« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

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 EVENT P.2 -APOCALYPSE ! (Clan du Tonnerre)

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MessageSujet: EVENT P.2 -APOCALYPSE ! (Clan du Tonnerre)   Mar 6 Nov - 11:17

« Oserons nous y croire ?
F.R.A.G.M.E.N.T.S - É.T.O.I.L.É.S


EVENT PARTIE DEUX : -APOCALYPSE !
« Quand paroles sont contestées.
« Assise face à la lande, tu observais le monde… Sphère qui paraissait bien lointaine à présent. Pleurs et soucis venaient à ton oreille alors que le vent transi de force et de haine dansait sans pitié contre amour et rancœur. Ton regard oscillait, perdu de ce paysage, il valsait au gré de l’envie transie. Sa lueur si particulière flottait dans la pénombre alors que de son or vieilli étincelait l’émeraude voilée. Le son du présent résidait en ton âme alors que futur approchait, s’écoulait et devenait passé enduré. Sur ton visage figé le sourire ne dansait plus.. Bien au contraire, tu étais mue dans un masque d’agonie silencieuse, tout en toi expiait la grâce et la force mais ton minois semblait décalé à ta vérité ; il ramenait les rêves sur terre d’une constance sans douceur et sa tonicité muette faisait trembler l’ombre même qui venait te getter. Doux il n’était plus depuis un moment déjà, mais de sa froideur lointaine on pouvait enfin déceler en toi un de ces sentiments enfermés. Une certaine agitation en ton être alors qu’au dessus tes yeux restaient seuls rois. Rois contre toutes attentes, contre tous péchés. Ils exprimaient un certain malaise et de leur fermeté endurée ils laissaient paraître une beauté que l’on ne te connaissait pas. Certes tu n’étais plus jeune nocive inconsciente et naïve, mais encore jeune tu étais. Ta force réelle s’exhibait sans même que tu ne le veuilles et de ta posture s’inclinaient ceux qui savaient voir.

« Dans tes pupilles une image dansait. Vétuste, en retirait un certain charme ; elle semblait exprimer un désir, une chose cachée. La vision du céleste éclata dans ton cœur alors qu’un frisson montait en toi. Devant tes yeux qui ne voyaient plus réalité se dévoila cette triste authenticité. Un cri te parvint alors qu’un fracas s’abattait sur l’astre terrestre. Ta vision s’empourpra violement et alors que tu tournais le regard, dans ta tête raisonna une chose que tu ne croyais plus vouloir. Cette voix sans charme à la rudesse élémentaire pourtant insista et alors que refusant d’écouter tu pressais tes paupières closes pour effacer la trace de cette idée. Enfin, à bout de force et d’idée, tu laissais ta vision de guider. Le souffle devint alors murmure, puis, parole. Ses jérémiades te parvinrent et alors sa clameur t’assourdissait tu entendais clairement sa menace. Frissonnant à sa parole, tu poussais un gémissement d’agonie. Il était temps de courir au secours des pécheurs égarés.

« La toile semblait ravagée par mille démons alors que tu la traversais d’un pas ; autours de toi les arbres s’agitaient, plus peu sûrs que jamais. Tu t’élançais et un sourire moulu et vanné fleurissait à ton visage, tes yeux assombris par la vérité fatale tachant ta beauté. L’heure était venue, l’accident était proche.

« C’est à cette idée que tu devinais la tragédie derrière le miroir, tout s’éclairait alors que ta frustration s’épanouissait. Il était trop tard. Tu éternuais tant l’odeur était méconnaissable, tant le peu que tu voyais te troublais : Une trainée ensanglantée ruisselait telle une rivière empourprée de saletés. Avançant lentement, au contour d’un virage, tu distinguais les contours de la combe sablonneuse, ses premiers grains débordant de rubis dégoulinant. Quelqu’un s’était trainé là, et ce sur une longue durée… Ou… Avait été trainé.

« La pluie se précipita sur l’univers, brisant le lien de sang, nouant vérité cachée. D’un pas raide tu avançais vers l’avenir fermant te refusant le luxe de fermer ne serait-ce qu’une seconde paupières. Tu savais. Oui au plus profond de toi tu savais qu’il ne serait en vie. Celui dont l’odeur empourprée et engorgée était à demie masquée. Tu savais qu’il n’était seul et malgré cela, tu ne prenais peur. Une chose en toi te disait que tu n’avais à avoir peur, que cette présence ne te serait fatale. Tes pas lent s’orientaient dans les entrailles de la combe sablonneuse, puis... Spectacle macabre qui rudoya une part de toi.

« Il était là, à terre, baignant dans une marre de sang. Le sol terreux de la combe n’était plus que fouillis et hémoglobines ; le néant s’emblait être roi seul de la toile. Les teintes avaient été comme choisies pour un hymne funéraire maudit tandis que la vie semblait avoir fuit. L’incarnat pur au corail vermillon, tout n’était que déluge et saletés. Sa position tordue dans un psaume de supplice semblait difforme et incongrue. Ses yeux à demi clos laissaient paraître par dessus l’amertume et la peur, par dessus le gris de la mort un sentiment bien plus profond… Apaisement et trahison se mêlaient dans un rendu qui jamais ne dirait mot, qui jamais plus ne pourrait expliquer quoi que ce soit.


« Un hoquet de surprise, une douleur dans ma poitrine. Je levais lentement les yeux vers la chatte qui comme moi, depuis son arrivée n’avait pas bougée. Nous étions arrivées simultanément, je le ressentais. Au fond de moi une voix me disait qu’elle n’était coupable de rien. Ma souffrance se décupla quand je songeais à son retour dans notre clan. Elle avait disparu d’un coup d’un seul, nous laissant quelque peu seuls et désemparés. Et la voilà, pauvre reine qu’elle était ; à revenir dans un instant si troublé. Je me sentais si désespérée pour elle. Arriver pour découvrir cela, à mes côtés dans un silence qui à force d’attendre, semblait suffoquer. Je la fixais de mes pupilles dilatées, il fallait que je me reprenne. Cette chose à nos pieds était à peine transportable… Qu’en dire, que faire ? Cette chatte à mes côtés devait être la seule de toute à voir mon regard si troublé, ma peur si présente. Il fallait que je me reprenne. Sans un mot, je tentais un sourire envers elle, je savais qu’elle comprendrait. Je fermais d’une patte les yeux encore ouverts du cadavre et d’un signe, demandais à la vivante de me suivre. Perle de Sucre était de retours… Et ce pour le meilleur comme le pire.



« Forme qui s’élance avec puissance dans le tunnel menant au clan, miaulement sonore et ferme. Chatte qui saute en haut du promontoire et qui de son regard aussi sombre que les ténèbres, aussi indéchiffrable que l’univers toise le monde. Il est temps de parler.

« Chats de la foudre, chats du tonnerre.

« Voix à peine maitrisée, voix forte qui pourtant laisse paraître un creux. J’inspire un grand coup, observe ceux de mon clan avec une tendresse déchirée. Par où allais-je commencer ?

« Je commencerai par vous dire qu’une chatte est de retours dans notre clan, Perle de Sucre a retrouvé la voie du clan du tonnerre ! Soyez heureux tout comme moi de sa présence, nous savons tous que sa disparition et ses longues lunes d’absences furent des plus douloureuses pour nous. Mais à présent, il me faut vous dire quelque chose que je me refuse. Avant toutes paroles, je vous implore le calme.

« Mon regard se fixe dans celui de tous. J’ai déjà pensé à comment leur annoncer. Mais leur dissimuler ainsi la vérité serait trop injuste. Alors que la détermination monte en moi, je lance un regard lointain à mon lieutenant. Mes yeux se voilent :

« Tempête d’Ébène est mort. Sa carcasse presque vidée semble avoir été violée par mille furies, son sang macule toute entière la combe sablonneuse.

«Je demande à Rosée Cristalline, Sombre nuit et Nuage de Renard d’aller chercher son corps. Son esprit est maintenant en paix aux côtés des étoiles. Bénissons sa mémoire. Nuage de Renard, si tu ne te sens pas d’aller chercher sa dépouille, je ne t’en oblige pas.

« Mon regard veut tout dire. Il pleut averse, la foudre trombe au loin. Même si les pleurs du céleste nettoient son corps inerte à sa vue de nombreux tourneront de l’œil. Ou nous faudra être courageux. D’un regard sombre, je toise l’assemblée, et déclare avec force et adversité :

« L’apocalypse vient de commencer.

« Et d’un bond je rejoignais les miens.



Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: EVENT P.2 -APOCALYPSE ! (Clan du Tonnerre)   Mer 7 Nov - 15:07

Nuage du Renard
« Apocalypse Now »

Un violent coup de tonnerre retentit.
Je sursautai brusquement, le poil hirsute et la fourrure hérissée. Désormais habitué à ces manifestations funeste et menaçante, la foudre qui venait de s'abattre pour la énième fois me parut encore plus brutal que les fois précédentes. La peur passée, vint la curiosité mêlée à de l'angoisse. Mes membres ankylosés tremblaient. A cause de l'entraînement, de la vie rude que l'on mène depuis maintenant trois lunes, à cause de cette crainte que l'apocalypse redouble d'ardeur et s'en prenne cette fois à nous. Après tout, c'est ce qui arrivera. Une fois qu'elle se sera occupé de mettre la forêt à feu et à sang, que nos terres seront brûlées et meurtries, que plus jamais les bourgeons et les fleurs ne pousseront, et que tout animal aura déserté celle qui était autrefois verdoyante, alors à ce moment - là, leur colère se déversera directement sur nous. Et quand ce jour viendra, nous serons. Nous devrons l'être. Mais nul ne devrait avoir à subir le courroux de ses ancêtres. Je m'ébrouai, me persuadant qu'il ne s'agissait que d'un simple éclair parmi tant d'autres. Je choisissais d'ignorer mes sens, qui au plus profond de moi, me chuchotait de fuir, que le camp n'était plus sur. Jetant un regard vers la grive que j'étais en train de manger, j'eus soudain un haut le cœur. J'eus la nausée, ressentis du dégoût à me goinfrer alors que les anciens attendaient leur part. Penaud, je rivai mes yeux sur l'étroit couvert de feuilles et d'épines qui servait de tanière aux plus âgés. Me levant difficilement, je m'y dirigeai, ventre à terre au petit trot, la précieuse proie dans la bouche. Je la déposai finalement, coulant un regard vers les chats qui dormaient en boule les uns contre les autres. * Mieux vaut ne pas les réveiller, l'odeur qui s’élève du gibier finira bien par leur donner l'eau à la bouche, et ils viendront la récupérer eux - même, * pensai - je.

Je me décidai alors à partir chasser. Bien que le clan de ne manque pas d'effectif, qui dit beaucoup de matous, dit plus de bouches à nourrir. Dont les reines et les petits qui ne peuvent sortir. Je préférai sortir par derrière la pouponnière, me glissant derrière les fougères qui formaient un cercle autour de l'enceinte. J'avais envie d'être seul, et n'étais pas d'humeur à plaisanter, donc aucune envie de croiser d'autres apprentis -même si je les appréciai beaucoup- ou Rosée Cristalline. Elle devait de toute façon être partie en patrouille avec notre lieutenant que je ne voyais pas au camp. Je grognai tout en pataugeant dans la boue. Les averses de plus en plus nombreuses et fortes avaient rendue la terre plus malléable et les terrains étaient particulièrement glissant. Je grimaçai au contact de cette matière qui mélangeait terre et eau. Le liquide précieux, je préférai l'avoir dans le gosier que sur le corps. La gueule entrouverte, les moustaches frémissantes, je choisis d'attendre, tapi dans les fourrées. Débusquer une proie devenait une tâche de plus en plus ardue, mieux valait faire le moins de bruit possible et attendre. Observant un petit vallon en contrebas, de là où je me trouvai, je pouvais voir et ne pas être vu. Je me ratatinai sur moi - même du mieux que je pus, le vent ne cessant de changer de direction, même si le gibier ne me voyait pas, il pouvait me sentir. Après d'interminables minutes à scruter des feuilles volées et rien de plus, une odeur de souris me parvint finalement. Clignant des yeux, je finis par la repérer en train de pointer doucement le bout de son museau hors d'une minuscule cavité, où une patte de chat ne pouvait pas passer. Prenant peu à peu confiance, elle s'extirpa de son refuge pour aller grignoter. Nous n'étions pas les seuls à mourir de faim. Portant tout mon poids vers l'arrière, frôler à peine le sol n'était pas facile, car je progressai dans une pente. Mais j'étais décidé à ramener ne serait - ce qu'une malingre petite souris. Contournant un petit rocher, je me plaçai derrière elle, bouchant l'entrée de sa cachette. Puis je lui assenai un agile coup de griffe tout en bondissant. Sa nuque se brisa, une proie de plus pour le clan.

Lorsque je revins au camp, notre meneuse se dressait sur le promontoire. Les yeux écarquillés, un frisson me parcourant l'échine, je compris instinctivement à sa voix et son regard que quelque chose de grave venait de se passer. Je faillis lâcher le petit corps encore chaud qui pendait dans ma gueule. Je me dépêchai de le déposer parmi le reste -enfin le peu qu'il y avait- et vins me placer aux côtés de Nuage d’Érable. Elle ne m'adressa pas la parole, concentrée comme tous les autres sur les paroles de Fragments Étoilés. Je fis monter, une appréhension naissante montant en moi. Je redoutai ce qu'elle allait dire. Et pas qu'un peu.

« Je commencerai par vous dire qu’une chatte est de retours dans notre clan, Perle de Sucre a retrouvé la voie du clan du tonnerre ! Soyez heureux tout comme moi de sa présence, nous savons tous que sa disparition et ses longues lunes d’absences furent des plus douloureuses pour nous. Mais à présent, il me faut vous dire quelque chose que je me refuse. Avant toutes paroles, je vous implore le calme.

Demander le calme n'était presque pas nécessaire, car bien que heureux de voir cette guerrière, dont j'avais beaucoup entendu parler, revenir, nous savions que ce n'était pas fini. Et cette chose que notre cheffe se refusait de nous dire fit monter la tension d'un cran, alors que celle - ci était déjà à son comble. Je vis quelques anciens guerriers, accueillir Perle de Sucre avec des miaulements qui se voulaient joyeux, mais la tristesse et l'affaiblissement se percevaient dans leur voix. La vétérante sembla comprendre la situation et ne tint pas rigueur aux innombrables autres matous qui étaient restés concentrer sur la chatte tigrée qui se dressait devant nous. D'ailleurs le désarroi, le bouleversement et la compréhension luisaient dans son regard. Je fronçai les sourcils, me demandant ce qu'elle savait vraiment. Nous n'allions pas tarder à le savoir malheureusement...

« Tempête d’Ébène est mort. Sa carcasse presque vidée semble avoir été violée par mille furies, son sang macule toute entière la combe sablonneuse.

Nous venions de nous prendre une immense claque. Interdits, un silence de mort plana sur l'assemblée. Personne n'échangea, ne s'interrogea tout haut. Soudain, un brouhaha sourd retentit, je n'y pris pas part. Je restai silencieux, abasourdi par la nouvelle : des questions se bousculaient dans ma tête. Que lui est - t - il arrivé ? Comme est - ce possible ? L'apocalypse nous touche - elle réellement maintenant ? Pourquoi maintenant ? Nous ne sommes pas prêt... Qui sera le prochain ? Même les chatons qui habituellement piaillaient lors des assemblées semblaient comprendre la gravité de la situation, bien que tout n'était pas parfaitement clair pour eux. Je restai comme coupé du monde extérieur, ne faisant pas attention à ce qui se passait autour de moi. L'image du valeureux guerrier gris tigré de noir m'apparut tout à coup. Je déglutis en pensant à son corps déchiqueté, déformé par on ne sait quel maléfice. Je secouai lentement la tête. Même si je ne le connaissais pas personnellement, cette nouvelle me fit un choc incroyable. Je dis quelques paroles vers les cieux, me demandant si Tempête d’Ébène se trouvait désormais parmi ce clan de traîtres ou s'il errait dans la voute céleste, seul, banni. Mes griffes raclèrent le sol, je les avais supplié de veiller sur nous... et ils n'ont rien fait. Je ne pouvais même plus compter sur ma famille décédée... Je relevai soudainement le museau lorsque j'entendis mon nom retentir.
«Je demande à Rosée Cristalline, Sombre nuit et Nuage de Renard d’aller chercher son corps. Son esprit est maintenant en paix aux côtés des étoiles. Bénissons sa mémoire. Nuage de Renard, si tu ne te sens pas d’aller chercher sa dépouille, je ne t’en oblige pas.

Je devinai dans son regard toute l'horreur et les atrocités qui s'étaient passé dans la combe sablonneuse. Et je n'étais certainement pas au bout de mes peines. Car cette lueur, jamais je ne l'avais vu dans le regard de notre meneuse auparavant. J'ignorai dans quel état nous le trouverions véritablement. Me tenant droit, je hochai de la tête. J'irai. Et puis je n'étais pas seul. Les yeux voilés par la peur et la tristesse, je fixai Rosée Cristalline, cherchant du réconfort. Mais ma mentor ne détourna pas le regard de Fragments Étoilés. Je me collai alors un peu à Nuage d’Érable, ressentant le besoin de sentir une présence amicale. Les mots qui suivirent nous heurtèrent violemment.
« L’apocalypse vient de commencer.

Je me balançai d'une patte à l'autre, bougeai les épaules. Un malaise inexplicable et frénétique me prit. Les yeux dans le vague, je ne réalisai pas. Je ne le voulais pas. Car ces paroles signifiaient implicitement pour moi : « Nous ne sommes plus à l'abri nul part ». Une boule se forma dans ma gorge. Me levant de manière mécanique, je me dirigeai, le regard sombre vers Rosée Cristalline et Sombre nuit pour aller ramener la dépouille du défunt guerrier. Je ne redoutai plus l'état dans lequel nous allions le trouver. Le clan des Étoiles venaient de nous déclarer officiellement la guerre. Ils venaient la chercher chez nous, dans notre propre camp : félicitations à eux, ils venaient de la trouver.

~~
~~
~~


Une pluie glaciale tombait désormais, nous fouettant de toute part. Mais malgré le froid, j'attendis un signal. Assis, j'observai de mes yeux vairons Sombre Nuit et Rosée Cristalline qui échangeaient avec Fragments Étoilés. Je préférai rester à l'écart, de toute façon, je n'étais un pas un vétéran, je n'avais pas à me mêler de ce qui ne me regardait pas. On m'avait demander de ramener le corps, point final. Mais même si j'essayai de me montrer brave, même si je n'avais plus aussi peur, imaginer l'odeur du sang séché me donna la nausée. Je me relevai finalement, puis ventre à terre, suivi mes aînés qui galopait vers la combe sablonneuse. Plus je m'approchai, plus les effluves de sang, de carnage m'envahissaient. La mine déconfite des deux guerriers trahissait également leur dégoût. Après tout, qui n'aurait pas envie de vomir en sentant cette odeur de charogne. Et encore, nous n'avions encore rien vue. Nous remontâmes la pente, avant de pénétrer dans la combe. Ce que je vis m'horrifia, me terrifia, je ne peux même pas qualifier ce que je ressentis à la vue de ce corps déchiqueté, broyé, lacéré, on peinait à reconnaître la dépouille d'un chat. Son visage était déformé et griffé, seul ses yeux entrouverts, écarquillés par une expression de peur, montraient qu'il avait bien été un chat autrefois, et n'avait pas toujours eu cette figure répulsive. Il était baigné dans une marre de sang, qui mêlée au sable ocre donnait une teinte marron et orangée à l'odeur épouvantable. La queue basse, je m'approchai, les membres tremblants. J'avais l'impression que si nous touchions ou déplacions le corps, il se désagrégerait. Voyant qu'ils tentaient de bouger son cadavre, je m'approchai pour les aider. J'entrepris de le prendre par la peau du cou. Aussitôt, le goût du sang envahit tout mon être, et je fis un effort monstre pour ne pas rejeter de la bile. En fait, j'avais bien fait de ne pas manger cette grive, le matin - même. Les deux guerriers firent le plus gros du travail, je me contentai d'empêcher sa tête abîmée de trainer sur le sol mouillée, dans la boue. C'est sans un mot que le corps fut finalement ramené dans l'enceinte du camp, non pas sans peine. Les reines avaient rentré les chatons dans la pouponnière pour ne pas qu'ils voient cette scène macabre. Les vétérans et amis du guerrier défunt s'approchèrent, pour lui rendre un dernier hommage. Je m'éloignai, et me mis à l'écart. J'empestai un mélange de charogne et d'hémoglobine. J'entrepris alors de nettoyer mon pelage avant de rentrer dans la tanière des apprentis, pour ne pas répandre cette odeur de mort. Cet événement m'avait totalement coupé la faim, et je n'avais plus qu'une envie, sombrer dans le sommeil, me blottir dans ma litière. Je sentis ma mère poser un regard de détresse et de compassion sur moi. Mais je n'avais aucune envie de la rejoindre. Je voulais être seul. Et oublier, retrouver mes songes et mes rêves.

_________________

Plume de Cardinal

Esprit Ensanglanté

Patte d'Epice

Nuage du Renard

Esprit Nébuleux

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MessageSujet: Re: EVENT P.2 -APOCALYPSE ! (Clan du Tonnerre)   Jeu 8 Nov - 4:57

P E T I T E N.O.I.X.

Le tonnerre, le tonnerre toujours la même rengaine. Toujours le même sursaut et toujours le même frisson. On s’y attendait, pourtant on sursautait tout de même. Il faisait froid, il faisait humide, la petite n’en pouvait plus. Elle se retournait dans son sommeil, ne parvenant pas à trouver une position satisfaisante. Ses rêves étaient agités et violents, prenant plus l’apparence de cauchemars enfantins. Des choses qu’elle ne pouvait pas expliquer se produisaient dans ceux ci, la rendant malheureuse. Plusieurs fois ces derniers jours, elle s’était réveillée en larmes, cherchant la chaleur de sa mère pour la réconforter. Un grondement d’orage plus fort que les autres fit se réveiller définitivement Petite Noix, et elle se rua vers sa mère. Le museau enfoui dans sa fourrure, gémissant pitoyablement, elle ne voyait pas le visage creusé par l’anxiété de Griffe de Belette. Après avoir perdu les quatre cinquième de sa portée, Petite Noix était tout ce qui lui restait. Pourtant, elle devait la voir souffrir de jour en jour, devoir grandir avant l’heure, devoir péniblement affronter ces jours sombres et maudits. Le Clan des Étoiles lui volait son enfance, mais Petite Noix n’en avait pas conscience puisqu’elle n’avait guère pu ressentir, ni même toucher du bout de la patte, un sentiment d’insouciance sans conséquences. Les Guerriers étaient meurtris et stressés, les Apprentis plus impatients que jamais, sur le qui vive… aucun d’entre eux n’avait assez de patience présentement pour éduquer un chaton. L’incident avec Sombre Nuit il y a quelques jours de cela le prouvait bien.

Petite Noix parvint de nouveau à trouver le sommeil, blottie contre sa mère, ronronnant de bonheur de se sentir aimée. Elle avait déjà oublié son rêve de mort, bien qu’elle commençait tout juste à comprendre la signification de cette dernière. La petite dormit d’un sommeil profond et calme pendant le reste de la nuit. Sa mère décida d’aller lui chercher à manger sur la pile de gibier avant qu’elle ne se réveille. Lorsque Petite Noix ouvrit un œil, une petite souris trônait au centre de la pouponnière. Habituée désormais à manger par elle même, elle ne rechigna pas lorsque Belette poussa le gibier vers elle avec une patte, lui indiquant qu’il fallait qu’elle se nourrisse pour devenir forte rapidement. La petite se demandait souvent pourquoi sa mère répétait sans cesse pourquoi il fallait devenir « fort » ? Qu’est ce que cela signifiait exactement ? Et puis, pourquoi tant de hâte ? Grommelant des paroles inaudibles elle commença à planter ses crocs dans l’animal. Elle voulait aller courir un peu, jouer avec les autres chatons, aller voir les Anciens….même leur enlever les tiques ; tout sauf ce qui, elle le savait, allait suivre le repas. Maline, elle prenait son temps, mâchant calmement, aspirant d’abord le jus gouteux pour ensuite se repaitre de la chair fumée et tendre. Ses yeux regardaient les alentours avec fébrilité, cherchant un quelconque moyen pour s’échapper de sa terrible destinée : la toilette. Plus elle grandissait, moins elle aimait que sa mère la toilette. C’était si long, et si ennuyant… Petite Noix avait bien essayé de montrer à Belette qu’elle pouvait très bien y arriver toute seule, mais elle manquait encore de souplesse et le résultat ne semblait ne pas plaire à sa maman. Lentement, mais surement, elle arrivait bientôt à la fin de la souris. Elle ralentit encore le rythme, essayant d’éviter le regard intense de sa mère qui la fixait, amusée, comprenant bien son manège. Mais la petite ne s’amusait pas, elle prenait très au sérieux cette nouvelle mission. Il fallait qu’elle s’échappe. Non, aujourd’hui, il n’y aurait pas de bain. Mais comment faire… Elle posa son regard d’or sur l’entrée de la pouponnière. Elle semblait proche, seulement, sa mère serait évidemment plus rapide. Elle aurait souhaité être plus grande et plus rapide. Oui, elle ne voulait pas être forte, elle voulait être rapide. Rapide comme les éclairs dans le ciel. Si elle était un éclair elle réussirait à atteindre l’entrée de la pouponnière avant sa mère… mais voilà, elle n’était qu’un chat. Un chaton surtout. Perdue dans ses pensées, elle ne se rendit pas compte qu’elle avait terminé son repas et que déjà, sa mère l’avait saisie par la peau du cou pour l’attirer près d’elle afin de lui délivrer l’ultime sentence. Petite Noix cria et se répandit en miaulement de supplication, mais la Reine y était insensible, ne voyant pas dans la toilette un quelconque fait désagréable mais surtout un fait nécessaire et non négociable.

Alors qu’elle allait donner le premier coup de langue, un long miaulement, n’appartenant ni à la mère, ni à la fille, résonna dans le camp. C’était l’appel de la meneuse pour que le Clan se réunisse. Petite Noix s’était figée, hypnotisé par ce miaulement qui, pour la première fois prenait un sens. Il y avait quelque chose dans le timbre de voix, quelque chose qui ordonnait à la petite de courir écouter ce qu’il allait être dit. Un étrange sentiment l’envahissait. La Reine aussi s’était immobilisée, attentive. Elle se leva et allait sortir de l’Antre en ordonnant à Petite Noix de rester tranquille, lorsqu’elle remarqua l’étrange masque sur le visage de sa fille. Comme elle la voyait présentement, on aurait dit qu’elle avait grandit d’un coup, paraissant plus mature, paraissant comprendre la nécessité de se ruer vers le promontoire et écouter la Chef de Clan. L’instinct du Clan s’était réveillé en Petite Noix. À partir de maintenant, elle allait comprendre beaucoup de choses… et ce à seulement trois lunes. Intérieurement, Griffe de Belette était triste ; son enfance lui avait été véritablement volée et ses instincts décuplés à cause de sa naissance en un temps si troublé. Tandis que la petite était toujours figée, incapable de comprendre le mélange intense de sentiments faisant rage dans tout son être, Belette décida de l’emmener à la réunion du Clan. Il fallait lui apprendre la vie au sein du Tonnerre. Ses futures obligations, sa destinée et à qui elle devait le respect.

Petite Noix n’en revenait pas. Maman allait la laisser venir avec elle devant les gros cailloux. Elle était contente, même si elle gardait au fond d’elle une appréhension. Le miaulement de tout à l’heure lui avait glacé le sang, comme si quelque chose de grave était arrivé. Il fallait qu’elle sache ce qu’il se passait, même si elle ne savait pas pourquoi. Il fallait qu’elle comprenne. Belette accéléra la toilette de Petite Noix, cette dernière se laissant faire, obnubilée par l’appel de la Meneuse. Elle avait déjà entendu cette voix, il y a quelque temps… elle ne se souvenait pas trop, les souvenirs étaient brouillés mais c’était quand ses frères et sœurs étaient morts. Un dernier coup de langue lui humidifia la tête, puis sa mère se leva, lui signifiant de la suivre. Les deux chattes sortirent de la Pouponnière, Petite Noix restant proche mais regardant partout, curieuse du rassemblement ayant lieu juste devant les fameux gros cailloux gris. C’était comme la dernière fois, elle s’en souvenait maintenant. Tous les chats regardant dans la même direction, le regard anxieux… oui c’était pareil. Elle leva la tête pour apercevoir, oui elle en était sure, celle de qui venait le miaulement. Son regard coïncidait exactement avec les sentiments transmis par l’appel. Elle les dominait tous, du haut de sa stature de chef. Petite Noix frissonna. Tant de charisme et de puissance. La petite était très impressionnée et Belette le remarqua. Elle lui donna un coup de museau réconfortant lui murmurant à l’oreille « C’est Fragments Étoilés, notre Chef. Elle dirige et protège tous les Guerriers, tous les Apprentis, tous les Anciens, toutes les Reines et tous les Chatons. Tu lui dois le plus grand respect. » Ça, Petite Noix l’avait déjà deviné, comment ne pas la respecter ? Elle se sentait réconfortée mais impressionnée tout de même. Elle baissa les yeux et continua de suivre sa mère au travers des chats, tentant de ne pas la perdre. Elles s’arrêtèrent juste devant le début de la montagne de rochers. Sa mère lui expliqua que les réunions du Clan se faisaient toujours à cet endroit, qu’on appelait le Promontoire. Petite Noix voulu lui répondre mais Belette lui intima le silence ; Fragments Étoilés allait parler.

« Chats de la foudre, chats du tonnerre. »

Tonnerre. Petite Noix frissonna. Elle avait peur du tonnerre. Pourquoi leur Chef les appelait-ils « chats du tonnerre »… seraient ils issues de la foudre ? Elle ouvrit de grands yeux, ne comprenant pas trop les paroles qui suivirent. Il était question de quelqu’un qui revenait, oui mais d’où ? Et pourquoi il était parti ? Elle sentit que de nombreux chats étaient heureux d’entendre ces paroles, miaulant pour le signifier. La petite décida alors de se joindre à eux, faisant entendre son petit miaulement suraigüe ; bien sur, largement couvert par les autres. Sa mère la gronda en silence, ne voulant pas attirer l’attention. Ce qui était assez amusant d’ailleurs. Sa tête bougeait de gauche à droite en mimant des paroles mécontentes mais aucun son ne sortait. Cela fit rire Petite Noix, mais elle écouta sa mère et arrêta de miauler avec les autres. Elle ne voulait pas qu’elle la punisse et qu’elle doive retourner dans la Pouponnière. Eh puis après tout elle ne connaissait pas cette Perle de Sucre. Soudain elle recroisa le regard de la Chef, et la terreur s’empara de la petite. Son regard paraissait souffrir d’une tristesse atroce, mais dans le même temps reflétait tant de détermination et de courage. Petite Noix était pétrifiée. Tant de sentiments, tant de peur… que se passait-il ?

« Tempête d’Ébène est mort. Sa carcasse presque vidée semble avoir été violée par mille furies, son sang macule toute entière la combe sablonneuse. »

Le chaton fronça les sourcils. Encore une fois le mot « mort ». Ne sachant pas tellement comment l’interpréter quand ses frères en avaient été les victimes, elle l’avait associée à « disparition ». Mais aux vues des paroles prononcées maintenant, il s’agissait quelque chose de bien plus violent, de bien plus horrible. La petite comprenait. Belette jetait un regard en coin à Petite Noix, son cœur tendre regrettant de l’avoir emmener, mais son cerveau lui disait qu’elle avait pris la bonne décision. Il fallait qu’elle s’habitue et qu’elle comprenne. Qu’elle sorte du monde de l’enfance une bonne fois pour toute, pour sa propre survie. La petite regardait tous les autres chats semblant s’effondrer. Certain pleuraient, d’autres miaulaient de tristesse tandis que la pluie se mettait à tomber. Les gouttes de pluie dérangeaient Petite Noix, cependant son esprit était ailleurs. Pourquoi étaient-ils tous aussi tristes ? Ils ne pouvaient sans doute pas tous connaître Tempête d’Ébène… alors pourquoi prenaient-ils tous la nouvelle avec horreur ? Le tonnerre retentissait sans relâche, surprenant la jeune chatte de moins en moins. La mort. Une vision sauta devant ses yeux. Il s’agissait de ses frères et de sa sœurs baignant dans de l’eau froide, inertes. Malgré le nombre de mots inconnus dans les paroles de leur meneuse, elle s’était imaginée la situation dans laquelle pouvait se trouver Tempête d’Ébène et s’était dessiné l’image d’un chat allongé sur le sol et ensanglanté. Petite Noix avait saigné une fois. Elle s’était coupée le coussinet de la patte droite en courant devant la Pouponnière, sa mère lui avait expliqué qu’on était rempli de sang et que chaque fois qu’on se blessait, on en perdait un peu. La Reine avait aussi dit, pour la rassurer, que ce n’était pas grave si il n’en sortait qu’un peu. Maintenant, la petite avait compris ce qu’il se passait quand on en perdait beaucoup… quand on en perdait trop.
Une goutte d’eau froide lui tomba pile sur le bout du nez, la tirant de ses réflexions, bien complexes pour une chatte de son âge. Elle se rendit compte qu’elle était trempée, le poil tout dégoulinant, l’eau pénétrant jusqu’à sa peau. Elle sautilla sur place en gémissant et se précipita vers sa mère pour se placer entre ses pattes avant et contre son poitrail pour éviter d’être mouillée de nouveau. Mais les autres chats n’avaient pas l’air d’être incommodés par la pluie, cela ne calmait nullement leur chagrin.

« L’apocalypse vient de commencer.»

Le silence plana sur l’Assemblée. Un silence de mort. La meneuse se ramassa sur elle même et bondit vers eux. Quand bien même était elle à leur niveau, Fragments Étoilés paraissait puissante. Elle était parmi eux maintenant. Mais Petite Noix avait une question… et quand un chaton à une question, il va la poser.

« Dis Fragments Étoilés… c’est quoi …. l’Apcalip ? »

Petite Noix s’était rapprochée de la meneuse tout doucement et sa question avait été murmurée, pour ne pas que les autres l’entendent. Elle se rappelait la dernière fois qu’elle avait posé une question dans une assemblée du Clan, elle s’était fait réprimandée par les autres chats. Alors maintenant elle allait se faire plus discrète. Elle était aplatie sur le sol, en mode camouflage comme elle aimait l’appeler, son pelage rayé marron la dissimulant bien. Ses grand yeux interrogateurs levés vers la Chef du Clan du Tonnerre.


HS: Pour info, ce n'est pas obligatoirement Maybe qui doit lui répondre, n'importe qui du Tonnerre peut choper Noix par la peau du cou et l'engueuler de déranger le Chef de Clan


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MessageSujet: Re: EVENT P.2 -APOCALYPSE ! (Clan du Tonnerre)   Lun 24 Déc - 17:41

Prêle des Champs.

« Je tiens à toi. Ne pars pas. »

Je prend ma plume et j'écris. Je ne pense à rien. Puis les idées me viennent enfin. Son visage, ses traits, sa voix. Cette personne qui me croit. J'écris, j'oublie, je chante, je vis. Merci de me parler. Merci d'exister.

Tu es là. Grande, impressionnante, forte. Et pourtant. Ô que tu caches bien tes faiblesses, ô que tu maîtrises parfaitement tes sentiments ; mieux que quiconque. Tu connais les moments où il faut pleurer, les moments où il faut se cacher, et même ceux où tu dois sourire pour paraître résistante ou même compatissante ; heureuse. C'est de ta jeunesse que tu t'es forgée ce masque, cette façade. Tu es autre. Tu sais toutes les fois où tu faisais comme si cette personne n'existait pas ? Ceux où tu faisais mine de ne rien avoir entendu ? Voilà. Et pourquoi ? Parce que tu es forte, et faible à la fois. Ton coeur est faible, tes émotions le sont aussi. Mais à l'extérieur et à travers tous les calvaires de ta vie, tu as su te montrer puissante comme personne. Tu te dis avoir changé, mais c'est faux. Tu es toujours la même, encore et inlassablement. Va savoir pourquoi et comment. Tu restes droite, sage, réfléchie. Et les choix se font, avec le temps, sans même que tu réfléchisses. Pourtant ils y en a eut certains de très compliqués et de très risqués. Mais regarde. Regarde où tu es maintenant ! Tu ne te crois pas forte après tout cela ? Ton passé, ta vie. Tu ne peux pas nier qu'ils aient été des plus dures épreuves de ton existence. Pourtant tu crains. Tu crains que cela recommence, que cela continu, que cela ne cesse. Il est sûr que ça recommencera, un jour ou l'autre. Mais pas maintenant. Non, pas maintenant. Car en cet instant c'est le moment de t'ouvrir au futur. Vas-y. Tu peux.

Elle marche. Cette petite qui est pourtant grande. Elle est fine, très fine. Pourtant elle reste imposante, surtout pour son âge. Les babines retroussées, comme pour se protéger de la pluie et du vent, elle avance sur ce sentir de terre boueuse. Les pattes désormais enfoncées dans celle-ci, sa fourrure tricolore trempée et ses oreilles baissées : elle demeure invaincue. Elle reste la meilleure, la plus belle, la plus douée et la plus puissante. Elle a mal à la tête, affreusement mal. Ses pattes tigrées de noir semblent pouvoir lâcher à tout moment, sans ne plus pouvoir la porter un instant de plus. Elle ne se sent pas bien, elle le sait. Mais étant petite elle a toujours appris et retenue cette "règle" de ne jamais abandonner. De toujours aller au-dessus de ses forces les plus lointaines. Ainsi soit-il. Elle tente d'avancer, encore encore. Elle s'essaye à se redresser un peu plus pour contrer le vent ; en vain. Pourtant on la voit avancer, on aperçoit cette ombre au loin qui s'approche un peu plus à chaque seconde qui s'écoule. Elle puise dans ses ressources les plus folles, elle ne lâche rien. Comme si elle avait quelque chose à prouver au reste du monde, jusqu'aux étoiles les plus brillantes et les plus hautes ! Peut-être ? Le chemin est long, raide. Quasiment les larmes aux yeux, elle se retient. Comme elle a toujours fait tout au long de sa vie, et comme elle fera encore toujours ; jusqu'à son dernier souffle. Elle entend le tonnerre gronder au loin, d'abord plutôt doucement. Elle s'arrête alors, comme pour y être plus attentive, comme pour mieux observer et réfléchir à ce qu'il lui reste à braver et à parcourir. La tête haute, les yeux fermés, elle sent les multiples odeurs de la forêt, celles qui l'entourent. Le camp lui paraît si loin, les siens lui semblent tellement ailleurs .. Comme si elle se retrouvait seule. Seule face à la nature. Seule face à tout. Et dans sa tête, comme pour ne pas s'endormir, comme pour ne rien lâcher, comme pour ne pas tomber à terre elle se chante cette petite chanson. Elle ne sait d'où elle vient, mais celle-ci la réconforte et la berce pour aller plus loin.

« Je ne sais pas choisir,
Je ne sais pas décider,
Où aller,
À quoi me raccrocher,
Pour arriver à temps,
Pour donner mon dernier salut,
Adieu belle. »


C'est comme un souffle à la fois frais et lugubre qui passe en travers de ses oreilles, qui la pousse un peu plus en avant encore. Elle ne fait désormais plus du tout attention à ce qui l'entoure. Ses yeux sont portés sur le droit chemin, celui qui reste toujours et encore plus raide. Elle sent qu'elle est proche, elle se sent portée par le tonnerre qui gronde encore plus fort qu'auparavant. Puis elle entrevoit un éclair se battre seul dans le ciel, s'écraser au sol. Le choc est dur, le choc est grand. Elle n'aurait pas aimé vivre la même chose. En fin de compte, il a toujours pire que soi. Enfin elle y croyait. Puis d'un seul coup la fraîcheur si connue de son camp lui vint en pleine figure, pareil à la réconforter. Elle accourt alors plus loin, pour arriver encore plus vite, pour y parvenir enfin ! Et vint enfin cette barrière de lierre et de ronce tant convoitée des siens. Elle y entre-passe sa fine tête et y aperçoit son Clan en train de se regrouper. Tous au milieu du camp, tous autour de Fragments Étoilés. Tous à l'écouter. Mais elle, elle ne veut pas se mélanger. Est-ce honteux pour un Lieutenant de ne pas se montrer à une Assemblée du Clan ? Et puis, elle fait ce qu'elle veut. Et puis, c'est ça aussi, de montrer ses différences, ses forces et ses faiblesses. Elle écoute au loin, elle écoute le discours que leurs porte leur Chef. L'oreille fine et étendue.

« Chats de la foudre, chats du tonnerre. »

D'une voix forte, d'une voix aussi quelques peu faible, c'est ainsi qu'elle commença. Elle, celle qu'elle n'oubliait pas, jamais.

« Je commencerai par vous dire qu’une chatte est de retours dans notre clan, Perle de Sucre a retrouvé la voie du clan du tonnerre ! Soyez heureux tout comme moi de sa présence, nous savons tous que sa disparition et ses longues lunes d’absences furent des plus douloureuses pour nous. Mais à présent, il me faut vous dire quelque chose que je me refuse. Avant toutes paroles, je vous implore le calme. »

Une bonne nouvelle. Enfin. Enfin une. Depuis la nuit des temps, qu'ils en attendaient tous une avec impatience ! Il faut dire, les temps sont plus que durs, les temps sont impitoyables. Perle de Sucre, elle avait bien connue cette femelle. Il y a bien des lunes et des lunes, certes, lorsqu'elle n'était qu'un chaton, peut-être. Mais cela était si bon quand même de retrouver la chaleur familière de quelqu'un qui avait toujours été là, même sans s'échanger paroles. Puis le sérieux revint alors dans toute l'Assemblée. Quelque chose d'autre à nous annoncer ? Quelque chose de dure, de compliqué, de terrible ? Oh non. Pas ça. Cette nouvelle leur suffisait à tous amplement. Pas une autre. Pas une de ces nouvelles compliquée et déchirante.

« Tempête d’Ébène est mort. Sa carcasse presque vidée semble avoir été violée par mille furies, son sang macule toute entière la combe sablonneuse. Je demande à Rosée Cristalline, Sombre nuit et Nuage de Renard d’aller chercher son corps. Son esprit est maintenant en paix aux côtés des étoiles. Bénissons sa mémoire. Nuage de Renard, si tu ne te sens pas d’aller chercher sa dépouille, je ne t’en oblige pas. »

Tempête d'Ébène. Son nom résonnait dans la tête de la petite, comme une chanson, comme une poésie défunte ; qui il y a un certain temps, lui avait fait du bien. Pas lui. Il ne méritait pas cela, pas du tout. Mais le sort avait été jeté. Et là était le début, seulement le début d'une douloureuse et longue période de regrets. Tempête d'Ébène lui avait déjà parlé à plusieurs reprises. Ils s'étaient échangés quelques mots amicaux, comme-ci comme-ça, sans plus. Il restait tout de même très gentil et à l'écoute. Ce qui lui avait été arrivé était d'une injustice impardonnable. Elle s'était quelques peu attachée à lui, sans même s'en rendre compte. C'en était regrettable, honteux, une telle chose. Qu'il rejoigne les étoiles en paix, si celles-ci ne nous avaient pas encore abandonnées jusque là. Heureusement que leurs Chef ne lui avait pas demandé de les aider à ramener son corps meurtris au camp, elle en aurait été plus qu’incapable. Mentalement et, physiquement. Sa tête battait encore, elle se prenait des coups de griffes à travers son crâne. Fragments Étoilés avait alors encore quelque chose à rajouter. Une dernière phrase, le mot de la fin. Inspiration.

« L’apocalypse vient de commencer. »

Voilà qui faisait peur à tout le monde. Voilà qui suffisait à terroriser le moindre chaton du Tonnerre. Mais cela était vrai. Les mots qu'ils soient doux ou durs étaient encore plus difficile à avaler quand ils reflétaient la vérité vraie. Prêle des Champs se sentie alors d'avancer, d'entrer dans le camp alors que tout le monde se dispersait et retournait à ses préoccupations. Elle fit quelques pas, imprudents, faibles. Puis se tourna vers Petite Noix, ce chaton qui l'attendrissait depuis sa naissance. Celle-ci venait de poser une question à Fragments Étoilés, sans se rendre compte que celle-ci n'avait pas vraiment le temps de lui prêter attention. D'une petite voix elle pris son courage à deux pattes pour l'interroger.

« Dis Fragments Étoilés… c’est quoi …. l’Apcalip ? »

Elle la regarda alors, légèrement amusée. Mais son mal-être l'empêcha de le montrer au chaton. Elle s'approcha alors d'elle, doucement et prudemment, puis se figea sous ses yeux.

« L'apocalypse, c'est quelque chose qui te concernera quand tu seras en âge de comprendre, Petite Noix. »

Léger sourire, compatissant. Lui expliquer que l'apocalypse, c'était la fin de tout ? Lui expliquer que cela risquait même de la tuer, elle et tous les autres ? Lui dire quoi d'autre ? Que l'on allait perdre le Clan des Étoiles si cette apocalypse se faisait encore plus présente ? Elle n'était qu'un chaton, Prêle des Champs ne voulait ni l'apeuré, ni la terroriser. Elle se retourna alors dans sa tanière, très lentement, traînant des pattes. Elle ne voulait pas que quelqu'un lui parle ou lui vienne à elle. Elle voulait rester seule, ne pas inquiéter les siens avec son état assez préoccupant. Puis elle traversa avec peine le rideau de lichen qui protégeait l'entrée de la grotte, avant de s'affaler près de sa litière de mousse. Faible. Morte de fatigue. Elle s'endormie alors, à bout de forces. Entraînée par le sommeil et la douleur. C'est ainsi qu'elle tomba à terre.

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EVENT P.2 -APOCALYPSE ! (Clan du Tonnerre)
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