« Aujourd’hui sera mon dernier jour d’errance,

la fin de ma chute. » Valse des Étoiles
 
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 Délivrance [Feat Nelly et Desty]

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Étoile de Mystère
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MessageSujet: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Mar 28 Juil - 19:44

Caresse de l'Aile~
Let's Escape

Depuis la disparition, non, la mort de Nuage Légendaire, notre chère soeur, l'Ombre n'allait plus très bien. Toutes les sorties étaient surveillées, même si cela ne se voyait pas. Pas de chats postés devant les tunnels, non, juste deux fentes vertes dans la nuit qui vous observe, vous juge, et vous emprisonne dans le camp. Enfin, cela était surtout mon cas. Les guerriers plus âgés allaient et venaient encore sans ennuis, mais Ours et moi, et les apprentis, c'était autre chose. On ne pouvait jamais sortir seuls, car sinon on allait fuir ? Pourquoi on voudrait fuir ? Comment Etoile de Mystère pouvait - elle penser cela de nous ? Avait - elle donc une image si pauvre de ses enfants et des plus jeunes ? Mais pourquoi ? Qu'est - ce qu'il nous forcerait à fuir ? Ça, c'était toutes les pensées qui me traverserait la tête alors que j'étais allongée dans le camp, fixant le tunnel de temps en temps que je voyais que ma mère était occupée à autre chose. J'avais l'impression d'être couvée, rien que d'y penser me fit sortir un grognement. Il y a moins d'une lune, elle était fière de nous voir guerriers avec nos nouvelles responsabilités, et là, nous sommes séquestrés comme des chatons. Je ne la comprenais plus. Notre mère qui nous aimait pour deux, vu l'absence de notre père, commençait à nous aimer beaucoup trop à mon goût. Et puis, elle devait revoir sa psychologie, car quand quelque chose est interdit, c'est d'autant plus marrant à le faire.

On s'était mis d'accord deux journée plus tôt, Ours et moi. On a fait un tour du camp pour trouver une bonne sortie, petite, discrète, mais assez grande pour nous. Mon frère ne s'appelle pas Poésie des Ours pour rien vous savez. Enfin, j'étais contente d'arriver à le sortir un peu, il était dans un état lamentable depuis que Légende n'est plus là. Je savais que notre relation ne sera jamais aussi proche que celle qu'il avait avec elle, mais il est quand même mon frère, je n'allais pas l'abandonner ici et le laisser seul avec Etoile de Mystère. C'est lui qui a trouvé la sortie d'ailleurs, dans un coin qu'on pense être l'angle mort de notre mère quand elle guette. A la base du Promontoire, il y avait un mur de ronces, et bien, cela fait un certain temps q'il n'a pas été entretenu si vous voyez ce que je veux dire. La journée avait été longue tant j'étais impatiente de sortir libre de nouveau. Pas obliger de simuler une chasse ou de se frotter au même rocher en criant "Je marque, je marque !" pour qu'on nous laisse tranquille. Le plan d'évasion arrivait bientôt, je le sentais jusqu'au bout de la queue, je ne pouvais pas la tenir en place, mais je devais paraître normale, je ne devais pas alerter les autres.

Le soir tombait, le soleil était encore là et le ciel était rosé. Magnifique. La dernière patrouille venait de partir, le camp était assez désert, et Etoile de Mystère ne s'était pas encore réveillée de sa courte sieste qu'elle faisait avant de guetter. Imprudent pensez - vous ? Non, car le guérisseur est censé nous surveiller. Mais heureusement/malheureusement, un apprenti s'était blessé. En deux mots : Champ libre ! Du bout du museau, je secouai Poésie des Ours. On était dans la tanière des guerriers et avaient fait mine de partir dormir.

"Ours, c'est maintenant, tout se passe comme prévu !!" chuchotais - je

Une fois tous les deux sur nos quatre pattes, on se faufila jusqu'au vieux mur de ronce. Là, c'était une partie délicate, surtout pour moi et mes poils mi-longs. On devait passez doucement pour n'y laisser aucune touffe de poil ou trace de sang. Je passai la première, plus fine, et j'attendis Ours. Pour moi, tout s'était bien passé, même si j'ai eu peur de me défigurer la truffe plus d'une fois. Mais voilà, enfin on était dehors, sans personne ! J'aurais bien voulu crier, mais on était encore trop proche du camp pour cela. On devait s'enfoncer dans la forêt plus que cela. Avec ours, on s'est mit d'accord pour que je mène l'expédition, je connaissais les territoires comme le dos de ma patte ! Ni une ni deux, je savais que près des Roseaux, il y avait le chemin de Tonnerre. Le soir, il y faisait frais, et de nombreux monstres passaient. Même si ce n'était pas la liberté rêvée, c'était le seul endroit où j'étais sûre de ne pas être vue. Je fis signe à Poésie des Ours de me suivre, et démarrai la course vers notre délivrance. Je pouvais sentir ma voix au bord de ma gorge, près à sortir joyeusement dès qu'on serait hors d'entente des chats de l'Ombre, mais surtout, le meilleur, je sentais à nouveau le vent dans ma fourrure, et les différentes senteurs de l'extérieur. Au revoir triste enfermement, et bonsoir liberté d'un soir !

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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Mer 29 Juil - 18:16

Poésie des Ours
ft. Caresse de l'Aile & Murmure Éternel



Ne vous méprenez pas : j'aimais tendrement ma mère. Elle et Caresse de l'Aile étaient la seule famille qui me restait, et je les chérissais bien plus que je ne voulais le montrer. Mais depuis la mort de Nuage Légendaire, ma chère jumelle qui ne recevrait jamais ce nom de guerrière auquel elle avait destiné chacune de ses pensées, je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Je me sentais vide, terriblement vide. Plus rien n'était attrayant ni même distrayant : je ne parvenais jamais à détourner mon esprit de cette cruelle réalité qui toujours s'imposait à moi même alors que je tentais de la fuir. L'absence de Leg était partout, dans le silence infini, dans le lit de mousse vide à mes côtés, je la ressentais plus violemment encore lorsque je la cherchais machinalement des yeux et que ceux-ci faisaient le tour du camp sans rencontrer sa silhouette élancée si familière. Plus jamais je ne croiserais son regard vif et perçant, plus jamais je ne sentirais son doux pelage contre le mien, ce pelage qui jadis m'évoquait la pureté des nuages. Nuage Légendaire m'avait fait voyager, ensemble nous avions vécu les plus grandes aventures, et j'en étais venu à connaître son pas mieux que le mien. Et maintenant qu'elle était partie, partie pour de bon, partie à jamais, j'étais désespérément seul.

Mais il me restait Caresse de l'Aile. Bien que nous n'ayons jamais été aussi proches que j'avais pu l'être avec mon autre sœur, je voyais désormais en elle mon soutien le plus précieux. Nous passions de plus en plus de temps ensemble, car nous nous comprenions davantage. Le deuil nous avait rapprochés, j'imagine, en tout cas le simple fait d'être avec elle suffisait souvent à apaiser ma détresse. Avec elle, je n'avais pas besoin d'exprimer ni mon chagrin ni ma colère, elle la ressentais sans que j'ai besoin de prononcer un seul mot. Et d'un autre côté, il y avait Étoile de Mystère, notre mère et meneuse qui semblait confondre ses deux rôles ces derniers temps. A l'inquiétude d'une reine qui souhaite protéger ses enfants s'ajoutait l'autorité d'une chef soucieuse : Aile et moi n'avions plus le droit de sortir du camp à moins d'être accompagnés, et nous nous savions constamment surveillés depuis le promontoire. Les plus jeunes partageaient notre punition, et très vite un climat pesant s'était installé au sein du clan. J'avais pour ma part renoncé à comprendre cette soudaine folie, car ma soif de liberté s'était tarie en même temps que le souffle de Leg.

Mais heureusement, je pouvais compter sur ma sœur pour me sortir de cette langueur dans laquelle le deuil et l'inactivité m'avaient plongé, et qui m'entraînait chaque jour vers des ténèbres sans fond. Elle avait su réveiller en moi une étincelle d'énergie grâce à un plan que nous avions imaginé ensemble et qui se concrétiserait bientôt : un plan d'évasion, aujourd'hui, aux premières lueurs du couchant. J'entendais le souffle régulier de quelques chats endormis autour de moi ; tout était paisible, mais mes sens à moi étaient à l'affût, et mes muscles prêts à bondir. La voix de Caresse de l'Aile se fraya un chemin jusqu'à moi et je me redressai aussitôt pour la suivre hors de la tanière sans un mot. Il fallait faire vite : nous nous précipitâmes vers l'ouverture secrète de la barrière de ronce protégeant le camp, ma sœur puis moi. La brèche était à peine assez large pour laisser passer mes larges épaules mais je fus rapidement dehors malgré quelques égratignures. Je jetai un coup d’œil triomphal à ma compagne, qui retenait à grand mal un cri de victoire. Son enthousiasme était contagieux ; elle s'élança sans plus attendre vers la forêt et je ne pus retenir un petit sourire.

Liberté, ô liberté chérie ! A mon tour je me mis à courir à en perdre haleine, sur les traces de ma sœur qui menait notre petite expédition – que dis-je, notre grande évasion ! Je me laissai rapidement griser par la vitesse, car la caresse du vent sur mon pelage brun était une sensation que je n'avais pas pu apprécier depuis longtemps. Mes yeux ambrés se fermèrent un instant, avant de chercher à rencontrer ceux, au contraire brillants d'un éclat vert magnétique, de ma jumelle. Lorsqu'ils se rouvrirent, ils brillaient d'une lueur malicieuse enfin retrouvée, au moins pour quelques heures, quelques heures d'insouciance...

« Attrape-moi si tu peux ! » lui lançai-je avant d'accélérer l'allure.

Un rire d'abord léger s'échappa de ma gorge pour finalement devenir de plus en plus sonore. Au diable la prudence ! Je me fichais de savoir qui pouvait nous entendre, et ne pensais encore moins à qui nous pourrions rencontrer au bout du chemin que je croyais sans fin. Et pourtant là-bas, de l'autre côté du chemin du tonnerre vers lequel nous nous dirigions, quelqu'un venait vers nous, quelqu'un qui se reconnaîtrait sûrement dans les yeux de ma sœur... mais certainement pas dans les miens.

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Murmure Éternel
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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Ven 7 Aoû - 23:50

• MURMURE ÉTERNEL ;


La journée avait été banale pour Murmure Éternel, qui vaquait toujours à ses occupations en solitaire jusqu’à la fin du jour. Il avait patrouillé pour le Clan, aidé un apprenti à ramasser de la mousse (il avait fait sa bonne action du jour autrement dit), mais ce qu’il passait le plus clair de son temps à faire, c’était chasser. Cela lui permettait à la fois d’être seul, de se dépenser, et d’agir pour son Clan. Un moyen infaillible pour être tranquille et s’occuper. Avoir la tête qui ne pense à rien d’autre que savoir où poser la patte et quand bondir, voilà qui lui convenait plutôt bien. Pas besoin de réfléchir toujours au bon et au mauvais de sa vie, aux questions existentielles que chacun se posait forcément, pas besoin non plus de se torturer l’esprit sur tout ce qu’il vivait ou avait vécu. Il essayait, tant bien que mal, de tirer un trait sur sa vie du passé et de devenir une bonne fois pour toute quelqu’un de normal. Ou du moins, quelqu’un de banal, avec une vie banale, et qui n’avait à se soucier de rien d’autre que manger, dormir, et servir son Clan. En somme, il voulait être un guerrier fidèle. Mais ça n’était pas tous les jours facile. Et s’il choisissait un mode de vie comme celui-ci, c’était peut-être par facilité. Ou par peur de faire face à ce qu’il était, et ce que la vie avait fait de lui. Mais ce soir là, il ne parvint pas à trouver le sommeil quand il fut l’heure. L’air chaud de l’été lui était difficilement supportable avec son pelage un peu long, et il avait de toute façon toujours eu du mal à supporter la chaleur. Dans le ciel, les étoiles brillaient. C’était un soir de pleine lune, et le ciel nimbé d’argent était éclairé par cette grosse sphère illuminée qu’était cette si jolie lune qui veillait sur tous.

Murmure Éternel sortit de la tanière des guerriers en silence. Il avait besoin de prendre l’air, et le temps semblait pour lui être aux réflexions qu’il repoussait. Parce qu’il fallait forcément un jour, faire face à sa réalité. Qu’en était-il de lui aujourd’hui exactement ? Quelques lunes auparavant, il avait quitté son Clan de sang pour rejoindre un Clan qui devait faire de lui une personne enfin libérée d’un fardeau qui avait toujours pesé sur lui. Mais comment expliquer cette histoire, son histoire ? Personne ne pouvait le croire, personne ne pouvait comprendre qu’il était parti à cause d’un fantôme qui lui hantait l’esprit, et semblait à l’origine d’une malédiction dans laquelle tous les êtres que le guerrier roux aimait, venaient à mourir. Personne ne pouvait comprendre qu’on puisse abandonner son Clan, et son cœur, pour une autre vie qui n’avait rien à voir. Mais il l’avait fait. Pour se libérer, pour mettre un terme à l’emprise que feu son père avait sur lui. Ou peut-être, mettre fin à un cauchemar que Murmure Éternel s’était construit tout seul, à force de peur, de larmes, de sang, et de tant de choses horribles auxquelles il avait assisté. Mais cela encore, c’était difficile à expliquer. Le guerrier huma l’air humide, grâce à la lune il faisait clair comme en plein jour, alors Murmure Éternel sortit du camp et s’offrit la nature nocturne comme fabuleux spectacle, en s’enfonçant dans la forêt. Les arbres dessinaient au sol de drôles d’ombres que la lune créait de sa lumière. Il n’emprunta aucun chemin, et laissa son instinct le guider vers l’endroit où semblait être resté une partie de lui qu’il ne pourrait jamais oublier.

Évidemment, le félin roux se retrouva rapidement près du territoire du Clan de l’Ombre. Ici, un air familier flottait, pourtant rien n’était plus comme avant. Quand il regardait ces terres sombres, il ne savait plus quoi penser. Ses yeux vert foncé semblaient tristes, comme à leur habitude, et le chat contempla en silence le territoire qu’il avait quitté. Ce soir là, il fût bien décidé à faire la part des choses importantes dans sa vie. Il fallait qu’il arrête d’osciller entre deux Clan, et en prenant une bouffée d’air, il se résigna à quitter pour de bon le Clan de l’Ombre. Non pas qu’il ne l’avait pas quitté parce que physiquement –c’est évident- il l’avait quitté, mais psychologiquement ça n’était pas la même chose. Ce soir là, il voulait prendre un peu sa vie en main. S’il avait décidé de partir, s’il avait osé faire quelque chose de sa vie, alors il devait terminer le travail. Il n’avait pas le droit de laisser inachevée la chose qui était censée rendre sa vie plus belle. Alors effectivement, il fallait qu’il renonce à ce qu’il s’étendait devant lui. Et il devait accepter et être fier d’être à présent un guerrier du Clan du Tonnerre. Murmure Éternel ferma les yeux un instant, et il soupira. Des souvenirs le submergeaient, tantôt heureux, tantôt affreux. Il avait vécu tant de choses ici … C’était si loin maintenant. En ouvrant les yeux, il pria pour voir une silhouette rousse s’approcher de lui, ou même courir vers lui, et lui offrir l’étreinte dont il avait tant besoin. Il se sentait seul, tellement seul depuis qu’il n’était plus avec elle … Mais la silhouette ne vint jamais, et il ne sentit pas la douce odeur de la féline qu’il attendait tant. Qu’était-elle devenue ? Pensait-elle à lui ? Et devrait-il elle aussi, l’oublier un jour ? Le guerrier se refusa de penser à cela. Il savait qu’un jour, quelque chose se passerait peut-être, et les mènerait quelque part où ils pourraient être ensemble, heureux.

Mais l’heure n’était pour le moment pas à cela. Les souvenirs s’évaporèrent aussi vite qu’ils étaient arrivés, et la réalité refit surface. Le paysage était toujours noir et blanc, si douce nuit teintée de perle, et il était toujours assit dans la Terre à fixer au loin. Peut-être était-ce la dernière fois qu’il viendrait ici. Son regard se perdit au loin, et il se murmura qu’ici sonnerait ce soir la fin d’un chapitre pour lui. Murmure Éternel se leva, observa une dernière fois le paysage qui l’entourait. Il regretta un instant l’existence si difficile de ces frontières claniques, puis il renonça à s’occuper de cela. Il avait bien d’autres problèmes à traiter avant. Sa queue chassa l’air nerveusement, et il se promit d’arrêter d’avoir la patte entre deux Terres, et le cœur entre deux Clans. Il n’avait pas le droit après tout, et cela lui faisait du mal. Ça le rendait triste. Il avait tant espéré une vie parfaite qu’il n’avait finalement pas trouvé … Mais il était de toute évidence un peu trop pessimiste. Enfin cela, c’était sa nature, on ne pouvait pas le changer. Il fallait toujours qu’il voie le mauvais côté des choses, s’imagine les pires situations, et n’ose que rêver sans agir parce que la peur et l’absence d’espoir qui le motive avaient fait de lui ce qu’il était : quelqu’un de négatif –la plupart du temps, du moins–. Enfin, revenons aux faits. Murmure Éternel souffla, et fit demi-tour. Il fallait qu’il quitte le territoire de l’Ombre. Même si les patrouilles à cette heure-ci se faisaient rares, il n’était pas en sécurité. Surtout lui membre fuyant de l’Ombre, on se ferait un plaisir de lui arracher quelques touffes de poil. Et il ne fallait pas non plus qu’il laisse se poser son odeur, car on saurait à qui s’en prendre, et les guerriers de l’Ombre ne rigolaient de toute évidence pas avec leurs frontières –comme tous les clans, me diriez-vous–. Alors il foula une dernière fois les terres qui n’étaient plus les siennes,  se résigna à ne franchir cette frontière qu’en cas d’extrême urgence –même s’il doutait qu’il y en ait une un jour–, et marcha droit sans se retourner.

Quand il arriva au chemin du tonnerre il s’arrêta. C’était à présent la dernière chose qu’il devrait franchir pour être sur les terres du Tonnerre, sur ses terres … Ses oreilles se couchèrent, il était mentalement complètement perdu. Il aurait aimé avoir quelqu’un à qui tout confier, quelqu’un qui l’aide et le conseille sur la marche à suivre mais de toute évidence il était seul, et à sa connaissance il n’existait pas de mode d’emploi du bonheur. Un nuage vint voiler la lune, tout s’assombrit soudainement. Le silence qui régnait fut brisé par des cris lointains, mais Murmure Éternel ne le remarqua même pas. Il s’approcha du chemin du tonnerre, se tapit sur le sol, et se concentra sur les vibrations du bitume qu’il avait sous les pattes avant. Rien ne bougeait, pas un tremblement même éloigné, pas une lumière aveuglante de phares, alors il devait y aller. C’était le moment, le bon et le dernier moment pour s’élancer une bonne fois pour toute. Le grand guerrier prit une inspiration, et fila comme une flèche pour rejoindre l’autre côté. L’air changea déjà de parfum, et à présent son odeur n’était plus étrangère au sol qu’il foulait. Il était ici chez lui … C’était ancré dans son pelage maintenant. Même s’il avait gardé certaines manières du Clan de l’Ombre, les techniques de chasse et de combat, il avait aussi appris celles du Tonnerre et maintenant les deux faisaient partie de lui. Et ce à part entière. Il s’arrêta, la mâchoire entrouverte, et se retourna. Il était de son côté de la route, et il fixa la forêt sombre comme s’il regardait un film qu’il connaissait par cœur. Ses deux yeux brillaient, encore un cri perça la nuit mais là encore, il était trop concentré sur autre chose pour s’en rendre compte. On pouvait voir au loin ses yeux briller, et sentir son odeur forte de félin des bois. Ses paupières clignèrent, le rythme de son cœur se ralentit petit à petit, et la symbiose entre lui et la forêt fut telle qu’on aurait pu passer près de lui sans même se rendre compte qu’il était là. Ce fut comme s’il s’offrait pour de bon à la forêt du Tonnerre, différente de celle qui était de l’autre côté. Les conifères l’entouraient, et maintenant il aimait la fragrance si spéciale qu’ils dégageaient. C’était drôle à dire, mais il se sentit soudain apaisé, comme si ce dernier détour par l’Ombre l’avait soulagé d’un poids qu’il n’avait pas osé lâcher, depuis le temps. Maintenant il devait penser Tonnerre, agir Tonnerre.

Dommage que Murmure Éternel soit loin de se douter que deux créatures joyeuses couraient vers lui, et perturberaient sans le savoir son plan de mise au point émotionnelle si bien échafaudé …
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MURMURE ÉTERNEL - NUAGE DE RÉVOLTE

MURMURE  no one believes in second chances Ҩ « Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. » Perdu. Il était perdu. Dans un Clan qui n’était pas le sien, dans un univers qui ne lui ressemblait pas, dans un monde qui ne voulait pas de lui. Dans un endroit où il ne se sentait pas chez lui. © Laëlix

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Dernière édition par Murmure Éternel le Mar 13 Oct - 23:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Lun 17 Aoû - 13:25


Quel plaisir de revoir Poésie des Ours sourire et rire. Cet échange dans nos regards, ce bonheur partagé, j'espérais que cette étincelle viendra plus souvent entre nous. Nous devions rester soudés, nous étions tout ce qu'il reste à l'autre, car personnellement, je me sentais de plus en plus éloignée de ma mère. Elle nous parlait plus et nous retenait au camp comme des otages. Là où d'autre voyait une protection et de l'affection, je voyais juste de la peur et de l'égoïsme. Mais je n'allais pas penser à elle durant ce moment. Je laissai mon rire se joindre à celui d'Ours, et dans ses yeux se trouvaient une lueur de défi. Il me proposa de faire la course, et même, il sous - entendait que je ne pourrais pas le rattraper. Je baissai la tête pour avoir plus d'aérodynamisme et bondai mes muscles.

" Héhé, je te rappelles qu'on ne m'a pas appelée Caresse de l'Aile pour rien, vieux frère ! "

J'augmentai ma vitesse et rattrapai facilement mon frère. Entre nous deux, c'était moi la chasseuse la plus rapide du clan de l'Ombre ! Bien sûr, je n'égalais pas le plus rapide guerrier du clan de vent mais je ne me débrouillais pas si mal. Puis, Poésie des Ours avait plus une carrure pour les combats, ses larges épaules bloquait l'air tandis que je filais comme le vent. J'arrivais tout derrière lui, et là, je poussai d'une grande force sur mes pattes  arrières et sautai au - dessus de lui. Un matou impressionné, un ! Je retombai devant lui avec grâce avant de lui tirer la langue et de continuer ma course. Dorénavant qu'on était plus loin, je ne pus m'empêcher de crier une sorte de cri de victoire. Les aiguilles volèrent derrière moi, ma fourrure mi - longue comme ma mère, ma paraissait légère et fraîche pour une fois. Nous arrivions bientôt au Chemin du Tonnerre, je lançai à mon tour un défi à mon frère. Il a voulu tester ma rapidité, alors je vais tester sa force.

" Attaque surprise ! "

Il n'y avait rien de méchant dans ma voix, plus une joie de chaton qui se battrait avec sa fratrie. Je plantai les griffes d'une de mes pattes avant dans le sol d'aiguilles  pour faciliter mon demi - tour. Je me pensais me trouver face à Poésie des Ours, mais il était tout de même plus rapide que ce que je ne l'avais imaginé. Quand il arriva, je me le pris dans mon flanc. Prise de côté comme cela, je ne pouvais pas me rattraper et le choc me fit rouler en bas de la côte, sans doute comme le matou brun car je venais de tomber dans ses pattes. Je m'arrêtai sans encombres, j'avais juste la tête qui tournait fortement à cause de cette grosse culbute. Je me mis en position couchée avant de rire de plus belle une nouvelle fois.

" Par le clan des Etoiles, cela faisait longtemps que je ne m'étais pas amusée comme ça ! "

Je me relevai en m'étirant - je venais de tomber quand même - et me secouai pour faire tomber toutes les crasses qui s'étaient emmêlées dans mon pelage noir de jais. Quand je commençais à faire ma toilette pour enlever les résidus rebelles, mais soudain, je sentis une autre odeur que la mienne et celle de mon frère. Le clan du Tonnerre, un de leur guerrier avait piétiné notre territoire. Mes poils se hérissèrent à cette découverte. Etoile de Mystère avait - elle eu raison, le clan était menacé ? Je me rapprochai près de mon frère, espérant que lui aussi avait senti l'odeur, mais je le prévins quand même.

" Dit, Ours, tu sens toi aussi cette fragrance de feuillus ? " Je fis un geste de la tête vers la frontière Ombre et Tonnerre. " Cette sortie sera plus intéressante que ce qu'on avait prévu. "

Et je ne savais pas à quel point j'avais raison en disant ses paroles, que j'allais découvrir une chose si intéressante que ça allait chambouler mon existence. Mais pour l'instant, j'avais juste affaire à un inconnu. Sans attendre la réponse du jeune guerrier, je me mis à suivre la piste et une fois à la limite entre les deux territoires, je pouvais encore percevoir un félin à la fourrure rousse. Je ne le reconnaissais pas, je ne connaissais pas beaucoup les chats des autres clans vu que ma mère me refusait d'aller aux Assemblées. Je plantai mes griffes dans le sol à cette pensée. J'adorais rencontrer des gens de tous clans. Aah, pourquoi avais - je penser à cela ? J'aurais pu interpeller le félin du tonnerre plus gentiment mais repenser au refus d'aller à l'Assemblée m'avait rapidement mit de mauvaise humeur. Je criai donc :

" Et toi là ! Ne pense pas t'en tirer comme ça ! On sait que tu es venu sur notre territoire ! Viens nous donner des explications si tu ne veux pas qu'on aille tout raconter à Etoile de Mystère. "

Je n'avais pas peur. J'avais Poésie des Ours et lui, il était seul. Sauf qu'il était trop loin pour que je puisse voir si ce chat était frêle, ou une montagne de muscles. Je me collai contre mon frère quand il fut près de moi, quand même parcourue d'un doute..

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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Ven 28 Aoû - 19:28


Je fus ravi de la réaction de Caresse de l'Aile suite à ma provocation, qui fonctionna comme prévu : elle se prit au jeu et accéléra, aussi légère que son nom le laissait présager. Elle me rattrapa rapidement et je l'accueillit avec une mine faussement outragée : comment osait-elle m'appeler « vieux » frère ? J'allais lui faire regretter son impertinence ! J'avais trouvé une réplique à son insulte et tournai la tête vers elle lorsqu'elle bondit au-dessus de moi. Mon regard ne rencontra donc que le vide derrière moi et mon sourire disparut tant j'étais surpris. Mais immédiatement après je compris, et surpris son expression moqueuse alors qu'elle me tirait la langue et accélérait de plus belle. Malgré mon orgueil blessé, je ne pouvait nier que j'étais impressionné. Dans ma tête, ma sœur était toujours la même chatonne affectueuse et prudente que dans mes souvenirs d'enfance ; mais en la voyant maintenant, filant plus vite que le vent, belle et libre, je me rendais compte qu'elle avait grandi. Que nous avions grandi.

Son cri de victoire interrompit mes songes éveillés et m'arracha un sourire. Au fond, nous étions toujours des enfants. C'est avec cette certitude ancré au cœur que j'accélérais l'allure afin de la rattraper, toujours déterminé à gagner cette course. Mais c'est ce moment-là que choisit Caresse de l'Aile pour se retourner brusquement avec un « avertissement » que je n'eus même pas le temps d'entendre. L'impact fut rude, et nous projeta sur le lit d'aiguilles qui tapissait cette partie de la forêt. Mais, entraînés par notre poids, nous dévalâmes la petite côte qui bordait le chemin du tonnerre malgré tous mes efforts pour stopper notre chute. Lorsque nous atterrîmes une dernière fois au sol j'eus le souffle coupé, car ma sœur se trouvait sur moi – et croyez-moi, elle n'était pas aussi légère qu'une plume !

« Ne... recommence... plus... jamais ça ! » arrivai-je finalement à articuler entre deux fous rires essoufflés. J'avais mal aux côtes, mais notre chute n'y était pas pour grand-chose : l'hilarité me gagnait à mon tour. Mes yeux jaunes brillèrent de malice, et il était clair que je partageais son point de vue : cela faisait une éternité que je ne m'étais pas senti aussi léger. « Quoique, avec cette technique, tes ennemis n'ont aucune chance. » Je lui fis un clin d’œil avant de me lever à mon tour ; je serais bien resté allongé à paresser toute la soirée, mais l'excitation de Caresse de l'Aile était contagieuse, et j'étais impatient de voir quelles surprises nous réservait la suite de notre évasion. Il fallait profiter au maximum de ces quelques heures de liberté que nous avions dérobées...

Alors que je m'apprêtai à étirer mes muscles endoloris, je m'aperçus avec effroi de l'état de mon pelage, d'ordinaire si brillant ; à cet instant, il était parsemé de mousse et de terre, sans parler de la saleté qui s'y était incrustée. « Regarde dans quel état est ma fourrure, je suis tout poussiéreux ! » bougonnai-je, sans grande conviction toutefois. Mais ma sœur ne m'écoutait déjà plus, je la vis humer l'air avec intérêt. Avant que j'aie le temps de l'imiter, elle se rapprocha à nouveau de moi, l'air soucieux. Je détestais cet air là sur son visage ; je préférais de loin son sourire radieux de tout à l'heure. A son invitation, je l'imitai, mais ne décelait aucune odeur particulière ; mais avant que j'aie pu lui suggérer que son imagination lui jouait des tours, elle s'était déjà mise en route. Je la rejoignis avec un soupir, encore perplexe face à sa découverte.

Mais peu de temps après, je dus admettre qu'elle avait raison, car un félin se trouvait bel et bien à quelques distances de la frontière. Il avait très bien pu se tenir de leur côté du chemin du tonnerre avant de le traverser : sur ce point, je faisais confiance à ma sœur. Ce qui ne m'empêcha pas de fixer l'inconnu avec nonchalance ; qui était-il pour nous ? Juste un félin roux, sorti d'on ne sait où, et qui disparaîtrait aussi vite qu'il était apparu... Pourquoi, alors, Caresse de l'Aile s'entêtait-elle à l'interpeller ? Honnêtement, je me fichais de qui allait et venait sur notre territoire, puisque j'aimais moi-même vagabonder où bon me semblait sans me soucier des frontières. Je n'avais pas cette pulsion guerrière de protéger à tout prix ce qui était mien : le monde m'appartenait, alors à quoi bon se fatiguer ? Mais allez expliquer ça à ma mère... je doutais même que ma sœur comprenne, et cette pensée me mit mal à l'aise. Mais encore une fois, elle se rappela à moi en se collant contre mon pelage, comme si elle était soudain apeurée. Cela me prit au dépourvu mais je ne laissai rien paraître, préférant comme toujours jouer la carte de la dérision. « C'est ça, bonne idée, de raconter à maman que l'on s'est enfuis et que l'on a fait la rencontre d'un intrus sur nos terres par la même occasion, ça la rassurera beaucoup... » lui chuchotai-je à l'oreille. Quant au guerrier du Clan du Tonnerre, je me contentai de le regarder d'un air de défi, me demandant s'il allait oser s'approcher comme ma sœur le lui commandait, ou s'il choisirait plutôt de s'enfuir... Et alors, quoi ? Caresse de l'Aile déciderait-elle de se lancer à sa poursuite à travers les bois ?

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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Mer 16 Sep - 18:47

• MURMURE ÉTERNEL ;


Murmure Éternel s'apprêtait à se retourner pour repartir en direction du camp du Tonnerre, quand un cri perça le silence de la nuit dans la forêt. Cette fois-ci, il l'entendit. D'abord, il ne sût exactement déterminer la provenance des sons qui lui parvenaient, et à mesure que ceux-ci s'approchaient, il pu distinguer des voix. Qui venait donc traîner ici à cette-heure là de la nuit ? Ça n'était pas l'heure pour une patrouille, il le savait bien. Et ces félins qui venaient ne se rendaient sûrement pas compte que leur euphorie était bien trop bruyante. Étonnant, qu'on s'aventure ainsi … Le guerrier roux devait faire demi-tour, partir, il était certain qu'on sentirait son odeur sur le territoire de l'Ombre, et il semblait que les individus s'approchaient dangereusement de la frontière, bien qu'elle fût marquée par le chemin du tonnerre. Pourtant, le mâle ne bougea pas. Les oreilles pointées, il écoutait. Sa curiosité s'était éveillée, elle qui pourtant semblait avoir disparu depuis longtemps. Mais il semblait que ce définitif détour par le territoire de l'Ombre l'ait libéré d'un poids, et que sa légèreté nouvelle l'autorisait à un peu plus de … Vie. N'était-ce pas naturel d'être un peu curieux ? D'accord, c'était sûrement parce qu'il était question de membres de l'Ombre. Et il avait envie de savoir si c'était des figures qu'il avait déjà vu. Tapis dans les buissons, ses yeux verts brillaient. On pouvait sans nul doute les voir depuis l'autre côté de la route. Bientôt, les bruits se turent. Sans doute que les félins adverses venaient de sentir le léger parfum boisé qui flottait anormalement sur leurs terres … Mais peu importe. Le félin du tonnerre ne cilla pas. Il attendait, secrètement, de savoir si les chats de l'Ombre le voyaient. Pour l'instant, lui ne les voyait pas. Mais il discernait deux silhouettes à travers les branches. Ainsi, ils n'étaient que deux, pas de quoi s'inquiéter beaucoup … Murmure Éternel était un guerrier très robuste. Musclé, il était plutôt grand et avait les épaules bien carrées. C'était un mâle, un vrai, un combattant. Et il n'avait peur de rien. Puis une voix féline s'éleva, depuis l'autre côté.  

« Et toi là ! Ne pense pas t'en tirer comme ça ! On sait que tu es venu sur notre territoire ! Viens nous donner des explications si tu ne veux pas qu'on aille tout raconter à Etoile de Mystère. »

Murmure Éternel étouffa un ricanement, tout en sortant de sa cachette. Il était à présent en terrain dévoilé, et avait bien vu que quelques mètres devant lui, il ne s'agissaient que de deux jeunes chats. Sans doute à peine devenus guerriers. Il les toisa du regard, sans gêne, en haussant les sourcils. L'une était toute noire, et possédait deux magnifiques yeux vert, c'était elle qui avait parlé. L'autre s'agissait d'un mâle, assez grand, sans doute un peu plus que la moyenne, au pelage brun un peu poussiéreux et aux étranges yeux jaunes. Ils ne se ressemblaient pas. Les deux jeunes s'étaient collés l'un contre l'autre, et Murmure ne put s'empêcher de les regarder comme s'il s'agissait de misérables chatons apeurés. Dressé face à eux, le grand mâle arborait une attitude tout à fait décontractée. Sa voix grave résonna dans la nuit, contrastant avec celle, plus aiguë, de la chatte noire.

« Oh, comme j'ai peur ! Et croyez-vous qu'Etoile de Mystère serait contente d'apprendre que deux jeunes imprudents sont sortis en pleine nuit, sans autorisation je suppose ? Et vous, quelles sont vos explications ? »

Habituellement il ne parlait pas beaucoup, mais là il n'avait pas résisté à la tentation de les envoyer gentiment voir ailleurs. Peut-être était-ce parce que finalement, c'était lui le fautif ? Plus facile de détourner la conversation que de faire face à ses propres actes. En attendant leurs réponses, le rouquin les observa. Certes, ils n'étaient pas tout près, et la route qui les séparait ne lui permettait pas de distinguer les détails de leurs corps de jeunes guerriers. Il les fixait, froid, et attendait que l'un deux bouge. Sûrement que ces deux là s'étaient laissés entraîner par la curiosité dont la plupart des jeunes faisaient preuve. Qui n'avait jamais rêvé de toute façon d'enfreindre une règle et de vagabonder à son gré ? Ceci étant dit, malgré leur réaction plutôt enfantine, ils semblaient avoir l'âge d'être devenus guerriers et par conséquent, leurs sorties ne devaient plus être si limitées que ça. Peu importe, leur attitude avait été telle qu'il avait un peu oublié qu'ils étaient sûrement guerriers … Murmure Éternel secoua la tête, impassible, et fixait l'obscurité de ses deux prunelles émeraude. Il voulait qu'ils viennent jusqu'à lui, et testait leur audace d'un regard qui en disait long. Lui, il se l'était promis, ne bougerait pas.

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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Lun 28 Sep - 22:56

Mon frère s'était joint à moi mais me fit aussi vite comprendre que ma réaction ne fut pas intelligente. Qu'est - ce qu'il se passerait si effectivement il se rendait et qu'on devait l'amener à Etoile de Mystère ? On serait dans un bien beau pétrin. Mon orgueil venait d'être blessé suite à la remarque de mon acte enfantin. Je pinçai ma bouche et ma queue battait de droite à gauche, preuve du fait que cela m'avait ennuyée. Je chuchotai donc à Poésie des Ours :

" Bah, prends pas toutes mes paroles au sérieux, bien sûr que je ne vais pas l'emmener à notre mère, je ne suis pas folle. Mais par contre, je suis curieuse, je veux juste m'amuser ! "

J'agitai mes moustaches pour accentuer mon dernier mot et remmenai mon regard sur le dernier endroit où j'avais vu la silhouette rousse. Il avait bouger, c'était sûr. Je me tus et calmai ma respiration, me concentrant alors sur les sons, car le Chemin du Tonnerre masquait toute légère trace d'odeur à ses proches alentours. Un crissement de feuille, mes oreilles s'orientèrent vers la source du bruit et je retrouvai enfin notre cher invité de ce soir. Il s'était bien rapproché, et on pouvait un peu plus observer son physique. Tout d'abord, il était beaucoup plus grand que je ne l'avais pensé, et cela me fit déglutir, regrettant tout de même mon intervention de plus en plus. Son visage était de marbre et ses yeux froids. Il faisait assez peur à la base mais je dois avouer que le voir sourire et prêt à "jouer" lui aussi me fit un peu sursauter.

" Oh, comme j'ai peur ! Et croyez-vous qu'Etoile de Mystère serait contente d'apprendre que deux jeunes imprudents sont sortis en pleine nuit, sans autorisation je suppose ? Et vous, quelles sont vos explications ? "

Ma queue rebattait horizontalement de plus belle. Mon orgueil vient d'être touché deux fois sur la même soirée, et même si ma réputation me dit gentille et généreuse, j'ai aussi du respect pour moi - même. Je fis la moue et répondit au guerrier du Tonnerre.

" Je ne vois pas en quoi on doit se justifier, après tout, nous sommes des guerriers de l'ombre, bien sûr qu'on a le droit de sortir la nuit sur notre territoire. "

Je terminai ma phrase en tournant ma tête, que je dressai haut, du côté où il n'y avait pas mon frère et en fermant les yeux, toujours avec une expression de fille blessée intérieurement sur le museau. Je donnai un léger coup de queue au matou brun pour qu'il rajoute quelque chose, il avait toujours les plus belles phrases en réserve pour clouer le bec des guerriers.

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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Ven 9 Oct - 20:12

Manifestement, ma remontrance vexa ma sœur, qui montra son agacement d'un mouvement de la queue et d'une expression pincée que je ne connaissais que trop bien, et qui ne ratait jamais de m'arracher un sourire. Parfois elle prenait des airs de grande dame terriblement drôle et je supposais qu'elle était la seule à ne pas se rendre compte du caractère enfantin de sa réaction. Mais qui étais-je pour juger ? Pour autant, sa réponse me fit hausser les yeux au ciel. Je ne savais pas Caresse de l'Aile aussi rebelle, à croire qu'elle tenait à profiter de notre escapade nocturne pour désobéir le plus possible à notre mère... Je découvrais chez elle une soif de liberté que je n'avais soupçonnée ; et, comme si cette compréhension nouvelle des motifs de ma sœur participait à nous rapprocher davantage, je me mis à partager sa curiosité. Après tout maintenant que nous étions là, pourquoi ne pas aller jusqu'au bout ? Songeur, j'observai l'inconnu dont le visage était désormais à portée de regard, et frissonnai. Ce n'est pas parce qu'il m'intimidait particulièrement maintenant que je le distinguais clairement, ni parce qu'il arborait une expression joueuse presque effrayante, non, c'est parce que l'éclat vert de ses yeux m'était curieusement familier. Je pensai alors que cette couleur était due à la forêt qui l'habitait, lui le guerrier des bois, lui le parfait inconnu... L'éclat froid des étoiles naissantes jeta une ombre presque acérée sur son visage.

Je me perdis presque dans la contemplation de ce visage alors que je le fixais, toujours silencieux. Je ressentais sa mise au défi aussi clairement que si elle avait été prononcée à voix haute, et je savais que ma sœur ne se laisserait pas faire de la sorte. Aile me donna un coup de queue pour m'inciter à parler mais c'était inutile car j'étais déjà prêt à me lancer dans le jeu. Elle-même avait répondu avec fougue aux accusations du félin, et je riais intérieurement de son mensonge. Bien sûr que non, nous n'avions pas le droit de sortir en pleine nuit, fut-ce même pour arpenter les terres de notre clan, mais n'était-ce pas justement l'intérêt de la sortie de ce soir ? De mon côté, je ne ressentais aucune honte à avouer notre désobéissance, car aucune règle n'était assez légitime à mes yeux pour que je songe à les respecter. C'est pour cette raison que je ne pris pas la peine de me défendre comme l'avait fait ma sœur, et préférai au contraire faire preuve d'une étonnante sincérité. Et tant pis si elle me reprochait de la contredire, je ne craignais pas sa réaction, mais étais au contraire très curieux de la sienne à lui.

« Pour avoir l'audace de telles paroles, il faut que tu soies bien sûr de toi... Mais tu te trompes, car nous sommes libres, plus libres qu'un guerrier respectueux des règles ne le sera jamais. N'est-ce pas de la même liberté dont tu as voulu te nourrir ce soir ? Tu devrais le comprendre. Nous n'avons pas besoin de l'approbation de notre mè... d’Étoile de Mystère, me repris-je immédiatement. Ce n'était pas parce que je rechignais à dévoiler l'identité de notre génitrice, non, mais bel et bien parce que je ne voulais pas risquer de nous attirer des moqueries supplémentaires. Elles ne manquaient pas au clan, lorsque l'on se riait de notre captivité identique à celle des apprentis et des chatons, couvés par une mère qui s'inquiétait sans doute trop. Pour moi, le Traître était mort et enterré. Que craignait-elle, que l'on rencontre un intrus comme celui que nous avions actuellement en face de nous ? Je n'étais pas comme elle. Je ne ressentais pas une bouffée de peur à chaque inspiration. Quel danger pouvait bien abriter ce monde qui nous avait vus naître ? Car si j'en étais le souverain, comme je pensais l'être, ne devrais-je pas pouvoir arpenter ce royaume sans crainte ? Que penser, alors, de cet inconnu qui pensait m'intimider par des semblants de menaces et de reproches... mais quelle influence pensait-il avoir sur nous ?

« Ne sois pas si possessif avec ce qui n'est pas à toi : la nuit appartient à chacun. » finis-je par rajouter, un sourire au lèvres.

Les mots me venaient aussi naturellement que l'air que je respirais ; j'exprimais ma pensée comme la nuit déploie ses ailes. Celle-ci était partout autour de nous, profonde et pleine de mystères. Le vent nous apportait ses murmures, autant de promesses d'aventures qui m'attiraient comme un aimant. Je brûlais de m'élancer à nouveau vers elle, mais pour une obscure raison, ma sœur s'entêtait à parler avec cet intrus rencontré par hasard. Quel intérêt pouvait-elle lui trouver, lui qui n'était qu'un fantôme de passage ? Demain, à l'heure où pointeraient les premières lueurs de l'aube, je l'aurais déjà oublié.
Ou peut-être pas ?

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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Mar 13 Oct - 23:29

• MURMURE ÉTERNEL ;



Visiblement, Murmure Éternel piqua en son cœur l’audace de la jeune chatte noire. Cette dernière lui répondit du tac-au-tac, tout en faisant la moue. Cela lui donnait un air enfantin un peu mignon, quand même.

« Je ne vois pas en quoi on doit se justifier, après tout, nous sommes des guerriers de l'ombre, bien sûr qu'on a le droit de sortir la nuit sur notre territoire.»

La femelle sembla donner un coup à son frère, mais Murmure Éternel était trop loin pour le voir ou pour entendre s’ils se parlaient entre eux ou pas. En tout cas, ce fut au tour du mâle de parler, bien plus serein que sa camarade de clan.

« Pour avoir l'audace de telles paroles, il faut que tu soies bien sûr de toi... Mais tu te trompes, car nous sommes libres, plus libres qu'un guerrier respectueux des règles ne le sera jamais. N'est-ce pas de la même liberté dont tu as voulu te nourrir ce soir ? Tu devrais le comprendre. Nous n'avons pas besoin de l'approbation de notre mè... d’Étoile de Mystère. Ne sois pas si possessif avec ce qui n'est pas à toi : la nuit appartient à chacun. »

Murmure Éternel frissonna. Le début de mot qui avait échappé de la bouche du guerrier … L’intriguait. Qu’avait-t-il faillit dire ? Avait-il faillit dévoiler un secret, une chose compromettante que Murmure Éternel avait failli savoir ? Il était frustré de n’avoir pas entendu, mais finalement il décida qu’il réglerait ce problème plus tard. Le guerrier roux fixait le jeune guerrier de l’Ombre, et le regard qu’ils échangèrent était intense, empli d’un mystère et d’une force incompréhensibles. Le guerrier roux ne savait plus vraiment quoi dire, on venait un peu de lui couper toute répartie qu’il aurait pu avoir. Il n’avait jamais été un grand bavard, alors son regard cessa de briller de cette lueur de défi qui s’élançait juste à l’instant précédent … Et il reprit son habituelle froideur. Il n’aimait pas qu’on lui réponse comme ceci, il n’aimait pas devoir montrer qu’il était loin d’être un as de la parole, et qu’il n’avait jamais les mots justes, ou biens placés dans une conversation pour avoir l’air juste un peu malin. C’était aussi pour cela, qu’il ne parlait quasiment pas. Alors, pendant un petit moment, un silence s’installa dans la nuit. Il n’y avait autour d’eux que la lueur de la lune, assez forte pour qu’ils puissent bien se voir, même de relativement loin. Le vent portait les paroles de l’un à l’autre, et le guerrier du Tonnerre ne bougeait plus. Les frissons de la forêt rendirent l’ambiance encore plus mystérieuse, presque inquiétante. Son pelage roux détonnait beaucoup dans la noirceur de la nuit, alors que les deux guerriers en face de lui avaient un pelage plutôt sombre dans l’ensemble, ce qui les rendait bien moins visibles que lui. Le mâle avait souri après sa réplique, et Murmure Éternel avait perdu toute émotion. Tandis que le silence commençait à peser, sa voix glaciale perça la nuit pour s’envoler jusqu’à eux.

« Venez donc un peu plus près, chasseurs de liberté. »

Ainsi, il les mettait au défi. Le guerrier de l’Ombre avait raison, Murmure Éternel était allé chez eux parce qu’il se sentait bien plus libre que n’importe quelle règle qu’on voulait lui imposer. Alors c’était à eux maintenant, de prouver qu’ils étaient capables d’être à la hauteur de leurs paroles. Allaient-ils se laisser entraîner par cette promesse d’aventure ? Il savait qu’il les incitait à transgresser le code du guerrier, mais visiblement ça n’était pas une chose qui semblait leur poser réellement problème, si ses intuitions étaient bonnes. Sa queue remua, frottée contre le sol épineux de la forêt du Tonnerre. Son pelage était reflété d’argent, et perdait toute couleur chaude en cette nuit si froide. Il était d’un roux clair, qui paraissait presque terne et endormi, sous la lueur de la lune qui, d’en haut, veillait sur ces imprudents guerriers qui se faisaient face et s’observaient, leurs esprits remplis de désirs de liberté et d’audace. De courage peut-être, d’imprudence sûrement …

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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Sam 21 Nov - 23:33


Quand je me retournai, j'étais contente de voir l'expression de mon frère, qui avait l'air déjà près à sortir ses armes lyriques. C'était ça le talent de Poésie des Ours. A sa stature, on pourrait croire que c'est un fort combattant, qu'il s'est entraîné dur lors de ses huit lunes de novice pour être un tas de muscles. Et bien non. Mon frère, c'est un cerveau. Il remet les chats à leur place rien qu'en parlant. Grace à ses dires, il est le roi, et il le fait vite comprendre. C'est pour ça que j'étais à l'aise malgré les défis du guerrier du Tonnerre. Je l'écoutais donc répondre à notre invité, ne pouvant m'empêcher de baisser les oreilles quand j'entendis les premières lettres de "mère". On a failli se faire passer pour des chatons. Mais malgré toutes les espérances que je mettais en mon frère, le roux ne se défila pas. Au contraire, son visage devint de marbre, et le silence qui régnait donnait froid dans le dos. La lune donnait un reflet étrange à sa fourrure rousse, un air fantomatique. Et puis il parla, d'une voix qui renforça cette ambiance glaciale.  

" Venez donc un peu plus près, chasseurs de liberté. "

Je ne savais pas quoi faire. Jusqu'ici, j'ai voulu aller vers lui, comme pour me prouver que j'étais une bonne guerrière pour mon clan. Mais, petit à petit, je me rendais compte que je fonçais tête baissée, puis quand on me titillait un peu, je me rabattais sur mon frère, cherchant sa protection. Je faisais n'importe quoi, juste par soif de liberté, et pour montrer à Etoile de Mystère qu'il était inutile de me retenir au camp comme un chaton. Or, à force de vouloir montrer que j'étais grande, j'agissais comme un bébé. Là, je sentais que je nous avais poussés trop loin, poussé à sortir, poussé à aller vers l'inconnu, poussé à lui tenir tête. Et là, on ne peut plus faire demi - tour, faute de paraître lâches... Qu'est - ce qu'il prévoyait donc ? De nous attaquer ? Pourquoi voulait - il que l'on s'approche ?

Je restai contre Poésie des Ours, là où je suis en sécurité. Je réfléchis, mon regard est perdu, mon esprit envolé dans mes questions.. Je me suis envolée trop, j'ai voulu voler jusqu'au soleil, et au moment où j'y suis, je rebrousse chemin de peur de me faire brûler. Non, ça ne se passera pas comme ça. Je suis là pour la liberté, je suis libre de dire ce que je veux, non ? Tant pis si j'ai l'air de ne pas réfléchir, tant pis si j'ai l'air d'un chaton, je suis comme ça, c'est ma liberté d'être. Alors je déglutis et avançai vers le guerrier du clan du Tonnerre, le regardant droit dans les yeux.

" Voilà, je suis là. J'imagine que je mets un peu d'Ombre chez vous, comme tu as osé mettre l'odeur du Tonnerre sur notre territoire. Qu'est - ce que tu nous veux alors ? "

Ma queue battait l'air encore, j'avais toujours mon air renfrogné. Je ne pouvais pas me défiler devant ce chat. Quelque chose au fond de moi me poussait à lui tenir tête, comme une enfant se rebellant contre ses parents..

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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Mar 12 Jan - 0:25

Je crus que l’autre ne répondrait pas, et ressentis le soudain silence comme une frontière bien plus imposante que celle qui était sensée séparer nos terres et nos corps. Car cet affrontement muet avait lieu entre nos âmes, nos regards tranchant comme des lames, notre volonté pour seul bouclier. Les yeux du guerrier s’étaient fait tout à coup glaçants, tout jeu oublié, et je finis par détourner les miens, vaincu, pour le moment du moins. Lorsque finalement le guerrier sylvestre répondit par une invitation aussi surprenante qu’envoutante, je relevai subitement la tête. Chasseurs de liberté ; ainsi nous avait-il nommés... L’idée me charma immédiatement. Un sourire se dessina à nouveau sur mon visage de dieu grec, resplendissant, et mes iris s’illuminèrent comme deux soleils nocturnes. Divin.

Quelques secondes s’écoulèrent puis je sentis ma sœur se détacher de moi pour s’approcher de l’inconnu et un courant d’air froid remplaça son pelage chaleureux contre le mien, me faisant frissonner. Je la regardai s’éloigner sans un mot, conscient qu’elle avançait sur un équilibre précaire. En franchissant la frontière, elle donnait une bonne raison au guerrier adverse de l’attaquer, et bien que celui-ci n’en montre aucunement l’intention, je ne pouvais m’empêcher de redouter qu’elle se soit en vérité jetée dans la gueule du loup. Pourtant je la laissai faire, après tout elle devait voler de ses propres ailes. Je n’allais certainement pas lui faire la morale alors que je me plaisais moi-même à enfreindre le Code du Guerrier allègrement… Pendant un instant je voulus imaginer qu’un autre clan se trouvait de l’autre côté de la frontière et qu’une autre silhouette, bien plus douce à contempler, m’attendait au-delà. Mais j’avais beau nourrir ces chimères, mon regard ne rencontrait que celui de cet autre, ce rouquin au pelage de fantôme qui déjà s’effaçait sous la lumière de la Lune.

Je persistais pourtant à le dévisager, comme si ce qui avait attiré ma curiosité en premier lieu insistait pour que je continue, que je vois au-delà, mais au-delà de quoi ? Caresse de l’Aile le questionna mais quant à moi, je peinais à me concentrer. Quelque chose, dans les tréfonds de ma mémoire, s’agitait comme un monstre endormi sur le point de se réveiller…. Ou comme un chat en proie à un cauchemar. « Et si… Mon regard se fit perçant, mes pupilles réduites à deux fentes malgré l’obscurité régnante. Et si c’était toi ? » lançai-je en direction du félin, réfléchissant tout haut plutôt que m’adressant réellement à lui. Sans donner plus d’explication, j’avalai la distance qui me séparait de ma jumelle d’un bond souple, sans toutefois dépasser cette ligne imaginaire qui nous fascinait tant depuis le début de la soirée. Proche d’elle à nouveau, je chuchotai ces mots à elle et elle seule, comme une confidence. Un soupçon dévoilé par la nuit. « Un guerrier roux du Tonnerre qui n’a pas peur de franchir la distance le séparant de l’Ombre, ça ne te rappelle pas quelqu’un ? Il pourrait s’agir de lui. Lui qui est venu au secours de Mère… Qu’en penses-tu ? »  

Les rumeurs allaient bon train depuis la dernière Assemblée… Non seulement le camp frissonnait encore à l’évocation des terrifiantes Etoiles Noires, mais il y avait également cette histoire selon laquelle un preux chevalier du Clan du Tonnerre serait accourue auprès de notre reine alors qu’elle appelait à l’aide. On racontait qu’il s’était précipité vers elle comme si sa vie en dépendait, insensible aux dizaines de paires d’yeux posés sur eux, qu’il l’avait réconfortée, qu’il s’était même blotti contre elle, oui, on racontait toutes sortes de choses au camp… Comment alors ne pas s’interroger ? Etoile de Mystère elle-même ne répondrait pas à nos questions, il était inutile de demander. Soit qu’elle en avait honte, soit qu’elle préférât nous le cacher ? Mais trop de secrets entouraient déjà notre existence, trop de zones d’ombre. Alors si cet inconnu rencontré au hasard de la nuit s’avérait être celui dont on parlait tant, j’étais déterminé à le découvrir.

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Murmure Éternel
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MessageSujet: Re: Délivrance [Feat Nelly et Desty]   Mar 8 Aoû - 17:52

• MURMURE ÉTERNEL ;


Les yeux de Murmure Eternel étaient emplis à la fois de défi et de froideur. Que faisait-il, en ce soir d’hiver, sous la lune glaciale, avec ces deux jeunes félins ? Il les défiait, il jouait avec leurs désirs d’aventure. C’était étrange, on aurait presque dit qu’ils cherchaient plus à se prouver des choses à eux-mêmes qu’au guerrier du Tonnerre. La première à s’approcher fut la femelle noire. Il ne la quittait pas des yeux, tandis que son camarade restait immobile, hésitant. La démarche de la guerrière était légère et gracieuse. Elle avait un regard … Ce regard … Murmure Eternel eut un frisson. Quelques instants, il la revoyait. Elle … Celle qui avait tant compté pour lui et qui s’était éteinte sous ses yeux, dans une souffrance que l’on ne pouvait imaginer. Il revoyait ses yeux verts qui le regardaient. Elle souffrait et pourtant, ce qu’il vit avant qu’elle ne meure, c’est ce regard rempli d’amour qu’elle lui adressait. Le cœur du guerrier se serra. Il aurait été capable de n’importe quoi pour revoir ce regard bienveillant une autre fois. Il aurait donné n’importe quoi pour redevenir un instant ce petit chaton blotti contre sa mère, la seule qui l’ait réellement et aveuglément aimé lorsqu’il est né. Le regard du félin s’assombrit. Il souffrait à présent … Pourtant, la guerrière s’approcha encore. Il s’efforça d’effacer ses visions du passé mais quelque chose en lui s’était rouvert. Une souffrance si profonde qu’il avait presque fini par l’oublier … Il avait tant voulu l’oublier ! Oublier la vie qu’il avait eu un jour au clan de l’Ombre. Pourtant, les blessures étaient restées. Et il comprit en cet instant qu’il était possible de vivre avec des blessures, mais qu’il était impossible de les réparer lorsqu’elles étaient trop profondes.

Le vent souffla, glacial. Murmure Eternel ferma les yeux. Il ne pouvait plus penser à cela maintenant. Quand il les rouvrit, la féline ne se trouvait plus qu’à quelques longueurs de queue. Sa voix s’éleva. Sa mine était renfrognée et pourtant il savait qu’au fond d’elle elle était excitée d’enfreindre les règles.

« Voilà, je suis là. J'imagine que je mets un peu d'Ombre chez vous, comme tu as osé mettre l'odeur du Tonnerre sur notre territoire. Qu'est - ce que tu nous veux alors ? »

Elle avait franchi la ligne. Exactement comme Murmure Eternel l’avait franchie dans l’autre sens. Sa voix recula les souvenirs du guerrier qui se dissipèrent quelques instants. Il n’eu pas le temps de répondre que le mâle brun se décida finalement à suivre sa camarade de clan. Mais lui ne franchit pas la limite invisible. C’était déroutant à quel point une ligne imaginaire pouvait avoir autant d’importance pour autant de personnes. Et pour Murmure Eternel, cette limite ci était la même qui séparait les deux côtés de son cœur. Pour toujours, il vivrait à cheval sur cette frontière. Une partie de lui appartenait à tout jamais au clan de l’Ombre. L’autre s’était relevée au clan du Tonnerre. Et c’était cet ensemble qui faisait de lui ce qu’il était aujourd’hui. Il était l’Ombre et la Lumière. Et les deux soufflaient dans son cœur et son âme un doux murmure. Eternellement.

Le mâle sembla s’adresser à la guerrière mais le félin roux clair n’entendit rien de leurs paroles. Ce fut sa voix grave qui vint couper les murmures des deux guerriers de l’Ombre.

« J’ai longtemps mis autant d’Ombre ici que toi. Et je ne mets pas autant de Tonnerre là-bas que ce que tu crois. »

Ces paroles qui signifiaient tant pour lui étaient sorties si naturellement que s’en était presque déroutant … Pourtant, eux deux ne pouvaient certainement rien comprendre à ces paroles. Murmure Eternel souffrait en cet instant. Cet aveu douloureux avait été difficile à faire. Même si eux n’avait rien compris, voilà qu’enfin il disait à voix haute ce qu’il avait toujours ressenti. Il s’efforçait d’être un membre du clan du Tonnerre à part entière, mais il ne pourrait jamais effacer ce qu’il y avait eu avant. Pour la simple et bonne raison qu’une partie de ce qui le tenait encore en vie aujourd’hui se trouvait de l’autre côté de la frontière … Et c’était pourtant la personne la plus inaccessible pour lui qui soit. Elle lui manquait. Son cœur était brisé en mille morceaux et c’était la première fois depuis très longtemps qu’il n’avait rien ressenti de tel. Il s’efforça de ne rien laisser paraître mais il était évident que cette fois ci, la douleur était trop difficile à cacher. Immobile et le regard dans le vide, il voulait fuir. Il avait fait venir ces deux jeunes si près de lui qu’ils soulevaient maintenant des émotions oubliées. Cachées. Ensevelies sous un courage que l’amour lui avait donné. Courage qu'il n'avait plus car son amour lui manquait trop. En cet instant, il se sentait aussi brisé qu'il l'avait été autrefois. L'amour avait cela de cruel qu'il était parfois bien plus douloureux que n'importe quoi. Confronté à ses fantômes du passé, abandonné par la seule force qu'elle avait réussi à lui donner, il était brisé. Et il n'osait plus les regarder.

Ils avaient la jeunesse que lui n’avait jamais eu.

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MURMURE ÉTERNEL - NUAGE DE RÉVOLTE

MURMURE  no one believes in second chances Ҩ « Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. » Perdu. Il était perdu. Dans un Clan qui n’était pas le sien, dans un univers qui ne lui ressemblait pas, dans un monde qui ne voulait pas de lui. Dans un endroit où il ne se sentait pas chez lui. © Laëlix

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