« Aujourd’hui sera mon dernier jour d’errance,

la fin de ma chute. » Valse des Étoiles
 
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 11:11 [OS]

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Présage des Rats
MacModo.
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MessageSujet: 11:11 [OS]   Jeu 14 Mai 2015 - 17:48

11:11.
feat. Jeu Macabre
«If I'm still in love in the morning»

 

Qu'on m'apporte mes ailes, je voudrais voler. M'enfuir, laisser tout ce vacarme derrière moi, rire au nez de ce que l'on m'a prédit, ressentir la peur et l'envie de nouveau. Mais personne ne vient, mes ailes ont brûlé. 
Les étoiles dansent ce soir. Les arbres sont l'orchestre, chaque feuille s'est parée d'une robe lunaire et elles bruissent à l'unisson, elles guident le ballet céleste, le vent les agite de sa baguette silencieuse. C'est la chance ou le destin, les deux sûrement qui l'ont amené là. La foi a guidé ces félins vers les montagnes de la Lune, lui se tient au bord d'une falaise, il regarde le vide. Les bois déploient toute leur beauté sous ses yeux si ordinaires, il ne comprend pas pourquoi on lui offre tant de magnificence, à lui, le paria aux mille cicatrices et qui n'a pourtant pas de visage. Le ciel est noir comme son chagrin, parsemé de milliards d'astres éteints depuis longtemps, autant d'espoirs réduits à néant. Mais si la tristesse est si belle pourquoi lutte-t-il ? Il s'y engouffre sans résister. Pourtant, en ces terres inconnues il cherche quelque chose. Ou quelqu'un. Mais il pense à autre chose, comme pour mieux tourner la page, mieux chercher ensuite. Trouver ?




« Demain tu ne m'aimeras plus »
C'est ce qu'elle lui avait dit.
Sa vie était un disque rayé, qui buttait en boucle sur la même phrase lancinante, la même douleur. Si Midas transformait tout ce qu'il touchait en or, lui détruisait tout sur son passage. Violence, sang, mort, c'est ainsi qu'on aurait dû l'appeler. Jeu Macabre n'était pas assez fort, ce n'était pas un jeu, la vie ne lui offrait pas d'alternative, il perdait quoiqu'il fasse, il ne voulait plus jouer.


« Demain tu ne m'aimeras plus »
C'est ce qu'elle avait répété, perdue devant son silence, parce qu'elle avait été convaincue qu'il démentirait, qu'il lui jurerait de rester, toujours, pour toujours. Il avait voulu veiller sur elle, être celui sur qui elle s'appuierait lorsque l'hiver approcherait, contre qui elle tremblerait après un cauchemar. Mais rien qu'une nuit. Oui, il n'avait voulu cela rien qu'une nuit. Parce qu'il n'avait jamais pu aimer qu'une seule personne et qu'elle avait égaré son cœur quelque part, bien loin dans le temps.


« Demain tu ne m'aimeras plus »
C'est ce qu'elle avait dit pour la dernière fois de sa vie. Il n'avait peut être pas été le premier mais il serait le dernier, parce que la mort rôdait, l'accompagnant. La maladie l'avait emportée. Il avait semé la vie sur son passage. Deux enfants, deux êtres pourtant emplis de haine et de morgue.
Il n'avait pas répondu, secoué la tête, accablé de fatigue et de lassitude. Elle avait des larmes dans la voix et l'amertume dans le regard. Il aurait dû lui dire que oui, il avait profité d'elle, parce qu'il s'était senti seul et qu'après tout il n'était qu'un amas de chaire et de sang, que lui aussi avait des besoins, mais qu'il ne parvenait peut être pas à les transformer en sentiments. Est-ce un crime que de ne jamais aimer ? Il faut le croire, car personne ne comprend, personne ne croit, c'est contre-nature.


« En effet »
Il devait accroître la douleur, même si cela lui coûtait, c'était mieux pour elle, mieux pour eux. Elle s'était détournée pour ne pas lui taillader le visage, pourtant il n'aurait pas bronché. Mais elle avait eu peur de lui, depuis le début, il l'avait senti, il ne provoquait que cela chez les autres. Et puis quelques temps plus tard son ventre s'était arrondi.


Le souvenir s'efface et il oublie sa voix, ses gestes. D'autres se superposent, prennent toute la place, il connaît l'obsession et le manque, la panique lorsqu'il commence à vouloir se détacher. Non il ne peut pas, il ne doit pas. Un parfum le trouble et il se rend compte avec impuissance que tout n'est qu'imagination. La pluie et son chant lui rappellent un moment macabre et pourtant pour rien au monde il ne l'effacerait, pas celui-ci. Il l'a senti. Cette similitude, cette chose implicite, invisible, qui unit deux âmes brisées, il sent qu'il ne sait pas tout, qu'il y a quelque chose à découvrir, et il croyait que la curiosité l'avait quitté le jour où il avait ôté la vie pour la première fois. Un rat. Voilà tout ce que j'ai besoin de savoir s'était-il dit. Je peux donner la vie, je peux la reprendre, et cela même le Clan des Etoiles n'y pourra jamais rien. Sentir l'existence s'échapper sous ses crocs, et le bruit des os qui se disloquent, rien de plus jouissif, rien de plus intense, rien de plus affreux que cela. Il avait mordu dans la peau d'un cadavre récemment, même pas une victime, rien qu'un pauvre diable happé par le métal hurlant. Des yeux d'acier avaient failli le happer également, alors il les avait évité autant que possible. Il avait traîné l'inconnu qui l'avait conduit vers sa chance vers des lieux dont il peinait maintenant à se souvenir. Il avait évité les questions, n'avait pas donné son nom. Il savait qu'il n'aurait même pas dû l'aider. Elle était comme lui, c'était presque une évidence. Il se refuse pourtant à l'assimiler à sa propre monstruosité, elle ne peut pas y être associée, quel qu'ait été son crime, son regard n'était pas innocent, c'était celui d'un repenti qui ne parvient pas à brider sa mémoire trop vive.


Pourquoi brûle-t-il de trouver un autre mort le long d'un ruban d'asphalte ? C'est un prince d'égoïsme livré à la solitude, à l'horreur qu'il s'inspire. Livré à la tentation de l'inconnu.
Son cœur se serre lorsque Sureau s'impose à son esprit. Il ne voulait pas laisser de traces en ce monde, et voilà qu'il pense déjà à les supprimer. Où est son fils ? Il n'en sait rien, ne veut pas savoir et au fond il espère qu'If pourri dans un fossé, même si l'idée lui donne le sentiment de se noyer. Il ne peut plus respirer, et il lui semble que les étoiles ne dansent plus, elles fondent sur lui pour l'aveugler, pour le punir. Mais il ne veut pas que ses enfants deviennent comme lui. Il le voit dans l’œil d'ambre de sa fille, la même couleur que ceux de son frère. Le sang ne ment pas lui a un jour dit son père, le sang hurle le passé et embrase le futur.
Il devrait sauter, se laisser tomber de cette falaise et écouter son corps s'écraser plus bas. Pourtant il ne le fait pas, l'instinct ne le quitte pas, gardien invincible, nuisible. Il se détourne du plaisir infini que confère ce genre de chute. Il choisit la dureté de la vie ici-bas, il doit chercher, il doit en avoir le cœur net.


Loin, dans la forêt de l'Ombre, sa descendance, son erreur s'endort. Sureau se demande si elle sera aussi courageuse que son père un jour.



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