« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

Masque de Rosée
 
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 My watch begins [LIBRE]

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Présage des Rats
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MessageSujet: My watch begins [LIBRE]   Mer 6 Mai - 16:29

My watch begins.
feat. Sureau & Unknown
«I shall wear no crown and win no glory»

 

Le vent était presque vivant. Il hurlait, murmurait, sifflait sans jamais prononcer un seul mot, il lui semblait même qu'il pleurait lorsqu'il venait effleurer le feuillage des arbres au dessus d'elle. Elle se demandait s'il avait un nom, un nom autre que celui de Vent, et s'il serait un jour capable de le lui confier, un clan s'était attribué le même nom, simplement pour l'honneur, mais elle était convaincue qu'il n'était pas d'accord. Elle avait traversé le territoire aux lapins et le vent avait failli la soulever de terre, il cherchait à se venger des impudents qui se croyaient ses égaux, assurément. Sureau progressait lentement et il lui semblait qu'il y avait des jours qu'elle cheminait ainsi, au grès du vent et de la poussière, passant des bois aux rivière et aux étendues sans fin, et ce toujours seule. Terriblement seule. Elle avait tâché de garder le silence un moment, mais il était trop oppressant, comme un poids sur ses trop maigres épaules et elle avait été incapable de le supporter plus longtemps, son fardeau ne serait pas alourdi, elle s'y refusait. Alors elle parlait seule, comme à son frère If s'il avait été là, elle lui disait ce qu'elle ressentait, le pressait de regarder telle ou telle chose, s'émerveillait avec lui devant la beauté du monde, même la plus cruelle. Elle s'était vue fascinée par les couleurs d'un cadavre d'oiseau, par les centaines de vers qui roulaient sur lui et tombaient dans la terre pour mieux revenir. Elle s'était sentie triste au bout d'un temps, quelle genre de personne était-elle dont ? Et puis ensuite elle s'était dit que les chatons des clans étaient peut être comme elle, elle n'avait simplement aucun moyen de le savoir. Mais son père finirait par l'emmener loin de ces terres solitaires et elle aussi aurait une grande famille qui dormirait contre son flanc et chasserait pour elle lorsque la santé la quitterait. Parfois elle se demandait pourquoi il lui avait raconté toutes ces histoires, pour la rendre envieuse peut être ou simplement parce qu'il aimait se rappeler d'un passé inaccessible, perdu à jamais. Mais lui avait eu la chance de connaître tout cela, Sureau, elle était condamnée à attendre son bon vouloir. Et d'ailleurs, les clans n'étaient pas censés accepter les bâtards comme elle. Elle n'était rien de plus qu'une erreur et un mélange de sang infâme, il le lui avait bien fait comprendre.


Elle voulait voir le territoire sombre et beau dont il parlait si souvent. Et sa route avait été longue, conduite par des souvenirs, des indications vagues, des odeurs, elle avait failli mourir percutée par un monstre de métal alors qu'elle parcourait une rivière de roche noire à l'odeur de brûlé, tomber dans le charnier et être dévorée par les rats qui vivaient là, se noyer dans un marais. Mais rien de tout cela n'était arrivé et chaque fois qu'elle en réchappait elle remerciait son If imaginaire et exultait à l'idée de revoir son père, et la tête qu'il ferait en voyant qu'elle était toujours en vie. Elle ne s'attendait pas à le trouver en son ancien royaume, on l'y traquait depuis son exil forcé, il s'y risquait quelques fois mais il voulait surtout éviter sa propre fille et il était par trop évident qu'elle l'y chercherait. Elle ne voulait pas le voir pour l'instant, rien que ce monde dont il parlait tant et qui constituait la moitié de son être à elle. Moitié ombre, noblesse et ordre, moitié solitaire, sauvage et inconnue, le chaos après une rencontre incompatible en chaire et en os. Elle avait l'âge d'être apprentie, elle se demandait à quoi ressemblaient les autres chats de son âge, ils s'appelaient tous Nuage et avaient le droit à un guerrier rien que pour eux, elle ne se doutait pas un seul instant qu'ils étaient des élèves et qu'on leur confiait souvent les tâches les plus ingrates, pas plus qu'elle n'imaginait qu'ils devaient obéir aux ordres de leur mentor, elle en aurait été incapable. En parcourant cet endroit elle imaginait parfois croiser Étoile de Mystère une rouquine douce et juste, et son fils ou bien un guérisseur couvert de plantes des pattes à la tête avec d'énormes yeux globuleux ou encore ces très vieux chats qu'ils appelaient les anciens, elle voyait en rêve des pelages miteux, des os saillants et des yeux blancs aveugles qui la fixaient dans le noir. Rien que des choses qui auraient dû, d'une certaine façon, ou selon toute logique, l'effrayer mais qui ne faisaient qu'augmenter son désir de les voir. Quoiqu'il en soit tous ces individus restèrent invisibles durant sa traversée, elle avait dû rater les patrouilleurs de peu et en fut presque déçue.


La lune éclairait ses pas et illuminait tout d'un argent à couper le souffle, elle respirait doucement comme pour ne pas briser la quiétude de la nuit bien qu'elle fût essoufflée au possible. L'ascension était laborieuse et elle se découvrait des muscles jusqu'alors inconnus. Cependant la récompense fut à la hauteur de ses espérances, un plateau s'étendit soudain sous ses yeux dissemblables et elle ouvrit la gueule croyant pouvoir humer l'odeur de la beauté pure. C'étaient d'immenses rochers bleus, alanguis sur le sol ou plantés comme autant de lances dressées vers le ciel, ils étaient recouverts d'une fine mousse presque brillante sous les rayons lunaires qui se répercutaient dans les myriades de gouttes de pluie tombées un peu plus tôt et tout scintillait. Pendant une seconde elle comprit pourquoi son père préférait cet endroit à elle, il n'y avait plus paisible et plus harmonieux, tout faisait sens. Pourtant la paix fut vite troublée quand elle réalisa qu'il y avait bien assez de place pour deux ici, une dizaine de ses enfants au moins aurait pu se tenir à ses côtés pour contempler les montagnes de la Lune au loin. Elle se promit d'en visiter le territoire un jour, on disait que ces chats étaient mystérieux et très croyants, elle aussi l'était, enfin à sa manière. Mais si elle croyait aux morts et parlait à If elle savait que son frère n'était pas mort, il était là quelque part, peu être tout près et elle n'avait qu'à tendre la patte pour le retrouver, mais c'était comme être aveugle. Elle espérait que le temps lui ouvrirait les yeux.


Elle entama une toilette qu'elle ne termina pas, affligée de voir tant de noirceur sur son pelage, se laver était inutile, elle serait sale de nouveau dans très peu de temps. De plus elle érafla au passage son oreille à demi coupée et repensa avec un frisson au renard qui devait avoir le morceau manquant dans son estomac et à la douleur cuisante qui l'avait poursuivie pendant des jours. Une nouvelle souffrance l'assaillit lorsqu'elle dénicha un trou entre deux rochers et qu'elle l'en débarrassa de son surplus de mousse, perdant une griffe au passage. Du sang coula entre ses coussinets mais aucun gémissement ne franchit le seuil de sa gorge, elle se contenta d'un grognement de colère et envoya valser la mousse plus bas dans un océan d'herbes folles. Finalement elle se roula en boule dans son antre improvisé et écouta un moment son estomac vide lui rappeler qu'il existait. Mais elle n'avait pas envie de bouger, le froid de la nuit commençait à se dissiper et elle voulait dormir un peu.


« Bonne nuit If » souffla-t-elle pour chasser le silence et les ténèbres, pensant dormir d'une traite et se réveiller lorsqu'il ferait jour.


Ce ne fut pas le cas, car la nuit n'abritait pas qu'elle, et un bruit la réveilla peu de temps plus tard.



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Hurlement de la Louve
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MessageSujet: Re: My watch begins [LIBRE]   Mer 6 Mai - 19:21



Vous allez, moi je suis, vous marchez, moi je tremble,
Et tandis que, formant mille projets ensemble,
Vous semblez ignorer, passant robuste et doux,
Tous les angles que fait le monde autour de nous,
Je me traîne après vous, pauvre femme blessée.
D'un corps resté debout l'ombre est parfois brisée.

L'ombre - Victor Hugo.

Elle marchait silencieusement, bercée par ses craintes enfantines. Elle ne s'était encore jamais imaginée avoir peur du... Grand Rien. La nuit laissait ses sens vagabonder vers chaque son, et la tristesse qu'elle ressentait s'était changée en peur. Elle ne voyait pas Dame Lune, qui avait décidé de jouer à cache-cache avec elle, seulement Ombre l'accompagnait dans son trajet vers le Grand Peut-Être. Le Grand Peut-Être. Elle se demandait ce qui se déroulait au delà-de la forêt, milles questions tourbillonnaient dans son esprit. Mêlé à la peur. Peur de l'Inconnu, avec un grand "I", être fantomatique et chimérique. Elle avait peur du noir, des ombres qui l'encerclaient et qui la rendaient pionnier. Pourtant, ce territoire était le sien, ces terres lui étaient si familières. Mais la vie en était ainsi, tout pouvait basculer, la guerrière le savait. Sa vie avait en effet bousculée. A cause d'une simple minute. Une minute qui laissera une trace éternelle, si on pouvait le dire comme ça. C'est vrai, l'Infini peut-être plus ou moins long. Par exemple, entre 0 et 1 se cache une infinité de chiffres, 0.9, 0.99, et ainsi de suite ; pourtant on arrive à 1. Cela voudrait dire que certains infinis seraient plus petits, non ? Mais Audace des Insurgés ignorait. Sa seule préoccupation était à présent de rentrer vers ce camp ou elle se sentait prisonnière. Comme si la présence fantomatique de ses parents la hantait seulement là-bas. Et elle ne pouvait pas l'ignorer. Elle en était incapable. Donc, apeurée par le grondement sourd du vent, de la danse invisible des spectres qui mûrissaient dans son imagination. Elle se tourna dans la direction qu'elle pensait la bonne, mais la nuit avait troublé ses sens.

L'Ombreuse se laissait guidée par son instinct, mais la froideur de la nuit la ralentissait, elle tremblait légèrement. Milles pensées germaient dans sa tête, mêlant ses crainte et ses peines, ses joies et ses souvenirs. Elle ne voulait plus rentré, les bois sombres ne l'effrayaient plus autant, maintenant qu'elle s'était familiarisé avec. Elle frôlait le sol de ses pattes musclées par la chasse, laissant tous les fumets pénétré son odorat. Elle sentait une faible trace de pluie, mélangé à d'anciens parfums de proies déjà dans le sommeil. Divergente se dirigea vers les Rochers Bleus, ou elle espérait passé une nuit tranquille. Le sommeil commençait à la gagné, la fatigue drainait son énergie. Elle allait bientôt arriver à sa destination. Elle avança lentement, essayant de visualiser les imposantes pierres malgré l'obscurité. Elle sentit soudain un fumet particulier s'intensifier au fur et à mesure qu'elle marchait, une odeur féline. La végétation était moins dense dans cette partie des terres du Clan. Elle put visualiser la petite boule de poil devant elle. La guerrière de l'ombre réfléchit un instant, puis miaula doucement:

« Bon soir. »

Sa voix résonna dans l'air nocturne. Elle regardait la féline devant elle, qui devait avoir l'âge d'une apprentie. Divergente ce demandait ce que cette petite, qui ne portait aucune odeur de clan, faisait là. Mais elle n'étais aucunement fâchée, elle se sentait seule et elle avait besoin de compagnie. Quelle qu'elle soit.

Je m’incruste, j'espère que ça te vas. :B

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Rivy mon cupcake, merci.




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MessageSujet: Re: My watch begins [LIBRE]   Sam 9 Mai - 0:19

My watch begins.
feat. Sureau & Audace des Insurgés & ...
«Chin Up»

 

Sureau gardait les yeux fermés, elle se concentrait sur sa propre respiration, tâchant de faire le moins de bruit possible, réfléchissant déjà à une issue de secours. Elle avait été idiote de s'enfermer dans un trou, elle aurait mieux fait de dormir dans un arbre comme d'habitude. Mais elle avait voulu voir l'ancien royaume de son père, admirer ces rochers bleus à mesure qu'elle s'offrirait au sommeil, voir le ciel plutôt qu'un océan de feuilles sombres. Elle se promit de faire passer la prudence avant ses envies personnelles. Promesse qu'elle ne tiendrait pas, elle le sut à l'instant où son oreille mutilée la démangea. L'autre l'avait sentie, elle la regardait fixement, l'air d'avoir tout le temps du monde devant elle. Sureau aurait voulu qu'elle la laisse tranquille, qu'elle passe son chemin, mais elle savait qu'elle était entrée dans un territoire interdit, c'était elle qui n'avait rien à faire là. Elle se demanda ce qu'aurait fait son père. Il se serait battu, il aurait tué pensa-t-elle aussitôt avec un frisson. Mieux valait ne pas se demander ce genre de choses. De toute façon elle n'était pas encore capable de se battre.


L'autre était une guerrière, elle l'avait deviné. Poil brun et yeux clairs à première vue, même si la lumière n'était pas suffisante pour le dire. Elle ne l'avait jamais vue mais sa taille et ses muscles lui indiquaient qu'elle était adulte. Pourquoi n'attaquait-elle pas ? Peut être qu'elle jouait avec ses proies avant de les achever, l'idée hérissa le pelage de Sureau dont la queue doubla de volume, elle ne put s'empêcher de cracher. Et puis il y avait cette odeur pas vraiment agréable du Clan de l'Ombre, celle qui commençait à s'estomper sur la fourrure de son père. Elle se demanda si cette chasseuse avait fait partie de ceux qui l'avaient forcé à partir. Elle secoua la tête, la question n'était pas là, elle devait sortir de ce nid de mousse au plus vite.


« Bonsoir »


La voix la fit sursauter et elle fixa sur l'inconnue de grands yeux étonnés, elle voulait faire la discussion ? Là maintenant ? Ces clans étaient vraiment bizarres. Elle décida de jouer le jeu, juste quelques minutes, le temps de trouver une solution. Elle n'avait pas la moindre envie de faire amie amie avec elle, de toute façon elle savait qu'on ne la prendrait pas comme apprentie, quoiqu'elle fasse, surtout pas s'ils connaissaient ses origines. Pendant un instant elle redouta que l'autre ne soit au courant, pour son père. Mais elle se reprit, c'était impossible, il n'en avait parlé à personne. Sureau se redressa, tâchant de calmer les battements frénétiques de son cœur.


« T'm'as fais peur » grinça-t-elle de sa voix éraillée, pas vraiment en accord avec son aspect.


Elle s réalisa qu'elle n'était pas présentable et se dit ensuite que cela n'avait pas la moindre importance, son odeur donnait assez d'informations sur elle sans qu'elle ait besoin de se montrer coquette. Enfin quand on savait ce servir de son nez, ce qui n'avait pas été le cas de Jeu Macabre lorsqu'elle avait vu le jour. A l'est le vent se leva de nouveau, ébouriffant son crâne lorsqu'elle se glissa hors de sa tanière, elle était toujours coincée, dominée par la guerrière, le dos à la roche et son père lui avait dit de ne jamais tourner le dos à un ennemi, alors elle fit face et darda son regard étrange sur la chasseuse.


« Je suis désolée je voulais pas je... » dit-elle en mimant des sanglots.


C'est avec un sourire carnassier qu'elle profita de sa petite taille pour glisser sous le museau de la guerrière, lui asséner un léger coup de griffe et, profitant de l'effet de surprise, bondit pour se retrouver en hauteur, sur un des rochers. Elle n'avait pas dû avoir mal, ce n'était pas le but. Mais au moins elle s'était dégagée.


« Maintenant on peut parler s'tu veux ! » lança la fanfaronne, sans voir que quelqu'un d'autre allait bientôt se joindre à leur petite fête. Elle était bien trop occupée à imaginer la tête qu'aurait fait son père en la voyant. Elle était plus rusée que ce qu'il croyait. 


{J'espère que ça va, Su étant un bébé elle a vraiment pas blessé Divergente c'était juste pour bouger un peu ( : on va laisser répondre Desty si tu veux bien avec Ours ^^ )



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MessageSujet: Re: My watch begins [LIBRE]   Ven 5 Juin - 20:56


Poésie des Ours
ft. Sureau & Audace des Insurgés ♥


J'étais de garde cette nuit ; sensé veiller sur le camp endormi, j'avais pourtant choisi de m'évader comme un voleur, et de dérober un peu de la liberté qui me revenait de droit. Il était hors de question pour moi de passer une nuit blanche, immobile et frigorifié, alors que tous mes compagnons dormaient bien au chaud dans la tanière des guerriers. J'avais envie de faire un petit tour ; pourquoi me priver ? N'était-ce justement pas l'avantage des adultes, de pouvoir sortir quand bon nous semblait ? Avec le nom que l'on venait tout juste de me donner venaient des privilèges, et non pas des responsabilités comme beaucoup l'assénaient.

Je ne faisais aucun effort pour marcher silencieusement : à quoi bon ? Seules les chouettes étaient éveillées à cette heure tardive, et je ne craignais pas leur jugement. A vrai dire, je ne craignais le jugement de personne. J'étais mon propre roi, et ce soir l'éclat de la lune faisait resplendir ma couronne dorée. Un sourire se dessina sur mon visage plongé dans l'ombre, et vint l'éclairer comme un soleil. Céleste est sûrement le mot que vous cherchez pour me décrire ; pourtant, c'était bien le sol poussiéreux que foulaient mes larges pattes, et non pas un chemin d'étoiles, faisant rouler mes épaules à chacun de leurs mouvements. Mon court apprentissage avait peu développé mes muscles, mais j'avais l'avantage d'une imposante carrure naturelle qui me conférait déjà l'allure d'un monarque.

Alors que j'approchais des rochers bleus au hasard de mes flâneries, je fus étonné de trouver l'endroit bien moins désert que prévu. Intrigué par ces éclats de voix qui me parvenaient à travers le silence de la nuit, je m'approchais de leur source sans une once d'inquiétude. J'étais chez moi, après tout... L'odeur de mon clan me parvint immédiatement, et je reconnus de dos Audace des Insurgés. Manifestement, je n'étais pas le seul à m'être éclipsé du camp et de son atmosphère étouffante pour trouver refuge dans le calme de la nuit. J'avouais être étonné : cette guerrière m'avait toujours semblé terriblement banale, et la force de ses convictions, qu'elle criait sur tous les toits au point qu'on lui donne le nom qu'elle portait désormais, me donnait l'image d'une guerrière bruyante et agitée. Son engagement, son altruisme m'ennuyaient. Elle était trop prévisible – pourtant, je devais m'avouer intrigué par sa présence à cet instant précis.

Tentant de dissimuler aussitôt ma surprise, je m'approchai du duo formé par ma compère et un petit chat maigre, perché sur l'un des rochers. N'importe quel guerrier – excepté Divergente et moi, manifestement – aurait sauté à la gorge de l'inconnu sans se poser de question, ou lui aurait du moins poliment ordonné de déguerpir dans les plus brefs délais. Mais l'honneur de mon clan ne m'intéressait guère ; non, ce qui m'intéressait, c'était de savoir ce qu'une guerrière comme Audace des Insurgés pouvait bien fabriquer avec un jeune solitaire. Traîtrise ? Complot ? Enfant caché ? Aucun de ces soupçons ne me traversa l'esprit. Je me tournai vers elle, d'humeur taquine.

« Eh bien, Audace, je ne te savais pas prompte à t'enfuir en plein milieu de la nuit à un rendez-vous galant ! » lançai-je en arborant un rictus.

Mon regard se posa finalement sur l'inconnu, et mon sourire se transforma en une mine de dégoût. Même dans l'obscurité, je pouvais distinguer la couleur de la crasse qui maculait son pelage, et me cachait toute autre information. Je parcourus d'un œil critique ses longues pattes recouvertes de boue séchée par endroits, remarquai par la même occasion son extrême maigreur. Pas de doute, celui-là était un vagabond....
Parfait. Il avait l'air intéressant – amusant, au moins. Ses yeux vairons me dérangeaient, et je ne pus soutenir son regard très longtemps.

« Qui est l'heureux élu ? » demandais-je en pointant l'inconnu du museau, sans pouvoir dissimuler un air moqueur.



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