« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

Masque de Rosée
 
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 SILENCE [OS]

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Présage des Rats
MacModo.
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MessageSujet: SILENCE [OS]   Sam 9 Jan - 16:00

RIP TO MY YOUTH. feat. Voleur de Sourires & Jeu Macabre
«And you could call this the funeral.»
 

Le soleil s'endort, il ferme ses grands yeux lumineux et nous abandonne à l'obscurité. J'ai toujours aimé cette lumière rasante qui s'empare des lieux et couvre tout d'or. La montagne resplendit, elle brûle, comme un immense feu de joie allumé par le monde, rehaussé par les doigts effilés du soir qui rampent sur les flancs rocheux. Pourtant plus le temps passe plus je redoute la nuit et ses ombres. Parfois un étrange brouillard malveillant inonde la terre comme du sang, il se répand partout et rien ne peut le déloger. Tout le monde le craint, des chatons aux anciens qui répètent inlassablement que cela ne présage rien de bon. Ils disent qu'ils n'ont jamais senti les étoiles si loin de nous qu'elles ne le sont aujourd'hui. Peut-être même conspirent-elles contre nous, contre cette violence dont elles se lassent aussitôt passées de vie à trépas. Cela ne m'étonnerait pas vraiment, je n'ai jamais eu confiance en cette bande de macchabées étoilés. Je plisse les yeux pour voir un aigle fondre sur une proie invisible au loin. Il perce l'air à toute vitesse, ignorant le vent et la peur, pendant un instant je me demande ce que ça fait d'être le roi du ciel. Il disparaît soudain derrière une colline et j'ai beau tendre le cou, je finis par le perdre de vue. Ça me donne l'horrible sentiment de nostalgie qui étreint n'importe qui qui regarderait un paysage vide, qui se pencherait sur le passé et tomberait sans retenue dans les questions de l'avenir. Tout passe, tout disparaît.
Je décide de rentrer au camp, il est déjà tard.

C'est avec un petit oiseau dans la gueule que je fais mon entrée. Je croise une patrouille qui part à l'aventure, parmi eux certains des jeunes fraîchement nommés. Je fonde quelques espoirs en eux, ils m'ont l'air d'être de bons gamins. Et puis leurs noms claquent comme les crochets d'une vipère. Mais pour une fois la jalousie ne m'étreint pas, j'suis content pour eux, et puis question nom je n'ai pas à m'en faire il paraît, du moins à voir la tête que font certaines en l'entendant. Revenons à nos jeunes recrues.Torrent de Foudre, Larme de Cristal, Reine des Fées, Éclipse Solaire. La fierté de la Lune au grand complet. Je souris en repensant à la petite fée qui est devenue bien charmante, à la tendre arrogance du célèbre Nuage de Foudre, au courage étincelant de Nuage d’Éclipse et à la discrétion de Larme de Cristal. Je n'arrête pas de sourire en pensant à celui qu'on a laissé de côté. Nuage Agité n'était pas prêt, depuis la mort de Berceuse d'Autrefois il n'avait reçu que peu d'entraînements. Étoile Destinée avait été raisonnable, presque comme toujours. Je force un demi sourire lorsque je finis par lâcher ma proie sur le tas de gibier. J'essaie d'insuffler un peu de joie à l'atmosphère mortelle qui s'est abattue sur nous. J'ai du mal à croire que je devrais me départir de ma bonne humeur légendaire juste pour quelques fantômes, quelles que soient leur promesses et autres prophéties absurdes. Des mots, du vent, rien de plus. Du moins j'essaie d'y croire. Il est rare que je m'intéresse vraiment à la vie du Clan, mais j'ai l'impression que pour une fois on pourrait avoir besoin de moi, on pourrait avoir besoin de tout le monde. Je salue un petit d'un signe de tête et lui renvoie la boule de mousse qu'il a lancé vers moi. J'aime bien les gosses, leurs sourires, leur innocence naïve qui me rappellent un autre temps. Mais si en temps normal je me serais lancé dans un jeu effréné avec lui, quitte à me mettre la mère épuisée à dos parce qu'il aurait fini par « refuser de dormir », aujourd'hui je me contente de l'observer un peu, j'ai la tête ailleurs. Lorsqu'elle vient le chercher je me lève sans un mot.

J'fais ma ronde. Depuis quelques temps je prend mon rôle au sérieux. Faut dire que j'ai peur, je l'avoue. J'ai peur pour le Clan, pour notre chef. Parce que je l'ai vu dans son regard vitreux à l'Assemblée. J'ai vu la terreur absolue, le doute venimeux. En fait je l'ai vu dans la plupart des regards, tous revivaient leurs pires cauchemars, des atrocités à voir la tête qu'ils tiraient. Et moi j'étais planté là, sans rien voir d'autre que des silhouettes glauques perchées sur le Grand Rocher, ce truc quasi sacré, un temple violé sous les yeux d'une bonne centaine de guerriers. Guerriers inutiles pour le coup. Moi je me fichais de ne rien voir, je me fichais de ne pas voir ma mère réapparaître sous mes yeux ou ma sœur mourir, je ne comprenais pas pourquoi je n'étais pas touché, ce que je comprenais c'est que mon cœur s'emballait parce que je cherchais trop de personnes des yeux, je ne savais pas qui je voulais sauver en premier. Et puis j'ai compris que le sacrifice ne me faisait pas peur, qu'au final effectivement rien ne me faisait peur hormis perdre ma liberté. Peut-être suis-je fou ? Mais qu'est-ce que la liberté sans amour ? J'vous laisse quelques heures pour y réfléchir, quelques vies peut-être. Pour une fois j'y crois. C'pas ce que vous croyez, pas cet amour puéril et fade que j'entretiens avec un regard différent chaque jour, non c'est l'amour fraternel qui unit deux âmes qui m'anime lorsque je regarde certaines personnes.

Après quelques tours le long de nos murailles naturelles je retourne à l'intérieur. Mais je sens un regard sur moi, un regard perçant que je reconnaîtrais entre mille, même de dos. Je sens cette atmosphère qui l'accompagne où qu'il aille, la gravité qu'il apporte à toute chose. Je me retourne brusquement, pas prêt de ménager celui qui a les faveurs de notre chef. Jeu Macabre a eu l'intelligence, une fois n'est pas coutume, de comprendre qu'il devait éviter de dormir parmi les autres guerriers, surtout depuis son altercation musclée avec Torrent de Foudre. Le jeune mâle en est encore perturbé et j'peux le comprendre. J'en veux à l'ancien lieutenant. Je ne l'ai jamais aimé c'est un fait, mais mon hostilité envers lui grandit un peu plus à chaque seconde qu'il passe ici. Je ne veux pas de sa présence quoiqu'il ait fait. Je me rappelle de lui, me pourchassant lorsque j'entrais sur son cher territoire, je me rappelle de son honneur absolu qui me rendait malade, de sa foi étrange et incorruptible. J'me rappelle de le rendre fou en trouvant des excuses, je me rappelle ses griffes sur ma peau lorsque j'allais trop loin ou que je m'avisais de toucher une guerrière de l'Ombre. Elles n'ont jamais été les plus faciles d'ailleurs. Je n'aime pas ce Clan de toute façon.
J'en ris presque en le voyant, le voilà en traître banni de son Clan chéri, à dormir dans le froid et la pluie histoire de ne pas réveiller de vieilles tensions. La fascination qu'il exerce me hérisse le poil autant que je la comprend. Quel être étrange, comme venu d'un autre temps. Temps qu'il semble chercher inlassablement. J'en serais presque triste pour lui. Pourtant il me semble aller bien, malgré les quelques plaies qui courent sur son corps, il n'a rien perdu de sa puissance. Je le vois aux muscles terribles qui roulent sous sa fourrure rêche, même ceux de son visage, animant parfois ce masque vide orné d'yeux tout aussi fades. On sent le passage cruel du temps sur lui lorsqu'on compte ses cicatrices et lorsqu'on le voit se mouvoir, de vieilles douleurs se rappellent à lui parfois, et lui fait comme si de rien n'était, parce qu'il veut être fort et il veut qu'on le sache. Moi je le sais, je ne ferais pas le poids, même si j'ai l'âge de mon côté. Je suis peut-être un peu plus souple, mais je n'en suis pas certain. Il ne ferait qu'une bouchée de moi c'est sûr. Et en cela le vétéran brisé a tout mon respect, mais ça s'arrête là. Et surtout je ne l'envie pas, jamais, que lui reste-il d'autre que son aptitude phénoménale au combat ? Rien. A-t-il jamais eu autre chose ? Sa voix rauque me surprend un peu tant elle porte.

« Qu'est-ce que tu regarde ? » demande-t-il alors qu'il s'assied, finissant par me surplomber.

« Ta sale tête » je répond sur le même ton, pas impressionné du tout.

Son sourire dévoile une dent cassée qui me fait me demander ce qu'il s'est passé mais je préfère éviter les questions. Je sais qu'il ne les aime pas. Du moins celles qui ne m'intéressent guère.

« T'en as pas marre d'avoir un nom pareil ? 
C'est un nom comme un autre.
Oui c'est sûr, inspirer la peur même à des inconnus ça peut être utile. Mais question vie sociale je suis pas convaincu. Ah mais j'oubliais, le devoir avant tout hein ?
Viens en au fait Voleur.
Je ne t'ai volé du gibier qu'une seule fois, tu m'en voudras toute ta vie ?
Tu passe ton temps à bafouer le Code.
C'est toi qui dis ça...
…..
Fais attention à elle Jeu Macabre.
Et toi fais attention au temps. Tu n'es plus le guerrier de quinze lunes que j'ai rencontré Voleur. Tu vas devoir grandir, de toute façon ta jeunesse s'envole déjà et plus vite que tu ne le pense. Cette époque ne vous fera pas la grâce de l'insouciance.

J'ai presque mal de l'entendre parler comme un ancien qui va mourir. J'ai l'impression que quelque chose se prépare et que même lui a peur. Lui qui n'était qu'une machine à mes yeux.
Le silence hurle entre nous et nous avons à peine besoin de parler pour nous comprendre. Je sais ce que j'ai à faire, lui aussi, et pour une fois nous tombons d'accord. Je le vois dans ses yeux qui auraient pu être si beaux. Mais c'est son frère qui avait hérité de ce trait. L'histoire aurait pu être tellement différente. Et une fois encore le vertige du destin et du hasard me prend.
Je vais m'éloigner de cet oiseau de malheur qui a pourtant raison quand il m'arrête.

« Voleur de Sourires »
Je me retourne, l'air grave.
« Si jamais tu vois une petite au pelage semblable au mien, un œil est à moi, l'autre à mon frère. Elle s'appelle Sureau. Si tu la vois... »
« Que dois-je lui dire ? » j'ai déjà accepté sa requête, parce que ses tremblements me disent que c'est important.
« Ne lui dis rien. Reviens me dire qu'elle respire ».


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