« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

Masque de Rosée
 
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 Sirens's Call.

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Menthe
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MessageSujet: Sirens's Call.   Dim 18 Aoû - 15:35


« On my way to the falls,  
The sirens calling away. »
Je ne sais pas trop pourquoi, et je pense que je ne le saurais jamais, quelque soit l'heure du jour ou de la nuit, qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige, que la chaleur m'accable, ou que l'orage gronde au loin, mes pas m’amènent toujours ici. Serait-ce le doux appel des fantômes du passé qui m'ensorcelle tel le chant des sirènes ? Ou bien simplement le fait que je ne parvienne à faire totalement mon deuil, et que dès que tout va mal, je ne me sent bien qu'en revenant là où se sont formées mes plus vilaines cicatrices dans mon cœur lacéré ? Je ne sais pas. Je ne saurais jamais. Mais alors que mes démons grondent, menaçant de m'emporter encore une fois avec eux dans leurs sombres sillages, m'étreignant toute entière dans leurs capes sombres, je me sent vivre. Enfin. Ils me hantent, me blessent comme autant de lames coupantes qui s'enfoncerait dans ma chair nue, à vif, et pourtant, ils font partie de moi. Sans eux .. Sans eux je ne pense plus être la même. Encore plus vide, comme une coquille charnelle dénuée de toute vie, de toute histoire. De tout passé. Je vis dans le passé. Mais c'est cela même qui me permet d'avancer. Si je regarde en arrière, c'est seulement pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Si je me condamne à garder mes blessures ouvertes, c'est pour ne jamais oublier. Ne jamais oublier  tout ce et ceux qui ont fait ce que je suis.

Et la scène se répète encore, inlassablement. Le seul bruissement d'eau qui lui parvient est celui de la pluie crépitant sur le sol sec et sablonneux du Camp du Vent. Elle se tourne et se retourne. Comme chaque nuit, elle n'arrivera pas à dormir. Pas ici. Alors, comme chaque nuit, elle se lève, le plus doucement possible, et s'enfuit. Ombre parmi les ombres sous l'averse qui détrempe son pelage rendu ardoise. Elle court, court encore et toujours. Son souffle est rauque et fugitif. Son cœur s'emballe. Mais elle ne s'arrête pas. Ses muscles jouent sous sa robe plaquée contre sa maigre carcasse. Ils la font souffrir. Mais elle ne s'arrête pas. Elle continuerait jusqu'au bout de la nuit, s'il le fallait. Jusqu'à l'épuisement. Au fur et à mesure que la lande défile sous ses pattes, faisant place à l'herbe tendre des Quatre Chênes, elle se sent délaissée du poids qui oppresse sa poitrine. Elle y est presque. Plus sa course la rapproche de chez elle, plus elle s'évade. Comme dans un rêve.

Il pleut toujours lorsqu'elle arrive. Mais elle s'en fiche. L'onde glacée qui s'abat à toute vitesse sur son corps lui fait l'effet de l'eau de la Rivière qui engloutit tout sur son passage, pour se débarrasser de ses entraves. C'est ça ; elle se débarrasse des liens qui la brident. Le rugissement continu de la cascade couvre la pluie. Elle esquisse un faible sourire. Comparables à deux amants passionnés, lorsqu'elle est en sa présence, la reine d'argent ne fait qu'un avec les Chûtes. Étrange comparaison. Cependant, elle lui chuchote des secrets, et y trouve des réponses dans l'assourdissant bruit de l'eau qui s'écrase en contrebas. Elle est tellement bien, là. Elle se sent elle. Pas un de ces ridicules masques qu'elle affiche ; pas camouflée sous ce cœur poudré dans le but de dissimuler sa douleur. Elle s'approche doucement des rapides. Le vide s'offre soudain à ses yeux. A quelques centimètres de ses pattes seulement. Combien ont perdu la vie ici, à cet endroit même ? Ils étaient si nombreux. Mais cela ne lui faisait pas peur. Cela ne lui avait jamais fait peur. Elle le connaît si bien, cet endroit où la terre s'arrête net afin de laisser à l'eau tout le loisir de plonger dans l'étang, là, juste en dessous.

Elle avise le long rocher plat aux trois quarts enfoncés sous terre, dont la dernière partie lisse semble flotter, comme abandonnée au beau milieu de rien. Elle s'avance, majestueuse sur son Promontoire exilé, chemin chéri pour ses rêves, où elle se délasse et se prélasse au beau milieu de la nuit. Elle s'y étend, juste au bord. Le précipice l'attire. Et elle se contente de sourire dans le vide. Elle laisse ses pattes pendre et les gouttelettes orphelines lui caresser les coussinets. Puis elle pose sa tête juste en bordure du rocher, et contemple la vue imprenable de son Territoire. Au loin, elle aperçoit les roseaux qui cachent son Île. Leur Île. Un pincement au cœur lui rappelle qu'ils ont tous hâte de revenir chez eux. Mais pas avant d'avoir obtenu leur vengeance. Elle glisse un soupir, se regarde en bas, comme pour observer son reflet dans l'eau brouillée. Comme si un torrent de larmes imaginaires s'y abattaient. Ses yeux se ferment. Une brève brise furtive caresse son museau. Empreinte de gravité. D’électricité. Elle rouvre les yeux, et les lève au ciel. Pas une étoile.

Et alors que la pluie semblait s'apaiser, telle l'agonie avant la mort, un éclair déchire le ciel. Le bruit sourd du tonnerre résonne au loin, quelque part. Puis, décrivant une valse tantôt lente, tantôt endiablée, les éclairs se succédèrent avec fracas. La pluie redouble. Le vent se lève. Et alors, elle se sentit seule au monde, régnant sur l'univers, se laissant emporter par la colère des éléments. Libre. Enfin. Toute entière. Perchée sur son Promontoire, princesse opalescente, reine fantôme à la robe dansant au rythme de l'orage.

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Dernière édition par Étoile de Menthe le Ven 29 Nov - 18:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sirens's Call.   Dim 18 Aoû - 23:56


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Orage.
Déchaine ta rage. Gronde. Fait tomber la pluie et les éclairs. Soit maître. Montre leur l'ampleur de ta haine, de ta rancœur. Venge toi du monde. Tonne. Fait tomber les arbres sur un dernier craquement sinistre. Fait grincer les branches mortes de ton souffle de mistral. Tempête. Hurle, souffle sur cette terre souillée par leur présence. Détruit les. Sonne mon heure de gloire et tombe la foudre. Dit leur qui tu es, qui je suis. Montre leur qu'ils ne sont rien, pauvres moins que rien, et que nous sommes tout. Dit leur que c'est fini, qu'ils vont mourir, qu'ils vont souffrir. Qu'ils vont payer.  
Et d'un simple souffle, ils ploieront, tous, sous cette faible brise trop forte pour leurs corps meurtris. Et doucement, telle la feuille morte quittant sa branche, ils viendront s'écraser au sol. Soulevant cet ultime nuage de poussière de leur dernier soupir.
Ils mourront.


La tête rentrée entre les épaules, le poil gonflé, il avançait. Il ne luttait pas contre la pluie battante mais se laissait guider par elle. Le doux crépitement des gouttes contre la terre trempée rythmait ses pas et son souffle. Il ne sentait pas l'eau, perfide, qui se glissait habilement entre son pelage, venant faire contact avec la peau fragile sous sa robe grise. Et ne ressentait pas plus les bourrasques qui venaient lui gifler le visage de ses mille mains invisible. Les yeux à demi clos il marchait à travers la tempête. Indifférent de là où ses pas pourraient le porter. Il ignorait où il se rendait, justement, mais c'était le jeu après tout. Et on ne trichait pas à ce jeu là.
Un sourire perfide et amusé s'esquissa sur ses lèvres, retroussant légèrement ces dernières qui laissèrent deviner l'extrémité de ses canines. Une méchante satisfaction pouvait se lire au fond de ses prunelles bleutés. Il était fier. Fier d'être ce qu'il était. Lui.
Lui, Orion. L'écorcheur de cœur.

Il regarda à droite. Il regarda à gauche. Autour de lui il n'y avait que roseaux, herbe folles, terres détrempées et rivière bouillonnante. Sur la rive, à sa gauche, les flots sortaient de leur lit et venaient lécher la terre, laissant des traces d'écume sur leur bref passage. Orion s'approcha légèrement de l'eau et jeta un regard de défi à son reflet, détruit par la houle. Le vagabond cilla et contempla avec un intérêt soudain la forme difforme, image véridique de cet être. L'image que lui renvoyait son reflet était des plus représentatives, des plus vraies. Son reflet était brouillé, détruit, et il en était de même pour Orion lui même. Détruit, bousillé. Fini. Aveugle de vengeance. Et il le savait, le solitaire, mieux que quiconque. Le temps l'avait usé, usé, usé ... Et l'amour l'avait achevé, lui donnant le coup de grâce par derrière.  Il n'était plus quelqu'un, simplement quelque chose. Une chose qui avait encore du temps, beaucoup de temps devant elle, pour accomplir ses noirs desseins.
De rage, Orion envoya sa patte avant droite, toutes griffes sorties de leurs fourreaux, gifler son reflet, envoyant une gerbe d'eau sur le rivage. Il se détourna, les dents serrées et les griffes plongées dans la terre meuble.

« Imbéciles. »

Gronda t - il le regard voilé, l'insulte étant bien sûr dirigée vers les autres ... Voyez comme il changeait vite ce minet ? Comme une chose toute simple, toute bête pouvait le replonger dans sa haine contre eux. Il était détruit, je vous l'avait dit.
Alors il se mit à marcher, marcher. Il ne regardait pas où il allait, faute de foncer dans un arbre, mais visualisait à l'aide de ses vibrisses les obstacles qui se dressaient sur sa route. Sous ses coussinets le terrain s'inclinait légèrement, preuve apparente que le solitaire gravissait désormais une montée. Il avait toujours et encore cette impression de fierté en lui, cet orgueil démesuré et obstiné dans lequel il baignait jusqu'au cou.
Silence. Orion ouvrit les yeux, pour les plisser aussitôt. L'ermite s'était arrêté et se trouvait maintenant sur un amas rocheux serpentés par des rapides. L'eau, hystérique et gonflée par la pluie, semblait lutter constamment contre elle même, éclaboussant la rive de ses perles miroitantes avant d'aller se jeter du haut de la cascade en un grondement fracassant. L'herbe, couchée par le vent qui forcissait, dansait sur la terre au rythme des souffles. Mais plus étrange encore ; une silhouette, plus loin près des chutes d'eau, était avachie sur un pierre plate qui surplombait le vide. Poupée de chiffon, pantin délaissée de son marionnettiste. Orion sourit. Un éclair zébra le ciel de sa lumière glauque. Le sourire s'accentua sur les lèvres du mâle gris charbonneux. Et le ballet de la foudre prit son élan avant d'entamer son attrayant spectacle.
Et, relevant la tête vers le ciel là, où les éclairs dansaient, faisant de l'ombre aux étoiles qui ne brillaient pas en cette soirée, Orion se mit à rire. D'un rire qui à l'oreille sonnait clair et enfantin, mais qui, vécut, était fou et démentiel. Mélange abject des émotions les plus noires.

Vois tu petite poupée, je ris. Je ris, oui. Je m'esclaffe de toi. Car je vais te prendre ton cœur. Je vais te prendre tout ce qu'il te reste. Et je vais sortir de ta vie comme j'y serais rentré. Plouf, disparu. Et jamais tu ne me reverras. Jamais.
Je t'en fais la promesse.




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MessageSujet: Re: Sirens's Call.   Ven 30 Aoû - 20:03


« L'orage est de l'or  
Pour se perdre. »
Violence.
C'est lorsque les éléments se déchaînent autour de toi que tu te sens exister. Ils libèrent chez toi quelque chose, tu ne saurais dire quoi. Peut être relâchent-ils simplement ta propre fureur, ta rage sourde, ta colère muette, ton amertume. Toutes ces émotions que tu t'efforce de refouler, à grand' peine, mais pourquoi ? Tu ne sais même pas. C'est peut être que tu a l'impression que seule la Terre ne te jugeras jamais, et que, lorsqu'elle s'ouvre à toi, lorsqu'elle éclate, tu n'as plus peur de faire tomber le masque à ton tour. Ni de hurler dans un souffle rauque tout ce qui te trouble et te tue, à petit feu.

Flashs.
Alors c'est ça ? C'est celle que tu es ? Là, exposée à la lumière crue et douloureuse, étendue sous ces rapides lumineuses .. Mais regarde toi ! Tu joue à la grande guerrière fière et calme. La belle reine posée et sûre d'elle. Alors qu'en vérité, si on creuse, que trouve-t-on ? Une souveraine déchue, qui s'accroche à l'étoile en brillant faiblement. Une combattante blessée, usée, qu'un rien pourrait balayer. Sous ton pelage gonflé par le vent, on voit tes côtes, on voit tes os. On voit tes muscles saillants, tes crocs et griffes tranchants. On voit une carcasse.

Grondements.
Tandis que l'air vibre, que le sol tremble, tu te laisses aller. Tu t'abandonne. Le vide se fait dans ta tête et dans ton cœur, tout s'envole. C'est finit. Tu es parfaitement calme, apaisée. Bercée par le hurlement du vent, le fracas de la pluie, et le rugissement de l'orage.


Un bruit se découpe soudain parmi les hurlements apocalyptiques. Elle se redresse, tend l'oreille. Mélodie d'abord douce et basse, enflant démesurément en rire violent, résonnant en noir dans le ciel déjà sombre. Elle se relève alors totalement, prête a faire face à cette chose. Complètement délaissée du poids infernal de la vie, orpheline de malheur, fille de l'orage, elle en avait oublié que partout où elle posait les yeux vivait quelque chose. Ses yeux absinthe délavée, comme un galet gris devient blanc au fil du temps, cherchent, scrutent l'obscurité. Sans rien trouver. Ses sourcils se froncent. Elle halète, n'ayant plus que faire des gouttes apaisantes sur sa fine peau. Elle n'a pas peur. Elle veut juste savoir.

Un nouvel éclair déchire le ciel. Le rire s'est tut. Elle se tourne au moment exact où  la lumière inonde la terre comme en plein jour. Elle voit les milliers de gouttes d'eau s'illuminer, irisées telles des larmes. Elle baisse les yeux sur une flaque formée entre deux inégalités du roc. L'eau n'est pas troublée, chose étonnante. Ce qu'elle voit la désarçonne. Elle a le regard vide, oui, comme si elle était morte. Sans joie, sans peine, juste neutre. Et plus loin, juste à quelques pas, elle le voit, lui. Elle s'attarde sur chaque détail de son corps. Il n'est pas spécialement grand, comparé a ses guerriers, mais déjà plus qu'elle. Ses épaules sont larges, et sa fourrure comparable à la sienne. D'un camaïeu de gris, tantôt tigré, tantôt tacheté, ou bien piqueté. Ni ses muscles ni ses os n'apparaissent au-dessous comme elle, pourtant. Elle lève les yeux sur son visage. Il a les traits fins et gracieux, fiers et hautains, et ses yeux ..

Imperceptiblement, elle baisse à nouveau son regard sur la flaque. Ce qu'elle lui renvoie lui fait esquisser un brusque mouvement de recul. Toutes les questions qu'elle se posait en l'observant se taisent. Elle se fiche de savoir ce qu'il fait là, de son nom, d'où il vient, elle se moche de tout. Elle relève les yeux vers lui et les plonge dans les siens. Le grognement sourd monté de sa poitrine meure sur ses babines retroussées. Elle cille, un court instant. Leurs regards n'ont pas la même couleur, même s'ils restent teintés de vert. Cependant, tout les deux sont marqués par la vie, tout les deux résonnent d'échos torturés lancés par le passé. Tout les deux sont grêlés de souffrance, éteints, ou brillants selon les sentiments qu'on y cherche. Et tout les deux sont empreints du néant.

Perdue dans ses iris, fascinée d'y voir ce qu'elle a si longtemps désespéré de croiser.
Troublée.

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MessageSujet: Re: Sirens's Call.   Sam 31 Aoû - 22:08


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Silhouette décuplée à la lumière vacillante de la foudre. Être dont la raison avait fuit son pauvre corps décharnée de l'intérieur. Rire, éclatant dans un moment de silence. Éléments déchainés. Hystérie de l'instant.
C'était horrifiant. Horrifiant, oui, car tel était le mot qui décrivait parfaitement cette situation. Horrifiant de voir cette créature, au poil noircit par la pluie battante, se tordre de rire ainsi, par un si sale temps, ne cherchant aucunement à se protéger du déluge. Horrifiant de se rendre compte, si l'on creusait un peu le personnage, que ce félin était fou. Fou. Tellement fou qu'il assumait parfaitement l'être, comme si c'était la normalité même. Dément. Saisit d'un fou rire incontrôlable.
Mais de quoi s'esclaffait - il donc ? Seul lui semblait le savoir. Mais quelque soit la blague ... Elle semblait drôle. Vraiment drôle. Risible au plus haut point.


Et il riait, riait comme jamais, le doux son qui était sortit de sa bouche au départ se changeant peu à peu en un ricanement guttural et hystérique. Les poils de son échine s'étaient quelque peu hérissés sous la pression du rire sur le corp de ce dernier. Il était fou. Noyé dans sa folie. Perdu. Il voyait sa démence comme la chose la plus normale au monde. C'était les autres. Leur faute. C'était eux. Eux les fous. Ils le voyaient différent. Mais au fond il était comme tout le monde. Lui avait seulement choisit d'exploiter la zone d'ombre de son cœur qui n'avait pas attendu plus longtemps pour s'emparer de tout l'être du solitaire, de broyer ce cœur entre ses mains sales et jeter les morceaux un peu partout, pour que jamais le vagabond ne puisse les recoller. Et de toute façon il était trop tard pour lui. C'était la faute à l'amour, la faute à eux, à elles. Et ils le payeraient. Tous, sans aucune exception. À tous le mâle couleur charbon leur prendrait leurs cœurs et leurs raisons, choses que lui avait perdu. Par leur faute.

Son rire se cassa. Orion se tut. Et doucement sa tête redescendit vers le sol, quittant le ciel noir d'encre de ses yeux. Contrairement à son habitude aucun sourire se dessinait sur les lèvres de l'ermite et c'est donc dans une expression détachée mais, notons le, légèrement narquoise que ses yeux se posèrent sur la petite poupée chiffon désarticulée, objet de son rire. La dame s'était tournée, laissant le regard de l'ermite survoler le corps de la femelle dans ses moindres détails. Montre moi tes secrets. Dit moi tes peines et tes joies. Donne moi une chance, une seule, de te connaître et je la saisirait pour ne plus la lâcher. Fait moi confiance et je te promets ... Je te promets que tu le regretteras amèrement.
Son poil, assombrit et plaqué sur son corps amaigrît pendait lamentablement par touffes de poils détrempées. Gris sombre était la couleur qu'Orion pouvait distinguer sous les trombes d'eau, plus précisément gris tigré de noir, mais faute de pluie on confondait presque les deux teintes. Globalement, la silhouette de la féline était plutôt élancée mais pas spécialement grande si bien que le matou la dépassait en taille. Et, relevant ses iris vers le petit minois à demi penché de la minette, Orion nota les traits fins et délicats, généralement réservés à une demoiselle, qui étaient inscrits sur cette frimousse comme à l'encre de chine. Un petite nez rosé, des vibrisses légèrement piquetées de noir, des oreilles, rabattues par la pluie ... Un visage banal en somme, certes pourvut d'un certain charme mais Orion ne pouvait plus voir ce genre de choses. Enfin l'ermite leva son regard vers les prunelles de la poupée ... Et ce qui l'y lut le troubla. Pas d'éclat. Rien ne brillait dans les yeux verts délavés, une pointe d'or près des iris, de l'inconnue. Et ce fut comme s'il se voyait lui même, sans aucun masque ni attribut quelconque. Comme si Orion se fut retrouvé nu comme un ver. Il voyait en ce regard, le sien. Vide. Trop vide car trop battu par la vie. Trop vide car trop de souffrances. Trop de souffrances et maintenant sonne l'heure de la vengeance.
Il la voyait reculer mais se fichait de s'en savoir responsable. Les yeux fixés sur les paupières maintenant baissés de la femelle, c'est à peine s'il réagit lorsque la foudre s'abattit tout près. Si elle grogna Orion ne s'en rendit pas compte, son regard focalisé sur celui de l'autre.
Il secoua la tête et s'ébroua, envoyant une mirade de petites gouttelettes voler autour de son être. Puis, satisfait de s'être réaligné les idées il s'assit calmement, un étrange sourire faisant son apparition sur ses lèvres à demies retroussées au dessus de ses crocs.

« Bonsoir. »

Non. Bonsoir ne convenait pas. Ceci aurait fait beaucoup mieux l'affaire :
Bonsoir je m'appelle Orion. Je suis un connard, un voleur de cœurs. Éventuellement tu tomberas amoureuse de moi. Ne t'inquiètes pas, au départ je prendrai soin de toi. Je te dirai toutes ces choses que tu as toujours rêver d'entendre. Avec moi tu te sentiras belle. Quand tu me quitteras tu seras légère, heureuse d'être aimée par quelqu'un comme moi. Et puis, au bout d'un temps je me lasserai. Toi, dans ton idiotie, sentant que je vais prendre mon envol, tu t'accrocheras à moi comme à une bouée de sauvetage. Je te noierai dans une mer de mensonges. Et pour finir, je m'emparerai de ton cœur, le briserai en mille morceaux pour que jamais tu ne puisses le réparer et je disparaitrai de ta vie aussi vite que j'y serai rentré.

Et Orion sourit, gentiment. Les paupières papillonnantes pour en chasser les gouttes de pluie. Amusé.






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MessageSujet: Re: Sirens's Call.   Sam 7 Déc - 12:38


« Only miss the sun when it starts to snow,  
Only know you’ve been high when you’re feeling low. »
Vient un jour où, lassée d'être ce que tu es, tu décides de changer. Tu décides de remonter la pente. De l'escalader. De t'érafler la peau encore et encore, qu'importe. Juste y arriver. Au sommet. Et ne plus jamais en redescendre. Tu y penses, tu ne veux plus que ça. Et puis, vient ce moment où tu en viens toi même à t'en persuader. Dans ta tête, tu y es, à ce sommet. Tu es sortie du tunnel. Mais tout n'est qu'illusion. Tu ne le sais que quand ton regard croise une flaque d'eau où ton reflet est bien pâle par rapport à ton rêve éveillé. Tu ne l'apprends que lorsque ton regard croise cet autre regard. Qui te renvoie d'où tu viens. Qui fait s'effondrer ton édifice chimérique, qui détruit ta carapace. Et qui te remmène à la réalité. La dure, la triste réalité. Tu n'as jamais cessé le feu avec toi-même. Tu n'as jamais séché tes larmes. Tu n'as jamais recommencé à être heureuse. Tout ce que tu as fait, c'est te cacher derrière une énième couche poudrée, un énième sourire factice, un énième masque .. C'est tellement plus facile de sourire plutôt que d'être heureux.

Refusant de baisser les yeux la première, plongée corps et âme dans ce regard si .. Blessé, si meurtri, si étrange et pourtant si familier, elle reste pétrifiée. Et puis, aussi soudainement qu'il est apparu, le charme se brise. L'inconnu s'assoit. Il peint sur son visage marqué un sourire. Seulement, elle ne peut que remarquer les fausses notes de cet étrange personnage. Son portrait n'est que mensonge. Un masque censé représenter l'indifférence, la politesse, la sincérité. Mais elle, elle n'y voit qu'un rictus douloureux. Ses yeux s'allument d'une lumière amusée. Mais ce n'est qu'une lueur incapable d'en chasser le véritable et sombre fond. Il la salue. Un long frisson se propage le long de sa colonne vertébrale. Sa voix est fade. Comme éteinte. Elle essaye de se défaire de la désagréable impression qui l'envahit. Elle ne sait pas ce qui se passe, mais le contact de ce mâle la dérange. L'attire. Elle tente de résister aux impressions curieuses qui escaladent son cœur, son esprit, ces troubles étranges aux longs doigts griffus qui l'enserrent. Elle se sent comme prise au piège, mais un piège attirant. Un piège qui aimante sa curiosité.

« Bonsoir. »

Sa voix est à peine couverte par les grondements de la tempête. Elle est calme et posée. Méfiante et confiante à la fois. La reine reste immobile, comme insensible à ses instincts. Elle ne sais pas vraiment ce qu'elle fait là. Elle ne sait pas vraiment quoi dire. Ni pourquoi elle ne lui saute pas à la gorge, comme tout intrus en ses terres. Elle ne sait que le trouble qui grandit en elle. Magnétisme paradoxal, attirant et repoussant à la fois. À l'encontre de toute logique, de toute impulsion, elle n'esquisse rien, pas un mouvement. Juste un battement de paupières, afin de chasser les gouttes de pluies entremêlées à ses cils.  

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