« Aujourd’hui sera mon dernier jour d’errance,

la fin de ma chute. » Valse des Étoiles
 
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 You Know Nothing |Masque Illusoire|

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MessageSujet: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Ven 19 Juin - 1:28

You Know Nothing
L’heure du lever. Un corps qui s’extirpe de sa couche, encore las d’une longue journée de chasse et de patrouille de la veille. Un nouveau soupir marquant la naissance d’un nouveau jour. Quatre pattes, toutes les mêmes, encore empreintes de jeunesse dont les coussinets se craquent pourtant, dont la lourdeur se fait sentir un peu plus chaque jour. Une des dernières à avoir abandonné le sommeil en cette matinée fraîche, je me laisse porter par la routine plutôt que par la volonté. D’elle-même, ma carcasse se porte vers l’extérieur. Je m’arrête à l’orée de la tanière des guerriers pour considérer platement les alentours. L’indifférence m’étreint le cœur, l’alourdit, y jette comme une couche poussiéreuse qui continue d’envahir ce système qui vieilli trop vite, qui se désagrège sans que je ne puisse prendre les armes contre ce phénomène sans nom. Comme si je me mourrais, un peu plus chaque jour, sans raison particulière. Chaque jour plus tendue, plus fatiguée et plus seule. Dans ce groupe vivant, dans ces rires, ces feulements des chatons et ces conversations enjoués, la solitude m’étreint pourtant et, sans un mot, je me retire pour partager mon repas avec mon ombre, retirée du groupe, attendant des ordres qui ne tarderont plus à présent. Régulièrement, je jette des regards à ma sœur jumelle qui, de l’autre côté du camp, s’adresse à sa toilette avec un soin toujours aussi délicat. Avant que cette vision ne devienne trop souffrante, je termine en vitesse mon repas et me dirige vers la meneuse afin de recueillir des ordres.

Une patrouille. Voilà la tâche qu’on m’assigne. Mon partenaire dans cette formidable aventure, nul autre que Masque Illusoire, un guerrier d’environ mon âge avec qui j’ai grandi. Malgré ce rapprochement, je ne connais que peu le guerrier au visage sombre. Peu importe qui m’accompagnera aujourd’hui, cela n’a aucune importance. Je me dirige vers le chat en question et m’adresse à lui d’un ton mesuré, détaché, presque distant. Mes prunelles sont vides de la moindre émotion. Je me sens si vide.

«Masque Illusoire, on nous a assigné la patrouille matinale près de la rive. Je t’attends hors du camp.»

Sans attendre sa réponse, je me dirige vers l’entrée, où je me poste avec la même lassitude, me contentant de me lever alors qu’il reparaît pour me rejoindre. Un soupir m’échappe et j’ouvre une marche silencieuse consciente de friser l’impolitesse de par ce mutisme dans lequel je m’enferme. Je n’ai jamais prétendu avoir quelque talent pour la conversation et aucune règle ne stipule l’obligation d’échanger avec mes camarades lors de missions telles que celles-ci. Je me laisse donc porter par cette matinée dorée. Le soleil joue contre les rives, se reflète en mille éclats sur la surface miroitante de la rivière qui se fraie un chemin dans la terre, séparant notre territoire, du reste du monde. Alors que nous parvenons à l’extrémité sud de la rivière, là où notre patrouille doit débuter officiellement, je m’arrête pour m’asseoir dans l’herbe jaunie par de longues lunes dissimulée sous le couvert de la glace. Mon regard se perd au loin, vers les terres du Tonnerre qui longent les nôtres, ou celles, encore plus lointaines, du Clan du Vent. À la seule pensée de cette tribu traitresse, je me raidis quelque peu. Seule la vision de la rivière sifflant à quelques longueurs de queue de souris parvient à calmer l’agitation provoquée par chaque pensée dirigée envers ce Clan désormais ennemi. Un filet de voix doux, si discret que mes mots se perdent presque au vent, m’échappe.

«C’est si bon d’être revenu chez soi.»

J’ignore même si je m’adresse à Masque Illusoire ou si je continue à monologuer, comme à mon habitude. Ce que la solitude fait à un chat, dira-t-on.

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Ven 19 Juin - 22:46

You Know Nothing • Songe de Brume - Masque Illusoire



    Le soleil perçait à travers les enchevêtrements de roseaux de la tanière des guerriers. Une douce lumière commençait à se déverser sur le camp de la Rivière. Masque Illusoire regardait les rayons qui avaient réussis à se faufiler dans l’obscurité de la tanière, de bonne humeur. C’est une belle journée se dit-il joyeusement. Il ne tarda pas à se lever et à se diriger hors du gîte des guerriers et observa le camp qui se réveillait doucement. Il y avait déjà quelques guerriers réveillés et leur chef commençait déjà à donner les ordres des patrouilles. Masque Illusoire se dirigea vers la réserve où il choisit un poisson gouteux qu’il ne tarda pas à dévorer en quelques coups de crocs. Une fois fini, il continua de regarder le camp qui s’animait de plus en plus. Il était encore tôt et la moitié des guerriers dormaient encore, les apprentis, eux, étaient tous plongés dans le sommeil. On ne lui assigna pas la patrouille de l’aube et il en fût ravi. Ce n’est pas qu’il ne voulait pas se lever pour traverser la forêt mais il préférait observer le camp le matin. C’était pour lui un réel plaisir d’entendre les oiseaux chanter de plus en plus fort, les chatons commencer à crier et rigoler et de voir le gibier être ramener en bonne quantité au camp. C’était  aussi le meilleur moment pour évaluer l’humeur de ses camarades, il savait s’ils étaient de bon poil où s’il ne valait mieux pas les approcher.

      Alors que la matinée continuait d’avancer, Masque Illusoire avait déjà pêché deux petits poissons dans le petit cours d’eau près du camp. Il était presque midi et tous les guerriers étaient levés. Quelques-uns étaient partis chasser avec leurs apprentis, d’autres se pavanaient dans le camp. C’est alors qu’il repéra une guerrière qui s’avançait vers lui. C’était Songe de Brume, une féline plutôt étrange, très absente de la vie de clan. Certes elle réalisait toutes les tâches qu’on lui donnait mais elle mangeait souvent seule et il n’avait jamais vraiment appris à la connaître, malgré leur âge similaire. Une fois à sa hauteur, elle lui adressa la parole :

« Masque Illusoire, on nous a assigné la patrouille matinale près de la rive. Je t’attends hors du camp. »

    Le guerrier s’apprêtait à lui dire bonjour mais elle était déjà partie vers la sortie du camp. Le jeune félin aurait sûrement l’occasion de lui parler hors du camp. Il se leva énergiquement et suivi Songe de Brume. Ma première tâche de la journée pensa-t-il, heureux que ce soit une patrouille pour pouvoir se dégourdir les pattes. Il sorti du camp où sa camarade de clan l’attendait. Elle se leva à son arrivé et commença à marcher à travers leur territoire, sans dire un seul mot. Masque Illusoire était un peu gêné par ce silence constant mais la suivi sans le briser. Les deux félins arrivèrent près de la rive et il vit Songe de Brume s’asseoir. Il s’approcha et fit de même, non loin d’elle, leurs fourrures pouvant presque se toucher. Il voyait son regard se perdre sur l’horizon puis sur la rivière. C’est alors que la guerrière miaula pour la première fois depuis le début de leur patrouille, si doucement que Masque Illusoire ne l’aurait pas entendu s’il avait été une longueur de queue plus loin.

« C’est si bon d’être revenu chez soi. »

    Elle voulait sûrement parler de leur exil après la trahison du Clan du Vent. Masque Illusoire l’avait encore en travers de la gorge mais il essayait de ne plus y penser. Le passé était le passé, il préférait vivre l’instant présent. Son regard suivi celui de la féline, observant la rivière. Aujourd’hui il faisait beau et la journée s’annonçait bien. Il marchait tranquillement avec une chatte élégante quoique taciturne. Il profita de cette chance de pouvoir dialoguer avec Songe de Brume en lui répondant :

« Oui, c’est sûre. On est bien mieux sur nos terres. » Il continua en ronronnant : « Le poisson me manquait plus que tout ! »

    Après ces mots, il tourna sa tête en direction du visage de Songe de Brume, attendant une quelconque réponse. Il espérait pouvoir mieux apprendre à connaître la jeune guerrière.

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Mar 23 Juin - 0:18

You Know Nothing
L’art de la discussion ne se maîtrise qu’au sacrifice de longues lunes de travail acharné, de sueur et de faux pas sociaux parfois irrécupérables. Afin d’obtenir un niveau acceptable de maîtrise dans ce domaine, il faut bien sûr porter un intérêt soutenu pour la matière étudiée et posséder une bonne capacité à se remettre en question et s’autoévaluer dans ses progrès. Je ne possède ni l’intérêt, ni ces qualités d’autogestion qui permettent une amélioration. Je ne saurai jamais discuter avec autrui avec la fluidité des autres matous de mon Clan, ni intéresser qui que ce soit pendant plus que quelques minutes. À vrai dire, il n’y a rien à discuter à mon sujet. Qui se plairait de découvrir une écorce vide, une coquille fanée et abandonnée? Même si, par quelque jeu du hasard, on me découvrait un don à la naissance pour cet art complexe, jamais nous n’aurions l’occasion de le voir en pleine action. N’allez pas croire qu’avec Masque Illusoire, malgré sa nature douce et agréable, que j’y changerai quoi que ce soit. Je préfère d’autant me taire que de découvrir la déception dans son regard affable, le malaise envahir notre troupeau. Le silence est une forme magnifique de pouvoir sur un environnement qui me dépasse bien trop souvent, et encore plus lorsqu’il m’est demandé d’interagir avec d’autres chats. Ma formulation soufflée à voix basse n’avait nullement l’objectif de provoquer une situation de discussion entre lui, mon partenaire de patrouille et moi. Au contraire, cette phrase m’a échappée, et à présent mon vis-à-vis se comporte comme s’il s’agissait d’une invitation.

Je déteste qu’il eut pu penser que ce soit le cas. Qu’en prononçant ces paroles, je lui ouvrais la porte à un terrain connu, un sentiment probablement partagé, afin d’échanger avec lui, me sentir comprise et soutenue. Je n’ai pas envie de partager mes pensées avec lui, de me rapprocher et d’apprendre à le connaître. Bien au contraire. Je m’hérisse alors qu’il reprend mon idée, ajoutant avec un ronronnement que le poisson lui manquait. Oh moi aussi. La rivière, le poisson, l’humidité, la colline, les rives, le chant des cigales et les champs glacés en hiver… Chaque détail de cet endroit me manquait. Tant de petites choses qu’il reconnaîtra, car nous font partie du même Clan et pourtant, tant d’éléments que je garde jalousement pour moi, braquant sur lui un regard hautain presque condescendant en le voyant ronronner tel un chaton à sa première sortie du camp, comme impatient de témoigner de sa joie. Il me rend malade. Avec une grande dignité, je me lèche la patte, aussi glaciale qu’une nuit d’hiver, avant de me redresser avec grâce. Je me mets à marcher près des rives, peu attentive au bruit de mes pattes dans les hautes herbes rêches encore couverte d’un manteau de givre.

«Si nous avons le temps de chasser après la patrouille, nous pourrons peut-être en capturer quelques-uns.»

Si cette phrase se veut pour rappeler une tâche à faire, elle n’a pas l’effet escompté, celui de l’éloigner. Au contraire, elle suggère même de passer plus de temps encore ensemble, à partager une passion commune, cette du poisson.

«Pour ce fait, il faudrait se dépêcher et non perdre notre temps à discuter.»

Je crache presque mes derniers mots, en faisant bien sentir à mon partenaire à quel point je pense que de discuter est une perte de temps et d’efforts dans toutes les tâches du Clan, mais plus particulièrement celles comme la chasse et les patrouilles. Celles qui demandent une grande concentration et une dévotion absolue. Voilà, nous nous trouvons déjà un peu plus dans mes cordes, dans ma zone de confort. Un sourire satisfait se peint contre mon visage alors que je me retourne pour poursuivre ma route.

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Mar 23 Juin - 14:47

        Une légère brise secoua les poils de Masque Illusoire qui fixait Songe de Brume. Son regard était plus chaleureux que jamais. Lorsque la féline tourna la tête pour le regarder en face, Masque Illusoire constata que le sien n'était pas amusé du tout. Il se crispa et fût gêné. C'était peut être pas le moment de sortir une blague se reprocha-t-il. Il savait que Songe de Brume n'était pas du genre à rigoler mais il pensait que ses paroles l'auraient un peu détendu. Il continua de regarder la jeune féline en face malgré son envie de tourner la tête pour chasser ce regard glacial. S'il voulait apprendre à connaître Songe de Brume et ne pas la laisser construire sa barrière de ronce, il devait être à son égal. Soudain elle arrêta de le fixer pour se lécher une patte et se relever. Elle s'avança non loin de la rivière sans même vérifier qu'il la suivait. Masque Illusoire se redressa aussi et la rejoint doucement. Si elle ne voulait pas discuter avec lui, il devrait trouver le moyen de l’intéresser. Songe de Brume miaula à son égard :

« Si nous avons le temps de chasser après la patrouille, nous pourrons peut-être en capturer quelques-uns. »

        Elle faisait référence aux poissons qu'il avait évoqué quelques secondes plus tôt. Peut-être était-ce un signe de sa part pour lui prouver qu'elle ne voulait pas rentrer au plus vite au camp et se détacher de lui. Masque Illusoire l’espérait, il lui fallait plus de temps pour briser sa coquille. Il n'avait en aucun cas l'envie de l'importuner ou de la harceler mais il saurait trouver les mots en temps voulus. Il avait pitié d'elle à chaque fois qu'il la voyait manger toute seule. Masque Illusoire ne pourrait pas vivre sans ses camarades de clan, il avait besoin de chats avec qui parler, rigoler. Il voulait être le premier à réussir à devenir ami avec Songe de Brume. Il ne faisait pas ça pour prouver quelque chose, quelque chose lui dictait de ne laisser personne à l'abandon et il était sûre que la jeune chatte était dans le besoin.

« Pour ce fait, il faudrait se dépêcher et non perdre notre temps à discuter. »

        Masque Illusoire ne fût pas étonné de cette pique et ne s'en offusqua pas. Tu y trouvera goût, discuter et passer du temps avec un camarade est aussi savoureux qu'un poisson. Il la suivit sans mot dire en inspectant les rives, comme le voulait leur mission. L'air été frais mais pas assez pour le faire frissonner. La Saison des Feuilles Nouvelles ne tarderait plus et il pourrait de nouveaux s'étendre près de la rivière à écouter les clapotis de l'eau et les oiseaux chanter. Masque Illusoire était un matou comme ça. Il était certes loyal et travailleur mais il ne manquait pas une occasion de se détendre. Rien à signaler au niveau des rives, leur patrouille se passait comme prévu. Elle se déroulait vite et il n'y avait aucun problèmes. Masque Illusoire était satisfait, Songe de Brume et lui pourraient bientôt pêcher. Ils finirent d’inspecter le bord de la rivière et le jeune guerrier prit la parole :

« Et bien, on a finit. Je n'ai rien remarqué d'anormale. On se la fait cette partie de chasse ? »

        N'ayant pas envie d'entendre sa camarade le contredire et pour l'obliger à se détendre un peu, il se plaça rapidement au dessus de la rivière, les yeux rivés sur tout ce qui bougeait à l'intérieur. L'eau était froide, il le sentait d'ici mais aucun risque qu'elle le soit assez pour que ça soit dangereux. Il leva une patte, à l’affût. Soudain, un poisson passa et il assena un coup si rapide et puissant que le poisson sortit de l'eau avant d'atterrir à une longueur de queue de là où il se trouvait. Il interpella Songe de Brume d'une voix joyeuse :

« Allez viens, il y en a pleins, ça serait dommage de ne pas en profiter ! »

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Lun 29 Juin - 19:45

You Know Nothing
Plutôt que de développer des talents inexistants dans le domaine de la conversation, j’ai cherché plutôt à accroître mes connaissances dans une filière connexe s’y rattachant quelque fois. Cette habileté m’a permise, au fil des dernières lunes, à éviter justement les moments de discussion en plus de prévenir que ce genre de situations ne se reproduise. Osciller entre dédain et haine. Mon attraction favorite, ma petite passion personnelle. Comment éloigner les autres sans leur causer assez de tort pour dégénérer l’ambiance du Clan? Comment trouver de quoi décourager les imprudents sans devenir véritablement méchante? Je m’en lave toujours les mains, trouvant moyen d’ennuyer les curieux sans causer d’incident diplomatique. Danser sur cette fine limite m’amuse toujours, surtout lorsque je me rapproche dangereusement de la méchanceté. Souvent, ce n’est pas nécessaire. Le silence dont je sais faire preuve suffit à rendre la majorité de mes camarades suffisamment malaise pour qu’ils me laissent en paix dans l’avenir. Sinon j’ai recours à des remarques déplaisantes lorsque mon obsession du travail ne suffit plus, ou encore une attitude hautaine qui en a hérissé plus d’un. Toujours est-il que jamais ils ne résistent longtemps à ce que je surnomme mon anti-charme. Masque Illusoire y goûtera assurément s’il ne prend pas ses distances. En espérant que cet avertissement le découragera de se montrer familier et brisera un à un ses espoirs de former quelque lien que ce soit avec moi.

Je crois d’ailleurs que ma technique fonctionne à merveille. Alors que nous parcourons les rives à l’affut du moindre passage d’un chat ennemi, Masque Illusoire s’est enfermé dans un mutisme aussi exemplaire que celui que je lui réserve. Parfait. Décidément, cette journée se profile magnifiquement bien. Bientôt, j’aurais rejoint ma couche pour une autre nuit d’oubli, sans devoir ressasser la moindre frustration envers l’un ou l’autre de mes camarades de Clan. Avec un soin méticuleux je passe le territoire en revue afin de m’assurer que nous n’ayons oublié aucune trace. Les effluves et preuves de passages sont nombreux, mais rien n’indique une présence féline quelconque. Semblerait-il que le Clan du Tonnerre, sous la tutelle toute neuve d’Étoile Sombre, s’en tienne aux limites dictées par son territoire. Bien. Après avoir vécu les tensions entre les deux tribus pendant plusieurs lunes, loin de moi l’envie de voir ressurgir d’anciens conflits. Arrivés à la toute fin de la rive, je prépare déjà mentalement le discours que je tiendrai à notre meneuse, un rapport détaillé (probablement plus qu’il ne le faut) de cette visite. Alors que je me retourne en direction du camp, je sursaute. J’en avais presque oublié la présence du matou à mes côtés, comme quoi sa discrétion naturelle m’a porté au confort. Or, sa voix paraît, vient me bloquer le chemin vers la liberté.

Une onde de frustration fait frémir mon pelage alors qu’il revient à la charge en proposant cette partie de chasse dont je lui ai parlé tout à l’heure. Dire que je croyais qu’il aurait lâché l’affaire! Non, au contraire. Il semblerait que son silence ne fut qu’une diversion. Au final, il voulait passer ce temps avec moi, alors il s’est appliqué à faire exactement ce que je désirais. Et avant même que je puisse répliquer quoi que ce soit, porter une excuse qui viendrait freiner ses efforts, il s’éloigne en direction des berges et attrape un poisson avec une étonnante facilité. Sa technique est parfaite même si je cherche désespérément moyen de le corriger. Il se trouve sur mon terrain de prédilection après tout, le seul domaine où j’excelle véritablement en dehors de me montrer désagréable. Je tremble d’admiration et de rage tout à la fois en m’avançant à ses côtés. Effectivement, de nombreuses silhouettes se dessinent sous les eaux sombres de la rivière, comme si la tiédeur de ce jour les attirait.

«Tu as raison, il sont nombreux aujourd'hui. Suis-moi, je connais un endroit encore plus propice à la chasse.»

La seule qui connaissait ce lieu était Plume Sauvage, ma vieille amie qui a péri lors des inondations du camp. Nous adorions partager des après-midis ensoleillées toutes les deux, les pattes avant ensevelies dans la vase, immobiles et silencieuses, à simplement apprécier la présence de l’autre en attendant le passage d’un poisson bien gras. Une pointe d’amertume s’empare de moi alors que la petite crique apparaît dans mon champ de vision. Il s’agit d’une mince bandelette de terre couverte de végétation. Un chat y passe facilement inaperçu. Dans ce coin reculé de la rive, l’eau est moins profonde, vaseuse, et surtout, pleine de poissons. Au printemps, de jolies fleurs y poussent. Un sourire étire mes lèvres à penser que je le reverrai sous peu. Toutes ces visions du passé me sont douloureuses et je n’ose plus m’avancer, comme par peur d’en souffrir d’avantage.

«Passe devant, je serai là dans un instant.»

Je baisse les yeux rapidement en espérant vivement que dans le vide de mes prunelles, il n’aille pas su reconnaître l’étincelle d’une mélancolie profondément ancrée.

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Mar 30 Juin - 2:19

    Le poisson finit de frémir non loin de Masque Illusoire. Le jeune guerrier remua les moustaches de satisfaction, il était content de ne pas s'être ridiculiser en ratant le poisson et remercia silencieusement le Clan des Étoiles. Il donnera sûrement cette proie aux anciens, ils en raffolaient. Il tourna son regard vers Songe de Brume, espérant qu'elle ne trouve pas une quelconque raison de ne pas venir pêcher. Il n'y avait rien de mieux en cette belle journée pour se détendre un peu. Masque Illusoire avait toujours aimer attraper des poissons et ce depuis son apprentissage. Ce n'était pas une corvée pour lui. Durant la Saison des feuilles vertes tremper sa patte dans l'eau fraîche était très agréable, ça lui permettait d'oublier la chaleur pendant quelques instants. Tandis que pendant la Saisons des neiges et bien... cela l'obligeait à s'entraîner à pêcher plus vite pour laisse sa patte le moins possible dans les ondes glaciales. De plus, le point fort de Masque Illusoire était l'agilité, pêcher était un jeu de chaton.

Songe de Brume décida enfin à se joindre à lui. Il la regarda se pencher au dessus de l'eau si claire qu'on pouvait voir tout ce qui s'y trouvait. Il la compara aux yeux de la jeune guerrière et il ne trouva presque aucune différence entre les deux, comme si ils étaient fait de l'eau de la rivière. La seule dissimilitude était que son regard était gelé, il semblerait que même la chaleur ne pourrait les faire fondre. Il les verra sûrement un jour aussi clairement que le ruisseau. Songe de Brume abandonna son ton hautain pour lui répondre :

« Tu as raison, ils sont nombreux aujourd'hui. Suis-moi, je connais un endroit encore plus propice à la chasse. »

Masque Illusoire n'en revenait pas. Elle lui avait proposé de passer plus de temps ensemble ? Il s'attendait à tous sauf à ça. Elle aurait put juste le rejoindre et pêcher un ou deux poissons sans demander son reste mais non. Elle lui proposait d'aller à un endroit encore mieux. Pourquoi cette seule réponse remuait tant Masque Illusoire ? Et d'ailleurs pourquoi tentait-il désespérément d'établir un lien avec la jeune guerrière ? Toutes ces questions se bousculaient dans tête. Qu'est-ce qu'il m'arrive ?
Il suivit Songe de Brume dans des terrains inconnues de son territoire. Il n'était jamais passé par là. Songe de Brume s’arrêta soudain au moment où une petite avancé dans l'eau leur apparurent. L'endroit était moins sec et l'eau moins profonde. Il fut étonné de voir Songe de Brume baisser légèrement la tête l'air désemparé avant de déclarer :

« Passe devant, je serai là dans un instant. »

Le mâle hocha la tête, n'osant pas lui demander si tout allait bien. Il avança sur cette crique inconnue où tout était calme. Il fut d'abord surpris par le nombre de poisson qui affublaient dans cette partie de la rivière. Ils pourraient pêcher sans problème, c'est comme si le poisson voulait être capturer. Il lança un regard interrogateur à Songe de Brume, espérant qu'elle n'était pas malade. Il n'osait pas attraper un poisson de plus, il voulait lui en laisser l'honneur. Après tout, c'était elle qui avait trouvé ce lieu. C'était pour lui tout nouveau. Il s'assit et baissa les yeux. Il allait essayer de lui parler de nouveau mais il ne savait pas pourquoi, cette fois ci il avait une boule dans la gorge. Il avait peur que quoi qu'il dirait, elle éviterait la conversation. C'était peut être l'endroit, il n'était pas habitué. Il se força pourtant à faire sortir les mots de sa gorge, hésitant :

« Sinon euh... Que... Qu'est-ce que tu aimes faire à part pêcher ? »

Cervelle de poisson ! T'aurais pas put trouver mieux ? Sa question était stupide, pourquoi essayer de commencer un dialogue de cette façon ? Il aurait put lui demander de venir pêcher la première ou si elle allait bien mais non. Il lui avait demander ce qu'elle aimait faire. Que pouvait-elle lui répondre ? Enfin bon, ce qui était fait était fait. Il releva les yeux vers elle, sans lever la tête.

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Mer 1 Juil - 2:02

You Know Nothing
Les souvenirs me tiraillent brutalement, les images défilant sous mon esprit en resserrant ses tiges épineuses contre mon cœur que je sens battre pour la première fois depuis plusieurs jours, voire semaines. Si vous le voulez autant, nous en feront le procès, de cœur que je tiens éloignée au regard de tous, dont je nie l’existence même. Incapable d’affronter des douleurs insoutenables, je me terre dans un oubli salvateur que peut semblent aptes à comprendre. J’étouffe, mes poumons asséchés de cendres, la suie assombrissant mes organes. Mes pattes effleurent un brin d’herbe asséchée, un parmi tant d’autres, se fanant dans la foule d’autres recouverts de givre. Relevant un regard lourd, luisant, vers cette avancée de terre se perdant dans les courants vifs de la rivière. J’y ai vécu le rire, la paix, l’enfance et la renaissance. Pourquoi ai-je dû tarir son souvenir de ma tristesse actuelle? Pourquoi ai-je ouvert cette partie si intime de moi au matou en l’y invitant? Dans mon sanctuaire pourtant? Ou peut-être n’attendais-je qu’une occasion pour y retourner… Ce dont je n’avais pas eu le courage depuis le retour du Clan sur nos terres. Confuse, je suis des yeux cet intrus qui s’approprie cet endroit sans en connaître l’aspect sacré, profanant mon tempe sans même le savoir. Je ferme les yeux, incapable d’affronter un instant de plus cette vision qui me tire un long frisson de regret. Sauf que je suis incapable d’évaluer la source de ces regrets.

Je suis morte, pas toi. Vis Brume.
Je ne sais pas comment faire. Pour vivre. Pour continuer. Pour m’ouvrir. Simplement de présenter cette crique intime, impossible à dénicher que si on sait où regarder, à une âme inconnue me transperce d’angoisse. Un faux-pas, me voilà condamnée, exposée, nue à son regard. Comment rattraper cet écart? Comment me protéger de lui? J’envisage de faire demi-tour, de retourner sur ces pas qui m’ont condamnée à l’erreur. Pourtant je me tiens ainsi, à l’orée de lieu qui a accueilli mes plus précieux instants, en osant plus franchir un pas d’un côté comme de l’autre. Je sens le regard de mon compagnon de patrouille, scrutateur, interrogateur, contre moi. Lentement, je desserre les paupières, levant deux prunelles d’un bleu presque brutal contre lui. Cette fois, l’indifférence a cédé place à une crainte qu’il ne saura jamais comprendre. Comment le pourrait-il? Et lui qui tente de lancer une conversation qui n’ira nulle part. Je le considère avec tristesse. Oui, pendant un moment j’éprouve presque de la sympathie pour ce pauvre Masque Illusoire qui porte si bien son nom à force de se voiler la face à mon sujet. Presque. Avec un soupir, je m’avance contre cette lande encore gelée, me penchant au-dessus des eaux troubles de la rivière en y considérant mon reflet.

J’y vois une femelle si jeune, si vulnérable. Dont la beauté lentement se fade sous l’effet d’une tristesse chronique comme la mer broie les rochers avec le temps. Je détourne le regard, incapable d’affronter l’azur de mes propres prunelles comme deux gouffres. Je frissonne. Ce vide en moi m’effraie. Je crains qu’il ne m’engloutisse pour de bon. Si j’ai peur de souffrir, ne plus rien ressentir m’effraie encore plus. Je ferme les yeux à nouveau, soupire.

«Pourquoi?»

La question vient briser le lourd silence s’installant entre nous à la suite de sa question maladroite, prononcée sur un ton mal assuré. Le malaise s’installe et bientôt il sera loin, loin de moi.

«Pourquoi tu perds ton temps? Tu sais bien qu’il n’y a rien à dire à mon sujet. Que si tu cherches, tu ne trouveras qu’une ombre, qu’un grand vide. Tu perds ton temps, Masque Illusoire. Tu es gentil et valeureux, beaucoup d’autres t’apprécieront. Ne tente pas ce manège avec moi.»

Je détourne le regard, attendant le moment où il se retournera et me laissera seule. C’est ainsi que j’apprécie mon existence n’est-ce pas? Ainsi que tout est plus facile.

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Mer 1 Juil - 21:35

    Toute son enfance Masque Illusoire n'avait eu aucun amis. Il était né fils unique, il n'avait aucun frère ou aucune sœur pour comprendre sa détresse. Les portés qui étaient nées après lui avaient peur de son regard perçant. En effet, son «masque» de fourrure noire faisait ressortir le jaune de ses yeux d'une façon étonnante. Aucun chaton ne voulait le regarder en face et même apprenti il avait eu très peu d'amis. C'était à la fin de son apprentissage qu'il avait décidé d'arrêter de s’apitoyer sur son sort et de donner tout ce qu'il avait. Il avait commencé à tenter de faire rire tout le monde, chatons comme anciens. Ça avait marché. Depuis qu'il était guerrier, il s'était fait beaucoup d'amis et il avait décidé d'aller voir les nouveaux-nés le plus vite possible pour qu'ils s'habituent à son regard et qu'il puisse jouer avec eux. Même après toutes ces lunes de bonne humeur, il n'avait rien perdu de son sourire. Aujourd'hui il ne supportait pas de voir quelqu'un de malheureux ou de seul, sachant ce que ça faisait. Même pendant les jours où il était de mauvais poil – et oui, ça arrivait ! - il se contentait de ne parler à personne pour ne pas les déranger ou de se forcer à sourire. Oui, parfois Masque Illusoire avait envie cracher sa mauvaise humeur, sa colère mais s'il devait le faire, ça serait seul, loin de son camp. Peut être contre un poisson ou un rongeur. Enfin bref.

Une fois que tout ces souvenirs avaient cessé de défiler devant ses yeux, il remarqua que Songe de Brume le regardait, ses yeux plus glacials que jamais. Avec stupéfaction, Masque Illusoire décela une pointe de peur dans ses prunelles. Que lui arrivait-elle ? Depuis qu'ils étaient arrivés en ce lieu, elle agissait de façon étrange. Quel était cet endroit ? Toutes ces questions trottaient dans la tête du guerrier et il avait oublié qu'il avait posé une question à Songe de Brume. Il s'en rappela que quand sa voix brisa le silence, après qu'elle l'ait rejoint sans même qu'il s'en rende compte au dessus de ces eaux inconnues.

« Pourquoi ? »

Cette fois Masque Illusoire releva totalement la tête, étonné. Le ton de la jeune guerrière avait changé et ce « pourquoi » n'avait aucun rapport avec sa question. Elle n'allait d'ailleurs sûrement pas y répondre. Elle continua :

« Pourquoi tu perds ton temps ? Tu sais bien qu’il n’y a rien à dire à mon sujet. Que si tu cherches, tu ne trouveras qu’une ombre, qu’un grand vide. Tu perds ton temps, Masque Illusoire. Tu es gentil et valeureux, beaucoup d’autres t’apprécieront. Ne tente pas ce manège avec moi. »

Masque Illusoire en resta sans voix. La jeune féline cessa de le regarder et tourna la tête ce qui donna un pincement au cœur au guerrier. Elle allait mal. Il fallait qu'il fasse quelque chose, qu'il dise quelque chose. Cette fois, il abandonna son ton enjoué et sa maladresse pour lui parler de la façon la plus sincère possible. Il se leva et se rapprocha d'elle, faisant tourner sa tête vers lui à l'aide du bout de sa queue.

« Écoutes Songe de Brume, je sais que tu es malheureuse. Je sais que tu as vécu des moments très difficiles mais s'il te plaît ne te renferme pas. J'essaie de t'aider, je veux t'aider. Je ne supporte pas de te voir seule à chaque repas ou dans la tanière des guerriers. Personne ne devrait être laissé à l'abandon. C'est plutôt à moi de te demander pourquoi. Pourquoi m'avoir amener ici ? Pourquoi ne pas vouloir me parler ? »

Il la fixait de ses yeux perçants, il ne voulait pas partir. Il ne voulait pas la laisser là, encore une fois, seule au monde. Elle avait besoin de soutien et seul son Clan pouvait l'aider. Et il serait le premier à faire le pas.

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Jeu 2 Juil - 14:37

You Know Nothing
La solitude s’est tant ancrée en moi qu’elle fait partie d’un quotidien auquel je ne puis plus échapper désormais. Une habitude si profonde qu’elle en est devenue confortable, comme on s’habitue parfois à certains abus, sans véritablement s’y faire.  Cette solitude, j’ai su l’apprivoiser, m’en draper telle une protection contre ce monde dont je ne connais que des bribes hésitantes. Alors s’il me laisse maintenant, ici, alors que j’ai fait un pas concret pour le repousser, la vie suivra son cours. Je m’en remettrai bien sûr, comme je me suis remise de toutes les amitiés que j’ai délibérément avortées afin de préserver ce mode de vie qui a bien fini par m’aspirer. Probablement que de par sa nature douce et indulgente, Masque Illusoire me pardonnera ce rejet en bonne et due forme et passera à autre chose. Je ne suis qu’une phase d’héroïsme dans la brillance dorée de son existence. Sauf qu’il se trompe à mon sujet, je ne suis pas à sauver. Une fois qu’il l’aura compris, il ne lui restera plus qu’une option, celle que je désire depuis notre départ du camp : sa résignation. Les moyens sont nombreux pour y parvenir, mais aucun d’entre eux aussi directs que cet appel à la raison prononcé d’une voix assurée mais morne et triste. Si seulement il pouvait éviter de me rappeler à quel point je suis seule. Je me fais parfaitement à l’idée à condition d’y penser le moins possible.

Le silence retombe entre nous deux, annonciateur de ma victoire à venir. Il n’est plus qu’une question de temps à présent avant que ses pattes ne le mènent loin de moi et que toute cette conversation ne soit qu’un mauvais souvenir. Mon regard s’égare entre-temps contre les berges herbeuses, comme dans une attente interminable que le matou à mes côtés ne rende son verdict. Capitule-t-il déjà devant mes affronts ou tentera-t-il à nouveau de percer mes défenses? Alors qu’il reprend la parole, je comprends que notre affrontement est bien loin d’être terminée, que cette lutte ne s’achèvera pas de sitôt. Peut-être que le jeune mâle s’est mis en tête que de me sauver serait sa grande quête, celui qui le couvrirait de gloire. Qui pourrait se vanter d’avoir ouvert le cœur et l’esprit de cette jolie Songe de Brume au regard triste? Ses mots me transpercent, me heurtent. Je me redresse pour le laisser terminer son discours, en me remémorant chaque mot. Les mots sont des armes, des armes dont je sais me servir aussi bien que de mes griffes. Alors qu’il termine son petit discours visant probablement à me faire réagir, je l’observe en tâchant d’être le plus indifférente possible, sans véritablement de succès. Mes moustaches frémissantes me trahissent.

«Ne prétends pas me connaître, Masque Illusoire. Tu ne sais rien de moi. Je ne suis personne. Alors cesse de me prêter un personnage qui veut bien correspondre à ta pitié, épargne-la moi je t’en prie. Tu sembles penser de moi telle une victime. Oh la pauvre victime de sa solitude! Il ne t’est donc jamais traversé l’esprit que me retire volontairement de la vie du Clan? Que je suis celle qui rejette et non l’inverse? Dans ce cas-ci, ta petite entreprise héroïque ne fait aucun sens. C’est plutôt toi qui devrais te protéger de moi, toi qui devrais t’aider. En me laissant tranquille.»

J’appuie les derniers mots d’un regard hautain. J’ai tellement besoin de susciter chez lui la haine. Celle-là aussi j’ai fini par m’y faire, par danser avec elle, comme une vieille amie qui m’assèche un peu plus chaque jour. Maintenant, je dois répondre à ses questions, beaucoup plus gênantes que son discours héroïque. Mon masque de suffisance se brise pour laisser place à l’incertitude, et mon ton a perdu une bonne part de son animosité alors que ces mensonges hésitants me parviennent :

«Je ne veux pas te parler Masque Illusoire, comme à tous les autres. La vie sociale du Clan ne m’intéresse pas… Je me contente… d’obéir. C’est tout. De faire ma part. Pour ce qui est du pourquoi je t’ai emmené ici… Pour capturer du poisson, bien sûr. La tribu a faim.»

Jamais je n’aurai aussi mal menti de toute mon existence, mais je continue à me cloîtrer derrière ce mur que je dresse entre lui et moi, entre moi et le monde entier. Pourvu que ce soit suffisant.

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Jeu 2 Juil - 22:18

        Il ne s'était déroulé que quelques secondes après les paroles de Masque Illusoire mais l'attente lui paressait interminable. Pourquoi Songe de Brume était-elle comme ça ? Il se rappelle qu'au moment où elle est devenue guerrière, elle n'était pas si renfermée, seule. Était-ce à cause de la mort de Plume Sauvage ? Sans aucun doute. Elle n'avait pas eu d'amis depuis qu'elle les avait quitté. Tout ce que Masque Illusoire savait, c'est que Songe de Brume avait changé quand elle l'avait rencontré et qu'elle avait de nouveau changé quand elle est morte. Il ne voulait pas lui en parler et il était sûre que c'était réciproque. C'est alors que Songe de Brume le regarda en face. Il semblait que ses mots ne l'avaient pas atteinte. Il remarqua un frétillement au niveau de ses moustaches et il n'en compris pas la raison. Elle lui répondit, toujours aussi indifférente :

« Ne prétends pas me connaître, Masque Illusoire. Tu ne sais rien de moi. Je ne suis personne. » Elle n'avait pas tort, il ne la connaissait pas. Mais que pouvait-il dire pour qu'elle l'entende ? Aucune de ses paroles ne l'atteignaient. « Alors cesse de me prêter un personnage qui veut bien correspondre à ta pitié, épargne-la moi je t’en prie. Tu sembles penser de moi telle une victime. Oh la pauvre victime de sa solitude! Il ne t’est donc jamais traversé l’esprit que me retire volontairement de la vie du Clan? Que je suis celle qui rejette et non l’inverse? Dans ce cas-ci, ta petite entreprise héroïque ne fait aucun sens. C’est plutôt toi qui devrais te protéger de moi, toi qui devrais t’aider. En me laissant tranquille.»

Masque Illusoire eut un mouvement de recul. Il y avait longtemps qu'il ne s'était pas senti ainsi. Un mélange de colère et de peine. Il n'était pas énervé contre Songe de Brume. Il était énervé de savoir que c'était ça l'image qu'il donnait. Un chat égoïste qui se servait des problèmes des autres pour enjoliver sa vie. Du moins c'est ce que Songe de Brume en pensait. Elle croyait que c'était si simple ? Depuis des lunes il faisait tout pour ne pas se retrouver seul et pour que ça n'arrive à aucun de ses camarades non plus et elle décidait de se retirer elle même de la vie de Clan ? Il aurait donner n'importe quoi pour que ça ne lui soit arrivé chaton. Il n'y croyait pas une seule seconde. Pourquoi le faire maintenant et pas avant, hein ? Elle était heureuse, on ne choisit pas du jour au lendemain de tout abandonner. Rejeter le clan ne lui apportera rien. Vivre chaque jour en attendant le dernier non plus. Si elle pensait qu'il allait avaler ça, elle avait tort. Masque Illusoire avait beau être un rigolo, il n'était pas stupide.

« Je ne veux pas te parler Masque Illusoire, comme à tous les autres. La vie sociale du Clan ne m’intéresse pas… Je me contente… d’obéir. C’est tout. De faire ma part. Pour ce qui est du pourquoi je t’ai emmené ici… Pour capturer du poisson, bien sûr. La tribu a faim. »

C'était l'excuse la moins crédible qu'il avait entendu. L’amener ici pour capturer du poisson ? L'autre endroit où ils étaient en était rempli, ils n'avaient pas besoin de voir plus de poissons pour en rapporter autant.

« Tu crois que je fais ça pour le plaisir ? Pour que tout le monde me voit comme le ''sauveur de sentiment'' ? Je ne te crois pas une seul seconde Songe de Brume. Tu as raison, je ne te connais pas. Mais je ne pense pas que tu rejettes le Clan car tu vis bien seule. Je ne te connais pas mais je peux te voir, et qu'est-ce que je vois ? Deux prunelles vides, froides. Elles n'étaient pas comme ça avant. »

Il s'en voulait. Il lui parlait franchement. Pas sèchement ni méchamment mais franchement. Il ne voulait pourtant pas la blesser plus qu'elle ne l'était sûrement déjà. Que pouvait-il dire ? Il fallait qu'il trouve...

« Tu sais, vivre sans la vie sociale du Clan peut être compréhensible pour un chat qui est heureux comme ça. Ne va pas me dire que tu l'es. Je t'en prie parle moi en toute franchise. Je ne fais pas ça pour dire que j'arrive à régler les problèmes de tout le monde. Je suis là pour les comprendre. Et ce n'est pas en me rejetant comme le clan que tu auras accompli quelque chose. C'est quand tu te seras ouverte que ce sera le cas. »

Il fallait qu'il sache. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Il avait l'impression de ne voir qu'une ombre lorsqu'il voyait Songe de Brume dans le camp. Mais aujourd'hui, elle était en face de lui et leurs regards se transperçaient l'un l'autre. Et il voyait à travers le sien autre chose. Il devait savoir quoi.

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Ven 3 Juil - 0:44

You Know Nothing
Je m’en veux tellement. J’ai l’impression de me laisser tomber, de me laisser berner par ces questionnements. Je refuse d’en constater la sincérité, coincée dans des principes depuis trop longtemps ancrés en moi et difficilement déplaçables. Chacun de ses mots me parvient telle une attaque, une attaque je tente de lui retourner à présent. J’ai conscience, dans le bouillon agité de ma panique, de la méchanceté qui émane de mes paroles, autant d’attaques qui viennent remettre en question tout son personnage. Sincèrement, et malgré cette tempête d’émotions qui me submerge à chaque seconde qui s’écoule dans une tension intolérable, je reconnais pleinement qu’il ne mérite en aucun cas ce traitement. En quelques minutes seulement cependant, il m’a repoussée dans mes retranchements, s’est donné une peine que peu avant lui ont osée. Pour cette raison, je ne puis m’empêcher de le respecter tout autant que de le craindre. J’ai placé toutes mes défensives, à présent le combat doit s’engager, une lutte qui s’avérera difficile. S’il doit mordre à mes provocations, s’enflammer devant mes sous-entendus blessants, alors je lui donnerai raison. Je reconnaîtrai mes torts et lui affirmerai sans aucun remords qu’il n’y trouvera que douleur à me côtoyer. Alors il s’en ira, me laissant seule, enfin, enfin. Je veux tellement qu’il me laisse tranquille. Simplement l’idée qu’il se donne tant de mal fait trembler mes pattes. Pourquoi dois-je espérer avec autant de ferveur qu’il continue à se débattre, pour moi?

Je l’ai blessé. Le voilà qui réagit, parlant sans animosité, mais avec une franchise brutale. Je devine que j’ai misé juste, directement dans ses insécurités les plus profondes, celles qui nécessairement le braqueront contre moi. Si pour le moment, il se contente de se défendre, avant d’insinuer des faussetés à mon sujet, il ne saurait tarder que sa patience se brise entre ses griffes. Jusqu’à quel point devrai-je le meurtrir avant qu’il ne perde tout contrôle? Mes prunelles se réduisent en deux fentes fantomatiques alors qu’il les énonce, les décrivant d’une façon juste. Froides, vides, distantes. Un hiver givré sous un soleil pâle et malade. Ont-elles déjà été bien différentes? Bien sûr que si. Personne ne naît triste et amer sous les dorures de l’enfance. Il fut un temps où je fus véritablement heureuse, un temps où nous n’étions tous les deux que des chatons aux aspirations grandioses, au regard naïf. Puis les lunes ont passé et tout ce que je fus s’est envolé dans une fumée noire. C’est cruel, bien trop cruel de me rappeler qui j’étais. Je me redresse pour partir alors qu’une tornade épineuse s’insinue dans ma gorge, annonciatrice des larmes. Je refuse de pleurer devant lui, d’exposer ma peine qu’il vient tout juste de provoquer. J’ai mis tellement de temps à tout racoler, à me rendre insensible à ce monde et voilà que je cède devant lui dont les prunelles jaunes me paraissent si perçantes dans l’obscurité de son visage.

Il continue. De me le rappeler. À quel point j’ai mal. À quel point je me voile la face. Que cette vie n’en est pas une. Que de vivre et d’exister sont deux choses complètement différentes. J’ai envie de hurler. Hurler jusqu’à ne plus l’entendre. Je n’ai même plus la force de combattre. Mes pattes cèdent sous mon poids et je me couche dans l’herbe en cherchant un souffle qui ne vient pas, brisé par des sanglots que je refuse depuis bien trop longtemps.

«Arrête… arrête je t’en prie…»

Je n’en peux plus. Il a raison, probablement même que j’avais besoin de l’entendre. Sauf que la douleur n’en demeure pas moindre, lancinante, insoutenable. Les larmes s’écoulent contre mon pelage, autant de torrent de peine, canalisée et réprimée depuis des lunes et des lunes et des lunes. J’ai trop mal, trop mal de penser que lui aussi pourrait provoquer d’avantage de souffrances. J’ai si peur, si peur de lui.

«Je… je n’y arrive pas… Je…»

Je tente de parler mais les sanglots tarissent ma voix, assèchent ma gorge. Je tousse et tente de reprendre ma respiration mais il est trop tard. Mon cœur bat si vite, trop vite.

«Je n’arrive pas à m’ouvrir Masque Illusoire, ça fait trop mal.»

Je lève les yeux en ignorant toujours si je souhaite le voir disparaître en me laissant à ma peine, avec la possibilité encore de toute recommencer là où je sais pouvoir survivre, ou de tenter une autre voie, une voie où il entendrait cette voix en moi qui hurle, qui hurle, qui hurle…

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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Ven 3 Juil - 1:26

        Ses paroles s'étaient déversées comme un torrent déchaîné. Il avait tout dit, tout ce qu'il lui passait par la tête après la pique de Songe de Brume. Il n'avait pas pu s'en empêcher. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas eu une discutions aussi animée avec un autre chat et qu'il avait perdu son sourire. Il était frustré, il ne comprenait pas... et pourquoi ne le supportait-il pas ? Pourquoi fallait-il qu'il essai tout pour elle et pour les autres ? Il pourrait ignorer, vivre sa vie tranquillement, ne montrant son sourire qu'à ceux qui savaient lui rendre. Mais non. Il devait parler. Il devait écouter les problèmes des autres. Sinon, quel intérêt de vivre dans un clan où tout le monde à des doutes ? Où tout le monde monte une barrière de ronce pour se protéger ? Et se protéger de quoi ? Sans ses camarades, Masque Illusoire serait malheureux, il ne saurait pas pour qui se battre, pour qui chasser, pour qui se dévouer...

Elle était tombé. Elle était par terre, dans l'herbe devant lui. Masque Illusoire écarquilla les yeux et se rendit compte de sa bêtise. Il était aller trop loin, il voyait les gouttes brillantes sortir des yeux glacés dévaler la joue fine de Songe de Brume, comme s'ils fondaient. Qu'est-ce que j'ai fais ? Se lamenta-t-il intérieurement. Il était confronté à la chose qu'il détestait le plus. Il était confronté à la chose qu'il cherchait à tout prix d'éviter.

« Arrête... arrête je t'en prie... »

Cette lamentation déchira le cœur de Masque Illusoire. Il tremblait, il restait bouché bée. Son pire cauchemar se réalisait, il faisait pleurer un de ses camarades de clan ! En ayant essayé de l'aider ! Il ne voulait pas regarder mais sa tête n'arrivait pas à se détourner.

« Je... Je n'y arrive pas... Je... »

Songe de Brume perdait sa voix. Ses mots s'éteignaient sous la douleur et les sanglots. Elle souffrait plus que jamais et c'était sa faute ! Masque Illusoire sentait son cœur battre la chamade à l’intérieur de lui et ses yeux brillaient.

« Je n'arrive pas à m'ouvrir Masque Illusoire, ça fait trop mal. »

Ces dernières paroles le dé-pétrifia. Il avait tout raté ! Il aurait dû tenir sa langue ! Il venait de la blesser d'avantage, au point de la faire s’effondrer en larmes. Il bondit vers elle et s'allongea contre son corps remué de sursauts. Il la regarda dans les yeux, implorant :

« Non, non, non ! Je t'en prie ne pleure pas ! Je suis désolé, je ne voulais pas tout ça ! Jamais je n'aurais voulu qu'une telle chose arrive. S'il te plaît pardonne moi, je cherchais juste à t'aider ! »

Il tentais de se calmer mais rien n'y faisait, voir quelqu'un souffrir devant lui l'affligeait bien trop. Il cherchait dans le regard de Songe de Brume la froideur habituel ou juste le vide mais il était rempli de peine. Il ne supportait pas de la voir ainsi. Il fut prit par la panique, impuissant face à cette scène d'horreur.

« S'il te plaît... pardonne moi... Griffe moi, mord moi mais ne pleure plus par ma faute... »
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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Ven 3 Juil - 15:07

You Know Nothing
Respire, Songe de Brume. Je crois que j’ai oublié déjà. Mes poumons ne sont plus qu’un amas douloureux, chaque respiration plus difficile que la précédente. Mon souffle siffle dans ma gorge en se butant contre la cendre qui s’y est amalgamée. J’étouffe, je me meurs, à petit feu, c’est trop difficile. Je n’ai jamais su, je n’ai jamais été forte ou fière ou droite. Jamais la forêt scandera mon nom, je veux seulement me contenter d’exister, c’est tellement plus facile de que de vivre. Ces pleurs me déchirent, secouant mon enveloppe charnelle dans une souffrance que je retenais enfouie en moi depuis bien trop longtemps, depuis peut-être mon enfance. Ravalant sans cesse ces ténèbres de peur d’y succomber. Voilà que Masque Illusoire en a forcé l’accès, en a brisé les chaînes. La peine me submerge lentement, plus grande que moi ou lui, faisant vibrer mon corps. Je sens me frondaisons protester, mes os s’entrechoquer tant je tremble. Pendant longtemps, beaucoup trop longtemps, j’ai conservé ces émotions en moi jusqu’au point de non-retour. Lorsque les larmes se tariront, que restera-t-il de moi? Incapable de réfléchir ou de mettre fin à cette crise, je me contente de la laisser passer en laissant m’échapper de légers gémissements aigus, cris de douleurs annonciateurs de la souffrance que je puis ressentir en ce moment. Ce terreau dans la rivière, le ciel bleu au-dessus de nos têtes, le poisson… même lui, ils ont disparu, pour laisser place à une obscurité qui menace de m’engloutir.

Les ténèbres. Froids. Rigides, s’enserrant autour de ma poitrine alors que les images défilent sous mon crâne. Je ne parviens plus à le combattre. Alors j’assiste, impuissante, à ces épisodes de mon existence qui me rappellent d’autant plus mon insignifiance. Les secondes défilent dans les sanglots et les tremblements incessants et insupportables, sans aucune issue possible. Est-ce ce sentiment qui précède l’extinction totale? Parfois, à mes heures plus sombres, je me dis que ce serait plus facile. De s’étreindre. Mais alors que cette pensée franchit mon esprit, une présence se fait sentir à mes côtés. Une chaleur repousse les griffes glacées m’élançant dans un étau qui me broyait de plus en plus. Sans chercher d’avantage, je m’y raccroche, désespérément, enfouissant mon visage dans une fourrure inconnue mais familière, y puisant une force insoupçonnée. Ainsi je reste, immobile, blottie contre lui, tremblante et sanglotant à m’écorcher les tripes. Je laisse la tempête passer, car elle finira bien par s’évanouir, n’est-ce pas? Lentement, les ténèbres, le froid… ils se dissipent. Au moment où je croyais que je ne survivrais pas à tant de douleur, voilà que l’air s’insinue dans mes poumons, que la boule formée dans mon estomac se dénoue. Les pleurs et les sanglots s’amenuisent, mais je ne me détache pas pour autant de la présence rassurante à mes côtés. Pas tout de suite. Si le pire est passé, ma poitrine menace encore de fendre à tout moment.

Je reprends conscience de ce qui m’entoure. D’abord du clapotis ronronnant de la rivière se faufilant entre les rochers. L’odeur de l’herbe gelée et celle, plus insistante encore, d’un chat à mes côtés. Je réalise que dans ma peine, je me suis blottie contre Masque Illusoire. Mon nez s’enfouit contre ses côtes avant qu’un soubresaut me redresse sur mes pattes encore hésitantes. Mon regard s’est rivé contre le sol, encore brillant de larmes maintenant taries. Je me sens lourde, fatiguée. Mon crâne m’élance. Mais dans ma poitrine, l’étau s’est fait moins douloureux, comme si toutes ses larmes avaient su racheter une part de ma souffrance. Je ne m’étais jamais autorisé à ressentir auparavant. À présent j’ignore même comment refermer l’étau qui s’est brisé sous ses mots et qui a libéré toutes mes émotions.

«Ce n’est pas de ta faute, Masque Illusoire. Je ne vais ni te griffer ni te mordre.»

Ma voix est rauque et triste, mais pas indifférente cette fois au moins.

«Je me sens… un peu mieux. Pour ce que ça vaut. C’est trop difficile pour moi d’être en contact avec les autres, Illusoire. J’ai perdu confiance. J’ai l’impression que… si je m’ouvrais à nouveau, ce ne serait que pour souffrir d’avantage. J’ai eu trop mal, je suis… je suis épuisée.»

Un soupir m’échappe alors que mon regard se perd contre la rivière, là où j’ai perdu Plume Sauvage. Elle me manque, un peu plus chaque jour. On m’a dit un jour que le temps seul saurait guérir mes blessures mais j’attends toujours.

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Ouragan Astral
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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Ven 3 Juil - 18:51

        Il ne savait pas quoi faire. Songe de Brume avait l'air de souffrir énormément et elle ne répondait pas à ses paroles. La panique le submergeait mais il ne pouvait rien faire. A coté de lui, elle tremblait énormément et Masque Illusoire tentait de se coller plus, comme si il pouvait la réchauffer alors qu'il savait très bien que ses tremblements n'était pas dû à la température. A chaque gémissement, chaque sanglot, chaque larme qui percutait le sol, il avait un pincement au cœur. Jamais il n'aurait penser faire souffrir un autre chat de cette façon, pire, un chat de son clan ! Qu'allait-il arriver maintenant ? Elle ne voudra plus jamais lui parler. Pourtant il restait là. Il attendait. Il ne pouvait pas se détacher d'elle avant qu'il sache qu'elle aille mieux. Après il s'en irait. Il la laisserait tranquille. Plus jamais il ne la refera souffrir. Soudain, la jeune guerrière enfouie son museau dans sa fourrure ce qui surprit Masque Illusoire. Il pensait qu'elle l'aurait repousser dès la première seconde où il se serait approcher. Elle semblait se calmer. Il sentait sa respiration se ralentir, ses sanglots secouer de moins en moins son corps effondré. Le guerrier était soulagé. Le pire était passé. Les deux félins ne bougèrent  pas pendant quelques instants encore. Le calme était revenu, Songe de Brume ne faisait plus aucun bruit, il pouvait juste sentir son souffle chaud sur son flan.

Masque Illusoire sursauta quand Songe de Brume se détacha de lui soudainement, s'étant remise sur ses pattes d'un bond. Elle baissa les yeux, encore marqués par la tristesse. Il la regarda, attendant qu'elle lui dise de s'en aller ou qu'elle-même s'enfuit. Plus jamais... jamais... se répétait le jeune félin intérieurement.

« Ce n'est pas de ta faute, Masque Illusoire. Je ne vais ni te griffer ni te mordre. »

Les paroles de Songe de Brume ne le rassurèrent pas. Il savait que c'était sa faute. Jamais il n'aurait dû la pousser à parler. Elle n'en avait pas eu envie mais il n'avait pas arrêter d'insister. Il l'avait fait craquer. Et rien que cette pensée le répugnait, lui donnait envie de s'enfuir, de ne plus jamais la regarder en face.

« Je me sens… un peu mieux. » Cette nouvelle ne fit que surprendre Masque Illusoire. Peut être que toute la souffrance qu'elle avait contenu, caché, elle venait de l'éjecter. Il se releva doucement sans toutefois s'approcher d'elle. « Pour ce que ça vaut. C’est trop difficile pour moi d’être en contact avec les autres, Illusoire. J’ai perdu confiance. J’ai l’impression que… si je m’ouvrais à nouveau, ce ne serait que pour souffrir d’avantage. J’ai eu trop mal, je suis… je suis épuisée. »

Il la comprenait. Après l'épreuve qu'elle venait d'endurer, elle devait être fatiguée. Ils avaient assez discuté pour aujourd'hui. Masque Illusoire avait retenu la leçon et plus jamais il s'y reprendrait. Il s'avança sans dire un mot vers la rivière où il pêcha un poisson rapidement. Il se retourna vers Songe de Brume et lui dit le plus doucement possible :

« Allez viens, on rentre. »

Il prit son poisson et partit en direction de leur précédente position pour récupérer le poisson qu'il avait pêcher quelques minutes avant. Il marcha en compagnie de la jolie guerrière à travers leur territoire. Cette après-midi aura été riche en émotion. Alors qu'ils s'approchaient de la sortie du camp, Masque Illusoire marqua un arrêt. Il déposa ses poissons et se força à parler une fois de plus, craignant plus que tout de la blesser d'avantage :

« Je vais te laisser tranquille Songe de Brume. Je n'aurais pas dû te parler comme ça tout à l'heure. Si un jour tu voulais... me reparler, n'hésite pas. Je ferais tout pour me racheter »

Il n'attendit pas de réponse et se remit à marcher tête baissée en essayant de chasser l'image du visage dévasté par la tristesse de Songe de Brume.

_________________
Merci énormément Laëlix pour cette magnifique signa, elle est parfaite !

Merci beaucoup Kinder ! c:
Autres signas et cadeaux (merci à vous :3) :
 
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MessageSujet: Re: You Know Nothing |Masque Illusoire|   Lun 6 Juil - 21:17

You Know Nothing
Comment le temps pourrait-il rétablir un état qui ne fut jamais parfait? Fragile, vulnérable. Je naquis ainsi, comme dénudée, exposée à ce monde qui m’a paru alors trop grand, comme si je n’en faisais pas vraiment partie. Pendant un moment, cette impression s’est estompée, par la présence de ma sœur, puis de Plume Sauvage et enfin de Perle d’Or, mais aucune d’entre elles n’a suffi à combler ce malaise palpitant au fond de moi depuis des lunes et des lunes. Cette conversation ne fait que raviser cette pensée que je me refuse souvent et qui me dicte une certaine marche à suivre vers la rédemption : je dois y réfléchir. À qui je suis, à ce à quoi j’aspire. À remettre en question ce mode de vie dans lequel je m’enferme. Car aussi brusque Masque Illusoire fut-il, il n’en reste pas moins qu’il a eu raison à mon sujet. Je suis malheureuse. Un peu plus chaque jour, je m’enfonce dans des ténèbres opaques qui assouvissent mes sens, qui obscurcissent mon opinion, qui m’affaiblit dans ma jeunesse qui se tarit à vue d’œil. Je suis malheureuse et je ne parviens pas encore à l’assumer, bien que je le devrai à présent, me trouvant devant le fait accompli. Comment nier ce qui vient de se passer près des rives? Impossible. Surtout que cette débâcle émotive m’a laissée plus fragile encore, dans un état de vigilance que j’ai trop souvent tenté d’éviter.

Là où le guerrier n’a apporté aucune réponse à mes trop nombreux questionnements, est comment. Comment être heureuse? Il a parlé de m’ouvrir aux autres, une solution qui m’apparaît toujours dans un épais brouillard. Surtout que plusieurs entraves personnelles m’empêchent d’accéder à ce qu’il propose. Cette peur que j’ai évoquée est bien réelle, aussi présente et poignante qu’un traumatisme concret telle une mauvaise rencontre avec un blaireau. J’aimerais lui expliquer mais les mots me manquent, mon souffle se tarit dans ma gorge aux douloureuses lacérations, comme les mes sanglots y avaient laissé des traces indélébiles encore sanglantes. Toute tentative de poursuivre mes explications s’avèrent inutiles de toute façon. Bientôt il se redresse, m’invitant à le suivre jusqu’au camp. Je l’aide à transporter sa proie sans la moindre conviction, effrayée de retourner sur mes propres pas, vers ce campement où je ne suis qu’une inconnue. Peur de ce qui suivra aussi, de la solitude. De la déception dans son regard, comme à chaque fois qu’on m’abandonne. C’est ce que je voulais, je crois, et pourtant à présent je ne peux plus m’y résoudre. Où est passée sa combattivité? Mes pleurs l’ont-il convaincu de me laisser à mes misères solitaires? Ai-je finalement obtenu de lui exactement ce que je souhaitais?

Le chemin vers le campement se déroule dans un silence lourd. Lourd de conséquences, lourd de paroles non prononcées et de regrets. Encore maintenant, alors que le paysage de mon enfance défile sous mes pattes gelées, je ressens encore l’amertume de cet échange avec Masque Illusoire. J’en espère toujours la fin, comme une façon de clore ce que j’ai laissé en suspens entre nous deux, ou plutôt qu’il a décidé de ne pas adresser. Comme s’il refusait mes explications, sans se donner la peine de comprendre. Peut-être mon embardée l’a simplement mis mal à l’aise. Moi-même j’ignore comment je réagirais devant une peine aussi dévastatrice, surtout que selon ses dires, il semble croire l’avoir provoquée. Au moment où je crois que nos chemins se sépareront pour le meilleur ou le pire, il s’arrête pour me scruter de son implacable regard jaunâtre que je soutiens sans la moindre hésitation. Ses paroles me surprennent, me prennent même totalement de court. Voilà qu’il m’offre effectivement satisfaction. Ma vie ne changera plus désormais, car le guerrier a décidé de me laisser tranquille plutôt que de jouer les héros. Pourtant, il laisse une porte ouverte. Une possibilité que bien d’autres auparavant m’ont refusé. Je le considère avec surprise alors qu’il s’éloigne, tête basse, sans savoir… sans avoir tout le bien qu’il a pu me faire. Un jour peut-être.

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