après les anciens ? Le chatons ? Il n'y en a pas dans la pouponnière en ce moment, et heureusement. Je ne laisserai jamais mes petits chasser avant leurs six lunes. Le monde en les temps qui courent est bien trop dangereux. Heureusement, nous restons unis là ou d'autres comme le Clan de l'Ombre sombre dans la paranoïa et se renferme sur lui même. C'est grâce à nos camarades. J'en suis convaincu. Si on commence à s'accuser les uns les autres, à déclencher des conflits au seins de nos propres clans, alors nous accomplissons la volonté des sombres guerriers morts. Face à la menace, il faut réagir en groupe, on dit d'ailleurs que l'union fait la force, et c'est vrai. Toutes les menaces neutralisées dans le passé l'ont été grâce à la cohésion qui doit régner dans un clan. Donc j'y crois. Je crois en la survie du Tonnerre.
 
-"Une proie toute les trois aubes c'est toujours une proie de plus, hein !" Dis-je en riant. Puis je reprends, plus sérieux:" Mais je vois ce que tu veux dire. C'est donc à nous de faire que les anciens puissent couler des jours paisibles au lieu de sortir par ce temps."
 
Tandis que nous finissons la souris, ne laissant rien sur la carcasse, Nuage de Vipère m'explique qu'elle à prévue de chasser toute la journée et me demande si je peux l'accompagner. Si je veux ? Oui, bien sûr que je veux ! En plus de se comprendre mutuellement, nous avons confiance l'un en l'autre. On s'est toujours confié nos secrets. Elle m'avait dit vouloir connaitre sa mère, que nous avions cherchée un bon bout de temps sans la trouver, ce qui m'avait fait de la peine pour elle. 
je lui avais avoué être entré en contact avec un membre du clan de l'Ombre, mes doute sur ma mission, sur la culpabilité qu'elle me causait, sur l'empathie anormalement forte que je ressens envers les chats d'autres tribus. Elle connait mes peurs, mes peines, mes ambitions, et je connais les siennes. Ce doit être le chat qui en sais le plus sur moi. Et cette confiance s’avère être nécessaire en chasse à deux.
 
-"Oh, euh, oui, bien sûr, j'accepte avec grand plaisir ! Du coup, on pourrait aller du côté du Grand Sycomore, parce qu'il y a souvent des proies dans les racines, hein, pas pour le coché de soleil ou tout ça, de toute façon c'est l'aube, ahah, donc aucune chance de voir la couché de soleil" Je dis, m’empêtrant dans les mots sans trop savoir pourquoi.
 
Je me lève et me fais une rapide toilette, puis ébouriffe un peu plus mon pelage ce qui me donne l'allure d'une pomme de pin énorme. Nous mettre en mouvement nous réchauffera un peu. Nous nous faufilons hors du camp. La forêt est vraiment particulière en hiver. Plus encore lors des hivers surnaturels. Tout est si blanc, si immobile, si silencieux. Tout est figé, comme si le temps lui même avait cessé sa course éternelle. Il n'y a pas un bruit, pas chant d'oiseau, pas un souffle d'air. C'est à se demander si la vie elle même n'avait pas déserté les lieux. Et pourtant, nous sommes là. Bien qu'il soit étouffé par la poudreuse, on perçois le bruit de nos pas sur le sol. On sent la neige qui brûle nos coussinets, l'air frais qui nos empli les poumons, le froid qui tente de glacer tout notre être, comme une preuve qu'on existe, qu'on est bien là. Comme si une force bienveillante tenait à nous rappeler que malgré les épreuves, la vie qui est en chacun persiste et indépendamment de tout, ce trace une voie qui ne prend en considération qu'elle même. Une soif de survie primaire qui nous pousse à continuer à emprunter cette voie, à confier sa vie aux bonnes personnes, à se soutenir mutuellement pour décupler les chances face à l'adversité. A trouver l'amour, avoir des petits qui s'assureront de l'intégrité de la structure que nos aînés ont mis en place. Au fond, c'est ça, la vie.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Mer 19 Juil - 10:17


Nuage de Vipère


La plaisanterie de son ami lui arrache un nouveau sourire, un nouveau ronron paisible & plein de bonne humeur ; malgré l'ambiance oppressante que mettent le climat & ce maudit hiver sans fin imposés par les plus néfastes de leurs ancêtres. Le sérieux qu'il retrouve ensuite pour lui répondre plus réellement lui tire un hochement de tête grave.. Sans pour autant qu'elle ne perde ce petit sourire léger qu'elle gagne en sa compagnie, juste heureuse de profiter de quelques instants de pure tranquillité avec le plus proche de ses amis. Surtout qu'il accepte rapidement sa proposition de sortir chasser avec elle en balbutiant quelques peu, la faisant ronronner d'un léger amusement -trop mignon!-, & surtout de contentement. Elle préfère de loin y aller avec lui qu'avec un quelconque félin du Clan, forcément plus âgé & qui ne la traitera pas avec autant de respect que le fait Nuage de Lynx ; si ce n'est en lui donnant des ordres & dictant sa conduite, sur l'un des rares jours qui lui est donné en congé! Rapidement, la maigrelette petite souris qu'ils se partageaient n'est plus, & un brin de toilette s'impose. Réfléchissant rapidement au terrain de chasse proposé par le matou bicolore, pour en déduire qu'il s'agit effectivement de la meilleure idée possible ; l'un des rares endroits où les proies se réunissent encore quelques peu à leur vue. S'ils veulent une chance de rapporter plus d'une pièce de gibier, c'est là-bas qu'il faut se rendre. Hochant juste la tête, elle se lève pour aller enterrer les restes de leur maigre repas, avant de le rejoindre à la sortie du Camp. Trottinant à sa suite d'un pas léger, qui se fait plus hésitant sitôt de l'autre côté du tunnel.

Les Étoiles savent à quel point cette ambiance pesante & figée peut l'insupporter. Cet hiver qui n'a de cesse de s'étirer n'est pas naturel, & cela se sent dans chaque parcelle de leur chère forêt. Elle semble comme dénuée de vie, morte. Rien ne l'anime, & communier en harmonie avec elle comme son mentor lui a appris à le faire trois lunes plus tôt, au début de son apprentissage, n'est désormais pratiquement plus du tout possible. Elle se sent si petite & fragile, au milieu de ces grands arbres désormais presque macabres, qui lui semblent tout sauf amis.. C'est une des raisons pour laquelle elle n'a jamais remis en cause les consignes d'Étoile Sombre à son encontre ; qu'elle ne sorte pas seule sans excellente raison, & il lui a très bien cité lesquelles sont concernées. Cette ambiance l'intimide, & elle-même n'aime pas beaucoup sortir sans être accompagnée d'un félin tout aussi vivant qu'elle, dont les pas & le souffle seuls sont rassurants par leur simple existence. Sans s'en être aperçue, en quête du sentiment de sécurité qui lui manque terriblement au milieu de ces arbres dénudés par la sombre influence d'ancêtres aux intentions néfastes, elle s'est rapprochée de son ami, & leurs fourrures se frôlent. Gênée en le réalisant, elle ne s'écarte cependant pas brusquement comme d'autres l'auraient fait ; ce ne serait pas très discret n'est-ce pas? & puis, ce n'est pas comme si cette sensation était désagréable après tout. Finalement, elle est presque déçue d'arriver si vite au Grand Sycomore. & pas tellement au fond ; elle s'écarte un peu certes, mais ils viennent profiter de bons moments entre amis tout en se rendant utiles aux leurs, après tout.

- Comment on s'organise? murmure-t-elle, pour ne pas effrayer d'éventuelles proies. Chasse en binôme, ou chacun de son côté & on se retrouve ici régulièrement?

Elle n'a aucune préférence. Apprentie depuis légèrement plus longtemps, elle a eu amplement le temps de travailler les deux types de techniques au même stade ; & de toute manière, par les temps qui courent, il n'est pas grande différence de résultat entre les deux. Quoiqu'avec le binôme, ça leur assure de s'amuser un peu plus à deux, par leurs réussites, leurs erreurs ou leurs gaffes. & ça leur éviterait de s'éloigner. Mais elle s'adaptera sans soucis à chasser de son côté ; ils ne seront pas très loin, à portée de voix au minimum, & pourront se rejoindre dès qu'ils le souhaitent. Un sourire au matou lui indique qu'elle se rangera à son avis ; la boule de mousse est entre ses griffes comme on dit.

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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Ven 21 Juil - 15:56


 

 
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Je perçois son inquiétude, faisant de mon mieux pour camoufler la mienne. Alors elle se rapproche de moi, jusqu'à ce que nos fourrures se frôlent. Je sens mes oreilles qui chauffes, signe de gêne chez moi. Mais je ne bouge pas. M'enlever trahirait mon malaise, et puis, entre vous et moi, ce n'est pas si désagréable. Enfin, je veux dire que ça tient chaud, hein, c'est tout. Donc je reste collé à elle, l'esprit ailleurs. Je regarde ce qui reste de la nature, maintenant. La forêt dort, je pense. Pas au sens littérale, bien sûr, mais il me semble que cet hiver l'a mit dans un état second. Dans une sorte de veille, si je puis dire. C'est étrange, comme sensation. J'ai du ma à me rappeler l'époque où il faisait chaud et beau. Je l'ai connu, mais ça me parait avoir eu lieu il y a une éternité. Dire que des chatons plus jeunes ont sûrement grandis et vécus sans jamais connaitre d'autre saisons que celle des neiges, ça m'attriste. Même si ça n'a duré que quelques lunes, j'ai vu les arbres avec leurs feuilles, les paysages couverts de verdure. Au début, quand les premiers flocons avaient commencé à tomber, j'avais trouvé ça magnifique. C'étais froid, friable et blanc, si blanc. Mais c'est comme tout, si les bonnes choses arrivent trop souvent, on finit par s'y habituer. Et on ne les remarque plus, on passe devant sans s'en rendre compte. On s'en lasse. Les chats domestiques qui ont tout le confort qui veulent, et pourtant, ils ont toujours l'air de s'ennuyer. Je préfère largement une vie difficile qui laisse des fois des instants plus faciles que l'inverse. Ça aide à apprécier la vrai valeur des choses. Il m'arrive de me demander comment réagiraient les habitants de la forêt si d'un coup la neige fondait, l'air se réchauffait, si la vie reprenait son aspect normal. Est-ce que la paix reviendrait ? Est-ce que tout serait comme avant, où bien est-ce que les séquelles sont déjà trop grandes, les cicatrices des cœurs meurtris trop profondes ? Les Étoiles nous reviendraient-elles, ou bien sont elles à jamais parties, obligées d'abandonner leurs descendants dans une forêt qui plus que jamais dangereuse ? Ce qui est sûr, c'est que les catastrophes resteront à jamais ancrées dans la mémoire collective, que les prochaines générations de chatons écouteront le récit des anciens sur les terribles disparitions, la nature rendue folle et les sombres manigances. Si les clans survivent jusque là, du moins. Nous arrivons vers le Grand Sycomore. Bon, en chasse. C'était agréable, ce petit bout de chemin côte à côte. Une fois s'être un peu écartée de moi, l'apprentie rousse me demande quelle technique de chasse adopter, en binôme ou en solitaire chacun de son côté. Ça m'aurait surpris si ça avait été Nuage de l'Hirondelle (ou Nuage de Corbeau, mais je ne crois pas au miracle) qui me l'avait demandé. Après tout, je suis le benjamin des apprentis, celui qui à le moins d'expérience en un peu tout les domaines, alors pourquoi mettre une décision comme ça entre mes pattes ? Mais, venant de Nuage de Vipère, je ne suis pas vraiment étonné. Elle a confiance en moi comme j'ai confiance en elle. Bon. Alors, que choisir ? Un petit sourire de sa part semble me dire "ce qui t'iras m'ira". Délicate attention que celle-ci. J'estime les chances de tomber sur une proie rares, donc précieuse. Il ne faudra pas la louper. Il me semble judicieux dans ce cas de figures de chasser en groupe. Nous tomberions sûrement sur le même nombre de repas potentiels, avec plus de taux de réussite. Et puis en plus, on ne sera pas sépa... Pas loin, si une menace ce présente à nous.
 
"Je pense que être en binôme sera la meilleure option. Du coup, si ça te vas, tu la rabats sur moi et je l'achève."
 
Sachant qu'elle approuvera, je commence à traquer le moindre signe de vie dans cette mer de neige couverte de cadavres d'arbres aux longues griffes tendues vers le ciel comme pour tenter de se venger de ce dernier qui leur a envoyé ce rude hiver. Je slalom comme une ombre entre les troncs figés, tous mes sens en alerte. Les bruits de ce monde endormi m’emplissent les oreilles. De la neige qui chute d'une branche, le battement de cœur d'oisillons hors d'atteintes, le bruit d'un écureuil au chaud dans son trou mangeant quelques noisettes, le bruit étouffé d'un monstre sur le chemin du Tonnerre. En somme, pas de proie atteignables. Bon, je vais faire appel au sens que je maîtrise le mieux, mon odorat. Sans vouloir me vanter, j'ai toujours eu un très bon flair, ce qui m'aide pour pister quelque chose ou repérer quelqu'un. Une senteur diffuse de renard, une pointe de mulot mais là encore éventée et... Oui, plus proche de nos, un écureuil. Je tourne doucement la tête pour le repérer. Là, au pied d'un chêne. Oula. En voilà un qu'il ne va pas falloir louper, sinon en moins de deux il sera à la cime. D'un imperceptible mouvement de queue, je désigne à ma camarade la cible, et l'arbre, pour qu'elle comprenne bien qu'il faut qu'elle le fasse partir dans la direction opposée. Je vais me placer en face du petit rongeur, attendant patiemment qu'il vienne de lui même se jeter entre mes griffes.  
 


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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Mar 25 Juil - 16:41


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La décision de son comparse est vite annoncée, après seulement quelques brefs instants de réflexion ; & un simple hochement de tête est sa réponse alors qu'il suggère une organisation à cette partie de chasse en binôme. Ne reste qu'à trouver une première cible ; & en ce moment, cela promet d'être fort long. Tapie sur une racine du Sycomore, les yeux clos, la novice se concentre de toutes ses forces sur les sons presque inaudibles de cette nature presque morte. Tente d'oublier que son camarade s'est écarté, tente d'oublier cette ambiance troublante & un peu effrayante qui habite sa forêt tant aimée. Elle écoute, s'imprègne de son environnement, comme Etoile Sombre le lui a enseigné ; & même si se mêler à une ambiance si pesante & rude la fait trembler, l'écrase presque. Il le faut bien, si elle espère débusquer une proie dans cet océan de neige gelée qui lui brûle les coussinets à force d'y marcher, qui stagne depuis trop de lunes. Un soupir lui échappe, alors qu'elle laisse les sons venir à elle, qu'elle tente de recréer la douce harmonie qu'elle avait su lier lorsque la forêt était un peu plus chaleureuse & accueillante. Ce n'est pas pareil. C'est vide, un grand vide fort peu rassurant, dont les rares sons résonnent longuement dans un silence étouffant & se font plus menaçant qu'autre chose. Un vide glacial. Il y a le son d'un petit paquet de neige tombant d'une branche, suppose-t-elle. Celui de dents rongeant quelques chose, sûrement un écureuil dans son trou. Les pas de Nuage de Lynx, très étouffé par une démarche aussi légère que possible, adaptée à leur tâche actuelle. Le vrombissement sourd d'un monstre, étouffé & lointain. Le grincement sinistre que produit parfois la rivière sous sa prison de glace, dans le lointain également. & puis enfin, de petits pas ténus, vifs & un peu hésitants aussi, comme marqués par une certaine forme de stress.

Alors l'apprentie ouvre finalement les yeux, après avoir tourné la tête dans la direction concernée, & s'approche à pas de velours. Tout proche, un écureuil erre près du tronc d'un chêne, inconscient de vivre ses derniers instants ; mais tout de même tendu, comme chaque fois qu'un de ces petits êtres habitués aux cimes vient s'aventurer au sol. Un petit mouvement de son camarade, situé un peu plus loin, lui apprend qu'il l'a également repéré. Il désigne également l'arbre, & elle confirme d'une légère ondulation de la queue avoir compris. Oui, si le petit animal devait remonter, ils le perdraient. & ce serait fort dommage, une perte grave pour leur Clan au bord de la famine. Patiente, elle attend alors que son camarade soit bien en place, tapis au sol près d'un autre arbre, sa fourrure blanche & brune pouvant le faire passer pour une racine affleurante lorsque le petit être paniqué cherchera à atteindre les hauteurs d'un autre tronc. Satisfaite de la position choisie par le jeune matou, Nuage de Vipère examine alors la situation du côté de leur proie. Le museau du petit animal frémit, & finalement, au bout d'un interminable moment, il finit par faire un pas. Puis deux, trois. Sa petite truffe au sol, il s'écarte lentement, mais sûrement de son refuge, avant de se mettre à gratter la neige, sans doute en quête de quelconque butin. Sentant qu'elle ne trouvera pas meilleure occasion, la chasseuse s'approche doucement, se glisse contre le tronc du chêne. Le son de sa fourrure effleurant l'écorce fait sursauter le petit animal roux-flamme, & son regard se tourne tout de suite vers elle. Qui s'élance aussitôt, sachant qu'il partira de toute sa vitesse dans l'immédiat. Vive & agile, elle bondit à sa suite alors qu'il se précipite droit dans le piège, feintant une ou deux fois lors des vaines tentatives de l'écureuil pour dévier sa trajectoire. Il ne faut pas qu'il aille ailleurs, il ne doit pas échapper aux griffes de Lynx. & c'est tout droit entre elles qu'il se précipite d'ailleurs, arrachant un petit ronron de triomphe à la féline roux-pâle qui rejoint alors son ami en trois bonds enthousiastes.

- Bon sang j'ai cru qu'il s'écarterait jamais de cet arbre, & je voyais pas comment le rabattre autrement! Comme quoi, la patience paie à la chasse ; celui qui dit le contraire je lui frise les moustaches. amorce-t-elle, un petit ronron amusé lui échappant, alors qu'une certaine fierté brille dans son regard en croisant celui de Lynx. Enfin à part ça ton placement était juste parfait, j'ai eu aucun mal à te le ramener! On continue comme ça? Ca m'a l'air efficace!

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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Mar 22 Aoû - 0:34


 

 
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J'observe attentivement l'écureuil effarouché qui semble vouloir pour toujours rester près de son arbre salvateur, son refuge contre les mille et une menaces cachées dans les sous-bois touffus que lui seul parait apercevoir. Il fait un pas, puis un autre, progressant avec prudence et lenteur, jaugeant les alentours en quêtes de prédateurs ou bien de nourriture. Je perçois presque son dépit quand il constate qu’il va devoir s’écarter encore un peu de son chêne et progresser dans le monde de danger qui s’ouvre à lui. Alors, il continu de marcher doucement. On m’a appris qu’en chasse, une des principales vertus est la patience. Je ressens en moi l’envie de me jeter sur la petite touffe de fourrure rousse, de ressentir cette montée d’adrénaline que procure la chasse. Mais, si je cédais à mes pulsions, je serai un bien piètre chasseur. A peine me serai-je élancé que déjà le rongeur me narguerait du haut de sa branche, se moquant de mon impulsivité. Non, je dois rester, ne pas bouger. Etre comme une partie du décor dans cette scène de traque, être là, à portée de vue, et pourtant si bien fondu dans le paysage qu’on jurerait être devenu invisible. Et, bon, en plus, c’est à Nuage de Vipère de le rabattre. Elle sait aussi. Elle progresse, sa magnifique fourrure roux-pâle paraissant une percée de lumière à travers les nuages, se mouvant avec la fluidité de l’eau. Elle n’existe pas, pas pour la proie. Ses yeux guettent la cible, ne perdant pas un geste de la malheureuse créature, prenant en compte chaque paramètre, chaque détail. Je vois dans ses yeux le plan qu’elle prépare. Je ne saurais dire comment, mais j’ai l’impression que ces prunelles d’eau sont comme des messages pour moi. C’est bizarre, j’ai une drôle de sensation dans le ventre. Peut-être le petit-déjeuner qui ne passe pas, j’ai l’impression qu’une flopée de papillon faisait la fête dans mon estomac. Il faudra peut-être que je vois Esprit du Renard pour lui demander ce que c’est. J’essaie d’ignorer ça, puis je me reconcentre. Là, encore un  pas ou deux… C’est bon, ma camarade va y aller. Je vois sous son poil ses muscles se bander, elle est tendue à craquer, prête à bondir sur la bestiole au pelage de flammes. Elle glisse, légère comme l’air, son pelage émettant un petit bruit au contact du bois. L’écureuil fait volte-face, s’aperçois du péril, et détale aussi tôt pour sauver sa petite vie. Mais c’est l’apprentie qui mène la danse. Elle contient chaque embardée de la pauvre victime affolée, lui imposant la direction, sous peine de finir croquée. Dans sa panique, elle ne m’a pas remarqué, et se dirige droit vers une mort certaine. Je me recroqueville, et, soudain, me déploie d’un formidable saut plutôt bien calculé. Découvrant ce nouvel ennemi sortit du nulle part, l’animal freine des quatre fers pour tenter de se sortir du piège, mais il est trop tard quand il réalise ma présence. Toutes griffes dehors, j’atterris en plein sur lui, et d’un coup de patte parfaitement ajusté, je lui brise la nuque. Un sourire de satisfaction éclaire mon visage quand la minette rousse me rejoint avec un ronronnement de triomphe. Elle me dit en rigolant qu’elle ne voyait pas comment rabattre ce maudit écureuil sans le laisser s’écarter et que la patience est essentielle. C’est fou, on dirait qu’elle lit dans mes pensées. Elle me félicite aussi de mon placement et me demande si on continu.
 
-« On aurait dit qu’il était accroché au chêne comme les chiens aux Bipèdes, hein ? » Je lui réponds en plaisantant. « Et bon, moi j’ai pas fait grand-chose, c’est surtout toi qui l’a guidé parfaitement dans mes pattes ! Alors, oui, ça me va comme moyen de procéder. On échange les rôles cette fois ! »
 
Et déjà je me remets à chercher une nouvelle proie aux côtés de Nuage de Vipère. Tout en gardant la truffe au vent, les oreilles alertes et les yeux fouillant dans les touffes de verdures enneigées, je me mets à discuter avec la minette rousse.
 
-« C’est trop bizarre, je me sens drôle ce matin. J’ai comme des papillons dans le ventre, je me demande si  je n’ai pas attrapé un truc en mangeant la souris de ce matin. Tu te sens normale, toi ? C’est vrai, après tout, on a mangé le même morceau, on a peut-être une bactérie ou quelque chose du genre. Ou peut-être est-ce toi qui me rends comme ça, je suis allergique à Nuage de Vipère, oh nooon ! » Lui dis-je, taquin.
 
N'empêche, ce serait nul si c'était vrai. C'est vraiment une super amie, Nuage de Vipère. Et je me sens pas pareil qu'avec les autres, tout est comme... exacerbé... Je me sens terriblement idiot quand je dis un truc qui faut pas, mon courage est décuplé quand je suis avec elle, je suis fou de joie quand on travaille ensemble... C'est vraiment très étrange... Ce doit être ça la super méga amitié. Quoique, on me l'avait décrite un chouia différemment, cette situation me fait plus penser à... A je ne sais plus quoi... Impossible de me rappeler, le vide, le trou de mémoire. Pendant que je réfléchissais, je me rends compte que je me suis rapproché d'elle, et nos fourrures se frôlent de nouveau. On est aimantés, ou quoi ? Mais bon, je vais briser la glace, cette fois ci.
 
-« Tu m’en veux pas, il fait un froid de canard, et puis bon, la forêt et un peu étrange ces derniers temps, et c'est plus agréable d'être deux...»


Pourquoi je lui ai dis ça ? C'est rare que je confie avoir peur. C'est vraiment une amie spéciale.
 


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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Dim 3 Sep - 18:13


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Un nouveau ronron amusé lui échappe à la plaisanterie, se muant en ronronnement mi joyeux mi touché lorsqu'il enchaîne pour lui renvoyer ses félicitations.. Contrairement à lui elle ne pense pas que cette prise est surtout de son fait, encore moins qu'il n'a pas fait grand chose ; mais recevoir des compliments sur sa technique, ça fait toujours plaisir. C'est avec énergie & enthousiasme qu'elle hoche vivement la tête lorsqu'il approuve l'idée de continuer ainsi, & suggère d'échanger leurs postes. Sans soucis, ça lui convient totalement. A peine le temps d'enterrer vaguement leur proie sous la neige pour la mettre à l'abri d'autres éventuels prédateurs, & de se mettre bien l'endroit en mémoire bien sûr, & la revoici partie à la traque d'un nouveau gibier aux côtés de Nuage de Lynx. Aux côtés relativement proches de Nuage de Lynx, cela dit. Plutôt que de garder le silence une nouvelle fois, il parle cette fois-ci ; & après tout il a bien raison, il faudrait être extrêmement chanceux pour trouver une nouvelle proie si vite en cette saison, il leur faudra sans doute s'éloigner un peu alors pourquoi garder un silence absolu? Il suffit de ne pas parler trop fort après tout, & de faire mine de juste se promener. Il la taquine juste, comme il le fait souvent & qu'elle le lui fait souvent en retour, mais les mots qu'il prononce font un étrange écho en elle cette fois-ci. Des papillons dans le ventre? Depuis ce matin? Tiens, maintenant qu'il le dit.. Elle réalise cette sensation. Qui ne l'habite pas que ce matin ; cela fait plus longtemps. Mais elle n'avait jamais fait attention, trop occupée habituellement par leurs discussions endiablées ou leurs jeux. Son petit cœur plus vif aussi. Une maladie? Si c'en est une, elle doute qu'il s'agisse de leur repas du matin. En tout cas, pas la concernant. Ses yeux, fichés sur le sol, s'écarquillent soudain alors qu'elle se souvient d'une histoire contée par une Ancienne aux chatons qu'ils étaient tous il y a plusieurs lunes maintenant. Ce symptôme qu'il évoque, & l'autre auquel elle a pensé sur l'instant, & le fait que sa fourrure semble lui brûler chaque fois qu'ils sont juste simplement assis l'un près de l'autre ou qu'ils se frôlent, la joie étrangement importante qui la prend au moindre petit compliment de sa part.. Tant de symptômes que la vieille femelle avait cités dans son petit conte aux chatons. Pas ceux d'une maladie ; ou alors de la plus belle qui soit. Serait-ce possible que?..

Troublé, son regard se porte sur l'autre félin. & soudain, elle se pose la question de le voir sous un autre jour. Pas celui du meilleur ami, presque membre de sa famille ; ou du moins, pas dans le même sens. Celui qu'une jeune femelle telle qu'elle pourrait poser sur un jeune mâle comme lui, presque un adulte désormais. Tout comme elle. Celui qui inclue d'autre possibilités, d'autres horizons. Une autre forme d'affection. Rien qu'à cette pensée son cœur s'emballe un peu plus, se réchauffe d'un étrange espoir qu'elle n'aurait jusque là jamais imaginé ressentir. Elle n'avait jamais envisagé cette possibilité.. Jusqu'à ce matin-là. Le silence s'étire alors qu'elle demeure ainsi plongée dans ses pensées, pour une fois incapable de répondre à sa plaisanterie ; & subitement leurs fourrures se frôlent à nouveau, lui arrachant un petit sursaut. & c'est comme si son pelage roux-pâle s'embrasait aussitôt, une douce chaleur, brûlante mais agréable, qu'elle prend pour la première fois le temps d'appréhender, de ressentir pour ce qu'elle est.. Réellement? Avec un discret soupir, loin de s'écarter elle reste ainsi proche de lui. Profite de cette chaleur, de la sensation de sécurité qui l'accompagne ; non pas celle de ne point être seule dans cette forêt devenue lugubre comme elle l'a pensé jusqu'ici, non. Celle d'être avec lui, près de lui. De cette amitié qui, petit à petit, sans même qu'elle ne s'en rende compte, s'est semble-t-il changée en autre chose. Un petit sourire lui échappe aux paroles qu'il prononce alors, tout bas. Une confidence qu'elle approuve d'un léger hochement de tête, un sentiment qu'elle partage ; & peut-être même un peu plus encore. Pour la première fois un peu timide face à cet ami de toujours, elle presse un peu plus franchement son flanc contre le sien, passant du simple effleurement au contact réel. Tétanisée de son propre geste qu'elle n'a pas réfléchi, mais qui semblait adapté, elle fixe de nouveau le sol sans oser lever son regard. Puis prend une profonde inspiration &, toujours sans lever les yeux, ose enfin formuler quelques mots hésitants, dans un simple souffle, un petit murmure à peine audible.

- Nuage de Lynx.. Tu te souviens cette histoire que racontait Griffe Fourchue, quand on était tous petits? Tu sais, celle.. Celle sur Candeur des Libellules & Cœur Noble? débute-elle lentement, cherchant ses mots, les mots adaptés pour décrire & avouer ce qu'elle a à dire. Hé bien je crois.. Je crois que je me sens.. Un peu comme Candeur, en fait..

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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Dim 10 Sep - 21:24


 

 
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Le silence s'était installé au moment où je lui faisait part de mes maux d'estomac aussi étranges qu'amusant. Les papillons en eut-même étaient une chose, mais mon corps entier est en proie à une étrange sensation: je me sens tout léger, et j'ai l'impression de flotter dans ma peau, c'est bizarre, et pas ce que j’appellerai désagréable. En fait, c'est juste... déstabilisant. Oui, c'est le mot. Mais en même temps, assez plaisant. Je sais qu'en général une maladie est désagréable, mais je n'avais jamais eu vent d'une qui procure ce type d'effet. Mais est-ce vraiment une maladie au sens où je l'entends ? En principe, je crois que c'est sensé être désagréable, dérangeant, douloureux, hors, là, pas du tout. C'est un peu comme quand on est dans un demi-sommeil, avec une sensation qui ressemble à du stress, mais sans le mauvais côté. En fait, ça ressemble un peu à ce que j'ai pu ressentir au moment de recevoir mon nom d'apprenti. Nuage de Vipère semblait elle aussi prise en pleine réflexion, mais quelque chose sur son visage me troublait. Elle paraissait différente, comme changée en le temps d'une seconde. Ça doit durer depuis une petite minute, facilement. Je ne saurai dire ce que je suis sensé discerner sur son visage... J'ai l'impression d'y voir tout de même dépasser un sentiment que je n'avais jamais vu sur son joli museau. Perdue dans ses pensées, la jeune femelle ne pipe plus mot, mais elle finit quand même par me faire un petit sourire discret que je n'ai pas l'habitude d'observer après que je lui eut confié mes impressions sur le bois aux arbres squelettique. La proximité de nos pelages s'accroît d'un coup, et je mets une seconde ou deux à réaliser que c'est elle qui s'est rapprochée de moi. D'un petit geste, presque imperceptible, ma camarade voilà collée à moi. Encore une fois, m'écarter brusquement ne ferait qu'empirer les choses, je me contente donc de marcher à ses côtés, nos épaules se touchant à chaque pas de plus que nous faisons. Et je me rends compte que, finalement, c'est mieux. Je me sens plus serein, comme si la chaleur que dégage l'apprentie avait le pouvoir de m'apaiser. Sans quitter du regard, la minette rousse me dit d'une petite voix assez peu commune chez elle qu'elle se sent un peu comme la Candeur des Libellules, une héroïne d'une des innombrables histoires que Griffe Fourchue nous avait contée quand nous étions encore tout petits. Il me faut faire un effort pour me souvenir. Ce n'était qu'un récit parmi des dizaines et des dizaines d'autres, comme une feuille sur un arbre, une goutte au milieu d'une averse. Mais, bribe par bribe, les phrases me reviennent, et puis tout s'assemble comme un grand puzzle dans ma tête, les noms se pose sur les personnages, et je reviens plusieurs lunes en arrière, dans la tanière des  anciens, face à Griffe Fourchue, au côté d'autres chatons, tout ouïe. Je revois la vielle femelle, je me souviens de son odeur, de tout. Je me rappelle sa voix un peu éraillé. Je me rappelle des deux jeunes chats qu'étaient Cœur Noble et Candeur des Libellules. De leurs amitié si profonde qu'il pouvaient se comprendre à demi mot, savoir précisément ce que l'autre va faire. Oui, ils lisaient l'un en l'autre comme en un livre ouvert. Griffe Fourchue nous avait même dit que l'un ressentaient les émotions de sa moitié et inversement. Et cette radieuse journée aux Rochers du Soleil que les deux félins avaient passé en discutant, jouant et riant. Aux drôles de sensations qu'ils éprouvaient. Et à cette soirée où le soleil couchant donnait à la rivière des reflets d'or en fusion. Il faisait doux, c'était une parfaite soirée d'été. Et là, sous le regard des étoiles qui commençaient à émerger du ciel orangé, Cœur Noble et Candeur des Libellules avaient laissé leurs cœurs battre en harmonie, l'amour s'étant emparé de leurs êtres. Oui, je vois, maintenant. Je peux poser un nom sur l'expression du visage de Nuage de Vipère. La timidité. Et, comme si elle était contagieuse, elle se propage et vient me chauffer les oreilles. Je fais de mon mieux pour cacher ma stupéfaction, ce qui s'avère inutile, je n'y arrive pas. C'est tout à fait logique, après tout, et puis ce qu'on vit ressemble à l'histoire. A plusieurs exceptions: ici, pas de belle nuit d'été, mais un hiver sans fin. Nous ne vivons pas une belle époque, le danger est partout, la mort guette les imprudents. Et, par dessus tout, nous sommes des apprentis. Trop jeunes pour ça. Mais... tout le monde dit toujours qu'il faut accepter ses sentiments. Et, à vrai dire, je me sens comme à dû se sentir Cœur Noble, moi aussi... Seulement, j'essai de me fier autant à ma tête que mon cœur. C'est un joli récit, certes, mais on a aussi eu droit à des histoires qui finissait moins bien. Et puis... les... les adultes disent pas que les jeunes ne savent pas ce qu'il veulent et, et et...C'est... un peu angoissant. Je ne sais pas si les choses que je pense sont dû à la soudaineté de cette révélation, mais ce dont je suis sûr c'est que je ne suis pas dans mon état normal. Tout n'est que chaos. Les émotions défilent dans ma tête, je discerne de la peur, de la joie, de la timidité, et... une forme de soulagement. Alors, pesant chaque mots, je lui réponds d'une petite voix intimidée.

-"Je... Je crois que moi aussi, je me sens un peu comme Cœur Noble, mais... on est jeune, et c'est une histoire... Tu... Tu crois vraiment que c'est ça ?"

 


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Dernière édition par Nuage de Lynx le Ven 13 Oct - 21:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Lun 18 Sep - 22:23


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Ses yeux toujours vrillés au sol, la jeune rouquine attend la sentence qui suivra incontestablement ses paroles. Positive ou négative? Impossible de le dire à cet instant, où une certaine stupéfaction masquée en vain car elle la ressent pleinement même sans le regarder, est la seule réaction du matou marchant toujours à ses côtés, si près d'elle. A son tour, il prend le temps de réfléchir, de cogiter un peu ; & le petit cœur de la féline bat à tout rompre dans sa poitrine, si vivement. Craindrait-elle sa réaction, elle qui se plait à se montrer toujours courageuse? Sans nul doute. En même temps est-il instant plus délicat dans la vie d'un chat, que l'attente d'une réaction à pareil aveu? Frissonnante dans la brise glaciale, elle n'ose toujours pas relever ses prunelles en sa direction, de peur peut-être d'analyser sur son visage une expression qui lui serait rude à encaisser. Repoussant autant que possible un potentiel rejet, préférant l'affronter en premier par les mots que par la découverte de ses mimiques en cet instant ; même si en un sens, aucun des faits précédents ni des mots qu'il a prononcés auparavant ne semblent lui indiquer cette rude déception qu'elle redoute.

& puis finalement, la voix de son ami retentit de nouveau dans le lourd silence, basse & un peu timide ; avec elle tombe cette sentence si attendue. Accompagnée aussitôt d'une vague de soulagement & d'un bond prodigieux de son cœur dans sa poitrine, car ce n'est pas rejet, mais interrogation. & même un semblant d'approbation quelques peu hésitant ou timide, ou les deux à la fois peut-être. Ne confirme-t-il pas après tout, avant toute question, se sentir un peu comme elle, comme l'un des deux protagonistes du fameux conte de Griffe Fourchue? Un peu rassurée par cet état de fait, la féline laisse échapper un léger sourire, posant enfin ses yeux de saphir sur l'autre chat. Ses propos sont justes certes, mais un peu trop analytiques à son goût ; malgré cela, ils tirent à la femelle un ronron bas & presque inaudible. Certes ils sont bien jeunes, mais n'est-ce pas l'âge des premières amours? Bien sûr l'histoire de Candeur des Libellules & Coeur Noble n'est qu'une histoire, une légende presque, mais ne sont-elles pas toujours basés sur un fond de réalité? Elle ne sait pas si c'est vraiment ça en effet ; mais s'il est une chose dont elle est sûre, c'est de se sentir si bien en sa présence, plus encore lorsque leurs pelages s'effleurent. Apaisée & en sécurité. Alors elle sourit, une fois encore, & lève son museau vers le ciel immaculé de nuages de neige.

- Après tout, pourquoi pas? souffle-t-elle tout bas. Oui nous sommes jeunes, mais les temps sont si durs.. Qui sait si on sera toujours là demain? Si l'un de nous ne sera pas tué, laissant l'autre avec le remords de n'avoir pas essayé, ne serait-ce que pour savoir si c'était vraiment ça?

Finalement elle cesse de marcher ; de toute manière ils ont cessé de chercher des proies en cet instant, tout à cette délicate discussion qu'ils sont. Son regard s'est de nouveau rivé sur ses pattes, cherchant les mots justes.

- Tu sais Lynx, au fond je n'ai qu'une réelle peur..

Sa voix n'est toujours qu'un murmure, si frêle qu'il serait aisé de penser l'avoir rêvée. Pourtant le regard qu'elle relève lentement vers l'autre félin le rend indéniable, alors qu'elle s'approche, timide & un peu inquiète peut-être, pressant son front contre celui de son vis-à-vis tout en fermant les yeux. Savourant l'instant d'une certaine façon, sans tenir compte de ses membres tremblants. De froid, ou du trouble emmené par leur actuelle conversation? Elle-même ne saurait le dire, alors qu'elle chuchote tout bas cette confidence qu'elle n'avait jamais faite à personne, qu'elle n'avait même jamais formulée.

- C'est de mourir avant d'avoir vraiment vécu.

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MessageSujet: Re: Hiver sans fin. [Lynx]   Ven 13 Oct - 21:02


 

 
Nuage de Lynx
 

Je sens des bonds dans ma poitrine, irréguliers, comme un petit animal qui tenterait de se sauver. Ce qui l'anime n'est ni totalement de la panique ni de la joie, mais plutôt un mélange des deux. Chacun prend tour à tour l'ascendant sur l'autre, et je suis pris entre des bouffés de chaleur m'irradiant comme un doux rayon de soleil, une lueur perçant le froid ambiant et frisson dans le dos comme si un filet de glace coulant dans mon pelage, s'insinuant à travers le sous-poil et pénétrant ma peau, mes os, jusqu'à atteindre mon cœur. Un cocktail étrange, ni tout à fait agréable ni dérangeant. Alors Nuage de Vipère relève le menton, et pose sur moi ces yeux de saphirs, comme l'eau froide, ces grands yeux hypnotisant qui m'ont toujours semblé être des puits de rêves et de bonne humeur. Je ne résiste pas, je plonge dans ce regard. J'essaie de lire dans ses pensées, de comprendre, de savoir. On se sent pareil, tous les deux, j'en ai eu la confirmation. On se sent... amoureux. La peur commence à un peu trop prendre le dessus à mon goût. Encore une fois, à notre âge, est-ce que c'est raisonnable ? Et puis comment le prendraient les autres ? Et si ce n'était que passager, après tout ? Et si finalement, elle devenait ma... ma compagne ? Est-ce que je saurai comment me comporter ? Comment l'aimer en retour ? Et si je lui faisais du mal ? Mais, au milieu de mon flot d'angoisses, elle a un geste, une expression. Bien qu'il soit léger et discret, elle me sourit. Elle me parle des remords que l'on pourrait avoir si on ne le fait pas. De la possibilité qu'on ne soit plus là demain, de tout notre amour qui pourrait être perdu. Et, à voix si basse que je dois tendre l'oreille pour l'entendre, elle me dit qu'elle a peur. Peur de mourir avant même d'avoir pu vivre.  Et toutes mes appréhensions fondent et disparaissent de ma tête. Comme une tornade de douceur qui traverse mes inquiétudes et les balayent, comme dans l'histoire, ce regard que les deux félins avaient échangé qui avait ouvert leurs cœurs l'un à l'autre. Alors oui,  aimer c'est un pari à double tranchant. Oui, c'est prendre un risque. Mais, son sourire, son regard, le léger ronron, tout ça m'a fait prendre conscience d'une face de l'amour que j'avais oublié, obnubilé par les dangers. Et pourtant, c'est la face la plus importante. Elle m'a ouvert les yeux. Elle m'a ouvert les yeux sur la beauté de l'amour, sur ce sentiment qu'il n'y a plus de demain, plus de hier, et seulement aujourd'hui. Elle a raison, les temps sont durs, et il se peut que l'on ne soit plus là d'ici trop peu de temps. Alors il faut profiter, vivre. Aimer. Les autres ne sont pas obligés de savoir, on peut très bien garder ça pour nous, un moment du moins. Et puis le regard des autres ne doit pas m'influencer, disaient les anciens. Je ne vis que pour moi-même, et ce genre de choix m'appartiennent. Et ce n'est pas  passager. Je le constate, maintenant. C'est trop fort, trop grand, trop ressemblant aux sensations qu'avaient éprouvés l'un pour l'autre Candeur des Libellules et Cœur Noble. C'est ça, l'amour. Et je sais si je finissais par devenir son compagnon, alors elle serait là pour me guider. Il n'y a pas besoin de réfléchir, après tout. Juste suivre ce que me dicte mon cœur.  Oui, oui, je me sens comme Cœur Noble. Non, le contexte n'est pas idyllique. La mort rôde, le froid s'installe. On devra malgré tout éviter de trop s'afficher, voir garder ça secret. Mais bon, je suis quasiment sûr que la moitié des adultes ne nous prendraient pas au sérieux de toutes manières. Bref. Il faut vivre. Alors, je prends mon courage à deux mains et je m'arrête. Je n'ai jamais été très doué pour déballer mes sentiments, et déjà dans ma tête les mots se bousculent et chahutent. Je souffle longtemps et forme un petit nuage de vapeur, puis je plonge mes yeux dans les siens, ces yeux qui me semblent nouveaux maintenant que je sais ce qu'elle, que dis-je, ce que nous ressentons. Elle n'est plus la même, plus tout à fait. Je la vois sous un jour nouveau. Ma voix est maintenant calme, posée.
 

-"On est jeunes, c'est vrai. Mais oui, les temps sont durs et oui, on ne sait pas ce que demain nous réserve. Mais qu'importe. Tu... Tu m'as ouvert les yeux. Ces sensations, ce quelque chose que je ne partage qu'avec toi, c'est... De l'amour. Alors, oui, Nuage de Vipère. Je t'aime. Et, même si on est jeunes, et qu'il est sûrement tôt pour en parler aux autres, je veux qu'on soit ensemble. Après tout, seuls nos cœurs peuvent nous dire quand c'est le bon moment."

Je l'ai fait. Je me sens soulagé, maintenant. Elle sait ce que je pense, elle peut me comprendre. Finalement, je n'ai pas réfléchis à ce que j'allais dire. J'ai dit ce qui me venait spontanément pour dépeindre ce que je ressens. Alors, à travers les nuages chargés de neige, un rayon de lumière se faufile, et viens nous tomber dessus. Une douce chaleur m'envahit, et pourtant elle n'est pas due qu'à la percée de lumière. Ils disent que les guerriers de jadis nous ont abandonnés, qu'ils ne sont plus là. Mais pourtant, je peux les sentir en train de nous regarder. Et, dans cette fin de matinée, je me dis que c'est bien agréable, de se sentir amoureux.

 
 

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