« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

Masque de Rosée
 
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 Évent. - Part I.

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Menthe
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MessageSujet: Évent. - Part I.   Sam 26 Jan - 22:56

« I won't let you close enough to hurt me,
It's time to say goodbye to turning tables. »
« Ne t’inquiète pas .. Je suis là maintenant .. Je ne t’abandonnerai jamais plus. Tu n’es plus seule. Je te le promets. » Nous y voilà. Nous y voilà, maintenant que je ne peux plus fuir ton regard, maintenant que je dois l’affronter, maintenant que je t’ai nommée Lieutenant. Mais pourquoi ? Si tu pouvais savoir. Si tu pouvais comprendre. Souffle de Givre, je me souviens de ce jour, de cette promesse, comme si c’était hier. Je me souviens de mon égarement, je me souviens de toute l’horreur que je devais inspirer. Je me souviens de tout ça. Tu étais là. Tu m’as fait cette promesse, tu m’as soutenue, m’a épaulée. Pendant un temps. Puis tu es partie. Comme si tu avais suivi mes traces. Tu as trahi ta promesse. Tu m’as trahie. Et pourtant .. Pourtant, jour après jour, malgré le vide, malgré la douleur que ton absence semblait s’amuser à créer et à creuser, je n’ai jamais cessé de penser à toi. Jamais cessé de te remercier. C’est étrange, n’es – ce pas ? Quand tu es revenue, je t’ai fuie. J’ai tout fait pour t’éviter, toi et ton regard. Je ne voulais pas voir la vérité en face, je ne voulais pas voir ce que tu étais devenue. Si tu avais changé, si tu t’étais métamorphosée, je ne voulais pas le savoir. Je voulais oublier ce que tu avais, ne garder que le meilleur de toi, d’après ce que me disaient mes souvenirs. J’ai été idiote, je sais. Il m’a fallu du temps, pourtant. Beaucoup de temps, avant de l’accepter. Mais aujourd’hui, c’est fini. Aujourd’hui, je t’ai pardonnée. Même si je n’en ai rien oublié.

Le tonnerre gronde, il nous menace de sa voix basse. Elle aime ce son. Plus que tout autre. Mais aujourd’hui, il ne la rassure pas. Il ne l’apaise pas. Elle ne s’en délecte même pas. Il laisse courir sur son dos un long frisson glacé. La foudre tombe. Lorsqu’elle se heurte violement au sol, les étincelles voltigent. Minuscules, et pourtant meurtrières. Aussitôt, à la vitesse d’une insulte lancée dans le silence qui touche directement l’autre, la lande s’enflamme. Impuissante, elle regarde ce spectacle, horrifiée. Les flammes se rapprochent d’elle à une allure dangereuse, l’encerclant bientôt. La chaleur monte, devenant rapidement insupportable. Une âcre fumée noire se dégage du brasier, et s’engouffre dans ses poumons. L’air vient à manquer, elle tousse, tousse encore, mais cela ne fait qu’empirer son état. Elle suffoque, panique. Les flammes ne la lâchent pas, elle recule, mais elles sont derrière aussi. Elle veut crier, hurler, qu’on lui vienne en aide, même si cela paraît bien impossible, mais elle ne fait que s’étouffer davantage. Ses yeux se révulsent, et entre deux flammes, elle aperçoit l’incendie qui se propage jusque de l’autre côté de la frontière, chez elle, tel un cheval fou lancé au galop.

Soudain, un lourd nuage noir éclate, et une pluie drue s’en échappe. Elle tombe à verses, fouettant les flammes, les faisant reculer, encore et encore, jusqu’à ce que mort s’en suive. Épuisée, la femelle s’écroule sur le sol, le cœur en panique, savourant le contact de l’eau glacée sur son corps endolori et brûlé par endroits. Ses yeux se ferment, l’oxygène se vide de ses poumons, lorsqu’une voix douce et feutrée tinte de nulle part.

« Regarde .. Regarde jusqu’où il peut aller si nous ne l’arrêtons pas à temps. Il se rit de nous, depuis le début, dansant dans sa toute puissance, nous toise. Mais c’est terminé. Oui, ce temps là est révolu .. »

Elle lève la tête, dans un énorme effort, et cherche la provenance de cette voix. Mais rien. Un râle rauque s’échappe de sa bouche, où s’engouffrent des gouttes de pluie.

« Bientôt il gémira sa gloire passée, lorsque nous danserons sur sa tombe. »

La femelle a envie de crier au ciel son incompréhension, mais elle reste muette, trop épuisée pour parler. Dans un dernier effort, elle aperçoit un plant de menthe, apparemment survivant, se délectant de l’averse, avide.

« Ensemble, alliées, la Menthe et la Pluie peuvent accomplir de grandes choses. »

Étoile de Menthe ouvre les yeux, paniquée. Son cœur bat la chamade, et tout ce qui reste d’horreur de son mauvais rêve fait toujours apparition dans ses sublimes yeux absinthe. Juste un cauchemar. Elle cherche des yeux les fourrures de ses compagnons, en particulier la robe blanche de son Lieutenant et les larges épaules d’Écorces d’Épines. Ah. Son lieutenant. Elle est seule, dans cette tanière. Dans l’air flotte toujours cette odeur de famille. Sa mère et sa grand-mère, les défuntes cheffes qui l’ont précédée.

Juste un cauchemar. Oui. Mais pas n’importe quel cauchemar. Derrière lui se trouvait un message, elle en était sûre. La pluie, la lande .. Le Clan du Vent ! En un instant, elle s’est décidée. Bien sûr. Cela paraît tellement évident. Elle ne s’attarde pas à chercher, à se casser la tête sur la signification de son rêve. Elle doit parler avec Pluie d’Étoiles. Elle ne la connaît pas, c’est un geste purement fou, mais elle reste sûre d’elle. Quoi d’autre, sinon ?

Elle se lève, passe un rapide coup de langue à son poitrail et sors de son antre. Elle n’a aucun mal à repérer le pelage immaculé de Souffle de Givre. Elle s’approche de la guerrière, et lui annonce, sans plus de manières et d’amabilités ;

« J’ai fait un rêve. Nous partons pour le Clan du Vent. Toi et moi. »

Elle lui expliquerait chemin faisant, elle n’avait pas le temps. Pourquoi ne pas y aller seule ? Au cas où cela tournerait mal. Deux guerrières aguerries contre tout un Clan valent mieux qu’une femelle seule, non ? Son regard croise celui d’Écorce d’Épines. Elle s’approche de lui et lui demande ;

« Je dois sortir avec Souffle de Givre. Je te laisse le Camp. »

Elle se retourne alors, et d’un geste du bout de la queue, invite Souffle de Givre à la suivre. Puis, elle s’élance vers les terres ennemies en courant. Elle ne tarde pas à s’arrêter, afin de pouvoir poser au calme le pourquoi de la chose.

« J’ai rêvé qu’un incendie se déclarait sur la lande. J’y étais, et il n’a pas tardé à m’encercler. J’allais y passer lorsque la pluie m’a sauvée. Puis, une voix est sortie de nulle part, et .. A dit des choses étranges. Elle disait ; Regarde .. Regarde jusqu’où il peut aller si nous ne l’arrêtons pas à temps. Il se rit de nous, depuis le début, dansant dans sa toute puissance, nous toise. Mais c’est terminé. Oui, ce temps là est révolu .. Bientôt il gémira sa gloire passée, lorsque nous danserons sur sa tombe. Puis .. J’ai vu un plant de menthe, seul au milieu du paysage carbonisé et la voix a dit que la Menthe et la Pluie accompliraient de grandes choses, une fois réunies. Et je me suis réveillée. Alors .. Il me semble que je dois aller voir Pluie d’Étoiles. C’est cela qu’ils ont voulu me dire, non ? J’en suis sûre, Souffle de Givre .. Quelque chose se trame, nous devons prendre les devants, afin de ne pas se laisser abattre. »

~

Ça y est. Le Camp du Vent se dresse devant elles, nid d’ajoncs de prime abord infranchissable. Elle jette un regard entendu à son Lieutenant et avance, bien décidée. Aucune patrouille ne leur est tombée dessus. Et si .. Et si ce rêve n’était qu’un appel à l’aide ? Enfin les deux guerrières pénètrent dans le Camp. Pas très discrètement, certes. A peine la fine patte grise d’Étoile de Menthe posée sur le sol qu’elle sent sur elle des dizaines de regards. Tous plus insistants les uns que les autres. Elles ne sont que des intruses, en ces lieux. Des grognements fusent, des murmures inquiets ou hostiles se font entendre. Elle ose avancer, sous cette foule de regard. D’abord ses yeux sont rivés au sol. Puis elle se souvient. Tu es Chef, un peu de dignité, au nom du Clan des Étoiles ! Elle relève la tête, et affronte ce qui se prépare. Elle attend d’être rejointe par Souffle de Givre. Elle essaye de garde une posture élégante et sûre d’elle. Ne pas flancher, surtout. Ne pas leur montrer sa peur. En aucun cas. Ses yeux se baladent sur l’assemblée de félins inconnus présents. Son visage esquisse un masque qui se veut amical. Enfin, elle déclare d’une voix forte ;

« Je souhaite parler avec Pluie d’Étoiles.

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Dim 27 Jan - 2:57

Un rêve bien étrange ...


Cela faisait quelque jours que Souffle de Givre avait pris de nouvelles responsabilités. Quelques jours de ténèbres éclairés par cette nouvelle étoile qui enfin lui avait accordé le pardon. Son coeur était plus léger et pourtant elle sentait ses épaules s'allourdir sur le poid du devoir. Mais elle relevait la tête. Il fallait être digne du règne d'Etoile de Menthe et la seconder avec assiduité. Apprendre ce nouveau rôle dans le chaos environnant était... déstabilisant. Il lui fallait penser à tellement de choses, prendre en compte toute la puissance du Clan et la disperser suivant les tâches à accomplir. Etoile de Menthe devait aussi percevoir maintenant le contre coup de sa nomination. Mais à elles deux elle tiendrait bon. De toutes manières, il n'y avait nulle autre option pour leur survie.
Avant de se retirer dans sa tanière, elle avait pris soin de prévenir les chats du Clan concernés, pour les prochains roulements des patrouilles, concernant la journée de demain. Ainsi elle aurait plus de temps pour évaluer les progrés des Apprentis et surement transmettre toutes ces informations à sa Chef. Après tout, le plus tôt il seraient prêt, le plus tôt le Clan sera fort. En se roulant en boule sur sa litière enrichie de lichen verdâtre, elle ferma les yeux, imaginant la nouvelle nommée Etoile de Menthe sur sa litière, seule, dans l'Antre habité des énergies de ses ancêtres. Elle venait d'une longue lignée de belles et puissantes Guerrière grise inondant la Rivière d'étoiles. Parfois elle avait peur qu'elle se sente seule, Souffle de Givre ayant fait une promesse, la laisser seule de nouveau n'était pas envisageable. Elle serra les dents pour retenir ses larmes. Il ne fallait plus qu'elle ressente cette culpabilité, c'était terminé désormais, il fallait voir le présent et le futur, le passé n'est pas modifiable. Le sommeil l'entoura de ténèbres bienfaiteurs et elle plongea dans son inconscient, laissant libre champ à ses rêves.

Au petit matin, Souffle de Givre fut réveillée brutalement par un « J’ai fait un rêve. Nous partons pour le Clan du Vent. Toi et moi. ». Les yeux azurs de la Guerrière s'ouvrirent brutalement et elle se réveilla en sursaut. la bouche pateuse, elle commença à essayer d'articuler quelques mots. Malheureusement, non seulement son cerveau l'empêchait de former ne serait-ce qu'une simple phrase, mais Etoile de Menthe était déjà sortie de la Tanière des Guerriers après avoir confié la responsabilité du Clan à Ecorce d'Epines, d'une même manière brutale. L'incompréhension et l'étonnement envahissaient Souffle de Givre. Ne prenant même pas le temps de s'étirer, elle jeta un regard égaré au Guerrier maintenant promu malgré lui, et fila à la suite de la Chef. Qu'avait-elle prévu ? Le Clan du Vent ? Elles seules ? Mais que se passait-il ? Souffle de Givre avait elle manqué une déclaration de guerre ? Non non, si c'était la guerre elles n'iraient pas seules se jeter dans les griffes de l'ennemi. Non, elle avait quelque chose d'autre en tête, quelque chose de précis. Elle se souvenait de la détermination qui enflamait le regard d'Etoile de Menthe. Une fois à l'exterieur de la tanière, elle remarqua que son amie et Chef avait déjà filé vers l'entrée du camp. Ah, donc le voyage est pour maintenant. Souffle de Givre se mis à courire rapidement pour rattrapper de chatte grise. Une fois à ses côtés, celle ci ne ralenti pas et continua son chemin à travers les territoires de la Rivière, en direction de la frontière du Clan du Vent. Maintenant totalement réveillée, la Guerrière blanche courait aux côtés de sa meneuse, quand cette dernière décida de s'arrêter. Son regard gris pénétra le sien et c'est ainsi qu'elle lui compta ce qui lui passait par l'esprit.

« J’ai rêvé qu’un incendie se déclarait sur la lande. J’y étais, et il n’a pas tardé à m’encercler. J’allais y passer lorsque la pluie m’a sauvée. Puis, une voix est sortie de nulle part, et .. A dit des choses étranges. Elle disait ; Regarde .. Regarde jusqu’où il peut aller si nous ne l’arrêtons pas à temps. Il se rit de nous, depuis le début, dansant dans sa toute puissance, nous toise. Mais c’est terminé. Oui, ce temps là est révolu .. Bientôt il gémira sa gloire passée, lorsque nous danserons sur sa tombe. Puis .. J’ai vu un plant de menthe, seul au milieu du paysage carbonisé et la voix a dit que la Menthe et la Pluie accompliraient de grandes choses, une fois réunies. Et je me suis réveillée. Alors .. Il me semble que je dois aller voir Pluie d’Étoiles. C’est cela qu’ils ont voulu me dire, non ? J’en suis sûre, Souffle de Givre .. Quelque chose se trame, nous devons prendre les devants, afin de ne pas se laisser abattre. »

C'était donc ça. Un rêve. Ou plutot un message. La Menthe et la Pluie accompliraient de grandes choses. Quand à la profondeur du message, la Guerrière ignorait son sens réel, cependant il était clair qu'il s'agissait d'un envoi des Etoiles et que ce rêve n'était nullement naturel. Souffle de Givre acquiesa et lui dit d'un ton à la fois ferme et rassurant.

« Oui tu as raison, c'est surement un message, il faut y aller pour en avoir le coeur net. Je te suis, de toute manière je te suivrais sur n'importe quel chemin tu t'élanceras ! Soyons néamoins prudente, le Clan du Vent reste quand même notre ennemi »

Elle sourit et n'attendit pas de réponse avant de regarder de nouveau vers l'avant. La Chef s'élança de nouveau vers les terres hostiles, et elle la suivit. Il falait qu'Etoile de Menthe puisse avoir confiance en elle et ne pas se méfier de son propre Lieutenant. Arrivées à la frontière, elles s'arrêtèrent. La pression augmentait. Elles ne pouvaient guère reculer à présent. Les deux chattes franchirent la délimitation et l'odeur acre du Vent leur emplirent les narines. Talonnant Etoile de Menthe, les yeux de Souffle de Givre étudiaient chaque recoins, chaque arbre, chaque buisson. Chaque odeur que captait son odorat était analysé sur le champ. Il fallait qu'elles arrivent jusqu'à leur Camp en évitant le plus possible les patrouilles. Aux vues de l'urgence du message, rien de devait les ralentir. Souffle de Givre avait changé d'attitude du tout au tout. Tout son corps était tendu, son esprit et ses sens étaient à l'affut. Elle avait la responsabilité de protéger Etoile de Menthe, et elle la prenait très au serieux. Elle essayait de ne pas avoir l'air menaçante mais intimidante, pour passer l'envie à ceux qui voudrait les ralentir. Etoile de Menthe devait s'entretenir avec Pluie d'Etoile. Au loin se dressait le Camp du vent, enfin. Souffle de Givre pris une profonde inspiration et regarda sa meneuse, qui lui rendit son regard. Elle était toujours aussi déterminée, ne semblant ressentir aucune peur. Souffle de Givre ne lui ferait pas défaut. C'est côte à côte qu'elle passèrent sous le tunnel d'ajoncs et débouchèrent sur une clairière, plus ou moins semblable à la leur. Souffle de Givre ralentit légèrement le pas, laissant sa Chef prendre une enjambée d'avance. Elle, elle se positionna à l'arrière avec une vue globale de la situation. Aucun détail ne serait laissé au hasard.
Les deux femelles firent quelques pas puis s'arretèrent net. Des grognements et des feulements s'élevèrent des ombres, trahissant la surprise des habitants du Camp. Ils devaient serieusement se demander ce que deux Guerrières de la Rivière faisaient ici ? Savaient-ils au moins que Fraicheur de Menthe était devenue Chef ? Sur ses gardes, Souffle de Givre se grossit en etoffant sa fourrure pour paraitre plus imposante. Elle entrouvrit la gueule, jaugeant les chats ennemis du regard. Si l'un d'entre eux faisait mine d'attaquer, il regretterait d'être né. Etoile de Menthe maintenait une prestence impresionnante et avait une aura décidément très brillante. Si les autres ne devinait pas son rang, c'est qu'ils avait de la crotte de souris dans les yeux. C'est avec une voix amicale et ferme qu'elle annonça le motif de leur venue. L'assemblée des chat du Vent sembla se remuer. La requête de cette étrangère ne laissait pas des langues de bois. Souffle de Givre commence à se relâcher, tout en maintenant un regard appuyé sur l'Assemblée. Appuyé, mais respectueux, il n'y avait pas d'animiosité dans son comportement, seulement une volonté de protéger sa meneuse. Après tout, c'était son rôle à présent. Si le rêve de sa Chef était à prendre au premier degré, il s'agissait d'une alliance... mais est ce que Pluie d'Etoile la croirait ?

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Dim 27 Jan - 18:26

PLUIE D'ÉTOILES


« Folle. Tu deviens folle. Mais qu'est -ce que la folie, réellement ? Une maladie ? Mais si ce n'était qu'une différence ? Un atout qui permettrait de voir le monde autrement ? Une vision extérieure, qui donnerait le privilège d'observer les choses sous un autre angle, d'apercevoir des détails que les autres ne voient pas ?
On pourrait ainsi parler d'elle en temps qu'avantage. Pourtant .. pourtant, il existe tellement de folies. Et toutes sont vues comme d'horribles défauts qui ne permettent pas de vivre.
Et malgré tout, chaque être n'est pas sali d'ivoire, ni immaculé d'opale. Car oui, chacun d'entre nous est fou, au final. Mais à sa façon. »


L'air lui manque cruellement, elle halète. Elle a l'impression de ne pas avoir respiré d'oxygène pur depuis des lustres. La bile lui brûle la gorge, et son estomac est retourné. Dans sa tête, mille tambours résonnent, dans un écho infernal. Son cœur, lui, frappe sa poitrine dans un rythme accéléré, si bien qu'elle croit que l'on peut l'entendre battre dans toute la lande.
Encore une fois, ce rêve, qui c'était transformé en véritable cauchemar sans fin se répète. Malheureusement, se réveiller n'est guère un soulagement pour elle. C'est toujours dans une incompréhension certaine qu'elle entre – ouvre ses prunelles. Les alentours sont flous, terriblement troubles. Les sons, au loin, sonnent comme un bourdonnement.

« Oh, mais qui est – tu pour hanter mes songes chaque nuit ? » Soupir t – elle en son esprit embrouillé. Elle se redresse péniblement, la gueule sèche, avec une amertume en arrière goût. Rapidement, elle passe quelques coups de langue dans son poil moucheté de perle, d'anthracite et de blanc, encore emmêlé.
La voix douce et féminine de cette chatte inconnue commence peu – à – peu à s'étreigner sous ses pensées bousculées. Devait – elle en parler avec la guérisseuse ? Non. Non, sûrement pas. Elle passerait pour une meneuse fatiguée par les catastrophes, qui perd la tête de jour en jour. Or, le Clan n'en a pas besoin, il est encore beaucoup trop abattu, trop sonné par les événements précédents. Et pourtant, le sort continue de s'acharner sur eux, comme si le Ciel prenait plaisir à les voir ainsi.
Mais, sont – ils seulement les seuls à subir cette ironie présente ? Si les autres Clans désespèrent, eux aussi, accablés par ces multiples mauvaises surprises ? Pensant plus par adversité que par compassion, elle espère que oui. Sinon, pour qui passeraient – ils ?

Elle se hisse sur ses quatre pattes fragilisées par son état, et s'avance vers la sortie. Une bourrasque glaciale vient lui gifler le visage avec une étonnante puissance. La femelle recule, hésitante.
Peu charnue, elle se met à grelotter. Non, elle ne sortirait pas non plus aujourd'hui. Quelle honte, si les félins la voient ainsi ! Faible et maigre, les oreilles tombantes, la mine triste et épuisée, ses iris jades éteints.
Elle s'ébroue sur le fin duvet de mousse. Les poussières virevoltent dans l'atmosphère déjà trop lourd. Un petit gémissement s'échappe d'elle. « Regarde – toi, ma pauvre Pluie. Tu parais plus idiote que tu ne l'es déjà ! Mais relève – toi, bon sang ! Tu fais tellement pitoyable. »
Elle lève les yeux et se contemple sur les parois luisantes de sa tanière. Un sentiment de profond dégoût l'envahit alors. La solitude devient sa seule alliée.

Soudain, des grognements s'élèvent dans les airs orageux. Elle se redresse dans l'alerte.

- « Je souhaite parler avec Pluie d'Étoiles. » Demande une voix, qui brise le silence par sa fermeté. Des pas pressant s'en suivent, se rapprochant de sa tanière.
Une voix qu'elle ne connait pas. Et pourtant .. sa familiarité lui soulève le cœur.
Sans attendre, elle prend l'air le plus digne qui soit et émerge lentement de ce rideau de feuilles qui masque son entrée.
Les guerriers forment un cercle autour de deux chattes qui se tiennent, là, majestueuses.
Pluie d'Étoiles reconnait là les traits fins de la première demoiselle colorée de grège. Elle effectue un petit mouvement de recul devant la teinte de ses belles prunelles absinthe. « C'est toi.. » Crie – t – elle dans sa tête à la vue de la jolie guerrière.
Son regard passe à la deuxième féline au pelage d'un blanc qui luit dans cet environnement nébuleux.
Toutes deux semblent plus grandes, plus nobles depuis la dernière fois qu'elle les a aperçues. Oui, quelque chose a changé en elles. Cela se voit, se sent.
De peur qu'on ne la voit ainsi, trop tourmentée, elle lève fièrement le menton, et s'avance vers les nouvelles venues. Elle incline la tête en guise de rapide salut.

- « Salutations à vous, Fraîcheur de Menthe et Souffle de Givre. Quel bon vent vous amène ? »

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Plouf :
 


Dernière édition par Pluie d'Étoiles le Lun 11 Mar - 19:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Lun 28 Jan - 12:36

Chaos d'Amour


    La matinée était tranquille au Clan du Vent, malgré la tempête sur la lande.Chaos d'Amour revenait d'une patrouille de chasse. Les proies se cachaient, et les chats avaient du mal à les repérer avec ce vent qui soufflait dans leurs oreilles. L'odeur était masqué par la pluie et la boue, bref, c'était une vrai horreur. Mais ils avaient ramenés un lapin et deux souris. La chasse avait été plutôt bonne. Alors qu'il venait de poser son lapin sur le tas de gibier, tous les chats étaient placés en rond. Que se passait - il ?Le guerrier s'approcha, par curiosité, et une fois plus près, il put sentir une odeur de poisson. Deux chats du Clan de la Rivière. Comment n'a - t - il pas pu ... Ah oui, c'est vrai, la pluie. Elles voulaient donc parler à Pluie d'Étoiles. Cela devait être important pour qu'elles fassent le chemin jusque là à la place d'attendre l'Assemblée. Quand la chef mit un nom sur leur museau, Chaos d'Amour se rappela. Avec leur maigre corps et le pelage mouillé, il n'avait pas reconnu Fraicheur de Menthe et Souffle de Givre. Souffle de Givre, c'était la guerrière qui avait disparu lorsque la meute pris le pouvoir sur la Rivière non ? Et dire qu'elle venait à peine d'être nommée guerrière à leur dernière rencontre. Maintenant, elle avait l'allure d'une guerrière vétérante. Grande, robuste, fière, tout comme son amie. Malgré cet horrible temps, les chats de la Rivière restaient là à attendre, fières, ne faisant pas attention à tous les regards les fixant.

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Mer 30 Jan - 19:19

Dormir, dormir, dormir ; l'une des occupations préférée de Nuage de l'Aurore lorsqu'elle considère que le temps est mauvais . Quand il pleut et que la terre se transforme en boue , ça ne donne pas envie de bouger , encore moins pour aller chasser ... C'était le cas aujourd'hui .

C'était dans toute sa paresse, que Nuage de l'Aurore finit par ouvrir son oeil, à cause du bruit du camp . Mais qu'est-ce qui peut bien les exciter comme ça ? "La pluie leur lave le cerveau, à mon avis ." pensa-t-elle . Elle gloussa sur cette intention , et attira quelques regards interogatifs , tout aussi paresseux qu'elle . Oui , effectivement , son rire fatigué et renfermé , (car elle était en boule ) fesait un peu penser à un porc qui remuait dans la boue . Elle leva la tête , regarda ces interrogateurs et pensa "Allez vous laver le cerveau !" . Et finit par en déduire que , c'était elle qui en avait le plus besoin .

Elle se leva , et se dirigea vers la foule bruyante qui l'avait tirée de son sommeil . Les fines gouttes d'eau qui tombait la mettait de mauvais poil . Pfff ... mauvaise journée . A sa grande surprise , s'était des chats du clan de la rivière qu'elle vit ! Plus précisément , Souffle de Givre et Etoile de Menthe ; mais qu'est-ce qu'elles font là ? Les deux guerrières semblait attendre quelque chose , ou plutôt , voir ou parler à quelqu'un . Mais à qui ? "C'est louche tout ça ..." pensa-t'elle .

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Merci à ma TRès TRès CHère ! <3  
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Nuée d'Hirondelles (lost)
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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Ven 1 Fév - 21:09


» La pluie goutte sur ton pelage gonflé par l’humidité. La bise glaciale s’enroule autour de tes longues moustaches, les faisant danser, voltiger autour de ton fin minois. Tes paupières se plissent autour de tes yeux étonnés, que vois – tu glisser dans le lointain ? Deux silhouettes se rapprochant, fantômes avançant au travers de la brume flottant sur vos plaines. Sous tes pattes tendues, tes griffes se fichent dans le sol meuble. Que font ces inconnus en direction de votre camp ? Tu es trop loin pour deviner leurs visages mais suffisamment près pour ne voir en eux qu'une vague familiarité. Leurs odeurs n’ont pas lieu d’être ; se mélangeant avec ces effluves d’herbe mouillée et d’orage, elles sont inaccessibles. Ces ombres s’éloignent, avançant toujours plus vite. Pas de danger, à deux elles ne vont pas causer de gros dommages si elles décident d’attaquer. Cependant, tu préfères abréger ta sortie solitaire ; sans attendre tes pattes t’élancent en avant et tu files dans le brouillard.

» Elles sont là, dressées au milieu du camp, fièrement campées sur leurs pattes. Deux femelles au regard ferme et décidé. Malgré toi, un bref frisson te parcourt, remontant le long de ton échine. Ennemies ? Tu reconnais bien le parfum des roseaux bordant les ruisseaux, des galets courant le long des berges ; tu reconnais bien la Rivière. Les souvenirs remontent, en bribe confuses ; ces fourrures aux teintes douces … Autour, les grognements montent progressivement. Crescendo, ces protestations s’accordent au roulement du tonnerre qui se fait entendre dans le lointain. Tes oreilles s’agitent face à ton incompréhension.

« Je souhaite parler avec Pluie d’Étoiles. »

» Celle se tenant le plus en avant, face à la foule de félins méfiants, a prononcé sa demande. D’une voix claire et forte, déterminée, comme cet éclat que tu peux voir briller dans ses pupilles. Il émane d’elle un étrange halo invisible que tu parviens à sentir, qui te fait vibrer au plus profond de tes os. Guerrières d’un clan voisin et … ennemi. Pourtant, tu ne te sens pas en danger. Pas tout à fait en confiance mais pas non plus crispée à t’en paralyser les membres. Elles incitent à l’écoute, tu revois leurs visages se fondant dans la masse de félins se dirigeant vers les Quatre Chênes. Soudain, tu sais d’où tu viens ce drôle de déjà – vu. Cette belle chatte à la livrée d’opale soyeuse, perchée sur une clôture de bois, à la frontière de votre forêt … Tu te plonges dans son regard d’absinthe, noyé de larmes dans un passé qui te met mal à l'aise, mais il semble ailleurs. Soupir. Tu souhaiterais connaître la raison de leur venue. Cette allure, cette prestance, autant l’une que l’autre sont dignes et magnifiques. L’une revêt un pelage de soie duveteuse, l’autre une robe parsemée de flocons opalescents. Prunelles de menthe, prunelles de givre.

» Un mouvement attire ton attention. Tes yeux de ciel remarquent la venue de votre chef. Elle avance d’une allure noble vers celles qui la demandent. Le vent fait voleter doucement ses poils mouchetés, on perçoit au travers sa taille fine, presque maigre. Comme vous tous. Les proies sont si rares et précieuses, vos corps en témoignent. Elle a l’air si sérieuse, concentrée, son joli minois fixe les étrangères. Discrètement, tu te glisses sur ses pas, te tenant un peu éloignée, silencieuse mais présente.

« Salutations à vous, Fraîcheur de Menthe et Souffle de Givre. Quel bon vent vous amène ? »

» Bon vent … Oui, espérons – le. Espérons que cela ne tourne pas à la tempête, que ce vent futile ne se transforme pas en un souffle incontrôlé. Oh, par le Clan des Étoiles, que se passe - t – il ? L’impatience et la nervosité te remuent le ventre, tu désires savoir toi qui ignores tout. Tu coules un regard vers ton amie d’enfance, ne sachant trop que penser. Inspiration avant de prendre ton courage à deux pattes et d’apparaître devant ces deux chattes d’un autre clan, de montrer ta petite taille et ton regard céruléen.

» Du pas gracieux de danseuse, tu t’avances et te places à l’arrière de Pluie d’Étoiles. Hochant la tête en guise d’un discret salut et d’une marque de respect, tu gardes le silence mais observe les deux chattes, les oreilles à l’affut. Lieutenante muette.

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‘‘ oiseau ’’

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Dim 3 Fév - 15:30

« You've carried on so long,
You couldn't stop if you tried it. »
T’y voilà. Tu as écouté ton cœur, assumé ton destin. A présent tu y es. Dressée, fière et puissante, au milieu de tout ces inconnus. Tu explores tout leurs regards. Tu essayes de déceler n’importe quoi, un indice, l’ombre d’un sentiment qui te permettrait de ne pas flancher. Mais .. Tu ne tomberas plus, maintenant. Au fond, tu le savais. Toutes ces lunes à errer, perdue, ombre parmi les ombres, chose raide et décharnée, fantôme. Toutes ces souffrances, ces horreurs qu’il t’avait été infligé de regarder, de supporter et qui écrasait tes épaules lorsque tu essayais de te relever .. Tout ceci, toute ta vie. Aujourd’hui, tu savais pourquoi. Tout ce temps à t’apitoyer sur ton sort, alors que tout le monde avait souffert au moins une fois dans ta vie, tout ce temps à regretter le passé, à désirer oublier. C’était terminé. Tu connaissais les raisons de tout ça. Tu en étais ressortie endurcie. Tu y es parvenue, à ce sommet, seule, malgré la douleur. Tu règne sur ton Clan comme tu règne sur toi-même. Tu as suivi les plus grandes Étoiles, comme on suit ses parents, en prenant bien garde de créer ses propres empreintes dans le sol, afin de se sentir plus puissant à chaque pas. Tu as gravi les échelons, tu as franchi tes limites. Rendue au dessus de tout ça, tu ne t’arrêteras plus jamais. Cette promesse, tu te la fait à toi-même. « Oui, on aura beau dire, on aura beau faire, je me suis tellement battue que plus rien ne m’arrêteras jamais. J’irais jusqu’au bout de mes rêves, jusqu’au bout du monde, jusqu’au bout de ma vie, seule s’il le faut, mais jamais plus je ne laisserais quiconque ou quelque chose me barrer le passage. Je ne m’arrêterais plus. Je ne tomberais plus. Ou ce sera pour me relever aussitôt, rendue forte de ma faute. »

Regards hostiles. Grondements sourds. Feulements menaçants. La tension est palpable, et monte. Elle enfle, et le cœur d’Étoile de Menthe palpite à une vitesse folle. Pourtant, elle n’en montre rien. Elle doute, un instant, de ce que lui ont dicté ses pulsions. Elle se rend compte qu’elle a agit sans réfléchir, bêtement. Mais il est trop tard pour reculer, à présent. La tête haute, elle prend le temps d’affronter chaque regard. Pas de les affronter au sens propre du terme, non. Elle se contente de ne laisser filtrer qu’un calme à toute épreuve, à travers ses yeux absinthes. Ils ne doivent pas savoir ce qui se passe dans sa tête. Ils ne doivent rien savoir d’elle. Elle paraît tellement intouchable, tellement impressionnante et pourtant si calme.

Elle jette un regard discret en arrière. Souffle de Givre n’a pas bougé. Impeccable, dans sa belle robe blanche, le regard posé sur la foule, parfaitement immobile, mais cependant déterminée. Qu’elles sont belles, ces guerrières de la Rivière. A elles deux, elles esquissent le futur portrait du Clan qu’elles ont vu mourir et qu’elles vont faire revivre. Elles représentent la Rivière. Sereine et silencieuse, qui peut en une fraction de seconde se transformer en cascade tumultueuse et impatiente. Tout aussi discrètement, elle lui lance un rapide signe de tête.

Un bruissement se fait entendre. Pluie d’Étoiles émerge de sa Tanière, magnifique, altière dans le gris tigré de sa robe. Ses pas sont empreints de légèreté, comme si elle dansait jusqu’aux deux guerrières intruses. Son corps est mince et on aperçoit les muscles jouer sous sa fourrure épaisse. La meneuse de la Rivière est impressionnée par tant de prestance, mais elle reste impassible. Elle se souvient avoir déjà vue la meneuse du Vent, aux Assemblées, mais elle lui avait alors parue tellement timide, minuscule comparée aux autres Chefs. Elle avait changé. Peut être était ce dû au fait qu’elle était chez elle ? Non .. Elle avait l’air de jouer son rôle à la perfection, de le connaître sur le bout des griffes. D’ailleurs, le respect que lui témoignaient chacun de ses membres était immense. Cela se lisait dans leurs yeux, se ressentait dans l’atmosphère. Son regard anis se posa sur Étoile de Menthe, et elle lui adressa un rapide signe de tête en guise de salut, auquel l’autre répondit par un mouvement similaire.

« Salutations à vous, Fraîcheur de Menthe et Souffle de Givre. Quel bon vent vous amène ? »

Fraîcheur de Menthe .. Un frisson la parcourut lorsqu’elle se rappela que pour tous les guerriers présents, elle n’était que leur semblable, pas la chef d’un Clan rival. Un sourire amical se dessina sur ses lèvres lorsqu’elle reprit la meneuse en face d’elle ;

« Étoile de Menthe. Accompagnée de mon lieutenant. »

Soudain un mouvement attira son attention. Délicate, dressée sur ses pattes blanches, légère et silencieuse, son regard se porte de lui-même sur la jeune chatte qui venait de se placer aux côtés de Pluie d’Étoiles. Nuée d’Hirondelles. Elle revint alors des lunes en arrière, et revit la scène, de l’extérieur. Elle, perchée sur une clôture, en bordure d’un jardin Bipède, se livrant entièrement à l’orage, comme elle avait l’habitude de le faire, et la femelle brune et blanche l’observant, en contrebas. Elle revit leurs expressions égarées à toutes les deux, comme deux inconnues se dévisageant, complètement perdues, réunies par la tristesse, sous le crépitement de la pluie et le roulement de l’orage, en guise de mélodie. Son oreille tiqua et ses yeux s’agrandirent. Elle ne s’attendait pas à la voir ici, même si elle connaissait son rôle au sein du Clan. Moment d’égarement, repris en un battement de cils. Elle força son regard à revenir sur Pluie d’Étoiles, et à se concentrer sur la question qu’elle venait de lui poser.

« Cette nuit, un rêve étrange à battu la mesure de mon sommeil. C’est peut être absurde, mais je suis persuadée que ce n’était pas qu’un simple rêve. Et je suis tout aussi convaincue qu’il me parlait de toi. De ton Clan. »

Elle marqua une pause, et chercha un instant quoi dire. Sa voix douce reprit, lorsqu’elle invita Souffle de Givre à avancer à sa hauteur qu’un mouvement de la queue ;

« Peut être pourrions nous en parler dans un endroit un peu plus .. Discret, si ça ne te dérange pas ? Avec Souffle de Givre et Nuée d’Hirondelles. Il me semble qu’elles doivent savoir, au vu de leur place au sein de nos Clans. »

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Dim 3 Fév - 21:43

N U A G E . D U . C E R F . Ҩ
..............................................................................................

Ҩ Il s'élance sous les fines gouttes de pluie qui tambourinent sur son pelage brun. Le tonnerre gronde, ce qui le fait discrètement sursauter alors qu'il reprend sa course en trottinant. Des intrus. Ils sont deux et se sont des femelles. Nuage de Cerf s'arrête brusquement et s'accroupit au milieu de l'assemblée, le museau retroussé laissant alors apparaître ses crocs luisants dans l'obscurité de la matinée pluvieuse. Il grogne doucement, mêlant son ton grave à celui des autres. Imitant parfaitement ses ainés, le novice suit les deux femelles de la Rivière du regard. Elles s'avancent fièrement, la tête haute, ignorant les grognements et l'hostilité de leurs semblables. Le vent s'écrase sur le flanc de l'apprenti soudainement parcourut d'un frisson le long de son échine, le brouillard diminue les capacités de sa vue, il plisse les yeux puis cesse son vacarme. Elles s'arrêtent également, net, stoppant leur marche sur une posture parfaite et l'une des deux prend alors la parole.

« Je souhaite parler avec Pluie d’Étoiles. »


Ҩ Il reste effacé parmi la foule, invisible aux yeux des membres de la Rivière, un membre du décor, un simple spectateur de la vie. Il ne décroche son regard des deux femelles. Elle a parlé, d'une voix forte, sans la moindre once de peur ou d'agressivité, sans le moindre ralliement. Sur un ton calme et posé, naturel mais sérieux. Grave, peut - être. Il n'en connait aucune. N'est quasiment jamais sorti du camp, commence son apprentissage, n'a eu la chance de participer à une assemblée. Commence sa vie. Elles lui sont totalement inconnues. Deux nouveaux visages. Deux nouveaux pelages. Deux nouvelles voix. Et au fond de lui, il sait qu'il aurait été préférable qu'il les rencontre autrement. Il sait aussi qu'elles n'ont aucune bonne nouvelle à annoncer. Le ciel les accompagne, les étoiles semblent de leur côté, les nuages grondent et Nuage du Cerf se détend au fur et à mesure que les grognements baissent. Il n'est pas confiant. Il n'a pas peur. Il n'est pas rassuré. Il garde son sang - froid. Il aimerait savoir. Il craint la vérité. Le jeune chat tend les oreilles, remue les moustaches, se dandine sur ses pattes avant et j'en passe. Alors qu'il a du enchainer tous les signes de nervosité qu'il existe en ce bas monde, un mouvement félin attire son attention.

Ҩ Elle s'approche fièrement, elle incarne la dignité du Clan du Vent, elle représente ses vétérans et ses novices. Elle ne semble surprise. Mais elle n'a pas l'air non plus d'avoir prévu cette visite. Nuage du Cerf recul instinctivement, adoptant à présent une posture quasiment normale puisqu'il y a quelques minutes, son ventre effleurait le sol humide de la clairière. Sa gorge est sèche. Pourquoi cela lui fait - il un tel effet ? Est - ce le temps ? Le ciel couvert signifie - t - il l'humeur du Clan des Étoiles ? C'est sûrement ce dont le novice a le plus peur. Aurait - il ressenti la même chose si le soleil recouvrait la lande ? La nature pouvait - elle jouer un rôle cruciale lors de cette scène irréaliste ? Impassible, le matou gris de la rivière ne laisse percevoir aucune émotion sur son visage neutre. Nuage du Cerf laisse son regard se poser sur la meneuse de son Clan, puis sur les deux matous adverses et enfin sur l'assemblée qui les entoure. La belle femelle s'avance puis salue enfin les femelles de la Rivière.

« Salutations à vous, Fraîcheur de Menthe et Souffle de Givre. Quel bon vent vous amène ? »


Ҩ Nuage du Cerf lève les yeux vers le ciel et prit le Clan des Étoile qu'un « bon vent » les amène. Il est trop tôt pour le dire. Après tout, l'heure est peu être grave. Enfin. Enfin un signe de vie apparut sur le visage de la femelle que le novice ne connaissait pas. Un sourire se dessina sur sa face parfaite et elle corrigea alors la meneuse.

« Étoile de Menthe. Accompagnée de mon lieutenant. »

Ҩ Nuage du Cerf se figea. Il avait devant lui les deux piliers du Clan de la Rivière. Un pas en arrière. Puis deux. Tu as peur ? Le jeune félin se redressa tâchant de cacher sa surprise puis fixa la prénommée Étoile de Menthe. Elle semblait perdue dans ses pensées. Il aurait voulu se racler la gorge, s'asseoir bruyamment, éternuer, bref, ramener la femelle à la réalité mais il s'abstint ne voulant se faire remarquer. Heureusement, cela ne dura qu'un court instant puisque que cette dernière reprit la parole ;

« Cette nuit, un rêve étrange à battu la mesure de mon sommeil. C’est peut être absurde, mais je suis persuadée que ce n’était pas qu’un simple rêve. Et je suis tout aussi convaincue qu’il me parlait de toi. De ton Clan. »


Ҩ Le souffle coupé, Nuage du Cerf cacha avec tant bien que de mal son malaise et sa peur. L'assemblée était pétrifié, certains écarquillèrent les yeux, d'autres les plissèrent, montrèrent les crocs, les grognements reprirent et le novice battit violemment l'air de sa queue. Les éclaires déchiraient le ciel, la pluie glaciale aplatissait le pelage de l'apprenti qui n'y prêtait plus la moindre attention. Ô Clan des Étoiles, faites qu'elle en dise plus !

« Peut être pourrions nous en parler dans un endroit un peu plus .. Discret, si ça ne te dérange pas ? Avec Souffle de Givre et Nuée d’Hirondelles. Il me semble qu’elles doivent savoir, au vu de leur place au sein de nos Clans. »

Ҩ Le matou tigré aurait voulu hurler son désaccord mais sa voix resta coincée au fond de sa gorge. Il recula encore de quelques pas puis s'assit, déçu. Alors c'était tout ? C'était tout ce qu'il saurait ? Nuage du Cerf aurait voulu courir vers son mentor, le harceler de questions sur ces deux femelles qu'il connaissait probablement mais il ne bougea pas. Ses pattes étaient plantées dans le sol. Il attendait. Il attendait qu'elles partent. Mais à peine la femelle avait - elle fait sa demande qu'il attendait qu'elles reviennent.
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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Mar 5 Fév - 13:46

« Tu sais, ce sentiment, qui te transporte ? Celui qui t’amène à retourner dans ton passé, qui te plonge dans des souvenirs profonds ? Quelle impression te donne t – il ?
D'autres se sentiront grandis, d'autres perdus, d'autres encore, trouveront qu'ils n'avancent pas. Mais toi, que ressens – tu vraiment ?
Tu ne te sens plus seule. Non, cette alliée qu'est la solitude, tu l'as bannie, chassée. Quant tu as croisé ses milliers de regards, en particulier les – leurs, tu sus. Oui, tu sus que désormais, vous avancerez ensemble. Que vous longerez, que vous foulerez ces sentiers battus la tête haute, accompagnés de toute votre dignité et votre noblesse. Et tu vis cette lumière, au bout, tout au bout du chemin, et tu compris alors, que c'était la fin d'un temps, enfin. »


Les yeux plongés dans son regard absinthe, elle tente de cesser cette danse, ce bal du diable qui lui ravage l'esprit.
Elle la contemple, splendide inconnue, et croit voir défiler dans ses iris, toute une vie, tout un passé effacé, sur lequel l'on a tiré un trait net et propre. C'est la lueur du renouveau, d'un voile qui se lève. Quand elle accroche à ses lèvres, un sourire, et qu'elle prononce d'une voix distincte :

- « Étoile de Menthe. Accompagnée de mon lieutenant. »

La meneuse s'empêche de reculer. Les paroles qu'elle s'est mise à craindre repassèrent encore, et encore dans sa tête, comme un écho. Comme si on essaie de la mettre sur la voie, de l'appeler. Elle remarque aussi, ce changement, cette métamorphose de la nouvelle souveraine de la Rivière. Celle d'une confiance naissante. Elle semble tellement plus sûre, plus belle, que la femelle du Vent s'injure elle – même devant tant d’aveuglément. Puis, elle entrouvre légèrement la gueule, et les toise, toutes deux, les guides de la Rivière comme une mère fière qui admire ses chatons grimper sur le promontoire. Il y aurait longtemps qu'elle aurait baissé la garde, qu'elle aurait fait mourir cette sûreté en elle – même si le doux parfum de Nuée d'Hirondelles n'emplissait pas ses narines. Oui, aux côtés de son amie qui a bercé sa tendre enfance, Pluie d'Étoiles ne peut que se sentir rassurée, épaulée, soutenue. Elle peut compter sur elle, elle le sait. Un même lien, aussi fort semble être né, il y'a longtemps déjà, entre les félines ' adverses ' et ne fit qu'attiser sa curiosité.

- « Cette nuit, un rêve étrange à battu la mesure de mon sommeil. C’est peut être absurde, mais je suis persuadée que ce n’était pas qu’un simple rêve. Et je suis tout aussi convaincue qu’il me parlait de toi. De ton Clan. » Continue Étoile de Menthe.

Elle pousse un hoquet de surprise. Les éléments semblent s'enchaîner, comme si l'on tourne les pages d'un roman structuré. Comme si la suite était écrite. Le monde devint flou, et les feulements furent un lointain bourdonnement. Miracle ? Malheur ? Impossible de savoir, d'esquisser le futur.

- « Peut être pourrions nous en parler dans un endroit un peu plus .. Discret, si ça ne te dérange pas ? Avec Souffle de Givre et Nuée d’Hirondelles. Il me semble qu’elles doivent savoir, au vu de leur place au sein de nos Clans. »

Encore trop abasourdie, elle bat vivement des cils, et hoche la tête, sous le mutisme des signes. Un zéphyr, caressant, vint à lui murmurer, de son ton bas, de revenir. Elle secoue la tête, et laisse ses babines se toucher de nouveau.
Elle commence à tourner les talons, et tourne sa tête en direction des trois autres femelles.

- « Venez. » Se contente t – elle de dire, honteuse de son comportement enfantin. Elle attendit que leurs pas emboîtent les siens avant de continuer sa route, les pattes évitant soigneusement les flaques, l'air valseur. Devant le trou béant, qui semble là, comme une bouche les avalant, elle s'arrête et se range sur le côté. D'un signe de queue, elle les invite à s'engouffrer dans la tanière creusée sous ce roc immense. Les silhouettes disparaissent dans le pénombre. La meneuse, avant de les suivre, pose un dernier regard sur les guerriers de son Clan, intrigués sous ce ciel masqué, et fait volte – face, enfin.
Se pressant, elle vient s’asseoir, gonflant sa poitrine aux côté d'Étoile de Menthe.

- « Moi aussi, un rêve hante mes nuits depuis quelques temps. » lui avoue t – elle, avec l’espérance d'un bon présage. Bon présage qui ne semble pas vouloir l'être. Un éclair opale l'éblouit soudain, accompagné du chant grave de l'orage.

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Souffle de Givre
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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Mer 6 Fév - 2:12

Les chats se rapprochent, les murmures deviennent de plus en plus bas, tout en semblant garder leur ténacité, tandis que les regards perdent un peu de leur animosité. Une chatte s’avance. Son magnifique pelage tigré, moucheté de diverses teintes, ondulait au grès du vent, l’élément central de ce Clan. La Lieutenant avait évidemment deviné de qui il s’agissait. La tête haute, les muscles saillants malgré la maigreur qui semblait tous les frapper, c’est d’une démarche lente et légère que la Meneuse du Clan du Vent s’avançait devant elle. Souffle de Givre n’aurait jamais pensé assister à de telles choses de son vivant. Ce n’était pas une Assemblée, c’était une toute différente configuration et atmosphère. La Guerrière blanche retint son souffle, même si elle n’arrivait pas à déceler de haine ou de fureur dans les yeux de la femelle mouchetée. La pression montait, l’air se faisait lourd et la sècheresse envahissait la gorge de Souffle de Givre. Mais elle était solidement campée sur ses quatre pattes, ordonnant à ses sentiments de la laisser en paix. Jusqu’à temps que la Chef rivale ouvre sa bouche, personne ne pouvait savoir ce qui allait arriver, et il fallait être en mesure de réagir rapidement.
Elle quitta la meneuse du regard pour balayer la foule de chats présents. Ils avaient l’air, eux aussi, de souffrir du climat et de la vie difficile qu’il fallait mener. Pourtant, c’étaient des chats sauvages, et ils ne perdraient jamais cette lueur sauvage de liberté dans leurs yeux. Ils n’étaient pas si différents de la Rivière après tout. Des Anciens, des Apprentis, des Guerriers, des Reines, des Chatons… tous les âges du Clan du Vent étaient là, curieux témoins d’une réunion surprise, avides de réponses avec la tête remplie de questions. Elle regarda ensuite son amie et Chef, Étoile de Menthe, elle restait le regard fixé sur leur hôte, semblant rayonner. Les deux Chefs emplissaient la clairière d’une atmosphère chaude et rassurante. Elles se saluèrent d’un signe de tête sobre et respectueux, d’égal à égal.

« Salutations à vous, Fraîcheur de Menthe et Souffle de Givre. Quel bon vent vous amène ? »

Les oreilles de Souffle de Givre pivotèrent rapidement vers l’avant, intriguée et soulagée. Soulagée car le ton de la Chef du Vent n’était pas menaçant, elle allait enfin pouvoir relâcher ses muscles et détendre son esprit. Cependant, elle était intriguée qu’elle ne soit pas au courant de la nomination d’Étoile de Menthe. Elle ne savait rien des échelons supérieurs du Clans, elle n’avait jamais aspiré à les gravir et ignorait les relations entre Chefs de Clans respectifs. Mais en réfléchissant rapidement, il lui semblait que jadis, sa fière mentor Perle de Neige lui avait inculqué que les nouveaux Chefs, se présentaient à leur homologues lors de l’Assemblée qui suivait leur nomination. Voilà donc pourquoi c’était tant une surprise, il s’était passé bien peu de temps depuis l’ascension d’Étoile de Menthe ; et rien que le souvenir de la dernière Assemblée en date, lui donnait des maux de dents.
Ce fut donc tout naturellement que sa meneuse corrigea sans méchanceté et avec dignité la fière Chef rivale. Cette dernière garda sa constance mais parut frappée par la vérité. Souffle de Givre alors reposa son regard sur son amie en souriant de fierté. Oui c’était vrai qu’elle avait changée, elle semblait empreinte d’un nouveau pouvoir, investie de nouvelles connaissances et de savoirs. Rien à voir avec la chatte autrefois perdue et en déroute. Sa nomination l’avait tiré vers le haut et, dans toute sa miséricorde, elle lui avait accordé un peu de cette grâce transcendante en lui donnant la responsabilité de Lieutenant. En plus de se sauver elle même, elle avait sauvé Souffle de Givre aussi. Quelle joie d’être à ses côtés en cet instant qui paraît infinie. La queue de la Guerrière fouette l’air en cadence alors qu’elle remarque non loin une autre femelle qui sort de l’obscurité pour se placer aux côtés de Pluie d’Étoiles. En plongeant dans son regard d’obsidienne, elle su qui elle était. Un pelage tacheté à la robe blanche, une attitude observatrice, intelligente et déterminée… oui elle reconnaît là Nuée d’Hirondelle, Lieutenant du Vent, qu’elle avait également vu aux diverses Assemblées auxquelles elle avait assisté. Ainsi toutes les forces étaient réunies. En croisant son regard elle la salua d’un hochement de tête.

« Cette nuit, un rêve étrange a battu la mesure de mon sommeil. C’est peut être absurde, mais je suis persuadée que ce n’était pas qu’un simple rêve. Et je suis tout aussi convaincue qu’il me parlait de toi. De ton Clan. »

Les voilà à présent dans le vif du sujet. Un rêve comme celui ci ne peut pas être qualifié d’absurde quand on comprend le lien des Chefs de Clans avec leurs ancêtres. Souffle de Givre n’avait jamais été sceptique quant à l’existence du Clan des Étoiles, mais maintenant qu’elle avait vu la métamorphose d’Étoile de Menthe et la puissance qu’elle dégageait de prêt, elle défiait quiconque de lui prouver l’inexactitude de sa théorie. Elle observa une étrange lueur d’ombre dans le regard pur de Pluie d’Étoiles. Oui, elle comprenait. La Guerrière blanche s’avança auprès du flanc de sa meneuse aux yeux d’absinthe. Côte à côte, épaule contre épaule, les deux femelles paraissaient une, mais Étoile de Menthe se détachait du tableau, douce et noble combattante ayant réussi à rendre fier ses ancêtres.

« Peut être pourrions nous en parler dans un endroit un peu plus .. Discret, si ça ne te dérange pas ? Avec Souffle de Givre et Nuée d’Hirondelles. Il me semble qu’elles doivent savoir, au vu de leur place au sein de nos Clans. »

Souffle de Givre ne laissa rien paraître. Pourtant l’intérieur de son âme continuait à être chamboulée par la confiance que lui démontrait Étoile de Menthe. Pourquoi ? Elles n’avaient jamais d’ailleurs parlé à cœur ouvert de leurs sentiments. Elle l’avait clairement déçue et même peut être trahie, alors où trouvait-elle cette force pour lui faire confiance ? Mais ce n’était pas le propos du moment, il ne fallait pas se disperser. Elle aurait surement cette conversation un jour, et ce jour là elle savait que beaucoup de larmes couleraient malgré les sourires sincères et les rires qui briseraient le silence.
Il était vrai que la discrétion ne serait pas un luxe. Elle se rappela soudain du nombre élevé de chat qui les regardait, buvant leurs paroles. Elle se sentie soudain légèrement oppressée, elle n’avait pas l’habitude d’être sur le devant de la scène. Ne pipant mot pour l’instant, Souffle de Givre regarda Pluie d’Étoile et acquiesça rapidement de la tête. Elle acceptait l’honneur qu’on lui faisait, cependant elle ne craignait pas de laisser les deux Chefs s’entretenir en privé, elle ne savait pas pourquoi mais la Meneuse du Vent lui inspirait confiance, elle avait l’air d’être une âme d’honneur et de devoir.
La Meneuse semble hocher la tête, toujours pensive avant de tourner les talons en direction de là où elle était venue. Pendant un instant Souffle de Givre cru qu’elle les congédiait, mais très vite elle retourna la tête vers elles en leur proposant de la suivre. Elle attendit qu’Étoile de Menthe la rejoigne avant d’elle même se mettre à la suivre. Pluie d’Étoiles leur indique, d’un mouvement de queue, l’entrée de ce qui était visiblement son Antre, impressionnante grotte creusée dans une roche gris sombre. Avant de rentrer à la suite de Menthe, Souffle de Givre se retourna vers la propriétaire des lieux et s’inclina devant elle en marque de respect. Puis elle fila dans l’ombre de la Tanière. Elle s’assit à la gauche de sa Chef et aux côtés de Nuée d’Hirondelles, à qui elle adressa un petit hochement de tête accompagné d’un demi sourire.

« Moi aussi, un rêve hante mes nuits depuis quelques temps. »

On aurait dit un aveu qui la troublait également depuis quelque temps. Le silence accompagnant la fin de sa phrase fut de courte durée puisque brisé soudainement par un puissant éclair, suivit d’un grondement secouant jusqu’à l’estomac de Souffle de Givre. Ses oreilles se rabattirent sur son crâne rayé de noir. Était-ce un signe ? Elle serra les dents, ne voyant pas où voulait en venir le Clan des Étoiles. Il envoyait mille messages à deux Chefs de Clan, puis grondait quand un consensus cherchait à être créé. C’est avec les sourcils froncés que la Lieutenant entendit les premières gouttes d’un déluge qui commençait à tomber dehors. L’odeur de l’humus détrempé envahissait peu à peu la tanière et le battement de la pluie faisait rage. C’était une pluie violente. Une pensée lui vint à l’esprit, qu’elle refoula, surprise. Cela faisait des lunes qu’elle ne s’était pas rappelée la crue de la Rivière qui avait emporté sa famille. Ce jour maudit, assombri par l’orage … elle voulait juste l’oublier. Ce souvenir la prenait à l’époque, la nuit, elle perdait son souffle et sombrait dans de terribles crises d’angoisse. Elle avait l’air troublée et s’en rendit compte. Elle perdait sa concentration. Ce n’était qu’une petite pluie passagère comme celle de ces derniers temps. Rien de quoi troubler une réunion au sommet de deux Clans rivaux. Il fallait qu’elle retrouve sa prestance, et assiste à l’échange des deux Chefs. Elle inspira à fond et planta ses yeux de glace dans ceux de ses hôtes.

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Flocon de Neige
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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Mer 6 Fév - 14:20

E C L A T D E G R Ê L E.



Une fine pluie recouvre mon pelage soyeux. Un soupire s'échappe de ma truffe. Encore cette maudite pluie , sa ne s'arrêtera donc jamais ? J'avance à pas feutré , les oreilles aux aguets , quand un bruit m'interpel , des crissements , comme si un chat marchait .. Non pas un mais deux. Je me retourne , dissimulé derrière un des rares buissons qui parsème mon territoire. L'odeur m'est familière mais étrange. Le Clan de la Rivière .. ? Mais pourquoi , je plisse mes yeux et fut étonné de voir deux chattes qui marchent vers le camp. Fraîcheur de Menthe et Souffle de Givre .. ? Que vienne - t - elle faire ici ? J'avance timidement , prenant soin de ne pas faire de bruit. Je compte les suivrent. Pendant que je chemine à l'arrière des deux femelle , je me permit d'étudier plus en aprofondissement leurs physique. Elles sont toute deux très ravissante , un pelage gris pierreux et l'autre blanc et rayé par endroit , tout comme moi. Elles avancent encore. Jusqu'à pénétrer dans mon humble camp. Je m'arrête. Puis entre à leurs suite , un lapin à la gueule.
Lorsque mes pas pénètrent à leurs tours dans le camp , tout les chats semblent fixer les deux nouvelles vennues. Pas un regard vers moi. Je m'arrête puis dépose mon lapin maigrelet sur le tas de gibier. J'ai faim , et je suis pressé de savoir quel bon vent amene ses deux là.

- Je souhaite voir Pluie d'Etoiles.

Je plisse les yeux , frustré par ses paroles. Pourquoi Fraîcheur de Menthe veut - elle voir Pluie d'Etoiles ? Elle n'est même pas lieutenante ! Je soupire. Le Clan de la Rivière n'a pas de lieutenant , ni de chef. Et si elle est la lieutenante ? Alors que fait Souffle de Givre avec elle ? Et si c'était la cheffe ? Pertubé. J'attend l'arriver de mon chef , certains qu'il doit y avoir une bonne expliquation à tous ça.
Enfin elle arrive. De toute sa splendeur , ses pas se posent comme une plume. Je l'admire , mes yeux pétille de bonnheur. Ah qu'elle est belle. Qu'elle est digne , fière. Elle s'arrête en face des deux inconnues , et parle , de sa voix si mélodieuse , si féerique.

« Salutations à vous, Fraîcheur de Menthe et Souffle de Givre. Quel bon vent vous amène ? »
Elle ne semble en aucun cas menaçante. Elle à raison , j'aurais agis pareil à sa place. Mais de toute façon c'est le Chef. Cependant , Menthe et Givre ne semblait pas menaçante jusqu'à maintenant , alors pourquoi le serait - elle là ? Je plonge mon regard dans celui de Souffle de Givre , cherchant à déchiffrer ses sentiments , elle semble soulagé. Pourquoi ? S'attendait - elle à une attaque ? Non , jamais Pluie d'Etoiles n'aurait attaqué sans motif valable. Et elles n'avaient pas beaucoup de chance de gagner à deux , au milieu de notre camp. J'attend patienment la réponse d'une des deux. Je tourne mon regard vers les chats qui m'entourent certains semble aussi curieux que moi , d'autre un peu moins. Je tombe dans les deux prunelles bleus azur de la belle Nuée d'Hirondelle. Elle aussi est magnifique. J'ai toujours eu un respect profond pour les femelles qui m'entourent , ma principale devise et de respecter les femelles pour se qu'elles nous donnent. Bien que j'avais eu beaucoup d'expériences et que je suis très apprécié , aucune ne compte réellement pour moi et je m'en veux. Quoi que j'ai bien des sentiments un peu plus pointus pour la belle Hirondelle. Son pelage blanc et brun rayé si spendide. Je n'est jamais rien fait pour me rapprocher d'elle , et puis pourquoi voudrait - elle d'un voleur de coeurs comme moi ... ? Bref. Je baisse mon regard sur mes pattes. Et les admirent. Jusqu'à ce que des paroles choquante me tirent de mes pensées.
« Étoile de Menthe. Accompagnée de mon lieutenant. »

Quoi ?! Mon hypothèse était donc proche de la vérité. Je n'avais cas inverser les rôles et c'était tout bon. Perturbé , je fixe la chatte au regard grisé. Un sourire au lèvre. Elle semble fière de son nouveau rôle et elle le mérite en plus. Je relève la tête avec fierté , montrant aussi que notre clan est fort et que malgrès les deux guerrière redoutable rivales qui sont à présent les dominante de leurs clans , notre Clan à nous n'est pas moins plus faible. Je m'arrête brusquement. Qu'est ce qui m'arrive à vouloir montrer ma force. Pff , cervelle de souris . Je vois le regard d'Etoile de Menthe se diriger vers une fine silhouette aux courbes élancées et délicates. Je retiens mon souffle tand que la fierté pour ma lieutenante m'envahis. Ah .. Nuée d'Hirondelles , tu ne cesseras jamais de m'impressionner !

« Cette nuit, un rêve étrange à battu la mesure de mon sommeil. C’est peut être absurde, mais je suis persuadée que ce n’était pas qu’un simple rêve. Et je suis tout aussi convaincue qu’il me parlait de toi. De ton Clan. »
Notre Clan ? Pourquoi rêve - t - elle de notre Clan , sa ne la conserne pas ! Je fronce des sourcils , ahuris. Si les ancêtres préfère dévoiler nos secret au Clan rival plutôt qu'à nous alors , je dit , chapeau ! De toute façon il nous a abandonné , non ? Car tel est le châtiment des étoiles avait dit ce vieux fou. Et puis elle à beau être convaincue , mais qui nous dit qu'elle à raison ? Et si elle se trompait ?! Mes yeux couleur péridot prennent une teinte bleuté.
« Peut être pourrions nous en parler dans un endroit un peu plus .. Discret, si ça ne te dérange pas ? Avec Souffle de Givre et Nuée d’Hirondelles. Il me semble qu’elles doivent savoir, au vu de leur place au sein de nos Clans. »
Oui c'est ça ! Allez vous en parler tout seuls , pendant que nous on poirote comme des cons. Tss. Je dévoile mes crocs , sans qu'aucun grognement ne sorte de ma gueule. Resaissi toi Eclat de Grêle ! Ce sont des chefs et lieutenants. Toi tu n'es qu'un misérable guerrier qui est destiné à rester dans le doute. Je ferme ma gueule dans un claquements de dents , et les regardes toutes. Je cherche mon fils du regard et le vois un peu plus loin , il semble aussi mécontant que moi. Ah ça c'est bien mon fils. Je défis du regard les chattes rivales , extrêmement confus et encolère. Je répète sans cesse dans ma tête ; calme toi , calme toi , calme toi. Je souffle longuement avant de gratter la terre de mes pattes. Brrr. Chut tais toi , tu n'as rien à dire là dessus , tu es un guerrier pas un chef , pas un lieutenant , pas un guerisseur. Tais toi , sa aidera tout le monde.

« Venez. »

Voiçi les dernière paroles de Pluie d'Etoiles avant de s'éclipser avec les deux rivales et la belle Nuée d'Hirondelles. Je les regarde impuissant face à ce monde sans pitié. Je me lève brusquement et part courrir un peu dans la lande , pour me changer les idées. Pendant que mes pas touchent à peine le sol , mon souffle se perd dans le vent glacial de l'hiver. Je penses. Je rêve , de quoi on pû penser les chats de la rivière quand Etoile de Menthe et devenu cheffe ? Et Souffle de Givre pour devenir lieutenante ? Valse de Myosotis à fait un bon travail. Ces deux là seront parfaite pour le Clan de la Rivière. L'avenir de ce Clan reste prometteur.

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Merci aux concernés pour ces superbes signatures ** Fou d'amour [/center]
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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Sam 9 Fév - 20:04


» Encore et toujours, inlassablement, la bise joue dans ta fourrure. Campée sur tes fines pattes, tu ne t’assois pas, reste sur tes gardes malgré tout. Tes prunelles bleutées observent attentivement, tes oreilles agitées écoutent ; prête à réagir au moindre écart de la part des deux femelles. Autour de votre quatuor, les grondements menaçants de ton Clan ne se sont pas tus. La clameur monte et s’amplifie au degré du vent, chant d’orage.

« Étoile de Menthe. Accompagnée de mon lieutenant.


» Une expression étonnée vient remplacer la méfiance sur ton joli visage. Le Clan de la Rivière s’est donc bien remis debout, aujourd’hui il se redresse après les épreuves qu’il a dû traverser. Étoile de Menthe, comme ce nom semble doux et confiant. Du fond de ton cœur, tu espères qu’elle sera une meneuse digne de l’être, bien qu’étrangère à ton Clan, tu te réjouis pour cette presque inconnue. L’ancienne guerrière perle mérite bien son heure de gloire. Tu te souviens de ton ressenti lorsque tu avais été nommée lieutenante, regarde Souffle de Givre. Elle semble déterminée, sûre. Étoile de Menthe a fait un bon choix. Puis tu croises son regard profond, ses yeux de jade pâle te frôlent. Tu clignes brièvement des paupières, surprise dans ta contemplation. Une bouffée de nostalgie obstrue tes poumons. Pluie, larmes, nuages, orage, tonnerre, seules. Expire. Vos yeux se quittent.

« Cette nuit, un rêve étrange à battu la mesure de mon sommeil. C’est peut être absurde, mais je suis persuadée que ce n’était pas qu’un simple rêve. Et je suis tout aussi convaincue qu’il me parlait de toi. De ton Clan. Peut - être pourrions - nous en parler dans un endroit un peu plus .. Discret, si ça ne te dérange pas ? Avec Souffle de Givre et Nuée d’Hirondelles. Il me semble qu’elles doivent savoir, au vu de leur place au sein de nos Clans. »


» Curiosité éveillée, titillement surpris. Un rêve sur ton Clan, sur Pluie d’Étoiles ? Un songe prémonitoire ou un signe de vos ancêtres ? Cette fois si, ce n’est plus une simple envie, tu désires savoir, entendre, comprendre. C’est la première fois que tu entends ça, jusque ici ta courte et jeune vie n’avait été rythmée que par la vie tranquille de la forêt, à suivre des patrouilles journalières et chasser pour se nourrir. Peut – être auras – tu cette dose d’adrénaline que tu attends ? Sortie de la monotonie, oublier le quotidien, et par-dessus – tout ce qu’il nous rappelle du passé.

« Venez. »


» Ton amie se détourne et traverse le camp, d’une discrète foulée. Tu la suis comme tu la suivras jusqu’aux étoiles, silencieuse, appréciant la caresse des flaques sous tes coussinets. Les gravillons crissent sous vos pas, la fine pluie vous mouille le pelage. Tu pénètres dans l’obscurité de la tanière de votre meneuse. Son odeur sucrée emplit la petite grotte, se mélangeant à la saveur froide de la roche. Cette fois – ci, tu oses t’asseoir, adressant aussi un léger sourire à l’autre lieutenante. Discrètes félines.

« Moi aussi, un rêve hante mes nuits depuis quelques temps. »

» Ta stupéfaction est au plus haut sommet. Au - delà de la cime des sapins, sur les ailes des aigles. Ta bouche s’entrouvre, se referme. Aucun son ne sort. Dans ta tête perturbée, les mots dansent et s’entrechoquent, confus. Tu te sens soudain oppressée. Elle ne t’a rien dit ? Pas un mot sur ces visions qui à priori semblent l’inquiéter, pas la moindre confidence. Ni même à sa lieutenante, ni même à son amie. Tu l’observes, ta frimousse enfantine inexpressive. S’il y a bien un domaine dans lequel tu excelles, c’est la dissimulation. Presque autant que la femelle tigrée. Tu te sens comme emportée, tu es ici et si loin à la fois. Observant la scène étrange d’un œil extérieur, comme hors de ton corps. Qu’est – ce que cela signifie ? Ces rêves ? Ces silences ? Cette tempête ? Tu ne comprends, tu ne sais pas, ton estomac se tort et te donne envie de fuir. Pourtant, tu restes. Tu resteras toujours et tu le sais.
» Un éclat de tonnerre te fait sursauter. La tanière est illuminée quelques instants puis retentit un roulement assourdissant. Ton pelage se gonfle, ton petit minois se fronce. Ton cœur bat si vite dans cette incompréhension, tu nages, tu nages. Presque, tu pourrais te faire emporter par la pluie drue qui tombe au dehors, de plus en plus forte, plus inquiétante, croissant au rythme de tes pensées emmêlées. Oh vite, parlez, dites – nous, que faites - vous ici, pourquoi, quels sont vos rêves, pourquoi ces mystères ? Par le Clan des Étoiles .. Une eau souillée trempe des pattes, la pluie s’engouffre à l’intérieur.

« Que se passe t – il ? À quoi est – ce que cela rime ? Est – ce que tout ceci à un rapport avec vos rêves ? »

» Ta petite voix, presque celle d’une enfant, se fait presque ignorer dans le vacarme furieux des gouttes. Mais ton malaise était trop grand pour le contenir dans ton cœur. Pourtant, ta mine n’exprime toujours rien. Rien, rien du tout. Dans ton intonation seulement pointe une note craintive. Peut – être qu’il aurait été préférable de garder ton air de muette. Quoi qu’il en soit, il est trop tard. Il faut savoir.

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‘‘ oiseau ’’

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Dim 10 Fév - 18:27

La fin de la fin du monde.

Ton cœur avait ralentit un court instant de repartir de plus belle, emballé, cadençant ta respiration à un tempo fou. L’absinthe de tes grands yeux, habituellement si doux, était noyée dans le noir intense de tes pupilles dilatées au maximum. La peur, l’affolement. Pourquoi ? Tu avais le sentiment qu’il allait se produire quelque chose. Quelque chose de monstrueux, quelque chose de douloureux, quelque chose de mal. Tu te rappelle très bien, de ce qui s’est passé cette nuit là. Dans les moindres détails. Tu veux l’oublier, mais impossible, cet extrait de ta vie reste imprimé, gravé dans ton crâne. Tu t’étais absentée, la faim te rongeant de l’intérieur et te tordant les trippes. Tu ne pouvais plus tenir, tu avais du le laisser seul. Tu étais donc partie te chercher de quoi manger, ne serais – ce qu’un maigre souriceau, juste assez qui puisse te faire oublier cette douleur incessante et monstrueuse au creux du ventre. Mais plus tu avançais, plus tu t’éloignais de lui, plus la peur se mêlait à la famine. Tu ne trouvais rien, alors tu continuais, malgré tout. Tu mourrais d’envie de faire demi tour, mais le peu de forces qu’il te restait te forçait à avancer coûte que coûte. Soudain, ce fut comme si la nuit noire et silencieuse l’était devenu encore plus. Le vol lourd d’un oiseau de proie et de nuit, une chouette, sans doute, mit tes sens en éveil, un court instant, avant que tout semble s’arrêter. Tu avais senti le danger, sans vraiment savoir comment. Tu pressentais la chose. Vite, Petit Papillon ! Mais le temps que tu réalise, le temps que tu jette presque toutes tes dernières forces dans cette course folle pour aller le sauver, il était déjà trop tard.

« Venez. »

Étoile de Menthe hoche lentement la tête, et suit son hôte, accompagnée de son lieutenant, Souffle de Givre, et du lieutenant du Vent, Nuée d’Hirondelle. Lieutenant du Vent et connaissance. La cheffe essaye de ne pas repenser à cet épisode plus ou moins étrange de sa vie. Mais comment oublier ce moment d’immense et d’intense rencontre ? L’une comme l’autre mises à nue, égarées, face à leurs cœurs grands ouverts. Elle n’en a parlé à personne, évidemment. Mais cet instant qu’elles ont vécu ensemble, sans vraiment le chercher ou le vouloir prenait une telle importance dans le crâne de la chatte grise, qu’elle ne peut s’empêcher d’y penser. Elles n’avaient pas parlé beaucoup, elles s’étaient surtout regardées. Mais au fond d’elle, elle savait que ce fut intense pour elles deux. Elles ne s’étaient pas jugées, semblaient simplement avoir compati et essayé tant bien que mal de réconforter l’autre, sans la toucher, sans un mot.

« Moi aussi, un rêve hante mes nuits depuis quelques temps. »

Les mots de l’autre meneuse se chargent de la ramener à la réalité. Comme le doux chant de l’orage qui roule au loin. Elle y prête d’ailleurs beaucoup plus d’attention qu’aux paroles de son hôte, sans y faire attention. D’abord douce et légère, la mélodie qui accompagne le grondement bas et suave du tonnerre se mue rapidement en une suite de notes graves et inquiétantes, qui sonne d’ailleurs de façon affolante, teintant le tout d’un sentiment de danger. Son cœur s’emballe et ses pupilles se dilatent. Clan des Étoiles ! Pourquoi nous envoyer ceci ? Ce n’était pas votre souhait, de nous réunir, Pluie d’Étoiles et moi – même, Vent et Rivière ? Un flash de lumière éclaire la tanière de granit dans son intégralité, et s’éteint aussitôt. Le tonnerre gronde de plus belle, tout près. Les muscles de la belle femelle sont tendus à craquer, et ses oreilles tiquent nerveusement. Le rugissement de la pluie qui s’est mise à tomber est tel qu’il couvre presque les paroles de la petite chatte blanc et brun ;

« Que se passe t – il ? À quoi est – ce que cela rime ? Est – ce que tout ceci à un rapport avec vos rêves ? »

Des rafales de gouttes glacées s’engouffrent dans l’Antre de Pluie d’Étoiles, giflant les quatre femelles de leurs griffes acérées. Un long frisson parcourt l’échine d’Étoile de Menthe, mais ce n’est pas le froid qui la mord soudainement qui en est la cause. Son souffle et court, son cœur bat la chamade, et elle semble tétanisée. La dernière fois qu’elle a ressenti une telle chose, elle .. Non, elle ne veut pas y penser. Mais cette dernière fois, ses craintes avaient raison d’être. Pourquoi pas maintenant ? Prudence est mère de Sûreté, lui répétait souvent Rivière Étoilée, de son vivant, lorsque Petite Menthe se refusait à manger les plantes que lui donnait Feuille de Houx.

Les pulsations rapides de son cœur fait battre et cogner le sang à ses tempes, et à chaque rebond, la femelle voit défiler les visages des membres de son Clan. Ils sont en danger. Je le sens. Un rapide coup d’œil à Souffle de Givre lui apprit que son amie n’était guère plus rassurée. L’orage continue de se défouler au dehors. Elle se tourne alors vers Nuée d’Hirondelles et dit d’une voix qu’elle se veut forte, sans tremblements ;

« J’ai rêvé d’un incendie, ça ne peut pas être ça. Et d’un orage. Mais .. »

Elle s’arrête un instant, complètement perdue, afin de chercher ses mots. La tempête qui se déchaîne dehors n’est pas commune. Comme aucune des sautes de temps de ces derniers jours, bien sûr, mais cet orage est .. Vraiment inquiétant. S’il n’était que banal, il l’aurait apaisée, pas apeurée de la sorte. Elle se dirige vers la sortie, pas très assurée sur ses pattes grises et blanches, et jette un regard dehors. Le ciel est bas, d’une couleur hésitant entre le noir et le violet. Un éclair le déchire de nouveau, et elle s’empresse de se dégager. La peur lui tord les entrailles.

« Souffle de Givre .. J’ai un mauvais pressentiment. Rentre. Cours le plus vite possible jusqu’au Camp, et occupe toi d’eux, j’ai peur qu’il ne se passe quelque chose d’horrible là bas. Je ne peux pas t’accompagner, le Clan des Étoiles m’a menée jusqu’ici, mais je te fais la promesse de rentrer le plus vite possible. Va. Et sois prudente. »

Elle lui donne un léger coup de tête contre la joue, histoire de lui donner le courage et la force nécessaire pour accomplir ce voyage, et détourne la tête. Elle ne veut pas la voir se jeter dehors, sous cet immense orage, sans même pouvoir y aller avec elle.

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Chant des Nuages:
 


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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Dim 10 Fév - 22:20

Poussière du Temps

Pourquoi ?

A l’intérieur des terres, la nature jouait sa partition la plus capricieuse. Elle changeait de forme tous les jours, et donc pas une aube ne se ressemblait. Pourtant, chaque journée était différente si l’on observait bien. La couleur du ciel, l’odeur de l’air, l’éclat du soleil, les paroles du vent. Sur la lande, entre les bosquets et les pierres, on entendait la respiration sifflante du silence, qui créait comme une bulle imaginaire dans ces lieux hostiles. L’ombre semblait mouvante dans l’espace de la nature : au loin, elle grésillait et se mouvait dans les éléments, reflétant la lueur pâle du foyer ardent résidant dans le dôme d’azur, qui était bien terne en ces temps. Chaque minéraux, chaque brin de verdure, chaque repère résonnait dans le vide de l’atmosphère, mais pourtant rempli par la l’infatigable tempête. Et dans cet éphémère décor, les étoiles étaient plus glacées que jamais.

On entendait seulement des bruits étouffés, venant de ci ou de là. La douce mélodie de la pluie semblait devenir assassinphonie à force de frapper la terre devenue boue. Les cris de détresse des volatiles englobés par la grandeur du firmament bourdonnaient sur le sol, et le peu de verdure qui tenait le camp du Clan du Vent frémissait sous les assauts du vent. Les journées étaient moroses et effacée, se succédant dans les craintes et les rumeurs. En regardant vers le haut, vers le bas, à l’horizon ou devant nous, l’on voyait très clairement la violence des envies du monde, et sa fatalité. Ce matin, plusieurs félins étaient réveillés au camp. Certains dormaient encore, car la matinée n’était pas à sa fin, et d’autres étaient partis en patrouille. Une grande activité en ces jours ennuyeux, était de regarder tomber la pluie. Cela créait une petite étincelle de réflexion, de raison. Ou encore, pour les plus jeunes, de questions ou d’amusement. A l’aube et après, elle tombait doucement. Objet perdue de nuages bas et gris, comme une plume perdue dans le goudron. Et ces nuages couvraient un ciel tout aussi éteint, de la même grisaille. On se disait, pour ne pas avoir le cafard, que si on visait au dessus, on trouvait forcément la clarté des astres, leur sagesse et puissance. Même si elles semblaient se cacher, elles étaient là, dans un monde et un firmament plus clair, plus beau. Alors on regardait la pluie, comme des larmes divines tombées pour créer des papiers d’encouragements, de soutien. Mais soudainement, au dessus de tout le monde, le linceul céleste s’étira et une longue ombre noire recouvrit les terres, créant le Crépuscule. Alors l’eau divine redoubla d’intensité, comme prise par une rage ancestrale, battant le sol et la glaise de son rythme d’enfer. Elle tripla même, comme si elle dansait la mort. Ces percutions évoquaient le bruit sourd des tambours, essaim lointain dans l’espace. Alors ces instruments semblèrent s’envoler vers le ciel pour jouer encore plus haut, surplombant l’univers. Notes fragiles s’entretuant. Les ricochets du son devinrent troublants et caverneux ; comme si le ciel s’essayait à la chanson. Chanson de chagrin vu son allure des plus obscures. Un tam-tam effrayant, annonciateur de la suite. Un bruit qui résonne à l’intérieur de votre corps, de votre essence. Et les sentiments vous prennent. Alors l’orage arriva, cavalerie traversant l’air. Il se posa, hurla sa charge, et lança son tonnerre, arme suprême. Affirmant sa suprématie. Eclair de glace, éclair de feu. Comme la guitare, son électrique entrainant et paniquant. Au dessus du camp du Vent, cette nature qui faisait vivre les chats s’affirmait de toute sa puissance. Mais alors quels sentiments pouvaient exister à travers cette démonstration ? Poussière du Temps réfléchissait à cela, depuis le début de la matinée, car il s’était réveillé tôt. En ce moment, dormir devenait un défi. Stress, fatigue intérieure et ennui régnait dans l’âme du chat. Il était couché près du coin des guerriers, sur une bande de graviers relativement sèche. Le félin au pelage comme l’ocre huma l’air poisseux, et il sentit comme une tension, une charge qui semblait alourdir cette atmosphère. Le vent glissa sur le pelage épais du guerrier, voulant transpercer sa défense avant son corps maigre. L’image de l’hiver, et de son Clan. Il joua, tout comme la pluie, avec ses vibrisses. L’humidité collait aussi à toutes les particules, comme une laideur qui se relave chaque jour. Et encore, peignant le décor, les parfums de spécifique de la averse, de la terre renversée et ceux qu’apportent le zéphyr se mêlèrent pour une finition presque envoutante, renversante. Le guerrier contemplait passablement le camp, quand il entendit vers l’entrée faite de d’ajoncs un bruit de pas éclaboussé dans la boue, et directement un concerto crescendo d’indignation, de feulements et grognements. Comme une marée de canard réclamant le pain. Folle hilarité intérieure du chat à la robe fauve, puis il se ravisa rapidement. Tout ensuite, il vit s’avancer au milieu du camp deux chattes, hautes et nobles ; il sentit l’odeur de la du Clan de la Rivière. Il ne reconnut pas tellement les effluves qui en émanaient, ne s’étant pas tellement approché de l’intérieur de leur territoire, mais il reconnut l’odeur puissante du murmure de l’eau, de son regard invisible qui vous fixe en ondulant. Poussière du Temps se leva, et se passa des coups de langue rapide avant de donner des épaules en concert pour se frayer un chemin à travers le cercle grandissant qui se formait autour des deux femelles. Beaucoup des chats du Vent avaient été réveillés par le concert de protestation, et en fait le reste du Clan était caché dans l’ombre car ils étaient maintenant des dizaines de chats à entourer les félins de la Rivière maintenant. En cas d’hostilité, les deux chattes ne pourraient aller loin. Autour du matou presque doré, les feulements et grognements continuèrent. On se demandait bien ce que des félins ennemis venaient faire à l’intérieur de notre camp. Et avec un air si digne, et brave. La femelle au pelage plus clair se gonfla, signe de sa hardiesse. Rien ne semblait les ébranler. Poussière du Temps les regarda, comme tous ses camardes, mais il ne dit rien. Il se demandait, encore comme tous, ce qu’elles venaient faire là. Et de plus, il essayait de trouver une solution plausible. Mais sans vraiment savoir, à quoi bon ? Lui ne sentait pas qu’elles venaient en hostilités, car elles seraient certainement venues avec d’autres. De plus, leur allure si louable laissait entendre autre chose. C’est alors que, couvrant le bruit coléreux du tonnerre qui venait de se remarquer, la femelle la plus en avant, celle aux prunelles armoise, et au pelage gris tranchant, lança comme un coup de marteau sans appel :


« Je souhaite parler avec Pluie d’Étoiles. »


Et elle regarda l’Assemblée. Poussière du Temps ne savait pas qui elles étaient, ni quels étaient leur rang. Mais il vit dans le regard de cette âme la détermination encore plus renforcée. Comme projetée au devant. Elle dégageait une aura de présence évidente, étant au centre des conversations, des discussions, des pensées. Le félin ne se sentait pas en danger en face d’elle, mais il ne baissa pas l’attention, car si elles voulaient parler à leur Chef, peut-être se passait-il quelque chose. L’air électrique de l’orage semblait rigoler au loin. Les félins du Vent commencèrent à se détendre à et moins grogner. Maintenant leur intentions fixées, les félines avaient marqués un point. C’est alors que le regard de glace du Temps, pareillement à si il avait emprisonné l’eau, repère un mouvement gracieux connu. Il vit alors Pluie d’Étoiles émerger de sa tanière, aura présente dans le chaos. Il sent alors une fierté sucrée l’envahir, car comme nombres de chats du Clan du Vent, il adore, admire et respecte sa Meneuse pour sa présence, son esprit et sa rage de tout. Elle leurs avait redonné l’espoir qui fait vivre dans le début de la tempête. Elle était faite pour son destin. Ses prunelles bleues scintillèrent un instant, et elle toisa les deux chattes. Poussière du Temps entrevit une silhouette derrière elle, puis il entendit la voix posée de son Chef :


- « Salutations à vous, Fraîcheur de Menthe et Souffle de Givre. Quel bon vent vous amène ? »


Alors comme cela, les deux femelles répondaient au nom de Fraîcheur de Menthe et de Souffle de Givre.. D’après leur physionomie, le félin au pelage jaune conclut que la féline rivale qui avait parlé était Fraîcheur de Menthe et l’autre Souffle de Givre. Le guerrier du Vent regarda posément la chatte de la Rivière pour voir ce qu’elle allait dire, comme une goutte d’eau suspendue à une feuille, attendant le coup de vent pour tomber. C’est alors qu’un sourire s’afficha sur sa frimousse, et qu’elle annonça une chose qui fit taire les langues de bois :


« Étoile de Menthe. Accompagnée de mon lieutenant. »


La queue de Poussi fit un bond, tressaillant. En face de lui se tenait la nouvelle Chef du Clan de la Rivière, en compagnie du Lieutenant du Clan. Et la Chef ne s’appelait pas Fraîcheur mais donc Étoile de Menthe. Pas étonnant qu’elles affichaient un air digne et qu’elles ne répondaient pas aux félins du Vent qui se montraient peu amicaux. Aussi, le félin au pelage comme le sable se souvint de la volonté qu’il avait vue dans leurs regards. Au dessus du camp, une puissante secousse ébranla le ciel. Quelques secondes plus tard, le tonnerre gronda sa voix profonde, et la lumière éclaboussa les prunelles. En même temps, le chat vit que c’était leur lieutenant, Nuée d’Hirondelles, qui avait pris place derrière leur Chef. Puis il lui sembla qu’Etoile de Menthe fixa, pendant un court instant, quelque chose qui semblait être derrière Pluie d’Etoiles, mais elle se ravisa, et repris de sa douce voix telle le gazouillis de l’eau :


« Cette nuit, un rêve étrange à battu la mesure de mon sommeil. C'est peut être absurde, mais je suis persuadée que ce n'était pas qu'un simple rêve. Et je suis tout aussi convaincue qu'il me parlait de toi. De ton Clan. »


Les prunelles de glace du félin brillèrent. La Meneuse de la Rivière qui faisait un rêve sur le Vent ? Si cela se révélait être vrai, pourquoi ? Que d’étrangetés en ces temps ténébreux… Si cela était un rêve des ancêtres, pourquoi le faire parvenir à un Clan rival ? La curiosité se mêla aux entrailles du chat, en même temps qu’un semblant de peur. Que pouvait-il se passer ? Qu’est-ce que leur Chef allait dire, et leur dire ? Poussière du Temps sentit comme pour la première fois le vent froid lui toucher les os, la pluie tremper son pelage, et la foudre le regarder avec tant de haine. Comme si ce rêve était maudit. Poussière du Temps regarda les félins, tous, et il vit que cet engrenage d’informations et de rebondissements ne laissait personne indifférent. Tout s’enchainait si rapidement depuis les jours précédents, comme si le chaos et l’anarchie et que tout était chamboulé. La vie à dit court, vole, mais pas le jour où l’on décolle. Elle a dit court, elle a dit rêve. Le monde est un rêve, pas une rose. Mais couvrant le roulement sinistre qui semblait descendre en piquet, la voix de la meneuse reprit encore une fois, ferme :


« Peut être pourrions nous en parler dans un endroit un peu plus .. Discret, si ça ne te dérange pas ? Avec Souffle de Givre et Nuée d'Hirondelles. Il me semble qu'elles doivent savoir, ai vu de leur place au sein de nos Clans. »


Cette fois, le félin montra les crocs. Pourquoi le Clan ne devait-il pas savoir ? Ou alors la Chef de la Rivière leur enlevait ce droit.. Il sentit un dégout monter en lui. Mais il respecterait la décision malgré tout, car ce n’étaient que des Chef et Lieutenant qui parlaient. Il regarda Pluie d’Etoiles, qui n’avait rien dit. Enfin, elle secoua la tête, puis tourna les talons. Poussière du Temps retint son souffle, mais elle finit par dire tout simplement :


- « Venez. »


Le chat à la robe fauve secoua violemment la queue. Ils n’allaient pas savoir, ceux que le rêve concernait ! Ou alors, une vérité peut-être approchée ! Malgré tout, il fit confiance à sa Meneuse. Mais, prit par un accès d’irritation, accumulé depuis ces derniers jours, le chat tonna dans un murmure écrasé par le bruit ambiant :


« -N’a-t-on pas le droit de savoir, nous qui sommes concernés ? »


Et dans la pénombre qui semblait s’obscurcir encore et encore, comme les coups de pinceaux sur le même trait, le matou aperçut fugacement Pluie d’Étoiles qui les couvraient de son regard de pluie. Puis elle s’engouffra dans son antre, à la suite de ses hôtes. Tout autour de lui, les acclamations, protestations, appréhensions et conversations allaient de bon train. Poussière du Temps s’assit. Sa colère face à cette injustice ne se calmait pas, mais il entendit le tempo de la musique devenue rock. Le vent fouettait les pierres, la pluie accentuait la boue, la foudre essayait de viser. Les félins commencèrent à prendre peur, et le drap du ciel semblait tomber dans l’encre de la nuit. Des sortes de paroles fantômes paraissaient venir d’en haut, comme de l’effroi, mais comment savoir la vérité ? Poussière du Temps était trempé, le pelage gadoueux, la mine réduite, les oreilles basses. Mais comme tous ses camarades, il voulait attendre la suite. Le minou se dit alors que le Clan de la Rivière arrivait bien à se redresser, avec la nomination d’une Chef et de sa Lieutenante, et en plus quand celles-ci viennent parler au Chef du Vent à l’intérieur même de son camp. Au dessus et partout, la tourmente devenait immense. On peinait à comprendre la réalité, le besoin de se mettre à l’abri. La peur semblait se fixer des molécules dans l’air, et le froid de même. Poussière du Temps frissonnait, quand il vit de son œil de couleur iceberg un autre éclair zigzaguer. La puissance du feu, de la foudre et de l’eau. Le vent et le fouet céleste. Le tonnerre qui explose, mine infinie. Dans cette fureur connue depuis le commencement, des chats attendaient sous leur destin. Une graine qui pousse sous la pluie, celle de la peur et de l’attente.

For some reason I can’t explain, I know Saint Peter won’t call my name. Was a long and dark December
.
And so lying underneath the stormy skies.

She said oh-oh-oh-oh-oh-oh.
I know the sun must set to rise.
Death and all his friends.







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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Mer 13 Fév - 18:43

« Souviens – toi. Oui, rappelle – toi de ces jours paisibles qui coulaient, idylliques. Il étaient dignes des jolies histoires que l'on contait quand le ciel se tachait de vermeil. Ah, qu'ils étaient beaux ! Tu les regardais, de tes iris reflétant l'ignorance, les rêves qui trottaient dans ton esprit imaginatif. Et vous parliez, parliez de l'avenir avec une ambition admirable. Enfants d'une vie agréable.
Et maintenant te voilà ici. Et les étoiles vous châtient, alors que tu croyais voir la folie te guettant. »


Et le ciel pleure, encore et encore. Versant des larmes amères qui frappent le sol devenu frêle avec violence. Veulent – elles ainsi détruire le pauvre monde devenu fou ?
Déconcertant concerto qui joue, immortel, sans toucher le bout. Si fort, si puissant. De son vacarme, devenu tonnerre et supplice, il masque les bruits alentours, comme mille tambours.

- « Que se passe t – il ? À quoi est – ce que cela rime ? Est – ce que tout ceci à un rapport avec vos rêves ? »

Le visage de son amie, déformé par l'incompréhension laisse un fardeau s'ébrouer sur ses épaules qui portent déjà trop. La culpabilité la ronge, et elle entrouvre légèrement la gueule pour lui dire, lui expliquer, tout simplement avouer.
Mais le temps, comme pour exprimer son désaccord, vient déverser un petit ruisseau, là, fin et vif. L'eau désormais, leur lèche le bout des pattes. Oh, mais pourquoi les Étoiles s'acharnent – elles ainsi sur leur sort déjà bien sombre ?
Les pelages trempés, dévoilant leurs maigres et élancées silhouettes se profilent le long des parois rocheuses. Toutes sont déconcertées, leur expression faciale, comme dessinées à coups de crayons nets et précis trahissent leur inquiétude. Et cette angoisse, que l'on hume dans l'air humide retombe sur leurs âmes.
Le regard éteint, perdu dans cette triste immensité, les paroles d'Étoile de Menthe se disperse, au loin, comme un bourdonnement délaissé. Elle n'entend que ça, les flots, et les flots encore.

- « Souffle de Givre .. J’ai un mauvais pressentiment. Rentre. Cours le plus vite possible jusqu’au Camp, et occupe toi d’eux, j’ai peur qu’il ne se passe quelque chose d’horrible là bas. Je ne peux pas t’accompagner, le Clan des Étoiles m’a menée jusqu’ici, mais je te fais la promesse de rentrer le plus vite possible. Va. Et sois prudente. »

Ses iris dérivent sur la jeune meneuse au poil gris. Elle bat des cils, les paroles la ramenant à la dure réalité. Elle laisse échapper un soupire muet et se lève. Fixant d'anis sa Lieutenante mouchetée de couleurs, comme d'agréables et jolies tâche de peinture projetée sur une toile immaculée d'opale. Un sentiment de déjà vu, de vécu s'en accompagne avec un frisson d'horreur.
Quand Souffle de Givre disparaît dans la lumière, tigresse s'effaçant dans le paysage, Pluie d'Étoiles, puisant dans sa compassion souffle dans le mistral glacial de la tempête :

- « Nuée d'Hirondelles, j'aimerai, et je m'y autorise même, que tu l'escorte jusqu'à son Camp. Seule, c'est beaucoup trop dangereux. » Son ton appuyé s'étreigne dans le déluge.
L'ombre d'un doute fait soudain surface. Vite. Elle trotte, fouettée par les lames limpides et givrée. Ses griffes se plantent dans la terre devenue boue.
Certains sont encore là, laissant les trombes s'acharner sur eux. Les protestations et râles ne l'avait pas laissée indifférente lors de son engouffrement dans sa propre tanière en compagnie de ses invitées.

- « Retirez – vous ! Je vous conterai plus tard. » Promet – elle alors, avant de retourner sur ses pas, au près d'Étoile de Menthe.
Si les astres ne souhaitent pas leur rencontre, eh bien qu'ils parlent. Il est bien trop tard pour faire marche arrière.

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Sam 16 Fév - 19:58

E S P R I T
N E B U L E U X


Un calme troublant régnait sur le camp.
Comme ci la nature prenait un peu de repos pour projeter sa colère divine de manière plus violente encore, pour se déchaîner sans une once de pitié pour les petits êtres présomptueux qui habitent ces bois. Ils se sentent si impuissants, si désarmés face à la menace. Tous ce qu'ils peuvent faire, c'est attendre. Ou agir. Mais n'est-ce pas leurs actions passées qui les ont conduits jusqu'ici ? N'est-ce pas à cause de quelques chats ignorants et trop surs d'eux que la fureur des Étoiles s'est déversée sur leur quotidien tel un torrent enragé ? Pourtant, ils veulent croire en l'espoir. Une lueur suffirait à leur faire reprendre confiance. Un signe, n'importe quoi. De prédateurs, ils sont passés proies. N'est-ce pas ce que fait le gibier fait ? Il se terre et attend, risque sa vie un court instant, et attend à nouveau la mort qui le guette nuit et jour. Non. Ils ne sont pas de simples proies. Si leurs actes ont contribué et entraîné leur malheur, alors il ne tient qu'à eux de se sortir de cette situation. Comment ? Avec un petit coup de pouce du destin et une visite inattendue...

Allongés devant l'antre des guerriers, les combattants étaient agglutinés les uns contre les autres, bravant l'averse glaciale et le froid hivernal. Il n'était très certainement pas tard. Impossible de le dire. Avec ces épais nuages noirs qui cachaient les cieux, la notion de temps, peu de chats l'avait encore. Rugissant, comme pour se moquer de leur pitoyable condition et leur incapacité à agir. Il y a cependant une chose que l'apocalypse n'a pas réussi à leur prendre : la solidarité, l'entraide, et toutes les petites choses qui font d'eux des chats. Les moustaches tremblantes, un matou à l'allure traînante et le pelage miteux marche dans la boue, s'enfonçant un peu plus dans le sol à chaque foulée. Il revient de la chasse. Ou plutôt, il était sensé revenir de la chasse. Car l'absence de proies dans sa gueule et sa mine terne expriment la déception de n'avoir rien ramené pour les siens. Et cette expression de dégoût se lit sur chaque visage, les oreilles courbées, les prunelles sans éclats, c'est ainsi que l'on reconnaît les matous du clan. Même si l'espoir réside, on ne peut pas dire que ce soit tous les jours faciles. Oh non. Le vétéran, revenu bredouille, le gosier sec et l'estomac criant famine, s'installe près de la tanière où se trouvait la masse de chats quelques minutes plus tôt. Exténué, il sait pertinemment qu'il n'y a rien qu'il puisse faire avec ce temps. Son apprenti n'est pas encore assez expérimenté pour risquer un entraînement avec cette pluie ravageuse. Même un guerrier habitué, peinerait à rester très longtemps au dehors. Eux qui ont toujours vécu à l'air libre, sans se cacher comme des rats dans des buissons, ne seraient pas contre, en cet instant précis, l'idée de s'abriter sous un bosquet d'ajonc ou de fougères. La fierté et l'orgueil les pousse à garder la tête haute, du moins mentalement. Car physiquement, ils paraissent quelque peu brisés.

Ils ne sentirent rien, ne virent rien venir. Ils ne savaient même pas de quoi il s'agissait. Lorsque tous virent ces chats ennemis, ils n'eurent même pas la force de grogner. Certains émirent quelques grondements sourds qui furent couverts par le tonnerre, et ils ne résignèrent bien vite à montrer leur désapprobation.
Observant la scène de loin, Esprit Nébuleux ne réagit point. Tout au fond de lui, il savait que quelqu'un devait leur faire remarquer leur présence impromptu. Quoi que, elles devaient le savoir. Il se contenta alors de les dévisager. La première, était une femelle pas très grande, au pelage gris foncé et clair par endroit, bien que ses poils paraissaient plutôt terne à cause de la pluie qui les lui plaquait contre ses flancs maigres. Mais malgré son aspect décharné, elle inspirait le respect. En fait, une aura nouvelle l'enveloppait. Elle ne se tenait pas comme une guerrière ordinaire, bien qu'elle paraisse plus jeune que les nombreux guerriers vétérans de son clan. L'air impassible, elle prononça distinctement ces mots :

« Je souhaite parler avec Pluie d’Étoiles. »

Tiens à quel sujet ? pensa le guerrier, toujours à l'écart. Dans l'absolu, de quel droit se permettait-elle de pénétrer leur territoire, et même leur camp ? Elle devait avoir une bonne raison. Du moins, il le valait mieux pour elle. Bien que le Vent et la Rivière ne soit pas en conflit, cela n'autorisait pas les chats à se rendre dans les camps ennemis. Ses yeux jaunes à demi fermés se posèrent alors sur la seconde guerrière. Bien que légèrement en retrait, elle se tenait néanmoins droite, une lueur de détermination dans le regard. Cependant, une certaine appréhension pouvait se dessiner sur son visage. Son pelage gris argenté trempé lui donnait également cet aspect sous-nourris. Décidément, ce devait être important. Sinon, pourquoi deux guerrières se seraient présentées à eux, surtout étant donné leur condition. Certes, si bataille il y avait, elles se défendraient jusqu'au bout, mais elles ne feraient pas le poids...

« Salutations à vous, Fraîcheur de Menthe et Souffle de Givre. Quel bon vent vous amène ? »


Pluie d’Étoiles s'était finalement montrée, sa silhouette mince se dessinant dans le paysage sombre de gris. Le matou se leva alors, souhaitant s'approcher davantage. Il n'était pas curieux. Il n'avait jamais compris ces félins qui voulaient absolument être au courant de tout, surtout ce qui ne les regardait pas. Mais en cet instant précis, il jugeait que cela le concernait aussi. Il s'assit non loin, le regard apparemment dans la vague, mais fixant en vérité les deux guerrières. Il les connaissait. De vue. A une assemblée très certainement.

« Étoile de Menthe. Accompagnée de mon lieutenant. »

Tiens, aux dernières nouvelles, le clan de la Rivière était sans meneur. Ils semblaient y avoir remédier depuis. Et depuis peu. La dernière pleine lune remontait à il y a moins d'une lune. Mais elles n'avaient pas fait un déplacement si long juste pour annoncer sa nomination. Cela aurait été quelque peu stupide. Non, il y avait une raison toute particulière à leur présence.

« Cette nuit, un rêve étrange à battu la mesure de mon sommeil. C’est peut être absurde, mais je suis persuadée que ce n’était pas qu’un simple rêve. Et je suis tout aussi convaincue qu’il me parlait de toi. De ton Clan. »

Un rêve ? Alors c'était vraiment important. Il ne fallait jamais prendre à la légère les rêves. Quels qu'ils soient. Qu'ils apparaissent pendant le sommeil, ou même durant la journée. Esprit Nébuleux fronça les sourcils, intrigué et inquiet. Ce ne devait pas être un rêve de bon augure. Sinon pourquoi le partager avec eux ? Ou alors s'agissait-il d'un avenir commun qui les attend ? Bien le bicolore soit un rêveur révolutionnaire dans l'âme, il sait que l'ordre a déjà été chamboulé maintes et maintes fois. Était-ce un retour à la normal que souhaitait leur ancêtre ? Ou une nouvelle ère, un nouvel ordre ? Il n'avait aucune réponse. Et comme toujours tellement de questions. Et personne pour y répondre.

« Peut être pourrions nous en parler dans un endroit un peu plus .. Discret, si ça ne te dérange pas ? Avec Souffle de Givre et Nuée d’Hirondelles. Il me semble qu’elles doivent savoir, au vu de leur place au sein de nos Clans. »

Une part de lui sage et confiante lui soufflait qu'il fallait respecter l'avis de son chef et les laisser s'entretenir. Mais d'un autre côté, ils étaient tous concernés. N'avait-elle pas dit que son rêve parlait du clan tout entier ? Dans ce cas, ils devaient être mis au courant. Cependant Esprit Nébuleux, ayant une confiance assez inébranlable envers ses supérieurs, s'assit tranquillement, et d'un geste de tête, acquiesça, comme pour signaler qu'il attendrait. Elles devaient s'en moquer surement, mais il serait là, toujours assis, une fois qu'elles seront prêtes à parler devant le clan. Remarquant son apprenti un peu plus loin, Esprit Nébuleux s'approcha de lui. Le matou semblait à la fois choqué et curieux de cette visite étrange. D'un pas lent et d'une démarche irrégulière, le bicolore traîna sa carcasse jusqu'à lui pour finalement s'assoir et dire, d'une voix rauque.

« Sois patient. Nous saurons bien assez tôt de quoi il est question. A mon avis, il ne s'agit pas d'une rencontre pour nous nuire. Mais cela n'annonce pas forcément quelque chose de bon non plus... »

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Sam 16 Fév - 21:26

La pluie tombe, son crépitement martèle sol avec puissance. Le tonnerre gronde, il résonne dans ta tête, cogne à tes tempes, comme un essaim en furie. Le vent souffle, souffle tellement fort qu’il en déracinerait les arbres. Le ciel est de ce noir si particulier qui annonce les tempêtes d’une force rare et inouïe. Et alors, tu ne peux t’empêcher de songer avec angoisse à ce qui peut se passer, là – bas. Oh, pas très loin, mais assez pour te donner ce sentiment d’impuissance. Ton monde, ton univers, ceux qui t’ont été donnés, ceux que tu es censée surveiller et mener jusqu’à la lumière, aux doux rayons du soleil, tu sens le danger qui plane sur eux. Et par-dessus tout, le remord te dévore. La honte de lui avoir ordonné de quitter seule ce havre de paix dans lequel on t’a accueilli, afin qu’elle aille vérifier que tout allait bien, afin qu’elle risque sa vie pour faire ce que toi, tu es censée faire ! Ton cœur s’emballe, une nouvelle fois. Il t’est douloureux de respirer, tu happes l’air sans grands résultats, tu as l’impression de suffoquer. La boule qui obstrue ta gorge et la bulle d’air qui grandit dans ton ventre semblent ne vouloir que ta mort. Tu paniques, là, devant ces femelles qui sont tes ennemies. Tu te laisses aller, tellement l’horreur qui te prend est immense. Et puis tu croises son regard ..

« Nuée d'Hirondelles, j'aimerai, et je m'y autorise même, que tu l'escorte jusqu'à son Camp. Seule, c'est beaucoup trop dangereux. »

Elle relève les yeux, qu’elle avait baissés dans l’espoir de cacher sa confusion. Mais l’autre a disparu. Elle lâche un minuscule soupir. La pluie continue de battre la lande, dehors. Elle l’entend. Et sa peur ne fait que se décupler. Un court instant, et son hôte reparaît, détrempée. Oh, qu’elle aimerait la remercier, lui témoigner son énorme gratitude. Mais elle n’y arrive pas, aucun mot de franchit le seuil de ses lèvres, tant l’émotion est à son comble. Alors, elle se contente de baisser la tête en une maigre révérence, le cœur encore trop emballé pour faire mieux. Et puis, la signification de ce geste inespéré de la part de la meneuse ennemie la frappe. En se mettant à sa place, jamais elle n’aurait envoyé son Lieutenant en plein cœur du territoire ennemi, seule, avec pour seule escorte des inconnus passables de lui sauter à la gorge sans raisons apparentes, pour le beau fait qu’elle n’appartenait pas à son Clan. Lui ferait – elle confiance, comme ça, sur quelques paroles, sans même la connaître ? Ou alors .. A – t – elle comprit l’inquiétude qui la rongeait, et l’a – t – elle fait dans un élan d’immesurable gentillesse et compassion ?

Sans vraiment savoir pourquoi, la jeune meneuse sent les larmes lui monter aux yeux. La tension de l’orage, peut être, la peur du danger, de la mort, de ce mauvais pressentiment qui lui noue la gorge, alors qu’elle n’ose même pas imaginer de quoi il peut retourner. Sans doute aussi la culpabilité d’avoir envoyé Souffle de Givre, sans doute la seule véritable amie qu’elle ai jamais eue, mis à part le jeune Nuage de Neige, disparu à l’aube de leurs vies, malgré son exil qu’elle avait ressenti comme une trahison, sous cette pluie torrentielle. Alors, avant qu’il ne soit trop tard pour parler, elle murmure simplement ;

« Merci beaucoup .. »

Une nouvelle rafale de vent vient se briser sur les parois extérieures de l’Antre de Pluie d’Étoiles, et fait frissonner Étoile de Menthe. Oh, qu’elle aimerait se rouler en boule et couper ces insupportables hurlements du vent, les arracher de ses oreilles, échapper à tout ça. Et puis elle se souvient ce qui a poussé ses pas jusqu’ici. Mais pourquoi ? Pourquoi m’avez – vous guidée jusqu’au Clan du Vent alors que je sens mon Clan en danger ? Me suis – je trompée dans la signification de ce signe ?

« Qu’on se le dise. Cette nuit, mes songes m’ont envolée jusqu’à la Lande, jusqu’à chez vous. L’orage a éclaté, la foudre est tombée, et le paysage s’est embrasé. J’étais là, encerclée, prise au piège par les flammes, sans pouvoir m’échapper. La fumée emplissait mes poumons, je ne pouvais plus respirer. J’allais perdre connaissance lorsque la pluie s’est mise à tomber, fouettant l’incendie, l’éradiquant avec puissance. C’est la pluie qui m’a sauvée, Pluie d’Étoiles. Et juste avant de me réveiller, j’ai vu des feuilles de menthe, là, à deux queues de souris de moi, survivantes, tout comme moi. C’est pour ça que je suis ici. Je sais que nos destins sont entrelacés, je le sens .. »

Et c’est vrai. Sans vraiment savoir pourquoi, elle a confiance en cette femelle qu’elle ne connaît que de vue. Une confiance presque aveugle, sans raison. Tout chez elle la rassure, son attitude, ses mouvements gracieux, son regard .. Elle est seule, en plein territoire ennemi, et pourtant, c’est presque comme si elle le considère déjà ami.

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Dim 17 Fév - 17:08

« Pourquoi ? Pourquoi es – tu si emportée par ce vent de confiance ? Serais – tu idiote ? Non. Pas pour cette fois. C'était un sentiment de compassion qui t'avais envahie en premier temps, mais .. Son regard, ses prunelles semblaient cacher une lueur du futur. Tu devais le faire, tu le savais. Tu le voyais, comme deux lianes entremêlées autour d'un même arbre, qui s'élevaient haut, toujours plus haut ! Puis, ce fut jusqu'à ce qu'elles touchent le ciel ensemble. Oui, tu t'en souviens. C'était là, devant ces deux serpents végétaux que tu te trouvais, dans tes songes qui semblaient horreur. Le destin avait parlé. »

Quand est – ce que le Soleil fera danser de nouveaux, ses rayons d'or dans un ciel cérulé ? Quand est – ce que les premiers signes d'un doux Printemps se feront voir ? Peut – être plus jamais. Peut – être bientôt. Quand elles sauront enfin pourquoi ce châtiment.
Elle n'a vu aucune raison valable pour envoyer Nuée d'Hirondelles en un terrain inconnu. Pourtant, c'est plus fort qu'elle. Elle a cru voir une mine particulière, un air sur son visage qui lui rappelle tant. Son cœur se pince. Puis, elle tourne la tête vers Étoile de Menthe, qui incline respectueusement la tête, muette par multiples émotions. Et les minutes filent, dans un silence accablant, lourd. L'inquiétude battue par les lames d'eau qui dansent sur le sol dans l'air de furie.
Les pensées, plus ou moins nébuleuses semble les avoir enveloppées dans la mélancolie.

- « Merci beaucoup .. » Le doux murmure s'étreint dans le chant orageux. La meneuse du Vent lève les yeux, et accroche à ses lèvres un petit sourire. Aucune parole pourtant, ne lui vient à l'esprit.
Un mistral soudain s'engouffre dans la tanière devenue morne, et accompagne la femelle dite ennemie dans son élan.

« Qu’on se le dise. Cette nuit, mes songes m’ont envolée jusqu’à la Lande, jusqu’à chez vous. L’orage a éclaté, la foudre est tombée, et le paysage s’est embrasé. J’étais là, encerclée, prise au piège par les flammes, sans pouvoir m’échapper. La fumée emplissait mes poumons, je ne pouvais plus respirer. J’allais perdre connaissance lorsque la pluie s’est mise à tomber, fouettant l’incendie, l’éradiquant avec puissance. C’est la pluie qui m’a sauvée, Pluie d’Étoiles. Et juste avant de me réveiller, j’ai vu des feuilles de menthe, là, à deux queues de souris de moi, survivantes, tout comme moi. C’est pour ça que je suis ici. Je sais que nos destins sont entrelacés, je le sens .. »

Ses mots résonnent, comme des milliers de tambours en rythme. Une image s'en accompagne. Et elle se tait, incapable de parler. Elle a l'impression qu'on la bouscule, avec la puissance d'un noble cerf. Et à ce moment là, tout devient clair. Comme si la lumière qu'elle cherchait depuis des lunes chatoie enfin ce tunnel qui ne voulait pas se terminer. Enfin ! Elle redresse la tête, avec cette pointe de sûreté. Oui, elles ne se sont pas trompées.

- « Étoile de Menthe ! C'est un signe, j'en suis sûre ! » La féline laisse tomber ses fines paupières. Son rêve se dessine de nouveau. Chaque détails s'esquissent avec perfection et finesse. Et la voix. Cette voix. La voix d'Étoile de Menthe. Oui, c'est elle, c'est certain !
Tout défile aussi rapidement qu'un aigle qui fend les cieux. Soudain ouvre ses yeux.

« Écoute, tu l'entend rugir ? Fier, se pavanant de son insolence sur la route qu'il croit celle de la victoire ? Bientôt, il gémira sa gloire passée, lorsque nous danserons sur sa tombe. » Récite - t – elle comme une leçon que l'on se tannait à lui encrer dans le crâne.

« C'est toi. C'est toi qui m'a énoncé cela pendant des nuits entières, sans que je ne puisse savoir qui tu étais réellement. Sans pouvoir mettre la patte sur ton visage. Je croyais devenir folle. Mais tu es arrivée, là, aujourd'hui. Je n'en étais pas sûre au départ, mais maintenant je le suis, c'est toi qui visite mes songes depuis plusieurs jours, Étoile de Menthe ! Nous devions nous rencontrer ! Mais ce que les Étoiles attendent de nous, je l'ignore encore. » Pluie d'Étoiles s'approche d'elle.
« C'était écrit. Peut – être que le Clan des Étoiles n'en veut pas à nous, à nos Clans .. » Finit – elle par dire, en plongeant son regard dans l'absinthe de sa belle invitée. Elle en est sûre, maintenant, elles ne sont pas ennemies. Et elle lui prêterai son épaule, s'il le faut,

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Dim 17 Fév - 20:01

N U A G E . D U . C E R F . Ҩ
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Ҩ Quel atroce sentiment. Il avait l'impression qu'elles s'étaient éclipsées depuis une éternité. Il jeta un coup d'œil dans leur direction puis reposa son regard sur ses pattes couvertes de boue. Le novice les secoua puis soupira longuement. Le paysage ne ressemblait plus à rien. La lande avait perdu toutes ses couleurs et le sol était même dépourvu de neige. Alors à quoi bon contempler cet horizon cauchemardesque et pittoresque. Il leva la tête vers le ciel pluvieux, plissa les yeux pour les protéger de l'incessante averse glaciale qui s'écrasait violemment sur le camp du Vent puis fronça le museau. Ô Clan des Étoiles, cela cessera - t - il un jour ? Retrouverons - nous la paix pour quelques temps ? Nuage du Cerf pensait que personne n'avait la réponse à cette question. Pas même le Clan des Étoiles. Et pourtant l'apprenti avait cru comprendre qu'Étoile de Menthe avait fait un étrange rêve. Et si cela était un message de nos ancêtres ? Pourvu qu'il soit bon.

Ҩ Les oreilles de Nuage du Cerf frétillèrent à l'entente des pas lents de son mentor. Plongé dans ses pensées, le jeune chat avait totalement oublié de le rejoindre. Il releva lentement la tête vers son ainé et lui adressa un sourire maladroit pour le saluer. Le matou bicolore s'assit au côté du félin tigré. Nuage du Cerf peinait à découvrir sur le visage du vétéran une quelconque réaction à cette visite imprévue. Qu'en pensez - t - il ? Avait - il - peur ? Le novice avait souvent pensé qu'un guerrier n'avait jamais peur. C'est puéril. Enfantin. Presque idiot. Tout le monde a peur. Le tout était de garder son sang - froid, attitude que Nuage du Cerf avait bien du mal à adopter. Esprit Nébuleux était si calme, lui. L'apprenti aurait voulu être comme lui, mais ses pattes tremblaient tant il voulait savoir. Geste que son mentor remarqua probablement, déduction due à ses paroles prononcé de sa voix grave.

« Sois patient. Nous saurons bien assez tôt de quoi il est question. A mon avis, il ne s'agit pas d'une rencontre pour nous nuire. Mais cela n'annonce pas forcément quelque chose de bon non plus... »


Ҩ La patience. Ce n'est pas comme si ils avaient le choix. Merci au ciel d'avoir doté chaque être de la patience car dans le cas contraire, Nuage du Cerf aurait bondit auprès de ses ainées qui parlait à l'heure actuelle de ces étranges visions pour en savoir plus. Mais après tout, en savaient - elles vraiment plus, elles qui s'étaient éloignées du reste du Clan ? Ou étaient - elles aussi perdues que les autres ? L'apprenti tricolore secoua la tête puis releva le menton vers le matou noir et blanc.

« J'essaie d'être patient, tu sais, mais si c'était grave ! Et si il arrivait de nouveau malheur à notre Clan .. Survivrons - nous ? »

Ҩ Nuage du Cerf soutint un instant le regard de son mentor mais finit par baisser le regard. Il racla le sol vaseux de ses griffes puis ferma les yeux. Peut - être cette peur de la mort était - elle due à son bas âge. Peut - être ne comprenait il pas tout. Peut - être était il perdu, lui aussi. Un rêve .. L'apprenti s'imaginait toutes les scènes possibles. Des images d'incendies se bousculaient dans sa tête, lui rappelant l'atroce événement qui s'était produit il y a peu. Puis d'autres. Des tempêtes, de l'orage .. Le tonnerre assourdissant couvrant les hurlements félins. L'attaque d'un Clan ?

« Dis, tu la connais Étoile de Menthe ? Comment est - elle ? Toi aussi tu ignorais qu'elle était Chef ? »

Ҩ Car oui, n'oublions pas que le baptême de l'apprenti avait eu lieu il y a très peu de temps et il n'avait donc jamais eu l'occasion de rencontrer aucun Chef de Clan. Le genre de chat qu'étaient les trois autres Chefs l'intriguait. Comme il aurait voulu tous les connaître. Même s'il ignorait si cela était une bonne chose de tous les connaître. Le jeune matou garda la tête basse, attendant une réponse de la part d'Esprit Nébuleux.
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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Dim 24 Fév - 16:06

Ton rêve résonne dans ton crane. Tu es perdue. Complètement perdue, tu ne sais plus quoi penser. Tu cherches, tu cherches, mais tu ne trouves rien. Ça te rend folle. Ça y est, tu y es, maintenant, avec Pluie d’Étoile, meneuse du Clan du Vent, comme semblait te l’indiquer ton songe. Et alors ? Et après ? Tu tournes et tournes encore ces mots dans tes pensées, décortique, réassemble le tout, sans rien déceler. Tu crois devenir folle. Pourquoi ? Qu’es-ce qu’ils ont voulu te dire ? Tu fermes les yeux, dans l’espoir d’y voir plus clair. Mais tu ne sais pas. Tu ne trouves pas. Tu pense l’avoir sur le bout de la langue, tu sais que l’idée est tout prêt, prête à éclore, mais elle reste cachée. Alors tu fouilles frénétiquement à la recherche du moindre indice, aussi futile soit – il. Le tonnerre gronde toujours, la pluie continue de tambouriner, et le vent hurle encore, sans jamais reprendre son souffle. Et pourtant tu sais, que quelque part là dedans devrait te mettre sur la voix. Mais tu ne trouve pas. Lamentablement, tu échoue. Que croyais – tu ? Que le Clan des Étoiles te glisserait la solution toute crue dans la gueule, une fois la première épreuve accomplie ? Eh bien non.

« Étoile de Menthe ! C'est un signe, j'en suis sûre ! »

Mais de quoi parle-t-elle donc ? A-t-elle la solution, elle, à la question qui te torture l’esprit depuis ce matin ? Et puis, elle reprend aussitôt, coupant court aux pensées d’Étoile de Menthe ;

« Écoute, tu l'entend rugir ? Fier, se pavanant de son insolence sur la route qu'il croit celle de la victoire ? Bientôt, il gémira sa gloire passée, lorsque nous danserons sur sa tombe. C'est toi. C'est toi qui m’as énoncé cela pendant des nuits entières, sans que je ne puisse savoir qui tu étais réellement. Sans pouvoir mettre la patte sur ton visage. Je croyais devenir folle. Mais tu es arrivée, là, aujourd'hui. Je n'en étais pas sûre au départ, mais maintenant je le suis, c'est toi qui visite mes songes depuis plusieurs jours, Étoile de Menthe ! Nous devions nous rencontrer ! Mais ce que les Étoiles attendent de nous, je l'ignore encore. C'était écrit. Peut – être que le Clan des Étoiles n'en veut pas à nous, à nos Clans .. »

Ça n’a pas de sens ! Rien de tout ça n’a de sens. Ou du moins, pas évident. Elle regarde sans ciller droit dans les yeux de Pluie d’Étoiles, et se met à chercher, les sourcils froncés. Elle essaye d’assembler les pièces du puzzle. Et puis, un flash. Elle se souvient. Elle se souvient de paroles de son rêve. Alors, dans un murmure, elle les lâche ;

« Regarde .. Regarde jusqu’où il peut aller si nous ne l’arrêtons pas à temps. Il se rit de nous, depuis le début, dansant dans sa toute puissance, nous toise. Mais c’est terminé. Oui, ce temps là est révolu .. Bientôt il gémira sa gloire passée, lorsque nous danserons sur sa tombe. Ensemble, alliées, la Menthe et la Pluie peuvent accomplir de grandes choses. »

Elle s’arrête, haletante. Il gémira sa gloire passée lorsque nous danserons sur sa tombe. Mais que veux donc dire cette phrase ? Elle sent qu’elle a tous les éléments. Mais .. Elle ne parvient pas à les assembler correctement. Un regard à l’autre meneuse suffit à lui indiquer qu’elle semble dans la même impasse.

« Et si ce n’est pas à nous, à qui .. ? »

Sa voix s’est brisée, et elle replonge dans ses pensées. La prophétie parle d’un il. Mais qui ? Écoute, tu l’entends rugir ? Qui rugit ? Regarde jusqu’où il peut aller .. Et elle repense à son rêve. L’orage ? Après tout, c’est ça qu’il l’a mise en danger. La foudre a incendié la Lande .. Ou alors ? Le tonnerre rugit, en écho à ses pensées.

« Le Clan du Tonnerre ! Pluie d’Étoiles, c’est le Clan du Tonnerre qu’ils cherchent à nous mettre en garde ! C’est lui qui rugit ! C’est lui qui a grondé juste avant l’incendie de mon rêve, comme un ordre. Mais oui, évidemment ! Quand à la toute puissance, quant à l’insolence, l’arrogance dont nous parle nos rêves .. Se peut – il que ? »

Elle laisse sa phrase en suspend, laissant l’autre réfléchir, voir si elle a bien saisi toutes ses paroles. Un faible sourire éclaire alors son visage, qui s’assombrit aussitôt, en pensant qu’un rêve de cette ampleur ne peut être que de mauvaise augure.

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Jeu 7 Mar - 20:31


» Et tu cours à en perdre haleine, le souffle rauque, dans tes foulées rapides tu précipites tes dernières forces. Tout autour de toi ne sont qu’ombres et ténèbres ; la luminosité laiteuse qui transperce l’amas de nuages n’est plus assez brillante pour que tes yeux l’aperçoivent. Alors tu cours encore, comme toujours, à l’aveuglette. La pluie redouble d’intensité, elle gifle ton visage crispé de gouttelettes agressives, elle coule le long de tes joues ; comme des larmes chagrines. Ton cœur saute et tressaute. Ce n’est pas un des entraînements que tu faisais apprentie, ceux où tu devais courir d’un bout à l’autre des frontières, afin de développer ton endurance et ta vitesse. Non. La vie d’un clan est en péril. Pourquoi la nature se rebelle – t – elle ainsi contre vous ? Ô, Clan des Étoiles … Nous as – tu abandonné ?

» Tu débarques au milieu du camp, parmi les guerriers, les apprentis, les félins rassemblés pour partager l’incompréhension de l’arrivée d’Étoile de Menthe et de sa lieutenante. Ton dérapage plus ou moins contrôlé projette des giclées de boue brune et mouillée. Pâteuse. Désorientée, étourdie, tes yeux glissent sur l’assemblée de chats. Tu sens sur ta silhouette frémissante le poids de leurs regards surpris ; n’étais – tu pas partie il y a quelques moments ? Ton souffle rauque se calme alors que tu te diriges vers la tanière de Pluie d’Étoiles, essayant de maîtriser le cri d’alerte qui perce dans ta tête. Tout ton être souhaite se hâter, accélérer, mais ton côté raisonné t’intime de garder une allure assurée ; l’inquiétude de vos guerriers viendra après. Mais lorsque tu franchis les pierres froides et que tu pénètres dans la semi – pénombre, cette allure confiante se fissure et se craquelle et ta voix emplie de prières fuse la discussion de vos deux meneuses.

̆« S’il – vous – plaît ! Suivez – moi ! Venez ! »

» Sans doute sont – elles étonnées de te voir débarquer ainsi, le poil hérissé et trempé et les yeux brillants d’urgence. Peut – être même froissées d’être ainsi interrompues ? Seulement tu ne prends pas le temps de déchiffrer leurs visages, ni d’écouter leurs réponses, tu ressors de l’antre humide avant d’être arrêtée. Te revoilà exposée aux autres, leur incompréhension ; eux qui à la base étaient déjà perdus … Quelques foulées agiles et tu sautes au sommet du promontoire, pressée. Tu pries le Vent de venir ici, de t’écouter.

« S’il – vous – plaît ! Écoutez – moi ! »

» Tu calmes ta respiration, lâches quelques expirations, vérifies que chacun puisse t’entendre.

« Je reviens pour lancer un appel au secours ! La rivière a débordé, les eaux engloutissent tout ! Je vous en supplie, venez avec moi, venez les aider ! Les anciens sont épuisés, les chatons sont emportés, les guerriers se portent les uns les autres pour échapper au courant ! Leurs terres sont submergées ! Venez les aider, s’il – vous – plaît ! Ils se battent seuls contre un orage inépuisable ! »


» Les mots sont sortis dans le désordre, ce frêle discours que tu avais préparé dans ta tête est sorti brisé et … Espérons qu’ils ressentiront au moins cette détresse dans ton timbre effaré. Oui, ce n’est pas ton clan, oui, tu ne devrais pas peut – être pas être aussi angoissée mais comment réagir quand on a vu ce qu’il se passait là – bas ? Ils ne peuvent pas vivre cette peine seuls, pourvu que vos guerriers comprennent et acceptent, ô s’il – vous – plaît …

» Tes prunelles glacées rencontrent celles des deux meneuses. Ton cœur se serre.

Répondez - moi !

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‘‘ oiseau ’’

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Ven 8 Mar - 19:34

Plus les minutes s'écoulaient, plus Esprit Nébuleux fronçait le museau, trouvant l'entretien quelque peu long. Le départ vif et brutal des lieutenants de leurs deux clans pour une destination inconnue lui indiquait que cette situation avait assez duré. Cela faisait assez longtemps que le clan attendait. Cependant, il n'osait pas déranger ses supérieurs, surtout alors qu'il venait à l'instant de sommer son apprenti d'être patient, pour le rassurer en parti. Ses oreilles tressaillirent lorsqu'un éclair fendit les cieux. Avaient-ils eu raison de laisser des guerriers ennemis pénétrer leur terres ? Peut être que ce rêve n'était en fait qu'une ruse pour endormir le Vent. Dans ce cas, pourquoi la discussion s'éternisait-elle ainsi ? Coulant un regard vers Nuage du Cerf, il répondit, avec certainement beaucoup de retard. Quand il était dans ses pensées, la notion du temps actuel lui échappait complètement.

« Hum, je l'a donnais peu. La première que j'ai entendu parler d'elle, elle se prénommait Nuage de Menthe, et son baptême nous avait été annoncé lors d'une assemblée. J'étais déjà guerrier à cette époque. Je ne lui ai donc jamais vraiment parlé. D'habitude, nous apprenons la nomination d'un nouveau chef au cours des assemblées, c'est une manière un peu... atypique d'apprendre ce genre de nouvelle. »

Les yeux rivés sur l'entrée de l'antre de leur chef, Esprit Nébuleux fit comme tout le monde. Il patienta sagement. Fermant son esprit, il cessa de tergiverser et de supposer. En de telles circonstances, mieux valait se concentrer sur le présent, et non sur ce qui pourrait possiblement survenir. Le vent souffla encore et encore, régnant en maître sur la clairière. L'averse se fit plus intense, si bien que le matou plissa les yeux pour ne pas être trop gêner par les épaisses gouttelettes. Dans le vacarme de la nature, un bruit s'imposa peu à peu. Un bruit de pas précipité, un chat entraîné dans une course folle, éparpillant l'eau sale et boueuse autour de lui alors qu'il passe. Un instant plus tard, Nuée d'Hirondelles se trouvait au milieu de la clairière, la pupille dilatée, le souffle coupée, les membres tremblants. Sans même reprendre son souffle, elle demanda à se faire entendre. Du moins c'est ce que comprit Esprit Nébuleux, car il était difficile de déchiffrer les paroles de la féline, tellement le souffle lui manquait. Elle reprit sa respiration, expira plusieurs fois, puis reprit :

« Je reviens pour lancer un appel au secours ! La rivière a débordé, les eaux engloutissent tout ! Je vous en supplie, venez avec moi, venez les aider ! Les anciens sont épuisés, les chatons sont emportés, les guerriers se portent les uns les autres pour échapper au courant ! Leurs terres sont submergées ! Venez les aider, s’il – vous – plaît ! Ils se battent seuls contre un orage inépuisable ! »

Entre temps, les deux meneuse étaient sorties de leur tanière, certainement alertées par la voix de la lieutenante du Vent. Le regard passant d'un groupe à l'autre, le matou bicolore finit par se lever. Il avait besoin d'aide ? Très bien, il irait. Il n'était d'aucune utilité ici pour le moment, autant servir ailleurs. Même si l'idée d'aider un autre clan lui paraissait étrange, ces chats de la Rivière étaient avant tout des chats. Les laisser périr en connaissance de cause reviendrait à leur assommer le coup de grâce soi-même. De plus, Nuée d'Hirondelles était épuisée, elle aurait du mal à repartir, d'autres devaient aller à sa place. Enfin peut être refuserait-elle de rester ici.

« Bien. Je viens. »

Il se leva sans attendre qu'on lui en donne l'ordre. Parfois, il fallait savoir agir seul et ne pas attendre qu'on nous dicte nos actes. Sa conscience lui disait d'aller aider ces chats. Il irait. Il marcha lentement vers la lieutenante, sachant qu'il ne serait pas le seul à se désigner. Il fallait cependant faire vite. Les eaux ravageuses n'allaient pas les attendre pour engloutir le camp de la Rivière qui devait déjà être très mal en point...

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Plume de Cardinal

Esprit Ensanglanté

Patte d'Epice

Nuage du Renard

Esprit Nébuleux

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MessageSujet: Re: Évent. - Part I.   Lun 11 Mar - 16:42

Tout s'assemble alors. Comme un fin voile de brouillard qui s'efface, laissant alors ses souvenirs se noyer de lumière. Et elle revoit tout, le décor se dessine à nouveau, laissant ce bourdonnement lointain s'éclaircir, pour que les sons mâchés deviennent perceptibles.

Elle était là, tapie dans les buissons, les épines entravant son maigre corps. Hésitante, elle n'osait pas avancer une seule patte sur ce duvet de feuilles. Quand tout à coup, un feulement de rage transperça les bas murmures. Une touffe de poils roulait dans les herbes hautes, sous les regards choqués de tout ces chats aux effluves différents. Cette femelle avait déchiré le ciel de son seul acte, non respectueuse, pourtant de son si haut grade, du code du guerrier.


Elle reprend ses esprits, ne quittant pas la meneuse du Clan de la Rivière de ses prunelles luisantes. Enfin, elle sait. Enfin, elle comprend. Étoile de Menthe a trouvé les mots justes, et a su rassembler les fragments de cette énigme.
Mais elle n'a pas le temps de pousser un souffle que le galop de l'angoisse retentit dans le fracas de cette pluie. A l'entrée ruisselante se découpe une silhouette gracieuse qu'elle ne connaît que trop bien. Nuée d'Hirondelles, le visage déformé par l'inquiétude se tient devant elles, ses flancs se soulevant de manière irrégulière. Le cœur de la femelle grise bat soudain sa poitrine, et des milliers de doutes et questions l'envahissent alors.

- « S’il – vous – plaît ! Suivez – moi ! Venez ! » Halète – t – elle, dans une respiration qu'elle s'efforce à avoir stable.

Gagnée par l'anxiété, elle se redresse et saute sur la pente douce. Ses pattes glissent sur le filet d'eau déferlant, et elle manque de glisser. Pourtant, elle parvient à sortir des roches pour découvrir le jour à nouveau. Ils sont tous là, les perles de pluie perchés sur leurs cils, la fourrure battue par la tempête, et ils écoutent attentivement leur lieutenante.

« Je reviens pour lancer un appel au secours ! La rivière a débordé, les eaux engloutissent tout ! Je vous en supplie, venez avec moi, venez les aider ! Les anciens sont épuisés, les chatons sont emportés, les guerriers se portent les uns les autres pour échapper au courant ! Leurs terres sont submergées ! Venez les aider, s’il – vous – plaît ! Ils se battent seuls contre un orage inépuisable ! » Elle articule comme elle peut pour expliquer sa détresse.

Pluie d'Étoile jette un coup d’œil alerté à la chatte venue en inconnue il y a quelques heures. Un guerrier aux épaules puissantes s'est déjà levé, son pelage taché d'encre et de blanc immaculé, pour apporter son aide. Elle reconnaît là Esprit Nébuleux. Fière de son initiative, la meneuse du Vent contemple les autres suivre son exemple, se dirigeant d'un pas pressé vers la sortie. Mais l'heure n'est pas aux sourires, hélas.
Elle sent sa conscience lui crier d'épauler ce Clan en danger. Ne pouvant que l'écouter, elle se place au centre du camp, nu sous ses nuages anthracites. Puis, elle prend son inspiration au plus profond de ses poumons avant de lancer ses ordres.

- « Faites de la place dans les tanières ! Autant que vous pouvez ! Ils viendront s'abriter ici. »

Sûre de ses paroles, la féline a donné sa confiance à Étoile de Menthe, ainsi qu'aux siens. Lentement, elle vient se glisser contre elle, leurs fourrures se frôlant, et murmure au creux de son oreille.

« Fragments Étoilés lors de l'Assemblée, rappelle – toi. »

Elle n'attend pas de réponse, et se contente de lui adresser un regard sérieux, teinté de persuasion et de colère. Oui, cela ne pouvait n'être qu'elle. La chef du Tonnerre.

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