« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

Masque de Rosée
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Would You Lie With Me ? LIBRE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Présage des Rats
MacModo.
MacModo.
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1483
Age : 21
Date d'inscription : 28/02/2014


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Would You Lie With Me ? LIBRE   Mar 22 Avr 2014 - 19:45

"So damned lonely."
 

Il ne veut pas les souiller ces rochers qui font la fierté du Clan. 
Il ne veut pas chasser et verser le sang.
Il veut juste fermer les yeux et arrêter le temps. 

Jeu Macabre avançait lentement, les paupières à demi closes, le souffle régulier et lent, aussi lent que les battements de son coeur. Il se sentait serein ou du moins il le supposait. Aucune arrière pensée, aucune tension ne pesait sur lui, c'était presque nouveau, presque inquiétant, pour la première fois il n'était qu'un corps, vidé de son esprit, vidé de tous ces sentiments qu'il avait si longtemps rejetés. Il avait enfin obtenu tout ce qu'il voulait, n'être qu'une machine, un automate sans réels besoins. C'était mieux comme cela, c'était moins douloureux. Mais dès qu'il se relâchait, dès qu'il se laissait aller au souvenir, la voix revenait le hanter, obscurcir son coeur et lui broyer l'estomac dans un spasme anxieux. Que c'était-il passé ce soir là ? Il ne s'en souvenait pas, le tout se rappelait à lui sous formes de flashs, des visions, la plupart du temps nocturnes, mais toujours désagréables. Et le doute était très vite arrivé, il essayait parfois de se convaincre qu'il n'avait rien fait, que son frère avait simplement disparu, mais au fond de lui il savait que cela n'était pas possible. Et les bribes de mémoires qu'il parvenait à saisir le confortaient dans son horrible pressentiment. La soirée avait dû être si violente que l'événement s'était effacé de lui-même, comme si son cerveau n'avait pas voulu conserver la moindre trace de son acte. Et il aurait aimé qu'il en soit ainsi jusqu'à la fin de ses jours, que jamais il ne parvienne à mettre des images sur ce trou noir... Mais il en était tout autrement.

 Il n'aurait peut être pas dû s'en vouloir, après tout Orage Noir était un être détestable, mais les liens du sang sont parfois plus forts que la répulsion que vous inspirent les individus et le lieutenant ne pouvait pas se dire qu'il avait tué son frère sans avoir des haut-le-coeur. Et ce rang qu'on lui avait attribué, le méritait-il ? Lui, le meurtrier qui n'avait su régler les choses qu'en se débarrassant du problème, en poussant le cadavre de son propre frère dans un trou, sans un regard en arrière, sans un remord. Au début il avait été soulagé, la vérité n'avait pas été difficile à dissimuler mais tous les doutes dont il s'était cru exempt ne tardèrent pas à lui donner envie d'en finir au plus vite. Il avait eut envie de hurler sa culpabilité au monde, de déverser sa haine et sa douleur sur tous ceux qui voulaient bien l'entendre, il avait envie qu'on le pousse dans une fosse lui aussi, mais l'instinct, cet être étrange qui l'habitait tel une seconde âme, l'instinct lui interdisait de faire quoique se soit. Et à chaque fois qu'il croisait le regard curieux de l'un de ses camarades il avait l'impressions qu'ils savaient, qu'ils attendaient seulement qu'il se décide à parler pour appliquer leur sentence. Leur confiance lui faisait presque mal, il n'en était pas digne, mais il était fait pour ce poste, il était fait pour les aider. Tout ce qu'il faisait était une manière de se racheter, racheter un crime dont lui seul connaissait l'existence. Mais c'était comme si Orage Noir le pourchassait dans ses rêves, le menaçait de revenir et ces derniers temps, la voix de son frère l'avait fait se retourner vivement, à croire qu'il était là, tout près tapis dans les ténèbres, attendant le bon moment pour le prendre à la gorge.

Il sourit tristement, la sérénité si durement gagnée l'avait abandonné depuis bien longtemps déjà. Il y avait bien une heure qu'il réfléchissait, tournait et retournait les choses dans sa tête sans parvenir à plus de réponses. Il n'était pas le plus intelligent des chats mais il n'avait pas la chance d'être assez idiot pour éviter de se poser des questions. Il les enviait ceux-là mêmes qui arboraient toujours un air candide, qui proclamaient que la vie est belle et que les problèmes ne sont que passages. Oui tout passe, mais à quel prix ? Jeu Macabre avait essayé de noyer son trouble dans sa nouvelle trouvaille : Petite Nuit. Mais il n'arrivait pas à vraiment s'attacher à elle, à croire qu'il n'avait jamais aimé personne, incapable de ressentir le moindre amour, quel qu'il soit. Il avait la gorge serrée à chaque fois qu'il allait la voir, ne sachant comment se comporter en sa présence, il était maladroit, brusque et souvent trop dur avec elle. Alors les visites se faisaient de plus en plus rare et il savait que tôt ou tard on viendrait le chercher en lui demandant des comptes, ramener un chaton au camp c'était bien beau, encore fallait-il s'en occuper. La reine faisait des merveilles mais il était une sorte de père de substitution pour elle, plus fantôme que père d'ailleurs. Il s'impatientait facilement, répugnait à jouer avec elle, ne comprenait pas ses aspirations, supportait mal sa jeunesse impétueuse et finalement repartait avec l'impression d'être un de ces anciens qui râlent en permanence. On posait sur lui un regard compatissant, compréhensif même et c'était pire, lui-même se dégoûtait, il n'était pas question qu'on le pardonne d'être détestable. 

Las, le matou tâcha de chasser ces pensées qui comme toujours ne le menaient à rien d'autre qu'un profond désarroi. Il inspira longuement l'air frais du soir qui drapait le ciel de son manteau sombre. Il était assis à l'extrême des Rochers Bleus, sorte de plateau d'écailles anthracites qui prenaient une teinte indigo selon la lumière. Il avait le sentiment de se tenir perché sur le dos d'un lézard géant, endormi depuis des siècles, transformé en rocher par quelque étrange malédiction. Ses moustaches s'agitèrent légèrement, les histoires de l'enfance lui manquaient, elles et tous les rêves qu'il avait pu forgé alors qu'il écoutait les conteurs, les yeux brillants du feu de l'ambition. Le lieutenant avait ensuite réalisé que la vraie vie ne se résumait pas à de belles aventures, que le monde n'avait pas d'honneur et que la vie pouvait être bien plus cruelle que n'importe quel méchant. Ses griffes, ses crocs avaient meurtris bien trop d'ennemis pour qu'il puisse encore rêver. Comme pour l'appuyer, l'accabler même, le soleil amorça sa longue descente vers la fin du monde. Et c'est les yeux fixés sur l'horizon mais le regard vague que Jeu Macabre l'observa sombrer. Il était en surplomb, si bien qu'au bout d'un moment il lui sembla dominer l'astre pendant quelques minutes. Sous lui, la roche s'allumait d'éclairs d'or et d'ambre, une langue de serpent qui viendrait lécher la pierre, froide malgré le déferlement de lumière.  Il devait ressembler à un spectre, couvert de terre noire, souvenir d'une chasse matinale qui avait été fructueuse mais solitaire comme toujours, le pelage inondé de soleil décadent... Il leva la tête alors que la première étoile quittait son antre céleste, laissant au pauvre mortel qu'il était tout le loisir de la contempler. 


_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Would You Lie With Me ? LIBRE
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» eau libre
» nouvelle poudre libre HD
» presse libre, l'appel de la colline
» les 6 mois de complement de libre choix de garde (la paje)
» Lecture libre et gratuite

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. » :: JEU. :: Clan de l'Ombre :: Territoires :: Rochers Bleus-
Sauter vers: