« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

Masque de Rosée
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Menthe aquatique ; pv - la team.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Menthe
Admin (attention ; bombe)
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1439
Age : 19
Date d'inscription : 12/03/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Menthe aquatique ; pv - la team.   Mer 17 Fév - 16:14


« Mirror on the wall,  
Here we are again. »
Nous y voilà encore. Les jours et les nuits se succèdent, l'eau coule et s'écoule, le temps s'effile, mais la scène reste figée. Malgré le feu qui pourrait tout emporter sur un caprice, malgré la rivière qui poursuit son cours, infatigable, malgré le givre qui fige tout là où il étend son étincelant manteau, malgré les constellations immobiles qui t'observent. Malgré les souvenirs douloureux, malgré les jours heureux, malgré les lunes de remords, malgré les empreintes, si vite effacées sur la terre meuble, pourtant gravées à jamais, tu restes la même. Malgré le chuchotement assourdissant des chûtes, malgré le chant insaisissable des oiseaux, malgré la vie qui jamais ne semble s'arrêter, le tableau, lui, reste immobile. Tu es revenue. Et tu reviendras toujours. Qu'importent les regrets, les épreuves, qu'importent les doutes, la douleur, les voix incessantes martelant ton crâne, battant à tes tempes, qu'importe. Tu ne pourrais dire combien de lunes se sont écoulées depuis ton départ. Disons simplement assez pour que se referme la plaie de ton abandon. Assez pour qu'il n'en reste plus qu'une cicatrice, une vieille blessure de guerre, dont ils ne pourraient qu'être fiers. Tu ne doutais pas qu'ils se soient relevés, plus forts que jamais. Tu n'étais pas prête, il fallait que tu le fasses, que tu t'enfuies. Pourtant, tu ne les avais pas abandonnés. Tu les avais sauvés. Sauvés d'une misère certaine, de la tragédie qui s'abattait partout où tu allais, de ton destin sur lequel semblait peser les pertes fracassantes, les déchirants adieux, et dont tes seules et frêles épaules ne pouvaient les protéger. Naïade et Valse de l'Amour étaient fortes, elles. Elles avaient la volonté, le courage, la puissance. Tu n'avais que la lâcheté, la fragilité, l'égoïsme. Sans doute as-tu grandi trop vite. Peut-être était-ce juste écrit. Même les Étoiles peuvent se tromper. Même les Étoiles peuvent échouer.

La reine s'avance, emmitouflée dans son long manteau perle aux mille nuances. Ses coussinets roses et rebondis effleurent le sol meuble et glissant avec précaution, délicatesse. Elle inspire profondément, savourant chaque note boisée, chaque saveur familière. Elle entrouvre les babines, afin de s'en imprégner totalement. Ils sont rentrés à la maison. Elle rentre à la maison. Les fragrances de son Clan se mêlent aux douces mais entêtantes odeurs de la mousse, de la terre détrempée, de la menthe aquatique. L'air est glacial, il brûle ses narines, ses poumons, ses yeux larmoyants, mais elle n'en a que faire. Elle est chez elle. Son regard d'absinthe parcourt les environs. Il s'attarde sur l'eau ricochant sur les galets, lorsqu'elle termine sa chute, sur l'oscillation des herbes hautes et jaunies par le froid, au gré de la brise, sur les arbres aux branches dénudés, tendues vers le ciel azur, éclairé par un pâle et froid soleil d'hiver. Sur chaque détail, chaque fragment d'un paysage qu'elle connaît déjà par cœur. C'est une belle journée. Elle s'avance encore un peu, se rapprochant avec douceur du bassin qu'elle connaît si bien pour s'y être mirée des dizaines de fois. Sous la pluie et sous l'orage, au petit matin comme au crépuscule, aussi bien au cœur de l'été brûlant qu'en pleine mélancolie automnale. Elle s'y est déjà admirée détruite, mais aussi déterminée. Elle y a déjà fui ce regard dévasté, rongé par la colère, le chagrin, la culpabilité, mais également découvert ces grands yeux empli d'un violent désir de s'en sortir. Lentement, elle s'assoit sur les gravillons et le sable bordant l'eau, laissant les clapotis lui lécher les pattes. Elle enroule soigneusement sa longue queue autour d'elle, et contemple un court instant les galets multicolores tapissant le fond de ce minuscule océan irisé. Son océan. Aujourd'hui, et pour la première fois, son reflet lui offre l'image d'une princesse sereine. Déchue mais sereine. La tourmente n'est plus. La tempête semble avoir elle aussi quitté son royaume, disparue dans le temps.

Impassible, elle reste là, le regard perdu dans le vide. Ce même regard, lavé de l'orage, de la pluie, du froid. Elle savoure l'instant, la familiarité de ce qui l'entoure à présent. Elle les a retrouvé. Et ils la retrouveront. Elle ne comptait pas rentrer seule à la maison, franchir les hauts roseaux comme si de rien n'était. Elle les attendrait. Aussi longtemps qu'il le faudrait. Et s'ils ne venaient pas, elle resterait là, plantée ici-même, reine des chûtes, où tout avait commencé, et tout finirait s'il le fallait. Toujours empreinte de sa caractéristique délicatesse, la souveraine se redresse. Elle s'étire avec douceur, ébouriffant son long pelage tigré. D'un bond souple, elle traverse la rivière, effleurant à peine les roches rondes et glissantes, couvertes de mousse détrempée, saillantes à la surface capricieuse de l'eau, avant de s'élancer vers la suivante. Un court instant, elle s'enivre de la bruine légère et fraîche, douce écume se détachant du courant des chûtes, volant de ses propres ailes jusqu'à son museau. Des milliers de minuscules larmes de brume perlent sur ses cils, faisant davantage pétiller son regard. Enfin elle se sent libre. Dressée à deux pas de la tumultueuse cascade, elle peut enfin s'envoler, achever sa renaissance. Tel un oiseau captif d'une cage à présent grande ouverte. D'une dernière gracieuse foulée, elle traverse le rideau liquide et reprend possession de son royaume. Son antre, son repère. Rares sont les guerriers ayant connaissance de cet endroit dont elle a fait son refuge. La large dalle de pierre, recouverte de mousse et de menthe aquatique par endroits, est humide, les parois suintent par endroit, et pourtant, elle s'y sent chez elle plus qu'ailleurs. Dans un long soupir, à la fois las et soulagé, elle s'étend, observant de son promontoire dissimulé la vaste clairière. La tête posée sur ses pattes étendues, elle laisse vagabonder son regard au loin, aussi loin que peuvent la ramener ses pensées. Bercée et apaisée par l'air empreint de poésie que semble fredonner la rivière, en l'honneur de sa reine.
Here we are again.

_________________




-

Chant des Nuages:
 


♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Étoile Destinée
Admin Sherlucky.
Admin Sherlucky.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 3968
Age : 20
Date d'inscription : 20/04/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Menthe aquatique ; pv - la team.   Mer 17 Fév - 20:03

Menthe Aquatique
Etoile de Menthe, Valse des Etoiles & Naïade




Je ris, c'est vrai, pour la première fois de ma vie je ris, je suis heureuse. *

Longtemps je me suis demandé à quoi ressemblerait le bonheur, ce fameux bonheur dont on parlait tant. Quelle forme prendrait-il ? Saurai-je le reconnaître ? Je rêvais à un sentiment de félicité intense que rien ne saurait éteindre, une flamme qui éclairerait mon chemin de l'intérieur, une flamme qui aurait la couleur de mes yeux. Je ne craignais pas que ce feu-là me consume, au contraire, je soufflais sur les braises pour l'appeler à moi, viens bonheur viens, n'aie pas peur, je t'attends depuis si longtemps ...
Depuis longtemps si tu savais.
Promets-moi que tu ne t'en iras pas.
Promets-moi que tu ne me laisseras pas.

Mais quand elle est partie, j'ai cru que tout était fini.
Envolés les rêves de gloire qui faisaient battre mon cœur un peu plus fort, envolée cette fièvre qui me donnait la foi d'avancer chaque jour un peu plus, celle qui me faisait tourner la tête et commettre les pires folies mais tant pis, quelle importance ? On n'est pas sages quand on est heureux. On fait des erreurs qu'on regrettera plus tard, demain, demain oui, mais pas aujourd'hui parce qu'aujourd'hui on est ivre, insouciant mais heureux, irresponsable mais heureux, on se sent vivant. Mais le lendemain a laissé un goût amer de regrets et de non-dits. Et il a fallu réapprendre à vivre, renouer avec la lumière du soleil éblouissant après la nuit. Il a fallu trouver comment repeupler ce quotidien devenu bien morne, de nouveaux repères, de nouvelles étoiles aux pointes desquelles s'accrocher. Titubant, mais toujours debout, perdants mais toujours résolus, on a avancé ensemble et on s'est soutenus comme on a pu. Mais le mal était fait, et la perte a laissé des blessures ouvertes sur les cœurs.

Comment, après ça, croire en un bonheur éternel ?

Mais le bonheur, ai-je découvert, est fait de petits riens.
Il y a … les espoirs confiés au creux de la nuit, les éclats de rire, les regards échangés, les caresses fugaces de nos deux corps l'un contre l'autre, ces instants dérobés à la faveur de la nuit.
Il y a les promesses murmurées au creux de l'oreille, l'éclat de tes yeux.
Il y a toi.

Je marche à ses côtés et rien n'a d'importance, ni l'herbe glacée sous mes pattes, ni le vent sifflant dans mes oreilles. Le pas calqué sur le sien je me sens si légère que j'ai l'impression de m'élever. Je souris en regardant le ciel, je n'ai rien à envier aux oiseaux. Comme eux j'ai besoin d'elle pour voler.
Sous le soleil de l'aube mon pelage rayonne de mille feux et je souris, légèrement, simplement. L'aube nous offre ses présents de lumière dans une étoffe de givre. Émerveillée, je laisse échapper un petit rire d'extase lorsque je découvre le chemin blanchi par le froid que la nuit semble avoir dessiné pour nous. Il suit les berges de la rivière jusqu'aux chutes d'où celle-ci prend sa source en serpentant parmi les roseaux. Malgré mon enchantement, je garde à l'esprit la raison première de notre sortie qui est de trouver de la menthe aquatique pour ma réserve de plantes médicinales ; mais si j'ai proposé à Valse des Étoiles de m'accompagner, c'est plus pour le plaisir de me trouver en sa présence que pour me protéger d'un quelconque danger. Depuis que le Clan de la Rivière m'a adoptée je n'ai cessé d'explorer son territoire, désormais mien également, et en connais par cœur chaque étendue. C'est ainsi que j'ai découvert une caverne creusée dans la roche derrière les chutes qui offre non seulement une profusion de menthe mais aussi un refuge à l'écart du monde. Elle est si secrète que je doute même que mon amie la connaisse et la guide donc avec un sourire malicieux, curieuse de voir sa réaction.

Je suis la première à me faufiler dans la grotte, et aussitôt le parfum familier d'humidité mêlée de menthe fraîche m'enveloppe dans une étreinte pleine de douceur. Le silence y règne comme à son habitude, profond et apaisant, et je ferme un instant les yeux pour m'en imprégner. La paix m'envahit comme une vague de chaleur.

Rien n'a changé.

Puis j'ouvre les yeux, le songe laisse place à la réalité et mon regard se fige. Nous ne sommes pas seules ; une silhouette se dessine à peine dans l'obscurité de la grotte, rien qu'une forme, un pelage gris sur gris ... mais surtout deux yeux verts qui me transpercent, animés d'une lumière que je n'ai jamais pu oublier mais que je peine pourtant à reconnaître. Et à cette vue mon cœur s'affole. Est-ce vraiment elle, ma reine, étendue sur le sol glacé, seule dans la pénombre ? Est-ce vraiment elle dont j'ai pleuré le départ des jours et des nuits durant, avant de finalement me résoudre à son absence ? Se pourrait-il qu'elle soit revenue alors même que la peine de son adieu commençait à s'estomper ? J'ai peur d'être face à un spectre. J'ai peur que ce soit vraiment elle. Déjà la douleur refait surface car ce regard tant espéré et maintenant tant redouté est comme un poignard en plein cœur. Je ne suis pas sûre de pouvoir le supporter plus longtemps. J'ai l'impression de lutter contre l'eau glacée d'un courant qui tente de m'emporter, je suffoque, le souffle coupé. Un simple regard. Un simple regard est tout ce qu'il a fallu pour tout faire basculer à nouveau. Un simple regard dans lequel se noyer.

Incapable du moindre son je tourne la tête vers celle qui m'accompagne, celle qui a toujours détenu les réponses à mes questions, celle qui m'apporte aujourd'hui la lumière, celle enfin que j'ai choisie pour reine depuis bien longtemps.


* :
 

_________________



Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Valse des Étoiles
Admin Graou
Admin Graou
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1783
Age : 18
Date d'inscription : 14/06/2012


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Menthe aquatique ; pv - la team.   Jeu 18 Fév - 0:56


VALSE DES ETOILES

« Qui nous a donné des yeux pour voir les étoiles
sans nous donner des pattes pour les atteindre ?
»

Nuit.
Les étoiles brillent. Froides, impassible, lointaines. Je les regarde d’en bas, perchée sur le promontoire. Perle de Neige et Etoile de Menthe sont des étoiles, chacune à leur manière. Cependant je ne pourrais jamais plus les atteindre. Jamais.
Alors il me reste mon soleil.
Naïade.

Aube.
Toutes les deux nous avançons dans le brouillard matinal qui nous enveloppe comme un cocon épais et protecteur. Silhouettes souples et éphémères, illusions que chasse un battement de cil. Autour de nous une terre endormie, un royaume dont nous sommes les seules reines. Le cri esseulé d'une grive solitaire seul déchire le silence cotonneux alors que le givre déroule sous nos pattes légères un chemin d'argent. Le vent tourbillonne autour de nous, murmurant dans nos oreilles une chanson que nous serons les seules à connaître. Le rire de la jolie chatte qui chemine à mes côtés m'arrache un sourire tendre. Mon épaule légèrement collée à la sienne, nos foulées gracieuses coordonnées nous sommes semblables à deux apprentis en pleine quête de liberté. Si le bonheur pouvait avoir une forme ce serait celle-ci, celle de cette escape à deux où nous laissons derrière nous soucis et peurs pour nous abandonner à la douceur des moments que nous partageons, à l'intimité qui nous unit sans qu'aucune d'entre nous n'ait besoin de parler pour lire dans l'esprit de l'autre.

Au fond je n'ai besoin de rien d'autre.
Je n'ai cure de la gloire, de la prospérité, et de la popularité tant que j'ai Naïade près de moi pour me sourire. Sa chaleur éclipse tout et la lumière qui émane d'elle est si violente que l'ombre qui sommeille en moi se retrouve soudain chassée, repoussée au loin, loin de mon coeur et de mon esprit qui ne voit alors plus qu'elle. La sentir à côté de moi ôte tous doutes de mon âme et me fait jouir d'une quiétude propre à elle. Elle a su m'extirper de la boue dans laquelle j'étais coincée, me recoudre morceau par morceau et ôter de ma tête ces cauchemars qui me faisaient chaque nuit me réveiller en hurlant. Si jamais elle devait me quitter, si je perdais ma lumière qu'est-ce que je deviendrai ? Je ne saurais pas m'en remettre une nouvelle fois.
Alors je t'en supplie Naïade, ne quitte pas le Clan de la Rivière.
Ne nous abandonne pas.
Ne m'abandonne pas.

Doucement les blessures se sont refermées. Les plaies béante et purulentes, douloureuses simplement au regard ont cicatrisé laissant simplement une petite marque, une légère entaille. Le fossé qui partageait mon corps en deux, m'empêchant de faire le moindre pas s'est remplit. Aujourd'hui je ne vis plus dans l'ombre de ceux que j'ai perdu. Chaque seconde n'est plus douloureuse et hantée par des souvenirs déchirants, l'éclat de son pelage ou la folie de ses yeux. Finalement j'ai fini par me faire une raison, Perle de Neige est morte et Etoile de Menthe est partie. Et rien, rien ne pourra me les ramener. Alors je dois vivre, vivre pour elle. Vivre jusqu'à en perdre le souffle pour qu'elles soient fières de moi. Vivre en paix avec moi-même. Vivre pour être heureuse comme je le suis en ce moment. Et tout ça c'est grâce à Naïade. Ses talents de guérisseuses n'ont d’égaux que ses talents d'amis. Et c'est grâce à elle qu'aujourd'hui je respire à nouveau.

Naïade m’emmène le long de la rivière tranquille, un sourire malicieux aux lèvres. La curiosité me ronge, persuadée qu’elle me cache quelque chose. C’est si agréable de se retrouver ainsi toutes les deux, sans personne pour assombrir ce si joli tableau. Le rugissement de la cascade emplit mon crâne quand nous nous en rapprochons. Nous accélérons la cadence d’un même accord, planant au-dessus d’un sol ne méritant pas notre toucher. Nous planons en utilisant les ailes de l’autre pour voler. Sous mon regard étonné je vois la chatte rousse disparaître sous la cascade. Prudemment je m’approche de celle-ci, le sol mouillé sous mes pattes devenu glissant. Je discerne alors une grotte, dissimulée par l’eau tourbillonnante. Retenant ma respiration je m’y faufile à mon tour. Je découvre alors un lieu superbe où la paix est palpable. Je lève les yeux vers le plafond où perce un peu de lumière, se reflétant sur la roche lisse pour y créer des ombres joueuses. L’odeur de l’eau et de la plante médicinale que nous sommes venues chercher embaument l’air et je ferme les yeux un instant pour profiter de celles-ci. Quand je les rouvre, je croise le regard de la guérisseuse. J’y lis de la stupeur, de l’inquiétude. Mon cœur se serre, mes muscles se tendent. Que se passe-t-il ? Qu’est ce qui cause chez celle que j’aime tant une telle douleur ? Et c’est alors que je la vois.

Elle que je croyais perdue.

Zénith
Est-ce parce que le destin à de l’humour que nous la retrouvons alors que nous cherchions de la Menthe ? Je n’en sais rien. Mais quand mes  yeux croisent les siens tout devient noir. J’oublie tout, sauf ces deux joyaux d’absinthe qui m’ont torturée pendant si longtemps. Je m’en souvenais aveugles et hagards de folie. Je les vois aujourd’hui sereins et tranquilles. Mon cœur fait un bond. Les larmes coulent. Et je crie son nom.
Je m’élance.
D’un bond je cours vers elle, le cœur battant une chamade désordonnée. Elle est si proche si majestueuse. Est-ce vraiment elle ? Soudain je stoppe brutalement dans mon élan à une queue de renard d’elle. Et si ce n’était qu’un rêve ? Une illusion de mon subconscient frustré au fond de ne plus avoir mal. Un chat créé de toutes pièces pour réduire à nouveau en morceau. Et d’un coup j’ai peur. Peur d’avoir mal encore. Peur d’être blessée et de devoir tout reconstruire. Peur de ce fantôme qu’elle doit sûrement être. Elle est partie. Peut-elle vraiment être revenue ? Je lève les yeux vers elle tremblante. Elle semble calme. Apaisée. Comme si elle aussi était désormais en paix avec elle-même. Je la détaille attentivement et quelque chose dans ses yeux détruit tout doute en moi. C’est elle, elle est là, devant moi, si resplendissante que même en plein jour elle brille. Si proche que je peux enfin l’atteindre.
Mon Etoile.

_________________















Merci à tous pour vos si belles créations, je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum-guerredesclans.forumactif.com/
Menthe
Admin (attention ; bombe)
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1439
Age : 19
Date d'inscription : 12/03/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Menthe aquatique ; pv - la team.   Jeu 18 Fév - 15:07


« I see you
My light in darkness breathing hope of new life. »
Cours. Cours encore, toujours plus vite, toujours plus loin. C'est ça, fuis. Aussi rapidement que tu le peux. Comme tu l'as toujours fait, et comme tu le feras toujours. Abandonne-les, livre-les à eux-mêmes, puisque tu n'es bonne qu'à ça. C'est la meilleure solution pour tout le monde. Tu n'es pas digne d'eux, tu n'as pas la force. Tu n'es rien. Tu n'es personne. Les larmes ruissellent sur tes joues, aveuglée par le désespoir, hantée par tous ces regards. Empreints d'incompréhension, de colère, déchirés. Tu les as abandonnés. Mais c'est faux, tu n'avais pas le choix. Tu cours encore, tes coussinets s'écorchent sur les graviers coupants, tes yeux te brûlent, le vent hurle à tes oreilles, mais tu ignores la douleur, comme si elle pouvait te guérir de quoi que ce soit. Comme si le mistral pouvait t'arracher à ta douleur, comme s'il pouvait t'en débarrasser. Tu as l'impression que tes poumons se déchirent, que ton cœur est prêt à exploser tant il bat. Et puis c'est la chute. Tu t'écroules, épuisée, à bout de souffle, et dévale la pente douce qui a fait se volatiliser les sol sous tes pattes meurtries. Ton corps se rétracte, tu n'as plus la force. Tout près, le ruissellement de l'eau te ramène à la réalité. Tu étouffe un long gémissement, plainte rauque et lacérante au milieu de la nuit. Les Étoiles ne brillent pas ce soir. Elles ne t'accompagneront plus. Malgré la douleur, la brûlure de ton corps égratigné, tu parviens à ramper, au bord de l'eau. Ça ne te rappelle rien ? Souffle de Givre. Ton reflet s'éclaircit légèrement, laissant place à une superbe chatte blanche, au museau gris, tigré de jais, aux grandes prunelles bleu glacé. Le spectre te fixe un long moment, avant de détourner le regard, qui vire lentement au gris, teinté d'orage. Ô, douce folie. Va-t-en, je t'en supplie. Un pelage roux, cette fois, blanc, gris. Ils se succèdent, tour à tour, te jugent. Puissiez-vous me pardonner. Le poids de la trahison est pesant, la souffrance, la douleur que tu infliges partout où tu passe. Spirale infernale. Tu as l'impression de suffoquer. Regarde-les. Regarde le mal que tu as fait. Et celui que tu fais encore. Transie d'horreur, étouffée par le désespoir, tu fuis de nouveau. Tes pattes glissent sur les galets, tu es bientôt trempée. Partout où tu croises ton reflet, les visages de Naïade et de Valse de l'Amour en prennent possession. Tu n'es plus qu'étrangère à leur yeux.Et pourtant tu n'as jamais été autant toi qu'en ce moment même. Traîtresse, elles croyaient en toi. Elles avaient confiance. Tu étais leur Élue. Assez. Ivre de folie, le regard hagard, aveugle, tu ne réalise même pas que le sol tremble sous tes pattes. Prise au piège sous les phares. Il est trop tard. C'est fini.  

Dans un brusque sursaut, la reine s'évade de son songe éveillé. Elle se souvient avoir repris connaissance, quelques heures, quelques jours peut être, plus tard. Et avoir erré, erré encore. Maudissant les Étoiles de ne lui pas avoir retiré ce qui lui restait de vies. A quoi bon la garder en vie ? Belle punition. Exemplaire. Elles voulaient la condamner à la vie ? Qu'il en soit ainsi. Un goût amer emplit alors la bouche de la princesse de perles, plongée au plus profond de ses souvenirs. Dans un long soupir, elle se remémore ces longues lunes offertes au seul hasard de ces pas. La souffrance, et toujours, toujours ces maudites étoiles obstinées à veiller sur elle. Les heures passées à hurler sa rage au ciel, sourd à ses plaintes. Mais les chaînes finissent toujours par se rompre. Quoi qu'il en coûte. Quitte à devoir vivre, autant être libre. Elle n'avait plus rien à perdre, tellement à reconstruire. Ce pour quoi même elle était revenue.  

Une altération du chant de l'eau attire son attention. Elle n'est plus seule. Délicatement, soucieuse de ne pas se présenter comme une menace, avec le plus de discrétion possible, elle inspire profondément. Comment oublier ces parfums ? Elles. Elles sont là. La princesse n'esquisse pas un geste, elle attend. Naïade est la première a entrer. Un sourire éclaire son visage. Elle semble si pure, si heureuse, comme si jamais les ténèbres ne l'avaient mise à genoux. Le regard absinthe de la guerrière se voile d'émotion. Une tendresse inimaginable l'étreint, sa gorge se serre soudain. Valse de l'Amour la suit de près. Toutes les deux ont l'air si paisible, le profond vert des prunelles de son ancien lieutenant brille d'émerveillement. Leur insouciance frappe la reine grise de plein fouet. Elles sont magnifiques. Elles sont fortes. Elles sont debout, dressées face à la vie. Farouchement. Soudain la guérisseuse s'immobilise. Elle sait qu'elles ne sont pas seules. Leur regard se croisent. Le ciel d'orage rencontre l'absinthe. Un éclair de douleur les transpercent. Le temps semble se figer autour d'elles, tandis que l'absinthe lutte pour soutenir ce regard qui en dit tellement. Elle aimerait tant se précipiter contre elle, enfouir son museau au creux de sa douce fourrure, lui présenter ses excuses, lui expliquer, tout lui expliquer. Mais ce regard la transperce. Il lui rappelait le froid, la peur, sa course effrénée à travers les bois. Il la brûle. La fige. L'empêche d'esquisser le moindre mouvement, ne serais-ce que celui d'entrouvrir les babines dans un murmure. Elle reste immobile. Incapable. Puis, Naïade détourne les yeux. Ça ne te rappelle rien ?

Valse de l'Amour s'avance à son tour. Qu'elle est belle, auréolée de lumière, même dans l'obscurité. Son regard de jade brille de mille et unes étoiles, comme mille et unes larmes. Elle s'élance, et déjà le cœur de la grande reine grise se réchauffe, lui sur lequel la foudre des souvenirs lointains et flous, glaciale et brûlante, vient de s'abattre. Et soudain s'arrête. Dans ses yeux, exactement la même incertitude, le même doute déchirant, la même violente douleur. Mais qu'as-tu fait? C'en est trop. La reine grise esquisse enfin un geste. Tapie au sol, elle recule, acculée par le poids de la culpabilité. Les yeux baissés, baignés de larmes. Déchue et à nouveau soumise au passé. A quoi s'attendait-elle réellement ? A l'amour, à l'amitié ? A la compréhension, au soutien ? Peut être même à l'empathie ? Au pardon. Elle venait de faire voler leur bonheur en éclats, une seconde fois. Elle les avait quittés brisés, pour les briser à nouveau. Elle n'a pas les mots pour décrire toute l'horreur qu'elle s'inspire à elle-même. Tout ce qu'elle avait pu imaginer n'était finalement que chimères. Peut-être ne revient-on jamais en arrière, peut-être que les plaies restent à jamais ouvertes, et qu'on apprend simplement à vivre avec. D'une voix basse, rompue par l'émotion, elle arrive à murmurer ;

« Je suis tellement désolée... »

Ses paroles se noient dans un sanglot. Mais que sont les mots lorsqu'on a détruit des vies ?

_________________




-

Chant des Nuages:
 


♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Étoile Destinée
Admin Sherlucky.
Admin Sherlucky.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 3968
Age : 20
Date d'inscription : 20/04/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Menthe aquatique ; pv - la team.   Sam 20 Fév - 12:47

Nos regards se croisent et je retiens mon souffle. J'ai l'impression que mon cœur est suspendu au bord de ses lèvres ; que dira-t-elle ? Que fera-t-elle ? Son regard dévie et c'est comme si elle m'échappait inexorablement. Je la sens glisser entre mes pattes, j'ai envie de la retenir tout en sachant que cela serait vain, ce serait comme essayer de retenir de l'eau entre ses pattes. Car je le vois, Valse des Etoiles s'élance vers elle telle une rivière vers sa mer. Et elle crie son nom, son nom qui me déchire le cœur, avec une telle force que je chancelle. Il y a tant de sentiments dans ce nom, tant de douleur et d'espoir mêlés. Alors je sais, je comprends que je l'ai perdue alors même que je croyais avoir gagné son estime, qu'elle m'est à nouveau une étoile inaccessible, que j'ai visé trop haut, bien trop haut. Après tout le souvenir d'Etoile de Menthe a toujours été ce qui nous séparait car son amour pour elle est bien trop grand. Je ne peux rivaliser ; même disparue elle continuait à l'attirer à elle. Mais comment lui en vouloir ? Moi-même je ne peux m'empêcher d'être happée par ce regard qui me fascine autant qu'il me blesse.

Etoile de Menthe partie, je pouvais l'idéaliser, en faire d'elle l'héroïne d'une épopée grandiose, porteuse d'un grand destin. Oui, je m'étais persuadée que son départ avait une quelconque origine mystique, qu'il respectait une obscure volonté des étoiles, oui, j'avais cherché avec la frénésie du désespoir une raison à ce brusque abandon et m'étais réconfortée avec cette idée. J'étais parvenue à me persuader qu'un plus grand dessein esquissé par le Ciel l'attendait, et l'avait obligée à nous quitter. Cela, j'étais prête à l'accepter ; pour qu'elle accomplisse sa destinée, j'étais prête à tous les adieux. Sa noblesse d'âme était tout ce qui m'importait alors, parce que je l'avais toujours admirée autant aimée. Alors comme pour tous les martyrs que l'on érige au rang de saints, j'avais fini par accepter son sacrifice. J'avais arrêté de courir après de chimères et étais revenue sur mes pas, vers l'hiver et le froid.
J'avais commencé à faire mon deuil.

Mais Etoile de Menthe revenue, tout est bouleversé à nouveau. Je ne sais plus rien, mes certitudes vacillent, balayées par le torrent, et la douleur de sa perte me frappe de plein fouet comme au premier jour, me coupe le souffle. Et à nouveau les questions tourbillonnent comme les flocons le jour d'après : où était-elle pendant tout ce temps ? Qu'est-ce qui, au monde, a pu la tenir éloignée de son clan ? Par le Clan des Etoiles, elle a abandonné les siens ! Laissant derrière elle les cendres d'une alliance brisée, un clan tout aussi éparse … Et le poids des responsabilités, c'est Valse des Etoiles qui a dû l'endosser à sa place. Sait-elle à quel point nous avons souffert ? Sait-elle à quel point nous l'avons pleurée ?
Elle recule comme un animal blessé et tout à coup je lui en veux d'être aussi faible. Où est passée sa rage de vaincre, sa rage de vivre, où s'en est allée cette force magistrale et sauvage qui émanait d'elle jadis ? Cette chatte aux yeux embués de larmes ne ressemble pas à l'Etoile que j'ai connue, elle ne ressemble pas à la grande reine que j'ai adorée. Je secoue la tête, refusant d'y croire, refusant de voir, maudissant ces traîtres sens qui me crient que c'est bien elle, son odeur, pourtant si différente, sa voix, pourtant si faible, c'est elle, pourquoi ne l'acceptes-tu pas ?
Mais je ne la reconnais pas.
Car mon Etoile de Menthe ne s'excusait pas, non, elle avait des griffes à la place des remords, des flèches à la place des yeux, elle était la rivière même, puissante et majestueuse, elle était le courant qui me guidait. Son regard était de ceux devant lesquels on s'inclinait, pas l'inverse. Et moi autrefois, j'ai respiré ses paroles, j'ai marché au rythme de ses battements de cœur, me suis nourri de sa chaleur. J'ai tant souffert de l'avoir tant aimée.

« Pourquoi es-tu revenue ? » murmuré-je d'une voix vacillante.

Et mes pattes tremblent, tout mon corps est agité de spasmes incontrôlables. Ma vue se brouille, mon esprit s'embrouille, je ne distingue plus rien à part l'émotion qui me submerge par vagues, amour ou haine, tout se mélange ... Mais comme déjà à l'époque la rage finit par dominer et souffle tout sur son passage tel un ouragan. Je lève la tête farouchement et puise dans les dernières forces qui me restent pour planter mon regard dans celui de la reine. Je n'entends plus que ma douleur et je lui en veux, oh je lui en veux terriblement, plus encore que le Tonnerre pour ses crimes, plus encore que le Vent pour sa traîtrise, car elle était ma reine. Elle était mon amie. Aucune excuse ne pourra pardonner ce qu'elle m'a fait, elle n'avait pas le droit de partir, pas le droit de me laisser. Elle m'a abandonnée alors qu'elle devait me guider. J'avais besoin d'elle !

« Non, pourquoi es-tu partie ? »

Ma voix se lève et se brise sur ce dernier mot comme sur un écueil.

_________________



Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Valse des Étoiles
Admin Graou
Admin Graou
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1783
Age : 18
Date d'inscription : 14/06/2012


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Menthe aquatique ; pv - la team.   Lun 28 Mar - 18:38

Elle est belle, si belle.
Aujourd'hui elle semble tellement différente de l'être égaré qui s'était enfui il y a maintenant bien des lunes. Elle brille à nouveau, d'une lueur si forte qu'elle m'entoure comme elle savait si bien le faire autrefois, au moment où elle était reine, reine de l'eau et de la Rivière. Telle une bourrasque, son aura se faufile en moi, détruisant tous les remparts que j'avais eu tant de mal à construire pour me préserver. Je ferme les yeux, sentant chaque palissade s'écrouler l'une après l'autre créant dans tout mon être un fracas monstre. Je contemple impuissante les cendres de ma douleur se raviver et de nouvelles flammes naître, commençant à lécher les parois de leur cage. Le vent de la rage les attise et elles deviennent de plus en plus fortes, de puis en plus avides. Et mon coeur demande des explications.

Elle est cruelle, si cruelle.
Jamais je ne pourrais oublier ce vide que j'ai ressenti quand je l'ai vu disparaître dans la lande. La puissance de la douleur qui m'a réduite en poussière, la détresse que je lisais dans les yeux de Naïade comme le reflet des miens. Je ne pense pas avoir un jour ressenti une telle terreur. Comme si nous n'étions rien, elle nous avait abandonné en pleine nuit, sans perdre une seconde à nous expliquer ce que nous, nous qui l'aimions tant, avions fait de mal. Nous sommes toutes deux restées pantelantes, accablées par nos doutes, nos peurs et ce trou béant au milieu de la poitrine que le temps a eu tant de mal à reconstruire. L'espace de quelques secondes mon regard se durcit. La voix faible de mon amie résonne à peine autour de nous et j'ai soudain l'impression d'avoir fait un bond en arrière. Alors que nous étions si forte il y a à peine une seconde, au moment nous avons posé une patte sur le granit de la grotte, nous nous sommes écroulées. A nouveau nous étions faibles, détruites, parce qu'elle avait eu l'égoïsme de revenir. N'était-ce pas ce que j'avais tant souhaité ? N'était-ce pas ce que j'avais tant désiré ? Alors pourquoi, Ô Clan des Etoiles, mon poitrail me fait-il tant souffrir ? Derrière moi je sens, j'entends la douleur de Naïade rugir à mes oreilles et je n'en ai que plus mal encore. Je lui en veux, à notre Reine de nous avoir abandonné, nous son Clan ses Enfants. Je lui en veux, à notre Cheffe d'avoir fuit sans demander son reste. Je lui en veux à mon Etoile de m'avoir laissé à la tête d'un clan tout aussi brisé que je l'étais. Sait-elle que le Clan du Vent nous a chassé le jour même où elle est partie ? Sait-elle que nous avons dû reconstruire seuls un Camp rendu sauvage par des lunes de liberté ? Sait-elle qu'elle m'a attachée dans ses chaînes parce qu'elle même n'arrivait plus à les supporter ? Alors que je pensais toujours l'aimer, son retour précipité à tout bouleverser et je ne sais plus si je dois l’idolâtrer ou la repousser.

Elle est faible, si faible.
Au fond à quoi s'attendait-elle ? Que nous l'accueillerons un grand sourire aux lèvres, les yeux pétillants ? Pourquoi est-elle aussi naïve et idiote ? Pourquoi, tout comme elle, avais-je imaginé un retour idyllique où le bonheur me ferait planer au dessus du sol. Je ne sais pas, je ne sais plus rien. Des sentiments si contraires me déchirent que je ne sais pas si je dois sourire ou pleurer, m'enfuir ou rester. Notre retenue semble la blesser profondément et tout comme elle je ne peux m'empêcher d'avoir mal. Parce que ce n'est pas ce que je voulais, ce que j'espérais. Parce que ce n'est plus Etoile de Menthe. Apaisée et sereine, elle semble néanmoins faible et pleine d'illusions brisées. Celle que je connaissais était d'une force à toute épreuve, une répartie capable de faire taire les plus puissants chats du Clan des Etoiles. La tête me tourne, tant je suis perdue. Elle recule d'un pas et comme accrochée à elle par un fil invisible, je m'avance à mon tour.
Pourtant quelque chose me tire en arrière.
Une présence.
Naïade.

Nous sommes proches, si proches.
Et pourtant si loin. Quand je tourne ma tête vers elle je vois cette distance qui nous sépare, ce fossé qui s'est creusé entre nous quand j'ai rejoint notre ancienne meneuse. Dans ses superbes prunelles je vois la peur et la douleur que j'interprète comme identiques à celle que je ressens en ce moment. Mais est-ce vraiment le cas ? Ses émotions semblent plus profondes que les miennes. Elles sont si intenses et à la fois si vraies que je ne parviens pas à y lire leur origine et cela fait naître une petite lueur d'incertitude. Pourquoi ? Quelque chose en elle m'appelle, si fort. Mon coeur meurtrit hurle pour la rejoindre, elle qui ne m'a jamais blessé. J'ai soudain l'impression que si je choisis l'une d'elle je devrais irrémédiablement renoncer à l'autre.
Les larmes coulent le long de mon visage.

J'ai mal.

Je les aime fort, si fort.
Je suis déchirée, écartelée. Attirée par l'une et l'autre à la fois je ne sais plus qui regarder, à qui donner mon âme. Tout était plus simple finalement quand Etoile de Menthe était loin. Et pourtant j'ai beau lui en vouloir, j'ai beau la haïr, je ne peux pas m'empêcher de l'aimer. En ce moment même, plus que jamais, j'aspire à ce que tout redevienne comme avant. Je rendrais mes neuf vies, mon nom et mon rang s'il le faut. Je lui damnerai mon âme sans la moindre hésitation. Mais là, tout près de moi il y a Naïade, mon amie, la seule qui a su me comprendre, m'accepter brisée comme je l'étais. Elle a eu la patience de me ramasser morceau après morceau et de me reconstruire avec la tendresse d'une mère. Et je sais qu'aujourd'hui jamais plus je ne voudrais vivre sans elle.
Le coeur lourd je lève la tête vers Etoile de Menthe et chacun des mots lourds résonnant autour de moi je laisse échapper ma souffrance, les yeux embués de larmes. C'est plus fort que moi, même si ça lui fait du mal, même si ça me fait du mal j'ai besoin qu'elle sache. J'ai besoin de ça pour l'accepter à nouveau.  « J'ai eu mal tu sais, tellement mal. Chaque pas que tu faisais loin de nous était un nouveau poignard dans mon coeur. Chaque jour sans toi était un nouveau supplice qu'il me fallait supporter, le sourire au lèvre. Je n'avais pas le droit d'être faible parce que tout le monde voulait me voir forte. J'ai mis du temps tu sais, tellement de temps à faire mon deuil. A oublier cette lueur folle dans tes yeux. Alors pourquoi, après tant de temps, tant de galères pour construire nos défenses, reviens-tu pour toutes les abattre ? J'ai voulu mourir tu sais. Mais je ne pouvais pas. Parce que tu m'avais refilé des responsabilités que tu ne voulais plus, un Clan que tu as fuis. Ma voix se casse. Je voudrais qu'elle soit dure et forte mais elle est tremblante d'émotions. Je t'ai haïe tu sais, tellement haïe. Et pourtant à présent, même si je te haïs de tout mon corps, je ne peux pas m'empêcher d'être heureuse que tu sois là, devant moi. Même si ça fait mal, même si je dois en mourir si tu nous abandonnes à nouveau je suis heureuse. Heureuse de savoir que tu vas bien, que tu as trouvé la paix avec toi même. Heureuse de pouvoir te dire aurevoir avant que tu disparaisses à jamais. »

Elle est belle, si belle.
Dans son auréole d'argent, même avec les yeux blessés elle brille. Une telle Reine, une telle beauté, je ne la mérite pas. Elle est libre désormais. Il me semble évident qu'Etoile de Menthe ne restera pas. Que ce mirage, cette illusion qui a bien voulu nous apparaître s'estompera aussitôt que nous sortirons de cette grotte. Et c'est peut être mieux comme ça. Et pourtant je reste là, attendant un miracle comme un espoir fou et dangereux. A distance parfaitement égale des deux parts de mon coeurs.
De mon Soleil et mon Etoile.

_________________















Merci à tous pour vos si belles créations, je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum-guerredesclans.forumactif.com/
Menthe
Admin (attention ; bombe)
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1439
Age : 19
Date d'inscription : 12/03/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Menthe aquatique ; pv - la team.   Ven 15 Avr - 16:25


« You can doubt, and you can hate
But let the rain wash away all the pain of yesterday. »
« Comment oses-tu venir demander miséricorde ici, après avoir abandonné ton Clan, ce à quoi tu étais destinée ?
- Vous nous avez abandonnés. Je n'ai jamais été destinée à quoi que ce soit. J'ai été une traîtresse, une déserteuse. Mon sang est impur. J'ai violé toutes vos lois, et ce depuis que j'ai vu le jour. Jamais je n'ai été une Étoile élue. Simplement une Étoile maudite. Une Étoile brisée. Qu'avez-vous fait pour moi ? Pour mon Clan ? Tout ceci n'a jamais été que du vent, vos promesses et vos prophéties un mirage pour masquer votre impuissance face à la réalité que nous endurons chaque jour. C'est un bouc émissaire, un vulgaire pion qu'il vous fallait pour endurer le poids de votre faiblesse ? Alors vous avez échoué. J'ai trop donné, vous m'avez trop pris, assez punie. C'est terminé. »
Rivière Étoilée s'approche alors. D'un geste qui se veut apaisant, elle tente d'enrouler sa longue queue autour de tes épaules qui semblent si frêles, sur le point de se briser.

« Étoile de Menthe, mon tout petit… »
Tu te dégages avec violence, tes yeux brillent désormais autant que les leurs. Un grognement sourd monte le long de ta gorge. Il grimpe de ses griffes crochues et redoutables, t'étouffe presque.
N'essaye pas de m'approcher ! Tout est de ta faute. Ici, comme en bas, tu n'as jamais été là, tu n'as jamais veillé sur moi. J'ai grandi seule, sans un regard de ta part, ni même de personne. Jamais, au grand jamais, tu n'as réconforté Petite Menthe lorsqu'elle faisait un cauchemar, jamais tu n'as encouragé Nuage de Menthe à progresser, à s'accrocher même quand c'était difficile. Jamais tu n'as montré un quelconque intérêt à ta fille. De l'amour, de l'attention, de l'affection ? J'en avais besoin pourtant ! Et quand est venu le jour du baptême de Fraîcheur de Menthe, où étais-tu ? Personne n'a su où tu étais partie. Alors ne me parle pas d'abandon. De devoir, de destinée. Ce droit ne t'appartient pas. Je ne vous appartient plus.
Ton regard brûlant d'amertume et de colère s'attarde alors sur ces silhouettes si familières, et s'embue d'émotion. Écorce d'Épine, Étoile de Givre, Nuage de Feu, Souffle du Tigre… Sans un mot de plus, tu leur tourne le dos et t'enfuis dans à nouveau. Tu ne tarderas pas à te réveiller. Les branches basses et les ronces écorchent ton dos déjà couvert de cicatrices. Tout comme ton cœur et ton âme sur lesquels apparaît déjà  une nouvelle plaie béante. Mais celle-ci ne te fais pas souffrir. À cet instant, tu renonces à tout ce que tu as toujours connu, à tes ancêtres, à tes croyances. À tes souffrances, à tes démons.
Dans un sursaut brutal, tu t'éveilles. Les parois de la Grotte de Vie brillent faiblement, se teintent de rose. Tu lèves les yeux vers le ciel, et quel ciel… Le soleil se lève, faisant danser avec lui milles et une nuances irisées. Un jour nouveau est né. Tu t'élances dans le dédale de pierre empreint des étoiles du passé. Tu suffoques, il te faut de l'air. La lumière guide tes pas, le chant des oiseaux, si tendre et mélodieux, semble n'attendre que toi. Enfin, le jour t'enveloppe toute entière. Tu brilles de mille feux, tes poumons se remplissent d'air pur. La vie t’accueille, à bras ouverts. Tu t'en remplis les poumons, le corps et l'esprit. Telle une reine surplombant son royaume dans sa robe de perles, tu contemple Cerfblanc s'étendant sous tes pattes, couverte d'argent. Tu prends alors une longue inspiration, le chemin est long jusqu'à la maison. Mais tu n'en as que faire. Tu rentres à la maison. Une légère brise fait danser ton pelage. Dans un souffle, un murmure, tu te confie à elle.

Dis au monde que je reviens à la maison.

Une fraction de seconde, un dernier souffle brisé, suffit à tout faire basculer. Sitôt ses mots prononcés, le regard des deux amies, des deux alliées de la reine se transforme. Il ne reflète alors plus que colère et mépris. Étoile de Menthe se redresse immédiatement. Sans l'ombre d'une hésitation elle fait face à cette menace insinuée, cette ombre qui planante entre elle et celles que le monde, que l'univers entier semblait avoir façonnées pour elle. Elle redresse inexorablement la tête et son regard dévie à l'affrontement. C'est un jeu d'échec, où chacun attend une erreur de l'autre. L'air devient électrique, comme saturé. La reine de perle s'assoit, enroulant soigneusement sa queue autour de ses pattes, et jongle entre le regard d'orage de Naïade, l'intense jade des iris de Valse de l'Amour. Sans un geste, elle attend. Résignée, telle une accusée dans l'attente de sa sentence. Elle ne compte pas lutter. Et pourtant, la colère et la déception qu'elle peut lire en ses camarades de toujours la transperce, la brûle. Elle le mérite, elle en a conscience. Mais une guerrière, même déchue, reste une guerrière. Aussi, elle garde ses billes d'absinthe fièrement fixées sur les deux autres femelles. L'affrontement sera inévitable, autant garder sa précieuse majesté. Elle aussi sent monter en elle une profonde rage, contre elle-même de leur avoir montré une si grande faiblesse, qui n'aura finalement rien sauvé.

« Pourquoi es-tu revenue ? Non, pourquoi es-tu partie? »

La voix dure et brisée de Naïade lui fait l'effet d'un plongeon dans les eaux tumultueuses et glacées de la Rivière. La reine de perles retient un violent frisson et s'applique à soutenir le regard de la guérisseuse. Prunelles contre prunelles, Étoile de Menthe tente de ne rien montrer, de ne pas laisser échapper sa faiblesse. Que répondre à ça ? Elle ne pouvait pas. Rien ne justifiait son départ, encore moins la faiblesse de sa personne. Ces mots résonnent dans son crâne, cognent à ses tempes, l'incendiant de l'intérieur. Au tour de Valse de l'Amour d'avancer. Elle lève la tête vers la princesse grise, la voix cassée, tremblante. Ses paroles la frappent de plein fouet. Elle savait qu'elle ne serait pas la seule à souffrir en s'enfuyant, mais il le fallait. Et pourtant, jamais, au grand jamais, Étoile de Menthe n'avait choisi de fuir, de faire endosser cette souffrance à qui que ce soir. Le sang battant, son regard se perd dans le vague. Les mots de bousculent à ses babines, mais rien n'en sors. Elle ne sait quoi dire, ne sait par où commencer. Un long silence s'installe alors, et la reine sait qu'elle leur doit des explications. Prenant sur elle comme jamais elle ne l'avait encore fait, d'une voix claire et posée, elle se lance alors.

« Je vous ai abandonnés, je l'admet. Mais non, je ne l'ai pas fait parce que j'en avais envie. Je ne t'ai pas nommée à ma succession pour te faire subir ni endosser quoique ce soit. Je le devais. Que vous me croyiez ou non, j'en avais besoin. J'ai fait ce que j'ai estimé le plus juste. Je n'avais pas les épaules, pas la force d'assumer ceci. Vous, vous l'aviez. J'ai conscience que rien ne justifie ce que j'ai fait, et que les mots n'y changeront rien. Que je ne pourrais jamais guérir le mal que j'ai fait. » Elle marque une pause, ayant besoin de reprendre ses esprits embrouillés.   « Après mon départ, j'ai erré des lunes. J'ai cru que m'enfuir serait la solution. Que loin de tout, je pourrais trouver un quelconque apaisement, que je pourrais ne plus avoir mal. Que la peur de l'échec me quitterait, emportant avec elle tous les démons que j'ai ici. Mais non. Je suis alors allée voir le Clan des Étoiles. J'en avais besoin, une dernière fois. C'est ce qu'il me fallait pour retrouver la paix avec moi même. Elle regarde Naïade, le regard empli d'amour et de tendresse mêlée de chagrin et de culpabilité, mais pourtant calme et apaisé. Je suis rentrée parce que ma véritable place est ici, à vos côtés. Je suis revenue à la maison. Puis, elle plonge son regard dans celui de Valse de l'Amour. Et je ne repartirais que si tu me le demandes. Étoile de Menthe n'est plus, et c'est au nom de Menthe que je te demande le pardon. Que je vous demande le pardon.

_________________




-

Chant des Nuages:
 


♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Étoile Destinée
Admin Sherlucky.
Admin Sherlucky.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 3968
Age : 20
Date d'inscription : 20/04/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Menthe aquatique ; pv - la team.   Mar 5 Juil - 0:32

Presque aussitôt je faiblis sous la fureur de ses prunelles. Jamais l'absinthe de ses yeux ne m'a paru si cruel, jamais envers moi du moins, seulement envers les ennemis de notre clan, nos ennemis. Pendant un instant je regretterais presque avoir souhaité le retour de ma reine tant je suis frappée par la dureté de son visage. Elle m'est étrangère ainsi … farouche et sauvage. Sa colère me blesse plus qu'elle ne le devrait ; et pourtant je respire, pour la première fois depuis que je suis entrée dans cette grotte, car alors elle n'est plus un pâle spectre en face de moi, non, elle est vivante. Je fixe Etoile de Menthe et la sens prête à riposter, ses yeux sont deux lames effilées et la réplique cinglante se dessine déjà sur ses lèvres. J'éprouve un étrange plaisir à voir en elle le reflet de ma propre fureur. Mais nous sommes interrompues ; d'un seul mouvement de la tête, notre Etoile se rappelle à nous et dissipe tout le reste.

Je suis suspendue à ses mots comme à son regard. Une larme coule le long de sa joue et je me retrouve dans sa chute - le vertige, la vitesse, le souffle coupé. La chute, cruelle, et le retour à la réalité.
Les yeux de Valse des Etoiles qui m'attirent comme deux trous noirs.
La chaleur qui émane d'elle, sa tristesse aussi, son corps tremblant qui m'appelle.

J'ai tant besoin d'elle. D'exister pour elle.

Sa détresse m'est insupportable et je ressens l'impérieux besoin de me blottir contre son pelage pour lui chuchoter ces mots qui nous rassuraient toutes les deux, ne t'inquiète pas, ne t'inquiète plus … Mais au lieu de cela je reste figée, incapable de détourner mon regard maintenant que j'ai a trouvé le sien. Les larmes qui y naissent le font briller trop fort. Je ressens sa souffrance comme la mienne. Sa peine, son déchirement, ses désillusions traversent ma poitrine.
Elle a envahi mon cœur depuis longtemps déjà.

Au son de sa voix je sursaute, pour m'apercevoir qu'elle fait désormais face à Etoile de Menthe. La beauté de la scène me frappe malgré moi et je demeure silencieuse à les observer. Brisées mais magistrales, empreintes d'une force et d'une beauté quasi surnaturelles. Jeunes et ayant pourtant déjà trop vécu, trop enduré. Je me demande alors si c'est le lot des Etoiles, s'il faut souffrir pour s'élever. Puis je me rappelle que chacune de leurs vies s'accompagne d'une mort, neuf recommencements, neuf abandons. Renaît-on identique à celle que l'on était avant de mourir ? Etoile de Menthe a-t-elle dû sacrifier une vie afin de nous revenir ? Combien de fois devrai-je, dans le court temps qui m'est accordé sur Terre, veiller sur les derniers soupirs de Valse des Etoiles et compter fébrilement le décompte des siennes ?
J'ai peur de la perdre. Mais pire encore, j'ai peur de l'abandonner.

Pour la première fois depuis longtemps, elle s'ouvre. Elle met son cœur à nu, plus encore qu'elle ne l'a jamais fait, même devant moi. J'entrevois des blessures secrètes, plus profondes que je ne le pensais ; j'ai l'impression de perdre l'équilibre et de plonger dans l'abîme de ses yeux. « J'ai voulu mourir. » Quelques mots d'une violence inouïe, juste quelques mots qui me détruisent de l'intérieur. Je n'ai pas su la protéger de ça. Et quand bien même, le pourrais-je aujourd'hui ? Je me sens tellement impuissante, là, alors qu'elle déverse sa douleur par un flot de mots ininterrompus.

Alors je détourne les yeux. Parce que je suis lâche, tout simplement. Parce que la chute m'effraie autant que l'atterrissage.

Et puis c'est au tour d'Etoile de Menthe de prendre la parole, brisant ainsi un silence qui semblait devoir durer mille ans encore. J'éprouve un frisson au simple fait de l'entendre à nouveau et mon cœur se met à battre plus vite, comme par habitude, répondant à cet appel ancien dont lui seul se souvient encore. Mais je n'ai pas oublié cette voix, cette voix qui m'a menée à la guerre et que j'aurais suivie n'importe où aveuglément ; cette voix qui me demande à présent pardon.

Pardon.

Je me sens vide, tout à coup. Toute volonté de combattre m'a quittée, toute la rage, envolée. Comment un seul mot peut-il me faire chavirer de la sorte ? Je ne peux que contempler en silence celle dont le regard m'a effleurée avec toute la tendresse d'une mère et dont je suis à présent terriblement avide. La sérénité émane d'elle comme une vague et se répand dans chaque fibre de mon être. Ce n'est que maintenant que je me rends compte d'à quel point elle m'a manqué ; que ce nœud dans ma gorge aurait disparu il y a bien longtemps si j'avais eu son épaule pour pleurer. Au fond de moi je sais que je suis égoïste, égoïste de l'avoir rejetée puis soudain d'accourir dans ses bras comme une enfant simplement parce que je redécouvre en moi ce besoin de réconfort maternel. Mais le flot d'émotions qui me submergent ne peut s'expliquer, il a son emprise sur mon cœur autant que sur ma tête, il guide chacun de mes mouvements qui me poussent à faire un premier pas vers elle, il dicte mes paroles que je sais justes au moment où je les prononce.

« J'étais là » murmuré-je la voix rauque et tremblante. « J'étais là pour te soigner. Auprès de nous tu aurais pu guérir. Tu peux guérir. »

Puis je souris. Timidement. Fugacement.

« Nous étions venues te chercher … » Mon regard dérive jusqu'à Valse des Etoiles. « La menthe aquatique. Nous l'avons trouvée. »

_________________



Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Valse des Étoiles
Admin Graou
Admin Graou
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1783
Age : 18
Date d'inscription : 14/06/2012


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Menthe aquatique ; pv - la team.   Mar 8 Nov - 0:50

Elle sait à présent. Elle les voit, ces blessures, ces marques laissées par ses griffes qu’elle avait si profondément enfoncées en moi. Ces cicatrices aujourd’hui rouvertes et qui jamais plus ne pourront se refermer de la même façon. Je vois la douleur que lui procure chacun de mes mots. Elle semblait persuadé de nous avoir sauvé en disparaissant ainsi, elle ne se doutait pas des ravages qu’elle laisserait derrière elle. Pourtant que lui fallait-il de plus ? Nous l’aurions suivi jusqu’au bout du monde, elle aurait dû le savoir. Elle avait à ses côtés deux alliées farouches qui buvaient ses paroles et se nourrissaient de ses soupirs. Ma¬is elle a tout gâché, et encore aujourd’hui je ne peux m’empêcher de lui en vouloir pour cela.

Sous mes yeux, je la vois qui se transforme. Son visage triste se lisse en une façade impénétrable et la faiblesse de ses yeux se mue en une colère froide. Cet air, je l’ai déjà vu des dizaines de fois. C’était celui réservé à nos ennemis, à notre ennemi. Il me plaisait de le voir, à l’époque et je me souviens avoir adopté le même. Mais aujourd’hui je ne suis plus au niveau de son épaule, non je suis face à elle. Et c’est sur moi, sur nous, qu’il exerce son effet dévastateur. J’ai envie de hurler. Sommes-nous tombées si bas ? Et c’est alors que je le sens. Né au creux de mon ventre il s’ouvre comme une fleur au petit matin et se développe, grandit, grandit, glissant dans mes veines, se faufilant dans mes poumons, comblant toutes les fissures de mon corps fragile. Le soulagement. Car je la vois enfin clairement. Celle qui faisait battre mon cœur, éclairait mes journées si sombres. Celle qui me faisait me sentir forte après avoir été infiniment faible. Elle vit et, mieux encore, elle est là, devant moi.

Sa voix m’embrase comme elle a toujours si bien su le faire. Je la sens, pénétrer dans chaque parcelle de ma peau, réveiller des sentiments endormis. Je ressens le picotement familier de mon pelage, l’adrénaline se mêler à mes muscles. Mais cette fois ci c’est différent. Il n’y a plus rien à brûler en moi désormais. Je vois les émotions qui se bousculent dans ses iris d’absinthe alors qu’elle fixe Naïade. Je suis étonnée de me sentir soudain si irritée. Mais cet étrange sentiment disparaît aussi fugacement qu’il est apparu. A la place un étrange mélange de joie et de tristesse fait grossir mon cœur. Oh si tu savais à quel point moi aussi, j’ai erré.

Alors que je la regarde, je me rends compte qu’Etoile de Menthe a toujours été mon bourreau. Et pourtant il y a quelque chose qui m’attire inexorablement à elle. C’est profond, c’est puissant et c’est si profondément ancré en moi que je ne peux pas lutter. Elle était de ceux qui font briller les regards et exalter les cœurs. Elle avait le don d’allumer en moi ces feux de joie qui me consumaient, me détruisaient mais qui me faisaient me sentir vivante, après avoir si longtemps marché aux côtés de la mort. J’étais attirée par cette puissance qui émanait d’elle et je m’y suis brulé les ailes. J’ai visé trop haut, voulu atteindre quelque chose que je ne pouvais atteindre. Un être qui n’appartenait qu’à lui-même et que jamais je ne pourrais apprivoiser. Si seulement elle savait le temps que j’ai mis à ramasser les bouts de moi-même qu’elle a fait voler en éclat. Elle m’a pourrie, ancré dans mon crâne une rancœur qui n’était pas la mienne pour finalement s’échapper et m’abandonner là. L’esprit débordant d’une haine si grande qu’elle me contrôlait complètement, j’étais dépassée, perdue. Il fut un temps où mon monde n’était qu’elle. Alors j’ai fait ce que je croyais qu’elle aurait voulu que je fasse et non pas ce que j’aurais voulu faire. Je l’ai laissé me changer. Me transformer en monstre. Et pourtant malgré tout cela, je ne peux nier que je l’aime encore.

Si elle nous avait vus nous écraser après son départ, elle ne nous aurait pas crues assez fortes pour porter ce qu’elle a fui. Si elle avait compté les larmes que nous avons versé, si elle avait écouté les hurlements que nous avons poussés, elle n’aurait sans doute pas pensé cela. Puis je regarde Naïade, qui trouve le courage de s’avancer vers elle, de lui tendre la patte. Une lueur tendre s’allume dans mon regard quand elle vient trouver mes yeux. N’avons-nous pas réussi à nous reconstruire, ensemble, à rire à nouveau ? Je me dis alors qu’Etoile de Menthe avait raison. Ni Naïade ni moi n’avons jamais eu la force d’assumer ce qui nous est tombé dessus. Mais à nous deux, ensemble, nous l’avons. Nous l’avons toujours eu. Nous avons si longtemps gravité autour de la reine grise, aveuglées par sa lumière, sans nous rendre compte qu’à deux nous pouvions déplacer n’importe quelle montagne. C’est quand le noir nous a enveloppé que nous nous sommes trouvées. Et maintenant je comprends ce que c’est que d’être fort. Ce n’est pas rester de marbre peu importe ce qui se fracasse contre vous. Non, c’est bien différent de cela. Etre fort, c’est réussir à se redresser, peu importe aussi bas vous êtes tombé, peu importe combien de fois on vous a piétiné. Je pense alors sans hésiter de Naïade et moi sommes d’une force incommensurable.

Mais quelque chose gâche la vérité de l’instant. J’ai lu dans ses iris d’absinthes qu’elle regrette de nous avoir montré sa faiblesse. Toute notre vie nous avons érigé des murs infranchissables entre nous et les autres, pour nous protéger. Et je sais que nous, nous qui sommes sémantiquement les mêmes, nous que nos vies si différentes a rendu identiques, nous qui finissons toujours par nous retrouver, nous devons les abattre. Naïade m’a déjà vu à nue bien des fois. Elle a secouru l’être tremblant, fait uniquement de douleur que j’étais devenue. Mais avec cette chatte grise comme faite des centaines de perles, il y avait toujours cette palissade à peine visible. Notre douleur nous réunissait mais pourtant nous nous refusions à nous la montrer, car nous rêvions d’être fortes. Alors je fais le premier pas vers elles en laissant tomber mes barrières au sol, les enjambant d’un pas agile. Je n’ai plus honte des traces que la peine, la douleur, le chagrin à laisser sur moi. Je n’ai plus honte de ce que je ressens, de ce que je pense. Je n’ai plus peur de montrer qui je suis. « N’aie pas peur, Etoile de Menthe, de nous montrer tes faiblesses. Nous en avons tous, peut-être nous plus que les autres, mais tu ne dois pas en avoir honte. Pas avec nous. Après avoir été ma force, tu as été une des miennes. Sans doute la plus forte de toute. Je prends une grande inspiration, pour me préparer à ce que je vais révéler. J’ai tué Etoile Sombre tu sais. Le silence est étouffant tout à coup et malgré la douceur de l’air, j’ai du mal à respirer. Les mots se précipitent dans ma bouche, perturbant mon discours. J’étais perdue, je ne savais pas quoi faire ! J’avais mal, tellement mal. Je ne parvenais pas à t’oublier et je ne pouvais pas m’empêcher de penser que leur pardonner, c’était te trahir… Je ne pouvais m’y résoudre. » Je baisse la tête, incapable de soutenir leurs regards. Je n’ai jamais osé avouer à la belle guérisseuse la faiblesse de mon acte. Ça a été facile au début de le lui cacher, l’explosion de ma rage m’ayant laissé temporairement apaisée. Mais quand j’ai réalisé ce que j’avais fait, je sais qu’elle a entendu mes hurlements alors que je tentais désespérément de laver dans la rivière mes pattes souillées à jamais où l’on ne voyait pourtant déjà plus la moindre trace de sang. « Je n’ai pas pu m’empêcher de t’en vouloir. De penser que c’était ta faute. Ma voix n’est plus qu’un souffle. J’essayais simplement de poursuivre tes idéaux, c’était le seul moyen que j’avais de te garder auprès de moi. Mais j’ai finalement compris que ce n’était pas les miens, que mon bonheur était ailleurs. » J’ai pendant si longtemps voulu marcher sur ces pas, ne suivre que ses empreintes. Je voulais être la cheffe qu’elle aurait été. Je voulais l’imiter, suivre son exemple parce qu’elle était ma souveraine et moi son sujet. Mais je sais maintenant, cela semble si clair aujourd’hui, que tout ceci est inutile. Car la vie a fait que nous sommes désormais égales et que, pour ne pas lui faire honte, je dois quitter son ombre et créer mon propre chemin en portant ma propre couronne. Mener mon Clan, notre Clan, comme j’entends le faire. Il aura finalement fallu qu’elle revienne pour que je la laisse partir. Aujourd’hui, je ne veux plus dépendre d’elle. Elle possède un fragment de mon âme qui toujours m’appellera à elle, je ne pourrais jamais rien y faire. Elle est et restera à jamais mon étoile. Mais c’est moi qui suis reine à présent.

Et soudain nos regards se croisent.

C’est alors comme si l’air se chargeait d’électricité. Comme si ainsi je lui disais tout ce sur quoi je ne pouvais mettre de mots. Comme si elle jugeait, celle que j’étais devenue. Celle à qui elle avait confié son Clan. Se rend-elle compte à quel point j’ai changé ? A quel point Valse de l’Amour est loin derrière moi aujourd’hui ? Oui, je suis sûre qu’elle comprend. Car nous sommes toutes deux des étoiles, moi à peine naissante alors qu’elle déjà déchue mais toutes deux brisées et pourtant toujours flamboyantes. Deux rocs se dressant avec force et obstination, refusant de s’éteindre avant de l’avoir nous-mêmes décidé. Alors j’avance, rejoignant celles pour lesquelles j’ai encore aujourd’hui envie de me battre. Ces deux félines sont à la fois mon passé et mon avenir. Mon début et ma fin, tout en étant la promesse d’un éternel recommencement.

« S’il fallait qu’Etoile de Menthe meurt pour que tu te retrouves qu’il en soit ainsi. S’il fallait que je te laisse partir pour que tu nous reviennes, je ne regrette rien, à part peut-être le temps que j’ai mis à le faire. Je ferme les yeux quelques instants alors que les lunes d’attentes passées à tourner en rond apparaisse dans mon esprit. Quand je les rouvre, ils sont déterminés. Tu sais je pense que, peu importe nos erreurs, on a toujours un endroit où rentrer, une personne qui nous attend quelque part. Et ta place est ici, quel que soit ton nom, au creux de la rivière, au cœur de la cascade. Car c’est de cette essence que nous sommes faits, nous les Enfants de l’Eau. Un petit sourire m’échappe et mes prunelles se colorent d’espoir. Alors reste Menthe, je t’en conjure. Les émotions qui se bousculent en moi sont d’une telle force que j’en ai du mal à parler. Finalement je lâche dans un murmure, le visage illuminé d’une tendresse profonde, d’un amour sans faille. Toi, tu as la chance d’avour nous deux, qui, malgré toutes tes erreurs, te garderont toujours une place près d’elles. C’est quelque chose contre laquelle nous ne pouvons lutter. Contre laquelle je ne veux pas lutter. Je suis fatiguée de me battre contre moi-même, ça ne m’a apporté qu’un désespoir immense. Et j’ai décidé d’être heureuse. Je sais qu’avec vous à mes côtés, je peux enfin y parvenir. »
Et sans se rendre compte elle scintille. Car c’est elle l’Etoile, à présent.

_________________















Merci à tous pour vos si belles créations, je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://forum-guerredesclans.forumactif.com/
 
Menthe aquatique ; pv - la team.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» thé vert à la menthe tue l'allaitement ?
» Mousse menthe - choco
» CONFITURE DE CERISE ET MENTHE
» La pastille à la menthe ...
» Granité à la menthe glaciale

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. » :: JEU. :: Clan de la Rivière :: Territoires :: Chutes d'eau-
Sauter vers: