« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

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 I wonder how.

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Murmure Éternel
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MessageSujet: I wonder how.   Sam 21 Avr - 16:59


I wonder how. ♪

Fraîcheur de Menthe & Nuage de Grenouille .

Je ne sais pas pourquoi cette nuit là, j'eus vraiment le sentiment que rien ne serait jamais plus pareil. Tout en étant couchée sur le dos dans sa nouvelle couche de mousse, Nuage de Grenouille regardait le ciel étoilé à travers les quelques branchages dépourvus de feuilles. Elle était devenue apprentie, et maintenant, ses nuits auprès des autres chatons, des reines protectrices, tout cela ne devait être qu’un souvenir. Un souvenir joyeux, triste ? Grenouille n’en avait aucune idée. Son enfance, rejetée par sa propre famille, n’avait jamais été une partie de plaisir. Et pourtant cette nuit là, la jeune apprentie avait le sentiment que son insouciance d’enfant lui avait permit de se protéger de difficultés bien plus grandes encore. Alors elle opta pour le choix positif. Oui, de sa vie de chaton, elle avait décidé de ne garder que les meilleurs souvenirs. Nuage de Grenouille sourit. Elle sourit, mais pourtant, elle était inquiète. Autour d’elle, ce n’était plus pareil. Maintenant, elle était couchée au milieu de tous les apprentis. Jeunes baptisés, comme apprentis à la veille d’être nommés guerriers. A présent, elle jouait dans une autre cour. Les respirations lentes des chats autour d’elle l’oppressaient. C’était différent du calme de la pouponnière, et de l’odeur omniprésente du lait chaud. Elle se sentait bien moins rassurée dans sa nouvelle tanière. De nombreuses questions se bousculaient dans la tête de la jeune chatte. Allait – elle être à la hauteur ? Allait – elle pouvoir combler les espérances de son mentor ? Allait – elle être assez forte pour pouvoir apprendre à se battre ? En fait .. Nuage de Grenouille se sentait misérable. Elle avait l’impression de n’être qu’un microbe impuissant. Ce n’était que le début, et elle se sentait déjà vulnérable. Elle avait peur. Oui, peur. Ce n’était pas la même peur que lorsque l’on se retrouve face à un blaireau affamé non, c’était une autre peur, bien plus subtile. Elle avait simplement peur d’échouer, de décevoir Fraîcheur de Menthe. Cette guerrière qu’elle admirait tant .. Nuage de Grenouille était ravie qu’on lui ai choisit cette chatte pour la guider dans son entraînement. Tout bonnement parce qu’elle admirait la guerrière au pelage gris perle.

Nuage de Grenouille écouta le murmure des arbres à l’extérieur. Elle écouta le lointain chuchotement de la rivière. Elle écouta les bruits de cette nature si mystérieuse, si attirante. La petite chatte n’était encore jamais sortie du Camp, et s’il y avait bien une chose dont elle mourrait d’envie, c’était ceci. Aller librement, longeant les rivières, grimpant aux arbres, courant parmi les hautes herbes. Librement, joyeusement. Ses oreilles en frémirent, et ses pattes fines déjà, ne demandaient qu’à s’en aller hors du Camp. Mais elle attendrait. Elle avait attendu six lunes, bien qu’il fût dur, parfois, de résister à la tentation. Mais Grenouille avait toujours résisté, et n’avait jamais franchi, clandestinement, les limites du Camp. Pour se faire patienter, elle décida d’imaginer ce qu’elle pourrait trouver au-delà de son Camp, au-delà même des frontières du territoire de la Rivière, et au-delà de tous les territoires de tous les Clans. Y avait – il déjà eu un chat assez courageux pour s’aventurer dans ces terres lointaines, encore inconnues de tous ? Nuage de Grenouille se promit de le demander un jour à Fraîcheur de Menthe. Elle s’imagina alors un monde merveilleux, rempli de fleurs, d’insectes et de gibier alléchant. Un monde merveilleux, oui. Trop merveilleux. De toute évidence, le monde n’était pas comme cela. Mais sa, Grenouille l’ignorait encore, et elle avait tous les droits de s’imaginer ce qu’elle voulait.

Elle s’imagina tellement de chose, qu’elle plongea dans un profond sommeil. Et ce ne fut qu’après de fascinants rêves, qu’elle s’éveilla pour de bon. Au dessus d’elle, la toison argentée avait disparu pour laisser place à un beau soleil matinal. Nuage de Grenouille dressa ses petites oreilles, et s’assit. Pour ce premier jour en tant qu’apprentie à part entière, elle se devait de faire bonne impression ! Pour cela, elle prit longuement le temps de se faire une toilette complète. Déjà, elle regardait les autres apprentis se lever, et étudiait leurs gestes avec attention. Elle devait prendre exemple sur les apprentis les plus confirmés, pour ne pas avoir l’air d’une idiote devant son mentor. Elle avait préparé des questions, des mots, pour ne pas passer pour une gamine. Oui, Nuage de Grenouille avait vraiment tout prévu. Du moins, elle l’espérait. Elle s’était mit dans la tête que son premier jour d’entraînement était crucial, et qu’il ne fallait en aucun cas rater quelque chose. Elle n’avait pas envie d’être l’apprentie faillotte, non, pas du tout. Ce n’était pas dans l’état d’esprit de la petite minette. Elle, elle se stressait, et voulait prendre toutes les mesures possibles pour montrer le meilleur d’elle-même, montrer qu’elle n’était pas faible, qu’elle n’était pas nulle, comme ses parents le lui avaient souvent dit. Voilà. Elle ne voulait pas qu’on la voie comme ses parents la voyaient. C’est donc après sa toilette minutieuse, qu’elle pointa le bout de son nez hors de son nouveau logis. Elle y vit déjà des guerriers s’activer, partir à la chasse, en patrouille, ou simplement en promenade. Un jour, elle ferait partie d’eux. A son tour, elle prendrait sous son aile un apprenti, pour lui enseigner les lois des Clans .. Mais tout cela, ce n’était pas pour tout de suite. Elle mit fin à ses rêves en secouant rapidement la tête. Instinctivement, elle chercha une personne du regard. Une et une seule. Un pelage gris, des yeux absinthe, une allure légère et gracieuse .. Évidement, elle cherchait Fraîcheur de Menthe.

Avant de la trouver, elle vit quelques guerriers de la meute, qu’elle regarda attentivement. Ils .. n’étaient pas aussi agiles que les guerriers de la Rivière, mais Grenouille les redoutait. Ces guerriers envoyés par le Clan des Étoiles l’intriguaient plus qu’autre chose. Elle haussa les épaules, et repéra enfin la chatte qu’elle cherchait. Elle n’y couru pas tout de suite. Elle la fixa de ses yeux azurs, et se répéta ce qu’elle avait prévu de dire. Une fois bien motivée, elle poussa un grand soupir et s’approcha de la chatte en trottinant. Une fois arrivée à sa hauteur, elle ralentit, avant de s’avancer vraiment timidement. Elle sourit, et plongea ses yeux dans ceux de la guerrière, espérant y voir si elle arrivait dans un bon moment ou non. Elle ondula sa queue dans les airs, et de sa petite voix fluette, elle salua poliment la guerrière.

« Bonjour, Fraîcheur de Menthe. Je me demandais si .. » Nuage de Grenouille marqua une pause. Elle n'était pas sûre que demander était vraiment poli, mais elle avait tellement hâte de visiter la vraie nature, qu'elle ne pu s'empêcher de continuer. « Si tu étais d'accord pour aller là - bas, en dehors du Camp. » Tout en disant cela, l'apprentie avait tourné sa tête vers le couloir de sortie.

Ne pouvant plus contrôler son énergie et sa curiosité, Grenouille eu du mal à détourner son regard de cette sortie. Ce qu’elle pouvait y voir à travers, était pour elle un avant – goût des nombreuses merveilles de la nature, et elle n’en pouvait plus d’attendre. Elle avait attendu déjà longtemps, tellement longtemps ! A présent, le moment où elle allait enfin découvrir le monde extérieur était tout proche, et elle trépignait d’impatience, si bien qu’en s’agitant ainsi dans tous les sens, les autres félins devaient vraiment se demander si elle allait bien ou non.

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MURMURE  no one believes in second chances Ҩ « Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. » Perdu. Il était perdu. Dans un Clan qui n’était pas le sien, dans un univers qui ne lui ressemblait pas, dans un monde qui ne voulait pas de lui. Dans un endroit où il ne se sentait pas chez lui. © Laëlix

Nuage de Révolte:
 



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MessageSujet: Re: I wonder how.   Dim 22 Avr - 19:12

    « It's the eye of the tiger,
    It's the thrill of the fight,
    Risin' up to the challenge of our rival. »
    Donner tout ce qu'on a. Faire de son mieux. Essayer de transmettre tout son savoir. Être mentor. Ne pas faire d'erreur. Rester fidèle à soi – même. Rentrer dans l'histoire d'une vie qui n'est pas la sienne. Marquer cette vie à jamais. La déterminer. L'écrire. J'ai affronté beaucoup d'épreuves au court de ma vie. J'ai du tué ceux de mon espèces, ôter la vie d'innocents pour survivre. Je n'ai jamais laissé tomber. Je me suis toujours battue. Jusqu'au bout. Mais j'ai toujours eu peur. Peur de mon passé. Peur de ce passé qui me hante, et que je me refuse à croire le mien. Mais à présent .. Ce soir où, juché sur le Promontoire, ce traître qui avait succédé à ma mère, ce traître que j'avais surpris avec elle durant ma jeune enfance. Celui – là même que j'avais attaqué à trois lunes à peine, alors qu'il était bien plus âgé que moi, simplement pour défendre ma génitrice qui n'étais nullement en danger, oui, ce soir là où ce connard m'avait nommée mentor, la peur m’étreignit la gorge. Quand j'ai vu cette petite créature innocente en ravissante m'être attribuée comme apprentie, à moi, guerrière au passé lourd, qui avait fuit son clan durant de nombreuses lunes dans un auto – exil. Celle qu'on avait cru morte pendant tout ce temps pour revenir finalement, paumée comme une enfant. Celle qu'on avait accepté, mais sur qui on gardait toujours un œil méfiant. Moi. Oui, moi, Fraîcheur de Menthe, mentor de cette adorable chose répondant au nom de Nuage de Grenouille. Je me souviendrais toujours la joie qui a opprimé ma poitrine, et la peur de faillir, de l'échec qui avait noué ma gorge et mon ventre. Sentiments contradictoires. Mais, j'y étais habituée, à ce genre de ressentis qui n'avaient rien à voir. Nos museaux s'étaient frôlés, et par ce geste, j'avais scellé une relation, j'avais accepté de tenir une promesse dont je ne me sentait pas à la hauteur. Ce minuscule chat était mon apprentie, à présent. Que je le veuille ou non. Mais bien sûr, que je le voulait ! Seulement j'avais peur. Je me sentait incapable, et impuissante. Et je déteste me sentir faible. Vainement, j'essayais de me rappeler mes heures de novices. Des temps anciens et enterrés depuis longtemps. Je me rappelais de Lune de Givre. Une odieuse mégère. Nous ne nous étions jamais entendu, et vu le maigre temps qu'elle me consacrait, ça n'était certainement pas elle que je devais remercier pour les talons. La tête me tournait. Et si j'étais comme elle, justement ? Si j'étais comme Lune de Givre ? Ou pire ! Si cette apprentie suivaient mes pas et reproduisaient mes erreurs .. Quelle catastrophe ce serait !

    Aller. Arrête de te poser toutes ces questions, et fonces ! Oui, tu y arriveras. Oui, tu fera d'elle la meilleure guerrière qui soit. Oui, tu seras la mentor idéale. Oui, tu essayeras !

    Brusque retour à la réalité. Lentement, la guerrière reprit connaissance du monde qui l'entourait. Ses pattes tâtèrent le sol rendu dur par les nombreuses foulées qu'il avait subi. Ses magnifiques yeux vert doré clignèrent, doucement, papillonnant quelques secondes avant de s'habituer à l'obscurité. Yeux qui se reportèrent sur la silhouette agitée qu'elle contemplait avant de plonger, encore une fois, dans des souvenirs passés. La silhouette fine et légère de Nuage de Grenouille qui s'était apaisée. Elle ne bougeait plus. Ou, du moins, seul le rythme de sa respiration endormie, faisait onduler son corps. Elle dormait enfin. La femelle grise leva les yeux au ciel. La lune était haute. Et elle aussi, ferait bien d'aller se coucher. La journée de demain serait longue, elle le savait. Ce qu'elle ne savait toujours pas, en revanche, c'est le programme qu'elle réservait à l'apprentie. Elle avait réfléchit toute la journée, se creusant les méninges à en avoir mal au crâne. Elle ne voulait pas commencer l'entraînement de son apprentie, de sa première apprentie, avec le basique tour du territoire. Ou, du moins, elle lui ferait visiter en seconde partie de journée. Un odieux bâillement déforma son charmant minois dans un rictus, et lui rappela encore une fois, qu'elle ferait mieux d'aller se coucher. Elle regarda une dernière fois son apprentie, plongée dans un très beau rêve, vu le tressaillement de ses pattes, moustaches et oreilles, avec une affection immense. Elle appréciait déjà énormément la jeune chatte, même si elle ne la connaissait pas vraiment. Puis, après avoir étiré ses membres endormis, elle fila se mettre au chaud dans la tanière des guerriers, sans même prendre le temps d'une rapide toilette. Après l'effort fourni dans la journée dans l'idée de lui trouver un premier jour d'entraînement original, elle était exténuée. Elle s'endormit comme un chaton, le museau sous les pattes. Ce fut une nuit sans rêve. Une nuit qui lui procura un sommeil réparateur dont elle avait bien besoin.

    Ce fut le bruit de Nuage de Buse, excité à l'idée de partir pour sa première patrouille de chasse qui réveilla le jolie minette. Elle ne lui grogna même pas dessus. Son mentor s'en était déjà chargé, ce qui avait achevé l'espoir qu'elle se rendorme, et, d'une façon ou d'une autre, elle devait se lever tôt, ce matin là. Elle regarda les deux matous s'en aller, suivis de deux autres guerriers, pensive. Elle cligna des yeux pour les désensabler du sommeil qui persistait à y rester, s'étira, et sortit prendre l'air. Elle fut surprise par la température plutôt basse. Il régnait toujours, dans la tanière des Guerriers, une chaleur suffocante et quasiment insupportable. Elle inspira à plein poumons et s'étira. Les pattes avant, le dos, les pattes arrières .. Puis, aussi brusquement qu'elle s'était étirée, elle se plia en deux afin d'entamer une bonne toilette. Ça faisait presque deux jours, quand même ! Une fois le tout achevé, elle ronronna, satisfaite. Le Clan commençait à se réveiller. Les apprentis aussi, commençaient à émerger, sous les appels de leur mentors. Fraîcheur de Menthe avait décidé de laisser la sienne dormir encore un peu. Elle avisa la réserve de gibier plutôt haute. Bien. Comme ça, nous pourrons partir dès son réveil, et je lui donnerais sa première leçon de chasse quand son ventre grondera.

    Le guerrière perle s'ébroua. Tiens ! La voilà justement qui arrive! Elle observa Nuage de Grenouille, qui, la cherchant sans doute, avait l'air perdue. Fraîcheur de Menthe ne bougea pas. Enfin, l'apprentie la vit et se hâta vers elle. Elle paraissait légèrement hésitante, et surtout, intimidée, ce qui fit sourire l'aînée. Enfin, elle se lança.

    « Bonjour, Fraîcheur de Menthe. Je me demandais si .. »

    Hésitation. La guerrière apprécia la politesse de Nuage de Grenouille. Elle avança légèrement les oreilles, l'incitant ainsi à poser la question qui lui brûlait les lèvres.

    « Si tu étais d'accord pour aller là – bas, en dehors du Camp. »

    Cela amusa beaucoup Fraîcheur de Menthe. Elle agita les moustaches, amusée. Non, non, je compte t'entraîner au camp jusqu'à ta nomination de Guerrière. Elle considéra le regard brûlant de curiosité et d'énergie. Ce sublime regard bleu que l'apprentie avait visiblement du mal à faire quitter l'entrée du camp. Ça y est, elle l'avait, son idée ! D'une voix douce comme le velours, la grise prit la parole.

    « J'espère que tu as bien identifié mon odeur, Nuage de Grenouille. Elle te sera utile, si tu perds ma trace. Maintenant, suis – moi ! »

    Et elle démara au quart de tour, dans un petit nuage de poussière. Elle avait beau être plutôt petite, elle n'en était pas moins rapide. Elle prit encore de la vitesse, et eut l'impression de voler. Un énorme sourire éclairait son visage, et une lueur joueuse s'occupait de son regard. C'était comme si elle retombait en enfance, lorsqu'elle faisait la course avec les autres apprentis. Déjà, elle vit la rive de la rivière se dessiner devant elle. Elle avisa un peuplier, et, dans une dernière foulée, poussa de toute ses force, combinée à celle que lui donnait la vitesse, avec ses pattes arrières. D'un bond magistral, elle atteignit la branche la plus basse, et continua son attention. Elle se sentait pleine d'énergie. Et comme elle l'avait prévu, elle avait bien sûr distancé aisément son apprentie. Enfin .. Aisément .. Pas tout à fait quand même. Ces yeux larmoyaient à cause de la vitesse, ses muscles la brûlaient, et ses poumons aussi. Péniblement, mais, le plus silencieusement possible, elle reprit haleine. Toujours perchée, elle attendit l'apprentie. Son esprit avait été exacerbé par la course, et les idées fusaient de partout. Mais une. Une seule de ces idées seulement lui paraissait bonne, là, tout de suite, pour commencer. Maintenant qu'elle l'avait trouvée, la mettre a exécution serait un jeu d'enfant. Les yeux brillants d'excitation et d'énergie, elle attendit.

    Finalement .. Être mentor ne serait pas si difficile que ça. Et, c'était bien partie pour lier une complicité avec la jeune chatte, l'entraînement, tout en gardant une touche de jeu. Parce que .. Apprendre en s'amusant, c'est possible, non ?

    Oui, le passage que j'illustrerais de ta vie, tu ne l'oublieras jamais. Je te le promets. J'en ferais les plus beaux moment de ton histoire. Et ces moments seront les miens aussi, Nuage de Grenouille.

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Chant des Nuages:
 


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Murmure Éternel
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MessageSujet: Un matin ...   Jeu 3 Mai - 20:31


Un matin ... ♪

Fraîcheur de Menthe & Nuage de Grenouille .

Un sourire. Un mouvement de moustaches. Tu semblais apprécier ma politesse, Fraîcheur de Menthe. Et pourtant, j’avais l’impression d’être ridicule, et de déjà, décevoir tes attentes. Ta voix douce me rassurait, m’envoutait déjà. J’étais presque sûre que tu allais être le meilleur mentor qui puisse exister. Je ne te connaissais pas encore vraiment, mais j’avais cette sensation directe, ce pressentiment que toi, tu allais me faire confiance. Jamais personne ne m’avait vraiment aimé, et d’ailleurs, moi non plus je n’avais jamais aimé, aimé comme jamais. J’avais eu besoin d’amour, d’attention, de protection, et au lieu de cela, on m’avait renié, rejeté. Seule. Trop longtemps j’avais été seule face à la vie, à ses difficultés, à ses questionnements, à tout. J’avais eu le sentiment d’être abandonnée. Lâchement. Par ma propre mère. Celle qui m’avait donné la vie, qui m’avait permis d’être aujourd’hui en ce monde. Toute ma vie, je lui en voudrais de n’avoir jamais été là pour moi. D’avoir même oublié mon existence. Comment pardonner un tel acte ? Comment oublier ? C’était impossible. En tout cas impossible pour mon si petit cœur. Si fragile, si timide. Alors je te regardais. Toi et tes si beaux yeux absinthe. Tu me couvais de ton regard empli de bonté, et moi je te regardais. Je n’étais qu’une simple enfant, encore bien ignorante de la vie. J’avais vécu des moments difficiles, bien trop difficiles, mais je me sentais bien. Depuis mon baptême, j’avais décidé de tourner la page, d’oublier. De laisser derrière moi cette enfance bâclée. Je voulais renaître. Avec toi, je savais que c’était possible, je le sentais. J’allais faire de mon mieux pour toi, j’avais décidé de me surpasser. En fait, inconsciemment .. Je cherchais à faire tout cela car j’avais besoin d’amour. D’amour oh oui, comme j’en n’en avais jamais reçu. J’en avais besoin, sans vraiment vouloir me l’avouer.

    « J'espère que tu as bien identifié mon odeur, Nuage de Grenouille. Elle te sera utile, si tu perds ma trace. Maintenant, suis – moi ! » Déclara la guerrière en s'élançant d'un bond gracieux vers l'extérieur.

Nuage de Grenouille sourit, émerveillée. Elle respira l’air encore emprunt de l’odeur sucrée de la guerrière grise, avant de réaliser qu’elle l’avait déjà perdue de vue. Sans hésiter, elle s’élança à la suite de son mentor, d’un pas léger et rapide. Son cœur battait alors qu’elle approchait à vivre allure du passage de sortie. Ce passage qu’elle avait si longtemps rêvé de franchir. Elle ferma les yeux, et laissa son instinct la guider. Sous ses pattes, ce n’était plus le sable longtemps remué par les chats qui tapissait le sol de son Camp. Ce n’était pas non plus la mousse de sa couche. Ce n’était pas le sol dur du rocher qui servait de promontoire au Clan de la Rivière. Ce n’était rien de tout cela. C’était quelque chose de doux, d’agréable, et qui avait une odeur fraîche et prenante. Déjà le museau de la jeune apprentie était harcelé par des milliers de nouvelles senteurs toutes plus belles les unes que les autres. Elle rouvrit les yeux, et découvrit avec émerveillement ce paysage dont elle rêvait si souvent : Les arbres se dressaient de temps à autre sur le bord de son chemin. Leurs feuilles bien vertes, montraient que ce n’était que le début du printemps. Au loin, elle percevait le doux murmure de la rivière. Et puis .. elle retomba sur l’odeur de Fraîcheur de Menthe, qu’elle avait failli oublier.

Secouant la tête, et redoublant de vitesse, la jolie petite femelle se concentra sur l’odeur qu’elle devait chercher. C’était difficile, et parfois, elle perdait la trace de la guerrière, avant de la retrouver un peu plus loin. Elle tâtonnait sur les buttes de mousse, et regardait avec intrigue les trous des terriers qu’elle croisait. Ce paysage c’était .. merveilleux. C’était beau. Encore mieux que dans ses rêves, mais surtout, tellement plus réel. Enfin, elle pouvait sentir l’herbe sous ses coussinets. Elle pouvait découvrir le parfum des fleurs, des arbres, et de faibles fumets alléchants. Nuage de Grenouille sentit l’odeur de son mentor au pied d’un arbre. Elle était sûre qu’il s’agissait de la même odeur si agréable. Mais pourtant, elle n’arrivait pas à la trouver. Cela faisait bien quatre fois qu’elle faisait le même tour, autour du même arbre si haut, mais elle ne voyait pas la guerrière, qui était pourtant perchée juste au dessus d’elle. Alors Grenouille n’arrêta, et s’assit. Cela ne lui venait toujours pas à l’idée qu’elle avait pu grimper, non. Elle dressa ses petites oreilles, essayant de l’entendre, mais rien. Rien d’autre que le chant permanent de la nature. Pourtant, c’était sûr que c’était bien son odeur ! Alors, déterminée, la petite chatte se redressa, et d’une voix fluette, elle ne s’avoua pas tout de suite vaincue.

    « Je ne sais pas où tu es exactement. » Elle marqua une pause, et continua. « Mais je sais que tu n'es pas loin de cet arbre ! »

Puis le doute.
Et si elle s’était trompée ? Même si l’odeur paraissait très fraîche, il était possible que Fraîcheur de Menthe soit passée par ici la veille, ou juste avant de sortir avec son apprentie. Et si .. elle s’était perdue ? Grenouille se tapi sur le sol, un peu apeurée. Pour venir, elle avait juste admiré le paysage, coursé quelques papillons. Elle n’avait pas fait attention au chemin qu’elle empruntait. Elle était donc dans l’incapacité – pas tout à fait totale, tout de même – de rentrer au camp si personne ne venait la chercher. N’osant pas vraiment crier à l’aide, elle resta immobile, sentant son cœur accélérer. Elle n’avait pas fait attention ! La pauvre petite s’en voulait de ne pas avoir réussi à suivre son mentor. Elle aurait dû être plus rapide, plus vigilante. Elle avala lentement sa salive, tout en continuant de chercher du regard un chat. N’importe quel chat en fait. Elle voulait être sûre de ne pas être perdue. Sûre qu’on puisse la retrouver ! En couchant timidement sa tête entre ses pattes avant, elle se dit qu'elle avait déjà déçu la guerrière grise. Déjà. Quelle piteuse apprentie elle faisait ! Nuage de Grenouille poussa un soupir un peu inquiet, un peu tremblant. L'odeur était si présente, ce n'était pas normal qu'elle ne la trouve pas ...


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Dernière édition par Moustaches Vanille le Ven 19 Avr - 21:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I wonder how.   Ven 18 Mai - 15:34

    « It's not always rainbows and butterflies,
    But it's compromises,
    It moves us along. »

    Avoir des ailes. Ses propres ailes, colorées, vives, qui éveillent l'émerveillement. Celles qu'on suit des yeux jusqu'à ce qu'elles disparaissent. Voler. Toucher les nuages. J'ai toujours voulu être un papillon. Je me souviens de ce jour où j'ai ouvert les yeux pour la première fois. Je me souviens de l'avoir vu. Ce papillon aux ailes rouge vif sur lesquelles on semblait avoir dessiné des yeux bleus cernés de noirs et ajouté des touches de blanc et de doré. Je me souviens de la grâce avec laquelle il s'était envolé pour venir se poser sur le bout de mon nez. Où il m'avait chatouillé le museau avec ses pattes et ses antennes. Et de ce moment où j'avais ris, trouvant cela très amusant. Puis quand j'avais roulé sur le dos pour essayer de l'attraper. Et puis il s'était échappé. Cachant et découvrant ses yeux à chaque battement d'aile. J'ai toujours voulu être aussi belle, gracieuse et aimée qu'un papillon. J'ai toujours rêver de m'envoler quand ça n'allait pas. De faire le tour du monde. Jusqu'au jour où ce papillon périt d'un coup de patte. Mon monde s'était effondré, là, sur un mouvement d'air qui l'avait plaqué au sol et cette patte qui l'avait écrasé. Je me souvient du désespoir que j'ai ressenti quand la poudre brillante s'était décollé de ses ailes. Des ces mêmes ailes froissées. De ses antennes tordues. Et la vie qui s'en allait. Ce jour – là, je pris conscience de la mort. Je pris conscience que la beauté cachait la fragilité. Et mon rêve de devenir papillon s'envolât. Comme il l'aurait sûrement fait de son vivant. Avec grâce et volupté. En silence. Pour toujours. Emporté par le vent.

    C'était comme deux absinthes. Deux amandes absinthes. Deux amandes absinthes rehaussées par une pupille vive et brillante. Ses yeux. Ses yeux étaient splendides. C'était ce qui faisait toute sa beauté. Sa plus grande fierté. Ce regard pourtant simple, qui laissait la porte close sur son cœur. Car, on dit souvent que les yeux sont la porte vers le cœur. Mais c'est faux. Tout ce qu'il y a de plus faux. Parce que la guerrière détestais être faible. Mais pourtant, elle l'était. Faible, tout en étant forte. Rendue tremblante et en même temps puissante par les épreuves que lui avait réservé la Vie. Elle ferma les yeux. Et lorsqu'elle les rouvrit, il était là. Battant lentement des ailes, comme s'il reprenait son souffle après une course éperdue dans la brise. Le papillon était faible. Et il n'en avait pas peur. Il affrontait la tempête de toute la force dont il était capable, il se battait bravement contre les bourrasques. Mais jamais il n'était fort. Il l'affichait sans honte. Puisque de toutes façons, il ne connaissait que ça. La faiblesse. Mais pour lui, peut être étais – ce une force ? Sûrement. Il est vrai que quand on change d'angle de vue, assumer sa faiblesse peut se montrer être une force. La femelle cligna des yeux. C'était le même. D'un rouge éclatant. Toujours mis en valeur par ce noir profond. Sans oublier l'or et le turquoise. Il était toujours aussi beau.

    « Maman ?
    - Oui ma Chérie ?
    - Il va revenir, monsieur Papillon ?
    - Qui est monsieur Papillon ?
    - La joli papillon rouge, noir, bleu et jaune que Nuage Bleu vient d'écraser par terre sous sa grosse patte puante !
    - Oh .. Oui, il reviendra te voir. Et je suis sûre que si tu lui demandes gentiment, il se fera un plaisir de te raconter son voyage jusqu'au Paradis des Papillons, puis son retour jusqu'à ton museau !
    - C'est vrai ? Trop bien ! »

    Ses yeux brillèrent. Brillèrent du rêve que venait de lui donner sa mère.


    Il était revenu.
    Une étincelle s'alluma dans son regard vert doré. Elle retombait en enfance. Ses moustaches frémirent d'excitation tandis qu'un sourire d'enfant émerveillé se dessinait sur ses babines. Monsieur Papillon. Elle cligna lentement des yeux. Comme pour se réveiller d'un rêve. De ce rêve. Tout doucement, sans doute pour ne pas l'effrayer, elle engagea un dialogue. Un dialogue qu'elle savait déjà monologue. Silencieux de la part de la créature divine et gracile.

    « Bonjour, monsieur Papillon. Ça faisait longtemps. Longtemps que je t'attendait. Tu n'as pas changé. Pas d'une paillette. Tu es toujours aussi beau. Tu sais, il s'en est passé des choses, depuis ton départ. Et te voilà revenu, après des lunes et des lunes. Je .. Je ne sais pas si tu te souviens de moi ? C'est moi .. Petite Menthe. La petite innocente sur le museau de laquelle tu t'étais posé. J'en ai vécu, des épreuves. Tout te raconter durerait des heures. Mais je ne t'ai pas oublié. Maintenant, je suis grande, tu vois ? J'ai ma propre apprentie. Nuage de Grenouille. Je suis sûre que tu l'aimerais beaucoup .. Elle est douce et délicate. Timide et gracieuse comme toi. J'ai eu un petit, aussi. Je l'ai appelé Petit Papillon. Il avait des yeux aussi bleus que ceux dessinés sur tes ailes. Et, tout comme toi il y a des lunes, il s'est fait écraser. Sauf que ce n'était pas de la patte d'un apprenti, comme toi. Mais de celle d'un solitaire. Mais, je me suis relevée, maintenant. Qui sait ? Peut être qu'un jour, il reviendra me voir, comme toi. Et il me racontera son long voyage. Comment s'était, là – haut ? Je veux dire .. Cet endroit que tu n'avais jamais visité avant ? Au dessus des nuages .. »

    Elle s'arrêta. Reparler de son fils lui avait percé le cœur. Avait rouvert cette plaie béante, qu'elle avait cependant réussi à combler. Pas assez bien, sans doute. Personne n'avait connu Petit Papillon. Il était né pendant son exil. Mais elle l'avait laissé trop longtemps sans surveillance. La faim l'avait poussé à continuer à chasser pendant des heures et des heures. Quand elle était revenue, il n'en restait qu'une petite boule de fourrure et des os. Sa faim, un autre chat l'avait calmée en dévorant son amour. Alors ? Alors, elle avait suivi cet assassin. Et elle l'avait tué. De sang froid. Il était bien plus gros qu'elle. Mais la vengeance est un plat qui se mange froid. Et sa haine avait eu tout le temps de se glacer. Poussée par la rage, la colère aussi froide qu'une Saison des Neiges, elle l'avait attaqué. Et sans pitié, sans aucun respect, avait planté ses crocs dans sa jugulaire et l'avait laissé se vider lentement de son sang, agonisant. Son regard était calme. Inexpressif. Froid, et neutre. Ça n'était qu'un salaud de moins sur Terre.

    Un grand vide s'éprit de sa poitrine et de son cœur. Une nouvelle fois, elle avait l'impression que le vide s'ouvrait sous ses pattes. Une larme roula. Suivie d'une seconde. Mais elle n'éprouvait rien. Que le vide. Un infime battement de cil, et il avait disparu. Comme s'il n'était qu'une apparition. Un jeu de ses pensées. Une envie irrépressible qui avait envoyé son imagination à dessiner ce papillon devant elle. Sur le bout de son nez.

    « Je ne sais pas où tu es exactement. Mais je sais que tu n'es pas loin de cet arbre. »

    La renaissance. Les yeux de Fraîcheur de Menthe s'agrandirent. Une claque. Un coup de fouet. Brusque retour à la réalité. Sous l'effet du feu qui brûlait ses pattes, sa queue fouetta à son tour l'air. En silence. Ses oreilles se couchèrent en arrière, et elle se plaqua contre la branche où elle était perchée. Elle était là. Son apprentie était là. L'instinct de la guerrière venait de s'éveiller. Elle était aussi excitée qu'une apprentie pour sa première sortie. Mais concentrée, et sage comme la guerrière qu'elle se devait d'être. Elle répartit son poids sur ses pattes arrières, faisant pénétrer puis ressortir ses griffes aiguisées dans l'écorce du bois. A travers le feuillage déjà bien développé, elle fixa l'apprentie. Puis, d'un bond agile et précis, bondit sur elle. Nuage de Grenouille ne se doutait de rien. Pendant sa chute, la chatte perle prit bien soin de rentrer ses griffes. Afin de ne pas écraser l'apprentie dans sa chute, elle se servit de son épaisse queue pour atterrir légèrement derrière elle. Dans un froissement de poussière, ses pattes touchèrent le sol.

    Aussi rapide que l'éclair, elle bondit sur la jeunette, et la plaqua au sol, prenant bien soin de l’immobiliser totalement contre l'épaisse couche de sable de la Rive.

    Ses yeux verts brillaient tellement qu'ils en étaient presque jaunes. Renforçant sa prise sur l'apprentie, elle se pencha sur son oreille, et d'une voix douce comme le velours, lui chuchota quelques mots à l'oreille.

    « Premier point ; Ne jamais baisser la garde. Même sur son propre territoire. Surtout lorsque nous sommes seuls. Toujours se tenir prêt, en alerte. Nul ne connaît ce qu'il se passe partout alentour. Nul n'est à l'abri du danger. Même en territoire connu. »

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MessageSujet: Re: I wonder how.   Dim 10 Juin - 18:17

Nuage de Grenouille.
« Certains matins de printemps ont une fraîcheur de grenouille. »

Grenouille. Pourquoi ? Etre né têtard, au milieu des eaux, parmi des milliers de frères et sœurs. Voir le jour sous l’eau, respirer dans ses profondeurs, survivre difficilement au milieu de prédateurs trop nombreux .. Je m’étais toujours demandée ce qui avait bien pu me donner un tel nom. Avais – je été sans le savoir, une réincarnation d’un de ces amphibiens ? Hélas, il me semblait absurde d’envisager une telle possibilité. Mes parents .. Que leur était – il passé par la tête, le jour de ma naissance ? C’était étrange. Mais en y réfléchissant bien, aucun autre nom n’aurait pu me correspondre mieux que le mien. J’avais, tout comme n’importe quelle grenouille, perdu mon frère et ma sœur. J’avais été dès mon plus jeune âge, livrée à moi-même face à une vie qui me dépassait encore. Face à des difficultés bien trop importantes pour la toute jeune chatte que j’étais alors. Mes parents avaient – ils prévus, déjà, dès ma première inspiration, qu’ils allaient m’abandonner ? Me délaisser ? Il fallait le croire. Oui. J’avais été frêle, minuscule, telle une grenouille qui sort à peine de l’eau. Et le jour de mon baptême ? Il était possible de le comparer au jour où la grenouille sort de l’eau. Enfin prête à affronter de nouvelles difficultés, après une première étape franchie. Moi, j’avais sur dépasser ma solitude, j’avais su faire face à la réalité de la vie qui avait été si frappante, je l’avais accomplie, cette première épreuve, cette première mission. J’avais su en un seul jour, prendre ma vie entre mes deux pattes, et réaliser alors que, oui. La vie valait bien la peine d’être pleinement vécue. Alors telle une grenouille, j’étais sortie faiblement de l’eau, courageuse, avide de connaissance. J’avais été libre. Une grenouille est dès son premier jour, seule. Seule comme je l’avais hélas été. Alors il fallait bien le croire. Mes parents m’avaient laissé une chose. Une unique chose dont je pouvais être fière. Mon prénom. C’était difficile d’admettre qu’ils avaient un jour pu faire quelque chose d’intelligent, d’admettre que leur premier acte pour moi n’avait pas été une erreur. Grenouille .. Cela avait beau être dur, je le devais. Je devais le dire. Je devais le penser. Mes parents n’avaient pas fait qu’exclusivement des erreurs. Ils avaient fait une chose de merveilleux. Me donner mon nom. Malgré tout ce qu’il signifiait, malgré le fait que j’aurais aimé une autre vie, ou plutôt une autre enfance, j’étais heureuse. Heureuse, oui, qu’on m’ait choisit un nom qui me convienne aussi bien. Parce qu’au-delà de ses significations douloureuses, il fallait bien rappeler une chose. Une grenouille est avant tout un être actif, vif, et animé par une force qu’il me serait impossible de décrire. Une force de l’âme, oui. Et c’est cette force, ce courage de vivre, cette résistance, qui me correspondait autant qu’une jeunesse passée dans les profondeurs des eaux sombres.

Nuage de Grenouille était pensive. Son regard azuré, si beau, était perdu. Fixé sur un point qu’elle seule semblait être en mesure de pouvoir voir. Immobile, elle repensait à sa naissance. A ses parents. A son enfance. Cette jeunesse brisée, reniée, durant laquelle elle n’avait vu que les mauvais côté des choses. Durant laquelle elle avait pleuré. Oh oui, terriblement pleuré. C’était difficile d’imaginer que la Petite Grenouille triste, incomprise et muette, était aujourd’hui devenue cette Nuage de Grenouille, si pleine de vie, si curieuse, si joyeuse. Elle-même n’en revenait pas, à vrai dire. Mais elle était heureuse. Heureuse oui, de n’avoir sombré pour toujours. Il fallait croire que le destin lui avait réservé une autre vie que celle de femelle abattue. Elle avait grandit, aussi. Mais son caractère restait juvénile, presque innocent. Cette enfance qu’elle n’avait pas eue, il fallait croire qu’elle la rattrapait aujourd’hui. Elle était sans doute la plus enfantine des apprenties de son Clan, et la plus mystérieuse. Mais il semblait aussi qu’elle soit la plus convaincue, et motivée. Car oui, Grenouille avait de l’espoir. Elle était consciente de son caractère pour le moins infantile, mais elle n’y pouvait pas grand-chose, en fait. Parce qu’au-delà de cette candeur, c’était en fait une jeune féline très mature qui régnait. Car son passé l’avait fait grandir dès ses premiers jours. Elle avait vécu des choses qui n’auraient jamais du être vécues par une simple enfant, et cela lui avait forgé un caractère très réfléchi. Bien sûr tout cela, personne ne le comprenait. Elle était simplement jugée « bizarre » par les autres. Mais Grenouille s’en fichait. L’avis des autres sur sa personnalité ne lui importait pas. Ce qui était important, pour elle, c’était simplement son jugement à elle des individus qui l'entouraient. Elle savait reconnaître en un clin d’œil les personnes avec qui cela valait la peine de discuter, et celles qui, au contraire, ne méritaient aucune attention. Alors on pouvait la juger comme on voulait, Grenouille n’y prêtait plus aucune attention.

Puis sans comprendre pourquoi ni comment, la jeune apprentie tricolore se retrouva plaquée au sol, et fermement maintenue contre le sable doux de la rive. En un quart de seconde, son cœur s’était mit à battre aussi rapidement que si elle avait couru pendant vingt minutes sans s’arrêter. Elle sentait les pulsions de son sang contre ses tempes, et ne pu s’empêcher de laisser s’échapper de sa gorge, un long miaulement de détresse. Les oreilles plaquées contre sa petite tête, Grenouille sortit ses griffes aussi rapidement que le chat était venu se plaquer contre elle. Alors qu’elle se débattait en vain, Grenouille reconnu alors le doux pelage de son mentor. Elle se figea, avalant sa salive et essayant tant bien que mal de camoufler sa frayeur. Fraîcheur de Menthe renforça sa prise sur la petite chatte, et se pencha à son oreille pour chuchoter, de sa voix douce et tendre.

« Premier point ; Ne jamais baisser la garde. Même sur son propre territoire. Surtout lorsque nous sommes seuls. Toujours se tenir prêt, en alerte. Nul ne connaît ce qu'il se passe partout alentour. Nul n'est à l'abri du danger. Même en territoire connu. »

Grenouille ne répondit pas tout de suite. Elle baissa la tête, un peu honteuse. Si cela avait vraiment été quelqu’un qui lui voulait du mal, elle aurait terminé en chair à pâtée, c’était certain. En tout cas, cette démonstration avait valu la peine. L’apprentie n’allait plus se laisser surprendre aussi facilement, c’était une chose absolument certaine ! Elle passa machinalement sa langue sur ses babines blanches, comme un peu perdue. Elle ne savait pas vraiment quoi répondre, et était déçue de n’avoir été capable de se montrer un peu meilleure dès le premier exercice de son mentor. Elle se promit de rester sur ses gardes à présent, et de guetter le moindre geste de Fraîcheur de Menthe. Autre chose également, à laquelle elle allait être plus prévoyante : Le chemin. Elle avait à présent conscience que courir après les insectes, ce n’était pas vraiment judicieux si par hasard, elle avait à rentrer au Camp. Elle plongea son regard dans les yeux absinthes de son mentor, et d'une petite voix aiguë et timide, elle parla d'un bref soupir attristé.

« Je suis désolée, Fraîcheur de Menthe. »

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MURMURE  no one believes in second chances Ҩ « Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. » Perdu. Il était perdu. Dans un Clan qui n’était pas le sien, dans un univers qui ne lui ressemblait pas, dans un monde qui ne voulait pas de lui. Dans un endroit où il ne se sentait pas chez lui. © Laëlix

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MessageSujet: Re: I wonder how.   Ven 15 Juin - 11:49

    « So much to mention but you can't find the words,
    The scent of magic, the beauty that's been,
    When love was wilder than the wind. »

    Écoutes ton cœur ..
    Oui. J’aurais du l’écouter. L’écouter quand il battait plus fort à ton approche. L’écouter quand il me disait de ralentir, de faire attention .. De ne pas te faire de mal. J’aurais du lui obéir. Lui faire confiance. Le suivre lui, et pas ma peur. Car quand j’ai compris ce que j’étais en train de faire, il était trop tard. La marche arrière était impossible. Le drame était lancé, inévitable. Invariable. Je ne voulais pas ce qui est arrivé. Je ne voulais pas te quitter, rompre le lien. Mais j’y étais obligée. Muée par l’atroce douleur que déclenchait mon effroi. Oui, j’avais peur. Terriblement. Mais si j’avais écouté mon cœur .. Toi et moi, ça ne se serait pas terminé de cette façon. Mais je l’ai entendu, tu sais. Je l’ai entendu ralentir quand tu m’as regardée les yeux brillants, je l’ai entendu battre ces quelques grands coups de tonnerre à l’intérieur de mon crâne, et puis, je l’ai entendu s’arrêter quand tu as disparu. Oui. Je suis sûre que si je l’avais écouté lui, au lieu de ne me soucier que de mes craintes, tu n’aurais pas été égaré. Et peut être qu’aujourd’hui, tu serait là, avec moi, à contempler les étoiles en pensant à une vie que nous aurions menée ensemble .. Et sans doute que mon cœur ne serait pas meurtri, recouvert de plaies, et de cicatrices à jamais présentes. Il battrait encore d’un amour intact, sauvage et farouche à ton égard. Il marquerait le tempo d’une vie réussie, belle, et sans soucis. Il chanterait, il rirait comme un chaton qu’on chatouille du bout d’une plume. Il brillerait. Il étincellerait de mille feux. Mais j’ai loupé le coche, et depuis ce fameux instant .. Depuis ce moment, il refuse de me parler. Alors, je n’écoute plus rien que mes pattes qui tremblent, que mes yeux qui brillent, que mes larmes qui brûlent .. C’est comme si j’étais devenue sourde. Car tout ce qui résonne à mes oreilles n’est que le mal. La douleur, la peur, le regard des autres, la souffrance .. Le passé. La mort, les blessures. Et ce petit cœur reste silencieux, comme assassiné par une écharde plantée en plein dedans. Et tout ce que je veux, à présent, c’est qu’un jour, il se remette à battre, et à me montrer sa voix. Sa voix si douce, si bonne amie. Car ce jour là, je promets de l’écouter. Jusqu’à ce que ce soit mon silence qui épouse le sien. Pour toujours silencieux alors que le monde continuera de tourner.


    Quand la guerrière baissa les yeux, le poil de son apprentie vira au roux. A un joli roux tigré, et ses propres pattes perdirent de leur taille, pour se recouvrir d’une fourrure duveteuse couverte de boue. Ici. Au même endroit, au même rayon de soleil .. Il y a des lunes. Elle replonge. Replonge dans ses souvenirs. Guidée, pas à pas, par le grondement de la cascade qui rugit au loin, même s’il ronronne plus qu’il ne l’impressionne. Elle veut. Elle désire retrouver cette enfance perdue, cette innocence. Son passé. Ce passage de sa vie heureux, illustré par l’image d’un jeune mâle qu’elle ne connaît qu’à peine. Ce bel apprenti, ce tendre ami .. Ce doux amour. Un amour insouciant, qui ne se rend pas compte du tord qu’il leur cause. Ils s’aiment, oui. De tout leur cœur. Mais peut – on leur en vouloir ? Ce ne sont que des enfants. Ils ne se rendent pas compte. Et .. Que font – ils de mal ? Ils jouent, simplement. Ils n’appartiennent pas au même Clan ? Mais .. Et alors ? Qu’es – ce que ça peut faire ? Puisqu’ils ne font rien de mal.

    Elle détale en riant, glisse gaiment dans une flaque de boue, et se retrouve à regarder ce camarade dans les yeux. Vert contre or. Affection. Il est cambré au dessus d’elle, faisant semblant de cracher, alors qu’il est aussi heureux qu’elle. Insoucieux et heureux. Ignorant mais contents. Se tordant le coup, elle parvient à lui donner un coup de langue sur le bout du museau. Il ferme les yeux, et il ronronne. Et elle, elle en profite pour s’enfuir à nouveau, en sens inverse, à toutes pattes. Elle se cache. Il la trouvera, c’est sûr. Mais c’est tellement amusant ! Comment leur reprocher cette candeur enfantine ? Soudain, poussée par le vent, une feuille de chêne fonce sur elle. Alors, elle sort en criant au secours, et en courant comme une imbécile. Mais heureusement, il est là. Il saute sur l’agresseur de son amie, et l’achève d’un coup de griffe. Radieux, il ramène le cadavre de la petite feuille verte devant elle, et ronronne comme un bienheureux. Elle lui lèche l’oreille, et ronronne elle aussi.

    « Merci, Nuage de Feu ! Tu m’as sauvé la vie !
    - De rien, Nuage de Menthe .. C’est normal. Et quoiqu’il arrive, je serais toujours là, pour te protéger du danger ! »


    Il bombe le torse, fier, et elle s’approche pour se blottir contre lui. Oui, elle l’aime. Alors, le pelage de l’apprenti s’enflamme, et ils se quittent, après une longue étreinte. Et chacun rentre chez lui, le cœur battant et léger. Oui, ils sont insouciants.

    Non, tu n’es plus là, pour me protéger .. Par ma faute.
    Voilà. Une fraction de seconde, juste pour se faire du bien, juste pour repenser à ses jours heureux, et elle souffre. Mais ça n’est rien. Ça n’est qu’un bon souvenir, après tout. Un bon souvenir qui lui fait du mal. Et pourtant, tant de bien ..

    « Je suis désolée, Fraîcheur de Menthe. »

    La belle femelle grise roule sur le côté. Nuage de Feu n’était pas là. Il n’était plus là. Mais Nuage de Grenouille, elle, était présente. Bien en vie. Et elle se devait de tout faire pour réussir à faire de cette petite la meilleure de tout Cerfblanc. Pour qu’elle réussisse, elle. Pour qu’elle ne devienne surtout pas comme Fraîcheur de Menthe. Alors bouges – toi l’arrière train, au lieu de déprimer et de te rappeler des vieux épisodes de ce que tu appelle une vie ! Regarde – toi, tu ressemble à une vieille loque, une mégère sans avenir, qui broie du noir parce qu’elle ne veut plus avancer. Tu te bloque toi – même ! Alors vas – y, roules ma poule, tu as une apprentie à former ! Et ce n’est pas en te rappelant un amour que tu as brisé par peur que tu vas faire d’elle une guerrière pleine de vie et extraordinaire ! Aller !

    « Allons, Nuage de Grenouille ! Ça n’est rien, mais alors, rien du tout ! Pas besoin de t’excuser, je ne t’en veux pas du tout. Tu sais, quand j’étais jeune, je .. Je .. Je n’en faisais qu’à ma tête. Je me croyais déjà parfaite et prête à être une guerrière. Alors que j’avais tout faux. Je suis là pour t’apprendre, si tu savais déjà tout, je ne servirais à rien, et je m’ennuierais, non ? Tout va bien. »

    Ses babines s’étirèrent en un sourire radieux. Oui, comme ça. Du bout du museau, elle incita la jeunette à se relever. Idée. Journée d’apprentissage au combat. Bonne journée.

    « Pour commencer, je te propose quelque chose. Comme toute apprentie, tu as été chaton avant, et pendant ces 6 lunes, je suppose que tu as joué avec les autre, que tu as .. Regardé et imité les apprentis, avec tes amis, non ? Eh bien, je te propose de me montrer ce que tu as appris. Qu’en dis – tu ? Aller, en piste, jeune Grenouille ! Montre – moi de quoi tu es capable ! »

    Son sourire s’élargit d’avantage. Voilà. Elle était contente. Et elle adorait cette petite.

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MessageSujet: « Savoir, c'est se souvenir. »   Jeu 28 Juin - 20:01

Nuage de Grenouille.
« Savoir, c'est se souvenir. »


Fermer ses yeux. Se souvenir. Sourire.
Les cris des autres chatons autour de nous, les encouragements des deux équipes, le vent frais contre nos pelages, nos cœurs essoufflés. Tu étais bien plus grand que moi, et déjà apprenti. Assi, tu dominait tous ceux qui t’entouraient, d’un simple regard. Parfois tu faisais taire la foule, entre deux coups de pattes agiles et rapides, pendant que, haletante, je tentais tant bien que mal d’esquiver tes offensives. Tu faisais déjà le double de ma taille, et maîtrisait le combat d’un geste sûr, et très professionnel. J’avais toujours su que tu considérais ton entraînement de guerrier comme l’entraînement de la Vie. Qui aboutit ensuite à la domination, au contrôle total de sa destinée. Je ne voyais pas les choses comme cela, et parfois ton professionnalisme m’irritait. A croire que dans cette vie, cette jeunesse passée à s’entraîner, à vouloir être le meilleur, tu ne laissais jamais place à aucun sentiment, aucune émotion. Avec des gestes lents, montrant parfois une certaine lassitude de faire jouer la petite chatte que j’étais, tu me clouais au sol en deux temps, trois mouvements. Mais parfois, tu osais un sourire. Un de ceux qui n’étaient destinés qu’à moi, à moi seule. Avec un regard taquin, tu me fixais, les babines relevées, laissant apparaître deux crocs d’ivoire. Quand je te rendais ton sourire, avec cette fascination que j’avais toujours pour toi, tu m’ébouriffais la tête en riant. Tu étais le seul qui me rendait heureuse. Alors toute cette joie contenue en moi, qui n’était jamais présente lors d’autres moments, ressortait à chaque instant que nous passions ensemble. Je riais, gambadait, sautillait, partout autour de toi. Nous étions des amis. De vrais amis, Nuage du Merle. Je m’en souviens comme si c’était hier, et rêve chaque jour que ces instants se produisent demain, pendant qu’aujourd’hui, je m’entraîne pour te ressembler. Pour être comme toi, que tu sois fier de moi, et qu’un jour, j’arrive enfin à te faire tomber. Et nous riront, comme deux amis éternels. Deux amis que le temps ne séparera jamais.


« Allons, Nuage de Grenouille ! Ça n’est rien, mais alors, rien du tout ! Pas besoin de t’excuser, je ne t’en veux pas du tout. Tu sais, quand j’étais jeune, je .. Je .. Je n’en faisais qu’à ma tête. Je me croyais déjà parfaite et prête à être une guerrière. Alors que j’avais tout faux. Je suis là pour t’apprendre, si tu savais déjà tout, je ne servirais à rien, et je m’ennuierais, non ? Tout va bien. »

Un sourire radieux s’inscrit alors sur le visage fin de cette si jolie guerrière. Nuage de Grenouille releva lentement sa tête, laissant sa honte s’évaporer comme de l’eau sous le soleil. Les paroles sage de son mentor la rassuraient, la mettaient en confiance. D’un geste amical, Fraîcheur de Menthe invita son apprentie à se relever, chose que la jeunette fit avec délicatesse. Elle se débarrassa de la poussière accumulée sur le dessous de son ventre, et regarda son mentor. Avec un de ces regard .. Comment expliquer ? Vous savez, ceux qu’ont les jeunes enfants devant une personne qui leur suscite tant d’admiration. Ces regards là, emplis d’une curiosité et d’une soif de savoir sans limites. Bien que le regard de Nuage de Grenouille soit toujours rempli d’un tas de sentiments, il était facile d’y déceler les choses essentielles. On y voyait aussi bien que dans une rivière d’eau claire et pure. Si translucide qu’on y voit le moindre caillou, la moindre feuille, et ce malgré les mouvements perpétuels de la surface de l’eau. Alors la petite cligna des yeux, le cœur battant d’une reconnaissance, et déjà, d’un amour sans limite pour cette guerrière. Plus tard, elle lui devrait tout.

« Pour commencer, je te propose quelque chose. Comme toute apprentie, tu as été chaton avant, et pendant ces 6 lunes, je suppose que tu as joué avec les autre, que tu as .. Regardé et imité les apprentis, avec tes amis, non ? Eh bien, je te propose de me montrer ce que tu as appris. Qu’en dis – tu ? Aller, en piste, jeune Grenouille ! Montre – moi de quoi tu es capable ! »

Fermer les yeux à nouveau. Se souvenir. Bondir.
Nuage de Grenouille se revoyait encore, face à son tendre ami. S’agrippant tant bien que mal à son long pelage noir, elle n’arrivait pourtant pas à le faire basculer. Lui qui était si fort, si tenace. Comment pourrait – elle surprendre son mentor, alors qu’elle était une guerrière hors pair ? Grenouille sourit, émue par ses souvenirs. Les après midis de jeux, de combats enfantins qu’elle avait passés avec Nuage de Merle .. C’était une chose dont elle se souviendrait toujours. Elle réfléchit quelques instants, essayant de se rappeler non pas du jeu, mais des techniques qu’employait son adversaire pour la faire tomber, elle.

« - Tu es trop faible face à moi, Petite Grenouille ! Reconnait – le, je suis le meilleur combattant que tu n’as jamais vu.
– Ce n’est pas juste, Nuage de Merle. C’est parce que tu es trop gros pour que je te soulève !
– Bien sûr. C’est ma technique, tu ne peux rien contre cela.
»

Elle les revoyait, elle le revoyait. Elle revoyait ses yeux, deux prunelles aussi bleues que celles de la petite chatte. Elle se souvenait de ces jeux mais .. Étrangement, aucune technique ne l’avait marquée, vraiment. Que devait – elle faire ? Elle ne pouvait inventer un mouvement, et bondir bêtement sur le dos de son mentor, pour faire comme si elle se souvenait de quelque chose, cela ne servirait qu’à se ridiculiser définitivement. Alors, elle baissa les yeux. Elle se sentait nulle, horriblement nulle. Depuis ces quelques minutes passées avec son mentor, elle avait l’impression de tout rater, de passer pour une sale petite chatte ignorante. Une boule se forma dans sa gorge. Elle aurait tellement aimé en faire plus, impressionner Fraîcheur de Menthe mais .. Elle en était incapable. A croire que .. Cette ‘ renaissance ‘ psychologique que Nuage de Grenouille avait choisit de vivre, pour oublier son passé, ou du moins n’en garder que les bons moments .. L’avait vraiment fait renaître, elle, toute entière. Elle se sentait comme un chaton qui ne sait rien de la vie, et horriblement, terriblement honteuse. Pardon, Fraîcheur de Menthe. Je suis sûre que tu avais espéré une apprentie instinctivement douée .. Pas une gamine comme moi. Je suis désolée.

« Je .. Je ne sais pas. »

Il en aurait fallu peu de plus pour qu’elle fonde en larmes. Si elle ne l’avait pas fait, c’était simplement parce que pleurer devant son mentor aurait été un signe de faiblesse. Un de plus. Parmi tant d’autres. Ses yeux devinrent humides, et elle voulu s’enfuir. La honte qui l’habitait à présent était si forte, qu’elle aurait fait n’importe quoi pour se cacher, disparaître. Que devait penser la guerrière ? Comment était – il possible que son apprentie n’ai rien retenu de ses jeux ? En fait .. Ce n’était pas vraiment qu’elle n’avait rien retenu. Elle avait simplement gravé dans sa mémoire, le regard de Nuage de Merle. Sa voix, sa douceur, ses paroles. Mais pas ses techniques de combat. Il fallait dire qu’à son âge, elle n’était pas vraiment préoccupée par ce genre de choses. Enfin, .. Elle n’était pas excusable. Elle aurait du, faire plus attention à ses gestes. Réfléchir.

Elle se détestait. Elle avait honte d’elle. Honte de ne pas être à la hauteur des espérances de son mentor, honte de ne pas honorer ces heures passées en compagnie de Nuage de Merle. A ce moment là, elle aurait vraiment voulu qu’il soit là. Pour la secouer un peu, lui dire qu’elle devait s’en souvenir. Et faire un effort, pleins d’efforts.

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MessageSujet: Re: I wonder how.   Mer 4 Juil - 15:13

    « If life was a game,
    You would never play nice. »
    La vie est ainsi faite. Jamais, au grand jamais, nous ne pouvons y jouer gentiment. Elle est constituée d'extrêmes, d'excitations, de victoires, et de défaites. De petits bonheurs, d'immenses plaisirs, de goûts acides et amers. De grandes déceptions, d'amour, d'eau fraîche, et d'obscurité. Elle serpente sur un chemin caillouteux, chaotique, dans lequel sont sournoisement camouflés des crevasses et des pièges, puis traverse des champs de fleurs bourgeonnant de mille et unes couleurs, qu'elles proviennent des fleurs ou des papillons venant les colorer. De violentes décharges sentimentales, douce ou brûlante, elle vous envoûte. Et elle finit toujours par gagner. Elle est longue, mais pourtant si courte. Il n'existe pas vraiment de règles au grand jeu qu'est la Vie, car même si nous sommes parfois bridés, nous demeurons toujours libre, au fond de nous. Mais pour chaque personne, elle glisse dans une direction différente. Certains disent qu'elle est tracée d'avance, bien avant sa propre naissance. Mais je ne fait pas partie de ces gens. Pour moi, elle s'adapte aux pas que nous décidons de suivre. Je ne crois pas au hasard, ni aux punitions infligées pour ne pas en faire son culte. Car .. Si elle était déjà toute tracée alors que nous n'avions même pas foulé cette Terre, expliquez moi pourquoi ? Pourquoi réserverait – on à un chaton innocent une vie comme la mienne, ou comme celle d'autres personnages ? Non, la Vie fait de nous ce que nous sommes, et c'est nous – même qui décidons des plus grandes directives. Nous ne sommes victimes que des conséquences de nos actes, pas de je ne sais quels châtiments. Oh, ma Vie à moi est loin d'être parfaite. Elle peut même paraître dure. Mais tout au fond .. Si je n'avais pas traversé toutes ces épreuves, que serais – je maintenant ? Pas celle que je suis. Non, ma Vie n'a pas été parfaite, et ne le sera jamais, mais elle est loin d'être terminée, et je n'attend rien d'elle. Si la vie était un jeu, jamais je n'y jouerais gentiment.

    Délicatement assise, droite, et la tête haute, fière comme une princesse, la queue enroulées autour de ses petites pattes, la guerrière grise contemplait son apprentie, qui venait de fermer les yeux. Ses immenses yeux bleus, d'une gentillesse infinie. Sans doute la jeune chatte faisait ça pour remonter aux plus profonds de ses souvenirs et se rappeler tout ce qu'elle avait pu voir et apprendre depuis qu'elle avait poussé son premier cri, en respirant le bon air de la forêt.

    Fraîcheur de Menthe, elle, leva les yeux. Elle n'aimait pas poser ses paupière sur ses beaux yeux verts. Surtout quand elle était seule. Là, elle n'était pas seule, non. Mais, la jeunette n'était pas en mesure de la défendre, et la guerrière se devait de garder un œil alentours et de protéger son apprentie. Enfin .. Elle aurait pu fermer les yeux, oui ; Mais elle préférait les garder ouverts, comme ça elle pouvait surveiller sans mettre ses sens en éveil autre que sa vue. Son regard absinthe fixait donc le ciel, où un pâle soleil ne parvenait pas à réchauffer son pelage. Mais elle n'avait pas froid. Le bleu des cieux lui rappelait un autre regard. Les yeux turquoises de son mentor à elle, Lune de Givre. La guerrière savait bien que sa mère, Rivière Étoilée, emportée par la maladie avait alors voulu le meilleur pour sa fille, en lui offrant pour entraîneur son Lieutenant, la grande femelle au pelage aussi blanc que neige. Mais l'apprentie qu'était Fraîcheur de Menthe à l'époque n'avait jamais réussi à s'entendre avec celle qu'elle était censée considérer comme son modèle, son guide dans la vie. Elle la détestait. Elle, sa froideur, son autorité, et ses crises de colère à répétition, sans justificatifs.

    Nuage de Menthe était toujours rabaissée, rabrouée, grondée .. Comme si elle faisait tout de travers, et qu'elle n'apprendrait jamais rien. Elle était considérée comme une petite abrutie, incapable de se débrouiller, sans cesse surveillée, comme si elle allait se briser au moindre pas. Elle n'en faisait jamais assez, aux yeux de son mentor. Mais ce qui marqua le plus notre guerrière fut cette dispute au clair de lune. C'était plus flou dans sa tête, mais .. Elle se souvenait parfaitement des mots grossiers et blessants que les deux chattes s'étaient échangés.

    Et puis .. Et puis, il y avait eu Nuage de Feu. Son premier amour, tout droit sortis des landes du Clan du Vent, qui sentait bon la bruyère et le Mistral. Le jour où Nuage de Menthe revint, le pelage chargé d'odeurs ennemies, ainsi que le ventre gonflé, entraînée directement à la Pouponnière par Feuille de Houx, fut la fin. Elle était définitivement ratée au yeux de son mentor. Mais aussi une traîtresse aux yeux de tout son Clan ..

    Un nuage passant sur le soleil réveilla la guerrière tigrée perle des souvenirs d'une grande partie de sa vie. Elle reporta toute son attention sur Nuage de Grenouille qui venait de rouvrir les yeux. Le cœur de Fraîcheur de Menthe se sera, et une énorme boule se forma au creux de son ventre. Et si je reproduisait les erreurs de Lune de Givre ? Si .. Si je ne parvenais pas à faire de Nuage de Grenouille une excellente guerrière ? Si je la poussais à faire des choses qu'elle regretterait toute sa vie ? Et si je la forgeait à mon image? Déroutée, la guerrière eut soudain peur. Très peur. A nouveau cette peur d'échouer ? Sans doute, oui ..

    Concentre – toi, bon sang ! Tu es assez intelligente pour te rappeler de la souffrance que l'attitude de Lune de Givre t'a infligée et pour ne pas le faire avec Nuage de Grenouille ! Réfléchis .. Prend ton temps.

    « Je .. Je ne sais pas. »

    Bien que la guerrière fut un peu surprise, elle n'en montra rien. Pas une trace, rien. Instinctivement, elle essaya de se rappeler son enfance, à la Pouponnière .. Sa mère était meneuse du Clan, elle n'avait pas vraiment le temps, et bien qu'elles furent assez complices, toutes les deux, Petite Menthe fut élevée par une autre reine, avec ses frères. Ils n'étaient que trois, seulement, dans la Pouponnière. Et Petit Souvenir et Petit Ange étant bien plus âgés qu'elle, ils ne prêtaient pas beaucoup attention à elle. A part pour lui piquer ses ' jouets ' et se moquer d'elle, et de ses réflexes patauds. Les seuls souvenirs de ses jeux d'éveil étaient .. Une petite boule de mousse. Et rien d'autre. Elle comprenait donc tout aussi bien Nuage de Grenouille, étant dans la même situation qu'elle.

    Elle regarda son apprenti, un sympathique et affectueux sourire accroché aux babines avant de remarquer les yeux brillants et légèrement gonflés de la petite femelle.Maternelle, elle s’approcha de Nuage de Grenouille. Doucement, elle fourra son museau dans le cou de son apprentie, et ronronna des paroles qu'elle se voulaient rassurantes.

    « Oh, oh, oh .. Nuage de Grenouille, il ne faut pas te mettre dans tes états pareilles pour d'aussi petites choses. Tu sais, je ne t'en veux pas du tout de ne pas savoir. Justement, je suis là pour ça. Pour que tu apprennes, à mes côtés. Aller, chut, calme toi. Tout va bien, ce n'est rien. »

    Elle recula et, replaçant son doux sourire à ses lèvres, elle ajouta, avec un petit clin d'oeil ;

    « Regarde – moi ! Tout ce dont je me rappelle de quand j'étais petite, c'est d'une boule de mousse après laquelle je courrais et je bondissais maladroitement. Et entre nous, c'était plus moi qui ressemblait à une petite boule que mon jouet ! »

    Elle partit d'un petit rire discret, tellement c'était ridicule. Puis, une question existentielle se posa à Fraîcheur de Menthe. Combat ou chasse ? Elle fit une petite moue, ne sachant que choisir. Enroulant sa queue autour de ses pattes, elle préféra poser la question à la petite.

    « Mais dis – moi .. Que préfère tu apprendre en premier ? La chasse, ou le combat ? »

    Elle lui laissait le choix. Ce qui entre nous, lui paraissait être une bien bonne idée.

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MessageSujet: « La musique double la vie. Alors danse. Danse ta vie. »   Ven 20 Juil - 16:40


« La musique double la vie. Alors danse. Danse ta vie. »


Musique seulement pour l'intro.
Pareille est la vie à une musique. Tout est aléatoire. La vie commence parfois lentement, parfois rapidement. Elle possède un rythme toujours égal à lui-même. Elle est parfois triste, parfois joyeuse, et parfois … Tout s’entremêle. Il arrive qu’elle vous envoûte, prenant total contrôle de votre âme singulière. Qu’elle vous transporte ailleurs, où seules les étoiles trouvent chemin. Ce peut être une musique sur laquelle vous dansez durant des heures, ou une musique insupportable que vous ne demandez qu’à éteindre. Vous criez, priant d’être épargné de cette chose alors jurée bruit. Il dépend du tempo, il dépend de nos goûts, de notre personnalité. Parfois, elle fait pleurer, vous arrachant des larmes de tristesse ou réchauffant vos joues de ce liquide salé empli de joie. Elle vous émouvoit, et résonne dans votre cœur, selon votre volonté ou non. Et ce, jusqu’à la fin de votre simple existence. Vous pouvez choisir à tout moment de l’arrêter. D’arrêter ce chant de votre âme, et ainsi vous envoler vers les cieux. Vous pouvez aussi la laisser vous envahir toujours plus fort, vous assourdissant par sa puissance, vous berçant par sa seule présence. La musique de mon cœur, je la laisse me bercer, me guider. Elle résonne en moi tel un tambour de guerre dans une vallée, et longuement, je l’écoute, je l’admire. Chaque jour apporte une nouvelle note de musique à cet enchaînement de mélodies variées, et je sais comment ma musique va. Commencée avec de graves notes, telle une mélopée lente et froide, elle laisse aujourd’hui place aux notes joyeuses qui se bousculent, créant ainsi une musique vive, entraînante et joyeuse. L’impression de progresser pour devenir le chef d’orchestre de tous ces instruments qui se coordonnent en moi, et de pouvoir ainsi, donner le ton, est de jour en jour grandissante. Diriger, et exiger bien des précisions. Bien sûr, cette musique coule, menée en partie par mon cœur, mais rien ne pourra jamais empêcher une fausse note, ou la progression soudaine d’un musicien, se démarquant des autres pour donner de la joie à cette musique. Toujours plus de joie et d’énergie. C’est pourquoi elle est, et restera parfaitement imprévisible. Mais si j’ai tout le temps cette énergie débordante, cet amour de la vie, une hyperactivité et une curiosité hors du commun, c’est en partie parce que cette musique, je l’entends battre contre mes tympans. Elle est vive comme l’eau d’une cascade. Pas besoin d’un métronome pour le vérifier, il suffit de m’observer. Moi j’ai choisis de l’écouter, cette musique. De la laisser perdurer à jamais, et même d’y danser. Plus je l’écoute, plus je suis heureuse. Et plus je suis heureuse, plus elle continue de battre si fort. Hauts et bas y sont ancrés, mais j’en suis préparée. Je saurais lutter, si quelque malheur survenait. Alors pour le moment, je me contente de faire vibrer mon corps au son de cette musique. Et je danse. Danse sur la musique de ma vie. ♪

Demeurant immobile, Nuage de Grenouille figeait son regard azuré sur le soyeux pelage de son mentor. Cette si belle guerrière .. La jeune novice ne pouvait s’empêcher de ressentir sans cesse plus d’admiration pour elle. Elle était forte, vaillante, et si jolie. Les larmes brouillaient son regard glacé, ce que sembla remarquer Fraîcheur de Menthe, qui aussitôt, d’un mouvement maternel, vint enfouir son museau dans le cou de la chatte tricolore. La respiration chaude de la féline grise tigrée contre sa gorge, réchauffait le cœur de la petite, l’emplissait soudainement d’une nouvelle ardeur. L’envie de progresser, de pouvoir un jour, gravir la pente vers le chemin de la nomination de guerrière. Avec fierté elle triompherait aux côtés de son mentor, face au chef. Cela ne faisait nul doute. D’un ronronnement se voulant rassurant, Fraîcheur de Menthe murmura quelques douces paroles, cause alors du sourire qui s’afficha sur le visage de Nuage de Grenouille.

« Oh, oh, oh .. Nuage de Grenouille, il ne faut pas te mettre dans tes états pareils pour d'aussi petites choses. Tu sais, je ne t'en veux pas du tout de ne pas savoir. Justement, je suis là pour ça. Pour que tu apprennes, à mes côtés. Aller, chut, calme toi. Tout va bien, ce n'est rien. »

La guerrière recula. Grenouille renifla, chassant ainsi toute trace de sa tristesse soudaine. D’un mouvement de la patte, elle se frotta les yeux, et regarda son mentor, toute souriante, et ô combien reconnaissante de tant de compréhension de sa part. Un clin d’œil amical, et Fraîcheur de Menthe enchaîna ses paroles.

« Regarde – moi ! Tout ce dont je me rappelle de quand j'étais petite, c'est d'une boule de mousse après laquelle je courrais et je bondissais maladroitement. Et entre nous, c'était plus moi qui ressemblais à une petite boule que mon jouet ! »

Silence. C’était une drôlement bonne question. Qu’était – il le plus indispensable de savoir, en ces temps d’occupation du Clan de la Rivière, par des ennemis appartenant au Clan de la Lune ? Le gibier ne semblait pas manquer pour le moment. Et l’étonnant mauvais temps pour la saison, rendait l’été suffisamment giboyeux. Bien qu’elle ne s’attende pas à une guerre, ou même un simple affrontement entre les deux Clans qui cohabitaient, elle jugea astucieux de savoir combattre, avant de savoir se nourrir. Bien qu’elle fût sûre de son choix, sa réponse ne vint pas immédiatement. Et si cela ne plaisait pas à Fraîcheur de Menthe ? Et si elle, pensait que nourrir le Clan était un acte indispensable dès les premiers jours en tant que novice ? Ne doutes – pas tant de toi, Nuage de Grenouille ! Si Fraîcheur de Menthe te demande, c’est qu’elle est certaine de pouvoir te laisser le choix. Quelque soit ta décision, jeune apprentie, soit sûre qu’elle l’acceptera. Et cesses donc un peu de te tracasser pour rien, et de te montrer si ridicule. La place de guerrière de ton Clan n’est pas ouverte aux froussardes.

« Je crois que j’aimerais tout d’abord apprendre à combattre. »

Esquissant un sourire timide, Nuage de Grenouille laissa sa patte venir frotter le sol terreux devant elle. Au loin, la rivière grondait, menaçante, et violente. Ses puissants courants lui donnaient ces derniers temps un aspect démoniaque. N’importe quel chat qui oserait venir y nager, serai chanceux d’en ressortir vivant. Chose qui la renforça fortement dans son choix. Ce n’était pas un moment pour apprendre à chasser le poisson, le risque de tomber à l’eau étant bien trop important.

{ H.S : Sorry pour le rp pas top .. Je me suis juste énormément appliquée pour l'intro, le seul truc que j'ai soigné ici. D: J'y ai vraiment mit tout mon cœur, avec cette si magnifique musique .. Puis le reste, j'ai juste fait court pour avancer un peu. }

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MessageSujet: Re: I wonder how.   Jeu 16 Aoû - 16:54

    « I shot for the sky,
    I'm stuck on the ground. »
    Tel un oisillon rebelle, j'ai cru pouvoir voler. Comme un oisillon insouciant, je me suis élancée. Pareille à un oisillon égaré, je suis tombée. Tombée du nid, sur un sol dur et froid, inhospitalier, qui n'avait rien à voir avec le doux nid chaleureux que je venais de quitter. J'ai voulu m'envoler, et je me suis écrasée sur ce tapis de feuille froides et craquantes. Avançant tant bien que mal, maladroite sur mes pattes, glissant, tombant. Et j'ai cherché. Cherché comment retourner là – haut, sans jamais trouver comment faire. Je me suis lancée à la poursuite d'un chemin imaginaire, où tout serait beau et heureux. Où je ne serais pas seule, perdue dans un endroit inconnu que je connaissait tout de même. Sans savoir d'où je venais, sans savoir où j'étais, sans savoir où j'allais, juste des arbres, des arbres, encore des arbres. Des feuilles, de l'eau, de la terre, de la neige. Je ne sais pas quoi faire, ni qui je suis. Je ne sais même pas ce que je fais là. Les jours se suivent, et je marche, encore. Mes ailes se sont brisées pendant la chute, elle ne me servent à rien. Je reste là, alors. Et je ferme les yeux. Je visais le ciel, je suis clouée au sol. Oh toi, ma petite Nuage de Grenouille, jamais je ne te laisserais rejoindre le sol, jamais heurter de ton corps la dure terre, jamais tomber, t'écraser ici - bas. Tu es faite pour voler, je le sent, faite pour être heureuse, là - haut, pas ici. Au - delà des nuages, comme dans le rêve le plus flou, dans la douceur et le bonheur de la hauteur. Pas dans l'air glacé de là où j'ai grandi. Tu viseras le ciel, et je promet, je te promets que tu l'atteindras. Quoiqu'il arrive. Tu toucheras les étoiles, joueras avec la lune, et jamais je ne te laisserais malheureuse. Je vois dans tes yeux que tu n'est pas faite pour ça.

    Au fond .. Elles étaient aussi différentes l'une que l'autre que la lune l'était du soleil. Mais après tout, bonheur rime avec malheur, non ? En contemplant le charmant visage de sa petite protégée, un sourire triste se peignit sur son visage. Triste, mais tellement affectueux. La mine concentrée, sans doute réfléchissait – elle à la question que son aînée venait de lui poser. La guerrière savait que l'apprentie répondrait correctement, quoiqu'elle décide. Bonheur rime avec malheur, mais la seule chose que lui inspirait l'endroit, le moment, l'ensemble de cette journée était du bonheur. Pur. Comment .. Comment être triste en plongeant dans le regard de cette apprentie ? Comment broyer du noir en admirant ce bleu si profond ? Ce turquoise plein de vie et souriant. Et ces petits sourcils froncés, cet air réfléchit .. La guerrière grise glissa un nouveau sourire.

    « Je crois que j’aimerais tout d’abord apprendre à combattre. »

    Très bon choix. Petit sourire de la jeunette. Hochement de tête de l'aînée. Elle ré – enroula sa queue autour de ses pattes, soigneusement, et, ses yeux verts inquisiteurs, elle se mit à examiner le plus sérieusement du monde son apprentie. Elle était plutôt petite. Fine. Élancée. Une véritable guerrière de la Rivière.

    « Bien, Nuage de Grenouille. Commençons. »

    Elle marqua une courte pause. Par où commencer, justement ?

    « Nous autres, à la Rivière, sommes dotés d'une agilité et d'une puissance que les autres n'ont pas. Le Vent à la rapidité, le Tonnerre le courage, et l'Ombre la force. Mais nous .. Nous nous savons nager, ce qui forge tout nos muscles, et nous donne cette agilité, cette souplesse. Notre poil court nous permet de sécher rapidement, afin de ne pas tomber malade, et de ne laisse aucune chance aux ennemis de s'accrocher dans notre pelage. Nous courrons vite, bien sûr, mais moins que nos congénères chasseurs de lapins. La force, nous la possédons, mais moins que ceux de l'Ombre. Quand au courage, nous en avons beaucoup. »

    Nouvel arrêt. Elle avait du mal à trouver les mots, et buttait dessus.

    « Mais, parmi nos combattants, comme dans les autres Clans, nos guerriers se divisent en deux groupes. Il y a les costauds, qui sont bien plus forts que la majorité d'entre nous. En général, ce sont des mâles, mais des femelles en font aussi partie. Tu sais, pour être une bonne combattante, pas besoin d'être énorme. Non. Il y a aussi les agiles, les réfléchis. Nous sommes tous intelligents, mais, les costauds usent beaucoup de la force. Ceux qui n'ont pas été doté de cette qualité sont du coup plus rapides, plus agiles, et pour certains, beaucoup plus rusés. Ce qui nous égalise tous, et fait notre force. »

    Elle se leva, et, dans un bond, se mit à courir, courir, courir, de plus en plus vite. Elle sauta au dessus d'un petit bouquet de roseaux, tout en faisant volte face et le frappa d'un puissant coup de patte. Elle revint vers son apprentie au petit trot.

    « Je fais partie des félins agiles, dans le Clan. Tu m'as vue ? Un guerrier fort n'aurait pas pu atteindre cette vitesse de pointe, ni faire ça aussi bien que je ne l'ai fait ; Le poids de ses muscles l'aurait ralenti dans ses mouvements. Un chat fort n'aurait pas attaqué cet .. ennemi comme moi. Toi, Nuage de Grenouille, tu es petite, fluette. Tu es faite pour te battre avec ta tête, et non avec ta force. Ce serait inutile, si tu te retrouvais face à un guerrier du Clan de l'Ombre, par exemple. Ce que tu dois faire, c'est utiliser ce que t'a donné la Nature. Tu as de la force, certes, mais elle est faible, par rapport à d'autres. Mais tu as la rapidité, l’agilité. Et surtout, tu es très intelligente. Tu me suis ? Ton adversaire ne se méfiera pas de toi, tu dois le surprendre. Sers toi de ta tête. Je ne suis pas très grosse, ni très musclée, ou puissante, mais je le suis plus que toi. Oublie qui je suis .. »

    En deux temps, trois mouvements, Fraîcheur de Menthe s'était tapie par terre, le pelage gonflé, tant et si bien qu'elle en paraissait deux fois plus grosse. Les pupilles étrécies, les crocs découverts, et la queue battante, elle feula. La douceur dans ses yeux s'était éteinte. Elle était devenue guerrière. Guerrière ennemie. La colère, la soif de bagarre y luisait. Bien évidemment, c'était une pure mise en scène, mais .. C'était tellement impressionnant. D'une voix dure comme la pierre, basse et rauque, elle murmura ;

    « Oublie qui je suis, Nuage de Grenouille. Surprend moi. Utilise tout tes atouts. Tu es forte, ton Clan dépend de ce combat. Je suis ton ennemie. Ta vie, tes amis, toute la Rivière croient en toi. Tu es leur seule chance. Fonce ! »

    Provoquer. Provoquer la peur, susciter la colère de la jeune chatte. L'absinthe des yeux de la guerrière grise prirent une toute autre teinte. Elle se colorèrent de mépris, de dégoût, et d'insolence. Moqueurs, provocateurs. Fonce, maintenant, petite. N'attend pas d'être dépourvue de tes facultés. N'attend pas d'être impuissante, à la merci de l'ennemi. Saute. Mords. Bats – toi.

    Voix méprisante, hautaine .. Prétentieuse ;

    « Alors, mon petit ? On a perdu sa maman ? Ou .. Ton Clan est trop faible ? Faible au point d'envoyer des chatons se battre ? Haha. Allez, viens donc. Je t'attend. »

    Rire qui fit écho, rire méchant, laid .. Ç'aurait été parfait si cette attitude ne rappelait pas à la guerrière de mauvais souvenirs. Elle avait déjà fait ça. Déjà été comme ça, il y a longtemps, dans son exil. Mais elle ne l'était plus maintenant. Ce n'était qu'un jeu .. Un entraînement. Pas la réalité .. Surtout pas la réalité. La nausée la prit, elle voulut fermer les yeux et abandonner, se laisser aller à son passé, se laisser rattraper par ses souvenirs qui lui couraient après, si près qu'ils lui léchaient les pattes. Mais non. Ce n'était pas réel.

    « Attaque. Maintenant. »

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Chant des Nuages:
 


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MessageSujet: Re: I wonder how.   Ven 25 Jan - 17:42

« Il faut profiter du temps.
Il ne passe pas deux fois. »

NUAGE DE GRENOUILLE & FRAÎCHEUR DE MENTHE.
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« Frogs are made to jump. So go ahead ! »

Elle était captivée par la douce voix de son mentor, qui s’élevait dans les airs et résonnait dans les oreilles de la petite. Elle l’écoutait, buvant ses paroles, les gravant dans sa mémoire pour qu’elles y restent à jamais. Elle était si heureuse qu’on lui apprenne tout ceci ! Et piquée par la curiosité, elle écouta encore plus lorsque Fraîcheur de Menthe vint à parler des autres clans. Elle n’avait encore jamais rencontré d’autres chats qui ne faisaient pas partie de son clan, et pourtant, elle en rêvait. Pouvoir rencontrer quelqu’un de différent ! Un grimpeur, un coureur, un combattant, peu lui important. Elle aurait juste … Tant aimé voir quelqu’un qui n’était pas comme elle, qui pourrait lui en apprendre encore plus que les autres apprentis de son clan ! Rêveuse, s’évadant vers de folles pensées pleines de candeur et d’insouciance, elle se concentra cependant à nouveau sur les explications de son mentor, et observa avec attention sa démonstration. Comme elle filait vite, à travers les arbres ! Et lorsqu’elle revint, une lueur d’admiration brillait encore dans le regard de Nuage de Grenouille. Elle aussi, un jour, elle serait aussi rapide que la guerrière. Un jour, elle lui ressemblerait peut-être. Souriante, ce que Fraîcheur de Menthe dit ensuite la déstabilisa beaucoup. Elle se s’était jamais battue, ne savait ni comment faire … Ni quoi faire ! Observant la position de la féline grise, elle l’imita, les pattes repliées, la queue battante, le regard plongé dans celui de son adversaire. Cela aurait pu être parfait. Aurait pu, oui. Si elle n’avait pas dans le regard cette interrogation de celle qui demande « Et comme cela, c’est bien ? » Même si sa position était bonne, l’attitude quant à elle ne l’était pas. Cependant, quand la lueur de douceur s’éteint des absinthes de la guerrière, Nuage de Grenouille plissa les yeux, et par réflexe, son pelage se gonfla. Même si elle avait l’air bien plus grosse qu’à la normale, elle paraissait encore très petite face à son mentor, donc la voix perçante atterrit comme un pieux dans le cœur de son apprentie. « On a perdu sa maman ? » Cette phrase résonna de nombreuses fois dans l’esprit de la chatte tricolore, tandis que la rage montait au fur et à mesure. Et elle était profondément sérieuse. Sans le savoir, Fraîcheur de Menthe venait de toucher le point faible, et si elle voulait du combat, elle allait en avoir. Le regard glacé de Nuage de Grenouille s’était éteint dans celui de son aînée, tandis que celle-ci affichait un sourire moqueur, qui se fit alors qu’amplifier la colère de la petite chatte, que l’on aurait pu croire prête à un vrai combat. Sauf que ses griffes restaient rentrées, bien que nerveusement, elle aurait été capable par réflexe de les sortir. Tapie sur elle-même, Nuage de Grenouille bondit sans attendre sur le corps de la guerrière, atterrissant sur son dos. Déséquilibrée, elle retomba très vite, mais se releva aussi vite que l’éclair, feintant une offensive qu’elle ne fit pas, de manière à rapprocher Fraîcheur de Menthe de côté, et sauta les pattes en avant sur le son flanc, poussant de toutes ses forces pour la faire tomber à la renverse. Elle n’avait pas le droit, d’utiliser des phrases comme celles-ci ! C’était un entraînement, par une torture aux souvenirs. Essayant de bousculer la guerrière, ses yeux ressemblaient à deux glaciers menaçants. Après l’avoir faite vaciller, elle sauta agilement sur son dos et s’agrippa à l’aide de ses pattes, griffes rentrées. Seulement ses coussinets glissaient sur le poil de la féline argentée, et elle retomba sur le sol. C’était la fin de son offensive.

S’étant un peu éloignée lors de sa chute, Nuage de Grenouille se releva et s’assit, tandis que son cœur ralentissait et qu’elle se calmait. Elle n’aurait su dire si ce qu’elle avait fait été bien ou non, et n’osa pas encore croiser le regard de son mentor, et attendit quelques minutes avant de la fixer, interrogatrice. De nature peu rancunière, elle s’était déjà persuadée que Fraîcheur de Menthe n’était pour rien dans cette question, puisque de toute évidence, elle ne connaissait pas l’histoire de la petite. Et elle ne pouvait pas la devenir ! Elle avait juste voulu lancer l’attaque, et c’était normal après tout. Toujours assise, la petite chatte brune et blanche leva les yeux vers ceux de la guerrière, et sourit. Elle ne s’était pas si mal débrouillée ! Et sa colère était passée, oubliée, fondue comme neige au soleil. Ce n’était plus important, et elle l’avait déjà évacué de son esprit. Alors Nuage de Grenouille se leva, s’avança au petit trot vers son mentor, et lui demanda, gaiement :

« Alors, est-ce que c’était bien ? M’en suis-je bien sortie ? Je voudrais que tu m’apprennes tant de techniques ! »

Elle frétillait comme un poisson, toute agitée, très motivée. Nuage de Grenouille avait du mal à tenir en place ! Mais elle s’efforça de se calmer, pour ne pas paraître trop … Enfantine. Elle sourit, un peu anxieuse de sa réponse. Sa technique était loin d’être la meilleure, et sûrement l’avait-elle exécutée avec beaucoup de maladresse. Mais elle voulait continuer, sachant déjà qu’un jour elle pourrait progresser. Enfin … Peut-être ? Le doute s’empara d’elle, tandis qu’elle se forçait à le camoufler, s’immobilisant devant son mentor dont elle attendait la réponse, les yeux grands ouverts.

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MessageSujet: Re: I wonder how.   Mar 26 Fév - 14:09

    Je me suis faite toute seule. Sans jamais recevoir d’aide, j’ai grandi le sourire accroché aux lèvres, sans jamais montré quoique ce soit. Ils ont toujours cru que je ne manquais de rien. Et c’était vrai. Jusqu’à un certain temps. Petite, je jouais comme les autres, me développant comme les autres, sous les doux et apaisants mots de ma mère. Comme les autres, j’évoluais, je m’éveillais à la vie. Et puis, elle m’a abandonnée, sans trop le savoir, entre les griffes de ce mentor que je n’aimais pas. J’ai reçu quelques notions de l’entraînement, évidemment, mais pas assez. Tout ce que vous voyez, en me regardant, tout ce que vous sentez, tout ce que vous ressentez, à mon égard .. Ce ne sont pas les fruits d’un dur travail aux côtés d’un guerrier à qui je dois tout. Ce ne sont que des cicatrices de ce que fut ma vie jusqu’à présent. Je me bats, la rage au ventre, mais qui m’a réellement appris ? Personne. Je suis tombée, sous les coups. Encore et encore. Mais on apprend de nos erreurs, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. Quant on se blesse une fois, on n’y retourne pas une deuxième. Je chasse, les sens aux aguets, mais .. Là encore, j’ai appris le plus gros seule. On m’a donné les bases, j’ai fait le reste, tenaillée par la faim. Je ne suis pas une miraculée, juste une rescapée. Je suis née sous les étoiles, mais mon chemin n’en a pas été pavé. Alors aujourd’hui, c’est avec amertume et passion que je m’efforce de montrer que quelque soit mon passé, je vaux autant que chacun d’entre eux. On a tous le même combat, seulement loin d’avoir les mêmes armes. Celui de la vie, de se battre au corps à corps avec elle, en espérant de temps en temps une trêve. Celui de courir contre le temps, à la recherche d’aventure, ou bien d’amour. Celui d’exister. Et de transmettre avant de s’éteindre.

    Elle avait touché le point faible. Elle le sut dès qu’elle vit l’expression de son apprentie se figer avant de changer du tout au tout. Son regard habituellement si doux et plein de vie s’était durci, et elle y avait vu toute la colère qu’elle venait de déclencher. Elle ne l’avait pas voulu, elle ne savait même pas ce qui c’était passé dans l’enfance de la jeune femelle. Mais au fond, c’était une bonne chose car à présent, Nuage de Grenouille semblait bien décidée à en découdre. Tapie sur le sol, imitant sans doute la position de Fraîcheur de Menthe, elle bondit bien vite. S’y attendant un peu, la guerrière ne bougea pas, laissant la petite être elle-même déstabilisée par son poids, la vitesse et la force qu’elle avait dosée bien trop fort dans ses membres postérieurs. La jeune glissa à même le sol, mais ne s’en laissa pas intimider pour autant. Elle se releva en une fraction de seconde, et feinta un mouvement qu’elle n’effectua même pas, avant de se ruer sur son mentor et de la faire vaciller sur le flanc. Objectif réussi, ne s’y attendant pas, Fraîcheur de Menthe roula sur le côté. Elle ne chercha pas à se défendre, laissant son apprentie continuer à faire preuve de ses techniques, de ses bases en combat sans doute apprises à la Pouponnière en regardant les autres jouer. Elle lui bondit à nouveau sur le dos, ce qui n’eut pas plus d’effet que la première tentative, et elle glissa de nouveau. Puis, elle recula de quelques pas, le poil ébouriffé, le sourire radieux. C’était la fin, visiblement.

    « Alors, est-ce que c’était bien ? M’en suis-je bien sortie ? Je voudrais que tu m’apprennes tant de techniques ! »

    La guerrière afficha un large sourire, et s’avança de quelques pas vers son apprenti pour lui donner un coup de tête amical, et un coup de langue affectueux sur le front.

    « C’était très bien ! Du moins, ta feinte était très réussie, je ne l’attendais pas. Cependant, attention à tes bonds. Tu fais preuve de rapidité, ce qui fait qu’on ne voit pas toujours où tu vas frapper, mais justement. Tu fonces, au lieu de te servir de ta tête ! Dans la précipitation, tu doses trop fortement tes sauts, et tu te déstabilises toi-même ! C’est quand même dommage, non ? Étudie bien ton adversaire. Ne lui laisse aucune chance de deviner ou tu vas frapper, et en même temps, étudie la puissance des tes bonds, afin d’arriver juste là où tu le souhaites, et de pouvoir y rester, surtout ! Là, tu es parvenue sur mon dos, mais comme la puissance utilisée pour bondir était trop forte, tu n’as fait que m’effleurer, avant de glisser. Observe. »

    La guerrière se recula de quelques pas, et se mit en position ; tapie contre le sol, elle fixait son apprentie. Sa queue lui servant de balancier, elle répartit aisément son poids entre ses deux membres postérieurs, se préparant ainsi à bondir. Le regard toujours braqué sur Nuage de Grenouille, elle sauta, d’un bond puissant et justement dosé qui l’emmena derrière son apprentie. A peine les pattes posées au sol, elle fit volte face et envoya valser la jeune femelle à quelques longueurs de queues de renard. Alors elle s’approcha de la petite, s’assit, et attendit qu’elle se rasseye avant de reprendre ;

    « Et voilà. Tu t’attendais à ce que je te saute dessus, n’es – ce pas ? Et pourtant, je n’en ai rien fait. J’ai réparti mon poids entre mes deux pattes arrières en me balançant légèrement, et puis j’ai mis toute ma force à arriver juste derrière toi, ma queue m’aidant à me diriger juste. Second point, ne jamais te focaliser sur le point que ton adversaire te fait croire qu’il va frapper. Dans la plupart des cas, c’est un piège, une feinte. Au combat, tu dois te préparer à toutes les possibilités ! Tu veux essayer ? »

    Les pupilles dilatées, elle était aussi excitée que son apprentie. Elle espérait de tout son cœur que ses mots soient justes, et que la jeune Nuage de Grenouille comprenne bien tout leurs sens. Elle voulait être un bon mentor ! Et elle souhaitait bien s’en sortir, et faire de cette jeune chatte brune et blanche aux grands yeux bleus une des plus grandes guerrières de la Rivière. Parce qu’il lui semblait qu’elle était née pour ça. Une petite qui avait autant soif d’apprendre et qui était aussi déterminée ne pouvait que réussir. Aussi ferait – elle tout pour lui donner les outils nécessaires à y parvenir.

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MessageSujet: Re: I wonder how.   Sam 20 Avr - 11:56

      NUAGE DE GRENOUILLE.
    « Où le combat est grand, la gloire l’est aussi. »
Nuage de Grenouille vit son mentor sourire, après s’être relevée de l’attaque de son apprentie. Celle-ci sourit aussi, fière d’avoir réussi pour sa première démonstration ! Elle s’assit devant la chatte tigrée, et attendit son avis sur ce qu’elle venait d’accomplir.

« C’était très bien ! Du moins, ta feinte était très réussie, je ne l’attendais pas. Cependant, attention à tes bonds. Tu fais preuve de rapidité, ce qui fait qu’on ne voit pas toujours où tu vas frapper, mais justement. Tu fonces, au lieu de te servir de ta tête ! Dans la précipitation, tu doses trop fortement tes sauts, et tu te déstabilises toi-même ! C’est quand même dommage, non ? Étudie bien ton adversaire. Ne lui laisse aucune chance de deviner ou tu vas frapper, et en même temps, étudie la puissance des tes bonds, afin d’arriver juste là où tu le souhaites, et de pouvoir y rester, surtout ! Là, tu es parvenue sur mon dos, mais comme la puissance utilisée pour bondir était trop forte, tu n’as fait que m’effleurer, avant de glisser. Observe. »

Elle buvait les paroles de Fraîcheur de Menthe, et réfléchissait en même temps. Elle avait raison, et Nuage de Grenouille se demandait parfois comment était-il possible de faire d’aussi grosses erreurs que celles qu’elle faisait. Un peu honteuse elle rougit derrière les poils tricolores de son visage, mais se reconcentra sur la démonstration que son mentor s’apprêtait à faire. La guerrière s’éloigna un peu, et baissa ses pattes avant, tapie sur le sol. Sa queue se balançait, et Nuage de Grenouille mit un peu de temps à comprendre l’utilité de ce mouvement de queue. Elle répartissait son poids sur ses pattes arrière, et comme l’apprentie s’y attendait, la guerrière fit un grand bond qu’elle esquiva un peu, avant de se rentre compte qu’elle n’avait pas visé pour lui bondir dessus. Sauf qu’entre temps, Fraîcheur de Menthe était revenue à la charge, et l’avait envoyée valser à plusieurs longueurs de queue. Nuage de Grenouille poussa un petit gémissement de surprise en retombant sur le sol, et se releva après quelques instants, légèrement sonnée. Son mentor s’approcha, souriante, et reprit sa leçon.

« Et voilà. Tu t’attendais à ce que je te saute dessus, n’es – ce pas ? Et pourtant, je n’en ai rien fait. J’ai réparti mon poids entre mes deux pattes arrières en me balançant légèrement, et puis j’ai mis toute ma force à arriver juste derrière toi, ma queue m’aidant à me diriger juste. Second point, ne jamais te focaliser sur le point que ton adversaire te fait croire qu’il va frapper. Dans la plupart des cas, c’est un piège, une feinte. Au combat, tu dois te préparer à toutes les possibilités ! Tu veux essayer ? »

Nuage de Grenouille émit un léger rire, avant de laisser ses fondre ses prunelles dans les absinthes de son mentor. Cette admiration qu’elle avait pour elle, c’était une chose … Qu’on ne pouvait pas décrire. Pas imaginer. Et elle repensait encore, à Nuage de Merle. Depuis qu’il était guerrier, depuis qu’elle était apprentie … Ils ne se voyaient plus. Ne jouaient plus. C’était douloureux, de savoir qu’elle perdait un peu son seul ami. Et c’est pourquoi elle décida que le soir même, elle irait lui rendre visite. Cette pensée alluma un sourire sur le visage de la jeunette, qui reposa son attention sur son mentor. Elle n’était pas vraiment sûre de pouvoir y arriver, mais elle s’efforça d’essayer d’imiter la position de son mentor. Rempliée sur ses pattes avant, elle avait réparti son poids sur ses membres postérieurs, de manière à pouvoir faire un bond plus grand. Évaluant la distance qui la séparait de son mentor, elle décida d’imiter la technique que Fraîcheur de Menthe avait effectuée juste avant, et qu’elle trouvait tout simplement géniale. Alors la petite chatte bondit d’un seul coup, atterrissant un peu maladroitement juste derrière la guerrière qui l’avait observée. Sa cheville s’était un peu tordue mais elle n’avait pas vraiment mal, et ne laissa rien paraître. Elle n’attaqua pas par la suite, puisque son mentor lui avait juste demandé d’essayer la position, qu’elle avait plutôt pas mal réussie. Elle vint se replacer devant elle en trottinant, et lui adressa un large sourire.

« Comme ça ? Je trouve que j’ai fait un grand bond cette fois-ci, et j’ai compris la position. Il ne me reste plus qu’à la perfectionner. »

Nuage de Grenouille fouetta l’air avec sa queue, et étira sa patte un peu douloureuse. Elle commençait à fatiguer un peu de cette matinée d’entraînement, et finalement … Elle osa demander une petite pause à son mentor.

« Dit Fraîcheur de Menthe, pourrait-on arrêter l’entraînement de combat ici ? Je suis un peu fatiguée. A vrai dire, je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit, et maintenant je le ressens vraiment ! Peut-être … Que tu pourrais me montrer les frontières ? Enfin, je ne sais pas. C’est comme tu veux. »

L’apprentie sourit un peu honteusement, désolée d’être déjà aussi fatiguée. Mais ce n’était que le premier jour, et elle n’avait ni muscles ni souffle bien entraînés. Elle savait que cela viendrait avec le temps, et espérait que son mentor ne prenne pas trop mal sa demande. Après tout, elle pouvait bien la forcer à s’entraîner encore et encore … Pour rendre Fraîcheur de Menthe fière, Nuage de Grenouille aurait accepté de tout faire.

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MURMURE  no one believes in second chances Ҩ « Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. » Perdu. Il était perdu. Dans un Clan qui n’était pas le sien, dans un univers qui ne lui ressemblait pas, dans un monde qui ne voulait pas de lui. Dans un endroit où il ne se sentait pas chez lui. © Laëlix

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MessageSujet: Re: I wonder how.   Mar 23 Avr - 14:12

« Chaque paysage possède sa propre histoire,
Et chacun de nous y laissons une empreinte. »
Où te mènerons tes pas, chaque paysage que tu découvriras laissera en toi un souvenir, une empreinte indélébile gravée au plus profond de toi. Certains instants, certains endroits, certaines odeurs, certains sons, certains goûts, certains gravillons ou copeaux sous tes pattes déposeront en toi une réminiscence, une pensée plus forte que d’autres. Mais quoi que tu fasses imprimera une image, que tu garderas toujours enfouie quelque part.

La guerrière observa sa jeune apprentie tenter d’imiter sa position avec application et concentration. Elle esquissa un petit sourire, on l’on pouvait lire toute la douceur et l’affection d’une mère. Pourtant, elle n’avait aucun lien de parenté. Mais, en quelques instants, un lien si fort s’était formées entre elles, que Fraîcheur de Menthe ne parvenait pas à se défaire d’une sorte d’instinct maternel sur Nuage de Grenouille. Rien de trop mère poule, juste un amour naissant, et déjà immense. Elle observa alors la jeune femelle brun et blanc, tapie contre le sol, répétant très justement la position d’attaque dont on venait de lui faire la démonstration. Son mentor n’aurait pas été surprise de voir un petit bout de langue rose sortir de la gueule de l’apprentie, vu la réflexion immense dont elle faisait preuve. Alors, la petite bondit, sûre d’elle, sur une distance quasi-parfaitement évaluée. Un superbe saut. La guerrière grise la suivit des yeux et fit volte-face afin d’assister à sa réception. La jeune femelle glissa légèrement, mais n’en tint pas compte, et se redressa aussitôt. Les yeux de Fraîcheur de Menthe brillèrent de fierté.

« Comme ça ? Je trouve que j’ai fait un grand bond cette fois-ci, et j’ai compris la position. Il ne me reste plus qu’à la perfectionner.
- Pour un premier essai, il frôlait la perfection ! Tu apprends vite, c’est une bonne chose. Et ça ne m’étonnerait pas qu’après quelques bonnes heures d’entraînement avec cette position, tu la maîtrise aisément. C’était très bien, vraiment, je suis fière de toi ! »

Elle fit un large sourire à son apprentie, et cherchait une idée pour la suite lorsque son apprentie se risqua à demander, d’une toute petite voix ;

« Dis Fraîcheur de Menthe, pourrait-on arrêter l’entraînement de combat ici ? Je suis un peu fatiguée. A vrai dire, je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit, et maintenant je le ressens vraiment ! Peut-être … Que tu pourrais me montrer les frontières ? Enfin, je ne sais pas. C’est comme tu veux. »

La guerrière étudia minutieusement la proposition, puis décida de l’accorder à son apprentie. Après tout, cela faisait aussi parti de ce qu’un apprenti doit apprendre.

« C’est une très bonne idée ! A laquelle je me permets d’ajouter une pointe de modifications. Nous allons comment par visiter tout nos territoires, ce qui nous permettra de travailler un peu ton endurance, et je te conterais leur histoire et tout ce qui va autour, afin que tu puisses reprendre ton souffle. Nous verrons les frontières plus tard, s’il nous reste du temps. Et si jamais tu es trop épuisée, nous rentrerons. La première journée est toujours épuisante pour les apprentis. Et les mentors aussi, d’ailleurs ! »

Elle émit un léger rire. Puis, dans un nuage de poussière, elle démarra et entreprit de gravir un versant assez abrupt. Arrivée en haut, elle vérifia que son apprentie était toujours derrière elle. Le lit de la rivière cheminait droit vers un précipice, et en contrebas, on entendait l’eau se fracasser en rugissant contre les galets, avant de poursuivre son cours, comme si de rien n’était. Elle s’approcha lentement du bord, en signalant à son apprentie de rester à sa place et fut prise d’un long vertige. Non pas à cause de la hauteur. Elle aimait cet endroit plus que tout au monde. Qu’elle soit perchée ici ou en contrebas revenait au même, il lui apportait liberté et ivresse. Elle ferma les yeux un court instant, afin de reprendre ses esprits, et déclara d’une voix forte, afin de se faire entendre par-dessus le vacarme de la cascade ;

« Cet endroit s’appelle les Chûtes ! Il est très dangereux, car peu de ceux qui tombent survivent. Si la hauteur ne les tue pas, le courant en contrebas se charge de les noyer, ou de les faire mourir de froid. Il faut faire très attention, surtout au bord, comme là où je suis, car le terrain est glissant. Bon nombre de guerriers valeureux ont rejoint le Clan des Étoiles en manquant de prudence à cet endroit. »

Son cœur se serra lorsqu’elle repensa à Crocs de Feu, son premier amour, décédé ici même. Ils n’étaient pas du même Clan, mais cela lui importait peu, jusqu’à ce qu’elle comprenne que c’était dangereux pour eux deux. Il n’avait pas supporté, et avait glissé en courant rejoindre son Clan. Elle stoppa là le déroulement du film de ses souvenirs. Elle ne pouvait pas aller plus loin. Blessée, elle baissa les yeux, et lui adressa une pensée. Puis, elle se redressa, et repartit de plus belle. Ses pas la menèrent tout droit à la Colline du Lynx. Elle apprécie beaucoup cet endroit. Une colline en pente relativement douce, assez spacieuse, avec de l’herbe en abondance, se parant aux couleurs des saisons. Là, elle était verte, d’un beau vert bien frais et profond. En sentant la douceur des jeunes pousses sous ses coussinets, elle repensa aux longues courses effrénées avec Nuage de Neige, son meilleur ami d’enfance, aujourd’hui disparu. Elle se rappela la joie immense avec laquelle il arrivait au sommet, vainqueur et vaincu, mais toujours avec le sourire. Elle se souvint de leurs regards complices, de leurs souffles saccadés. Elle se souvint de son amour pour lui. De sa nostalgie du passé, dès qu’elle posait les pattes ici.

« Nous sommes ici à la Colline du Lynx. Cet endroit est assez giboyeux, et donc parfait pour les entraînements à la chasse ! Je t’y emmènerais sûrement la prochaine fois. D’après des histoires très anciennes, que mêmes nos anciens tiennent de leurs anciens, un lynx vivait autrefois ici. Les lynx sont de superbes animaux, mais ils sont aussi très dangereux. Tout comme les renards et les blaireaux. Mais ne t’en fait pas, si un de ces lynx a réellement habité ici, il a terminé sa vie depuis bien des lunes ! »

Alors, elle se rappela avec amour leur quête sur des journées entières, du fameux Lynx, la peur mêlée à l’excitation dansant au creux de leurs ventres. Un sourire se peignit sur son visage. La prochaine destination fut le Champ de Fleurs. Déjà timidement ouvertes, une explosion de couleurs resplendissantes brillait sous ce petit soleil du début de printemps. Elle savoura ce paysage, et cette fois, ce fut une pensée bien différente qui s’offrit à elle. Elle vit sa rencontre avec Écorce d’Épines, à cet endroit même, sous la pluie. Là où elle avait roulé lamentablement, et où il était venu lui porter secours. Là où ils s’étaient échangés leurs vies, alors qu’ils se connaissaient à peine. Elle se remémora la confiance directe et franche qui avait pointé le bout de son museau entre eux, et leur complicité naturelle, comme s’ils se connaissaient depuis des années ..

« Je te présente le Champ de Fleurs. Ici n’est ni un terrain de chasse, ni un terrain de pêche, et encore moins un terrain de combat. Ce territoire n’a rien de vraiment très utile, cependant, il offre repos et fraîcheur à ceux qui viennent s’y balader. Il est aussi très bien pour enseigner l’art de la discrétion. Nous verrons si je t’y emmènerais. »

Puis la guerrière entraîna son apprentie vers le Pont. Ce qui se dessinait à cet endroit était bien sa jeunesse, sa toute première Assemblée. Son excitation démesurée, et aussi son appréhension de voir tout ces grands guerriers. C’était un endroit vraiment joli, qui inspirait la confiance et la sérénité. Elle s’y arrêta, et adressa un large sourire à son apprentie ;

« Et voilà, nous avons fait le tour. Ici, nous sommes au Pont. Il faut passer par là pour aller aux Assemblées. C’est un lieu pratique car il permet de pêcher tranquillement à l’ombre, et de se reposer sans être trop dérangé ! Chaque endroit possède sa spécialité. Chaque lieu possède son histoire. Et chaque terrain représente pour nous une époque révolue, un souvenir, un sourire. Nous sommes tous entremêlés à ces histoires là, car dès que nous foulons ces terres, nous y déposons une empreinte, et ils déposent la leur dans nos mémoires. Tu as des questions, concernant nos territoires ? »

Elle marqua une pause, et son estomac émit un grognement. Alors, elle s’approcha de l’eau, en faisant signe à son apprentie de la suivre. En prenant bien soin de se positionner pour que son ombre ne brouille pas la surface de l’eau, elle scruta les fonds. Puis, elle plongea d’un coup sec sa patte dans l’eau, et propulsa un poisson de taille moyenne sur la rive, ou il se débâtit férocement. Elle lui asséna un coup de patte sur le crane, et il cessa de gesticuler. Le dépeçant avec soin, elle leva les yeux vers son apprentie et lui demanda ;

« Tu as faim ? La pêche est un art du Clan de la Rivière. Au début, ce n’est pas facile, mais quand tu as appris comment faire, ça va tout seul ! Je t’apprendrais après, mais pour l’instant, faisons une pause. Nous reprendrons le tour des frontières cette après midi, si le cœur t’en dit. Nous avons beaucoup travaillé ce matin ! En temps normal, le Code du Guerrier nous interdit de nous nourrir avant le reste du Clan. Mais le gibier est abondant en ce moment, et la pile est pleine, donc, nous y sommes autorisés. »

Elle finit de mettre à nu la chair du poisson, et la tendit à son apprentie avec un large sourire, et les yeux pétillants. Elle l’adorait, et adorait lui apprendre.

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MessageSujet: Re: I wonder how.   Ven 26 Avr - 16:25

      NUAGE DE GRENOUILLE.
    « On donne généralement le nom de découverte à la connaissance d'un fait nouveau ; mais je pense que c'est l'idée qui se rattache au fait découvert qui constitue en réalité la découverte. »
Il y avait eu un jour, où tu avais rêvé du futur. Jeune enfant, petit point dans l’immensité d’une vie dont le sens t’échappait déjà, tu avais compris que le temps n’était qu’un outil. Qu’il fallait savoir s’en servir. Que le futur t’appartiendrait, seulement si tu construisais seule les marches du présent. Pour te mener vers un avenir épanoui, une vie joyeuse. Fixant les étendues verdoyantes, les rivières chatoyantes et les prairies fleurissantes, tu avais compris que le monde était si grand. Mais que le monde avait beau être immense, le tien était plus petit. Le monde avait beau être infini, tu n’avais beau n’y être qu’un point … C’était un maître que tu étais dans le tien. Dans ton monde à toi. Et alors, bien qu’une seule action, qu’une seule parole, n’ait d’influence que dans ce dernier, le monde tout entier pourrait un jour peut-être changer. Grâce à toi. Utopies enfantines, rêves irréalisables. Pour certains, peut-être … Mais pas pour toi.

Nuage de Grenouille écouta avec fierté et complaisance, les compliments de son mentor, qui la regardait fièrement. La petite était si heureuse, de pouvoir rendre Fraîcheur de Menthe fière d’elle, qu’elle aurait pu tout donner pour la revoir sourire comme cela, à nouveau. Pour pouvoir lire encore et encore la joie dans ses yeux. Y voir briller les lumières de la vie. Elle accepta la proposition de l’apprentie, qu’il l’écoutait avec attention. Visiter les territoires ? Voilà une idée qui lui plaisait fortement ! Car pouvait-on décrire l’impatience qu’elle avait eue, ces derniers jours, à pouvoir enfin quitter le Camp ? C’était comme un premier envol. Un avant-goût de la vraie vie. De la vraie beauté du monde. Nuage de Grenouille savait qu’il y aurait des jours moins roses, peut-être même des jours où elle regretterait le temps passé. Ce temps là où, chaton, elle ne devait se soucier de rien d’autre que l’intérieur du Camp. Mais cela faisait partie des épreuves. Des réalités. Et la féline tricolore n’en avait pas peur. Pas du tout. Dans un mouvement rapide, Fraîcheur de Menthe s’élança pour emmener son apprentie ailleurs. Cette dernière la suivit aussi rapidement qu’elle le pu, tandis que son mentor s’arrêtait de temps à autres pour vérifier que la petite la suivait bien. Nuage de Grenouille s’efforçait de regarder le paysage en plus du chemin, tout en s’assurant de ne pas perdre la trace de la guerrière. Tâche ardue, certes. Mais elle y arriva, et sans trop de mal. Leur première destination fut les chutes. La guerrière tigrée semblait devenir comme ivre de l’air qui y était présent. Cette sensation de grandeur, lorsque perchée au dessus du vide, elle raconta à son apprentie une de ses mésaventures. Ou plutôt celle d’un de ses camarades. Un peu effrayée, Nuage de Grenouille n’osa pas s’approcher trop près du bord. Elle n’avait jamais eu le vertige, et s’avérait même plutôt fascinée par la hauteur mais … Elle trouvait cela plus prudent de rester en arrière. Surtout qu’elle ne se savait que de passage. Fraîcheur de Menthe repartit de plus belle, laissant derrière elle et son apprentie, l’air frais des chutes. Le sol caillouteux se transforma petit à petit en une herbe douce, tendre, et dont la douceur venait caresser avec tendresse les coussinets des deux félines qui ne s’arrêtèrent qu’une fois en haut de la Coline du Lynx. La guerrière continuait sa leçon, tandis que la jeunette l’écoutait sans mot dire. Elle se contentait d’observer, de retenir pour être sûre de pouvoir se repérer une autre fois. C’était un moment crucial dans son apprentissage, et Nuage de Grenouille le savait. C’était pour cette raison que sa concentration était palpable jusque dans l’air qui l’entourait. Puis elles se dirigèrent vers le Champ de Fleur, dont le parfum de milliers d’espèces de plantes différentes s’entremêlait. Elle ferma les yeux, et respira un grand coup, l’air si doux, si frais qui volait ici. Cela lui rappelait la douceur de l’amour. Le même parfum que celui d’une mère. Mère dont Nuage de Grenouille avait toujours rêvé. Elle rouvrit les yeux, peinée d’avoir à toujours se remémorer son passé, partout où elle allait. Mais elle savait qu’elle devrait s’y faire. Car un passé, il nous suit partout. Notre passé, c’est ce qui nous fait, ce qui nous forme. Ce qui nous fait devenir ce que nous sommes aujourd’hui. Après le Champ de Fleur, dont les couleurs resplendissantes s’étendaient à perte de vue comme des taches de peintures sur une toile, les deux femelles prirent la direction du Pont. C’était un endroit calme, et l’on aurait même pu dire apaisant. L’apprentie devina que de nuit, ce devait être encore plus beau. Puis elle se tourna vers son mentor, qui sembla conclure le tour du territoire.

« Et voilà, nous avons fait le tour. Ici, nous sommes au Pont. Il faut passer par là pour aller aux Assemblées. C’est un lieu pratique car il permet de pêcher tranquillement à l’ombre, et de se reposer sans être trop dérangé ! Chaque endroit possède sa spécialité. Chaque lieu possède son histoire. Et chaque terrain représente pour nous une époque révolue, un souvenir, un sourire. Nous sommes tous entremêlés à ces histoires là, car dès que nous foulons ces terres, nous y déposons une empreinte, et ils déposent la leur dans nos mémoires. Tu as des questions, concernant nos territoires ? »

La petite chatte fixa ses yeux bleus cristal sur le sol, et finalement, releva la tête pour répondre.

« Non, je crois que je n’ai pas de question. C’était impressionnant, de voir tout cela. Tout ce dont j’avais rêvé, durant toutes ces lunes à attendre. Voilà que tout devient réel. Finalement, ce n’est pas comme je l’imaginais, c’est encore mieux. Bien plus réel et plus fascinant que le moindre rêve que l’on peut faire. Tous ces parfums, ces couleurs, tout, Fraîcheur de Menthe. Tout me fascine. Le Clan de la Rivière peut être fier je crois, d’avoir un aussi beau territoire. Et moi je suis heureuse, de faire partie de ce Clan, d’avoir le droit de vivre. Vivre dans un aussi bel endroit. Et même si chaque endroit évoque en nos cœurs, des souvenirs différents, des pleurs ou des sourires … C’est cette vie. Ce passé, qui fait du monde qui nous entoure, un endroit si magique. Penser que nos ancêtres ont posés leurs pattes là où nous posons les nôtres … C’est quelque chose de puissant, de touchant, tu ne trouves pas ? Je suis contente, parce que toutes ces idées que j’avais … C’est du concret, maintenant. Et je peux le dire, car je l’ai vu : La nature est si belle. »

Un grand sourire vint se dessiner sur le visage de l’apprentie, dont les grands yeux ne se lassaient plus de regarder autour d’eux. Partout où il était possible de regarder, Nuage de Grenouille le faisait. Dans son esprit, elle imprimait la moindre trace de tout ce qu’elle voyait. Et elle ne trouvait aucun mot qui puisse vraiment décrire ce qu’elle voyait là. Et même si elle n’ignorait ni la cruauté de certains évènements liés à tous ces endroits, même si elle était consciente que tout ne pouvait pas être rose … Et bien cela l’était, juste en cet instant. Et cela lui suffisait pour avoir dans son cœur, un baume qui la réchauffait toute entière, et la rendait joyeuses pour des jours durant. Nuage de Grenouille secoua la tête, chassant ses pensées et ses réflexions, pour s’approcher de son mentor qui s’était agenouillée au bord de l’eau, et guettait sans aucun doute l’arrivée d’un poisson. L’apprentie imita sa position, et veilla à ne pas faire d’ombre sur l’eau, pour ne pas effrayer le gibier. Elle avait appris qu’il fallait faire comme cela, en écoutant les histoires que les anciens lui racontaient pour lui faire plaisir. Et elle était contente de pouvoir montrer à son mentor qu’elle avait au moins quelques bases minimes. Du moins, qu’elle s’était intéressée à son entraînement, et à tout ce qui s’en suivait. D’un seul coup, Fraîcheur de Menthe plongea sa patte dans l’eau et, d’un violent coup de griffe, elle en expulsa un gros poisson argenté, qui luisait sous le sol à l’endroit où il avait atterrit. Rapidement, la guerrière vint l’achever d’un coup de patte, et commença à retirer sa peau écaillée pour pouvoir le manger. Finalement, elle se tourna vers son apprentie, et lui demanda ;

« Tu as faim ? La pêche est un art du Clan de la Rivière. Au début, ce n’est pas facile, mais quand tu as appris comment faire, ça va tout seul ! Je t’apprendrais après, mais pour l’instant, faisons une pause. Nous reprendrons le tour des frontières cette après midi, si le cœur t’en dit. Nous avons beaucoup travaillé ce matin ! En temps normal, le Code du Guerrier nous interdit de nous nourrir avant le reste du Clan. Mais le gibier est abondant en ce moment, et la pile est pleine, donc, nous y sommes autorisés. »

Joyeuse, Nuage de Grenouille s’approcha d’elle sans rien oser répondre. Mais dans son regard, dans sa joie, on pouvait lire toute son approbation et sa motivation. Biensûr qu’elle avait envie de continuer pour l’après midi ! Et elle retenait chaque parole de son mentor, tout du moins, elle essayait. Mais elle était aussi satisfaite de cette petite pause, qu’elle estimait bien méritée pour toutes les deux, qui n’avaient rien arrêté depuis le petit matin. Fraîcheur de Menthe tendit un bout de chair du poisson à son apprentie, qui le saisit de ses deux petits crocs pointus. C’était si bon ! Elle dégusta ce délicieux met avec passion, et profitait de chaque bouchée. Elle n’avait eu que très peu l’occasion d’en manger, et lorsque cela avait été le cas, il n’avait jamais été aussi frais ! Souriante, elle se tourna vers son mentor, une fois le repas terminée. Rapidement, elle passa quelques coups de langue sur son museau et ses pattes, pour se nettoyer de ses aventures du matin. Toujours assise, elle regarda Fraîcheur de Menthe finir son morceau, et timidement, elle s’approcha d’elle, les yeux pétillants. Elle avait quelque chose à lui dire, mais hésitait, par simple et pure timidité. Puis finalement, elle se lança, persuadée que c’était une bonne chose d’oser agir.

« Tu sais Fraîcheur de Menthe, j’aime beaucoup apprendre. Surtout avec toi ! Je suis contente d’être ton apprentie, et je trouve que tu apprends drôlement bien. Cette matinée était passionnante, je crois que chaque soir, je vais attendre avec impatience le lendemain. Juste pour être avec toi, et profiter de ce temps passé à t’écouter. J’ai toujours eu hâte d’être enfin apprentie … Et maintenant que c’est le cas, tu ne peux pas imaginer comme je suis si contente ! Des fois, les autres me disent que je suis un peu trop folle. Mais ce n’est pas grave, oui. Je préfère être folle qu’avoir une fausse attention, comme eux ont souvent pour les guerriers. Moi, je suis vraiment passionnée, eux qui ne le sont pas, ne me comprennent pas. Des fois, même … J’ai du mal à les comprendre moi-même. Je les trouve si différents de moi. Je suis bien mieux avec les guerriers, je les trouve sérieux, passionnants, et si pleins de savoir ! Oh, Fraîcheur de Menthe. Je suis tellement contente. »

Nuage de Grenouille s’arrêta de gigoter, et laissa cependant la queue se balancer vivement dans les airs. Elle ne savait pas pourquoi elle lui racontait tout cela … Mais c’était plus fort qu’elle ! A chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, il lui était pratiquement impossible de ne pas se mettre à parler de tout et n’importe quoi. Et surtout de choses qui n’avaient pas grand-chose à voir avec la discussion de base. Mais elle ne s’en rendait pas vraiment compte, et se contenait de regarder avec admiration, la grande guerrière. Elle aimait vraiment beaucoup son mentor, mais ça … Tout le monde aurait pu le comprendre. Rien qu’à son regard, rien qu’à son sourire. Et même s’il était facile d’avoir l’admiration de Nuage de Grenouille, il était extrêmement difficile d’avoir sa profonde et sincère affection, mais surtout sa confiance. Et sans savoir pourquoi, même si elle ne connaissait presque en rien son mentor … La petite lui accordait déjà un amour et une confiance folle.

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MURMURE ÉTERNEL - NUAGE DE RÉVOLTE

MURMURE  no one believes in second chances Ҩ « Le bonheur, c'est la permanence de l'éphémère. » Perdu. Il était perdu. Dans un Clan qui n’était pas le sien, dans un univers qui ne lui ressemblait pas, dans un monde qui ne voulait pas de lui. Dans un endroit où il ne se sentait pas chez lui. © Laëlix

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