« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

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 Bird Set Free |Cavalier|

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MessageSujet: Bird Set Free |Cavalier|   Dim 6 Mar - 21:09


Clipped wings, I was a broken thing
Had a voice, had a voice but I could not sing
You would wind me down
I struggled on the ground

La terre défile sous ses pattes insensibles. Le chemin s’égrène sous ses coussinets impassibles. Le soleil glisse sur son passage, se couvrant de la poussière des routes, de toutes celles qu’elle a pu parcourir depuis sa libération. Foi ne respire plus, elle ne bouge plus, elle ne voit plus, n’entend plus. Elle vit. De façon si vibrante que sur son chemin, les longues herbes dorées des hauts plateaux s’écartent pour céder le passage à cette reine sans royauté, à cette aventurière sans réelle patrie. Foi qu’un monde a oublié d’aimer pendant si longtemps, Foi qui n’a jamais perdu le cap malgré de nombreuses hésitations et obstacles démesurés. Aujourd’hui, elle se laisse errer, parfois elle n’a plus la foi de se battre contre elle-même alors elle s’autorise à oublier. Le sentier défile sous ses pattes en la soulageant d’une part de son amertume, encore difficile à avaler. Celle d’un poids qui ne l’a jamais véritablement quitté, d’une terreur qui anime toujours ses nuits, de blessures qui prennent du temps à guérir. Naïvement, elle s’est imaginé qu’elles guériraient aisément après la fin de son confinement, la cessation des abus, des mots tranchants et des attaques répétées. Elle s’impatiente, ses errances de plus en plus fréquentes à mesure que les démons la rattrapent à l’instant même où elle les a cru semés pour toujours. Elle aura beau courir jusqu’à ce que son souffle ne s’épuise, que ses pattes ne craquent sous son pas. Elle ne peut pas fuir son passé.

So lost, the line had been crossed
Had a voice, had a voice but I could not talk
You held me down
I struggle to fly now

Elle aime prétendre, jeu de fumée entre les doigts. Des sourires éphémères, des rires forcés, des amitiés futiles et des projets faussés par des convictions empruntées. Elle aime jouer, s’observer dans le reflet du ruisseau qu’elle vient de dénicher alors que la terre se déchire en un contingent de rochers glissants. Elle se regarde sans la moindre vanité, l’esprit critique et réaliste, mais aussi gorgé d’idéalisation. Force, courage, avancement, voilà les mots qu’elle s’inspire d’elle-même en ignorant l’étincelle inquiète qui baigne dans l’olive de ses prunelles. Pourtant, quelque part, une part lucide de son être réalise encore le phénomène qui l’attire inlassablement vers le bas. Alors elle presse le pas, saute d’un rocher à l’autre comme en défiant l’univers de la mettre au sol à nouveau pour voir si elle se relèvera, elle gronde et feule et crache contre ennemi maintenant sans visage. Foi cherche la paix sans la trouver dans la confusion qui l’habite encore, elle peste contre elle-même de ne plus se satisfaire de ce devrait l’animer. La liberté, voilà ce à quoi elle aspirait autrefois pourtant elle se languit d’un élément qu’elle ne parvient pas à identifier encore, comme une faim impossible à combler. Un vent frais vient la bousculer et elle menace de tomber dans le ruisseau à de nombreuses reprises en s’obstinant toujours plus sur cette route cahoteuse et complexe. Solitaire.

But there's a scream inside that we all try to hide
We hold on so tight, we cannot deny
Eats us alive, oh it eats us alive

Ses pas l’ont mené loin. Elle n’a pas porté attention à la destination, le laissant porter par l’instinct, le goût de l’aventure qui éclate finalement dans sa gueule entrouverte. Le soleil se dresse dans un horizon qui lui paraît infini, embrase la nature de sa puissance dorée. Alors elle s’arrête, elle cesse de fuir pour simplement scruter l’astre du jour alors qu’il entame son ascension dans un ciel incroyable pur et beau, d’un bleu insaisissable. Ses hanches meurtries s’affaissent sous poids et elle se couche, l’esprit libéré de ses sombres pensées. Foi se souvient, enfin. Qu’elle vit, qu’elle est libre d’observer le lever du soleil. Ou de dormir sans craindre ses terribles visites. Ou encore d’errer à sa guise. Parfois elle oublie, oui, que ce monde lui appartient, tout comme son existence. Que chaque décision ne dépend plus que de sa seule volonté. La paix l’envahit.

And I don't care if I sing off key
I find myself in my melodies
I sing for love, I sing for me
I shout it out like a bird set free

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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Lun 7 Mar - 23:29

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«Do you feel like a young God ?
 

Si le monde respirait il courrait dans son souffle.
Un vent incroyable chantait dans la Lande. Le parfum de la bruyère lui revenait comme une caresse, celle d'une mère aimante, un rêve familier et rassurant. En fermant les yeux il s'imaginait être un oiseau, il volait, déployait ses ailes immenses lorsque la brise venait les chatouiller. Ses pattes puissantes laissaient un million de traces derrière lui. N'importe qui aurait pu le suivre, même un né du jour. Mais personne ne le faisait, chacun savait que lorsque Rage partait courir, il n'avait pas envie de compagnie. Il avait entrepris de chasser pour se changer les idées, abattre quelques lapins lui ferait du bien, il en était presque convaincu.
Si la Terre pleurait il buvait ses larmes.
Il s'arrêta à la source d'un des nombreux ruisseaux qui, comme autant de veines gorgées de sang, parcouraient leur territoire. Certains n'étaient que de ridicules filets d'eau claire, tout justes bonnes à désaltérer les quelques moineaux qui daignaient se poser là, d'autres étaient plus importants mais aussi plus difficile à trouver, parce qu'ils avaient creusé la terre, se dérobant ainsi à la vue des non-initiés. Enfant, il lui était arrivé de tomber dans de petites crevasses. Chutes sans gravité mais frustrantes qui lui avait attiré les moqueries des autres apprentis. Quelques gorgées d'eau glacée lui remirent les idées en place, du moins en eut-il l'impression pendant quelques minutes. Puis le tourment revint et il se remit à bouger. Il devait bouger, fatiguer ses muscles hyperactifs, son corps fuselé exécuta quelques mouvements appris à l'entraînement, dans une autre vie.
Si l'univers priait il priait avec lui.
Il y avait longtemps que les étoiles avaient quitté la voûte céleste. Chaque jour il se demandait si, le soir, elles reviendraient. Elles lui paraissaient tellement lointaines ces derniers temps, mais elles ne les avaient pas abandonné, il ne pouvait y croire. A l'Assemblée, première depuis longtemps en ce qui le concernait, il avait horreur de voir les autres, de se mêler à eux, de sentir leur parfum sur lui à chaque fois qu'il rentrait, les étoiles lui avaient montré quelqu'un qu'il ne voulait plus voir, lui avaient arraché des cris de colère. Pourtant Il continuait de les honorer, chaque fois que le firmament se piquetait de joyaux. Il ne pouvait en aller autrement.
Pourtant il ne comprenait pas. Et c'est ce qui l'avait poussé à quitter le camp plus tôt que d'habitude. Il ne comprenait pas que ses camarades ne voient pas sa dévotion, sa fidélité, sa force. Pourquoi n'avaient-ils pas voté pour lui ? Pas une seule voix pour lui, pas une. Une humiliation incroyable s'était abattue sur lui sans qu'il l'ait méritée. Ils avaient préféré élire cette montagne d'insensibilité nommée Plume de Sang. Il n'avait rien contre elle, mais pourquoi ? Pourquoi pas lui ? Que devait-il prouver de plus ?
Il fallait qu'il tue quelque chose, qu'il fasse taire la Rage qui s'annonçait en lui comme le grondement du tonnerre au loin dans un ciel agité. Il se mit en tête de longer le ruisseau de haut, guettant le moindre mouvement suspect ou alléchant. Alors il se dit que oui, le cœur du monde devait pleurer, que ces ruisseaux n'étaient autre que de longs sanglots. Des larmes cristallines qui déambulaient entre d'immenses écailles rocheuses, une vraie armure antique couverte d'une mousse fraîche à souhaits. Cet endroit lui donnait toujours l'impression qu'il était le premier à y mettre les pieds depuis des lunes. Les Rochers Moussus, nom très original, lui rappelaient un peu les Rochers du Soleil qu'il avait dû voir une fois dans sa vie s'il se souvenait bien. Il n'avait jamais compris pourquoi le Tonnerre et la Rivière semblaient tant y tenir et parfois il oubliait à qui ils appartenaient finalement. La zone était assez étendue et la source vive qu'il avait délaissée se tarissait un peu, laissant pourtant l'eau clapoter doucement entre les énormes pierres. Un soleil impérial dominait le ciel et couvrait l'endroit d'une pluie d'or.

Si la vie avait une odeur...
Mais là, sur un rocher, l'or rencontrait autre chose. Quelque chose qui ne lui plu pas le moins du monde. Il leva le nez, ses griffes déjà sorties. Il connaissait presque par cœur le pelage de chacun de ses semblables, celui-là n'avait rien du Clan du Vent. Son odeur encore moins.
Son esprit critique lui renvoya l'image d'une pauvre créature, chétive. Mais son apparence ne changeait rien. Une déesse aurait pu lui faire signe qu'il l'aurait frappée s'il n'avait pas senti sur elle le Vent. Comment osait-elle s'introduire sur leurs terres et y dormir comme si de rien n'était, comme si l'endroit lui appartenait ? Elle une étrangère, une femelle d'allure bien faible, que croyait-elle au juste ? Qu'il aurait pitié ? Cavalier de l'Orage n'avait jamais connu ce mot. Décidément elle tombait à point, lui qui avait besoin de laver son amertume, il allait pouvoir se défouler. Il était contre le vent, il en profita. Il s'approcha sans bruit et une fois qu'il fut à hauteur du rocher il s'élança et la percuta. Sa légèreté le surprit presque. Il feula en lui faisant face. Il n'avait pas réfléchi, ni aux autres chats qui pouvaient l'accompagner, ni aux renforts qui ne pourraient jamais deviner où il était, Rage avait besoin de cogner quelque chose, et ce quelque chose serait quelqu'un. Son frère ne pourrait pas l'en empêcher.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » cracha-t-il au visage émacié de l'intruse.

Les crocs ivoire découverts, il fronça le nez en humant l'Astre, groupe étrange, ni Clan, ni solitaires, des âmes errantes rassemblées sous la bannière de la perdition et du doute.




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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Sam 12 Mar - 14:00

Son humeur fluctue, capricieuse, changeante. Le museau qu’elle lève vers un ciel limpide se met à espérer les nuages, lourds et denses, emmenant à leur suite une pluie fraîche au goût de rosée. Elle attend l’orage, les vents furieux de la tempête, ou le rire sinistre du tonnerre. Ou encore le spectacle magistral d’une nuit étoilée, constellés de joyaux éclatants trop lointains pour les saisir. Foi vibre de l’envie de voir ce paysage changer, s’épanouir puis se briser pour mieux revivre. Elle veut s’imprégner de toutes ces saisons où elle ne put pas voir le prodige orchestré par la nature et le temps qui passe. Elle se languit de ces expériences qu’elle tarde encore de vivre, aussi éphémères puissent-elles être aux yeux d’un autre ayant assisté au spectacle des saisons changeantes année après année. Ses prunelles scrutent la lune avec l’innocence d’un chaton, celui qu’on ne lui a jamais laissé la chance d’être. Avant d’espérer, de construire des projets, d’apprendre et d’aimer, la chatte au pelage de terre et de cendre doit expérimenter la force des éléments à son état le plus pur et sauvage, découvrir ce monde par elle-même. Un jour, elle forgera son identité propre, ses ambitions, ses joies et peines. Pour l’instant, un simple lever de soleil embrasant la lande lui suffit, lui suffit amplement. Son souffle se mêle à celui, impénétrable, du vent. Son esprit tourmenté enfin se vide, se délivre de ses liens et se perd dans une contemplation béate et paisible.

Une paix rapidement mis en péril lorsqu’une force brutale la repousse jusqu’aux confins du rocher où elle a trouvé refuge. Son corps se trouve violemment projeté contre le sol heureusement meuble à quelques longueurs de queue d’où elle se trouvait quelques instants plus tôt. La rage émanant de ce coup lâche l’étourdit quelques instants alors qu’elle se relève en cherchant le coupable des yeux, sa vue reprenant finalement sa précision alors qu’une silhouette écumante se dessine devant elle dans une hargne qui attise aussitôt chez elle une froide frustration. Son poitrail se redresse, digne, son regard le dévisage ce mâle tempétueux au pelage qui lui rappelle celui de sa mère, mais aux prunelles qui inspirent la violence gratuite et faible. La même qui brillait dans celles, absentes, de ses bourreaux. Néanmoins derrière celle de ce guerrier, elle devine plus que de simples envies nébuleuses, mais bien de la pure stupidité dans sa plus glorieuse hypocrisie. Devant l’évidente menace que le mâle représente pour elle, Foi décide de ne pas reculer. Plus jamais. Elle est libre.

«Non mais ça ne va pas? Ils vous apprennent quoi dans vos Clans? D’abord, bonjour, monsieur, comme il faut t’enseigner la politesse.»

Une once de satisfaction passe sur ses lèvres. Que risque-t-elle réellement de ce chat qui se prétend sauvage, qui se croit fort et puissant, imprévisible et protecteur d’une doctrine imparfaite lui apportant la misère d’une servitude? Une fois de plus, Foi remet en doute l’utilité d’un code supposé apaiser les esprits échauffés d’une bande de félins étroits d’esprit, de les soumettre à une volonté inexistante de fausses divinités. La femelle se drape d’une condescendance amusée.

«Mon pauvre, ai-je osé pénétrer dans ton territoire? Ne me dis pas que ce rocher t’appartient? Oh, je suis désolée, j’ignorais que ton Clan possédait la terre et le ciel. Petite nature. S’il te suffit que d’un seul chat complètement inoffensif pour t’affoler... Réalises-tu que je suis seule, que je dois faire la moitié de ta taille en plus? Que je ne chassais pas ce gibier que tu t'appropries mais que je me reposais au soleil?»

Un rictus méprisant lui échappe. Pour qui ce prince gâté se prend-il? Déterminée à lui faire réaliser sa propre bêtise, Foi sourit de façon presque provocatrice en se léchant une patte distraitement. Elle ne sait pas encore espérer, construire des projets, apprendre ou aimer. Néanmoins elle s’est promis, promis de ne plus jamais se laisser prendre de haut. Elle tient à réaliser cette promesse parmi tant d’autres.

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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Lun 28 Mar - 18:20

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Voilà une créature bien étrange. Elle lui semblait cassée, quelque chose n'allait pas, on lui avait pris quelque chose. Mais quoi ? Pourtant, il fit taire sa curiosité en repensant à sa principale mission : défendre le territoire du Vent coûte que coûte. Le guerrier écumant fut presque surpris. Politesse ? Elle ose bafouer leur Code, car qui ne le connaissait pas aux alentours, les solitaires eux-mêmes n'étaient pas assez idiots pour venir les défier, et elle lui parlait de politesse ? Il manqua éclater de rire, c'était un comble venant d'une mêlée comme elle.

« Je me fiche de ce que tu faisais, dit-il avec froideur, mon Clan possède bien ce territoire au cas où tu ne l'aurais pas remarqué nos frontières sont établies. Mais peut-être as-tu perdu l'odorat ? Considère qu'ici le soleil lui-même nous appartiens, ou lève une armée de tes semblables, il cracha ce mot d'un air de dégoût, et viens réclamer ton rocher ».

Cette femelle grotesque le défiait ouvertement et il avait horreur de ça, comment osait-t-elle ? Tous les deux savaient qu'il la réduirait en charpie sans mal. Son air hautain l'irritait passablement, ses manières assurées alors qu'elle aurait dû trembler, son sourire qu'il eut envie d'élargir du bout des griffes... Décidément il ne supportait pas les solitaires. Sa vieille cicatrice le brûlait presque, celle qui s'étendait du menton au ventre, la blessure qui avait faillit lui coûté la vie. Un spectre l'avait secouru de son inconscience, de ses idioties. Mais il ne s'en était jamais voulu, il en voulu à ces solitaires impurs, privés de la civilisation des Clans. La ligne courrait sur son corps comme un fil électrique, un long chemin du tonnerre vibrant, et il le poussait à vouloir sa peau. Pour payer la sienne peut-être. Le soleil brûlait son pelage d'argent sombre, faisait briller plus fort l'ambre de ses prunelles enragées, soulignait la tension de ses muscles. Il retenait son souffle, comme prêt à bondir sur une proie sans défense. Ses griffes crissèrent contre la roche. Il la dévisageait depuis le promontoire factice où il se tenait toujours, son pelage est retombé mais l'envie de lui arracher la fourrure hurle dans ses veines. Il aimait la contempler de haut, mettre le plus de différence possible entre eux, il s'imaginait chef pendant quelques secondes, là, haut au dessus du reste du monde, imposant sa volonté. Il huma encore le parfum si étrange de l'Astre, si ténu sur elle, se demandant si elle en faisait vraiment partie ou si elle s'était juste introduite sur leur territoire sans permission. Car si elle avait vraiment fait partie de l'Astre, peut-être aurait-il été plus clément. Mais à peine. L'Astre était rempli de parias, d'anonymes volontaires qui cherchaient une rédemption, c'était la lie de leur société, les incroyants, les espoirs brisés qui ne se résignaient pas à mourir. Il ne les comprenait pas mais pour autant les excécrait moins que les chats venus de la ville.

Quoiqu'il en soit il était déterminé à la chasser avec perte et fracas. Personne ne pourrait l'en empêcher, pas même Plume de Sang. De toute façon il ne lui obéirait probablement pas, elle n'avait aucune légitimité, le Vent était encore perdu et n'avait pas retrouvé son discernement. Sans parler de Géode, elle lui paraissait simplement inexistante. C'est ce qu'il préférait imaginer, ainsi il avalait mieux le fait que son Clan ne l'estime pas digne d'une tâche d'importance. Ils verraient. Il serait la porte du Vent. Et la porte était close. Il bondit, se réceptionna en bas là où elle avait aterri un peu plus tôt. Il la jaugea de nouveau, mais comme un mâle cette fois, pas comme un combattant. Cependant il ne dit rien et détacha son regard de son corps fragile pour le braquer sur ses yeux si déterminés. Il fallait reconnaître, elle n'avait peur de rien. Leurs visages étaient à seulement quelques centimètres l'un de l'autre. Il pouvait pleinement inhaler son odeur et étrangement, cela n'était pas aussi désagréable qu'il l'aurait pensé. Rien à voir avec le Clan de l'Ombre. Leur vie dans les charniers avait dû altéré leur parfum sur des générations. Il se rappelait sans mal l'effluve si particulier d'un certain Jeu Macabre lors d'une assemblée, un mélange musqué qui hurlait : la testostérone a tué mon intelligence. Il avait bien ri de cette remarque et l'avait partagé avec un camarade qui avait préféré s'éloigner. Il secoua la tête. Avait-il un problème relationnel? Impossible.
Ils étaient si proches qu'ils auraient pu se crever les yeux l'un l'autre, deux aveugles ridicules dans la lande, éblouis par leur fierté respectives. C'était plutôt comique à imaginer.

« Maintenant vas-t'en. Sinon c'est ton sang qui appartiendra à la Lande »

Il entendait le chant de l'eau tout près, comme venu d'un autre monde. C'est fou comme on n'a pas conscience de ce qui nous entoure lorsque la tension monte, à quelques kilomètres d'autres êtres s'adonnent à des activités tout autres, sans même se douter, eux non plus, des événements qui les entourent. Et cette indifférence lui oppressa soudain le cœur. Il craignit de ne plus respirer et relâcha avec plaisir le souffle qu'il tenait enserré dans sa gorge, détendant par la même ses muscles. Il espéra qu'elle ne prenne pas cela pour un drapeau blanc. Il le couvrirait de pourpre.



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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Lun 4 Avr - 0:50

Depuis sa libération, Foi a cette tendance, quelque peu autodestructrice, à se croire invincible. À se pavaner dans sa liberté qu’elle porte tel un manteau d’hermine, telle une couronne sertie de pierres précieuses… et précieuse elle l’est à ses yeux, si bien qu’elle se plaît à l’exhiber à ce spécimen furieux, retenu dans ses proches chaînes. Ses chaînes qu’il aime scander telle une prière, la voix absente tant il a dû les prononcer à mi-voix, comme pour se convaincre de leur légitimité. La femelle s’en amuse, tout en réalisant le potentiel danger qu’il représente. Simplement elle décide de l’ignorer. La violence, elle l’a côtoyée si longtemps, si longuement, sous toutes ses formes, que peut-être ne parvient-elle plus véritablement à la craindre, probablement se croit-elle maintenant libérée de tout ce qu’on pourrait lui faire subir et que ce guerrier serait capable et même volontaire de lui infliger. Peut-être n’a-t-elle simplement pas envie de flancher, sous le couvert de l’obstination, devant celui qui a tort à ses yeux et qui vient compromettre ses nombreuses promesses adressées à elle-même il y a plusieurs lunes maintenant. Jamais elle ne se laisserait traiter en inférieure ou en nuisance à nouveau, jamais elle n’accepterait qu’on la traite autrement que ce qu’elle mérite. Si elle s’amuse de la colère sourde d’un imbécile, son attitude la blesse tout de même, au plus profond d’elle-même, là où trop avant lui l’auront fragilisée.

Les mots utilisés hérissent néanmoins la femelle intrépide d’une autre façon. La possession avancée par ce chat de Clan ne fait aucun sens à ses yeux. Comment peut-on posséder la terre, le ciel, le souffle du vent et le dessin des nuages? Ce chat s’est épris d’une idée faussée, comme beaucoup d’autres avant lui, que de simples lignes imaginaires confèrent un pouvoir à ceux qui s’en suffisent. Foi considère ses ambitions plus grandes encore, elle est la découverte, l’esprit indomptable, créatif, insaisissable de l’exploratrice qui a soif d’apprendre sur ce monde. Ce monde libre de toute entrave, sauvage et précieux, tout comme elle. Pendant un moment, Foi reste silencieuse, à considérer les idées limitées de ce mâle comme bien d’autres, froid, stupide, se pensant plus fort que tous pour cacher d’innombrables insécurités. Bien sûr, la Rôdeuse ne connaît rien de son passé et se fiche complètement des détails insignifiants de son existence, néanmoins elle sait reconnaître la peur sous la colère, la peur sous les envies glorieuses d’un chat devenu trop mûr trop vite. Un rictus hargneux étire son visage, puis une grimace agacée lorsque le mâle poursuit ses menaces.

«Ma foi, tu n’es pas seulement malpoli, mais aussi profondément stupide. J’aimerais savoir, Ô noble chat de Clan, que connais-tu de la lande que tu foules? Tu crois que parce que tu as levé la patte dessus, que même le ciel t’appartient?»

Cette fois un rire franc l’anime, charmant, claquant dans l’air avec une énergie brutale, charismatique, le genre de rire qui font trembler d’émoi et de fascination. Lorsqu’elle pose le regard sur lui à nouveau, ses prunelles pétillent d’une lueur ancienne et jeune tout à la fois.

«Je m’appelle Foi, je suis Rôdeuse de l’Astre, puisque tu ne vas pas le demander. Je vais m’en aller si tu le souhaites, mais à condition que tu te calmes et que tu t’adresses à moi de façon adéquate. Je ne suis pas ton ennemie et je n’ai pas l’intention de te voler quoi que ce soit, même si rien ici ne t’appartient, hormis ton égo démesuré. Tu peux même m’escorter, toi qui est si brave, mon preux héros.»

Sa voix s’est teintée d’un malice condescendant, ambitieux. Sa queue le frôle alors qu’elle fait volte-face en s’enfonçant dans les hautes herbes bordant le ruisseau plutôt que de prendre le chemin de l’Est, vers son campement de pierre.

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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Ven 13 Mai - 1:33

BIRD SET FREE. feat. Cavalier de l'Orage & Foi
«I don't know, I don't care, and it doesn't make any difference - Kerouac
 

Cavalier de l'Orage retint un grognement menaçant, essayant de son mieux, oh oui il essayait de se contenir, de ne pas planter ses crocs avides dans la gorge offerte. Il n'aurait eu aucune difficulté à lui faire beaucoup de mal, la tuer aurait pris plus de temps, il le voyait dans ses muscles, son corps était fatigué mais il sentait sous cet être usé, une soif de vivre plus intense que celle d'un chaton qui cherche son premier souffle. Il sentait ce tourbillon de détermination qui l'animait, qui la poussait à défier un guerrier bien plus fort qu'elle sur son propre territoire. Quelque part cela l'empêchait de mordre à pleines dents dans la chair tendre et son sang palpitant, l'empêchait de déverser toute l'amertume des derniers jours sur une seule personne. Parce qu'il connaissait ce gouffre immense et sans fond, ce souffle incroyable qui poussait la vie à continuer à s'élancer dans le vide. Déployer ses ailes peu assurée comme un oiseau qui s'envole pour la première fois, parce que ses parents sont partis, parce qu'il doit voler il le doit et le peut ou ne le peut pas, mais il n'y a qu'un choix à faire. Eux étaient de ceux qui l'avaient fait. Où étaient donc les parents qui l'avaient abandonnée ?

Son pelage retombait peu à peu, il lui semblait qu'elle n'en valait pas la peine cependant il ne voulut pas lui montrer que c'est la pitié qui l'envahissait, il continuait de braquer sur elle son regard orageux où combattaient l'or et l'ambre. N'étant pas friand de leur proximité qui tendait à s'éterniser, il recula doucement évitant au maximum les gestes menaçants, bien que ses griffes furent toujours sorties. Il l'écouta, presque distrait, réfléchissant à un moyen plus pacifique de la faire partir, il ne voulait pas d'elle ne voulait pas savoir ce qu'elle faisait là tout compte fait et surtout il voulait qu'elle s'en aille, son odeur, différente de celle du Vent, jouait un peu trop avec ses narines et il n'aimait pas cela. Il n'aimait pas l'étranger ni la nouveauté, il aimait les règles respectées. Elle s'en fichait éperdument et il sut, à ce moment là il sut au plus profond de lui, qu'ils se reverraient, et que les choses seraient toujours compliquées. On ne se débarrasse pas si facilement d'un parasite lui avait un jour dit un ancien alors qu'il était chargé de s'en occuper. Il venait de perdre son frère, il avait craché sur l'ancien, balancé la boule couverte de bile. Le lendemain il s'était de nouveau présenté, parce que la tique n'était pas partie.

La tique s'appelait Foi et elle savait parler, et pas n'importe comment. Il l'enviait presque, il aurait eu besoin de ses talents de rhétoricienne pour accéder au trône du Vent. Apparemment ses camarades n'aimaient pas sa façon de parler. Foi, comment pouvait-elle s'appeler Foi ? C'était presque un affront en soi, et il était sûr que sa mère ne lui avait jamais donné ce nom. Elle était un de ces solitaires de plus qui se croient le droit de se nommer comme bon leur semble, faisant fi de tout le reste, au risque d'écorcher l'avis de certains. Elle crachait sur ses croyances, voilà ce qu'il voyait en ce nom si étrange et si réservé aux vrais fidèles. Mais au moins il commençait à en apprendre un peu plus sur son étrange... groupe ? Meute ? Sa curiosité était piquée. Elle lui demanda du respect, c'était une femelle, le mot était banni de son vocabulaire avec elles. Futiles, superficielles, faibles. A creuser dans son esprit il savait bien d'où lui venait ce mépris irraisonné. Mais Foi, puisque tel était son nom, et qu'il fallait l'utiliser sous peine de nouvelles remontrances bien senties, s'en fut bientôt entre les hautes herbes qui séparaient la rivière et les rochers du reste des bois. Les oreilles du mâle se dressèrent et pendant un instant son ahurissement lui donna presque un air sympathique, il le savait parce qu'un jour quelqu'un le lui avait fait remarqué. Il avait tenté de ne plus jamais avoir l'air étonné mais c'était impossible. Il s'était résigné à être mignon une fois toutes les pleines lunes peut-être. Il était rarement étonné, il s'attendait souvent aux choses, ne s'intéressait pas aux autres.
Sans réfléchir il la suivit, inquiet et plein de colère à l'idée qu'elle puisse essayer de le berner en le contournant pour s'enfoncer plus avant dans son territoire. Il accéléra pour ne pas perdre son pas quelque peu chaloupé de vue. Pas question qu'elle lui échappe, que dirait-on au camp si lui, Cavalier de l'Orage, laissait partir une femelle sans défense ? D'un groupe dont ils avaient tout à apprendre qui plus est ? Il grommela son mécontentement mais se contenta de la suivre en silence, tournant et retournant mentalement sa frustration et ses meilleures insultes.

En route quelque chose lui revint, quelque chose de lointain, comme perdu dans la tempête de neige de son esprit enragé. Quelqu'un. Et puis cela le frappa en pleine poitrine, martela sa fierté comme les coups de griffes d'un forcené qui ne vise même plus, tailladant à en perdre la tête. Son apprentie, Nuage de Fleurs, lui avait échappé. Cette petite peste était partie, sans rien lui dire, sans rien dire à personne, une nuit, un jour peut-être. Il n'avait pas été ravi de la recevoir comme novice mais il s'était dit qu'il pourrait peut-être en faire quelque chose ou s'en servir comme faire valoir un jour d'élection. Mais la garce s'était sauvée pour retrouver une liberté dont elle ne connaissait rien. Il l'avait traquée pendant des jours mais avait perdu sa trace. Il refusait qu'elle échappe à sa volonté. Pourtant c'est ce qu'elle avait fait. Il s'était dit qu'elle devait être morte de faim dans un coin et cela l'agaçait, perdre du sang de Vent l'ennuyait, et puis il ne la détestait pas au point de souhaiter sa disparition, elle insupportait c'était tout. Il tenta le tout pour le tout. Sans hésitation, brisant le silence à grand coup de sa voix pleine qui aurait pu être belle si on avait eu envie de l'écouter.

« Puisque vous ramassez ce qui traîne, tu n'aurais pas entendu parler d'une Nuage de Fleurs ? .. enfin elle a peut-être changé de nom, une petite chatte.. enfin.. »

Il se rendit compte de l'absurdité de sa question après l'avoir posée. Il rêvait de voir apparaître la frontière, et vite.






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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Dim 12 Juin - 14:35

Depuis l’étoffe hautaine de ses caprices, Foi vit auprès du guerrier effarouché un amusement profond qui vient progressivement adoucir ses prédispositions naturelles. Sans nécessairement chercher les ennuis, la Rôdeuse peut s’avérer particulièrement pénible et même cruelle lorsqu’on lui manque de respect, ce qu’a fait à outrance son interlocuteur depuis leur brusque rencontre, brusque oui pour l’étrangère de cette terre. Néanmoins elle se soucie de moins en moins des attaques répétées de l’inconnu tant leur violence en effrite tout mérite ou toute portée. Foi en a vu, des mâles comme celui-ci, de façon répétitive et forcée. Elle connaît leur cœur, la façon de les déjouer en se servant de leur propre violence contre eux-mêmes. Malgré l’évidente menace qu’il représente pour elle, sa présence en ce territoire qu’elle ne connaît que de nom et de visites imaginatives, l’intruse se sent en parfait contrôle de ses moyens. Son pas se change en trot alors qu’elle s’enfonce de plus en plus profondément entre les hautes herbes qui caractérisent ce territoire, royaume de celui qui s’est décidé de l’encadrer de sa présence, sans même se rendre compte que ses pas la mènent au cœur même de ses terres là où elle s’est bien décidé de s’égarer. Un monde l’attend encore, et les frustrations du guerrier ne viennent en rien froisser son intérêt de le découvrir, un pas à la fois, dans toute sa splendeur placide. La lande s’étend à ses pieds dans une beauté figée, sous un soleil pâle voilé de quelques nuages rebelles, les tiges d’ocre et d’émeraude caressées d’une brise tranquille.

Puis la quiétude de cet instant, brisée de la lourde démarche précipitée du soldat s’étant lancé à sa suite comme par craindre de la voir s’évaporer. Foi sourit, pleinement satisfaite de sa sortie, de la réaction frustrée de son camarade qui se fait partenaire de ses aventures. La Rôdeuse lui jette une œillade amusée presque provocatrice, lui qui se brise d’une détermination inutile. La représentante de l’Astre aimerait lui dire de se détendre, d’apprécier tout ce dont il se fait aveugle à cet instant. Elle reconnaît néanmoins toute intervention inutile, seul le temps déliera la méfiance de son vis-à-vis si un jour ce phénomène doit se produire. Désintéressée, elle reporte plutôt son attention sur le paysage pittoresque s’offrant à elle, oubliant momentanément la présence du guerrier au pelage cendré à ses côtés. Foi s’amuse du jeu des herbes contre son pelage emmêlé, ferme les paupières pour savourer quelques rayons de l’astre du jour qu’elle goûte comme une goulée d’air frais. Puis sa voix reparaît à lui, hautaine, limitée et étroite, une voix qui aurait pu être belle pourtant si son ton ne venait pas l’envenimer. La condescendance présente dans chacun de ses mots lui tire un soupir et elle fait volte-face. Sur son visage flotte une expression indéchiffrable, assurée sans en devenir méchante.

«Tu sais que tu aurais une jolie voix s’il te plaisait un jour de parler aux autres avec calme? Regarde la lande devant toi. Je peux parier que tu ne la vois même plus à force de tapir dans ton propre orgueil. Tu défends cette terre avec une hargne exemplaire pour un guerrier, félicitations, mais tu sembles avoir oublié pourquoi tu te bats.»

Un triste sourire vient étirer ses lèvres, là où dans ses prunelles une étincelle rebelle vient animer ses traits.

«Un guerrier sans cause n’est-il pas simplement cruel? Ou ta cause est-elle de retrouver cette Nuage de Fleurs dont je n’ai jamais entendu parler?»

Foi s’énerve, malgré elle, de cette sinistre présence à ses côtés, celle qui vient brimer ses envies de découverte. Elle aimerait lui faire voir, ne serait-ce qu’un instant, la beauté de ce monde au-travers son propre regard; ce regard profond, naïf et aimant qu’elle porte à tout ce qui l’entoure.

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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Mar 12 Juil - 19:23

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«Don't you dare.
 

L'aube de ses inquiétudes se changea en jour, tout devenait clair soudain et son sang se figea. Elle n'allait pas dans la bonne direction. Pas du tout. Il avait encore eu raison. Un jour les autres se rendraient compte qu'il n'était pas qu'un dur bourré de hargne, il pouvait également anticiper les choses, comme un vrai chef. Chef qu'il serait, un jour, espérait-il vaguement entre deux grognements. Elle s'enfonçait seulement plus avant dans les terres, ignorant ses avertissements, peut-être galvanisée par son besoin de réponses. Il avait de plus en plus envie de hurler. La voir ainsi déambuler dans la Lande qui leur est si chère lui donnait la nausée et il ne parvenait plus à réfléchir si bien qu'il opta pour le pacifisme, du moins pour un temps. Avec toutes ces données il aurait été incapable de se battre correctement, elle brouillait absolument tout ces codes et ce avec une aisance et une désinvolture qu'il n'avait observé que rarement, voire que chez lui-même. Il aurait sourit si Foi avait été du Vent, mais elle ne l'était pas et la tique foulait sa terre, souillait ces lieux quasi sacrés de sa présence profane, elle n'y connaissait rien comment pouvait-elle juger son attitude ? Impossible finit-il par se convaincre, c'était elle qui était fermée d'esprit, pas lui. Ils faisaient face à de hautes herbes puis à quelques chemins sinueux et bientôt, en tendant le cou, ils pourraient sentir les effluves du camp qui s'étalait dans une partie plus basse du plateau. Pas question. Mais c'est elle qui, n'y tenant plus, se planta en travers de sa route et cracha de nouveau toute sa vanité et toutes ses belles paroles vides de sens. Il répliqua aussitôt, sans réfléchir.

« Je VOIS la Lande et je n'ai pas besoin de toi pour la regarder avec les yeux de je ne sais quel philosophe idiot, j'en connais les moindres recoins et la moindre particule de terre, tu ne peux pas en dire autant et tu ne pourras jamais, je m'en assurerais ! »

Il l'observa, elle et son corps triste, ses yeux tristes, son passé triste se débattre sous son petit crâne.

« Ma cause ? » la question le troubla, il fallait l'avouer.

« Je veux donner ce qu'il y a de mieux au Vent, je veux retrouver mon apprentie, parce qu'elle s'est enfuie... je ne sais où mais probablement après qu'un de vos grands sages, comme vous semblez tous l'être dans votre bande de chats errants, lui ait parlé de la beauté du monde et de ce genre de bêtises. La beauté du monde, une apparence, un joli masque que met la terre pour nous leurrer, elle se figure que nous ne verrons pas la mort nous étrangler dans notre sommeil. Mais elle doit avoir raison quand je t'entend, tu m'avais pourtant l'air de l'avoir côtoyée de près. Je ne suis pas cruel, j'essaie de survivre. Visiblement tu es aussi idiote que ces utopistes, maintenant si tu n'as pas de réponses à me fournir, sors de ce territoire »

Il s'arrêta un instant pour reprendre son souffle et avaler la salive qui coulait sur ses babines entrouvertes sur une rangée de crocs luisants.

« Mon frère s'est débattu dans sommeil, jamais dans sa vie, aujourd'hui il n'y a que moi. Toi aussi tu dois le savoir, tu es une survivante, pas un chaton, pas avec ce regard. Tu crois que je veux te faire du mal ? Ça serait déjà fait, mais si une patrouille arrive, je ne répondrais pas de ta vie»

Je t'ai percée à jour avait-il envie de lui dire, je ne suis pas naïf, c'est toi qui a eu la pire existence. Pourquoi alors n'acceptait-elle pas son mode de vie à lui, pourquoi cherchait-elle le danger quand elle aurait pu être sereine, enfin ? Essoufflé il finit par lâcher :

« que te faut-il pour que tu partes, un lapin ? De l'eau ? Je sais où en trouver mais tu ne peux rester, le clan est troublé ces temps-ci, quoiqu'en disent les autres. »

En avait-il trop dit, venait-il de dévoiler leurs faiblesses ? Peut-être mais il s'en moquait, il avait étrangement besoin de ce regard extérieur qui serait malgré tout son opposé, il avait besoin de saper les plans de la démocratie en commençant par les dénigrer auprès des autres. Mais il devait s'adresser à la mauvaise personne, en terme de liberté Foi semblait à toute épreuves. Pourtant il lui semblait bien que le Vent avait besoin d'aide, personne ne dirigeait vraiment le clan et l'on ne trouvait pas de conseil uni. Ils devaient changer, arrêter de s'extasier devant la beauté du monde, réagir contre les ombres.


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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Mer 27 Juil - 21:29

L’envie se pointe de son poison cruel dans une poitrine agitée d’une colère sourde, presque détachée, un filet de lave ardente dissimulée sous la paroi tiède du volcan tranquille. Fait frémir ses lèvres devant la réponse aveugle d’un interlocuteur qui peu à peu, perd son intérêt pour la Rôdeuse du Clan de l’Astre, elle qui sous ses piques et provocation cherche tout de même à comprendre le personnage lui faisant face, en tirer la doctrine. Inépuisable curiosité se trouve tout de même étioler de constater la fermeture d’esprit de cet être qui se croit puissant derrière son regard d’ambre. Une envie donc fort amère, alors qu’il raconte connaître chaque recoin d’une terre qu’il semble aimer, plutôt de par son principe ou de son image, un cœur attaché à une idée plutôt qu’à ce qui s’étend pourtant réellement à ses pieds. Elle le jalouse, lui qui possède tout un monde à chérir et qu’il se contente de s’approprier aveuglément, lui qui voit sans regarder, qui ne sait plus apprécier ce qui lui revient. Et dans ses certitudes vaines, il empêche en plus les détenteurs de vérité telle qu’elle-même de simplement passer, apprécier un instant cette lande bien triste qu’une poignée de chats imbus d’eux-mêmes ne savent même plus voir. Ce chat représente à ses yeux toutes les caractéristiques imbéciles lui permettant de considérer les chats des Clans avec dédain et même mépris, elle qui pourtant les défend régulièrement et n’a toujours témoigné envers eux rien qui ne se rapproche de l’animosité.

Elle s’apprête à partir, lasse de lui. Quand dans l’océan orangé de ses prunelles, un doute s’éclaire, retenant Foi à ses côtés. Les mots jaillissent de sa bouche, erronés, la guerrière à ses côtés tente d’y placer un mot mais quelque chose la retient, elle sent qu’elle provoqué quelque chose chez l’autre, quelque chose qui peut-être viendra le changer, ou au contraire le raffermir dans ses positions extrêmes. Dans tous les cas, la grise attend, sa curiosité de nouveau attisée, les déboires de son interlocuteur tel un spectacle à son regard avide, elle n’a pas fini de le troubler maintenant qu’elle sait posséder ce pouvoir, elle s’en pourlèche dans sa vanité silencieuse. Puis les mots du guerrier du Vent changent, il s’expose, trop, se dévoile à celle qui absorbe et s’approprie chaque détail. Foi entrevoit un passé, où le matou face à elle aurait été différent, mais elle n’a pas la naïveté de le croire capable de changer à nouveau, de retrouver ce qui par la mort d’un frère s’est trouvé cassé, probablement à jamais. Il est de ces blessures dont on se relève jamais, l’intruse le sait mieux que quiconque, et loin d’elle l’idée de prendre en pitié son interlocuteur ou même d’adhérer à ses tentatives de la chasser. Elle se contente de le regarder, sans pudeur cette fois, sans masque ou déraison.

«Tu parles beaucoup lorsque tu es contrarié. Tu dis affirmes des choses dont tu n’as aucune idée, comme le fait que l’Astre est constitué de «sages» ou d’«écervelés». Il ne s’agit réellement que d’une bande hétéroclite de chats voulant vivre libres. Tu parles de la mort, peut-être pensais-tu qu’on lui échappait, car tu sembles vraiment surpris de la voir frapper. Nous devons tous mourir un jour. J’ai vu des chats torturés pendant des lunes avant de rendre l’âme, ou des petits crever dès leur première tétée. La mort est injuste, mais elle surviendra, inévitablement, pour chacun d’entre nous. Devant l’inévitable, je me contente de vivre, d’apprécier chaque instant dont on m’a brimé jadis. Lorsque tu n’as pas vécu, tu réalises la valeur et le côté éphémère tout à la fois de chaque chose.»

Elle s’arrête, elle a trop dit, sur elle-même aussi, mais lui il la fascine, elle a envie de s’approprier ses douleurs, elle veut l’entendre dire qu’elle a raison, ou simplement le troubler d’avantage.

«Étourdie, imprudente, je n’ai de quête que celle de la vie, de la curiosité qui me pousse à écouter ta doctrine tout autant que de visiter tes terres, je veux apprendre et toucher à toute chose. Je ne te crains pas, ni tes patrouilles, je te l’ai dit. La mort est inévitable, mais ici au moins je choisis, jusqu’à la dernière goutte je suis libre.»

Un sourire se peint enfin contre ses traits, taquin, dansent dans ses prunelles une expression enfantine et taquine.

«Si tu souhaites si ardemment mon départ, cesse de t’ouvrir à moi. Ou peut-être en avais-tu besoin? Je ne suis pas ton ennemie, si tu désires me voir partir, je m’en irai, bel inconnu, si seulement tu me le demandais gentiment.»

Oscillant entre le flirt et la provocation, la reine s’assoit pour se lécher un patte distraitement, tout en scrutant la réaction de celui sur lequel elle a jeté son intérêt, quelques instants éphémères.

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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Mar 30 Aoû - 17:35

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«Let me get what I want.
 

Il regardait ses pattes musclées, retourner la terre, la sienne, inlassablement. Ses yeux d'ambre en fusion fixés sur des griffes bien trop utilisées. Autour la bruyère se teintait de mille couleurs, mille petits spectres vifs qui jouaient sur les pétales graciles, au gré du vent. Le parfum du monde se dégageait de cette terre verte et adorée, il lui semblait la voir pour la première fois et il se détestait de comprendre peu à peu le raisonnement de Foi. Encore un ruisseau et ses eaux claires, un oiseau qui s'envola les apercevant ou simplement alerté par le cri d'un de ses congénères, autant de choses qui lui rappelaient un passé jamais connu, ou le souvenir de l'avenir, l'excitation du possible. Il regarda de nouveau, l'oeil plus calme. Il la détestait d'avoir creusé un trou dans son être et, comme un serpent dans une brèche, de s'être faufilée, d'avoir déversé le poison qu'elle appelait « espoir » dans ses prunelles. La voilà qui se lançait dans un discours sur la vie qu'il avait l'impression d'avoir entendu chaque jour de la sienne. Mais elle le captivait, l'enivrait de cette voix à la fois cassée et chantante, comme son âme. Il écoutait enfin avec attention, balançait la tête, gauche, droite, gauche, droite, comme un chaton qui tend l'oreille pour saisir la voix fluette d'un ancien. Pourtant elle était tellement sûre d'elle à l'entendre ! Il lui enviait cela.

Elle était libre. Il en avait beaucoup parlé avec ses camarades, de la Liberté. Ce mot étrange qui faisait battre les cœurs, prendre les armes, verser des larmes. Juste comme l'amour. Et l'amour, il le savait, était mauvais, il donnait tout, reprenait ensuite. Les deux concepts étaient similaires à mieux y réfléchir. Il avait prévenu son Clan, leur avait dit qu'ils seraient libres jusqu'à ce que d'autres soient plus forts, car la liberté totale n'existe pas sans l'anarchie, il leur fallait bien un chef, il doutait que l'Astre n'ait pas au moins un responsable. Et la liberté tuait toute sécurité, toute tradition, les choses qu'ils chérissaient et qu'on avait chéri avant eux, les choses pour lesquelles les étoiles qui les dominaient s'étaient battues. Il y avait cette différence entre les Clans, quoiqu'ils disent, elle était bien là, dure mais magnifique, il ne voulait pas vraiment la guerre, simplement l'indépendance et l'impression d'appartenir à quelque chose de plus grand, une cause qui les dépassait tous. La Lande le dépassait, parce que le Tonnerre n'y était pas habitué et que lui-même ne s'aventurait pas dans les marais de l'Ombre, pourquoi vouloir tout changer, tout partager ? Les bipèdes vivaient bien dans des cages de pierre différentes !

Foi s'arrêta, plaçant un barrage à ses propres réflexions. Le regard gourmand de Cavalier de l'Orage se promenait sur elle comme sur un tableau vivant. Elle jouait avec lui, elle était parfaitement consciente que son côté guerrière et résistante, ce côté aventureux dont il était privé par la rigueur de la vie, lui plaisait. Il aurait très bien pu obtenir ce qu'il voulait. La violenter, la pousser où on ne pourrait pas l'entendre, ils étaient encore loin. Profiter d'elle et de ce corps meurtri qui ne le supporterait peut-être pas. Il aurait pu répondre à ses taquineries d'une façon qui ne lui aurait pas plu. Pourtant même chez Cavalier de l'Orage il y avait de l'honneur et il donnait des coups de crocs à la bestialité qui retourna gémir dans l'ombre. Il ne savait que répondre à tout cela, il y avait peut-être une part de vrai dans ce qu'elle disait, mais les utopies, il n'y croyait pas. Et il n'avait pas assez de courage ou de foi, pour emprunter la même voie qu'elle. Il regrettait qu'elle n'ait rien pu lui apprendre sur la petite peste qui lui avait échappé mais se promit de la retrouver, un jour. Alors, résigné, vaincu, sachant très bien qu'aucun d'eux n'aurait le dessus au cours de cette conversation fort intéressante mais stérile car menée par des entêtés, il secoua la tête et se décida à ouvrir la bouche. Il opta pour l'humour, chassant les images qui lui étaient venues.

« Tu parles bien, Foi. » dit-il en s'approchant jusqu'à ce qu'elle puisse sentir son souffle sur cette patte qu'elle lavait si bien.

« J'espère que tu sais également te battre. Je te laisse vagabonder sur la Lande si tu le souhaites, à condition qu'aucun lapin n'y soit prélevé et que tu oublies mon nom à la seconde où tu croiseras un autre membre de mon Clan, sommes nous d'accord ? Et si je suis si beau, reviens donc m'importuner un de ces jours. »

Après tout les choses partaient à vau l'eau.


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MessageSujet: Re: Bird Set Free |Cavalier|   Mer 7 Sep - 22:22

Il lui plaît. Ce jeu. Celui où elle tire les ficelles, marionnettiste fascinée de sa propre création, par la flamme de désir qui lui dans les prunelles sombres de son interlocuteur attisé. Le feu l’ayant pourtant brûlée, cette fois source de chaleur pour son cœur frigorifié, ce cœur de cendres et de déceptions. Car au-delà des élans charnels du guerrier, la curiosité l’anime quelque part derrière ses remparts obstinés. Et Foi ne peut que constater l’impact laissé de par quelques bribes échangées, les effets sournois de sa doctrine libertine qui chez lui auront ouvert une porte brutalement fermée. Une possibilité. Aussi futile, éphémère qu’une brise se jouant des herbes dorées des printemps paisibles, mais une possibilité tout de même. Elle existe. Dans les yeux de l’étranger, du Cavalier, elle existe. La Rôdeuse en recherche constante de l’évolution et des découvertes, aura déniché aujourd’hui quelque chose de plus précieux encore, un secret, une vulnérabilité qu’on chérit aux heures perdues. Elle le laisse approcher, sans la moindre crainte de leur proximité qui lui aurait autrefois inspiré dégoût désagréable de par ses expériences passées. Un mâle d’autant plus, un mâle obstiné et prompt, sauvage et indomptable. Elle ne le craint plus, se sait en sécurité dans l’ombre qu’il projette contre elle, parfaitement maître d’une situation orchestrée à son insu. Foi ignore ce qui l’aura poussé à se jouer de lui, à se faire impératrice de ses envies, de le pousser à la redéfinition de certaines convictions ancrées.

Lui, pour parler de violence encore. Son armure lui semble-t-il, cette fois moins convaincante sous le couvert d’un avertissement presque résigné. Un sourire sincère, teinté de triomphe, étire ses lèvres taquines. L’abandon séduit du matou gris lui permettant, un instant candide, de reculer d’un pas afin d’apprécier le soleil des landes, le vent acharné des plaines revendiquées par une poignée de chats obstinés. Ses conditions, elle les accepte de son silence puéril. Elle retient ses élans victorieux en s’asseyant, son regard olive trahissant sa joie. Elle se sait vaine, mais ce monde est son royaume, de l’entendre le dire, malgré ses efforts pour limiter ses pouvoirs, lui confère une incroyable impression de liberté. Son regard se porte vers l’infini, déjà elle se lasse de la compagnie, des paysages pourtant grandioses l’entourant. Ainsi Foi existe. Elle consomme avec une véhémence désespérée, trop rapidement peut-être. Voilà ce qui la distingue réellement de son vis-à-vis, ancré dans ses propres ambitions, dans un sens du devoir, du bien et du mal. Cavalier ne se contente pas d’exister mais bien de vivre, à son propre rythme, certes brisé. Mais bien réel. Et la rencontre de deux opposés provoque toujours un ébranlement profond, qui chez elle ne se manifestera que plus tard. Pour elle, naviguant sans attaches, il aura la saveur d’un souvenir, un des premiers qui lui fut véritablement cher depuis son émergence.

«Peut-être.»

Encore une fois, une possibilité. Laissée en suspens, sans la moindre promesse. La foi silencieuse d’une rencontre mutuellement souhaitée et pourtant appréhendée, possiblement encore brutale, encore douce. Foi se détourne en laissant à sa suite ce risque qui les précipitera peut-être tous les deux à la perdition totale, l’abandon ou l’acharnement. Drapés de leurs sourds arguments, à mener deux existences parallèles et insensibles, processus égoïstes. Soit. La Rôdeuse ne se retourne que quelques brefs instants afin d’adresser un sourire au guerrier, sans réaliser que dans ses propres prunelles règne la même curiosité animant les siennes.

«Ou peut-être viendras-tu me trouver.»

Ce monde si vaste, tout un monde à découvrir à son tour pour la retrouver. Foi s’échappe d’un bon lourd, disparaissant parmi les hautes herbes en laissant à sa suite une invitation salvatrice. Ou une condamnation.

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