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 Night of the Hunter.

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Mac
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MessageSujet: Night of the Hunter.    Dim 6 Avr - 15:53

"Search and Destroy."
 

Night of the Hunter - 30 Seconds to Mars. 

Encore une. Puis une autre et une autre et une autre. Des cris, des pleurs, des supplications qui restent sans réponse. Et tout ce sang, la terre qui se teinte de pourpre. La mère qui recueille l'essence de ses enfants, leur donne la vie puis les regarde mourir, sans bouger, rien d'autre qu'un sourire aux lèvres, demain tout recommencera. Destruction et création, peu importe ce qui suivra et peu importe ce qu'on a laissé, la nature se moque bien de tout cela, elle domine le tout du haut de son piédestal de glace, son trône fait d'ossements millénaires, la dépouille du temps,  patiente jusqu'au jour où elle engloutira tout pour donner vie à une nouvelle progéniture, plus digne peut être. 

Et Jeu Macabre n'a rien de digne en cet instant. Le guerrier n'est plus qu'un assassin sans remords, il porte bien son nom et jamais on eut pire idée que de l'appeler ainsi. Il incarne cette mort et ce goût de la destruction. Quoi de plus jouissif que de réduire la vie à néant. La puissance absolue, le pouvoir au bout de ses crocs, le sang à portée de la langue et le fil de l'existence qui oscille à mesure que ses griffes s'enfoncent dans le corps battant. Son rythme cardiaque qui accélère jusqu'à ce que la folie s'empare de lui, jusqu'à ce qu'il puisse sentir l'adrénaline atteindre des sommets. Et enfin le plaisir de la victoire, les cervicales qui craquent, un dernier son mat qui achève ainsi une longue suite de souvenirs. La rage s'estompe dans son regard lointain et son souffle s'apaise. C'est fini, fini de sa proie et fini de l'estime qu'il avait de lui-même alors qui la relâche et réalise enfin. C'est un massacre, autour de lui une dizaine de petits animaux sont morts, déchiquetés pour la plupart, impropres à la consommation, réduits à des lambeaux de chair disparates. Son coeur, si fort un peu plus tôt, qui battait à ses tempes, manque une pulsation. Il jète un regard éperdu au vide, comme si quelqu'un était là, qui puisse l'aider, lui assurer qu'il n'avait rien fait. Mais son museau est couvert de sang et la fragrance métallique se rappelle à lui comme pour le punir un peu plus. Qu'a-t-il fait ? Les arbres semblent se resserrer, fondre sur lui, l'épier du haut de leurs branches noires. Il n'entend rien d'autre que le bruissement lugubre des feuilles vert sombre, le vent lui-même joue avec ses nerfs, siffle à lui faire perdre tout repère. Son pelage est souillé comme s'il s'était baigné dans cette fosse commune improvisée, il est couvert de boue et ses griffes le font souffrir, certaines sont endommagées d'autres manquent à l'appel.  Il observe le ciel, le Clan des Etoiles l'aidera lui, c'est certain mais seul le soleil l'accueille, meurtrit ses yeux qu'il détourne aussitôt, ils s'emplissent de larmes alors qu'il gémit. On l'a abandonné, on l'a puni. Mais que doit-il faire ? Que doit-il faire pour leur plaire ? Il pensait bien faire, il voulait la sauver, versant son propre sang, brisant ses propres liens, coupant ses seules racines...

"Répondez moi !" hurle-t-il jusqu'à ce que sa voix déraille et le fasse tousser. 

Les ombres qui rampent entre les troncs s'effacent lentement alors que l'astre solaire s'élève, fait fuir les ténèbres. Mais ses ténèbres à lui persistent, l'envahissent, répandent leur venin alors que sa foi s'estompe. Il se perd dans les méandres d'un esprit coupable, trop tourmenté pour y remettre de l'ordre. L'horrible idée qu'il puisse être seul et les royaume des cieux vide le terrorise et il se met brusquement à courir. Il laisse derrière lui cette clairière, unique témoin de la tuerie à laquelle il s'est livré la nuit durant, dans l'inconscience la plus totale, laisse ces cadavres innocents, ces gisants défouloir défunt, pauvres bêtes qui passaient par là. 
Il se livre à une course démente, en perd le souffle et trébuche sur une pierre qui affleurait près du sol. Il s'écrase plus avant, hurle de nouveau alors qu'un mal de crâne insupportable le surprend. Si le pouvoir s'apparente à l'ivresse il faut bien se réveiller un jour et ses ailes comme celles d'Icare sont parties en fumée et la chute est bien dure car ce n'est pas les flots qui l'accueillent mais la réalité. Réalité aussi désagréable que le Chemin du Tonnerre. Le lieutenant, ce qu'il en reste du moins, se relève avec un râle douloureux et plisse les yeux pour mieux voir. Le terrain monte vers un point précis qu'il connaît bien. Trop bien. La Colline Macabre s'étend devant lui. Il se campe sur ses pattes, indécis, conscient qu'il risque de s'effondrer à tout moment. La nausée ne le quitte plus et le monde tangue alors qu'il se décide à avancer. On dit que cet endroit servait d'ossuaire, aujourd'hui de petits restes parsèment toujours le chemin et Jeu Macabre les sent se rompre plaintivement sous ses pas. 

Il s'arrête au centre, centre qui avait dû être le sommet d'un monticule bien étrange. C'est là que sa première vague de colère s'est déclarée, c'est là qu'il vient se recueillir lorsqu'il perd la foi, que les questions l'assaillent et que des choix doivent être faits. Et choisir c'est renoncer, alors il avait choisis la morale et renoncé à la sérénité. Ses paupières s'abattent sur ses yeux telles l'arc tendu menaçant un univers d'émeraude, un univers en proie au doute et à la souffrance, ce vert là n'a rien de l'Eden et l'Enfer l'appelle de ses voeux. Pensivement, il entonne une sorte de prière silencieuse, un psaume, il n'était pas guérisseur, il n'était pas Chef, il ne leur avait jamais adressé la parole directement mais s'ils pouvaient l'entendre ils verraient toute sa détresse et l'aideraient. Il l'espère, car si les étoiles ne l'aidaient pas personne ne le ferait.  

 

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Cendres de Rosée
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MessageSujet: Re: Night of the Hunter.    Sam 12 Avr - 0:39



To the Edge of Night

Mist and shadow Cloud and shape All shall fade


Lentement les couleurs de la nuit s’effacent pour laisser place aux lueurs de l’aube, et le ciel se trouve plongé dans une douce harmonie pastel. Les tourments disparaissent avec l’obscurité, si l’on en croit la lumière qui s’épanouit ; et alors le monde peut s’éveiller, sortir de la brume qui l’enveloppe encore. Tout se fond, tout se mélange, tout s’efface dans la clarté matinale lorsque l’obscurité fait place au brouillard, lorsque nuances et nuages se mêlent et deviennent indissociables. Alors la terre s’unie au ciel et la nuit peut continuer sous les rayons du soleil, alors les esprits s’extirpent du sommeil et des cauchemars de ceux qui vivent. Mais encore faut-il avoir réussi à trouver le sommeil et la présence réconfortante des rêves … Car Morphée n’accepte pas les êtres tourmentés dans son royaume ; non, Morphée est égoïste, et ferme ses portes aux anxieux, aux fautifs, aux irresponsables, aux coupables. Autant dire à la moitié de la planète, qui garde les yeux ouverts et les fenêtres aussi, qui se nourrit de la nuit comme certains se droguent au tabac. Une bouffée de fumée, une bouffée d’air pur ; une dose de nicotine, une dose de solitude.
Tout est question de perception.

Nuit. Jour. Nuit. Comme une mécanique bien réglée de la nature.
Ou juste un con qui s’amuse avec l’interrupteur.


Mais de toute façon Requiem est seul, Requiem est silencieux. Il marche, rôde, déambule. Dans le silence de la forêt, le bruissement de ses pas est étouffé par un tapis d’épines et c’est d’une démarche de chasseur qu’il se déplace comme une ombre. Et l’Ombre, justement, il vient la rencontrer, peut-être sans le vouloir, peut-être sans s’en apercevoir ; il traverse la frontière sans peur, tout comme il est passé de la nuit au jour. Après tout une frontière n’est qu’une idée, un vague danger dont il se rit sans effort, qu’il trépasse avec audace. Alors voilà le Rôdeur de l’Astre qui s’avance à travers l’ombre, à travers la brume et les nuages, tel un guerrier revenu du combat, tel un grotesque maître des lieux, régnant anonymement sur ses terres. Pourtant il n’est qu’un étranger, qu’un fantôme de plus déambulant parmi les morts. Ses pattes écrasent désormais les ossements de la colline macabre, produisant des craquements sourds éparpillés et jetés dans le silence. Mais cela ne l’émeut pas et il poursuit sa marche sans but.

Bientôt arrivé au sommet du monticule, une silhouette accroche le regard de l’Astral ; une silhouette courbée, le dos ployé, comme portant le fardeau du ciel sur ses frêles épaules. C’est la première image qui lui vient à l’esprit alors qu’il observe le guerrier, et l’image qu’il en gardera sûrement pendant longtemps. Il le voit tourné vers les cieux palissant à l’est, puis baissant la tête vers les profondeurs de ses pensées. Alors Requiem se fit à son attitude et continue d’approcher sans bruit, conscient du parfum chargé de mystères qui est le sien. Aucune hostilité de sa part néanmoins ; il n’est qu’un solitaire, qu’un membre d’une tribu inconnue et oubliée, dont l’avenir se balance encore sur un fil tendu – aucun danger. Aujourd’hui il n’est qu’un vagabond cherchant la compagnie d’une âme brisée.

« C’est trop tard » commence-t-il d’une voix douce teintée de fatalisme. « Vous aurez beau les appeler, les étoiles ont disparu et le soleil les remplace désormais. »

Lui sait. Lui a connu les ténèbres et leur terreur, les soupirs du lendemain et l’emprise des souvenirs. Il a côtoyé la détresse face à la nuit et l’abandon, muet face aux étoiles, ignoré et incompris. Laissé pour compte, laissé pour mort, dans cette forêt qui ne voulait plus de lui, dans ce monde qu’il ne comprenait plus, qu’il ne reconnaissait plus. Combien de fois a-t-il lui aussi prié ? Ses mots n’ont jamais trouvé le chemin des étoiles. Alors en un certain sens, il comprend l’attitude du félin tigré. S’il ne voit pas son visage, son regard détaille sa posture, sa silhouette élancée mais brisée, comme coupée dans son élan vers le sommet. Et les tâches de sang souillant son pelage et sa conscience sans doute ne lui échappent pas non plus. Quittant le statut de témoin, Requiem s’approche d’un pas souple et fait face à l’inconnu. Sans aucune crainte, il le toise de sa haute stature, de ses yeux d’un vert si dérangeant.

« Il ne peut y avoir tant de lumière dans un seul ciel, tout comme il ne peut y avoir tant de bonté dans une seule âme. »

Et le soleil levant projette sur son pelage de douces lueurs dorées, parvenant quelque peu à réchauffer son cœur gris. Quant au tigré, il ne sait si ses paroles parviendront à l’apaiser, où si, tel le jour, sa fureur s’élèvera à son tour.




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MessageSujet: Re: Night of the Hunter.    Sam 12 Avr - 22:35

"Ashes."
 

Le paysage prend de nouvelles dimensions alors qu'il sent la présence d'un autre chat tout près de lui. Mais il ne bouge pas, il n'a plus la force, il ne veut plus se battre, il prie presque pour que tout se termine ici et maintenant sur cette Colline qui l'a vu sous ses plus mauvais angles, l'a vu sombrer et atteindre des sommets. Mais cette fois l'abîme l'empêche de revenir à la surface, de reprendre son souffle. Et il se noie dans le désespoir alors qu'il observe ses pattes tachées de sang. Il revoie ces petits animaux, leurs yeux vides, aussi vides que les siens et il en vient à se demander qui est vraiment la victime dans cette comédie ridicule. Eux ou lui ? Il ne saurait répondre à cette question. Il est simplement perdu, étranglé par la culpabilité et le doute, il aurait tellement voulu qu'on lui dise s'il avait bien agis, qu'on le guide... Mais personne n'avait entendu ses appels. C'était donc qu'on désapprouvait son comportement. Et maintenant ? Que faire alors que le Clan des Etoiles, chose en laquelle il portait toute sa foi et tout son espoir, que faire alors qu'ils l'avaient abandonné ?   

« C’est trop tard. Vous aurez beau les appeler, les étoiles ont disparu et le soleil les remplace désormais. »

Tant de fatalisme dans cette voix grave qu'il lui semble avoir parlé à sa place. Il vient d'exprimer tout ce qui le hantait un peu plus tôt. Il avale sa salive qui semble se bloquer dans sa gorge et il serre les dents. Il a raison, tellement raison. Et il sent son regard plein de pitié sur lui, il n'aime pas cela. Il ne supporte pas qu'on ait pitié de lui, qu'on le toise avec ce regard qui vous dit "pauvre petite créature"... Mais il ne dit rien, trop bouleversé pour rétorquer qu'il va bien, qu'il ne le connaît pas. Même le fait de chasser un inconnu de son territoire ne l'enchante pas. Pourquoi faire ? Après tout il n'est pas le seul chat de ce Clan. Il aimerait parfois qu'on l'entoure, qu'on l'écoute. Mais il n'y a qu'un solitaire qui soit venu à son secours et cela ne fait que le détruire un peu plus. Où est donc le Clan de l'Ombre ? L'ont-ils tous oubliés eux aussi ? A-t-il jamais eu d'amis ? Il n'en n'est plus sûr. Et puis personne de sensé ne pourrait l'être, personne ne pourrait le contempler, là voûté au milieu des ossements, le pelage souillé par un carnage nocturne, non personne ne pourrait lui accorder son amitié en voyant cela. Jeu Macabre le comprend mais ne veut pas l'accepter, il en a assez de jouer aux durs et de faire comme si rien ne l'atteignait. Lui aussi a des sentiments, lui aussi vit. Il a parfois souhaité devenir une machine, une carcasse de fer sous le pelage fauve, sans coeur et sans problèmes, fait pour accomplir son devoir. Il a prié de toutes ses forces mais le coeur, s'il s'est fissuré, n'a pas disparu et il a l'impression qu'il se trouve au bord de ses lèvres, prêt à s'élancer dans le vide. Il s'imagine lui même, debout près du gouffre de la mélancolie, chancelant, le désir de vivre absent, les yeux perdus dans le vague tout comme en cet instant. Les démons de la peur rôdant dans son dos, tendus comme des arcs, sur le point de lui rompre le cou et le jeter dans le vide. Ils lui avaient déjà tellement pris...  

Il ne peut y avoir tant de lumière dans un seul ciel, tout comme il ne peut y avoir tant de bonté dans une seule âme. » 

L'inconnu vient de se poster face à lui. Et Jeu Macabre lève la tête lentement, comme pour faire face à son destin, soudainement revigoré, puisant dans ses dernières forces pour paraître digne. D'accord pour la détresse mais certainement pas devant un autre. Le lieutenant se redresse au maximum, il le domine presque à présent et lui lance un regard aussi acéré qu'une pointe de flèche, ses muscles se tendent doucement sans qu'il cherche à esquisser le moindre mouvement. Il n'attaquera pas, il n'a pas de raison de le faire, après tout le solitaire a l'air de vouloir engager la conversation. Il le scrute avec attention, sans se gêner, le détaille de haut en bas. Il est assez massif, il lui rappelle ces chats des montagnes avec leur long pelage épais et gris comme la roche, à croire qu'ils ont pris la teinte de leur habitat. Le soleil levant fait ondoyer mille nuances sur cette fourrure qui devait être parfaite pendant la saison des neiges et un enfer plus tôt dans l'année. Jeu Macabre s'y perd un court instant, fasciné, apaisé par tant de chatoiement.  Et puis il y a ces yeux verts qui le fixent, un vert bien plus profond que celui de ses propres iris qui paraissent bien pâles en comparaison. Il a un regard dérangeant mais ne semble pas agressif, juste... spécial. Mais il ne comprend pas ce qu'il veut dire et plisse les yeux. Il se sent quelque peu idiot mais lance tout de même : 

"Que voulez vous dire ?"

Il n'a pas l'habitude de vouvoyer les chats qu'il rencontre mais puisqu'il a commencé ainsi soit. Autant rester poli avec cet étrange individu, il ne compte pas entamer de combat maintenant, pas ici dans son temple improvisé. Il prend soudain conscience de son état physique et, gêné par ce regard qui ne le quitte pas, il détourne les yeux comme un apprenti fraîchement nommé et le reporte sur les arbres qui entourent la clairière. Le vent s'est levé en même temps que le soleil et un léger bruissement parvient à ses oreilles. 

[J'espère que ça ira j'ai un peu divagué xD]


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MessageSujet: Re: Night of the Hunter.    Sam 3 Mai - 12:53


Le regard du Solitaire ne quitte pas la silhouette du guerrier, qu’il scrute sans honte. Ses pattes maculées de sang lui font face à présent, elles qui au contraire transpirent la culpabilité. Les yeux verts, qui semblent tant perturber l’autre, restent accrochés à ce rouge vermeille, à ce pourpre sombre envoûtant. L’autre ne s’offusque pas de sa présence ni de son intervention ; au contraire, le questionne. Il paraît un peu perdu, là, au milieu de nulle part, de ce qui doit sûrement être son territoire … Oui, voilà, Requiem est chez l’autre, et pourtant cet autre ne le chasse pas. Cherche-t-il de la compagnie ? du réconfort, en cette aube troublée ? Pas que le ciel soit moins beau que d’habitude, non, le ciel n’en a rien à faire des passions des vivants. Le ciel est indifférent ; Requiem l’est moins. Il sent le trouble du guerrier, transpercé soudain par une montée de fierté. Il se redresse, l’observe à son tour, mais le Solitaire ne bronche pas, ne détourne pas le regard. L’autre a la carrure d’un combattant, les muscles tendus comme à l’affût. Et toujours ces pattes maculées de sang … Pour Requiem, cela sonne comme une interrogation.

« A qui ce sang appartenait-il ? demande-t-il simplement, à une victime ou un bourreau ? »

Quoi de plus normal ? Il croise un assassin sur son chemin et le questionne. Cherche à faire la conversation d’un ton badin ; sans remord, sans crainte aucune. Persuadé qu’il a en effet tué, et alors ? Que ce soit un crime prémédité ou le résultat d’une furie soudaine, le résultat est le même. Une vie s’est envolée cette nuit, une vie parmi tant d’autres. Qui sait, Requiem pourrait être la prochaine victime …
Brusque haussement des épaules.

« J’imagine que cela n’a plus d’importance. Pour le mort, du moins. »

Sa voix se fait pensive, éloignée, comme noyée dans la brume. Son regard lui aussi s’éloigne et parait dirigé vers nulle part, vers le vide qui l’appelle. Le vertige le prend soudainement et le ramène à terre, curieusement. Il tourne subitement la tête vers l’autre matou puis se met aussitôt en mouvement, comme obéissant à un signal muet et invisible. Il se met en mouvement comme un pantin, désordonné, inquiet, incertain. Il tourne en rond, fait les cent pas alors que sa voix s’élève précipitamment à l’image de sa queue qui fouette l’air ; vivante, vibrante, agitée. Plus de phrases énigmatiques balancées aux quatre vents, plus de vérités énoncées comme un salut. Sa réflexion se fait à voix haute, partagée avec le premier venu, un meurtrier en proie aux tourments en l’occurrence. Quoi de plus normal qu’une discussion théologique là, les pattes surplombant ou portant la mort, la tête illuminée par les lueurs d’une aube naissante et délaissant la nuit ?

« Vous m’avez demandé ce que je voulais dire, et bien voilà : cessez de vous tourmenter indéfiniment pour quelque faute commise. Vous ne devez rien aux Etoiles puisqu’elles ne sont pas là pour vous. Si elles-mêmes ne remplissent pas leur devoir, quel jugement peuvent-elles porter sur nos actes ? »

« Nos » cette fois, car Requiem pense réellement ce qu’il dit, d’une façon bien plus personnelle. Plus ferme également, alors que son visage s’assombrie, comme masqué par les nuages. Lui-même s’est désintéressé des Etoiles depuis bien longtemps, alors qu’elles l’avaient déjà abandonné, depuis plus longtemps encore. Il ne nie pas leur présence, s’en détache juste. Se libère des croyances et des enseignements. Pour voir plus loin, pour voir plus haut ; pour oser, aussi, oser vivre enfin. L’Astre lui a appris beaucoup plus que n’importe quel code de conduite. Et ce n’est certainement pas le ciel qui lui fera la morale.

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MessageSujet: Re: Night of the Hunter.    Dim 4 Mai - 22:20

"All my tears have been used up."
 


Et toujours ces yeux. Ces yeux qui ne quittent pas le sang sur son pelage, ce sang qui sèche peu à peu, formant une pellicule noirâtre. Il a envie de se jeter dans un ruisseau lui qui déteste se mouiller, purifier son corps, oublier la tuerie, plonger la tête dans l'eau glacée, avoir si froid qu'il ne pourrait plus réfléchir à quoique ce soit d'autre. Il a l'impression d'être pris à son propre piège, une spirale infernale, le monde tourne sur lui-même, c'est fou ce sentiment que le monde s'écroule sous nos pieds alors qu'il continue d'avancer, sans un regard en arrière, sans se demander s'il manque quelqu'un. Il n'est qu'un grain de poussière dans l'immensité, il en a conscience, mais il s'était imaginé, il comprend que c'est le mot, il s'était imaginé qu'on poserait les yeux sur lui, qu'on le soulagerait de ses souffrances, qu'on verrait sa loyauté, son courage, sa dévotion, tant de valeurs qu'on apprenait aux jeunes. A quoi bon ? Elles ne servaient à rien puisque seule l'élite était vouée à un sort plus enviable. 

« A qui ce sang appartenait-il ? A une victime ou un bourreau ? »

Jeu Macabre lui lance un regard éperdu, dégoûté par ce qu'il entend, dégoûté de sa propre attitude, dégoûté qu'un inconnu puisse le considérer comme un assassin. C'est pourtant ce qu'il est. Un assassin. Et au plus profond de son âme il sait qu'il pourrait recommencer, sans problème, il a la force et le savoir-faire, et s'il n'a pas de mobile il n'a rien à perdre. Il repense à Muse Solaire, que ce serait-il passé si elle l'avait aimé lui ? Ils auraient été heureux, Orage Noir se serait retrouvé seul, sans personne à torturer, ils auraient eu des petits, et Orage Noir serait toujours là, l'intégrité du lieutenant avec lui. Mais l'autre continue, implacable alors que la clairière prend une teinte floue, que sa vie défile sous ses yeux perdus dans le vague. 
 
« J’imagine que cela n’a plus d’importance. Pour le mort, du moins. »

C'est comme s'il parlait de son frère. Il montre les crocs pendant une seconde, comme pour défendre un secret que l'inconnu ignore. Il le réalise, se calme aussitôt. C'est un enfant, perdu, esseulé, abandonné du ciel qui cherche à cacher une chose dont personne ne se soucie, lui reprocherait-il d'avoir tué quelqu'un qu'il ne connaissait pas ? Non. Bien sûr que non. Mais l'avouer serait impossible. Les mots lui brûlent la gorge mais aucun son ne dépasse le seuil de ses lèvres. Et aucune larme ne parvient à s'extraire de ses yeux même s'il les sent humides. Comme s'il avait déjà trop pleuré, supplié, imploré et il est fatigué de tout cela. Le solitaire se lève, le sortant d'un genre d'état seconde, entame une marche cyclique devant lui. Ils ne sont pas différent, Jeu Macabre parvient à le sentir, intuitif, une fois n'est pas coutume.  

« Vous m’avez demandé ce que je voulais dire, et bien voilà : cessez de vous tourmenter indéfiniment pour quelque faute commise. Vous ne devez rien aux Etoiles puisqu’elles ne sont pas là pour vous. Si elles-mêmes ne remplissent pas leur devoir, quel jugement peuvent-elles porter sur nos actes ? »

Il sent qu'il sait ce qu'il dit, qu'il a une conviction profonde, que la réflexion ne s'est pas faite en un jour, il a dû peser le pour et le contre, étudier la question de long en large... Il n'est pas le seul à s'être senti rejeté et ignoré. Mais le guerrier n'est pas curieux, quelque part il ne veut pas savoir, comme lui n'a pas voulu connaître de détails. Il lui en est reconnaissant en quelque sorte, se confier ne lui a jamais fait du bien, il n'aime pas vraiment les questions, préfère éluder, passer à autre chose, et même si l'on dit que garder les choses pour soi n'a rien de bon, pour une fois il n'écoute pas ce qu'on lui dit, ne fait pas ce qu'on lui ordonne. Un terrible sentiment de culpabilité l'accable soudain alors qu'il sent que quelque chose est en train de changer. Que sa foi s'effondre, déjà fragilisée la veille, il semble que les étoiles n'aient pas disparu seulement dans le ciel, son coeur se vide lui aussi. Et sa tête prend le relais. C'est vrai, elles ne lui ont rien apporté, pas un signe, pas un geste, une bise réconfortante lui aurait parfois suffit pour savoir qu'elles étaient avec lui. Mais rien, jamais rien. Elles, il ne veut même plus les nommer, il est indifférent pour la première fois de sa vie, cette fois c'est lui qui les rejette, qu'elles viennent donc s'excuser. Bien sûr sa rébellion spirituelle passera peut être, ne durera pas toujours, on abandonne pas des croyances en quelques minutes, mais quelque chose vient de se briser, ou plutôt de s'éclairer en lui. Grâce à un inconnu qui a su trouvé les mots. Son visage se contracte, soumis à une réflexion intense. 

"Vous avez raison, j'ai bien trop attendu et elles ne sont pas là. Ni avant ni après. Je suppose que les choses empirent lorsqu'on a tué son propre frère. Je suppose que le tourment qui m'habite depuis lors est une forme de punition. Je dois le mériter, hein ? Et je suppose que ces pauvres bêtes que j'ai égorgé ne vous diront pas le contraire. Je suppose que les étoiles s'en moquent."

Un sourire étrange se dessine sur son visage. Le sourire grave de celui qui se sait condamné, de celui qui ose enfin parler, sachant très bien que la partie est jouée d'avance, que les mots ne changent rien en soi que le tout était simplement d'ouvrir la bouche, de se lancer dans cette aventure qu'est l'existence, d'assumer sa culpabilité en somme. Bizarrement il se doute que l'autre ne s'offusquera pas de son aveu, peut être même comprendra-t-il ce qu'il ressent. Jeu Macabre lève les yeux, croise peut être ceux des guerriers d'antan et sourit de nouveau. Effrayant qu'il est, dressé sur les os de ceux qui auraient pu être ses victimes nocturnes. Il ne changera pas, pas totalement c'est certain. Mais sa vision du monde vient de se voir asséner un coup monumental. Et c'est un rictus qui promet bien des choses, mais pas de la soumission, plus maintenant. 



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MessageSujet: Re: Night of the Hunter.    Ven 23 Mai - 20:58

Une grimace tord le visage du guerrier – colère ou surprise ? Ses crocs montrés sont ceux d’un chasseur, et leur blancheur contraste avec le sang désormais noir de ses pattes. Un félin tiraillé entre ombre et lumière, voilà ce que Requiem voit devant lui. Un félin en proie aux doutes et aux remises en questions ; il est jeune, et après tout, n’est-ce pas le moment ? Au seuil de la mort il sera trop tard. Mais l’inconnu connaît bien la mort, l’a côtoyée déjà, alors pourquoi s’inquiéter ? Parce qu’il transpire la culpabilité, voilà pourquoi. Parce que sa réaction le trahit plus qu’il ne le croit. Le meurtre a eu lieu, c’est certain. Et après les remords vient l’aveu.

« Vous avez raison, j'ai bien trop attendu et elles ne sont pas là. Ni avant ni après. Je suppose que les choses empirent lorsqu'on a tué son propre frère. Je suppose que le tourment qui m'habite depuis lors est une forme de punition. Je dois le mériter, hein ? Et je suppose que ces pauvres bêtes que j'ai égorgées ne vous diront pas le contraire. Je suppose que les étoiles s'en moquent. »


Requiem écoute, silencieux. Aujourd’hui il est l’oreille, le témoin ; et la scène se déroule naturellement, là au sommet de la colline jonchée de cadavres. La déclaration a des accents de repenti, de libération surtout. Comme pour appuyer ses paroles, un fin sourire se dessine sur les lèvres du guerrier, et ajoute de ce fait une tonalité ironique à son aveu. Regrette-il réellement son acte ? Les raisons importent peu, car la raison n’habite plus ses gestes. Aux yeux du Solitaire, il ne demeure plus qu’une forme de passion, de douce folie en perdition, aux creux des prunelles du criminel. Mais il ne s’en inquiète pas, ne craint pas l’autre pour autant, car il le comprend, d’une certaine manière. Sa désillusion, il l’a connue avant lui ; sa révolte, il l’a appréhendée aussi. Et devant lui aussi s’est ouvert un monde nouveau.

« Les étoiles s’en moquent car elles savent que vous vous punissez vous-même. Le seul repenti possible est celui que l’on s’inflige soi-même ; c’est pour cela que crimes des véritables coupables demeurent impunis. Qui aurait de toute façon la prétention de tourmenter une étoile ? Elles sont intouchables. »

Par ces paroles il remet explicitement la légitimité des étoiles en question. Il ne croit pas à leur sainte sagesse, ni à leur bonté infinie, car il sait pertinemment qu’avant d’être des anciens, les étoiles ont été des chats. Elles aussi ont commis des fautes ; et qui sait si, de là-haut, elles n’en commettent-elles pas encore ? Elles ont déjà déclenché des guerres et des cataclysmes, et leurs enseignements ont toujours déchaîné des passions parmi les vivants. Comment croire en leur toute bienveillance alors ? Il n’est pas dupe. Plus maintenant du moins. Le jour de sa renaissance, le jour où il a rencontré Laïyen et rejoint l’Astre, il a rejeté ses vieilles croyances, renvoyé les étoiles comme l’on renvoie un ami qui vous trahit. Depuis il se sent libre ; est-ce cette liberté que recherche le guerrier tigré ?

« Croire ou non est une chose, se soumettre en est une autre. Bien sûr, vous avez votre Code ... » Il marqua une pause l’espace d’une infime seconde, comme pour prendre le temps de considérer à nouveau le parfum si particulier du Clan de l’Ombre que portait le chat en face de lui. « Mais rien ne vous empêche de vous libérer de certaines chaînes, à commencer par celle de la culpabilité. Votre frère n’est plus, alors pourquoi laisser à son souvenir un pouvoir si grand ? »

Le guerrier en face de lui est un assassin, mais Requiem ne le pense pas coupable. Il est une âme tourmentée parmi d’autres, égarées dans la noirceur d’un monde qui ne les comprend pas. Qu’importe la valeur, qu’importe le courage et la dévotion ; il ne sera plus qu’un meurtrier aux yeux des Etoiles. Alors pourquoi se fier à leur point de vue ? Le Rôdeur ne voit qu’un félin au pelage maculé, et aux certitudes vacillantes. Mais il ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine compassion à son égard, face à ses remords partagés et sa touchante sincérité. Car après tout ils n’ont rien à se cacher, là, au sommet de cette colline qui a vu déjà tant d’horreurs.

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MessageSujet: Re: Night of the Hunter.    Dim 25 Mai - 21:45

"A question of Time."
 

« Les étoiles s’en moquent car elles savent que vous vous punissez vous-même. Le seul repenti possible est celui que l’on s’inflige soi-même ; c’est pour cela que crimes des véritables coupables demeurent impunis. Qui aurait de toute façon la prétention de tourmenter une étoile ? Elles sont intouchables. »

Il est troublé par ces paroles qu'il aurait jusqu'alors considérées comme un blasphématoires. Il est troublé car peu à peu, il plonge dans ces explications qui lui semblent être les meilleures. Oui elles sont là, ces étoiles qu'il a si longtemps cherché du regard, mais elles ne peuvent rien pour lui, et finalement en quoi sont-elles plus dignes que les vivants, si elles ne font rien de leur pouvoir, alors elles se rabaissent à leur ancienne condition de mortel impuissant, mais l'égoïsme les caractérise également. Et il en vient à se promettre que s'il lui est un jour donné d'atteindre les champs d'étoiles, alors il agira, il ne laisserait pas l'Ombre livrée à elle-même, et il mettrait le monde céleste à feu et à sang pour être écouté, tout son pouvoir se consacrerait à une chose : la sauvegarde de ceux qui lui survivraient, parce que lui n'oublierait pas ces jours d'errance, cette existence attentive, son regard tourné vers le ciel dans l'espoir d'un signe. Lui enverrait ce signe. Il considère le solitaire pendant un moment, songeur, il se fait rapidement une idée de ceux qu'il rencontre et dans cette situation il regrette qu'il ait opté pour l'Astre, un tel personnage aurait été parfait dans un Clan, on manquait cruellement de penseurs de sa trempe. Jeu Macabre lui-même ne s'est jamais senti comme quelqu'un d'intelligent, un de ces philosophes qui vous font la leçon mais souvent la leçon est tellement juste qu'on ne trouve rien à y redire, si bien qu'on enrage encore plus face à tant de bon sens. Lui se laisse aller à son instinct, cet instinct qui le pousse parfois à verser le sang dans une démarche de soulagement. Mais comme pour l'apaiser alors que la culpabilité l'accable, le solitaire ajoute : 

Croire ou non est une chose, se soumettre en est une autre. Bien sûr, vous avez votre Code ...  Mais rien ne vous empêche de vous libérer de certaines chaînes, à commencer par celle de la culpabilité. Votre frère n’est plus, alors pourquoi laisser à son souvenir un pouvoir si grand ? »

Le lieutenant fronce les sourcils, s'il est possible, et son pelage se dresse sur son échine à la seule évocation d'Orage Noir. Il revoit aussitôt le redoutable guerrier qu'il était, sa rage au coeur du combat, la folie dans ses yeux alors qu'il relevait la tête, les crocs maculés de pourpre. Ce jour là, Jeu Macabre s'était approché de son frère de sang, de son double, celui qui aurait dû être son alter ego et son repère dans la nuit et surtout la seule chose qui lui restait en ce monde mais il ne l'avait pas reconnu. Nuage d'Orage lui réclamait des félicitations, une fierté sans nom allumait son regard, il n'attendait qu'une chose, la reconnaissance de son aîné. Mais elle ne vint pas, elle ne viendrait jamais. Le guerrier l'avait presque ignoré, signifiant par là son mécontentement, l'apprenti s'en été pris à de jeunes chats innocents, à une reine qui arrivait à son terme et il souriait comme un conquérant, comme César qui rentre à Rome, drapé d'un manteau d'ossements. Nuage d'Orage avait hurlé sa colère devant tout le Clan alors que le guerrier s'éloignait déjà, insensible à ses supplications. L'autre s'était senti punis, délaissé, incompris, il avait pleuré, s'était ridiculisé devant toute la tribu mais la lueur de haine dans ses yeux ne s'était pas effacée, il se battait toujours, mais pas contre lui-même. Le lieutenant avait eu peur, il avait préféré dissimuler cette peur aux yeux des autres, il ne voulait pas attirer d'ennuis à Nuage d'Orage, il s'adapterait. Jeu Macabre s'en était toujours voulu, peut être qu'un mot gentil, une caresse de sa part auraient apaisé le tempérament du jeune novice, mais il avait voulu le protéger en lui faisant comprendre qu'un tel comportement n'était pas acceptable, malgré sa propre haine envers l'ennemi. L'avait-il vu comme un modèle ? Un modèle qu'il avait amplifié afin qu'on soit fier de lui ?   Il s'y identifie soudain avec dégoût, serait-il en train de se changer en tyran, en bourreau ? Cette fois c'est lui qui devenait comme son frère et pas l'inverse, s'il s'était trompé au bout du compte ? L'histoire aurait-elle changé ? Mais il avait imaginé Orage Noir devenir chef, son ambition et sa force lui auraient apporté le poste sur un plateau d'argent et ensuite tout n'aurait été que mort et cris. Dans la clairière, c'est comme si son frère l'avait possédé un instant, comme si soudain il s'était mis à sa place pour perpétrer de nouveau cette violence qui avait effrayé Jeu Macabre. Le remords, le doute, mais surtout la peur le tuent à petit feu, il chasse le souvenir en s'ébrouant. Une présence étrange l'inquiète, quelque chose approche dans l'obscurité et il sent que rien ne sera plus comme avant, mais comment l'expliquer ? Comment expliquer à quelqu'un d'autre ce qu'on ne comprend pas soi-même ? Ses sens l'informent cependant, et ce depuis quelque temps, qu'une chose à changé ici-bas, qu'avec l'hiver, quelque chose d'autre est venu du ciel. 

"Ce n'est pas tant le souvenir que je crains mais l'individu. Quelque chose se prépare, n'avez-vous pas senti le frisson de la forêt, l'atmosphère pesante qui y règne ? Il se passe quelque chose d'anormal ici... Je ne suis pas fou, même si j'en ai l'air, je sens que nous ne sommes plus seuls, je le sens." 

Il jète un regard inquiet autour de lui, peu soucieux de passer pour un illuminé aux yeux du rôdeur, au point où il en est il n'a plus rien à perdre de toute façon, il ne croit pas qu'il le jugera, il est presque convaincu de ce qu'il avance, l'autre ne pourra que le conforter dans son opinion. Cependant, il aimerait se tromper, il aimerait que tout redevienne comme avant et ne pas sentir la mort planer au dessus d'eux comme si elle attendait quelque chose. Il a la nette impression que son ombre ne lui appartient plus, quelqu'un joue avec lui, avec ses nerfs, et la présence cherche à le perdre, à lui faire commettre l'irréparable. Peut être est-il malade ? Il se rend compte qu'il faisait les cents pas et s'arrête brusquement, s'asseyant dos à son compagnon, les yeux fouillant avec attention les fourrés, comme si le coupable allait en sortir. 

"Quelle drôle de scène n'est-ce pas ? Un fou couvert de sang qui explique à un inconnu qu'il croit aux revenants. Mais le fou regrette que l'inconnu n'appartienne à aucun code."

Il a un petit rire mais est pourtant glacé par l'effroi, voilà le mot, revenants. On ne combat pas la mort, elle gagne toujours. 




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MessageSujet: Re: Night of the Hunter.    Sam 31 Mai - 23:15

Le pelage du guerrier se hérisse à la mention de son frère, et son agitation va crescendo alors qu’il fait les cent pas tout en parlant. Requiem le suit des yeux, interdit, suit son raisonnement et a l’impression de suivre également sa réflexion silencieuse. Car sent bien que l’esprit de l’autre bouillonne d’idées, que ses doutes et sentiments ajoutés se mélangent et ne demandent qu’à s’exprimer. De façon confuse peut-être, mais aussi convaincue. Il ne peut que deviner quelles sont les pensées profondes du félin qui entraînent ces tourments … culpabilité ? peur ? révolte ? Il s’éloigne du Solitaire, aussi bien physiquement que mentalement. Alors celui-ci l’écoute en silence, prenant le temps de réfléchir au sens de ses mots. Y croit-il ? C’est difficile à dire. Le doute est semé en tout cas. Son éclat de rire soudain le bouscule et il se surprend à contempler le félin tigré d’un nouveau regard … fou ? Il n’y croit pas. Un tueur certainement, un libre-penseur peut-être, mais fou ? certainement pas.

« Et l’inconnu regrette que le fou n’en sois pas un, car alors il n’aurait pas à redouter le sens de ses paroles … Vous avez raison. »

Il se fige, comme à l’affut. La colline lui semble vivante, tout à coup ; pleine de bruissements et de craquements sourds qui emplissent l’air figé par le temps. A leurs pattes, des vestiges de mort – mais les morts sont-ils tous réduits à l’état de poussière ? ou subsiste-t-il quelque chose de leur corps, une enveloppe, un foyer pour leur âme ? Toujours les étoiles sont demeurées accrochées au ciel. Alors d’où vient la présence que le guerrier est persuadé de sentir autour d’eux ? Ce sont peut-être les esprits des défunts, les âmes des étoiles. Auraient-elles décidé de descendre de leur perchoir et de retourner sur le lieu de leur vie antérieure ? Requiem n’y a jamais songé, pourtant les paroles du guerrier se sont frayées un chemin jusqu’à sa pensée et s’y accrochent, persistantes, dérangeantes. Il réfléchit, puis répond d’une voix lente et à peine plus haute qu’un murmure.

« Peut-être les morts nous écoutent-ils. Peut-être sont-ils là, à nos côtés, tout proche … dans ce cas, n’est-ce pas une bonne raison pour leur dire haut ce que nous avons à leur dire ? »

Il prend une inspiration, marque une pause. C’est comme si son destin se joue là, au sommet du monticule, en compagnie de cet énigmatique meurtrier. Atmosphère macabre mais qu’il ne remarque même plus ; tout l’air est tendu autour d’eux, le monde comme en attente. Les étoiles les écoutent-elles réellement, en ce moment ? Un sentiment de colère et de révolte naît au creux de son ventre. Non. Les esprits appartiennent au royaume des morts, et si leur temps est révolu, alors elles doivent y rester. Abandonner la forêt aux vivants et les laisser continuer leur route. Tout est une question d’acceptation ; lui-même a choisi son camp après avoir oscillé entre deux états, au seuil des deux mondes. Lui-même a fait son choix et rien ne l’en détournera.

« Je n’ai pas peur de vous » affirme-t-il d’une voix forte.

Et, comme répondant à ses paroles, le vent se lève et agite son long pelage gris.

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MessageSujet: Re: Night of the Hunter.    Mar 10 Juin - 18:10

"I had to."
 
 
La colline s'agite de vide et n'a jamais aussi bien porté son nom. Tout comme lui un peu plus tôt et il réalise qu'il n'a jamais été aussi étroitement lié à un lieu, malheureusement ce lieu n'est pas des plus convoités. Le néant semble vouloir s'emplir,  se gorger de cette présence qui les angoisse désormais tous deux. Il l’a senti aussi, même s'il ne veut pas y croire, même s'il a délaissé le ciel depuis bien longtemps, il se dresse, fier et brave face à ce que Jeu Macabre ne peut supporter, il envie sa force, sa détermination. Il n'a pas peur dit il, et il le croit, sans problèmes, sans qu'aucun doute ne vienne effleurer son esprit. Mais cela ne le touche ni ne le rassure vraiment, son pelage reste hérissé, ses griffes sorties comme s'il  fallait livrer un dernier combat. Mais  la mort, s'il la sent rôder,  toute proche, s'il sent ce parfum bien connu qui ressemble tant au sien, ne viendra pas le chercher aujourd'hui. Le guerrier soupçonne quelque chose de bien pus terrible, de bien plus compliqué. Sa dis parti à ton se fera dans la douleur et le sang le sait, de quelque manière qu'on veuille l'évincer, cela ne se fera pas dans la finesse. Orage Noir s'impose de nouveau à lui, se lançant à l'assaut,  comme sorti d'une tranchée, sorti de l'enfer,  la poussière qui vole autour de lui, créant un halo de désolation, il ne cherche même pas sa préserver son corps, son âme, il se taille un chemin dans la cohue, il  cherche à mourir ou à tuer. Mais son frère ne le permettra pas, il comprend,  il voit toute sa haine toute sa colère et toute sa peine, il bondit, le rejoint, se jette sur lui, l’enserre,  mais Orage Noir hurle son dégoût, c'est trop tard lui crache-t-il trop tard pour essayer de former une famille, seul le sang les lie, le sang les séparera. La bataille fait rage autour d'eux, mais le lieutenant n'a d’yeux que pour ce jeune guerrier qui se dresse entre lui et la solitude, mais qui a l'aspect d'un concentré de culpabilité. C'est comme une gifle, comme une prédiction,  alors le souffle coupé,  il le relâche,  sachant qu'il vient de le perdre à jamais ou de nouveau. Il avait essayé d'oublier ces images, d'oublier qu'il pouvait être en partie responsable de son attitude. Mais le retour des morts maintenait sa tête d'une main de fer, l'obligeant à regarder, à contempler son oeuvre qui n'avait rien donné de bon. Il voudrait faire partie de étonnée l’astre mais sait pertinemment qu'il n'échapperait pas à ce qu'il croit plus fort encore que la foi : le destin.

"Mais il n'y a pas que les étoiles qui puissent nous revenir, où vont donc les meurtriers,  les menteurs et les autres ?"

Il s’ inclut tristement dans la question et se détourne lentement, dos au vent qui souffle vers son camp, qui semble vouloir l'y pousser, soulevant son pelage noircis, il devra s'arrêter, purifier son corps avant de regagner le sanctuaire du Clan, l'idée qu'ils le voient ainsi lui fait horreur. Il est temps, il y a bien une heure qu'il devrait être rentré,  il ne supporterait pas les questions.  Mais il sourit sans que l'autre puisse le voir, heureux de cette rencontre qu'il croit la dernière,  heureux de cette discussion à la profondeur si rare, mais désolé de ce Souffle morbide qui s'est abattu sur eux par sa faute. Et puisqu'il n'est plus question ni d'étoiles ni de dieu ni d'aucune autre chose qui puissent leur venir en aide il articule :

"Que l'hiver vous soit doux mon ami, puissiez vous conserver votre finesse d'esprit, elle sera d'un grand secours aux brutes comme moi"

Et le lieutenant s'éloigne,  les épaules basses, las de toujours devoir quitter ce qu'il lui rend le sourire, apaise ses tourments,  et le solitaire doit bien savoir qu'il a trouvé un allié,  et la présence s'attache aux pas et à l'ombre de Jeu Macabre. 

(Je te laisse répondre et je pense qu'on peut clore :3)




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MessageSujet: Re: Night of the Hunter.    Jeu 3 Juil - 16:38

Sa dernière question restera en suspens, car Requiem n'en connaît pas la réponse et préfère le silence au mensonge. Il ne veut pas se faire passer pour le détenteur d'une sagesse qu'il ne possède pas, ni d'un savoir trop grand que l'on impute d'ordinaire aux étoiles. Elles sont vaines tout comme il est mortel – pourquoi lutter contre sa véritable nature ? La confiance que le guerrier semble poser sur lui l'effraie autant qu'elle l'étonne. Pourtant, n'est-elle pas à l'égale de ce respect que lui-même accorde à l'autre ? Respect pour un meurtrier ; certains crieraient à l'absurdité, mais il y a bien longtemps que le Solitaire a dépassé ce seuil. Il ne voit en lui que sa volonté de vivre, son courage et ses tourments.

Il y a bien la culpabilité du félin tigré, mais également autre chose, Requiem en est persuadé désormais. Les morts ont-ils réellement le pouvoir de retourner sur terre à leur guise ? Quelque chose s'est passé, quelque chose de grand, d'incroyable, d'inimaginable jusqu'alors. Mais le fait est qu'elle s'est réellement passé, et que leur devoir désormais, en tant que vivants, est d'y faire face. Le frère de l'Ombreux revenu le hanter ? Il devrait combattre à la fois ses croyances et sa conscience. Mais en le regardant, dans les yeux, le Solitaire se surprit à espérer qu'il en aurait la force, la force de briser les liens du sang à la fois fraternels et fratricides.

« Si vous avez raison, alors le froid sera le dernier danger apporté par l'hiver. Je vous souhaite de retrouver la paix, sincèrement, quels qu'aient été vos actes passés. Ne laissez pas l'éclat des étoiles vous aveugler, et profitez des derniers rayons de soleil avant la nuit... c'est tout ce que je peux vous conseiller. »

A ces paroles, l'Astral y ajoute un signe de tête respectueux, non pas révérence mais simple marque de confiance. Il reste immobile alors que l'autre s'éloigne, simple silhouette marchant vers l'horizon, les épaules toujours aussi courbées. « Le poids du monde... » chuchote-t-il au vent. Personne n'est là pour l'écouter ; ou peut-être que si ? La présence sentie par le guerrier rôde toujours, quelque part c'est une certitude. Et s'il y en avait d'autres ? d'autres âmes rejetées, exilées ? Requiem frissonne sans s'en apercevoir. Il comprend, sans un mot, la peur des morts que l'on peut ressentir, la peur de leur présence, de leur jugement. D'un mouvement, il s'ébroue, retrouvant sa conscience comme après une noyade ou un long cauchemar. La silhouette s'éloigne toujours, mais elle est à portée de voix, alors il hausse la sienne pour qu'elle l'entende.

« Si l'envie vous prend de me retrouver... mon nom est Requiem. »

Lui aussi croit au destin, mais au destin que l'on maîtrise et que l'on choisit. S'ils doivent se rencontrer à nouveau, ce sera mû par leur volonté et non pas le fruit d'un quelconque hasard. C'est une possibilité, et le Solitaire y pense comme à une certitude. Mais d'ici-là, chacun d'entre eux a du chemin à parcourir... alors à son tour il se détourne, et s'en va dans la direction opposée à celle du guerrier, simple ombre mouvante dans les lueurs de l'aube.

[Blblbl, RP terminée donc, désolée de cette réponse si courte ! Je le redis, ça a été un graaand plaisir d'écrire avec toi Mac, j'ai vraiment adoré leur rencontre. ♥]

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