« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

Masque de Rosée
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 La Belle et la Bête | Nuage de Révolte

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Valse des Étoiles
Admin Graou
Admin Graou
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1783
Age : 18
Date d'inscription : 14/06/2012


Mes personnages
Description:

MessageSujet: La Belle et la Bête | Nuage de Révolte   Mer 14 Déc - 4:46

NUAGE D'AMETHYSTE
« Il y a quelque chose qui hier encore n'existait pas. »

Combien d’aubes ai-je déjà admiré ? A mes yeux, il n’y a rien de plus dans ce monde que le ciel se teintant d’abord d’un bleu pâle, presque blanc, puis dans les premiers éclats du soleil, revêtir des teintes bien plus chatoyantes. Du rose pâle à l’orange timide, tirant parfois dans le mauve, se reflétant dans mes yeux comme l’éclat d’un joyau. Puis l’astre apparaît, véritable boule de feu rougeoyante, brûlante. Majestueuse. Il allume d’une lumière dorée les gouttes de rosée qui reposent, encore endormies, sur les buissons d’ajoncs et d’aubépines. C’est alors comme si la lande entière était faite de milliers de diamants, illuminant les derniers restes de brume matinale qui restent accrochés aux épines comme du coton. J’aime sentir la terre, habituellement si sèche, encore humide et tendre sous mes pattes. J’aime entendre les taillis s’agiter au rythme des animaux qui reprennent vie, des respirations qui s’accélèrent. J’aime voir des petits nuages se former à partir de mon souffle et de se disperser dans l’air frais, revigorant. J’aime le calme, la tranquillité, la quiétude. La paix. La poésie. J’aime l’instant. Parfois un lapin croise ma route, traverse le petit chemin sous mes pattes. Les battements de sourds de son cœur viennent alors se répercuter jusque dans mon poitrail. Et jusqu’à ce qu’il reprenne son errance, il y résonne. Jamais je ne fais en sorte de le stopper. Car l’aube est heure de vie et de naissance, d’éveil et de merveilles. La mort a trop, bien trop, d’autres moments pour frapper. Combien d’aubes ai-je déjà admiré ? Bien trop pour toutes vous les conter.

Toutes différentes et pourtant si semblables. Ou pareilles et pourtant si distinctes, je n’ai jamais su. Peut-être la vie, l’âge ou l’expérience m’apporteront cette réponse. Mais aucun d’entre eux en me déroberont cette fascination incontrôlable pour cet instant teinté de magie, débordant de poésie. C’est comme si mon corps l’apprécie autant que mes yeux, que mon cœur. Voilà de nombreuses lunes qu’il se réveille de lui-même, alors que les étoiles commencent à disparaître. Ca ne peut être le souffle paisible des novices dans notre tanière douillette et chaude, ça ne peut être la tranquillité du Calo encore endormi. Non, ça ne peut être que cela ; l’appel de l’aube. Alors que j’avance entre les taillis, suivant un chemin étroit et sinueux, bordé de part et d’autre d’imposants buissons, je me demande si mes pensées auraient été les mêmes si mon mentor n’avait pas été Conteur Céleste. Le chant du vent m’aurait-il paru aussi beau ? Les fleurs si colorées, l’air frais si agréable ? Ma réflexion suivant le rythme de mes pas, l’idée que sa sagesse est un véritable don des cieux me traverse l’esprit. Jamais il n’a essayé de me changer. Patient, encourageant et compétent, il ne s’est jamais plaint de mes attaques ratées ou de mes proies manquées. Son enseignement est bien plus que martial ou physique. Il s’étend dans le domaine de la psychologie, de la réflexion. Faire de moins quelqu’un d’heureux voilà, je suis sûre, le but qu’il s’est fixé. Quelqu’un en accord avec elle-même, avec des valeurs auxquelles se raccrocher. Pour rien au monde je n’aurais voulu changer mon mentor. Rien ne me rend plus heureuse que voir la fierté briller dans ses yeux, quand bien même il n’y a rien d’exceptionnel dans ce que je viens d’accomplir. Se réjouir des choses simples est un enseignement que je ne pourrais jamais oublier. Avec nostalgie, je me rappelle que mon entrainement touche à sa fin. J’aime l’état actuel de ma vie, son aspect paisible est rassurant. Mais du haut de mes quinze lunes, je suis la plus ancienne des apprentis. Beaucoup seraient déjà guerriers à cet âge mais il faut bien avouer que je n’ai aucun talent particulier pour la vie de guerrière. Au contraire, il semblerait qu’il me faille plus de temps que les autres pour assimiler les techniques et la fatigue apportée par mon manque d’appétit n’aide pas dans l’apprentissage.

Aussi fatigue puis-je l’être, l’aube continue de murmurer mon nom, et la promesse est trop belle pour ne pas y succomber. Bondissant d’un rocher à l’autre, escaladant agilement un amas rocheux qui se dresse au milieu du chemin, je croise la fragrance de la patrouille de l’aube, ma préférée. Il semblerait que je les ai devancés aujourd’hui encore. Remontant le courant de leurs odeurs, je prends le chemin du Camp, sentant déjà ma faiblesse me rattraper. Lorsque je me glisse entre les ajoncs entourant notre repaire, je le retrouve en plein éveil. J’apprécie cet instant, partagé entre la douceur du sommeil et l’électricité des tâches à accomplir. Evitant soigneusement la pile de gibier malgré les gargouillements de mon estomac, je me dirige vers l’antre des guerriers. Avec un peu de chance, mon mentor s’y trouve et nous pourrons aller nous entraîner un peu. « Nuage d’Améthyste, Conteur Céleste est parti avec la patrouille de l’aube, si tu n’as rien à faire va chercher de la mousse pour les anciens. La voix de Plume de Sang me fait sursauter. Je me retourne, la dévisage quelques instants, avant de hocher la tête et reprendre la direction de la sortie. Ah, et prends Nuage de Révolte avec toi, elle doit encore être en train de dormir. » Je me fige et, avant que je n’ai pu protester, la femelle blanche a disparu. Je pousse un profond soupir et fais demi-tour. J’aurais vraiment préféré y aller seule. Je n’ai rien contre la femelle bicolore, c’est juste que, et bien… elle me fait un peu peur. Elle a toujours des mots acérés sous la patte et a un caractère bien trempé qui m’intimide. Je me faufile dans la tanière encore parsemée de corps endormis à la fourrure luisante, prenant garde à n’écraser personne dans la semi-obscurité. Inspirant un grand coup, je secoue doucement la jeune chatte, espérant éviter sa fureur. « N-Nuage de Révolte… Désolée de te réveiller mais on doit aller chercher de la mousse pour les anciens… » Ma voix se fait de plus en plus faible au fur et à mesure que je la voix émerger. Croisons les griffes.

_________________















Merci à tous pour vos si belles créations, je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum-guerredesclans.forumactif.com/
Murmure Éternel
Super Grenouille Gobeuse de Mouches.
Super Grenouille Gobeuse de Mouches.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 968
Age : 20
Date d'inscription : 11/12/2011


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: La Belle et la Bête | Nuage de Révolte   Ven 16 Déc - 18:56

Δ NUAGE DE RÉVOLTE ;


Le ciel était nuageux, vous savez ce genre de ciel si blanc que sa lumière fait mal aux yeux. Si clair et dénué de couleur qu’on a l’impression que le temps lui même ne sait pas vraiment ce qu’il fait et n’a pas vraiment décidé s’il voulait être ensoleillé ou gris… Nuage de Révolte marchait dans l’herbe gelée d’hiver. Les brins autrefois verts craquaient sous ses pattes, bien qu’elles soient si légères. La nature semblait s’être figée. Immobile et silencieuse, il semblait que la forêt toute entière regardait Nuage de Révolte marcher sans but. Une odeur de gibier lui parvint au museau et l’apprentie du vent se rendit compte que son ventre gargouillait alors elle se mit en chasse de la petite proie qui avait tout l’air de narguer la petite noireaude… Elle la sentait, elle la voyait presque au travers des feuillages, et pourtant, elle ne la trouvait pas … Nuage de Révolte, frustrée, cherchait en vain à attraper le rongeur. C’était étrange, on aurait presque dit que seule une odeur fantôme se déplaçait, provoquant la petite et son estomac, alors qu’en réalité il n’y avait rien. Enfin, c’est ce que se mit à penser la jeune féline. Mais à vrai dire, elle n’eu pas longtemps encore le temps de se poser la question. Une petite voix, à la fois douce et dérangeante, venait la tirer de son sommeil profond. Et cette petite voix, elle la reconnaîtrait entre mille … Pourquoi ? Parce qu’elle la détestait par dessous tout. Toujours entre rêve et réalité, Nuage de Révolte s’agita et lança quelques coups de patte dans le vide avant d’émerger totalement. A côté d’elle, la patte encore posée sur le corps de Nuage de Révolte pour la réveiller, se tenait Nuage d’Améthyste. Le regard que lui lança l’apprentie noire et blanche en disait long sur son humeur. Non seulement elle était loin de porter la chatte blanche dans son cœur, mais en plus il fallait que cette dernière vienne la réveiller de force. Et devinez pourquoi ? Pour qu’elles aillent chercher de la mousse. Ensemble.

Nuage de Révolte se leva, se lécha doucement les poils du dos et fini par s’étirer sans dire un mot. Elle n’était pas d’humeur explosive, mais d’humeur glaciale et tranchante. Alors que cela plaise à Nuage d’Améthyste ou non, il ne faudrait pas compter sur l’électrique Révolte pour être aimable et remplie de faux semblants pour arranger l’ambiance. Clairement, ce n’était pas son genre. Nuage d’Améthyste se tenait face à elle, penaude. Révolte avait beau être la plus petite et la plus jeune des deux, elle impressionnait son aînée comme si c’était l’inverse. En même temps, qui des apprentis n’avait pas un peu peur du caractère si lunatique et acerbe de la petite chatte de jais et de diamant. Ses deux prunelles saphir paraissaient être faits de glace et elle laissa volontairement le silence rendre l’ambiance palpable quelques instants. Réfléchissant à quelle réplique désagréable elle allait pouvoir dire, Nuage de Révolte ne tarda pas à sortir de son nid en bousculant son interlocutrice.

« Tu ne vois pas que tu es au milieu de mon chemin ? Et pourquoi fallait-il vraiment qu’on me colle une incapable pareille pour m’aider ? Oh, en fait je comprends. Quand on n’est pas capable à quinze lune de devenir guerrière, c’est qu’on est vraiment bonne qu’à récolter de la mousse ! »

Elle faillit ajouter un « et dépêche toi je n’ai pas que ça à faire de perdre mon temps avec toi », mais finalement elle se retint. Inutile de parler plus à la féline blanche. Elle se contenta de filer brusquement en direction de la sortie de la tanière des apprentis, et de filer à la même vitesse vers la sortie du camp. Elle ne prit même pas la peine d’attendre Nuage d’Améthyste qui devait sûrement s’être à présent élancée à sa poursuite.

Teintée des lumières matinales, la nature s’éveillait en même temps que s’éveillait le corps de l’apprentie du Vent. L’air glacial et le sol gelé rappelaient à Nuage de Révolte son rêve, à l’exceptions faite qu’ici, le ciel était bleu. La fraîcheur n’empêchait pas le soleil de briller. Mais ses chaleureux rayons ne perçaient pas et ne réchauffaient pas la terre. C’était un vrai temps de plein hiver. Glacial, sec, mais beau en même temps. La jeune chatte filait à toute allure sans s’arrêter. Espérait-elle secrètement semer sa camarade ? Peut-être. Mais quand bien même elle l’aurait semée, il aurait fallu la retrouver … Parce qu’elles avaient une mission commune et bien que cela déplaise à Nuage de Révolte, il fallait qu’elles la réalisent ensemble. Ensemble était ici un mot qui la dégoutait fortement. Elle faisait tout pour éviter la chatte blanche et voilà qu’on leur collait une tâche à faire ensemble. A croire que personne n’avait compris ! Et pourtant, ce qui séparait les deux félines était un gouffre que Nuage de Révolte creusait encore et encore. Elle détestait Nuage d’Améthyste parce qu’elle lui volait son père. Elle volait les moments et la complicité qu’ils auraient dû avoir ensemble. Mais voilà que son père préférait se préoccuper d’une petite idiote incapable de passer guerrier, incapable de tuer et de se battre comme une VRAIE guerrière du Clan du Vent. Nuage de Révolte faisait tout, tout pour que son père la remarque, pour oublier aussi qu’elle n’avait pas eu de vraie mère.

Révolte avait besoin d’une présence masculine dans sa vie, besoin d’un mâle qui veille sur elle, elle avait besoin d’un père. C’était ce dont elle avait toujours rêvé. Mais elle savait aujourd’hui que cela ne resterait qu’un rêve et que son père, enfin si on pouvait vraiment appeler ça comme ça, n’avait de toute évidence pas grand chose à faire de l’existence de sa fille. Elle en voulait profondément à Conteur. Mais aussi à Nuage d’Améthyste. Après tout, elle participait à l’échec de sa vie familiale et pour toutes ces choses qu’elle lui volait, Nuage de Révolte ne pourrait jamais lui pardonner. Jamais.

Quand son cœur se mit à s’essouffler pour de bon, Nuage de Révolte s’arrêta. Elle était loin du camp, de toute évidence bien plus loin que nécessaire pour aller chercher de la mousse, mais à vrai dire elle n’en avait rien à faire. Elle en profitait pour prendre l’air et défouler ses pattes qui ne demandaient qu’à courir ou taper dans quelque chose. Grincheuse, elle regarda autour d’elle en attendant un signe de Nuage d’Améthyste. La nature gelée ne lui renvoyait que son silence. Alors elle commença à ramasser la mousse toute seule. Sans le vouloir et sans y faire attention, au lieu de ramasser de beaux morceaux de mousse, Nuage de Révolte déchiquetait la mousse en petits nuages et les éparpillait partout. Peu importe si ce serait pénible à ramener, au moins cela dérangerait Nuage d’Améthyste et c’était tout ce qui comptait !

_________________
MURMURE ÉTERNEL - NUAGE DE RÉVOLTE

MURMURE  no one believes in second chances Ҩ « Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. » Perdu. Il était perdu. Dans un Clan qui n’était pas le sien, dans un univers qui ne lui ressemblait pas, dans un monde qui ne voulait pas de lui. Dans un endroit où il ne se sentait pas chez lui. © Laëlix

Nuage de Révolte:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Valse des Étoiles
Admin Graou
Admin Graou
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1783
Age : 18
Date d'inscription : 14/06/2012


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: La Belle et la Bête | Nuage de Révolte   Jeu 22 Déc - 2:39

Le regard qu’elle me lance lorsqu’elle ouvre les yeux n’aurait pas été plus poignant s’ils étaient des couteaux. Ses prunelles sont d’un froid glacial et je sais, en cet instant, que si elle le pouvait, elle me tuerait sur le champ. Je frissonne d’appréhension alors qu’elle se lève et entame une toilette matinale. Attendant l’orage, je reste bêtement planté là, à la regarder fixement. Puis enfin ce que je guettais se produit et elle éclate. Ses mots sont tranchants et je ne peux m’empêcher de sursauter. Voilà justement pourquoi j’évite cette petite comme la peste. Elle n’a l’air de n’aimer personne et elle semble particulièrement avoir une dent contre moi. J’ai intercepté plus d’un regard noir à mon encontre mais je n’ai aucune idée d’où peut venir cette rancœur. Elle se redresse d’un bond et sort en me bousculant. Je lève les yeux au ciel, agacée par son attitude de chaton. Le temps que je sorte de la tanière des apprentis, elle a déjà filé hors du Camp. Sans me presser, je marche sur ses pas, suivent son odeur. Le soleil étant à présent levé, il fait fondre les derniers restes de givre qui emprisonnaient les buissons dans un sommeil forcé. Je m’arrête au sommet d’un bute, laissant les rayons incandescent réchauffer mes os. Mes yeux célestes embrassent cette étendue sauvage et, ce matin encore, j’entends son cœur battre sous mes pattes. A mes oreilles, c’est le plus joli des sons.

Alors que je remonte la piste de la chatte bicolore, je me prépare mentalement à encaisser ses remarques. Mais jusqu’où est-elle allée bon sang ? Je commence à croire qu’elle compte courir jusqu’au Quatre Chênes. Finalement, je m’arrête au pied d’un tas de mousse déchiqueté que je devine être le sien. Il y en a partout autour de moi, des amas verts, ravagés, éparpillés sur le sol. Je l’entends s’affairer à quelques pas de là. Je contourne le petit monticule et l’aperçois, arrachant de la mousse des rochers à grand coups de pattes. Des dizaines de petits brins se sont logés dans sa fourrure luisante et je ne peux m’empêcher de rire. Ma voix cristalline résonne dans l’air encore brumeux, se répercutant sur les pierres gris-bleues. Mais, tenant à ma fourrure, je ne m’attarde pas longtemps derrière elle. Me glissant entre les pierres lisses, je m’approche du petit ruisseau coulant entre les Rochers Moussus où nous nous trouvons à présent. L’eau effleurant mes pattes est glacée mais les galets qui tapissent le fond du cours d’eau sont clairement visibles tant celui-ci est pur, cristallin. Je donne un coup de patte pour briser le courant et des gouttes luisantes jaillissent. Sous le soleil, elles semblent être de diamants. Je ne peux m’empêcher de recommencer, fascinée par leur éclat. Et dans un moment enfantin, je ris à nouveau. L’écho carillonnant de ma voix remplit tout l’espace autour de moi, comme si j’étais entourée d’une bulle de candeur. Mais les agitations furieuses de ma consœur me ramènent à la réalité. Pas de paix pour moi aujourd’hui, du moins tant que je serais auprès d’elle.

Je me penche pour boire, et l’eau froide coulant le long de ma gorge me donne un coup de fouet. Je frissonne en me redressant et retourne à contre cœur vers Nuage de Révolte. Elle a réussi à réduire en charpie plus de mousse que nous ne pourrons jamais transporter, surtout dans cet état. Je m’arrête un instant pour la fixer, perdue à nouveau dans mes pensées. Je me demande quelle est la nature de cette colère qu’elle porte en elle, et qui est à mes yeux un fardeau. D’où vient-elle ? Contre qui est-elle dirigée ? Dire que j’ai pitié d’elle serait mentir, il est difficile de prendre en sympathie un tel démon, mais je ne peux m’empêcher d’être triste pour elle. La vie est faite pour aimer et non haïr. La rage demande bien trop d’énergie et d’application et, pour ma part, je préfère dédier mon temps à autre chose. Peut-être qu’un jour trouvera-t-elle la paix. C’est tout ce que je peux lui souhaiter.

Au moment où je sens son regard converger vers moi, je détourne les yeux et me dirige vers un rocher encore intact. Sans plus lui accorder la moindre parcelle d’attention, ni à elle, ni à son génocide de mousse, je commence à découper de grands carrés sur la pierre. Mes coups de griffes sont droits, précis, expérimentés. Voilà des lunes que je les effectue, trop de lunes peut être. Mais ce genre de tâches ne me dérange pas plus que cela, j’aime leur simplicité. Le silence autour de nous s’intensifie chaque seconde jusqu’à devenir pesant. Cette tension entre nous est palpable à présent, et j’ai beau me concentrer sur mes gestes familiers, ils ne me procurent pas la tranquillité habituelle. Cependant, il est hors de question que dise quelque chose, surtout pour subir une avalanche de reproches. Alors je me contente de l’ignorer, roulant sur eux-mêmes mes pans moelleux de verdure. Et pourtant, je suis tellement nerveuse que par deux fois, je les déchire. L’atmosphère hostile me noue l’estomac, me mettant étonnamment sur les nerfs. C’est plus fort que moi, je peste. « C’est quoi le problème de cette mousse, pourquoi elle refuse de coopérer ? » Il me vient à l’esprit que je m’exprime étrangement pour une apprentie, mais je suis trop anxieuse pour m’en amuser.

| J'a remarque que c'etait notre premier RP toutes les deux. J'en suis ravie apres tout ce temps. Je t'aime. :huhu: |

_________________















Merci à tous pour vos si belles créations, je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum-guerredesclans.forumactif.com/
Murmure Éternel
Super Grenouille Gobeuse de Mouches.
Super Grenouille Gobeuse de Mouches.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 968
Age : 20
Date d'inscription : 11/12/2011


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: La Belle et la Bête | Nuage de Révolte   Dim 25 Déc - 19:03

Δ NUAGE DE RÉVOLTE ;


Quand Nuage d’Améthyste pointe enfin le bout de son museau, il semble qu’elle ait prit tout son temps pour rejoindre la sombre apprentie de son clan. Nuage de Révolte ne lui confère que très peu d’attention. Enfin, assez tout de même pour l’entendre rire doucement tandis qu’elle observe le tas – enfin si l’on peut vraiment appeler cela ainsi – de mousse déchiquetée qui git à côté de la jeune chatte noire et blanche. Ce petite rire idiot a le don de lui hérisser les poils, mais elle ne dit rien, continuant de s’affairer avec plus de précision cette fois. Nuage d’Améthyste, elle, ne semble pas beaucoup préoccupée par la tâche qu’on leur a donnée. Elle marche, joyeusement, innocemment, prenant tout le temps nécessaire pour … Profiter ? Oui, c’est sans doute cela. Une chose que Nuage de Révolte a bien du mal à faire … Elle, elle n’est pas là pour perdre son temps. Améthyste s’approche de l’eau qui entoure les rochers et semble regarder son reflet avant d’entrer dans l’eau sûrement glacée en cette époque de l’année. Mine de rien, Révolte garde un œil malveillant sur la chatte blanche qui boit et s’amuse alors qu’elles ne sont clairement pas là pour cela ! La féline aux yeux parme donne quelques coups de patte dans l’eau et se met à rire … Choquée, Nuage de Révolte ne peut s’empêcher de tourner brusquement la tête vers elle. Est-ce une blague ? Quel âge a-t-elle ? Le regard rempli de dédain, Révolte tourne la tête et se reconcentrer sur sa tâche. Comment son père peut-il être autant attaché à une imbécile ?! Sérieusement, son âge mental ne vole pas plus haut que celui d’un chaton de 3 lunes !

Tandis qu’Améthyste réalise sa tâche méticuleusement, Révolte le fait avec beaucoup moins d’application. Après tout, étant donné ce à quoi va servir la mousse, pas la peine non plus d’y passer des heures ! Bien coupée ou mal coupée, de toute façon le résultat est le même pour les anciens. Et puis s’ils ne sont pas satisfaits, ils n’ont cas aller chercher leur propre mousse eux-mêmes ! Révolte sent ses muscles contractés par l’agacement. La seule présence de l’autre apprentie dans le même rayon de territoire qu’elle l’irrite et l’énerve. Les raisons, elle seule les connaît … Mais elle ne peut s’empêcher de lui en vouloir pour presque tout. Enfin, si seulement un jour elle arrivait à mettre des mots sur sa véritable souffrance … Peut-être en serait-il autrement pour les deux femelles ? En tout cas pour le moment, tout ce que cela inspire à Révolte c’est de la colère. Elle est désespérée et agacée par l’attitude de sa camarade de clan. Tandis qu’un silence désagréable s’installe, la tension est palpable. Sans doute Nuage d’Améthyste ne comprend-elle pas vraiment … Mais cela, Révolte n’en a qu’à moitié conscience et elle s’en fiche. Cette petite lui vole l’amour d’un père qu’elle aurait dû avoir pour elle, et cette absence lui pèse. La jeune apprentie blanche du vent s’est placée à bonne distance de sa camarade et semble ne pas oser la regarder. Nuage de Révolte essaie aussi de l’ignorer, mais c’est plus fort qu’elle, elle doit la regarder, l’observer, analyser et critiquer le moindre de ses gestes. D’ailleurs … Mais que fait-elle ? Vient-elle sérieusement de se mettre à parler de la mousse comme d’une personne ? Décidément, Nuage de Révolte se dit qu’elle était déjà au courant que cette apprentie était spéciale, mais à ce point … Révolte hésite, se tourne, se retourne, plante ses griffes dans le sol … Puis s’approche brusquement – sans doute un peu trop – de l’apprentie de son clan.

« C’est quoi ton problème à toi au juste ? »

Sa phrase est violente, son ton glacial et provocateur. Elle cherche. Elle cherche l’affrontement, le face à face, ce que redoute sans doute plus que tout Nuage d’Améthyste ! Mais c’est ainsi, Révolte est ainsi. Guerrière, hostile, parfois désagréable. Elle cherche le conflit direct, ne peut s’empêcher de dire tout et vraiment tout ce qu’elle pense au moment où elle le pense. Son visage dur contraste avec l’étonnante joie et beauté naturelle de son aînée. L’instant est glacial, même le vent semble vouloir s’immiscer dans la tension en soufflant une brise gelée dans les pelages des deux femelles. L’eau clapote derrière elles, leurs deux tas de mousse immobiles attendent d’être ramenés au camp pour les anciens. L’air froid et matinal ne peut pourtant pas empêcher le soleil d’illuminer doucement le ciel du matin. Ses couleurs sont étonnantes et si belles … Mais Révolte ne voit pas tout cela. La beauté de chaque instant lui échappe parfois. Sans doute trop souvent. Elle a tant de rage en elle, tant de conflit … Tant de peine extériorisée en violence … Sans doute est-ce pour cela qu’elle porte, peut-être malheureusement, si bien son nom. Révoltée, pour tout, toujours …

_________________
MURMURE ÉTERNEL - NUAGE DE RÉVOLTE

MURMURE  no one believes in second chances Ҩ « Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. » Perdu. Il était perdu. Dans un Clan qui n’était pas le sien, dans un univers qui ne lui ressemblait pas, dans un monde qui ne voulait pas de lui. Dans un endroit où il ne se sentait pas chez lui. © Laëlix

Nuage de Révolte:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Valse des Étoiles
Admin Graou
Admin Graou
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1783
Age : 18
Date d'inscription : 14/06/2012


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: La Belle et la Bête | Nuage de Révolte   Sam 14 Jan - 3:29

Poussant un long soupir libérateur, je roule des épaules pour chasser la tension qui s’y accumule. Sans regarder vers Nuage de Révolte, je crois deviner qu’elle s’est arrêtée de travailler à l’étonnant silence qui a suivi mes paroles. Mon pelage commence à me picoter et se hérisse légèrement. Je baisse la tête et lui jette un rapide coup d’œil azuré. Elle est tournée vers moi, et me darde de ses yeux agressifs. J’ai alors l’impression de bouger au ralenti. Je tente de m’absorber dans ma tâche pour occulter sa présence. Pourquoi y a-t-il une telle électricité entre elle et moi ? L’air est tellement lourd, étouffant qu’il en devient presque palpable. Mes sens sont plus aiguisés, à l’affut et tout autour de moi me parait encore plus brillant, éclatant qu’auparavant. J’ai toujours été fascinée par les différentes nuances de lumières irradiant de chaque chose mais quand elle est à côté de moi, crispant chacun de mes muscles d’angoisse, tout parait plus vif, plus distinct. Autant qu’il est possible de l’être et s’en est presque aveuglant. Le vent hurle plus fort encore à mes oreilles, chantant dans mon crâne, malgré le petit abri créé par les grands rochers. Mon épiderme me démange, me brûle presque sous des yeux de pierre précieuse. Jamais je n’ai senti une telle effusion en compagnie d’un camarade de Clan à par peut être Conteur Céleste. Mais au lieu de m’attirer vers elle, ces émotions fortes qui gonflent en moi me donnent plutôt envie de fuir, de déguerpir le plus vite possible car je ne les connais pas. Et j’ai peur de ne pas savoir les maîtriser, comme elle n’en est pas capable de toute évidence. Est-ce que tout cela a un nom, une explication ? Et bien si c’est le cas, je ne parviens pas à trouver quelque chose de convenable.

J’entends ses pas frapper le sol dans un bruit mat sans les voir. Mais je devine immédiatement qu’elle se dirige vers moi. Tournant la moindre parcelle d’attention sur la tâche que je suis en train de faire, je roule méticuleusement la mousse sèche sur elle-même pour la transporter plus facilement. Elle semble moelleuse et d’une jolie couleur de jade, les anciens seront ravis. Je prie silencieusement pour qu’on ne nous charge pas aussi de renouveler leur litière, c’est une corvée dont je me passerai bien aujourd’hui quand bien même je suis en si bonne compagnie…
J’ai le temps d’étaler un carré de mousse encore humide au soleil pour qu’il sèche avant qu’elle ne se stoppe bruyamment devant moi. Je peux aisément deviner son air menaçant, revêche. Son air habituel en sorte. Je me répète comme un mantra de ne pas la regarder mais quand elle me parle c’est plus fort que moi. Je me fige d’abord une demie seconde quand ses notes de défi parviennent à mes tympans puis sans réfléchir plonge mon regard dans le sien. Mes yeux étranges se soudent à ses pupilles si expressives et restent ainsi un long moment. Plusieurs minutes peut-être. J’essaye d’y lire la cause de ce mal-être que je perçois en elle, l’origine de cette révolte dont elle porte si bien le nom. J’essaye de la comprendre, de saisir les règles auxquels se plie se petit être si explosif. C’est peu de dire qu’elle me fascine, mais sachant bien qu’elle ne voudra jamais mes bons sentiments je ne les lui ai jamais témoignés préférant laisser la peur de ses remarques noyer le reste. Mais en cet instant le temps semble s’être figé dans un cocon de glace. Le vent nous transit jusqu’aux os, nous fige dans une contemplation inégale. Elle explose de défis et de disputes, moi je scintille de douceur et de calme. Même lorsqu’elle est aussi directe, je ne parviens pas à éprouver de sentiments réellement négatifs à son égard. Mes yeux aux couleurs des fleurs de bruyère en sont d’ailleurs dénués. A la place on en peut y lire qu’une question une seule, si puissante qu’elle doit s’insinuer dans le moindre pore de sa peau, s’engouffrer en rafale dans le moindre espace possible. Pourquoi ?

Mais à la place je me contente de me détourner après cet interrogatoire silencieux, me tournant vers la lande qui s’étale devant nous. Je m’enferme quelques secondes dans mes pensées. Des problèmes ? Non, aussi idyllique cela puisse paraître je n’en ai aucun. J’ai un Clan où vivre, une famille à mes côtés, un mentor attentionné. Un endroit splendide dans lequel avancer. Je repose à nouveau mon attention sur elle, la parcourant d’un regard aussi doux que d’habitude mais teinté d’une pointe d’amusement. « Pourquoi poses-tu à voix haute une question qui t’es directement destinée ? » Étonnement je n’ai pas peur. Je suis intimidée certes, mais je parviens à le combattre. Au fond que pourrait-elle me faire ? Ses couteaux qu’elles nous lancent ne servent qu’à la soulager j’en suis certaine. Elle n’est pas mauvaise. Elle est révoltée.

_________________















Merci à tous pour vos si belles créations, je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum-guerredesclans.forumactif.com/
Murmure Éternel
Super Grenouille Gobeuse de Mouches.
Super Grenouille Gobeuse de Mouches.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 968
Age : 20
Date d'inscription : 11/12/2011


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: La Belle et la Bête | Nuage de Révolte   Mar 28 Fév - 9:29


Δ NUAGE DE RÉVOLTE ;


Dès que Nuage de Révolte avait ouvert la bouche pour cracher son mécontentement, Nuage d’Améthyste avait plongé ses yeux fascinants dans le regard de glace de la jeune apprentie noire et blanche. Un instant, le temps se figea tandis que les deux femelles échangeaient un regard lourd de mystère et de sentiments contradictoires. Etrangement, la féline blanche ne paraît ni surprise ni contrariée d’entendre les mots de sa cadette. A la place de toute colère ou peine, son regard s’emplit d’une sorte d’interrogation que Révolte lit sans aucun mal. Mais peu importe qu’elle comprenne ou ne comprenne pas, les choses sont ainsi et elles ne changeront pas. La noiraude fronce un peu les sourcils, sent le vent glacial se mêler à son pelage, et ne cille pas d’un poil. Elle est campée sur ses quatre pattes, l’air menaçant et agacé. Face à elle, l’autre apprentie du clan du Vent a un tout autre air. En somme, ce qu’est l’une est l’inverse de l’autre. Elles sont ce que l’autre n’est pas. Tout les oppose et pourtant, finalement, qu’ont-elles vraiment de si différent ?

Finalement, Nuage d’Améthyste détourne le regard la première. Elle s’éloigne un peu de sa camarade, sans un mot. Elle semble plongée dans ses pensées, et sa non réaction a le don d’agacer encore plus Nuage de Révolte. Elle cherche, elle provoque, mais l’autre reste passive, fidèle à elle-même. Comme si la bouillonnante apprentie qui se trouve près d’elle n’arrivait même pas à brouiller le calme intérieur si pur d’Améthyste. Quelques minutes s’écoulent, ou peut-être était-ce des secondes, Révolte ne sait plus … La femelle couleur neige se retourne enfin vers elle et la regarde à nouveau. Pire qu’avant, cette fois-ci elle semble presque amusée. On pourrait quasiment lire un sourire sur son visage.  Et cette fois, c’est au tour de Révolte de se demander : Pourquoi ?

« Pourquoi poses-tu à voix haute une question qui t’es directement destinée ? »

Frustrée de cette réponse, ou plutôt de cette question renvoyée avec un calme déroutant, Nuage de Révolte fulmine. Elle plante ses griffes dans le sol, et tente d’apaiser la chaleur qui monte en elle. Elle ne doit pas se laisser aller à une colère qui prendrait le contrôle. Non, Améthyste aurait gagné. Elle aurait eu la féline noire et blanche par sa propre méthode et cela n’était pas envisageable. Finalement, après quelques secondes, Révolte se mit à rire. Mais pas d’un rire frais un sincère … D’un rire moqueur, froid, électrique. Qu’est ce qu’Améthyste cherchait au fond ? Pourquoi fallait-il que son innocence, au lieu de la rendre faible, lui procurait au contraire une force qui échappait totalement à Révolte ? Cette dernière s’approcha, les yeux plissés, presque emplis d’un machiavélisme étonnant pour le jeune âge de l’apprentie.

« Tu sais mieux que personne laquelle d’entre nous a des problèmes. »

Tout en disant cela, elle s’approchait de la femelle blanche en lui tournant autour, presque comme on tourne autour d’une proie avant de l’achever.

« Tu es si bizarre. J’ai l’impression que mon père est tombé bien bas pour s’attacher à une gamine comme toi. »

Là.  Voilà qu’elle pointait du bout de la patte le véritable problème. Et surtout que pour la première fois, elle parlait de son père à Améthyste. Pour la première fois sans doute exprimait-elle la véritable cause de toute cette histoire, de toutes ces menaces et de toute cette haine dont Nuage de Révolte était emplie à l’égard de la petite femelle blanche qui se tenait devant elle. Cette dernière allait-elle saisir la brèche qui venait de s’ouvrir, et peut-être comprendre un peu ce dont il était question ? Moqueuse, provocatrice, Nuage de Révolte donna un coup de patte dans la terre et en envoya une volée au visage de l’apprentie du Vent. C’était méchant. Mais étrangement, cela lui procura un certain plaisir. Elle ne méritait que cela de toute façon ! Qui était-elle au juste pour avoir détruit ce qu’il lui restait de famille ? Enfin d’ailleurs, qu’est-ce que cela pouvait bien signifier, le mot famille … Révolte ne savait pas et se demanda même si elle avait su un jour. Elle n’avait pas de mère. Elle avait un frère qui ne comprenait rien et l’affrontait, et l’autre qui ne se souciait de rien d’autre que d’admirer les jolies petites fleurs dans l’herbe des plaines. Il aurait presque pu lui rester un père.

Si seulement cette gamine n’avait pas été là pour lui voler ce qui lui était dû à ELLE !

_________________
MURMURE ÉTERNEL - NUAGE DE RÉVOLTE

MURMURE  no one believes in second chances Ҩ « Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. » Perdu. Il était perdu. Dans un Clan qui n’était pas le sien, dans un univers qui ne lui ressemblait pas, dans un monde qui ne voulait pas de lui. Dans un endroit où il ne se sentait pas chez lui. © Laëlix

Nuage de Révolte:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Valse des Étoiles
Admin Graou
Admin Graou
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1783
Age : 18
Date d'inscription : 14/06/2012


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: La Belle et la Bête | Nuage de Révolte   Mer 1 Mar - 14:22

Je vois aussitôt que ma réponse la déstabilise. Elle s’attendait sans doute à ce que je la suive sur son terrain savonneux de colère et reproches. L’espace d’un court instant elle est interloquée, je le vois dans son regard. Sans doute m’avait-elle sous-estimée. Suiveuse plus que leadeuse je ne me laisse pourtant pas entraînée dans un endroit où je ne souhaite pas aller. Très vite ses griffes s’enfoncent dans le sol et je la vois peiner à se contenir. J’ai rarement côtoyé quelqu’un d’aussi explosif et j’ai l’impression qu’elle-même souffre d’être ainsi. Chaque mot, chaque pique, chaque acte n’était pour moi qu’un immense appel au secours de sa part, un besoin d’attention peut être. Et voilà qu’elle ouvre la gueule à nouveau. Je me prépare mentalement à encaisser son attaque mais voilà qu’elle rit. Je l’imaginais avec un rire doux, aigu comme sa voix, un peu comme le vol d’un oiseau. Mais voilà que des sonorités âpres et dures m’écorchent le pelage, vrillant mes tympans. Je me glace instantanément, gelée par un ton profondément mauvais. Mon assurance se fissure presque aussitôt et je dois me retenir de faire un pas en arrière. De toutes les émotions que nous pouvons ressentir, le mépris est sans aucun doute celle que je comprends le moins. C’est blessant, déchirant, destructeur. Et voilà qu’elle m’en jette à la tête comme si je n’étais qu’un insecte. Les yeux plissés par la fureur, elle s’avance vers moi. Je dois puiser dans toutes mes ressources pour ne pas m’écraser sous son assaut. Je pèse de tout mon poids sur mes pattes pour ne pas prendre mes jambes à mon cou. Je ne lui donnerai pas ce plaisir. Au lieu de quoi je reste là, mes yeux fixés dans les siens d’un regard résolument calme et apaisé. Elle est un brasier, usant vainement tout son combustible sans rien parvenir à brûler.

Elle me crache sa réponse au visage, tournant autour de moi comme un prédateur autour de sa prise. Je la suis du regard, une lueur déconcertée dans les yeux. L’once de confiance en elle vient de s’écraser au sol, piétinée par la femelle bicolore. Je peux presque la voir, tâchée de boue. Sa répartie dénuée d’argument me conforte dans l’idée qu’elle éclate ainsi car elle se retrouve acculée au pied du mur devant quelque chose qu’elle n’a sans doute jamais rencontré ; mon innocence. Tant se seraient déjà insurgés d’un tel traitement, l’aurait remise à sa place, aurait répondu à chacune de ses attaques. Mais ma naïveté, cette part d’enfance en moi qui me fait voir le bon côté de chacun me pousse toujours à laisser une chance, à pardonner. Quand elle reprend ses attaques verbales, c’est presque en criant. Et je reste là pantoise. Son père ? Je la voix alors sous un jour nouveau. Un pelage bicolore, de larges tâches noires. J’aurais sans doute dû me douter que Conteur Céleste était son géniteur. Mais que cela change-t-il au fond ? On ne choisit pas sa famille comme on ne choisit pas son mentor. Je n’arrive pas à comprendre ce que cela peut bien avoir mais j’ai le sentiment que cette simple réplique est la clé, me laissant toutes les cartes en main pour comprendre l’origine de toute cette haine qu’elle porte en elle à mon égard.

Conteur Céleste et moi sommes proches, c’est un fait. Il est le seul mentor que je n’ai jamais eu, mais je sais que ce qui nous lie est bien plus profond que la relation d’apprentissage habituelle. C’est quelque chose de vrai, de sage, une sorte de fascination de l’autre. Je le vois à la façon dont il me regarde, à la façon dont il est patient, à la façon dont il me conseille. Il est constamment révérant, comme s’il avait autant à apprendre de moi que j’en avais de lui. Il est le seul qui a su me voir telle que j’étais vraiment, et à m’accepter sans jamais chercher à me changer. Son but est de m’aider à m’épanouir tout en étant en accord avec moi-même, un peu comme s’il veillait sur une fleur qu’il voudrait tant voir éclore.
Est-ce là le fond du problème ? Tout est-il finalement aussi simple que cela ? Une bête histoire de jalousie. Je ne pense pas être capable de m’en vouloir pour bénéficier d’un regard tendre qu’elle n’a jamais connu. Après tout je ne me souviens pas avoir un jour vu les deux félins s’adresser la parole. Mais à qui est-ce réellement la faute ? A lui de la délaisser ou à elle de ne pas essayer ?

Tout à coup je tressaute, détournant la tête. Mes yeux me brûlent un court instant avant que je ne les ferme. Je m’ébroue et le lui lance un regard incrédule. Quel âge a-t-elle pour me lancer de la terre ? C’est trop, bien trop que je ne puisse supporter. Même moi j’ai mes limites. Pense-t-elle être la seule ? La seule ici à ne pas avoir eu de père ? Crois-t-elle que Morsure de Froid est venue jouer avec moi dans la pouponnière ? Qu’il m’a félicité à mon baptême ? Elle continue sa marche circulaire, préparant sans doute sa prochaine attaque mais je ne lui en laisse pas le temps. D’un pas souple, je me plante sur son chemin, le pelage gonflé. « Alors c’est ça le problème ? La cause de tous ces regards de travers ? Tu m’en veux parce que ton père est mon mentor ? Mais sais-tu seulement que ni lui ni moi ne l’avons choisi ? Je la regarde de haut en bas, avec tristesse. Oui je suis triste pour elle. Mais dis-moi Nuage de Révolte, cette colère, cette rage que tu portes en toi, qu’en retires-tu ? Es-tu heureuse ainsi ? Je ne lui laisse pas le temps de répondre, enchaînant en haussant la voix. Qu’est-ce qui t’empêche d’aller le voir, ce père qui te manque tant ? Puisque tu tiens tant à ce qu’il fasse partie de ta vie, fais lui y une place, bats-toi ! Tu passes tes journées à te plaindre de son absence, à m’en vouloir d’être proche de lui mais que fais-tu pour que cela change ? Tu me dis bizarre, mais si l’une de nous deux est illogique ici, c’est toi ! » Je stoppe ma tirade haletante. Je ne me souviens pas un jour avoir senti ces émotions. L’envie de crier, le cœur battant vite, le sang rugissant dans mon crâne. C’est étrange… Est-ce cela, la colère ?

_________________















Merci à tous pour vos si belles créations, je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum-guerredesclans.forumactif.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La Belle et la Bête | Nuage de Révolte   

Revenir en haut Aller en bas
 
La Belle et la Bête | Nuage de Révolte
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» elle est belle la montagne
» Expo "les Baumettes se font la Belle"
» BC Ma Belle Grenouille
» merci Belle Ange
» Une belle leçon de civilisation

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. » :: JEU. :: Clan du Vent :: Territoires :: Rochers Moussus-
Sauter vers: