« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

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 Et moi qui te croyais morte... PV Naïade

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MessageSujet: Et moi qui te croyais morte... PV Naïade   Sam 18 Mai - 15:21

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« Et moi qui te croyait morte... »

La Rivière. Tant de souvenirs me ramenaient inévitablement à cet endroit. La haine, la trahison, l'amour, la guerre, la douleur, l'amitié. Tout. Pourquoi ce clan ? Pourquoi avais-je jeté pour dévolu sur eux ? Aucune idée. Toujours je m'étais senti attiré par cet endroit. Tout avait surement commencé à cause de ma traîtresse de sœur, Feuille de Houx. Oh et puis pourquoi est-ce que je la qualifie encore en tant que telle ? Après tout, elle a payé par son décès, et puis n'ai-je pas autant trahi la Meute qu'elle ? Nous étions certes en désaccord, mais salir sa mémoire n'arrangera rien. Cela fait longtemps que la Meute l'a oublié, et c'est certainement la pire des humiliations possibles. Oserai-je dire, « qu'elle repose en paix ? ». Non peut-être pas quand même. Le pelage collé aux flancs, les gouttes d'eaux perlaient le long de mes poils emmêlés. Toutes ces lunes à franchir la rivière pour la rejoindre avait fait de moi un bon nageur, presque aussi bon que les poissonneux. La pêche ? Il ne fallait pas abuser non plus... Humant les alentours, je me trouvai dans ce qu'ils appellent : Le champ de Fleurs. Immense, s'étalant à perte de vue. J'avais toujours trouvé ce lieu niais, inutile. Les papillons dansant joyeusement au printemps, les odeurs agréables s'échappant des fleurs qui se balancent au gré du vent, peu pour moi. Cette atmosphère m'a dérangé auparavant et me dérangera toujours. Je suis né dans la violence, la haine et le mépris, et c'est dans cet univers que je quitterai cette planète. Triste hein ? Non, après ce que j'ai vécu, la mort me semblera bien douce...

Tournant mon unique œil vers le ciel, je remarquai que ce dernier était dégagé, éclairé. En gros, si une patrouille passait par là, je me ferai chassé illico. Et vu l'heure, il devait en passer souvent. Peu importe, je saurais les accueillir s'ils en venaient à s'en prendre à moi, même dans mon état. M'étirant, je sentis mon squelette émettre un crac rapide. Je faisais certes plus âgé que mon réel âge, mais beaucoup de fiers avaient dit que je ne ferais pas de vieux jours. Résultat, ils doivent être morts à l'heure actuelle, et moi je suis toujours là, invincible. Ou peut-être que ma punition est de rester là, à errer dans ce monde qui ne veut pas de moi, alors que je pourrais être à ses côtés. Minute. Je sens une odeur familière et étrangère à la fois. Un chat de la Rivière... qui porte des effluves connues. Intrigué, mes oreilles se dressèrent vers l'avant, tandis que je m'approchai de la nouvelle venue. Une femelle de taille moyenne, au pelage roux et blanc. A en juger par sa corpulence, elle devait être plus jeune que moi, d'environ 15 lunes. Fronçant les sourcils, j'essayai de faire appel à mes souvenirs. Elle m'était familière, très familière, et même si je ne reconnaissais pas son odeur, je savais l'avoir déjà vu quelque part. Et nous étions proche. Enfin, pas proche comme des amis, mais elle me rappelle vraiment quelq... Elle se retourna alors et nos regards se croisèrent. Et je la reconnus. Nuage Mortel. Ma sœur. C'était elle ! Muet, incapable de prononcer la moindre parole, je restai la bouche ouverte, la dévisageant de haut en bas. M'avait-elle reconnu ? Difficile avec mon aspect décharné, mon pelage sale, mon visage couturé de cicatrices et surtout mon œil en moins, j'étais difficilement reconnaissable. Même par ma famille. Retrouvant peu à peu mes esprits, je continuai de la fixer, ne sachant vraiment comment réagir. Des tas de questions se bousculaient en moi. Que faisait-elle là ? Pourquoi n'était-elle pas avec la Meute ? Pourquoi puait-elle autant l'odeur de la Rivière ? Et cette expression, presque... de peur et de surprise quand elle me vit, pourquoi ? Je n'avais jamais été tendre avec mes cadets, mais à ce point. Un tremblement presque imperceptible sembla la secoueur pendant un court instant. Je clignai de mon unique œil. Choqué. Car les réponses à mes questions, je les avais. Il me semblait que je les avais. Et en même temps, j'espérai qu'elles étaient fausses. Non, aurait-elle pu agir de la sorte ? Nous trahir elle-aussi ? Une vague de fureur et de colère monta en moi, tandis que mes griffes se plantèrent et raclèrent la terre. Finalement, tout ce que je parvins à articuler, d'une voix saccadée fut :

« Mais qu'est-ce que tu fous ici Nuage Mortel ? Je te croyais morte. »


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MessageSujet: Re: Et moi qui te croyais morte... PV Naïade   Sam 18 Mai - 17:26






Ils se faisaient face, perdus au milieu d’un champ de fleurs qui leur semblait dérisoire à tous les deux. Le frère et la sœur à nouveau réunis. Elle ne l’avait pas reconnu sur le coup, trop occupée à chercher des plantes médicinales. Peut-être n’avait-elle pas voulu le reconnaître, peut-être lui avait-elle volontairement tourné le dos à la seconde même où son regard avait aperçu sa silhouette. Peut-être même avait-elle immédiatement compris ce qui allait suivre. Etait-ce le destin ? Etait-il écrit quelque part qu’ils devaient se rencontrer à nouveau, et ce  malgré le monde qui les séparait ? Elle ne le saurait jamais ; quoiqu’il en soit, elle aurait préféré que cela se passe autrement. Que le hasard passe son chemin pour une fois. Que le temps s’arrête et recule. Mais il était trop tard pour reculer à présent. Elle tremblait.

« Mais qu'est-ce que tu fous ici Nuage Mortel ? Je te croyais morte. »

Ces paroles fusèrent et emportèrent avec elles tous les doutes possibles. Elle aurait reconnu cette voix entre mille ; cette voix qui l’avait si souvent fait frémir, lorsqu’elle était enfant. Cette voix qui la traquait encore dans ses cauchemars. Relevant la tête, affrontant ses peurs, Naïade fit face au matou. La colère qu’elle lisait en lui la terrifiait encore. Après tout ce temps ? A vrai dire elle le reconnaissait sans mal à présent. Son pelage tigré, son corps puissant couturé de cicatrices, son œil crevé, elle reconnaissait tout, jusqu’à son regard perçant qui ne la quittait plus. Il lui apparaissait tel qu’il avait toujours été pour elle ; effrayant. Et à cet instant, décharné, blessé, il portait bien son nom.

« Esprit Ensanglanté … »

Murmure à peine audible. La jeune chatte ferma les yeux un instant, prit une lente inspiration, se remémorant tous les souvenirs que ce nom évoquait chez elle. Ces images défilèrent à une vitesse folle, la heurtant de plein fouet. Tout ce qu’elle avait voulu enfouir au plus profond d’elle-même, tout lui revenait en mémoire comme d’effrayants nuages noirs reviennent à l’horizon. Elle se souvenait de son enfance passée au sein de la Meute, de l’admiration qu’elle avait eut pour lui, de la terreur qu’il lui inspira ensuite. Ce n’était que bien des lunes plus tard qu’elle avait finalement pu se rendre compte de la véritable nature des siens : son père était un meurtrier, et son frère marchait sur ses traces. Elle avait grandi, et la réalité de son monde lui était apparue dans toute sa cruauté. Son ancienne tribu formait des assassins. Elle connaissait leurs crimes et cette vérité la dérangeait plus que tout.

Vérité. Il lui avait posé une question. Devait-elle y répondre sincèrement ? Devait-elle lui avouer sa trahison, sa métamorphose ? Un étrange sentiment de culpabilité s’insinua jusque dans son âme, alors qu’une petite voix susurrait à son oreille des paroles de condamnation. Elle avait abandonné la Meute sans le moindre regret, sans la moindre compassion. Etait-ce digne d’une guérisseuse ? Plus encore, elle avait appris la mort de son frère jumeau et de son père sans l’écho d’un pleur. « Tu n’es plus fille de sang, tu es enfant de la rivière. » Ces mots prononcés par un défunt soigneur des Étoiles lui revirent à l’esprit et elle les répéta en silence, se persuadant elle-même de leur véracité. Naïade prit une nouvelle inspiration, et se jeta à l’eau ; après tout, pourquoi pas ? Elle avait récemment appris à nager.

« Comme tu le vois je suis encore bien vivante ; je ne suis pas certaine que ce soit ton cas cependant. »

Elle jouait avec le feu, et en était consciente. Pourtant il fallait qu’elle se prouve à elle-même qu’elle était enfin capable de lui faire face sans crainte. Ils étaient égaux à présent, aussi forts l’un que l’autre, du moins l’espérait-elle. Elle marqua une pause, laissant le silence s’installer alors qu’elle réfléchissait à toute allure. Mieux valait ne pas mentionner son rôle de guérisseuse, et encore moins son lien avec le Clan des Étoiles ; elle savait à quel point son frère les méprisait. Il était préférable de guetter sa réaction avant toute chose. Le voir à nouveau et lui parler lui procuraient une sensation étrange ; c’était comme revenir des mois en arrière, comme si rien ne s’était passé … pourtant tout avait changé. Mais le passé était derrière elle, du moins s’en était-elle convaincue. Elle avait ignoré ses origines depuis le jour où elle était devenue guérisseuse. Nouveau nom, nouveau statut, nouvelle famille ; entièrement dévouée à son clan adoptif elle avait tout simplement renié les membres de sa famille … mais plus que cela, elle les avait enterrés. Ils étaient morts pour elle.

« Ça fait longtemps, hein ? »

Elle plongea son regard bleu-gris dans le sien. Sa bouche s’assécha, et elle se tut. Quoiqu’elle puisse faire paraître, Naïade craignait les réactions du mâle et l’emprise que ses anciens démons pouvaient encore exercer sur elle. Elle se grandit pourtant, se redressant de toute sa hauteur alors qu’elle était assise non loin de lui, le toisant calmement. Son cœur battait à tout rompre et ses muscles étaient tendus au maximum. Tout son corps lui criait de fuir, mais elle restait là, impassible, déterminée. Elle ne savait pas où cet échange la mènerait, ni ce qu’Esprit pensait d’elle à ce moment. Elle tenta néanmoins de deviner les émotions qui se dessinaient sur son visage. Colère ? Fureur ? Rage ? Il semblait aussi surpris de la voir, mais elle ne doutait pas qu’il finirait par comprendre ; peut-être l’avait-il déjà fait ? Il ne restait plus qu’à bavarder tranquillement en attendant que la vérité se fasse et que le futur suive son cours.

« Tu ne me fais même plus peur. »

Mensonge.
Mais une seule chose était certaine : elle ne le laisserait pas venir la hanter de nouveau.

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MessageSujet: Re: Et moi qui te croyais morte... PV Naïade   Ven 2 Aoû - 12:03

Elle demeura interdit un long moment et moi également. Au plus profond de son être, elle semblait s'adonner à un combat intérieur où je n'avais pas ma place, mais ses émotions, qu'elle essayait tant bien que mal de voiler, se dessinaient faiblement sur son visage. Ce visage narquois autrefois, et dont seuls les poils roux et blanc m'intimaient qu'il s'agissait bien de ma sœur. Son regard avait tellement changé. Je ne saurais dire quoi exactement, mais j'avais l'impression que ce n'était plus la même âme qui habitait Nuage Mortel. Son aspect, son odeur, elle était bien plus proche de l'allure d'un chat de clan que de l'un des nôtres. Si elle avait erré tel un vrai chat de la Meute, elle aurait cette silhouette décharnée et ce regard où règne un grain de folie que nous tous, bannis, possédons. Mon nom s'échappe  de sa bouche, à moitié étouffé, à moitié murmuré, comme si elle se parlait à elle-même et qu'elle ne parvenait pas à réaliser. Oui c'était bien moi, pas un fantôme venu la visiter pour la terroriser. J'étais bien présent et tout aussi étonné qu'elle. Nous nous toisions, et les minutes s'écoulèrent lentement. Je n'avais rien de plus à ajouter, j'attendais qu'elle réponde à mon unique question. Cette question qui résumait à peu près tout mon désarroi et ma perplexité. Ses prunelles disparurent un instant, et elle parut davantage en conflit avec elle-même. Son attitude faisait monter la rage en moi. Si elle avait continué en tant que solitaire, elle n'aurait pas été là, dans ce territoire, en si bonne santé -bien que ses côtes et ses flancs saillaient sous son pelage terne-, mais comparé à moi, elle avait une apparence divine. Un gouffre semblait s'être creusé entre nous deux. Ou peut-être avait-il toujours été là, mais je ne le réalisais que maintenant ? Et il s'élargissait de minutes en minutes...

« Comme tu le vois je suis encore bien vivante ; je ne suis pas certaine que ce soit ton cas cependant. »

Sa réflexion me fit hérisser le poil, et si elle n'avait pas été ma sœur, il ne m'aurait pas fallu longtemps pour me décider à lui sauter à la gorge. Elle avait touché un point sensible, peut-être ne le savait-elle même pas. Vivant physiquement, oui. Mais il y avait belle lurette que je vaguais entre le monde des morts, de la démence et ce monde ci, où il fait si bon y vivre paraît-il. J'avais tellement de meurtres sur la conscience, quoi que l'expression ne soit pas totalement exacte, que j'avais déjà une patte dans l'au delà. Et elle faisait certainement référence à cela. Tout du moins, j'avais senti le mépris dans ses propos, sa voix se voulait ferme mais quand je plongeais mon œil dans son regard, je ne voyais qu'illusion dans ce qu'elle essayait de dégager. Toute petite, elle n'avait jamais été vraiment agressive, pas autant que nous. Pas de la même manière que nous. Étrange à expliquer. En cet instant présent, je me demandais si le même sang coulait réellement dans nos veines respectives. Elle paraissait, malgré sa peur apparente qu'elle semblait vouloir dissimuler, tellement plus heureuse que moi. Comment avait-elle réussi, elle ? Pourquoi pas moi ?

« Ça fait longtemps, hein ? »

Elle me dévisagea, prenant un aplomb que je ne lui connaissais pas. Elle se releva doucement tout en continuant de me fixer de ses yeux bleu-gris perçant. N'essaye pas de lire dans mon âme, tu serais trop effrayée par ce que tu pourrais y trouver... pensai-je tout bas. Mais ce ne sera pas moi qui détournera les yeux. Jamais. Désormais, la rage avait fait place à une tout autre émotion. La jalousie. La fureur s'y mêlait, car je ne savais même pas pourquoi je ressentais cela. Enfin si, je le savais. Mais je préférais ignorer les raisons. Comme je l'avais toujours fait jusque là... et pourtant je m'étais promis de ne plus me voiler la face.

« Tu ne me fais même plus peur. »

Une fois encore, malgré son apparente assurance et son regard de fer, ces paroles sonnèrent très fausses à mes oreilles. Peut-être ne se laissera-t-elle plus marcher sur les pattes, écraser comme elle l'avait fait jadis, mais étant donné l'expression que j'avais aperçu sur son visage quand elle m'avait reconnu, j'avais immédiatement compris que la peur que je lui inspirais ne disparaîtrait jamais totalement. Si j'étais à sa place, pour ma part, elle ne disparaîtrait jamais vraiment... Je ressentis un picotement dans ma poitrine, comme une aiguille très fine qui venait me transpercer le corps de part et d'autre. Une chaleur étouffante m'envahit quelques instants plus tard. Après tout ce qu'elle venait de me dire, je me sentais capable de répondre à mes interrogations par moi-même. Oui elle m'avait bien reconnu. Vraisemblablement, ces terres étaient les siennes désormais. Ce qui expliquait alors le fait qu'elle ne soit plus avec la Meute. Son odeur ? La réponse à cette question était la même qu'à ma seconde question. La peur que je lui inspirais ? Il en avait toujours été ainsi, seulement je ne l'avais jamais vraiment remarqué jusqu'à maintenant. Furieux et Jaloux. Furieux qu'elle ait rejoint ce clan, bafouant ses origines, déshonorant les siens... comme Feuille de Houx. Jaloux, car elle, elle était parvenue à se faire accepter. Elle avait réussi là où j'avais échoué. Tous l'avait acceptée, tous lui avait ouvert leurs cœurs. Moi, seule Rivière Étoilée avait cru en moi... Je sentis mes traits se déformer, devenant raides et crispés. Je m’avançais vers elle, tout en articulant d'une voix étranglée.

« Comment se fait-il qu'il t'ait acceptée ? Pourquoi toi ? Pourquoi ? Pourq...  »

Mon regard devint froid et hautain, tandis que je me mis à tourner autour d'elle d'un pas lent, tel un chasseur autour de sa proie.

« Effectivement, et tu as bien changé depuis, Nuage Mortel. Oh, je supposes que tu ne t'appelles plus ainsi désormais, cela rappelle beaucoup trop tes origines, n'est-ce pas ? Très bonne chose que tu n'ais plus peur de moi, j'en suis ravi. Nous allons pouvoir avoir une petite discussion frère et sœur sans que ton cœur lâche.... Bouh ! Non, vraiment, pas peur du tout ? Bien. Alors qu'as-tu à répondre ?  »

Je basculais peu à peu dans cette facette que je redoutais tant, qui me faisait peur à moi-même. Oui car en vérité, moi aussi j'étais effrayé. Et ma plus grande peur, ce n'était pas la mort. Mais bien moi. Juste moi. Intérieurement, je me sentais pire que la mort, j'appréhendais chacune de mes réactions quand je laissais la folie m'envahir. J'étais un serviteur de la mort. Durant des années, je lui avais offert sur un plateau d'argent des victimes innocentes et moins innocentes. Tu n'as plus peur Nuage Mortel ? Hum, étrange, car moi... je me fais peur.

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MessageSujet: Re: Et moi qui te croyais morte... PV Naïade   Dim 3 Nov - 0:09

« Comment se fait-il qu'il t'ait acceptée ? Pourquoi toi ? Pourquoi ? Pourq...  »

Il avait compris. Cela ne faisait aucun doute, et tous les efforts que Naïade avait faits pour lui dissimuler la vérité étaient vains. Son frère avait compris et la colère qu’elle sentait bouillonner en lui lui était destinée. Mais elle avait décidé d’affronter cette colère. De la regarder en face, sans trembler, sans honte, sans culpabilité. Oui, elle avait rejoint le Clan de la Rivière, avait renié ses origines entachées par des générations de sanguinaires, et c’est peut-être cela qui l’avait sauvée ; car, qui sait ce qu’elle serait devenue si elle avait suivi la voie de ses parents ? Il suffisait de regarder Esprit Ensanglanté pour le savoir – décharné, errant … rongé par quelques maux inconnus. Tandis qu’elle-même se sentait grandie en un sens, épanouie, purifiée. Pourquoi ? Elle ouvrit la bouche pour répondre, pleine de fougue, mais son frère coupa son élan.

« Effectivement, et tu as bien changé depuis, Nuage Mortel. Oh, je suppose que tu ne t'appelles plus ainsi désormais, cela rappelle beaucoup trop tes origines, n'est-ce pas ? Très bonne chose que tu n'ais plus peur de moi, j'en suis ravi. Nous allons pouvoir avoir une petite discussion frère et sœur sans que ton cœur lâche.... Bouh ! Non, vraiment, pas peur du tout ? Bien. Alors qu'as-tu à répondre ?  »

Dans ses yeux brillait une lueur de démence, et dans ses paroles perçait une curieuse folie qu’elle ne lui connaissait pas et l’effrayait encore plus. Naïade resta quelques secondes supplémentaires à le fixer sans un mot, les yeux écarquillés, la bouche encore ouverte, indécise. Puis elle se leva soudainement, agacée du manège du matou pour l’impressionner. Elle se leva, s’approcha et lui fit face, comme animée par une énergie nouvelle, une détermination cachée. Et cette volonté farouche se lut dans sa voix, dans son regard, dans chaque parcelle de son corps lorsqu’elle parla.

« Pourquoi ? Parce que j’ai été choisie par le Clan des Etoiles. Oui, Esprit, cette tribu que tu méprises tant, dont tu bafoues les enseignements chaque jour de ta misérable vie. Le Clan des Etoiles m’a compris et m’a accordé sa confiance. Je l’ai rencontré et il m’a donné plus que j’aie jamais espéré : un nouveau nom, une nouvelle famille, une raison de vivre. Je m’appelle Naïade et je suis guérisseuse. Comme Feuille de Houx avant moi, tu te souviens ? Elle aussi je l’ai rencontrée. »

Elle ignorait ce que la mention de leur sœur provoquerait comme réaction chez Esprit Ensanglanté, aussi scrutait-elle son visage avec attention. Le sien demeurait impassible quoique ses traits soient plus durs qu’à l’ordinaire, déformés par la tension et l’attente. C’était à son tour de prendre les devants, maintenant que la vérité était tombée, maintenant qu’il savait tout ce qu’elle avait voulu lui cacher. Mais Naïade, elle, ignorait encore ce qui était arrivé au dernier membre de sa famille encore vivant, ignorait ce qu’il était advenu de la Meute qu’elle avait quitté. Et, curieusement, elle ressentait un irrépressible besoin de savoir, un besoin qu’elle ne voulait pas montrer. Il fallait détourner la question, faire diversion. Jouer, mentir encore.

« Et toi, que t’a donné ta soif de pouvoir sans limite ? Tu as obtenu ce que tu voulais ? »

Inhabituelle cruauté dans sa voix.


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