« Aujourd’hui sera mon dernier jour d’errance,

la fin de ma chute. » Valse des Étoiles
 
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 Un chasseur sachant chasser ... Prio Nuage du Renard

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MessageSujet: Un chasseur sachant chasser ... Prio Nuage du Renard   Jeu 15 Nov - 5:01

PETITE ... NOIX


La petite boule de poil tachetée ouvrit un œil. Puis l’autre. Le sommeil s’effaçait doucement de son regard jaune, encore légèrement vitreux. Elle ne pu réprimer un long et grand bâillement, dévoilant ses petits crocs, s’affermissant de jours en jour grâce à cette diète solide, dont elle bénéficiait maintenant depuis près d’une lune. Petite Noix avait désormais quatre lunes. Elle grandissait à vue d’œil, même si elle restait encore très petite. Son pelage commençait à réellement montrer ses magnifiques tâches au lieu de vulgaires rayures classiques. Non pas qu’elle n’aimait pas les rayures, mais elle appréciait bien ces nouveaux dessins sur sa fourrure. Elle aimerait bien pouvoir régulièrement changer d’apparence, mais elle ne pensait pas que cela soit possible une fois que l’on devient adulte. Sa mère disait souvent que plus elle grandirait, plus elle aurait de « responsabilités ». Le mot était difficile à comprendre, même si il lui avait été expliqué plus d’une fois. Mais elle comprenait de plus en plus de choses. Elle s’éveillait au monde rapidement. Trop rapidement pour un chaton normal mais les conditions n’étaient pas spécialement favorables pour gazouiller et boire du lait toute la sainte journée. Elle devait devenir forte et être un atout pour la Clan. Elle commençait tout juste à saisir les différents grades des chats. Elle arrivait presque maintenant à dire qui était Apprenti ou Guerrier. Elle savait qu’elle allait également devenir Apprentie, dans deux lunes exactement. Plus les jours passaient, plus il lui tardait de pouvoir enfin faire quelque chose de ses journées… oui…. Pour la première fois, Petite Noix s’ennuyait. Elle avait exploré toutes les possibilités de jeu dans le camp, elle épuisait sa mère à force de parler, de poser des questions et d’essayer de se battre avec elle. Alors tout ce qu’elle aimait c’était améliorer son record de vitesse dans la clairière du Camp, embêtant par là même, la plupart des chats présents. Mais Petite Noix s’en fichait. Ils ne voulaient pas jouer avec elle, qu’ils la laissent donc au moins s’amuser toute seule ! Diable que les Guerriers l’ennuyaient parfois. Surtout ne pas rire, ne pas jouer, ne pas sortir du camp, ne pas courir, ne pas faire ci, ne pas faire ça. Quel ennui ! Ennui renchérit évidemment par leur tête morose qu’elle croisait tous les jours. Ils étaient tous là à se morfondre et se plaindre. Petite Noix ne se rendait pas compte que si elle n’avait connu que la pluie et les éclairs, s’y étant habituée, les autres membres du Clan regrettaient les jours anciens. Ils avaient surtout peur car ils connaissaient la raison de cette apocalypse. Pour Petite Noix, chaque jour était un jour normal, la pluie était normale, le tonnerre normal et la vision dévastée de la forêt était la vision normale d’une forêt. Triste n’est-ce pas ?

La petite chatte se décida enfin à se lever de sa litière. Chaque jour elle avait le sentiment que sa mère éloignait sa litière de la sienne, comme pour la forcer à rompre un quelconque lien. Au début Petite Noix avait été surprise, puis triste. Maintenant elle y était habituée, et comprenait plus ou moins qu’elle ne passerait pas toute sa vie contre le pelage maternel. D’ailleurs on ne voyait pas de Guerrier dormir avec sa mère. Et Petite Noix serait une Guerrière. Oui, un jour. Comme cela elle pourrait prouver à ce Sombre Nuit beaucoup de choses. Oh non elle n’avait pas oublié. Le mâle avait au moins réussi une chose ; lui passer toute envie de quitter le Clan sans permission. Aujourd’hui elle se rendait compte qu’elle avait fait quand même une grosse bêtise. Belette lui racontait des histoires d’horreur parfois, sur des chouettes géantes qui emportent les petits dans les arbres et les mangent. Heureusement que Sombre Nuit l’avait interceptée… que se serait-il passé si Petite Noix s’était faite emportée ? Elle n’aurait jamais pu se pardonner de la tristesse que cela aurait causée à sa mère. La petite secoua la tête en fronçant les sourcils. Mais ce Sombre Nuit à quand même mal agit ! Eh oui, elle ne digérait pas cette histoire. D’ailleurs, elle évitait scrupuleusement de croiser le chemin du grand et imposant mâle. Elle avait peur de lui en vérité. Elle ne savait pas comment c’était quand on était Guerrier… mais elle savait qu’elle ne voulait pas ressembler à Sombre Nuit. Rancunière la petite ! Mais elle ne savait pas que Sombre Nuit était un Guerrier exemplaire, elle n'en avait vu qu'un seul côté... Elle serait gentille, elle, gentille envers les chatons surtout. Elle aurait beaucoup de patience, ça oui. Du moins, c’était ce qu’elle se disait aujourd’hui. En réalité elle avait un exemple qu’elle adorait. Elle voulait à tout prix lui ressembler. C’était Fragments Étoilés. Non pas qu’elle rêve d’être Chef, elle était trop jeune pour même imaginer tout ce que cela impliquait, mais elle admirait cette chatte. Elle était charismatique, déterminée, elle paraissait n’avoir peur de rien. Oui, Petite Noix voulait devenir une Guerrière comme cela. Magnanime et intransigeante, tout en gardant son cœur tendre ainsi que son gout de la vie. Néanmoins, pour l’instant, il fallait qu’elle grandisse et passe par de nombreuses étapes avant de pouvoir prétendre à rejoindre les Guerriers. Elle n’était pas vraiment pressée, elle essayait d’apprécier la vie comme elle venait.

Elle parcourut quelques mètres pour boire un résidu d’eau de pluie tombée dans une petite pierre creuse sur le bord de la Pouponnière. Sa petite langue rouge vif rentrait et sortait rapidement, entrainant le liquide froid dans sa gueule pour hydrater sa gorge sèche. Ah. Voilà qui était mieux ! Ravigotée, Petite Noix commença à faire sa toilette. Elle s’appliqua à faire cela de manière méthodique et lente, comme le lui avait appris sa mère. Cette dernière dû corriger certaines zones mal faites, mais fut néanmoins fière du travail accompli. Petite Noix lui sourit, heureuse de recevoir un compliment. Enfin prête et propre, la petite sortit de la tanière, débouchant sur la clairière du Camp. Il ne faisait pas chaud, et ce vent n’arrangeait rien. Mais la fourrure de Petite Noix avait déjà commencé à s’épaissir ; aussi, elle ne se sentait pas incommodée par le froid. L’ait était humide, mais il ne pleuvait pas ; les nuages étaient d’un blanc docile, n’ayant pas l’air menaçants. Pour une fois - pensa Petite Noix. La petite inspira un grand coup, et expira dessinant un joli sourire sur son petit visage de chaton. Elle balaya le Camp de ses yeux dorés, voyant ce qu’il y avait d’intéressant à faire aujourd’hui. Pile de Gibier, non elle n’avait pas vraiment faim. Promontoire, non elle allait se faire disputer si elle galopait et sautait de rochers en rochers. Anciens, pourquoi pas mais leurs histoires étaient un peu toujours les mêmes et puis ils lui demandait toujours des services ennuyeux après… Comme enlever leurs tiques, aller cherche ci ou ça...Un pelage flamboyant arrêta son regard. Nuage du Renard ! Le sourire de Petite Noix s’élargit. Cet Apprenti de quelques lunes son ainé, passait de temps en temps quelques moments à jouer avec elle. Il était très gentil, la petite l’appréciait beaucoup. Il lui faisait penser à son frère Petit Renard, celui qui toussait beaucoup. Ils s’étaient trouvé un point commun un jour où le tonnerre grondait particulièrement fort. Petite Noix était terrifiée dans le Camp et Renard était venu lui tenir compagnie. Il restait fort, pour ne pas l'apeurer davantage surement, mais Noix pouvait voir dans ses yeux vairons un peu de frayeur aussi. Ce regard lui avait plu ; enfin un chat qui ne la ridiculisait pas à cause de sa peur de ce grondement épouvantable et qui semblait d'ailleurs trouver cela horripilant. Depuis ce jour, ils se voyaient de temps en temps. Pas tout le temps, car il était Apprenti, mais aussi souvent que possible. Ça changeait la vie de Petite Noix d’être avec quelqu’un d’autre que sa mère, étant seule Reine dans la Pouponnière. La queue en l’air, un beau sourire sur les babines, la petite chatte s’avança vers son ainé, d’un pas joyeux. Ce dernier ne l’avait pas encore vu, en fait il avait le dos tourné. Taquine, Petite Noix aplatie contre le sol, les oreilles rabattues. Son regard devint sauvage et prudemment elle rampa aussi silencieusement qu’elle pu vers l’Apprenti roux. Tel le chasseur traquant sa proie. Qu’est ce qu’il lui tardait de pouvoir apprendre à chasser ! Au dernier moment, lorsque la tension était à son comble, son cœur tambourinant dans sa poitrine, le regard fixé sur son objectif, la petite boule de poil sauta sur le dos de sa victime, en miaulant joyeusement.

« Je t’ai eu !! »

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Merci Nuage de Braise !!!
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Dernière édition par Souffle de Givre le Lun 19 Nov - 5:58, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un chasseur sachant chasser ... Prio Nuage du Renard   Sam 17 Nov - 20:41

Nuage du Renard
Le temps de l'insouciance...

Brrrr... *Vivement que la saison des neiges se termine*, pensai-je dans mon for intérieur.
Bien que le ciel soit plus dégagé qu'à l'habituelle, que la pluie ne soit pas en train de marteler nos terres, la fraîcheur de l'aube me faisait toujours frémir. Levé aux aurores pour chasser et patrouiller, malgré mon épaisse fourrure, je sentais le vent s'immiscer et glisser sur ma peau, me faisant frissonner de la tête aux pattes. Cependant le soleil qui pointait péniblement le bout de son nez allait certainement réchauffer l'atmosphère glaciale qui régnait actuellement. La rosée du matin était très légèrement glacé, se cristallisant sur les rares feuilles qui jonchaient le sol ou tenaient encore sur les arbres qui n'avaient pas été touchés par la foudre. Brr, je détestais la foudre. Je crois que l'eau est plus supportable que ce coup brutal et imprévu qui donnait l'impression que des centaines de monstres passaient soudainement sur le chemin du Tonnerre. Pour n'en avoir vu qu'un seul, je trouvais déjà leur puanteur et le fracas qu'ils faisaient très perturbant. Alors plusieurs... Ce devait être comme la foudre. Oui, et je détestais ça. Vraiment. Après m'être toiletté prestement, j'avais rejoint Rosée Cristalline avec Nuage d’Érable et son mentor Sombre Nuit pour une patrouille. Et nous en avions profité pour chasser un peu. D'humeur solitaire, j'étais parti seul de mon côté, préférant profiter d'un instant privilégié avec une nature silencieuse, certes éteinte, mais au moins, le temps était plutôt clément... par rapport à d'habitude ! Après avoir cherché pendant d'interminables minutes -car la chasse était beaucoup plus rude avec le déchaînement du clan des Étoiles-, je finis par repérer une grive qui picorait, le bec grattant le sol dur, à la recherche d'un ver à se mettre sous la dent. Comme quoi nous n'étions pas les seuls à souffrir ces temps-ci. L'idée de ramener aujourd'hui quelque chose pour ma tribu me revigora et je me mis aussitôt en position, bien décidé à ne pas la laisser partir. Retenant presque ma respiration, je progressai doucement, impatient pourtant de planter mes griffes dans ses plumes brunes tachetées de noir. Quand je fus à bonne distance, je fendis sur elle, ne lui laissant pas même le temps de relever la tête pour m'apercevoir. J'avais attrapé la première proie de la journée. Et j'espérais que d'autres suivent !

De retour au camp, je tenais seulement la petite grive dans ma bouche. La chasse avait été fructueuse, et la situation positive du début n'avait pas duré. Nous nous étions contentés de marquer les frontières avec le clan de l'Ombre, les mines déconfites pour rentrer avec à nous quatre, seulement cinq maigres proies. Insuffisant pour nourrir un clan entier, sans compter les anciens et les reines qui ne pouvaient sortir et avaient besoin de se rassasier comme les autres, même davantage. Je déposai mon maigre gibier sur la pile qui faisait peine à voir. Mais je ne baisserai pas les bras. Ce n'était pas en se lamentant que nous allions nous nourrir. Il fallait redoubler d'effort. Peut être que l'après-midi, qui s’annonçait un peu plus chaude, allait être signe de réussite ? Le temps plus favorable pousserait surement les proies à sortir de leur cachette. Un sourire aux lèvres malgré notre sortie quelque peu décevante, je pris une souris pour reprendre des forces avant de repartir. Soudain, je vis le regard sévère de mon mentor se poser sur moi. Oui, je sais les anciens d'abord... Je fis un effort monstre pour amener leur part aux doyens sans mordre une bonne bouchée. Il ne me resterait certainement rien quand je serai revenu. Peut être auront-ils un peu pitié de moi et me laisseront goûter un minuscule bout. Après tout, si j'étais fatigué, je ne pourrais pas espérer ramener grand chose. Déposant le gibier à l'entrée de la tanière, je saluai d'un ton, le plus joyeux possible, les anciens qui s'approchaient pour se servir. Les yeux brillants, je fixai intensément la nourriture qui se trouvait devant moi, m'asseyant sagement le temps que tout le monde ait pris sa part. Je me léchai discrètement les babines, essayant de récupérer un peu de viande, mais il n'y avait pas de quoi avoir le ventre rempli, c'était certain. Au contraire, cela me donna encore plus l'eau à la bouche ! Je m'apprêtai à repartir, quand un ancien me rappela. Les oreilles dressées, je fis demi-tour, me demandant ce que j'avais bien pu commettre comme erreur... quand le matou poussa du bout de son museau une part de sa proie. Tu en auras bien besoin pour le reste de la journée, me dit-il. Je bafouillai des remerciements avant de me jeter sur la nourriture, me promettant de lui ramener quelque chose si je le pouvais.

Je m'installai dans un coin pour terminer ma toilette. Mon poil s'était ébouriffé avec l'humidité du matin, et maintenant que les pâles rayons de l'astre de feu baignait le camp d'une douce chaleur, que je n'avais pas ressenti depuis longtemps, il était aussi plat que de la terre qu'on aurait piétiné. Je n'étais pas narcissique, mais un matou bien lavé était un matou en bonne santé. Et j'étais toujours de meilleure humeur lorsque j'étais bien propre. Me léchant vigoureusement le dos, le poitrail, les pattes, bref tout le corps, je sentis un présence non loin de moi. Mmh, ce devait être mon imagination, et puis les chats avaient commencé à s'activer depuis que nous étions partis. Je voyais déjà au loin Prêle des Champs organiser la prochaine patrouille, et quelque apprentis ramener des mousses imprégnées d'eau pour ceux qui ne pouvaient quitter le camp, sous la surveillance d'un guerrier. Depuis que le corps de Tempête d’Ébène avait été retrouvé sans vie à la combe sablonneuse, notre chef avait donné l'ordre qu'aucun apprenti ne sorte seul et que les anciens et reines devaient sortir le moins possible de l'enceinte du camp. Ce que je comprenais parfaitement, bien que j'aurai aimé pouvoir me déplacer librement sans quelqu'un pour vérifier que je ne me fasse pas étriper. Les images du corps en sang broyé et lacéré du guerrier défunt me revinrent subitement en tête, et je fus un instant pris d'effroi, me stoppant net dans mon activité. Je secouai la tête, tentant de chasser cette vision. A vrai dire, je m'étais déjà réveillé plusieurs fois en sursaut la nuit, mes cauchemars s'étant amplifiés. Je me voyais courir dans la forêt, fuyant une fois de plus le camp. Comme à chaque fois, j'avais envie de faire demi-tour pour rejoindre les miens, mais mes pattes refusaient de m'obéir. Je me retournais finalement à chaque fois et désormais, je sentais des effluves de sang séchés me prendre à les gorge et je découvrais, effrayé, d'autres cadavres. Enfin, pour le moment, il faisait jour, et le clan avait besoin de manger.

« Je t’ai eu !! », cria une petite voix aiguë.

Je sursautai brutalement, quand je sentis un poids s'affaler sur moi. Aussitôt, je reconnus l'odeur et la voix de Petite Noix, la seule chatonne survivante de Griffe de Belette, qui s'ennuyait fermement dans sa pouponnière. La petite serait baptisée apprentie dans quelque lune et déjà, dans sa façon de parler et appréhender les choses, elle paraissait plus âgé. En plus de nous tourmenter, ce châtiment volait l'insouciance de l'enfance. Fort heureusement, elle était toujours partante pour jouer, et sa bonne humeur était contagieuse. Jamais elle ne connaîtrait les senteurs de la forêt, ses couleurs chatoyantes... du moins pas pour le moment. Mais elle ne semblait pas indisposée plus que ça. En revanche, la foudre lui faisait peur. Je savais de quoi je parlais, la première fois que je lui avais parlé, c'était un soir comme les autres, quand le tonnerre grondait. Je l'avais vu frémir, les yeux grands ouverts, terrorisée par ce bruit apocalyptique. J'avais connu étant petit ce sentiment de peur et d'isolement face à quelque chose qu'on ignore et qu'on ne contrôle pas. Encore aujourd'hui, mon pelage se hérissait dès que j'entendais ce vacarme. Je lui avais tenu compagnie, histoire de lui changer les idées. Et pour moi aussi, car la présence de quelqu'un d'autre me rassurait. Même si ce n'était qu'une petite chatonne inoffensive. Depuis, j'essayais de passer la voir, imaginant à quel point la solitude devait être pénible. D'habitude les chatons jouaient entre eux, elle ne le pouvait pas, étant le seul chaton du clan. Alors qu'elle me donnait des petits coups de pattes, s'agrippant à mon dos, je décidai de jouer le jeu et roula sur le côté, me laissant tomber sur le flanc en répondant.

« Argh, tu m'as touchée... mais ma vengeance sera terrible ! »

Je me relevai subitement, et la fis basculer sur le dos, tout en mesurant ma force. Elle devenait de plus en plus robuste et agile de jour en jour, mais j'étais néanmoins plus puissante qu'elle et un coup trop fort pourrait lui faire mal. Voyant qu'elle conservait son air rieur et malicieux, je me dis que je ne pouvais pas repartir et la laisser seule à nouveau. Les proies pouvaient attendre un peu, je demanderai à participer à nouveau à la prochaine patrouille. Jouant avec Petite Noix, je feignis d'être un chat adversaire, la laissant m'attaquer, me laissant tomber par moment. Elle réussissait cependant à me mettre quelques coups de patte, sans que j'ai besoin de l'esquiver. Je m'allongeai sur le ventre, en position de sphinx, ronronnant d'amusement.

« Alors quoi de beau ? Tu es allée écouter les histoires des anciens ce matin ? Certains sont de très mauvaise humeur aujourd'hui, ils n'arrêtent pas de bougonner qu'il fait trop froid !»

[HS: J'avais un doute, tu es bien la seule survivante de la portée c'est bien ça ?]

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Plume de Cardinal

Esprit Ensanglanté

Patte d'Epice

Nuage du Renard

Esprit Nébuleux

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MessageSujet: Re: Un chasseur sachant chasser ... Prio Nuage du Renard   Lun 19 Nov - 6:57

La petite boule de poil sauta joyeusement sur son ami, se permettant de lui donner de faibles coups de pattes. Riant aux éclats, elle tomba du dos de sa « proie » alors que celle ci roulait sur le côté, proférant des menaces en l’air, pour faire perdurer le jeu. Avant qu’elle ne réalise ce qui lui arrivait, la petite se retrouva bloquée, par son assaillant sur le dos. La surprise se lisait sur son visage mais très vite elle se remis à sourire, contente que Nuage du Renard accepte de jouer avec elle. En se tortillant, tel un petit ver de terre, elle parvint à se défaire des griffes de l’ennemi. La queue en panache et le poil hérissé elle faisait le gros dos, pensant impressionner son adversaire. Elle donnait beaucoup de coup de patte dans le vent, d’autres touchaient leur cible mais l’Apprenti n’avait pas de soucis à se faire concernant la force de Petite Noix. S’en suivit un long moment de jeu, agrémentant la lourde atmosphère du camp de rires et de cris de joie. Certains Guerriers au regard morose, avaient l’air d’être irrité par cette avalanche de bonheur et de bons sentiments. Ils devaient probablement se demander à quoi pensaient ces chatons pour jouer alors que le monde était au bord du gouffre ? Ce n’étaient pas des jeux qui allaient nourrir le Clan ! Nuage du Renard et Petite Noix étaient trop occupés pour prêter de l’attention à ces râleurs, qui leur jetait des regard noirs courroucés. Mais il y avait aussi des chats qui se prélassaient dans la clairière profitant du temps clément, et appréciait un peu de joie de vivre. C’était comme avant, comme quand le Clan était normal. Les chatons jouaient, on entendait leur cris perçants retentir dans tout le Camp… c’était parfois ennuyant mais… ça prouvait qu’il y avait de l’amour et que la relève des Guerriers étaient en marche. De nombreux sourires se dessinaient sur les visages, l’atmosphère devenait plus légère, comme une belle matinée étant une simple augure d’une journée encore plus magnifique. Petite Noix ne les voyait pas, elle était occuper à faire de son mieux pour gagner face à Nuage du Renard… ou plutôt… ne pas trop perdre ! Elle essayait toute sorte d’esquives, qui parfois marchaient, surtout du à sa petite taille. Sautillant dans tous les sens elle miaulait et feulait gentiment, essayant encore et encore de se rendre plus impressionnante mais elle n’avait décidément pas l’air d’une tueuse. La lueur malicieuse de son regard ne la quittait pas, tout comme la joie qu’elle ressentait en ce moment présent. Elle ne voulait pas que ça se termine, elle ne voulait pas retourner à s’ennuyer toute seule. Hélas elle savait que Nuage du Renard allait devoir, tôt ou tard, partir ; il avait des devoirs important à accomplir.

Exténuée, Petite Noix s’affala sur le ventre, les quatre pattes écartées, la langue pendante. Quelle bataille ! L’Apprenti décida aussi que le jeu devait prendre fin et s’allongea en face d’elle en ronronnant joyeusement. La petite se redressa un peu et se mit dans la même position que lui, en sphinx. Oui, les chatons imitent beaucoup leurs ainés, n’est-ce pas la base de l’éducation ? Son sourire ne perdait pas de sa force et elle regardait le rouquin dans les yeux. Ces yeux étaient si étranges ! Elle n’en avait jamais vu comme cela ailleurs, il devait être le seul du Clan à les avoir ainsi. C’était beau. Elle aussi elle aurait aimé avoir des yeux comme ça, une petite particularité qui la différencierait des autres chats. Bon, elle avait ses taches qui étaient assez particulières, mais on veut toujours ce que l’on a pas alors à quoi bon chercher une raison particulière à cette envie.

« Alors quoi de beau ? Tu es allée écouter les histoires des anciens ce matin ? Certains sont de très mauvaise humeur aujourd'hui, ils n'arrêtent pas de bougonner qu'il fait trop froid !»

Petite Noix grimaça. Les Anciens étaient toujours bougons. Jamais un jour n’était assez bien pour eux, ils râlaient râlaient… Quand la petite allait les voir, elle faisait attention à rester très polie, comme sa mère le lui avait dit. Mais parfois c’était embêtant de rester avec eux. Ils parlaient tout le temps de « avant » ; que c’était mieux avant, qu’avant il y avait plus à manger, qu’avant les Apprentis étaient respectueux, qu’avant on ne faisait pas cela comme ça ou cela comme ci. Mais ils restaient, après la compagnie de Nuage du Renard, sa seule distraction, alors elle s’obligeait à y aller au moins une fois par jour. Et puis, même si ils étaient plusieurs, ils devaient aussi peut être se sentir seuls parfois, tout comme elle. Autant réunir leurs solitudes.
La petite était gentille au fond, oui elle avait un grand cœur… mais ça ne l’empêchait pas de les critiquer lorsque sa mère lui demandait comme sa visite s’était passée. Qui ne critiquait pas ? Nuage du Renard lui même venait de le faire, personne n'était à l’abri de cette tentation, d'autant plus qu'en ce qui concernait des Anciens, il y avait fort à dire. Elle soupira et répondit à l’Apprenti en souriant.

« Non j’y suis pas encore allée, je viens juste de sortir de la Pouponnière là en fait. Maman m’avait dit d’aller manger mais je n’ai pas très faim et puis après je t'ai vu et voilà. J’irai les voir ce soir surement… lorsqu’ils seront prêts de s’endormir … ainsi il seront peut être moins enclins à me raconter comme c’était teeeeeeellement mieux avant…. »

Elle prononça cette dernière phrase sur le ton de la confidence, de sorte à ce que personne d’autre ne l’entende. Elle ne voulait pas non plus qu’on pense qu’elle n’aimait pas les anciens. Non ! Surtout pas ! Ils étaient très sympathiques dans leurs bons jours, mais le problème était que ces derniers se faisaient de plus en plus rare. Ce qui était bien c’était leurs histoires de batailles glorieuses et leurs contes. Elle passait parfois des heures à les écouter lui narrer leurs exploits passés. Certains d’entre eux étaient de grands Guerriers, qui avaient vu passer bien des saisons et parfois plus d’un Chef ! Ils avaient essayé de lui expliquer, et elle avait essayé de comprendre, que c’était rare de connaître plus d’un chef dans sa vie de chat, car leurs meneurs avaient neuf vies potentielles à user avant de mourir et rejoindre leurs ancêtres. Mais le concept de la vie et de la mort était déjà assez vague pour qu’en plus certains aient le droit à plus de vies que d’autres.
Petite Noix roula sur le côté, ronronnant de plus belle. Elle aimait les histoires de bataille, mais ce qu’elle aimait le plus c’était les histoires de chasse. Elle avait parfois demandé aux anciens de lui raconter « leur plus belle chasse », et elle était ressortie de l’Antre le cœur battant et avec des étoiles dans les yeux. Chacun avait ses propres termes et sa manière intime de lui raconter cette expérience, ce qui rendait l’histoire finale encore plus belle. Généralement, il s'agissait de leur première proie, ou du moment où ils se sentaient faire partis de la nature elle même. La petite comptait les jours qui la rapprocheraient de sa première chasse. Elle se fichait de savoir se battre, elle voulait attraper une souris. Lorsque cela serait fait… elle pourrait se pencher plus en avant sur son avenir de Guerrière. Pour elle la première chasse représenterait la fin de l’enfance, la fin d’elle comme « inutile » et le début d’une nouvelle ère pour elle. Rapide et bavarde, elle ne laissa pas Nuage du Renard avoir le temps de répondre à sa première intervention, que déjà elle ouvrait déjà la bouche pour parler.

« Et toi tu as fais quoi ce matin ? Tu es allé chasser avec les autres guerriers ? Tu as attrapé des proies ? Tu as vu des méchants Guerriers ? Tu as combattu ? Tu t’es entraîné ? Où est ton Mentor ? »

Elle décida d’arrêter la sa mitraille de questions. Clouée au Camp, elle ne vivait qu'à travers les histoires de l’extérieur. Elle était vouée à aimer la nature et les grands espaces, du coup, tout ce que pouvait lui dire ses camarades, attisait son imagination, peignant une formidable image de ce qui l’attendrait lorsqu’elle sortirait pour la première fois du Camp. Elle regardait Nuage du Renard, les yeux dans les siens, avide de savoir. Elle aimait quand il lui racontait sa vie d’Apprenti. Lors de leur rencontre, il lui avait raconté plein de choses, qui n’avaient d’ailleurs pas forcément de liens entre elles, mais cela couvrait le bruit de la foudre. Elle aussi serait Apprentie bientôt, ils pourraient même peut être faire des patrouilles ensemble un jour ! Quelle joie ! La queue de la petite frétillait de bonheur. En cet instant elle était redevenue un chaton, une âme simple et vierge de tout tourment. Innocente, semblant tenter de récupérer l’enfance qui lui était volée. Elle avait oublié sa solitude et oublié que Nuage du Renard n’allait probablement pas passer toute la journée avec elle et que, tôt ou tard, il devrait partir. Mais tout de suite elle souriait de tout son cœur.


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MessageSujet: Re: Un chasseur sachant chasser ... Prio Nuage du Renard   Dim 13 Jan - 19:59

[Désolé pour l'attente qui peut même plus être qualifié d'attente, tellement ça fait longtemps que j'ai pas répondu :><: Je réponds donc dans la semaine, ou le WE prochain au plus tard !]

« Non j’y suis pas encore allée, je viens juste de sortir de la Pouponnière là en fait. Maman m’avait dit d’aller manger mais je n’ai pas très faim et puis après je t'ai vu et voilà. J’irai les voir ce soir surement… lorsqu’ils seront prêts de s’endormir … ainsi il seront peut être moins enclins à me raconter comme c’était teeeeeeellement mieux avant…. »

J'eus un léger pincement au cœur, en effet, la petite étant née alors que le chaos s'installait déjà, elle ne pouvait pas imaginer comment c'était avant. Et pour une fois les anciens n'extrapolait pas, c'était vraiment mieux avant. Jamais elle n'avait connu les rayons de soleils chaleureux qui venaient vous caresser alors que vous tétiez le bon lait maternelle, sous un bosquet de fougères. Jamais elle n'avait gambadé dans une nature florissante et vivante. Un jour elle le pourra. Même si ce n'est pas dans cette forêt, n'importe où, je suis persuadé qu'il existe bien un endroit où le clan des Étoiles ne peut pas nous infliger son châtiment.


« Et toi tu as fais quoi ce matin ? Tu es allé chasser avec les autres guerriers ? Tu as attrapé des proies ? Tu as vu des méchants Guerriers ? Tu as combattu ? Tu t’es entraîné ? Où est ton Mentor ? »


Assailli soudainement par une montagne de questions, je rigolai intérieurement, sentant qu'au fond d'elle régnait encore une âme curieuse de chatonne. Quelque peu fier, j'avais l'impression d'être un vrai guerrier, qui enseignait à un apprenti, ou encore un ancien qui racontait les moments les plus intrépides de son apprentissage... alors que le mien était d'ailleurs loin d'être fini. Gonflant le poitrail inconsciemment, je répondis d'une voix sérieuse, tout embellissant grandement la simple sortie de routine que je venais de faire.

« Je reviens d'une patrouille en mission très importante. Nous sommes allés près des Rochers aux Soleils pour surveiller nos frontières, on a pas vu grand monde finalement, de toute façon si quelqu'un s'était pointé, nous l'aurions fait déguerpir plus vite qu'il ne serait venu ! Du coup, ça nous a laissé du temps pour chasser. Chaque sortie est un entraînement, et il faut toujours être vigilant, on ne sait jamais ce qui peut surgir du buisson non loin de nous... »

Je dis cette dernière phrase en baissant ma voix, comme si quelqu'un nous épiait. Amusé, je me dis que si chaque escapade était comme ce que je venais de raconter, ce serait beaucoup plus drôle. Seulement, les autres chats de clans devaient avoir pas mal de problèmes de leur côté également, et donc il était rare d'en croiser près de notre territoire. Comme les partis de chasse paraissaient plus être une corvée qu'autre chose... Évoluer dans la désolation, ce n'était pas très motivant. J'avais l'impression que Petite Noix trépignait encore plus d'impatience de recevoir son nom d'apprentie. Sans trop réfléchir, je lui proposai alors :

« Si tu veux, on peut aller faire un tour non loin du camp ? Je pourrai même te montrer quelques techniques de combat, ou encore de chasse ? »

A vrai dire, je savais que ce n'était pas une super idée. Notre chef avait été ferme là dessus : depuis la mort de Tempête d’Ébène, aucun apprenti n'était autorisé à sortir seul, sans être accompagné d'un guerrier. Alors un apprenti et une chatonne... Mais elle devait tellement s'ennuyer dans cet espace si réduit. Elle devenait tous les jours un peu plus grande, et le camp qui devait lui paraître immense à sa naissance, devait rétrécir peu à peu à ses yeux désormais. Haussant les épaules, je me dressai sur mes quatre pattes, comme pour paraître plus confiant vis à vis de ma proposition. J'étais sur qu'elle accepterait. Et donc je me mis à courir comme une flèche vers l'entrée du camp, sachant que nous n'allions restés de donc façon qu'aux abords de celui-ci. M'arrêtant juste devant, je lui criai sur un ton espiègle :

« Alors, on a perdu sa langue et son énergie ? »

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