« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

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 Venom |Ouvert aux Luneux|

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MessageSujet: Venom |Ouvert aux Luneux|   Mer 28 Oct - 0:26

Venom
Le vent a cessé de me frôle. Je vole. Pourtant ce corps m’alourdit, ma fourrure m’empêtre, ces organes menacent de céder sous l’intense effort que je lui impose. Ce cœur battant à une chamade frénétique, je le crois prêt à cesser sa valse à tout instant. Pourtant peu m’importe. Je force l’allure, allongeant ses muscles qui ont fait longtemps ma fierté vaniteuse. Il est beau, le novice vedette du respectable Clan de la Lune hein? Il est joli dans sa course effrénée, lui qui n’a jamais été rapide pourtant. Il s’y applique encore et toujours, c’est plus fort que lui, il doit toujours être le meilleur. Foutaises. Rien ne me sert de m’illustrer pour un public inexistant. Aucune utilité à une compétition sans le moindre adversaire. Aucune raison de vivre si ce n’est pour mes proches. Je presse mes pas. Nuage Féérique, l’image de sa silhouette jetée contre la poussière, désarticulée, son regard rivé dans le mien vide, me hante. Je repousse l’envie de vomir en reconnaissant les premiers éléments annonçant mon territoire. L’herbe se fait plus fraîche sous mes coussinets écorchés par mon passage chaotique contre la route des Bipèdes, ce chemin de bitume que je n’avais jamais traversé de moi-même auparavant. Le roulement prenant de leur passage sur la chaussée, la poussière répandue contre mon pelage et pire encore, ce cri strident s’échappant de leur gueule à l’instant où l’un d’entre eux a bien failli me frapper… les monstres. Loin derrière à présent. Pas même eux susceptibles de m’arrêter.

Et plus rien que cette colline où je trébuche, m’embourbant dans ses hautes herbes, rageant contre le monde entier, pris d’un sanglot qui me déchire les tripes. Je refuse, refuse de m’écrouler maintenant alors que j’y pourrais encore quelque chose. Alors que je pourrais toujours la sauver. Et ce traître, ce traître meurtrier ayant répandu en son propre Clan la mort et la désolation, je jure de l’achever moi-même, de lui briser le cou pour le regarder souffrir alors que sa vie s’éteint. Je veux voir la peur dans son regard lorsqu’il quittera notre monde, je veux la humer sur son corps ensanglanté lorsque j’en aurai terminé avec lui. Je veux qu’il sache ce qu’il en coûte de violenter ma famille, ma famille dont fait largement partie Nuage Féérique. Je l’aime. Je l’aime depuis toujours et il m’a fallu la sentir dans un danger immuable avant de m’en rendre compte. Je ne peux pas la laisser filer sans au moins lui avoir avoué. Je la veux, je la veux pour moi encore longtemps, encore très longtemps, même si je serai toujours trop fier pour lui faire sentir à quel point je l’apprécie, même si je n’aurai jamais la confiance en moi nécessaire pour lui dire qu’elle est tout pour moi. Le camp se dessine dans l’aube et je fonce, en appelant son nom au désespoir, m’écorchant la gorge et les tripes.

Et des voix murmurent contre mon front agité, m'accompagnant à chaque pas douloureux. J’émerge dans le campement endormi où un guerrier s’est assoupi alors qu’il devait tous les veiller. J’entends quelques chatons piailler dans la pouponnière, et le souffle apaisé d’un Ancien marmonnant dans son sommeil. Grisé de colère, je suis mon instinct, ma silhouette traversée de soubresauts alors que je m’approche doucement de ma proie. Le souffle corps et le regard révulsé, j’ai perdu toute notion de la réalité. Il n’existe plus que cette rage destructrice m’ayant pris aux tripes, celle-là même qui me consume tel un brasier ardent. Dans un bond, je m’élance contre son dos, le prenant par surprise où je profite de mon poids pour le débalancer tout en mordant de toutes mes forces dans son épaule, toute ma colère et mon ressentiment. Je feule à m’en briser la gorge, jusqu’à ce qu’on me repousse. J’atterris lourdement contre le sol avant de me relever, le regard vidé de toute raison.

«Traître! Tu croyais que nous ne le découvrions pas qui tu es véritablement, bâtard? Ou devrais-je dire, Jeu Macabre

Je siffle et feule encore plus méchamment.

«Dis-moi ce que tu as fait de Nuage Féérique. Maintenant. Et je promets de t’épargner.»

Mon ton, comme le venin acide d’une vipère. Froide comme les plus glaciales nuits d’hiver. Et mes paroles, autant de mensonges.

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MessageSujet: Re: Venom |Ouvert aux Luneux|   Mer 28 Oct - 1:57

Venom. feat. Clan de la Lune & Jeu Macabre
«they used to shout my name now they whisper it»
 

Il rêve. Un beau rêve pour une fois, un songe paisible, la brise caresse son pelage rêche, le parfum de sa terre embaume son corps tout entier, lave Ses blessures, les referme d'un baiser. Il sourit, ferme les yeux, inspire à pleins poumons comme s'il le faisait pour la dernière fois. Tout a un goût d'absolu, de perfection et s'en est presque étrange, il ne comprend pas cette quiétude qu'il n'a jamais connue. D'où peut - elle venir ? Son esprit sait-il seulement ce qu'est la paix ? Soudain la routine revient lui claquer à la figure. Des cris, un nom qui revient sans cesse, il croit entendre Nuage Légendaire, ou est-ce Nuage Ambré ? Une larme Fugitive coule le long de ses mâchoires couturées de cicatrices sans même qu'il s'en apercoive, il s'est réveillé. Le nom hurle à ses oreilles dans le silence. Il se revoit, perché dans un arbre, loin de la haine d'une foule attroupée en contre bas, il observe un petit cadavre sur lequel ceux qui sont désormais des inconnus se penchent, il entend les cris, les pleurs d'une mère dévastée par la rage. Il tente en vain de replonger dans le sommeil, de rattraper les bribes de son rêve qu'il oublie déjà. Pourquoi retient-on les cauchemars quand l'oubli frappe la fantaisie ?

Il est secoué d'un sanglot traitre, il est incapable de le retenir, son corps se soulève plusieurs fois sous la douleur des spasmes retenus. La tanière des guerriers est presque déserte, ils sont tous absents et on ne lui a pas confié la garde. Évidemment ils ne lui font pas confiance, malgré cette soirée ou il a sauvé leur chef et même le cadavre de leur camarade. Mais si cela l’emplit d'amertume il comprend. Lui-même n'aurait jamais accepté un solitaire obscur dans leurs rangs, lorsqu'il avait encore un Clan. Sa Déchéance le prend à la gorge, il a l'impression qu'il descend toujours plus bas, que son errance n'aura pas de fin. C'est ce qu'a voulu Orage Noir, lui donner un avant goût de la Forêt Sombre, du doute permanent, du dénuement le plus total. Je comprend maintenant a-t-il envie de hurler, j'ai retenu la leçon laisse moi en paix. Mais c'est encore un cri qui lui répond, il ressent une colère infinie, un désespoir qui ne peut s'apparenter qu'à un amour inconditionnel. Lui ne connaît pas ce sentiment,  pas vraiment. Mais il le sent au plus profond de son être, la voix brisée lui arrache le coeur. 

Tout le camp doit être réveillé à présent. Mais la sentinelle endormie n'arrête pas la Furie qui y entre. Ce n'est donc pas un ennemi, ce n'est pas le retour de l'assemblée non plus. Jeu Macabre ne bouge pas, n'émet aucun son, il retient son souffle comme lors d'une chasse, il est la proie qui attend la mort. Un coup d'oeil rapide lui permet d'évaluer l'heure, c'est l'aube il est très tôt. Que s'est il passé aux Quatre Chênes ? Il est à deux doigts de bondir sur ses pattes pour aller voir ce qui se trame, pourquoi quelqu'un hurle ainsi. Pourquoi il appelle Nuage Féerique qui est simplement endormie dans la tanière des novices, du moins le suppose-t-il. Mais au moment où il va prendre appui sur son lit de mousse une tornade entre avec fracas chez les guerriers. Elle se dirige vers lui Sans hésiter, il faut dire qu'il est assez isolé et facilement reconnaissable, sa carrure n'est pas passée inaperçue à son arrivée. Pourtant il a feint l'ignorance, a observé les entraînements au combats comme s'il n'y connaissait rien, rongeant son frein pour ne pas dispenser ses conseils.

La tornade le harponne avec une force qu'il croit reconnaître mais qui paraît décuplée. En une seconde il évalue son nouvel adversaire, compare ce qu'il a pu voir. C'est Nuage de Foudre, ce novice talentueux mais arrogant, bourré d'une jeunesse qu'il ne mérite pas. Les chants matinaux se figent tandis que l'autre lui déchire l'épaule et le soulève. L'ancien lieutenant, qui jusque là a tâché de se laisser faire, convaincu qu'il s'agit d'une erreur, ne réfléchit plus , l'autre va trop loin. Il se retourne d'un coup sec l'envoyant bouler. Autour d'eux les guerriers émergent à grand peine, leurs yeux brouillés de sommeil se font immense alors qu'ils réalisent ce qui se passe. Jeu Macabre se hérisse, feu le d'un air menaçant. Il ne veut pas lui faire du mal mais se contrôler en cas d'agression n'a jamais été son fort. D'autant que son assaillant vient de rouvrir une blessure mal cicatrisée. La douleur cuisante le pousse à sortir de la tanière alors que les accusations fusent. Il comprend mieux mais il ne veut pas répondre ces inepties lui ’ paraissent tellement ridicules qu'il préfère se concentrer sur l'important : être à découvert, avoir assez de place pour se défendre, la tanière exiguë ne correspond pas à son terrain de prédilection. Il est à présent sur la grande place du camp, il croit entendre une troupe plus compacte se rapprocher, il se sent comme dans une embuscade, prit au piège dans une situation qu'il ne comprend pas. Étoile de Mystère a dû répandre son Venin dans le coeur des Clans. Il lui en veut atrocement, pas pour sa bêtise, mais parce qu'une autre étoile chère à ses yeux risque de le chasser du domaine de sa confiance, et il s'y refuse. Il interpelle Nuage de Foudre furieusement, ses yeux délavés le tueraient s'ils en avaient le pouvoir. Il a conscience de ressembler à l'assassin qu'il croit voir en lui mais il s'en moque éperdument. Qu'il attaque s'il le veut vraiment, qu'il essaie seulement.

" Surveille ta langue avec le bâtard que je suis et vas plutôt vérifier tes dires avant d'accuser à tort ! Vas la trouver à sa place, paisiblement endormie et viens me répéter ce que tu viens de dire, comme un guerrier !" 

Ses oreilles se couchent sur son crâne. D'autres guerriers reviennent, son coeur est un tambour de guerre, le soleil qui illumine document l'horizon un glas, une sentence. 

"Je refuse qu'on mette en doute mon honneur sur la base des mensonges d'une illuminée aveugle !"



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MessageSujet: Re: Venom |Ouvert aux Luneux|   Mer 28 Oct - 20:58

Venom
Trop difficile. De se croire invincible pendant près de douze lunes, jusqu’à cet instant cruel qui se dessine, celui où toutes ces craintes que j’ai tues pendant tout ce temps prennent un visage, un pelage, une carrure, une aspiration. Celle de me détruire, par l’annihilation de mes proches, un à un ils devront passer sous ses longues griffes que je me suis pris à admirer, un à un il se penchera sur leur corps pour les regarder mourir, un à un, il va me les arracher jusqu’au dernier. Ce chat sans nom, portant sur ses épaules musculeuses le poids de ma haine, n’a qu’un souhait, celui de me déraciner, de m’emporter dans un néant devant lequel je n’ai plus aucun repère. Asphyxiée par ma rage, l’odeur de ma peur, de la souffrance insurmontable qui habite mon corps, s’agrippe à mon pelage humide de sueur. Il se contente de quitter la tanière visiblement en douleur suite à ma morsure impromptue et spontanée, décidé à ignorer celui qui dans toute sa rage et sa peine s’est mesuré à lui. La mort palpite sous mon crâne déchaîné, la violence comme un feu ardent dans mes veines, une pulsion que seul un sang frais et vengeur pourrait assouvir. Je m’élance à sa poursuite, le corps brisé d’une fatigue dont je n’ai plus le loisir de me soucier. Déconnecté à la dérive, à la poursuite d’une ombre fugace s’agitant sous mon nez. Estropié par le poids de tout ce que j’ai tu pendant si longtemps, trop longtemps.

Je ne serai jamais à la hauteur de mes tristes attentes. Jamais assez fort. Jamais assez rapide. Jamais assez ponctuel, assez serviable, assez utile. Je n’ai toujours été qu’une poignée de mensonges, un nuage de fumée plutôt qu’un véritable orage. Un masque ayant berné tous mes proches, m’ayant tout aussi illusionné. Je n’en peux plus de jouer ce personnage, celui qu’on croit inatteignable, je n’en peux plus de me mentir. Mes attentes, impossible à combler. Je ne serai jamais assez fort pour tous les sauver, j’ai déjà failli à Nuage Féérique. Combien d’autres devront souffrir de ma faiblesse? L’envie me prend de hurler. Et lui comme un miroir, me revoie le reflet de mes propres insécurités, lui pour me rappeler ma propre insignifiance. J’ai presque envie de ses griffes, de sa fureur, de sa force contre mon corps, j’ai presque envie qu’il me déchire les entrailles et ne m’arrache la jugulaire. Je préférerais mourir que de devoir affronter ce qu’il représente à mes yeux une seule minute de plus. Je n’entends pas même ses mots, ses mensonges futiles alors qu’il nie l’assassinat d’une douce enfant, d’un cocon de rêves, d’amour et de liberté. Je n’entends plus rien que le pouls de ma propre rage contre ma cage thoracique comme le grondement condamnant du tonnerre.

«Je préfère être un chaton plutôt qu’un meurtrier sans le moindre cœur. Qu'est-ce que ça fait de tuer des innocents, Jeu Macabre? As-tu ri sur leurs cadavres brisés? T'es-tu pourléché les babines rouges, rouges du sang de tes victimes?»

Et j’ignore quand je me suis mis à pleurer. Trop tôt ou trop tard. Je n’en ai plus conscience vraiment. Je me contente de laisser parler ce corps assoiffé de sa misère, me ruant à nouveau sur lui dans le seul espoir, un seul espoir qui insiste comme un coup de foudre contre le sable. Celui de le tuer. Je veux le tuer, je veux le tuer, je veux que tout ceci cesse. Je veux qu’ils soient tous saufs. Je me déchaîne contre lui sans la moindre précision, pantin désarticulé passé aux mains de ma propre fureur. Et sous mon crâne, les voix insistent, les vois me rappellent à quel point tout ceci est futile, inutile. Et qu’à la fin je serai toujours aussi seul.

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MessageSujet: Re: Venom |Ouvert aux Luneux|   Mer 28 Oct - 21:45

Nuage d'Eclipse & Belle de Jour

Ils courent. Le frère devant, distançant de plusieurs longueurs de queue sa jumelle qui tente de le suivre tant bien que mal. Plus petite & moins puissante que lui, elle peine plus à se faufiler dans les herbes hautes, entre les ronces qu'il franchit ; elle pourrait passer par un autre chemin plus facile, car deviner sa destination n'est pas difficile, mais son esprit à elle est troublé également, & elle ne doit qu'au fait de l'avoir suivi presque instinctivement de ne pas s'être jetée avec la même panique sur un autre territoire, un territoire ennemi cette fois. Elle ne doit d'avoir évité cette imprudence qu'à son besoin irrépressible de se trouver aux côtés du seul capable d'apaiser sa peur par son unique présence, du seul auprès duquel elle saura retrouver un peu ses esprits ; si seulement elle parvient à le rejoindre sans se tuer en route, du moins, car ce n'est que de peu qu'elle a évité de passer sous les roues d'un Monstre des Bipèdes, alors qu'elle se déchirait les coussinets à courir plus vite que jamais sur le Chemin du Tonnerre. Car ce n'est que de peu qu'elle ne s'est pas arraché la fourrure dans les ronces qu'elle a traversées à la suite de son frère, ou qu'elle ne s'est pas étranglée dans les brins d'herbes hautes emmêlés par leur passage précipité. Mais elle a trop besoin de lui pour se préoccuper du reste, trop besoin de le suivre afin de ne pas courir en sens inverse sur un territoire qui ne lui apporterait que des soucis, seulement pour s'assurer la survie d'un félin dont elle ne devrait pas s'inquiéter & dont la mort aurait été annoncée par sa mère meneuse en même temps que celle de sa sœur si elle avait été réalité. Voilà le seul point de rationalité auquel peut encore se raccrocher la petite femelle, la seule chose certaine qu'elle agrippe de toute la force de son esprit troublé pour ne pas rebrousser chemin, & rester sur les traces de son frère. Tout en tentant de chasser de ses pensées tout ce qui n'est pas son frère.

A sa suite, sous le regard de l'Etoile qui marche invisible à leurs côtés en tentant vaille que vaille de repousser les ombres qui se sont emparées du mâle rendu fou de colère & de chagrin, l'apprentie tigrée déboule telle une furie dans le camp ; mais pas à cause de la rage paniquée dans son cas, juste victime du contrecoup de l'affolement le plus total qui soit. Agitée, elle ne peut tenir en place, tourne en rond sur un même point, avant de se figer brusquement alors que ses yeux lui montrent la scène qui se déroule au cœur de la clairière servant de refuge au Clan de la Lune. Ebahie. Interdite devant ce matou qu'elle connaît par cœur, mais qu'elle ne reconnait pas en cet instant tant sa colère ravageuse & les mots sournois de mille voix inconnus se sont emparés de son être. Toutes griffes dehors, sans préavis & sans se soucier de ceux qui les entourent, il se jette sur le guerrier déchu accusé par son ancienne meneuse de meurtre ; qu'Eclipse avait presque oublié avec tout ce qui vient d'arriver, mais qui était visiblement la cause de la terreur affolée de son frère, & la raison pour laquelle il appelait Nuage Féérique avec tant d'acharnement sur tout le trajet du retour. Choquée & encore incapable de réagir, tant à cause de cette scène improbable montre d'une violence inconnue chez son frère que du contrecoup de ce qui est arrivé lors de l'Assemblée ; la survenue de ces sombres Etoiles que Belle de Jour combat avec acharnement aux portes de l'esprit tourmenté de son neveu, dont elles se sont emparées sournoisement tandis que sa protectrice aidait sa jumelle trop perspicace pour eux à soutenir leurs assauts. Devant ses yeux qui voient à peine la scène tant elle se concentre à affronter ceux qui tentent de l'empêcher de s'adresser à Nuage de Foudre, ce dernier s'énerve, crie & feule lorsque le vétéran le repousse vertement en se défendant de ses accusations, & que les félins restés au camp commencent à murmurer ; & Nuage d'Eclipse demeure immobile, tétanisée, quelques secondes encore. & puis tout s'enchaîne, vivement & violemment.

Elle ne réfléchit pas. Elle ne réfléchit plus. Dès l'instant où elle a vu son frère exploser, oublier toute notion de justice & de hiérarchie clanique pour simplement agresser le réfugié qu'Etoile Destinée & leur mère voudront forcément interroger, son esprit s'est arrêté. Oubliée, pour quelques instants tout du moins, sa panique à l'idée que Nuage de l'Ours ait été une victime de ces meurtres dont on accuse le vétéran. Oubliée, sa terreur profonde quant au fait qu'il puisse encore être blessé, tué, à tout instant car la vie est si fragile. Elle est choquée, tétanisée tout simplement, par la folie qui semble s'être emparée de son frère qu'elle ne reconnaît pas. Il n'est pas lui-même, voilà la seule chose qui tourbillonne dans son esprit embrouillé presque autant que celui du mâle qui est comme son double. Même fou de chagrin, même si Nuage Féérique était réellement blessée ou même morte, il n'aurait pas réagi avec une telle haine, une telle hargne féroce ; elle le sait, car elle le connait. De base il n'aurait pas réagi du tout sans avoir eu une preuve formelle, car il n'aurait pas su croire à la perte de celle qu'il aime si tendrement sans l'avoir vue inerte & sans vie de ses propres yeux. Il y a quelque chose de plus, quelque chose qui s'est emparé de lui pour le convaincre d'un fait non avéré, amplifier ses émotions, sa terreur, sa colère, & le jeter sans réfléchir un seul instant sur celui qui lui est désigné comme coupable d'un crime qu'il n'a même pas cherché à vérifier. & alors qu'il s'élance de nouveau, prêt à commettre l'irréparable sans même avoir écouté la pauvre défense pourtant censée de celui qu'il accuse avec telle virulence, les pattes de la petite apprentie tigrée se remettent soudainement en mouvement, sous le coup d'une impulsion brutale. Sans réfléchir une seule seconde à la portée de son geste. Elle ne songe plus qu'à son frère jumeau, qui s'apprête à commettre la pire erreur de sa vie : voler celle d'un autre félin de sang froid, sans aucune forme de procès.

Soudainement, elle n'est plus seule. A ses côtés, pressant leurs fourrures contre la sienne & lui prêtant leurs forces, se dressent deux vétérans tout aussi invisibles qu'elle ; son père, Plume Rousse, & un ancien guerrier du Tonnerre avec qui elle s'entend assez bien, Griffe de Lierre. A eux deux, ils l'aident à lutter contre ces vils félins de la Forêt Noire qui embrouillent tant l'esprit de son jeune protégé, son cher neveu. Une seconde plus tard à peine, celui-ci s'élance sans crier gare, fou de rage, prêt à porter le coup de grâce si l'occasion lui en est donnée. Une poussée d'adrénaline s'empare de son corps défunt, & un cri s'échappe alors de sa gorge, identique à celui d'une autre femelle s'étant élancée en même temps que lui ; mais lui seul pourra distinguer cette deuxième voix faisant écho à celle de sa sœur, & apercevoir la silhouette immaculée d'une femelle blanche aux yeux bleu-ciel qui parait quelques instants à peine derrière celui qu'il veut frapper avec tant de hargne.

- NON!

Il est évident que la vivante a poussé ce cri exclusivement à l'adresse de son frère prêt à commettre l'irréparable, mais qu'en est-il de la défunte? Est-ce uniquement pour cela, dans l'urgence de cette situation, ou aussi en rapport avec sa nièce qui vient de se jeter littéralement sous les griffes de l'apprenti rendu fou par les murmures de la Forêt Noire? Dans tous les cas, sa voix -audible de celui qu'elle tente désespérément d'atteindre pour le rappeler à la réalité- est emplie de détresse. & elle ne peut qu'observer avec horreur, incapable de retenir sa patte puisqu'elle a tout juste pu lui faire entendre un cri & apercevoir sa silhouette un instant, la scène des griffes du jeune mâle s'abattant inexorablement sur sa sœur jumelle venue s'interposer sans réfléchir. Juste pour l'empêcher de se compromettre.

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MessageSujet: Re: Venom |Ouvert aux Luneux|   Mer 11 Nov - 19:38

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ft. Jeu Macabre, Nuage de Foudre, Nuage d'Eclipse & Moonclan


Son cœur tambourine dans sa poitrine, c'est un ouragan dans son esprit. Tout est confus, tout se mélange, la forêt fait place à la plaine, la peur se mue en terreur. Elle accélère sans même s'en rendre compte tant le sentiment d'urgence la presse à avancer. Ses pattes touchent à peine le sol, elle file tel le vent vers ce qu'elle sait être sa destinée et qu'elle redoute pourtant. Et durant sa course folle, elle se surprend à prier une fois de plus alors même qu'elle doute être écoutée. Clan des Étoiles, si vous m'entendez, si vous êtes encore là-haut quelque part, faites que je n'arrive pas trop tard. Faites qu'il n'ait rien. Faites qu'il soit sauf, je vous en supplie... Faites que Jeu Macabre ne soit pas en danger. Car c'est bien ce qu'elle pense à cet instant, c'est bien lui qu'elle souhaite protéger contre toute rationalité. Lui que tout accuse et qu'elle ne parvient pas à haïr pour autant. Qu'a-t-il fait pour mériter sa confiance ? Elle aimerait pouvoir assurer qu'elle le sait innocent, qu'elle a l'intime conviction qu'il n'est pas l'assassin que l'on prétend, cela elle le souhaiterait de toute son âme... mais voilà, il faut croire que son âme est aussi pervertie que ses crimes à lui et qu'elle est déjà perdue.

Elle arrive au camp juste à temps pour apercevoir Nuage d’Éclipse se jeter entre deux félins en plein combat, et elle se fige l'espace d'un instant en reconnaissant le pelage fourni du jumeau de celle-ci, et de l'autre côté... Jeu Macabre. Elle n'a pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre que le novice s'est volatilisé avant la fin de l'Assemblée dans le but de confronter l'ancien lieutenant désormais démasqué ; elle aurait fait de même si son statut de meneuse ne l'avait pas obligée à rester jusqu'à la fin de la nuit. Pourquoi il a réagi avec autant de fougue, cela reste un mystère mais elle n'a pas le temps de s'interroger. Bien qu'elle ait confié la tête du clan à Belle de Nuit afin de se précipiter au camp, ces derniers ne tarderont pas et elle préfèrerait que la situation soit réglée avant qu'ils n'arrivent ; autant ne pas semer la panique dans les rangs de ses guerriers déjà éprouvés par les épreuves de la nuit. Sans hésiter, donc, elle bondit en direction des deux félins qui se font face au centre de la clairière, tel un éclair blanc et noir.

« Assez ! » sa voix tonne comme un coup de tonnerre, l'air semble vibrer autour d'elle. Tout son corps est soudain agité d'une énergie nouvelle que lui insufflent sa peur et sa colère mêlées, et qui lui donne la force nécessaire pour attraper le cou Nuage de Foudre de ses crocs et de l'éloigner d'un mouvement sec de la tête. Ce geste est effectué sans la moindre douceur, et l'apprenti pourtant robuste est projeté dans les airs avec plus de violence qu'elle ne l'aurait souhaité. Il sera temps de s'occuper de lui plus tard cependant ; pour le moment, son regard rongé par l'inquiétude se pose sur le corps de la pauvre Nuage d’Éclipse blessée après s'être interposée. La meneuse prend le temps de  s'assurer que celle-ci n'est pas en trop grand danger avant de relever finalement la tête. Le moment qu'elle a tant redouté tout en le sachant inexorable est enfin arrivé ; il est là, il lui fait face, et son cœur rate un battement. Elle se sent étrangement vulnérable tout à coup, malgré l'adrénaline qui fait vibrer tout son être, malgré ces tambours qui hurlent dans son crâne et qui pendant un instant la pousseraient presque à se jeter sur lui de toute la violence de ses émotions.

Elle le fixe, son regard croise le sien et le soutient pendant quelques secondes qui s'écoulent comme une éternité. Toute sa souffrance est exprimée dans ce regard, on peut déjà y voir le gouffre béant qui la guette une fois de plus, quelque chose s'est brisé en elle dont elle ignorait pourtant l'existence. Je te faisais confiance, semblent crier ses yeux d'ordinaire si froids, je te faisais confiance et tout ça pour quoi ? Si Étoile de Mystère dit vrai, alors c'est un traître en plus d'être un assassin. Si Étoile de Mystère dit vrai, alors il est un danger pour son clan et son devoir, sa prudence, son bon sens même l'obligent à le condamner. Et le ciel sait à quel point cela lui serait insupportable, à quel point elle en souffre d'avance. Plus que tout c'est peut-être la honte d'avoir été si facilement trompée qui la submerge. Sa voix est rauque lorsqu'elle s'adresse enfin à lui, elle est à nouveau la reine et lui le spectre aperçu sous la pluie. « Explique-toi. » ordonne-t-elle simplement, la gorge serrée, incapable d'en dire plus.
Par pitié, montre-moi que j'ai tord.

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Dernière édition par Étoile Destinée le Dim 15 Nov - 18:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Venom |Ouvert aux Luneux|   Dim 15 Nov - 1:59

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«If I could take all this pain away
Use the rage of our youth today
Whose to say that it's you to blame
It's the people above you The ones who say that they love you » HU Pain.
 

Je ne suis pas fou, je ne suis pas fou. Je ne suis pas fou. Répètes ces mots comme une prière, essaies d'y croire et d'y planter tes crocs, ne laisse pas ces mots t'échapper, c'est la raison qui s'échapperait.

«Je préfère être un chaton plutôt qu’un meurtrier sans le moindre cœur. Qu'est-ce que ça fait de tuer des innocents, Jeu Macabre? As-tu ri sur leurs cadavres brisés? T'es-tu pourléché les babines rouges, rouges du sang de tes victimes?»

Il ne peut que se demander pourquoi il ne va pas vérifier par lui-même que Nuage Féerique va bien. Il ne l'aurait jamais touché, pas plus qu'il n'a touché Nuage Légendaire. Il est presque amusé de ce soudain intérêt qu'on porte à la petite de l'Ombre, eux qui ne connaissaient même pas son existence quelques heures plus tôt. L'ironie de la situation lui donne envie de rire de son rire jaune qui ne le quitte plus, de se sourire brisé qu'il cultive un peu plus chaque jour. Il est le jardin de plaisir de son frère absent, que personne ne connaît, auquel personne ne pense, pourtant il est bien là qui joue avec lui comme avec un pantin, il voudrait couper les ficelles qui l'entravent, l'étranglent. Mais il ne peut agir, pas plus que les étoiles, et l'idée de sa foi dévastée lui serre l'estomac, plus encore que la douleur de sa blessure, plus encore que l'odeur du sang. Elle ne le prend plus à la gorge, qu'est-ce qu'un peu de sang après tout ? Il va répliquer, se défendre de toute son âme, de tout son cœur meurtri mais n'a pas le temps de le faire. Personne ne lui accorde jamais de procès, peut-être est-ce dû à son visage, le visage couturé de la violence en personne, ou bien à ses yeux effacés comme deux linceuls verts, ou peut-être que le sort s'acharne, que tout était écrit, qu'après tout il leur faut bien un coupable. Il est le réceptacle de tous les maux du monde, une boîte de pandore qu'on essaie de refermer avec force.

En un éclair l'apprenti est sur lui qui déverse toute sa haine et sa rage, comme si chaque déconvenue de la vie lui revenait en mémoire et que Jeu Macabre en était soudain le responsable.  Il essaie de se forcer à ne pas riposter mais au moment où l'apprenti va s'abattre sur lui son pouls s'emballe comme un cheval lancé au galop, personne, jamais, ne l'empêchera de se défendre, personne ne l'exécutera comme un chien. Les crocs, comme des rasoirs, se découvrent mais un ange les sauve tous deux de leur folie et de leur peine. C'est sa sœur, la sœur de Nuage de Foudre qui s'interpose. Jeu Macabre ne comprend pas, pourquoi l'aider ? Et puis il réalise, ce n'est pas lui qu'elle aide, c'est son frère, c'est sa réputation, sa conscience, lui n'existe même pas. L'a-t-elle seulement vu ? Nuage de Foudre la blesse et l'ancien lieutenant s'attend déjà à sa réaction honteuse et horrifiée, malgré la superficialité de la plaie.

Et puis soudain tout s'effondre, tout vole en éclats. Combien de fois sa vie a-t-elle basculé ? Pourquoi est-il toujours là ? Y a-t-il un but, une raison à tout cela ? Tout lui paraît absurde, absurde ce combat, absurde Nuage de Foudre propulsé sur le côté, absurde son besoin d'aller en découdre, son pelage toujours hérissé, absurde la présence d’Étoile Destinée. Pourtant il a beau cligner des yeux, secouer la tête, elle est bien là, ce n'est pas un rêve. C'est risible comme il l'admire encore, comme la puissance de sa colère l'impressionne, comme son inquiétude lui retourne les entrailles. Il aimerait croire qu'elle est là pour lui, qu'elle aussi l'apprécie au-delà du raisonnable, qu'elle veut l'aider. Mais lorsqu'elle lui fait face comme ce soir là sous la pluie, son regard le déchire. Ses yeux gris dévorent la moindre parcelle de sa peau, jugent tout son être, il a le sentiment qu'elle voudrait l'effacer. Il veut s'approcher lorsqu'elle lui adresse la parole, rétablir un contact, mais non loin derrière elle apparaît le regard glacial de Voleur de Sourires qui vient d'arriver, il a couru comme s'il avait eu le diable à ses trousses, pour soutenir sa meneuse, parce que lui en a le droit.

« Explique toi »

Elle lui laisse une chance infime, elle défie le bon sens pour le laisser parler et sa reconnaissance n'a pas de borne. Mais ses yeux, ses yeux si terribles.. Il serre les dents pour retenir ses larmes. Il est si fatigué ! Personne ne le croira, il ne se doute pas un instant de ce qui vient de se passer, il ne se doute pas que la forêt vient d'être ébranlée dans son essence, dans son cycle.
Il tremble, perd ses mots qui n'ont jamais pu être prononcés, par où commencer lorsqu'on a essayé d'effacer ses souvenirs, de renaître ? Mais il n'y a pas eu de renaissance, rien que des cendres et un goût amer au fond de la gorge. Il ne reconnaît pas sa voix lorsqu'elle se brise, emplissant la clairière comme un millier de lames. Avouer ses crimes lui coûte plus qu'il ne l'aurait jamais imaginé. Il voudrait mourir à cet instant, mourir plutôt que de prononcer ces mots qui égorgent son honneur. Il se détourne un instant, fixe la sortie et imagine. Imagine s'enfuir, pour toujours, laisser l'Ombre, laisser la Lune, laisser la forêt. Et puis des prunelles bleues lui reviennent en mémoire, sa confiance bafouée, et son besoin de savoir.

« J'avais un frère, dit-il avec difficulté alors qu'il la regarde de nouveau dans les yeux. Elle et rien qu'elle, car elle seule est digne de l'entendre.
Orage Noir. J'avais un frère et je l'ai tué parce que ce... parce que mon petit frère était fou, parce que le sang lui évoquait plus de choses que l'amour. Je l'ai tué et personne n'en a jamais rien su. Et puis il est revenu, par goût de la vengeance, je ne sais pas comment mais il était là comme je te vois, il me disait des choses... des choses atroces. Et mon corps ne m'a plus appartenu, j'ai attaqué Nuage de l'Ours, j'avais envie de le faire. Mais je le jure, je le jure sur ma vie puisque c'est tout ce qui me reste, ce n'était pas moi. Je n'ai pas pu sauver Nuage Légendaire. J'étais là, je la repoussais, j'étais là et lorsqu'elle est tombée je n'ai rien pu faire, rien ! Je l'ai ramenée, je l'ai.. »



Jeu Macabre pleure, le lâche, le bourreau, le Fratricide.


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MessageSujet: Re: Venom |Ouvert aux Luneux|   Sam 28 Nov - 16:04

Venom
Le temps s’est figé dans une erreur. Non réalisée, non assumée. Une erreur qui à jamais changera le visage de mon existence, mon rapport à ce monde et à moi-même. Une erreur que je ne me pardonnerai probablement jamais, qui me suivra telle une ombre insidieuse aux instants les plus sombres de la nuit. Sous le soleil de l’aube j’ai décidé, sous l’effet combiné de la colère et du ressentiment, de tuer un autre être vivant pour assouvir les élans d’une rage qui dépasse tout entendement, toute raison. Ce corps se trouve transporté dans un cri, un cri sauvage, un cri de douleur et de peine, un cri sans indulgence et sans raison d’être. La fureur me guetta toujours, j’imagine, à mes heures perdues, résultat d’une faiblesse dont je peine encore à prendre conscience et encore moins à accepter, une violence profondément enfouie en moi, bien réelle, destructrice, une part de moi que je découvre et qui m’effraie de par sa puissance. Alors que je me jette, corps et âme, contre cet ennemi sans visage, je ne retiens plus cette force innée affilée par un entraînement où j’ai pris place avec une rigueur assidue, je ne retiens plus l’éclat de mon regard et encore moins l’arc mortel de ma patte, dirigée vers la gorge palpitante de mon adversaire. Je veux sa mort, son sang, sa vie qui me file entre les griffes. Je veux le voir étendu dans sa propre misère, celle qu’il m’aura causée. Un sentiment tel qu’il me déchire les tripes, ouvre ma propre gorge d’une sensation méprisante. Et les voix. Les voix insistent. Faisant de moi un pantin désarticulé, esclave à leurs sombres desseins.

Puis une autre. Elle s’élève dans un murmure d’espérance qui parvient à m’égarer assez longtemps pour me retenir de commettre l’irréparable, sans toutefois arrêter mon geste. Devant moi, un éclair de fourrure tigrée, trop tard. Trop tard, la patte destructrice s’abat contre elle avec une force considérable, la blessant au passage. Ce petit corps aimé, celui que j’avais juré de protéger jusqu’à mon dernier souffle, ma moitié, mon âme, ma sœur. Un coup de tonnerre, une nouvelle voix dans le tumulte qui s’agite en moi. On m’agrippe alors qu’elle tombe dans un ralenti écoeurant, sous mon regard meurtri. Affolé, impuissant devant ma propre faiblesse qui vient de me causer une peine inimaginable. Je souffle encore et encore ma négation, jusqu’à qu’une paire de crocs se referme contre ma gorge pour en faire taire les lamentations, pour me jeter brutalement contre un sol où je viens m’affaisser sans la moindre vie, sans la moindre envie, avec comme seule perspective celle de mourir. Le regard vide, de me laisse choir contre la terre, cette erreur comme un fer rouge contre ma peau. J’ai fait du mal à ma sœur. Je me suis trahi sur tout ce que je suis, tout ce que j’ai toujours incarné. J’ai fait du mal à l’être le plus cher de mon existence, celle pour qui je suis convaincu d’exister. Eclipse.

C’est terminé. Tout est terminé. Plus rien ne fait de sens désormais. Je tente de me raccrocher à ces principes bafoués qui ont mené mes actions jusqu’à présent. À quoi bon? Je suis un meurtrier. Je l’aurais fait, je l’aurais déchiré en miettes, me serait abreuvé de son sang et aurait ri de sa vie le quittant lentement. À quoi bon? Protéger les miens de moi-même, une décision prise dès cet instant, celle de partir loin, très loin d’eux. J’en oublie ma colère, j’en oublie ces voix venues à ma rescousse des tréfonds des étoiles pour me sauver de ma propre folie. Personne ne peut me protéger de moi-même. Et ce traitre, on l’interroge, il tremble comme la dernière feuille du chêne à l’automne, prêt à s’effondrer devant le regard impérial de notre Chef. Je n’ai plus la force d’écouter ses rengaines. Je reste ainsi, couché contre le sol, à fixer le vide, à seulement implorer d’une voix, celle d’un mourant.

«Ma sœur… aidez ma sœur.»

Car je ne peux plus l’approcher ou même affronter son regard. Je ne peux pas… Me mesurer à sa déception, à sa haine. Encore moins à son amour. Plus maintenant que j’en ai perdu tout mérite. Je repose ma tête et ferme les yeux, en priant de toutes mes forces pour que ces ombres m’ayant étreint ne viennent m’achever, faire cesser les battements de ce cœur qui s’enfonce dans les ténèbres.

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MessageSujet: Re: Venom |Ouvert aux Luneux|   Jeu 31 Déc - 4:15

Ils se font face, et à les voir ainsi on pourrait les croire interrompus au milieu d'un affrontement. Celui qui tue et celle qui pardonne, celui qui se repend et celle qui abandonne. Elle a l'impression de le redécouvrir, mais l'a-t-elle seulement déjà connu ? Son corps noueux est prêt à rendre les coups, à se battre jusqu'au bout alors même que l'issue du combat est certaine, car il est seul contre un clan tout entier ; même là elle admire son courage, cette volonté sauvage, de vivre, un pur instinct animal. Mais derrière cette armure de guerrier elle discerne sa détresse presque palpable même si elle est loin de s'apercevoir qu'elle en est la source. Pendant un instant elle le voit tel que tous les autres le voient, un étranger aux cicatrices nombreuses, témoins d'affrontements plus anciens, une machine de guerre. Et cela la déstabilise plus que tout. Après tout, que sait-elle réellement de lui ? Longtemps elle s'est voilé la face, comme si son passé n'avait pas d'importance, comme si seul comptait cette incompréhensible attraction qui la poussait vers lui, ce besoin de le sentir vivant près d'elle, ce vertige qui la prend lorsque leurs regards se croisent... Mais là, à cet instant précis, que voit-elle ? Un guerrier de l'Ombre, un ennemi, un assassin. Son visage aux traits taillés dans la pierre qui la fascinait tant l'effraie à présent, elle n'y voit plus qu'un masque impassible, et elle voudrait le voir se fissurer, disparaître, pour voir celui lui se cache derrière. Le connaître, enfin.

En un battement de cœur ses perceptions se sont réduites à l'univers que Jeu Macabre semble constituer à lui seul, elle ne voit plus que lui, lui, lui. Sa voix rauque la capture aussitôt, ses yeux sont des trous noirs qui l'attirent inexorablement et elle ne peut s'en défaire, c'est impossible. Elle s'aperçoit à peine de la présence de Voleur de Sourires derrière elle, probablement essoufflé de sa course folle, qui pourtant l'a réconfortée lorsqu'elle en avait besoin, même le désespoir de Nuage de Foudre ne parvient pas à l'atteindre. C'est ingrat mais elle n'y peut rien ; le monde extérieur disparaît. Il n'y a plus que lui, lui et ses péchés, lui et ses remords. Elle l'écoute en silence, captivée, et à mesure qu'il parle ses dernières certitudes vacillent et s'écroulent. Ô s'il savait... elle aussi est hantée, elle aussi perd la raison, elle aussi se sent glisser dans un abysse sans fond. Elle le comprend probablement mieux que quiconque, et pourtant elle ne peut réprimer un frisson devant l'exposé implacable de ses crimes. Nuage de l'Ours, le nom lui est vaguement familier... oui, le fils d’Étoile de Mystère. Le sien ? La suggestion est vertigineuse. Mais elle n'ose demander davantage, car ce secret est le sien, et le dernier qu'elle partagerait, même avec lui. Il avoue le meurtre de son frère mais c'est bien le seul dont il se dise coupable contrairement aux accusations d’Étoile de Mystère ; serait-ce possible qu'Orage Noir ait pris le contrôle de son corps, comme Jeu d'Ombres prend parfois possession de son esprit à elle ? Elle reste muette mais est déjà persuadée, parce qu'au fond elle ne demande qu'à le croire. Placer sa foi en lui plutôt qu'en des étoiles à l'éclat trompeur.

Sa gorge se serre lorsqu'elle voit son visage enfin se fissurer mais la victoire est amère ; elle se retient du moindre geste, mais rester de marbre alors que ses larmes l'appellent lui est tout aussi douloureux. Elle voudrait s'approcher de lui jusqu'à sentir son parfum de pluie, fermer les yeux et laisser le monde derrière elle, elle voudrait lui confier ses secrets, partager son fardeau, lui dire qu'elle comprend, qu'elle pardonne. Les mots lui échappent dans un murmure, fragiles, mais ce sont les seuls qu'elle ose lui offrir pour le moment. « Je te crois, souffle-t-elle doucement. J'ai moi aussi un frère. » Puis, aux quelques guerriers qui s'étaient approchés, attirés par la clameur d'un combat avorté et qui formaient désormais un cercle restreint autour d'eux, d'une voix plus forte : « Regagnez vos tanières, dormez sans crainte. Le soleil se lève à peine. » Pour elle cependant, dormir est inenvisageable et le jour nouveau s'annonce aussi éprouvante que la nuit.

Pour la première fois depuis qu'elle est rentrée au camp, son attention se pose avec lucidité sur Nuage de Foudre qui gît à quelques pas. Ses yeux s'écarquillent, il lui faut un instant avant de se souvenir que c'est elle même qui l'a écarté avec violence, et craint un instant de l'avoir blessé ; mais à sa plainte, à peine audible, elle comprend que sa douleur est toute autre. Comme si la vie de sa jumelle lui importait plus que la sienne, ce qui est probablement vraie. Un instant elle se demande s'il y aura un jour quelqu'un qui comptera à ce point pour elle, quelqu'un qu'elle aimera au-delà du rationnel. Quelqu'un pour qui elle n'hésiterait pas à défier les monstres sur le chemin du tonnerre. Mais aussitôt que cette chimère naît dans son esprit qu'elle secoue la tête comme pour chasser des gouttes de pluie invisibles.

Parvenue aux côtés du novice éprouvé, elle se penche au-dessus de lui telle une ombre bienveillante. « Nuage de Foudre, l'appelle-t-elle d'une voix douce, relève-toi. » Le voir dans un tel état d'abattement lui est curieusement insupportable, lui qui se montre d'ordinaire si déterminé et plein de volonté. La nécessité de reprendre la situation en main lui apparaît plus nette que jamais ; à peine a-t-elle commencé à réfléchir que son regard s'égare et rencontre celui dont elle a besoin une fois de plus... « Voleur de Sourires. » Comme une évidence. « Va chercher Poussière de Lune je t'en prie, il faut qu'elle examine Nuage d’Éclipse et son frère. Eux seuls ainsi que Belle de Nuit seront autorisés à entrer dans ma tanière, ils ont droit à des explications. » Elle a le sentiment de pouvoir compter sur lui en toutes circonstances et n'éprouve aucun doute quant à sa loyauté ; peut-être se trompe-t-elle, car le guerrier n'est pas connu pour sa discipline, mais elle a l'intime conviction qu'il ne s'en prendra pas à Jeu Macabre tant que celui-ci sera sous sa protection. En se tournant vers celui-ci, elle hésite soudain, doutant que l'un comme l'autre ait la force de jouer les rôles qui leur incombent, celui de juge et d'accusé.

« Jeu Macabre – puisque tel est ton nom – je t'ai accordé l'asile et je ne reviendrai pas sur ma promesse. Aucun mal ne te sera fait par aucun de mes guerriers. Mais j'ai besoin de comprendre. » A ces mots seulement elle pose les yeux sur lui, néanmoins pas tout à fait prête à affronter l'expression de son visage ravagé et la preuve de sa vulnérabilité qu'elle a aperçue tout à l'heure. Alors elle frissonne et, incapable d'émettre le moindre mot supplémentaire, l'invite à la suivre dans le refuge que constitue sa tanière, à l'abri de ce monde qui les bouscule, à l'abri de cette lumière qui dévoile les âmes bien plus crûment qu'elle ne l'aurait voulu. Là, elle aimerait simplement pouvoir se coucher, glisser lentement dans le sommeil, vers l'oubli, mais au lieu de cela elle se force à parler, et chaque mot est une blessure ouverte. « Ce soir, à l'Assemblée... je les ai vues. Les Étoiles Noires. Les spectres. Ils ont parlé, dit des choses affreuses, des choses... Et j'ai vu, je t'ai vu, comme un meurtrier, mais ça n'avait aucun sens... Mais peut-être que tu avais raison, que les Étoiles sont aussi cruelles et insensibles que tu le disais, peut-être nous regardent-elles et tout cela n'est qu'un jeu pour elles. » Elle s'interrompt, tente d'apaiser les battements de son cœur, en vain. « Qu'allons-nous faire ? Que pouvons-nous faire si ce n'est leur demander pardon ? » Et dans ce « nous » lâché comme par mégarde, sans y penser, il y a toute son angoisse, son sentiment d'impuissance, mais aussi cette foi qu'elle a aveuglément placée en lui.

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MessageSujet: Re: Venom |Ouvert aux Luneux|   Mar 16 Fév - 1:23

Venom. feat. Clan de la Lune & Jeu Macabre
«Go ahead and cry little girl» TN.
 

Elle le croit. Elle prend le poids du monde qui pesait sur ses épaules et le jette au loin, comme s'il s'agissait d'une plume. Pourtant il veut plus, il la voudrait elle, sa chaleur et son parfum lunaire, tout ce qui fait qu'elle ne peut lui appartenir, tout ce qui l'attire depuis qu'il l'a aperçue sous la pluie, agrippée à un cadavre comme l'enfant à sa mère, l'âme en peine à l'espoir. Lui à ses souvenirs. Étoile Destinée est un miroir, mais un miroir souriant. Elle aussi a un frère, est-il revenu ? Tous leurs frères se sont-ils ligués contre eux ? Le sang appelle le sang lui a-t-on dit. Soudain, alors qu'il la regarde à travers son masque fendu, son masque de courage, celui qu'il n'a plus, simplement rattachée par des ficelles de rage, alors qu'il la regarde elle redevient étoile, autorité. Les guerriers s'écartent à la demande. Il songe. Que s'est-il passé cette nuit ?

Elle l'oublie pour couver l'apprenti arrogant du regard. Lui aussi l'observe, il vient d'agresser sa propre sœur, dans sa soif de vengeance inutile. Pourtant il ne lui en veut pas vraiment, il aurait sûrement agit de même. Mais de lui elle s'approche, de lui elle s'inquiète. Et Jeu Macabre, loin de s'imaginer qu'elle aussi ressent cette étrange attirance, comme si leurs âmes étaient deux aimants, Jeu Macabre lui désespère de n'être qu'un être repoussant, un parasite venu troubler la paix de son Clan, rien d'autre qu'un déchet peu digne d'attention. Il se hait de raisonner comme s'il avait huit lunes, comme si la vie était encore devant lui, l'expérience est derrière et la désillusion a depuis longtemps envahi son cœur, alors pourquoi lui donne-t-elle espoir ? Pourquoi se permet-il de seulement imaginer autre chose qu'une sombre indifférence de sa part ? Elle est la lune, entourée d'étoiles, tout un Clan qui l'aime et la défend. Lui est le pauvre païen qui regarde vers le ciel lorsqu'il ne sait plu où regarder et que le monde d'en bas est trop triste.

Elle s'adresse même à cet idiot de Voleur de Sourires qui passe devant lui avec un regard suspicieux, il préférerait ne pas quitter sa meneuse mais elle le lui ordonne. Jeu Macabre a envie de lui cracher dessus, de lui dire qu'ici il est un bon chien, mais il retient ses paroles, se concentre sur ses plaies ouvertes sans un mot. Son sang a déjà tant coulé qu'il est presque sûr qu'il aurait pu mourir trois fois au moins, on pourrait remplir trois guerriers comme lui avec tout ce rouge perdu. Ce Voleur lui paraît bien propre, ce n'est pas un vrai combattant, simplement un coq qui se pavane. La blessure, se concentrer, sur elle. Il pourrait presque sentir ses fibres se déchirer, se détendre à mesure qu'il bouge, qu'il fait un pas, qu'il s'immobilise pour jeter ses yeux délavés dans une bataille de pensées, bataille engagée avec succès par des iris gris. Il perd la guerre, encore, le souffle coupé par tant de réactivité alors que lui-même est perdu.

« Ma promesse.. » c'est le seul mot qu'il entend. Ce n'est qu'une promesse, elle le tuerait peut-être si cela ne bafouait pas le code. Il la déteste et l'adore d'être si honorable. Il voudrait se déchirer la gorge lui-même, d'avoir été si idiot, d'avoir cru une seule seconde...
« Comprendre ». Lui aussi aimerait comprendre. Pourquoi lui enlève-t-elle les mots de la bouche ? Comment fait-elle pour paraître si forte alors qu'il sait qu'elle s'effondre intérieurement ? Lui n'en n'est plus capable, plus maintenant. Il regrette ses larmes stériles, il regrette la honte qui va le poursuivre, entend déjà le Voleur le railler avec raison. Le déchu voudrait se fondre dans la nuit, comme il le faisait autrefois lorsque la méditation silencieuse, perché au creux du feuillage d'un chêne, se faisait vitale. Penser à sa muse, penser à l'orage, penser à ces étoiles qui avaient toujours été là, constantes comme les vagues. Il voudrait écouter le chant du vent dans les frondaisons, frissonner avec elles, fermer les yeux un instant et les rouvrir au moment où le soleil referait son entrée. Sentir le parfum de son passé. Mais la voix le rappelle au présent. Le parfum métallique le gifle.

Il regarde Voleur de Sourires aller chercher la guérisseuse. D'un œil absent il observe les guerriers, les reines, les chatons, les anciens, toute une famille qui retourne à sa vie sans se soucier réellement de lui. Leur chef maîtrise la situation. Il admire la confiance qu'ils lui portent, et il les déteste d'avoir une existence douce et remplie. Lui est assis sur un trône de poussière, des rêves balayés par les vents. Il les a même oubliés. Que voulait-il ? Qu'a-t-il pu vouloir ? Voilà un moment qu'il a appris à renoncer.

« Tel est ton nom ». C'est son nom. Un nom qu'il hait autant qu'il en a besoin, un genre de marque au fer rouge, à même la peau. Un nom qui sonne atrocement en de telles circonstances, qui sonne toujours atrocement.
Il n'est qu'un étranger, il a l'impression de tout savoir d'elle quand la reine ne connaît rien d'autre que sa gueule cassée, sa voix rauque, ses larmes amères. Comme elle irait bien avec Étoile Sombre, cet astre parfait d'honneur et de bravoure, de droiture impossible. Ce qu'il a essayé d'être en vain. Il faut croire qu'Orage Noir a tout décidé, du début à la fin. Il aurait mieux fait de le jeter du haut d'une falaise. Pourquoi attaquer l'apprenti ? Il voulait simplement le faire souffrir, tout détruire sur son passage, détruire son esprit et ses rêves de gloire, le laisser vide de sens. La gloire, voilà. C'était cela. La gloire et sa couronne d'épines, ses martyres, mais sa splendeur, comme la lumière d'un phare qui percerait le temps et atteindrait les générations suivantes. Il entend son frère rire de lui.

Il la suit jusqu'à sa tanière. Oh comme il aimerait que ce fût en d'autres circonstances ! Mais la réalité lui met un couteau sous la gorge et le force à regarder à travers les sanglots. Il l'écoute patiemment, respire de nouveau peut-être. Tu n'es pas fou, tu n'es pas fou, tu n'es pas fou.

« Ce n'est pas moi que tu as vu. C'est Orage Noir... je suppose. » Il se fige lorsqu'elle dit « nous » comme si leur existence ensemble, dans la même phrase, était possible. C'est ridicule, mais il aime cela.

« Demander pardon ? As-tu commis un crime ?... Je mourrais plutôt que de demander pardon une fois de plus à ceux que j'ai vénéré toute ma vie. Non, ils nous doivent des excuses, et ils nous doivent la paix, ils doivent éradiquer ce fléau. Je ne sais ce qu'il se passe après la mort mais nous ne pouvons plus la laisser dévorer la vie. Il marque une pause. Tu as parlé d'un frère. »

Et il espère, comme il espère, que personne ne viendra, qu'elle pourra tout lui dire, qu'il pourra recueillir ses secrets au creux de son oreille, lui lancer un regard qui voudrait dire :
Je suis là, écrin de ta conscience, donne moi tes peurs, tu n'en as pas besoin.



(Excusez mon retard inadmissible et la qualité pourrie)


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Belle de Nuit
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MessageSujet: Re: Venom |Ouvert aux Luneux|   Mar 8 Mar - 0:06

Belle de Nuit

Agressée, de manière violente. De si loin qu'elle se souvienne, elle ne s'est jamais sentie si en danger que lors de cette Assemblée, au moment mêmes où ces sombres Étoiles qui s'en sont prises aux chats de Clans réunis au centre des Quatre Chênes l'ont attaquée avec une hargne inouïe. De toute évidence, il s'agissait de la réduire au silence, elle qui commençait à frôler d'un peu trop près une incommodante vérité. & ce, définitivement. Sans la présence de sa sœur jumelle qui s'était dressée de toutes ses forces entre l'agresseur & elle pour l'aider à protéger son esprit, les empêcher d'y marquer des dégâts irrémédiables, qui sait ce qui serait arrivé? Pourtant, alors qu'elle prend la tête de son Clan sitôt hors de vue des autres tribus, pour permettre à sa meneuse de courir au-devant s'assurer que tout va bien au Camp, il n'y parait rien. Elle semble aussi forte & inébranlable qu'à l'accoutumée, un véritable pilier sur qui tous pourraient s'appuyer. Elle se montre toute aussi indéchiffrable qu'habituellement, & heureusement car laisser ses émotions s'afficher aurait aussitôt fait voler en milles éclats son apparence de pilier. En réalité, ce qui vient d'arriver l'a ébranlée d'une certaine manière, car cela était la première fois qu'elle se sentait si vulnérable physiquement, qu'elle se sentait si impuissante, qu'elle faisait face à une menace si virulente mais impalpable. En réalité, comme elle aurait aimé courir à la place de Destinée, pour rejoindre ses enfants qu'elle a vus partir à toutes pattes & qu'elle redoute de voir faire une bêtise! En réalité, c'est la première fois de sa vie qu'elle se sent si désorientée & seule, car pour la toute première fois Belle de Jour s'est éloignée ; partie veiller sur Nuage de Foudre & Nuage d'Éclipse à sa place, lui confiant en retour Flamme d'Espoir. Alors elle se contente de guider son Clan vers leur demeure, dans un silence pesant que nul ne semblait prêt à briser ; trop secoués par les derniers évènements.

Elle a tout entendu. Du premier mot du discours d'aveux de Jeu Macabre, au dernier mot prononcé par Étoile Destinée avant de disparaître dans sa tanière. Elle venait d'entrer dans le camp à la tête du groupe ayant assisté à l'Assemblée quand l'ex Lieutenant de l'Ombre a pris la parole, & avait aussitôt imposé le silence à sa patrouille, d'un signe de la queue. Puis quand il s'était tu & que la meneuse s'était penchée sur lui, elle leur avait signifié silencieusement de se disperser avant de se diriger calmement vers sa fille blessée, pour s'assurer de la superficialité de la plaie. Quand le Chef de la tribu se dirigea finalement vers son antre, elle-même avait rejoint son fils en laissant sa fille aux pattes de Flamme d'Espoir venue la soutenir pour la mener à la tanière de la Guérisseuse, & d'un coup de langue sur l'oreille, d'une pression de museau tendre dans sa fourrure épaisse, elle lui avait signifié ne lui tenir rigueur en aucun cas des évènements qu'elle supposait avoir eu lieu. Puis, d'un signe de tête sans appel, elle lui avait indiqué de rejoindre sa sœur jumelle. Il n'y a que d'elle qu'il avait besoin d'entendre l'absence de rancœur, même s'il s'avérait incapable de l'admettre dans l'immédiat. & après s'être assurée qu'il prendrait bien cette direction, elle-même prit celle de la tanière d'Étoile Destinée.

Elle n'entend que les paroles de Jeu Macabre, mais cela lui est suffisant. Elle devine ainsi plus ou moins ce qu'a dit auparavant son amie, son Chef. Avec une profonde inspiration, elle entre d'un pas aussi assuré que possible, s'asseyant à quelques pas du duo. Dérange-t-elle? Elle n'en sait rien, & au fond n'en a cure. Cette soirée a été éprouvante pour tous, & il n'est plus temps de se faire des cérémonies, des cachotteries. Enroulant sa queue touffue autour de ses pattes, dans le silence qui s'est abattu sur l'antre où ils ne sont plus que tous les trois, elle cherche ses mots. Puis finalement, son regard ampli de mystères se pose sur l'un, puis sur la seconde. Elle inspire de nouveau, se prépare à conter son histoire, livrer ses non-dits. Puis se jette finalement dans le gouffre. Advienne que pourra.

- J'avais une sœur. Je ne sais pas si l'on se souvient d'elle dans les autres Clans ; la Meute l'a arrachée à 12 lunes à peine. Elle était mon double, mon opposée, elle était mon cœur & mon âme. À sa mort, j'ai cru devenir folle. Je le suis peut-être un peu devenue, au fond. Nous avons toujours été extrêmement liées, très empathes, & quand j'ai senti son souffle s'éteindre au plus profond de mon être, j'ai perdu pied. Jeune apprentie que j'étais, j'ai rejoint mon identique pour massacrer ses assassins, puis je me suis enfuie en n'emportant que le corps de ma jumelle. Je l'ai enterrée. Je l'ai veillée jour & nuit, sans manger, ni boire, ni dormir. Une demi-lune durant. En tout, je suis restée absente de mes terres quatre lunes durant. À mon retour, j'avais changé de rang, j'avais subi un entraînement dont nul Guerrier vivant ne peut se targuer. & si je n'étais ni Chef ni Guérisseuse, les Étoiles marchaient à mes côtés ; elles m'avaient qui plus est investie d'une lourde mission, dont j'avais juré de m'acquitter coûte que coûte. & ma sœur, bien que physiquement absente, marchait toujours à mes côtés. Dans la vie & la mort, nous sommes restées pareillement liées. Si la présence des Étoiles de manière générale s'est faite plus ténue depuis l'incendie, elle, elle est toujours restée liée à moi, présente malgré les batailles qu'elle mène ; & je sais ce qui se passe là-haut, je le devine de plus en plus. Il y a un intense conflit dans les cieux, entre deux partis puissants, un qui a toujours vécu dans la lumière & l'autre qui tente de sortir de l'ombre. Je n'en connais pas les tenants & les aboutissants, mais je suis convaincue de son existence. Cela explique beaucoup de choses, quand on y réfléchit.

Elle ferme les yeux un instant, marque une pause. Ce qu'elle vient de livrer, elle n'en avait parlé qu'à fort peu de chats. Étoile des Déserts, en partie & un peu par obligation à son retour au camp. Coup de Minuit, en partie également car il avait droit de savoir que Belle de Jour marchait toujours parmi eux d'une certaine manière. & Tremblement de Terre, puisqu'elle n'aurait jamais pu cacher un secret si lourd à son compagnon. Qu'il est étrange de s'en délester totalement, à présent. Mais elle sent que là est le vrai sens de sa mission, qu'elle est finalement parvenue à ce moment où il lui faudra protéger & guider les Vivants de sa tribu avant tout ; & qu'il est temps de dévoiler ce secret, afin d'expliquer d'où lui sont venues ses certitudes. Un soupir lui échappe, alors que ses paupières se rouvrent, & qu'elle pose le regard sur l'ancien vétéran de l'Ombre. Qu'il est étrange de se dire que ce secret qu'elle avait initialement prévu de toujours garder, elle le révèle finalement en présence d'un quasi inconnu, d'un chat extérieur à son Clan. Mais dans les circonstances actuelles, est-il véritablement extérieur justement? Légèrement, elle incline la tête, & sa voix n'est plus qu'un souffle lorsqu'elle reprend la parole.

- Je te crois, Jeu Macabre. Je crois chaque mot de ton discours, car ils sont vérité. & je pense que les évènements de ce soir sont bien assez convaincants pour appuyer ta version. Qui, parmi ceux présents, n'a pas été agressé par les Étoiles Noires?

À peu près personne, sans doute. Oh bien sûr ils ont attaqué de manière plus virulente certaines cibles "de choix", mais nul n'a été vraiment épargné par leur apparition, par leurs paroles aussi doucereuses que funestes. Certains ont subi de plus lourdes conséquences que d'autres, voilà tout. Il suffit de regarder la réaction de Nuage de Foudre pour le deviner. Encore un soupir, parfaitement silencieux cette fois. & la Guerrière ténèbres relève le museau, poursuivant son discours.

- Elles ont tenté de me réduire au silence. Sans Belle de Jour qui a lutté pour moi, je ne serais pas là. Cela doit bien être dû à mes conclusions, trop proches de la vérité pour ne pas être gênantes si elles devaient être dévoilées. Alors j'ai décidé qu'il était grand temps de dévoiler mon secret, & avec ta permission Étoile Destinée, je m'adresserai demain au Clan entier ; car tous ont le droit de savoir ce qui nous guette, & comment lutter. Ma conclusion, c'est que les Étoiles se sont scindées en deux groupes. L'un écarte l'autre pour s'en prendre à nous, les vivants, alors que l'autre fait tout pour tenter de nous protéger. Mais à mesure que les premiers agressent les félins toujours sur terre & sèment le doute dans leurs cœurs, ceux qui veulent nous préserver perdent en puissance car nous croyons de moins en moins à leur honnêteté. C'est une boucle infernale.

Constatation presque désabusée que cette dernière phrase. C'est un cycle qu'il sera difficile de briser, sous-entend-t-elle ainsi, pourtant il sera capital de parvenir à le faire. La forêt ne redeviendra pas sûre pour les Vivants si les défunts souhaitant leur bien ne peuvent lutter efficacement contre les ombres néfastes. Pire, si ces dernières devaient vaincre.. Que serait leur avenir sur les terres de Cerfblanc? Par dessus tout, il lui faut garder espoir. Tenter d'apaiser la Lune pour commencer, de les convaincre de la réalité de ses déductions qu'on a souhaité tuer, & de leur redonner foi en leurs ancêtres. Puis il faudra espérer que d'autres Clans garderont ou retrouveront cette foi, car leurs ancêtres tirent leur force de la confiance de tous les Clans. Que la lutte penchera en leur faveur. La concernant, elle doit faire tout son possible pour avertir les siens, & les convaincre de porter soutien à leurs protecteurs, de la seule manière qu'ils le peuvent : en ayant foi. Telle est sa mission, après tout.

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Venom |Ouvert aux Luneux|
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