« Aujourd’hui sera mon dernier jour d’errance,

la fin de ma chute. » Valse des Étoiles
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Nightmare. [Poésie des Ours]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Belle de Nuit
Admin Nighty.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1915
Age : 23
Date d'inscription : 23/06/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Nightmare. [Poésie des Ours]   Ven 9 Oct - 13:51

Eclipse Solaire

L'angoisse. La peur. Le désarroi. La terreur. Tant d'émotions de ce genre ont défilé dans le cœur & l'esprit de la jeune femelle tigrée, depuis l'Assemblée. Troublée par une inquiétude oppressante, que rien n'est parvenu à apaiser, elle avait longuement erré & songé, cherché à se rassurer, puis faute d'y parvenir à s'occuper l'esprit ; mais rien, rien ne durait ni ne dure toujours bien longtemps, & trop souvent son regard s'égare sur les terres de l'Ombre, empli de mille questionnements & de prières silencieuses. Pourvu qu'il ne soit pas l'apprenti attaqué, supplie son cœur coupable, alors que son esprit tente encore & toujours de nier la raison pourtant claire & indéniable de l'angoisse sourde créée par l'annonce d'Etoile de Mystère au rassemblement. Pourvu qu'il n'ait rien, pleure-t-elle silencieusement au plus profond de son être, dévastée par l'idée de ne rien pouvoir faire pour s'en assurer. Alors solitaire, elle fuit le plus souvent possible de son camp en pleine nuit, couverte par sa mère qui est venue une fois à sa rencontre alors qu'elle partait pour lui faire promettre de revenir avant l'aube, histoire que ses fugues illégales ne soit pas découvertes ; qui sait ce qu'en dirait Etoile Destinée, ayant interdit à quiconque de quitter le camp seul après les évènements du Brouillard? Elle sait lui désobéir ouvertement, en partant toutes les nuits tenter de se vider l'esprit, de s'occuper puisqu'il lui est impossible de trouver le sommeil ; ah ça, elle n'aurait jamais imaginé que sa veillée de Guerrière serait si aisée à tenir, mais lorsqu'on est incapable de fermer l'œil qu'est-ce qu'une petite nuit blanche? Evidemment, elle est épuisée, en pratiquement une demi-lune elle n'a pas dû dormir plus du tiers du temps de sommeil dont elle aurait eu besoin sur tant de temps. Mais la peur lui étreint trop le ventre pour cela. & elle languit déjà de la prochaine Assemblée, souhaitant que cette fois-ci il soit présent pour se rassurer de son état, & elle le cherche souvent du regard dans les patrouilles qui longent leur frontière commune, désespérant à force de ne jamais l'y trouver & que cela provoque une nouvelle vague de panique secrète dans son cœur malmené. Ce soir encore, perchée sur une branche du vieux Cerisier qui a tant de fois accueilli ses longues heures de réflexions, & qui l'a si souvent apaisée, ses yeux d'ambre-bleuté s'égarent en direction du territoire aux marécages dont la limite est proche, avant de se fermer comme pour retenir le flot de larmes frustrées qui veut lui échapper depuis si longtemps.

Lentement, son museau se pose sur ses pattes, puis s'enfouit sous elles comme si elle tentait de se cacher du monde. Qu'il lui pèse, depuis l'Assemblée, de rester fidèle à elle-même en plein jour, de se montrer énergique & enjouée comme à l'accoutumée pour ne pas vendre ce secret aussi précieux que dangereux à son Clan.. Ils ont sans doute remarqué un changement, comme si une part de son attitude était forcée, comme si un sentiment plus pesant la troublait ; mais nul n'ayant posé de question, cela a dû être mis sur le dos des évènements perturbants de la réunion de la Pleine Lune, tant la soi-disant trahison de Jeu Macabre désormais hébergé par leur Clan que l'apparition de défunts terrorisant tout le monde en annonçant des horreurs sur les Etoiles & l'avenir. Ils sont bien loin de se douter d'à quel point ceci lui semble futile, alors que son cœur lui parait s'émietter un peu plus chaque instant d'angoisses inapaisables. Un profond soupir lui échappe, un sanglot silencieux secoue ses épaules. Tout lui semble si compliqué, ces derniers temps.. Il est même des fois où il lui faut planter ses griffes profondément dans la terre pour empêcher son cœur & son instinct de la propulser en terre ennemie sans réfléchir, au risque de provoquer une guerre juste pour obtenir ses réponses. Dire que tout cela, toutes ces émotions qui la troublent & ce sentiment doux & puissant qu'elle se refuse à nommer, tout cela découle d'une seule rencontre, une simple nuit au pied du Saule Pleureur où ils se sont trouvés ensemble par hasard, deux âmes errantes & curieuses faisant connaissance avec l'autre.. Elle avait attrapé un étrange virus cette nuit-là, qui depuis s'était répandu & avait grandi en son cœur, en tout son être, jusqu'à ne plus pouvoir être ignoré, jusqu'à faire naître le manque, & à faire éclore la terreur même déraisonnée dès lors qu'elle avait cru pouvoir perdre celui qui en était l'objet.

Devant ses yeux clos se forme peu à peu l'image du matou, avec ce sourire qui l'a faite fondre dès la première fois qu'il le lui a adressé, & elle ne peut que sourire également, plus hésitante que lui mais si heureuse de le voir. Son cœur bondit dans son poitrail, alors qu'elle veut s'élancer vers lui ; mais le jeune mâle ombreux semble s'éloigner chaque fois d'autant qu'elle a avancé, sans même avoir esquissé le moindre mouvement. Intrigué, il penche la tête sur le côté, puis l'invite à le rejoindre, & elle essaie encore, encore. Le désespoir l'envahit, pire encore qu'en plein jour car cette fois il est devant elle, & elle ne peut l'atteindre. La panique s'y joint alors, quand un son étrange la fait sursauter & tourner la tête à la recherche de son origine ; son instinct lui hurle de fuir, mais elle ne peut s'y résoudre, pas en le laissant là. Aussitôt elle appelle son nom & reporte son nom vers lui, & là l'horreur lui saisit la gorge, la tétanise intégralement. De nouveau elle veut s'élancer pour l'aider, le protéger, mais cette fois son corps ne lui obéit pas, & elle se retrouve impuissante, forcée de regarder l'ombre bleutée se jeter sur le félin brun, lacérer sa fourrure de ses longues griffes alors qu'une mare rouge s'étale à leurs pattes & que la victime s'effondre sans même avoir réagir. Un hurlement de désespoir lui échappe, attirant l'attention du félin spectral qui tourne vers elle un visage au sourire sadique & aux yeux mauvais ; pour autant ce n'est pas lui qu'elle regarde, mais le guerrier mutilé à ses pattes. Les larmes lui brouillent la vue alors que ses pattes cèdent sous elle tant sa souffrance est dévastatrice..

Une douleur aiguë lui déchire l'épaule au moment où elle heurte le sol, rouvrant les yeux sur le feuillage d'automne du Cerisier, au travers duquel elle peut apercevoir un ciel dégagé & étoilé, bien différant du ciel rouge-sombre qui régnait au-dessus d'elle il y a une seconde à peine. Hagarde, désorientée, elle se redresse comme elle peut en ignorant son épaule qui la lance, cherchant à replacer ses idées vaille que vaille, à retrouver ses repères qui semblent avoir tous pris la fuite, à reconnecter avec la réalité tant bien que mal. Hors les images terrifiantes & insupportables qui continuent à danser dans son esprit tourmenté, hérissant sa fourrure de terreur & faisant trembler tout son petit corps, ne sont vraiment pas pour l'y aider.

- Ce n'était qu'un rêve, un très, très mauvais mauvais rêve.. Ce n'était pas vrai, rien n'était vrai.. Juste un cauchemar horrible.. C'était.. Oh Clan des Étoile, c'était terrible..

Mais c'est à peine si ces murmures affolés parviennent à lui faire suggérer que cela n'était bien pas réel mais un songe immonde & qu'elle s'en est bien éveillée ; elle qui n'a pas même souvenir de s'être endormie.



Spoiler:
 

_________________


Journy :
 
Odyssée :
 
Hope :
 
Eclipse :
 
Colombe :
 
Vipère :
 
Hymne :
 
Myriade :
 
Olivine :
 
Plumy :
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Étoile Destinée
Admin Sherlucky.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 3875
Age : 20
Date d'inscription : 20/04/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Nightmare. [Poésie des Ours]   Ven 16 Oct - 23:56

Poésie des Ours
ft. Eclipse Solaire




Dehors, enfin. Je respire.

Je ne sais pas ce qui m'a poussé à sortir du camp ce soir, à braver l'interdit imposé par ma mère, mais le plus étonnant reste que je le fasse sans ma sœur. Ou plutôt, non : le plus étonnant est qu'elle ne soit pas là pour le faire avec moi. Je n'arrive toujours pas à croire qu'elle soit partie. Qu'elle m'ait laissé, elle aussi, et tout ça pour quoi ? Pour rejoindre un père inconnu, dans un clan inconnu, et abandonner derrière elle tous ceux qu'elle connaît, tous ceux qui la chérissent ? Depuis ce fameux soir où je suis rentré seul au camp alors que nous étions partis à deux, j'ai l'impression d'avancer dans un brouillard opaque, en funambule sur un équilibre instable. Je ne sais pas ce qui m'attend si je continue de marcher mais j'ai bien trop peur de regarder en arrière ; toute cette souffrance, que je croyais laissée de côté, toute cette souffrance menace de m'avaler à nouveau à présent que je suis seul. Parfois je me demande si ce n'est pas tout simplement ce que je mérite, si je ne suis pas indigne d'avoir une sœur, puisque le sort persiste à vouloir toutes me les enlever. Mais le plus souvent, de rage, je rejette ce doute terrifiant qui m'étreint et je reporte ma colère sur un autre, celui qui m'a enlevé ma sœur, qui m'a ôté l'unique Aile qui me restait après qu'on m'ait arrachée la première, pour me condamner à tout jamais. Cet autre qui a semble-t-il plané sur mon existence depuis ma naissance, cet inconnu que je dois désormais appeler « père », mais de quel droit ? De quel droit a-t-il abandonné notre mère en premier lieu ? De quel droit brise-t-il notre famille à nouveau ? Tout est de sa faute. Sa faute.

Et la mienne, quelle est-elle ? Quel crime ai-je moi aussi commis, pour être maudit de la sorte ? Dès la nuit tombée, dès les premières étoiles allumées, ces inquiétudes reviennent me hanter. Dans ces moments, je cherche désespérément à me rattraper à quelque chose, quelque chose d'heureux, un souvenir, un espoir. Et, souvent, un visage se dessine sous mes yeux fermés, des traits fins et des couleurs claires. Je me rappelle avec une justesse étonnante de son regard le jour où nous nous sommes rencontrés, peut-être parce qu'il m'avait tant surpris ce jour-là. Ses yeux ambrés prennent la couleur d'un ciel d'été le temps d'un battement de cils, c'est comme un éclat de rire silencieux. Et ce soir, ce soir en particulier, alors que j'erre sans but sur des terres qui ne sont pas les miennes, plus perdu que jamais, c'est ce soir que je la retrouve. On pourrait dire que ma présence ici et maintenant est l'action du Clan des Étoiles, ou bien encore l'expression de ma propre volonté inconsciente. Je préfère croire que le hasard a choisi de me donner une chance. Qu'en guidant mes pas jusqu'au cerisier devant lequel je me trouve désormais, et sur lequel s'est perchée une silhouette familière, il m'a simplement laissé le choix.

Mais le choix, l'ai-je vraiment ? Je l'observe depuis quelques secondes à peine lorsqu'elle commence à s'agiter dans son sommeil, et je comprends que quelque chose ne va pas. Elle crie ; elle va tomber. Immédiatement je m'élance vers elle, sans réfléchir, comme si la vue même de sa chute me donnait l'élan nécessaire pour parcourir les derniers mètres qui nous séparent. En un éclair, je suis près d'elle. Dans mes yeux, l'inquiétude a remplacé la curiosité alors que je détaille son corps d'un coup d’œil maladroit pour m'assurer qu'elle n'a rien. Je ne suis pas guérisseur, et mon examen ne m'apporte aucune réponse ; lorsque je croise son regard cependant, j'y décèle sans peine un chagrin que nul soigneur ne saurait guérir. Ses paroles à peines murmurées sont confuses, elles ne parviennent qu'à traduire son agitation sans donner un sens à cette peur. Loin de me douter que je pourrais être la cause de ce trouble immense, et parce que je me sais terriblement impuissant, je lui offre mon habituel sourire, mon sourire insouciant, celui que j'offre à ceux qui souffrent en silence, celui qui veut dire : je suis là. Ne t'inquiète pas, ne t'inquiète plus. Je suis là... pour un temps du moins.

« Alors petit oiseau, on a oublié de déployer ses ailes ? »

Naturellement, il faut toujours que je plaisante, autant pour la rassurer que pour dissimuler ma crainte qu'il lui soit arrivé quelque chose. Les mots sont un moyen de mettre à distance, voilà bien longtemps que je l'ai compris, et que j'use de ce stratagème avec légèreté. Car tandis que je parle, je peux observer, scruter, plonger dans le regard de celle qui m'écoute. L'ambre de ses yeux m'accueille comme un brasier, un brasier qui me semble pourtant éteint, comme assombri. Je me surprends vouloir être celui qui le ravivera, par simple jeu sans doute. C'est un défi comme un autre ; certains jouent à la guerre, moi je séduis, j'écris des poèmes lorsque d'autres entonnent des hymnes guerriers. J'aime à penser qu'au moins je ne blesse personne. Je suis apparu aux côtés de Nuage d’Éclipse sans un bruit, et c'est sans un bruit que je repartirai. De toute façon, qui voudrait blesser un être d'apparence si fragile ? Elle est si petite, si légère, une plume tombée du ciel. Il me prend l'envie de la ramasser et de la tenir tout contre moi, pour la protéger du vent. Je ne songe pas un instant que le danger pourrait provenir de moi-même, que je pourrai un jour causer sa perte. Je ne songe qu'à jouer, qu'à réchauffer nos deux cœurs manifestement meurtris.

« Je passais près d'ici par hasard lorsque je t'ai vue tout là-haut, alors j'ai décidé de passer de l'autre côté de la frontière... Tu ne vas pas me chasser, hein ? » demandé-je d'un ton malicieux sans pouvoir retenir un clin d’œil.

Je sais pertinemment qu'elle ne le fera pas. Cet arbre a beau être sur ses terres, elle ne le défendra pas, tout simplement parce qu'elle sait que je ne représente pas un danger, ni pour elle ni pour les siens. Je ne suis qu'un être de passage, un papillon de nuit. Je m'évade le soir et retrouve mon état captif à l'aube, retourne à mon semblant d'existence avec un terrible sentiment d'insatisfaction. Mais chaque nuit que je passe à l'extérieur, chaque nuit est une nouvelle aventure, comme une nouvelle vie qui s'achève avec les premières lueurs du jour, condamnée à être éphémère. Cette nuit, je la passerai avec elle ; j'ai soudain cette certitude alors que je lui offre mon épaule sur laquelle s'appuyer pour qu'elle se relève, sans trop savoir pourquoi cependant. Peut-être parce que son regard aux reflets changeants si particulier m'offre une parcelle de ciel pour lequel je brûle chaque jour. Peut-être parce qu'en sa compagnie, j'ai le sentiment enfin d'être vivant. Sans excès, sans artifice, sans faux-semblants. Avec elle je ne suis plus un roi, juste un poète vagabond, et tout est tellement plus simple.
Pourquoi alors ne pas avouer que j'espérais secrètement cette rencontre ?


Spoiler:
 

_________________


Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Belle de Nuit
Admin Nighty.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1915
Age : 23
Date d'inscription : 23/06/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Nightmare. [Poésie des Ours]   Jeu 5 Nov - 18:40

Eclipse Solaire

La voix qui retentit alors dans le silence bien trop macabre que ne troublaient jusqu'ici que ses murmures paniqués & troublés, la fige brusquement, tant d'un fol espoir que d'incrédulité. Oh, ce timbre, elle le connaît par cœur, & l'aurait reconnu entre mille ; non pas pour l'avoir entendu de nombreuses fois, une seule a suffi, mais juste pour l'avoir tant rêvé chaque fois qu'elle fermait l'œil pour autre chose que des cauchemars, pour l'avoir tant & tant imaginé lui adresser des mots tendres qu'elle n'oserait jamais quémander, & surtout pour avoir souhaité si fort le réentendre s'élever à son encontre en seul à seule. Car il ne fait nul doute qu'elle s'est attachée de façon impressionnante à cette voix, autant qu'à chaque petite parcelle de ce félin, & qu'au félin lui-même bien entendu ; c'est-à-dire beaucoup trop, sachant ce tout qui les sépare. Lentement, comme craignant d'avoir une nouvelle fois rêvé cette voix, d'autant plus qu'elle serait on-ne-peut plus salvatrice en cet instant fort difficile, elle relève la tête vers le grand matou apparu miraculeusement à ses côtés, & il lui semble que son cœur manque plusieurs battements devant ce sourire aussi insouciant qu'apaisant qu'elle aime tant, & ce regard d'ambre dans lequel elle se noie aussitôt alors qu'un soulagement d'une intensité hallucinante vient l'engloutir au passage. Nuage de l'Ours. Il est en vie. Il ne semble même pas blessé. Il est sauf. & il va bien, bien assez pour faire de l'humour en tout cas. Ses paroles, son attitude, son timbre sont malicieux, & lui font occulter l'espace d'un instant les terribles images qui l'ont terrorisées au point de la faire chuter de cet arbre qui lui a toujours servi de refuge. Une esquisse, que dis-je un fantôme de sourire s'esquisse sur ses babines, avant de se crisper alors que le trouble de son cauchemar lui revient violemment. Elle revoit cette fourrure ensanglantée, ce corps mutilé, semblable à un pantin désarticulé ; & ses yeux se rivent un instant sur le sol, hagards, tandis qu'elle tente de rejeter les souvenirs de ce songe infâme.

& puis la voix du mâle retentit de nouveau dans le silence aussitôt réchauffé par son timbre, une nouvelle plaisanterie qui tire à la jeune guerrière tigrée un bref rire, frêle & presque inaudible mais bien existant. Un tout petit rire touché, car elle voit bien qu'il tente à sa manière de la rassurer & de la consoler -ou bien se fait-elle des idées?..-, & peut-être un peu nerveux, tant elle peine à dissimuler le trouble qui s'est emparé d'elle lorsqu'ayant eu la mauvaise idée de relever les yeux tandis qu'il achevait de parler, elle a intercepté ce clin d'œil qu'il lui adressait.. & si il remarquait le rouge qui brûle ses joues sous son épaisse fourrure, & si il comprenait?.. Oh mais après tout, qu'importerait qu'il comprenne? Au moins, elle serait fixée sur le fait que ses pensées envers lui soient réciproques ou non, & cela simplifierait peut-être encore un peu plus ce lien paisible & malicieux qui s'est tissé entre eux à leur première rencontre.. Ce ne serait pas mal, non? Déjà que tout lui semble si simple lorsqu'elle est à ses côtés, que ses fantômes s'évaporent avec une facilité déconcertante alors qu'ils étaient si présents l'instant d'avant, si terribles. Mue d'une impulsion incontrôlée, elle laisse échapper un sourire doux & malicieux, bien plus assurée qu'elle l'est réellement à accepter l'aide qu'il lui propose pour se redresser. Cette fois c'est sûr, elle est brûlante de la pointe des oreilles au bout de la queue, car de part le simple fait de s'appuyer sur son épaule a électrifié tout son petit corps aussitôt parcouru par une indéniable vague de chaleur, un trouble intense. Pourtant elle fait mine de rien, tout comme elle fait mine d'ignorer la souffrance aiguë qui s'en emparée de nouveau de l'épaule sur laquelle elle est tombée tantôt, pour simplement relever vers lui un regard dans lequel brille une étincelle joueuse, alors qu'elle fait comme si elle était en proie à une grande réflexion, un rude dilemme.

- Je ne sais pas.. Tu n'es pas passé pour nous envahir, après tout, mais.. Ce serait manquer à toutes mes tâches de guerrière que de te laisser errer ici seul en paix, non?

Elle ne s'est pas écartée, est restée appuyée contre lui, & ne s'en rend compte qu'après avoir prononcé ces paroles ; une réalisation qui affole son petit cœur un peu plus qu'il ne l'était déjà, si c'est possible. Pour autant, elle ne s'échappe pas d'un bond, elle ne se précipite pas. Dans le cas où il n'aurait pas encore deviné le malaise qu'elle cache si bien pour ce qui est de son expression mais que sa fourrure ne trahit que trop, cela ne ferait que la trahir brutalement ; & malgré tout, elle préfèrerait éviter cette méthode. Son sourire s'étire en coin, mimique héritée directement de sa mère, toujours si empli de malice ; oh que ses peines précédentes, & ce songe immonde, lui semblent loin à présent. Celui qui était concerné est à présent avec elle, bien réel & bien vivant, & rien n'aurait su l'apaiser plus efficacement ni lui faire oublier ses peurs si aisément.

- Peut-être que le meilleur compromis serait que je reste alors, en surveillance.. Juste pour m'assurer que ma présence était bien la seule raison qui t'a fait franchir la limite, ce serait sans doute plus raisonnable.

Mais de quelle limite s'agit-il ici, celle du territoire, celle de son cœur.. Celle du raisonnable, justement? Car en réalité elle le sait parfaitement, cette nuit rien ne le sera. Avec un sourire énigmatique, elle s'écarte tranquillement pour ne plus se reposer sur lui, pour pouvoir s'asseoir en lui faisant face.. Ou du moins, tente-t-elle de le faire. Car elle n'a eu le temps de ne faire qu'un unique pas que déjà son épaule la trahit, la faisant trébucher alors qu'elle voulait s'appuyer dessus ; & ce n'est que de peu qu'elle parvient à se rattraper en s'appuyant sur son autre patte avant indemne. & aussitôt, ses joues se remettent à lui brûler, d'un tout autre type de gêne cette fois.. Si cela continue, sa fourrure grise elle-même va finir par virer au rouge.



Spoiler:
 

_________________


Journy :
 
Odyssée :
 
Hope :
 
Eclipse :
 
Colombe :
 
Vipère :
 
Hymne :
 
Myriade :
 
Olivine :
 
Plumy :
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Étoile Destinée
Admin Sherlucky.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 3875
Age : 20
Date d'inscription : 20/04/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: Nightmare. [Poésie des Ours]   Mar 12 Jan - 2:19

Mon espoir renaît alors que se dessine sur les lèvres de ma Muse un semblant de sourire ; mais bien vite il s’évanouit tel un mirage, et je crains de l’avoir seulement rêvé. Il me semble alors qu’elle évite mon regard, sensation insupportable, jusqu’à ce que mes plaisanteries parviennent à déclencher chez elle un éclat de rire. Je dois avouer qu’elle est charmante lorsqu’elle sourit, elle a les yeux qui brillent avec plus de chaleur que n’importe quel soleil. Mais même lorsqu’elle paraît se détendre, le malaise persiste et je ne peux que m’interroger sur la cause de son trouble. A cet instant je ne souhaite plus que la voir sourire à nouveau, et croiser son regard, surtout, ce regard qu’elle semble pourtant ne pas vouloir m’accorder... Faut-il pour cela que je me lance dans une quête insensée afin de gagner ses faveurs ? Je me sens prêt tout à coup, prêt à jouer, à tout parier, à perdre peut-être - mais qui sait ? La nuit est pleine de promesses.

Elle s’appuie contre moi pour se relever et tout à coup elle est une présence chaleureuse à mes côtés, non plus un ange tombé du ciel mais un véritable être de chaire et de sang, vivant, au cœur battant dont je peux presque sentir les vibrations au contact de ma peau. Sa fourrure est douce contre la mienne, j’ai l’impression de flotter sur un nuage ; et pourtant, Nuage elle n’est plus, comme elle me l’indique si subtilement en répondant à ma bravade d’un ton léger. Lorsque je réalise ce qu’elle signifie mes yeux expriment un étonnement non feint, puis je me traite silencieusement d’imbécile. Evidemment qu’elle est devenue guerrière, elle en a l’âge tout comme moi, après tout. Mais lorsque je la regarde, elle, si petite, si fragile, j’ai peine à croire qu’elle ait appris à se battre ou qu’elle soit seulement capable de sortir les griffes. A mes yeux elle n’est que douceur et innocence, gardienne d’un paradis que je croyais perdu. En sa présence tous mes soucis s’envolent, ne laissant plus derrière eux qu’un esprit adolescent et insouciant.

« Et ce serait manquer à mon honneur de guerrier que de te mentir : promis, je n’irai pas plus loin. Sauf si tu le veux, bien sûr... »

Le sourire qu’elle m’a adressé, ce contact entre nos deux corps qu’elle n’a pas brisé, et surtout, ô surtout, ce regard qu’elle m’a lancé, tout cela me grise et m’emplit d’une certaine ivresse qui me fait tourner la tête. Je me sens d’humeur à faire toutes sortes de serments, des serments que l’on murmure au cœur de la nuit, des serments sans lendemain rendus brillants par l’éclat des étoiles, mais lorsque pointe le jour, que reste-t-il ?

« Je ne compte de toute façon pas te laisser partir aussi facilement maintenant que je t’ai trouvé, petit oiseau. Puis-je à mon tour savoir pourquoi tu es venue ici, alors que de toute évidence tu devrais être au camp avec les tiens ? Rester seule la nuit, n’est-ce pas dangereux ? »

Elle pourrait facilement me retourner la question, mais je veux entendre sa réponse d’abord. Malgré moi son sourire s’inscrit dans mon esprit et m’obsède comme une énigme dont je voudrais désespérément connaître la réponse. Parfois j’ai l’impression délicieuse qu’elle joue avec moi, d’autres fois, qu’elle se joue de moi. Cette incertitude ne fait que la rendre plus désirable à mes yeux. Franchir la limite, oui ; mais d’abord je veux en ressentir le vertige, je veux me promener sur son bord les yeux fermés avec la certitude que lorsque je les rouvrirais, quelque chose aura changé, quelque chose de beau. J’ai besoin d’aventure, besoin de tout remettre en question chaque jour, de tout tenter, de parier à chaque instant, de parier sur chaque instant, d’espérer que ce soit le bon. Car au fond de moi je poursuis une chimère, celle de vivre l’instant parfait, celui qui vibre, celui qui rit, celui qui chante et réchauffe les cœurs fragiles.

Elle s’éloigne pourtant de moi et je ne peux m’empêcher de ressentir une pointe de déception alors que je la suis du regard. Mais mon geste me trahit, ce geste que j’esquisse pour lui venir en aide, cet élan qui me pousse vers elle alors qu’elle trébuche. Et les mots eux aussi m’échappent, lorsque je me penche vers elle pour croiser son regard, alors je renonce à tout, je me laisse emporter par l’instant en espérant qu’il fera tout basculer. Et je murmure simplement :

« Pourquoi être raisonnables ? »

_________________


Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Nightmare. [Poésie des Ours]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» darling i'm a nightmare dressed like a daydream /holly.
» Peyton ~ i'm a nightmare dressed like a daydream
» cause darling i'm a nightmare dressed like a daydream. {luyen}
» cause darling i'm a nightmare dressed like a daydream + lexie.
» Le petit guide des Hauts-faits (Nightmare Tide)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
« Aujourd’hui sera mon dernier jour d’errance, :: JEU. :: Clan de la Lune :: Territoires :: Cerisier Centenaire-
Sauter vers: