« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. »

Masque de Rosée
 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)    Sam 21 Avr - 10:25

A la poursuite du Soleil.

Écorce d'Épines & Fraîcheur de Menthe


Les nuages noirs s'amoncelaient au dessus du Campement de la Rivière. Une fine pluie commença à tomber, tapotant de ses gouttes régulières et froides la tanière des Guerriers. L'oreille droite d'Écorce d'Épines tressaillit. Il ouvrit un oeil hagard, qui se posa sur les branchages noueux et humides de l'abri. Il le referma, comme paresseux, et se laissa quelques minutes pour se remémorer ce à quoi il rêvait deux secondes plus tôt. Il se rappelait seulement de la fin : un regard vert d'émeraude qui le regardait droit dans les yeux. Il ne pouvait pas se détacher de ce regard, et le fixait alors qu'il semblait que le félin en face de lui parlait. Écorce fronça les moustaches avec agacement, en sentant que ces yeux allaient le suivre toute la journée. De plus, il se demandait qui était ce chat, qui lui avait l'air si familier. Peut être était-ce son père, qu'il n'avait jamais connu. A moins que ce ne soit une femelle, et que cela soit sa mère. En tout cas, ce mystérieux félin avait les mêmes iris que lui, d'une belle couleur verte, comme le lierre ou l'émeraude. Il rouvrit les yeux, en baillant largement.
La pluie tombait dehors. Devant la tanière, les branches d'arbre qui la constituaient gouttaient de manière fréquente. Ecorce d'Epines serra les dents, puis sortit, en se disant que de toute manière il ne pouvait pas rester ici toute la journée à rien faire et qu'une petite pluie n'avait cam. L'eau glaciale lui mordit la peau et lui plaqua le pelage contre les côtes, sa fourrure d'habitude ébouriffé avec l'air de n'être jamais toilettée - c'était peut être le cas. Le jeune mâle jeta un coup d'oeil au campement qui semblait pittoresque sous cette pluie de printemps.
Le félin au pelage tigré remarqua que la pouponnière était bien agitée, et des petits cris s'échappaient de l'habitacle. Il afficha un air contraint, en se disant que le bruit de la pluie devait empêcher les touts-petits de dormir.

Le Guerrier vit près de la tanière des Guerriers une jeune femelle. Il ne prêta pas plus attention à cela, et se glissa hors du campement, histoire de rêvasser un peu tout seul. Sous cette pluie torrentielle, personne n'aurait l'idée de le suivre. De plus, les proies étant bien au chaud dans leur nid ou leur tanière, personne n'eut sûrement l'idée de partir chasser (quoi qu'il se pouvait qu'ils aillent pêcher !) avant que la trompe d'eau ne cesse. Ecorce d'Epines se dirigea donc à travers la boue et les arbres, en trottinant lentement, l'air pensif. Peut être allait t-il chercher du poisson ? Non, il sentait ses pattes encore engourdies de sommeil : il fallait qu'il marche un peu. Et de s'isoler un peu.
C'était drôle, qu'il s'isole. Alors que c'était un félin d'une nature sociale et amicale. D'habitude, il aurait été heureux de pouvoir aider les apprentis à arrêter les fuites d'eau dans la pouponnière ou dans leur propre tanière. Il aurait été joyeux de pouvoir faire une patrouille en compagnie de plusieurs chats, ne serait ce que sous la pluie. Mais aujourd'hui devait être un mauvais jour, et comme on le disait, un jour sans. Ecorce d'Epines remarqua qu'il était en train de monter : c'était une petite colline, à l'herbe grasse et détrempée. Il s'arrêta à son sommet. Difficile de croire qu'il avait gravi cette petite colline sans s'en rendre compte et pourtant, tel était le cas. En contre-bas, alors qu'il commençait à avoir les yeux embrumés et piquants, il vit un parterre de fleurs immense.

En été ou au printemps, qu'il faisait beau, il devait bien être agréable de tomber sur ce champs de fleurs. Elles devaient être faites de belles couleurs vives, et belles à ravir. Pourtant, sous ce mauvais temps passager, les fleurs semblaient dépérir et se flétrir. A moins que ce ne soit l'imagination un peu trop mélancolique et mal en point du chasseur. Il observa les tiges pliées, les pétales courbées dont les couleurs ternes lu i rappelaient sa vie morne et solitaire à présent. Sans savoir pourquoi, le Guerrier s'approcha. Il essaya de sentir le parfum entêtant des fleurs, mais celles-ci ne sentaient plus que la pluie. La pluie et la terre. Tant pis. Avec lenteur, le matou traversa la marée de tiges et de pétales pour se rendre sous un grand chêne, qui était légèrement surélevé quelques mètres plus loin. On eut dit que les fleurs s'étaient écartées de lui, car sur un rayon de deux mètres, il ne restait plus que de l'herbe. L'arbre se penchait, comme si la pluie pesait sur ses feuilles et ses branches et l'incitait à se courber sous elle. Ecorce d'Epines se plaça sous l'arbre, protégé par la pluie. Il s'assit, plantant ses pattes couverte de boue et de brins d'herbe qui s'étaient accrochés. Peut être était-ce ce mauvais temps qui lui donnait le cafard. En tout cas, il espérait que le soleil réapparaîtrait très bientôt.


Dernière édition par Écorce d'Épines le Sam 14 Juil - 21:24, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Menthe
Admin (attention ; bombe)
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1439
Age : 19
Date d'inscription : 12/03/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)    Sam 21 Avr - 15:34

    « Cause when it's going good it's going great,
    But when it's bad it's awful. »
    Plic, ploc, plic, ploc. Ce bruit me fait penser au tic tac d’une pendule. Au temps qui court sur ma vie, et qui, malgré la douleur, la joie, la peur et la fierté continue d’avancer. Toujours. Et plus il avance, plus il va vite. Depuis mon retour, les jours s’effacent et se renouvèlent dans l’inconnu. Ils passent à toute allure, et je n’arrive pas à les arrêter. Pourtant, quand je remonte, quand j’essaye de me souvenir, j’ai l’impression que j’ai déjà passé trois vies à vivre la mienne. Elle est si longue, et pourtant si courte. Si remplie, et pourtant, si vide. Il s’en est passé des choses. Car le Temps est indomptable. On a toujours envie de le faire passer plus vite ou de l’étirer à l’infini. Quand j’étais seule, perdue dans mon propre exil, perdue tout court, les gens avait tendance à ne pas me remarquer. Je n’étais qu’une ombre. Même le temps ne semblait pas m’apercevoir. C’est sans doute pour ça que j’avais l’impression de n’exister plus que pour moi – même et que tout s’écoulait au ralenti. Même si j’existais toujours réellement et que la bulle que je voyais comme mon seul univers n’existait pas. Et il y a eu ce jour. Ce jour où mes pas m’ont portée à ce lieu. Ce lieu où se résume la quasi-totalité de ma vie. Ce lieu où je t’ai rencontré, et où tu m’as dit ne t’inquiète pas… Je suis là maintenant… je ne t’abandonnerai jamais plus. Tu n’es plus seule. Je te le promets.

    Plic, ploc, plic, ploc.
    Une goutte d’eau insouciante qui s’écrase contre l’oreille de la femelle gris perle. Une goutte d’eau qui fait tiquer cette même oreille. Une goutte d’eau, une simple goutte d’eau qui la réveille de ce somptueux rêve. Ce rêve où tout avait été effacé pour laisser la place au bonheur. Toutes les erreurs passées avaient été oubliées, révolues. Elles n’avaient même jamais existé. La colère s’empara de la guerrière avant qu’elle ne se souvienne. Une profonde reconnaissance s’en suivit alors. Merci petite goutte de pluie. Car si cette larme des Cieux ne l’avait pas sortie de son songe fût – il ô combien exquis, si cette simple goutte l’avait laissé s’envoler encore plus haut, la vérité l’aurait rejointe plus rapidement que prévue. Plus douloureusement aussi. Peu à peu, elle prit conscience des bruits qui l’environnaient. Elle n’entendait plus seulement le battement de la pluie, mais aussi les feuilles qui crissaient sous leur poids, les tiges d’herbes qui soupiraient, et un oiseau solitaire. La douce mélodie de l’oiseau solitaire. Il chantait, de tout son cœur, comme pour un amour déchu. Solitaire et désenchanté. Qui sifflait un enchantement perdu.

    Mais surtout. Encore et surtout le grondement étouffé des chûtes. Ce chuchotement qui l’avait attirée ici la veille, lorsqu’elle devait chasser. Ce même murmure qui l’avait ensorcelée. A chaque fois, elle tombait dans le piège. A chaque fois, elle se laissait émerveiller par cette symphonie apaisante et pourtant tourmentée. Elle s’abandonnait. La mélodie du torrent gagnait son cœur. L’écume propulsée en en pluie fine sur ses oreilles enjôlait ses yeux, et le roulement de la cascade retenait ses oreilles. Cette séduisante berceuse l’emplissait toute entière. Elle ne pouvait s’en passer. Elle cicatrisait ses blessures. Soulageait ses maux. Et la grisait comme une drogue. Elle se sentait transportée.

    Mais comment se laisser faire sans souffrir dans ce paysage qui renfermait tant de souvenirs ? Langueur de ces évènements passés. Envie de retrouver tout ça. Désir de remonter le temps. Ce traître de Temps. Oui, elle était transportée, tout en gardant les pattes fermement ancrées sur Terre. On peut s’envoler sans ailes. Mais on ne décolle qu’avec son imagination. L’imagination. Bien précieux, qui lui permettait de rêver. Cadeau qui, à défaut de son insouciance, ne pouvait lui être arraché. Présent empoisonné. Pour se faire du bien, faut – il se faire du mal ? Sûrement. Car, s’il n’y avait pas de mal, le monde serait ennuyeux. Et s’il n’y avait pas de bien, il n’en serait pas bien mieux. La décence et le funeste ne sont véritables qu’en forme d’égalité de l’un et l’autre. Et ce que la guerrière ressentait en étant ici était véritable. Penser au bien l’amenait au mal, et se faire du mal la rendait toujours mieux. Un équilibre parfait. Mais pas un équilibre défini comme une lassitude. Pas un équilibre neutre. Pas un équilibre où on ne ressent rien. Rien qu’une harmonie où les sentiments se mélangeaient pour former un état second. Un état de transe. Et c’était ça qu’elle aimait. Se sentir pousser des ailes en plongeant ses griffes dans la terre.

    Et le rugissement de la cascade continuait, encore et encore. Toujours le même. Il n’avait pas changé durant la nuit qu’elle avait passée ici. Non, elle n’était pas retournée au camp. Elle avait dormi dehors, comme une gueuse, là, sur ce rocher plat sous cet arbre, protégée de la pluie, en compagnie de sa plus fidèle amie. La cascade. Elle l’avait invitée, de part son chant à rester avec elle. A ne pas la laisser seule. Et, hypnotisée, elle avait obéit. Comme une enfant sage. Sauf qu’elle n’était qu’une guerrière perdue, à la recherche de celle qu’elle avait perdue. Elle – même.

    Elle ouvrit enfin les yeux. Ces deux absinthes, splendides, se posèrent sur la cascade. Sur les galets qui roulaient sous l’eau. Elle se leva. Partir. Vite. Les oreilles plaquées sur son crâne, comme s’il y avait danger. La fourrure collée par l’humidité, elle détala. Courir. Courir. Encore plus vite. Toujours plus vite. Fuir l’endroit avoir d’être captivée au point d’y passer encore une journée, encore une nuit. Elle ne devait pas se laisser bouffer par cette passion qu’elle apportait à la cascade. Elle ne devait pas s’abandonner. Quand elle s’arrêta, le bruissement était toujours présent.

    « Désolée. Une prochaine fois, peut – être. »

    Oui, elle parlait à la cascade. Mais non, elle n’était pas folle. Elle détestait qu’on croie ça à son sujet. Cette chute d’eau était simplement sa vie. Sa meilleure amie. Elle ne parlait pas, mais elle l’écoutait. Elle pouvait se confier à elle. Après avoir repris son souffle, la guerrière repartit de plus belle. Loin, au plus loin possible de ce bruit qui l’appelait, qui l’attirait à elle. Elle avait l’impression de voler, tant elle courrait vite. Elle ne regardait plus où elle allait, les yeux rendus larmoyants par la vitesse et la pluie qui les éclaboussait.

    Soudain, ce fut le vide sous ses pattes. Elle chuta. Elle fermait les yeux, fort, très fort. Elle roulait, roulait, comme une boule dans cette descente brusque qui lui avait fait perdre l’équilibre. Elle ne savait pas ce qu’il y avait en bas. Mais elle savait qu’elle y allait, et à toute vitesse. Elle ralentit. Enfin, elle s’arrêta. Elle laisse échapper un gémissement de douleur Sa fourrure était détrempée, emmêlée, et partout s’y collait des bouts d’herbes mouillés, et des pétales de fleurs .. Pétales de fleurs ? Elle regarda autour d’elle. Sur toute sa descente les fleurs avaient piteuse mine. Elle se sentit coupable d’avoir déchiqueté autant de belles plantes sur son passage. Oui, on sentait l’odeur, diffuse, mais seulement en fronçant bien le nez.

    Elle leva la tête. En haut de l’autre versant se tenait un chat, tigré noir, au pelage gris – brun. Il semblait l’avoir vue. Depuis le début. Haha, la honte. Elle eut un rire nerveux, et essaya de se relever pour se donner une contenance.

    Mauvaise idée.

    Sa patte se tordit sous son poids, et elle s’affala de nouveau, tremblante. Manquait plus que ça .. Là, c’était sûr, il l’avait vue. Elle baissa les yeux, encore plus honteuse qu’avant. Regarde – toi ! On dirait une apprentie débile. Pff .. Quelle piètre guerrière tu fais ! Regarde de quoi tu as l’air, là.


_________________




-

Chant des Nuages:
 


♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)    Dim 22 Avr - 10:13

L'arbre sous lequel Ecorce d'Epines s'était installé lui permettait d'être au sec. Sa vue qui avait été brouillée par la pluie, recouvrit toute son efficacité. Il observa les alentours lentement, regardant presque une par une les fleurs devant lui. Leur allure triste lui fit lâcher un soupir.
Tâche d'Ombre avait dû partir sans lui. C'était drôle de savoir que elle, la petite femelle fragile et peu sociable qu'il avait connu était en train de fouler des Terres qu'il ne verrait jamais dans toute sa vie. Elle devait être loin maintenant. Le grand mâle tigré ne s'inquiétait pas trop, même si l'angoisse qui lui serrait le ventre depuis son départ persistait. Elle savait parfaitement bien chasser, et c'était une combattante hors-pair. Elle allait réussir à se nourrir et sûrement à trouver un arbre. Pleuvait-il là où elle était, aussi ? A moins que le ne fusse capturée par un lynx, un ours ou même une autre tribu de chats sauvages ? Un frisson parcourut l'échine du félin, mais il se refusa à penser au pire. Elle était forte et brave, elle s'en sortirait. Sans lui. A cette idée, Ecorce d'Epines se sentit encore plus abattu. Il n'aurait jamais cru lui être lié ainsi.
Un mouvement sur son côté gauche attira son attention distraite. Une boule de poils dévalait la pente à toute allure. Ecorce d'Epines se leva, battant de la queue. Etait-ce un chat ? La boule de poils perdit de la vitesse, mais rentra tout de même en plein dans les fleurs, les écrasant au passage. Puis s'arrêta enfin complètement au milieu du champ, après avoir saccagé une bonne dizaine de plantes.
L'animal se leva péniblement, et il parvint aux oreilles du Guerrier une sorte de rire étranglé, gêné et nerveux. C'était un chat ! Pire encore, une guerrière du Clan de la Rivière. Elle trébucha en voulant se relever. Inquiet, le guerrier courut vers elle.

En quelques foulées, il l'eut rejointe. La chasseuse était couverte d'herbe et de boue. Ainsi que des pétales de fleurs qu'elle avait emporté dans sa course.

« ça va !? » s'écria le félin aux yeux d'émeraude.

La femelle affichait une expression honteuse. Mais Ecorce d'Epines n'était pas vraiment un félin railleur, quoi que la situation l'amusait et un petit sourire en coin se dessinait sur ses babines, et il ne la ridiculisa pas plus encore avec des paroles embarrassantes. La pluie continuait à dégringoler sur leurs pelages sales, légèrement moins forte que quand il était sorti du Campement.

« Sacrée chute ! » Il regarda le sommet de la petite colline. Elle avait du se tordre la patte en tombant. « Tu arrives à te lever ? Attends, je vais t'aider, on va aller sous l'arbre là-bas, pour ne plus avoir de pluie. »

Il l'aida à se relever du bout du museau, en espérant qu'elle se laisse facilement faire. Il n'était pas vraiment connu dans le Clan, peut être hormis l'histoire de sa soeur. Il espérait que cette humiliation - quoi qu'il ne se le figurait pas vraiment comme ça - était oubliée. Le grand mâle lui offrit un appui auquel se tenir pour pouvoir marcher. Non. Mauvaise solution se dit-il. Sans même demander quoi que ce soit, il la prit sur son dos d'un coup de museau puis marcha vers l'arbre en marmonnant :

« Ne proteste pas, on irait deux fois plus vite que si tu trébuchais à chaque pas. »

Effectivement, quelques minutes après, ils étaient arrivés à l'abri. Ecorce d'Epines la déposa sur l'herbe sèche délicatement. Il espérait que sa blessure n'était pas très grave.




Dernière édition par Écorce d'Épines le Sam 14 Juil - 21:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Menthe
Admin (attention ; bombe)
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1439
Age : 19
Date d'inscription : 12/03/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)    Dim 3 Juin - 18:55

    « Cause that truth hurts,
    And those lies heal .. »
    C’est une mélodie entraînante, un silence de glace. Des montagnes russes et un banal manège de chevaux de bois. Un désert et la mer. Des yeux gris acier, puis chocolat qui voient le Monde différemment. Un mot de trop, un mutisme insupportable. C’est le changement, le renouveau. C’est l’habitude, la monotonie. C’est un rêve, ou un cauchemar. De la délicatesse mêlée à la violence. Un souvenir, l’amnésie. Le chant d’un oiseau, le chant des Étoiles. C’est tout et rien. N’importe quoi. N’importe qui. N’importe quand. N’importe où. N’importe comment. C’est un jeu, c’est le hasard, c’est la chance. C’est une guerre sans fin, une bataille au corps à corps, une épreuve, une course. C’est la victoire, la défaite. Nous sommes tous des champions. Nous sommes tous des perdants. Des vainqueurs terrassés, des vaincus portés sur le Podium. C’est l’aisance. C’est la détresse. C’est le jour. C’est la nuit. C’est l’orage, c’est la lumière. C’est la Vie. Et un jour, ça sera la Mort.

    Cela faisait des lunes qu’elle n’avait pas souffert comme ça. Souffert physiquement. Une barre obstruait sa gorge, l’empêchant de respirer correctement, son ventre était douloureux comme si un abruti venait de la rouer de coups. Sa patte l’élançait énormément, tant et si bien qu’elle craint de la voir cassée. Quant à ses côtes .. Elle avait l’impression qu’elles s’étaient cassées en deux, lui perforant le corps. Son cœur battait à tout rompre, quitte à exploser sa cage thoracique. Sous la douleur, ses yeux brûlants luisaient. La douleur, et surtout la honte. Elle s’était humiliée toute seule, dans le seul but de fuir encore et toujours, toujours plus vite une réalité qui finirait par la rattraper. Un rêve cauchemardesque, un songe atterrant, inévitable. Parce l’irréel le reste jusqu’à ce qu’on lui donne assez d’importance pour qu’il puisse s’offrir la liberté de te hanter. Et cette valeur, cette évasion, elle la lui avait offerte depuis longtemps. Depuis bien trop longtemps. Sans jamais parvenir à s’en débarrasser. Elle était forte. Mais faible. Le mal l’emporte souvent sur le bien, la négatif sur le positif. Elle s’était laissée prendre au jeu, emportée par le courant. Et elle était partie. Loin, très loin. Dans un pays imaginaire, un monde inconnu de tous sauf d’elle-même. Son univers.

    Là bas, il n’y avait que du noir et du blanc. Parfois, du gris. Que des hauts et des bas. Des aigus et des graves. De la douceur, et de la fougue. Comme un baiser enflammé et une morsure glacée. Ça n’était que deux extrêmes en perpétuel conflit. Le tout enfermé dans un petit cœur fragile, cadenassé, dont la clé avait été jetée. Ce tout, elle ne pouvait le libérer. C’était trop dur. Elle avait peur, même si elle restait confiante dans ses pas. Elle était toute puissante. Et pourtant si infime. Elle voulait vivre, se battre. La faucheuse l’avait frôlée plus d’une fois, mais elle était vivante. Belle. Couturée de cicatrices. Mais fière. L’Enfer était derrière elle. Elle aimait flirter avec lui, tout comme elle le craignait. Le danger suscitait en elle une attirance sans limites, mais la sécurité lui susurrait des mots doux à l’oreille. Elle était perdue. Insouciante. Lavée, détrempée par les sentiments. Elle était mariée. Fiancée à la douleur, qu’elle trompait avec la joie. Et elle aimait ça. Toujours ce sentiment d’être oppressée, écartelée. Elle l’adorait. Tout comme elle le détestait.

    « Ça va ?! »

    Béate, elle cligna des yeux, lentement. Ses blessures la transpercèrent. Elle grimaça avant de regarder le grand mâle. Il était brun – gris, tigré noir, avec de superbes yeux d’or. Écorce d’Épines. La guerrière grise l’avait déjà rencontré au Camp. Pas plus tard que ce matin, d’ailleurs. Un très joli garçon, ce guerrier. Un léger sourire étira le coin de ses babines. Fraîcheur de Menthe esquissa à son tour un sourire. Elle baissa les yeux. Clan des Étoiles, qu’elle havait honte ! Sous sa fourrure, la peau de ses joues cuisait. La pluie les détrempait tout les deux.


    « Sacrée chute ! Tu arrives à te lever ? Attends, je vais t'aider, on va aller sous l'arbre là-bas, pour ne plus avoir de pluie. »

    Elle essaya encore une fois de se redresser, sans succès. Sa patte se tordit encore plus, et elle poussa un grognement rauque, les crocs découverts. Elle secoua la tête, et sa nuque émit un léger craquement. Graouh. Du bout de son large museau rayé, il tenta de l’aider à se relever. Elle se laissa faire, sans un mot. Elle ferma les yeux un instant et se sentit glisser. Ses pattes se décollèrent du sol. Elle ouvrit les yeux, un instant paniquée, avant de se rendre compte que le mâle venait de la hisser sur son dos.

    « Ne proteste pas, on irait deux fois plus vite que si tu trébuchais à chaque pas. »

    De toute façon, elle n’avait pas l’intention de protester. Elle pensa un instant à son ‘ sauveur ‘ pendant qu’il marchait jusque sous l’arbre. Elle ne le connaissait que de vue. A vrai dire, elle ne se souvenait pas lui avoir déjà parlé. Il avait l’air bien sympathique, en tout cas. Écorce d’Épine la déposa délicatement à l’abri de l’arbre. Elle s’affala par terre, sans prendre des pincettes. Elle lui sourit enfin sincèrement.

    « Merci ! Merci beaucoup, Écorce d’Épines. Je me demande ce qu’il serait advenu de moi si tu n’avais pas été là au bon moment ! J’espère que tu pourra garder pour toi cet évènement légèrement .. Honteux. » Elle partit d’un rire franc avant de se remettre à parler. « Je n’ai pas l’habitude de dévaler les petites côtes, surtout sous la pluie, à vrai dire. Et, encore une fois, encore heureusement que tu étais là ! Je te suis très reconnaissante ! »

    Elle se sentait un peu bête de parler comme ça, surtout pour ne rien dire. Un simple merci aurait suffit, surtout qu’elle venait plus de s’enfoncer qu’autre chose. Elle poussa un soupir. Oui, décidemment, tu enchaîne les conneries, toi, aujourd'hui ..

_________________




-

Chant des Nuages:
 


♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)    Jeu 5 Juil - 22:00

Écorce d’Épines la regarda attentivement, scrutant cette femelle qu'il avait vue ce matin sans la voir - il l'avait croisé à la sortie de la tanière. A dire vrai, il la connaissait sans la connaître. Il savait qu'elle s'appelait Fraîcheur de Menthe, que c'était une Guerrière émérite et, d'après les rumeurs, qu'elle était fort sympathique. D'ailleurs, il n'avait même plus de doutes : c'était une des personnes des plus joviales et des plus amicales qu'il connaissait. Au lieu de se lamenter sur ses blessures et de maugréer, elle souriait, était adorable, et en riait plutôt que d'en pleurer. Son malaise, qu'il ressentait aussi bien que si cela avait été le sien, se dissimulait sous son rire chaleureux et son sourire exquis. La lueur dans ses yeux d'un beau vert émeraude pétillait et cela fit sourire le grand mâle. Recroquevillée ainsi sur sa patte blessée, elle ressemblait à un fragile petit oiseau tombé du nid, de plus qu'elle avait le pelage humide et plaqué sur ses côtes.

« Merci ! Merci beaucoup, Écorce d’Épines. Je me demande ce qu’il serait advenu de moi si tu n’avais pas été là au bon moment ! J’espère que tu pourra garder pour toi cet évènement légèrement .. Honteux. » Elle rit d'un rire qui dissipa le bruit entêtant de la pluie qui tombait. C'était à la fois agréable et familier. « Je n’ai pas l’habitude de dévaler les petites côtes, surtout sous la pluie, à vrai dire. Et, encore une fois, encore heureusement que tu étais là ! Je te suis très reconnaissante ! »

Il inclina la tête avec humilité, battant de la queue pour ne pas montrer que ses excuses le faisait à la fois rire et rougir. Cependant, il s'inquiétait beaucoup des blessures qu'elle avait put avoir et répondit d'une voix douce :

« C'est bien normal, Fraîcheur de Menthe ! » Il s'assit, puis montra sa patte blessée et sa fourrure couverte de boue et de fleurs. Ses yeux brillèrent d'une lueur soucieuse. « Et je me tairai, bien évidemment... seulement... il serait sage de te faire examiner par le Guérisseur, je ne veux pas que tes blessures perdurent ! Tu es sûre que ça va ? Je peux faire quelque chose ? »

Il la fixa, pensif, se laissant aller à regarder derrière lui, là où elle avait dévalé la pente. Une petite question le taraudait et il s'enquit, les oreilles dressées par la curiosité :

« En parlant de cela... pourquoi est-ce que tu courais ? Quelque chose t'as effrayée ou... ? »


Le jeune mâle avait à présent oublié son idée d'isolement et de réclusion. Sa mélancolie s'était envolée, chassée par la chaleur de la compagnie de la féline. Sûrement était-ce le temps, qui l'avait influencé... et ce cadre fade et déprimant... De plus, aurait-il dû faire quelque chose avec quelques chats du Clan, plutôt que de rester dans son coin. Cela lui aurait permis de ne pas avoir de pensée aussi triste et de divaguer dans un océan de chagrin, se demandant ce que pouvait bien faire sa soeur avec inquiétude.
A présent, il avait pour idée de se sociabiliser un peu plus. C'était stupide de quêter la solitude, alors qu'il voulait pleinement profiter de sa vie. D'ailleurs, il remarqua que la Chasseuse était vraiment... agréable à regarder. Secouant la tête, il s'exhorta à penser à ses blessures. Peut être devrait-il la ramener au campement sur son dos ?

    {C'est pourri, désolée.}
Revenir en haut Aller en bas
Menthe
Admin (attention ; bombe)
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1439
Age : 19
Date d'inscription : 12/03/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)    Mer 11 Juil - 22:02

    « I open my eyes and now all I wanna see,
    Is a sky full of lighters. »
    Oui, j'ai ouvert les yeux. Les yeux sur ces nuages gris qui pleurent toutes les larmes de leurs corps au dessus de nos têtes. Pourquoi pleurent – ils ? Eux aussi sont – ils tristes, comme moi ou toi ? Ils ont traversé le monde, de part en part. Ils viennent de partout, oui. Et peut être ont – ils vu des choses atroces, qui justifie leurs souffrances, de la où ils sont issus. Je pense qu'ils connaissent la mort, la vie, l'amour et la haine, comme de vrais personnages. Mais les gens n'aiment pas les nuages. Ils préfèrent le soleil. Ils ne comprennent pas la douleur de ces boules de cotons colorées de noir, de gris, de blanc ou même de bleu et de violet. Le soleil, lui, il ne pleure jamais. Tout le temps, il est heureux. Et il rend le commun des mortels heureux avec lui. Moi, j'aime le soleil, et ses chauds rayons. J'aime me prélasser longtemps sous sa douce ou violente lumière. Mais que représente t – il pour moi, par rapport aux tempêtes, aux larmes de pluie, aux tendres nuages et aux violents orages ? Il n'est pas grand chose, non. Expliquer ma passion et mon aversion pour les douleurs n'est pas chose aisée. Mais tout ça, tout ce qui rend le paysage sombre et gris, m'apaise, me laisse moi – même .. Et je sais que jamais les éléments ne me jugeront.

    Recroquevillée sur sa patte blessée, elle regarde le jeu des nuages, au dessus de sa tête, au travers des branches de l'arbre qui l'abrite. Elle sentait le regard du mâle. L'or de ses yeux posés sur elle. Mais elle ignorait. Depuis longtemps, elle essayait d'oublier le regard des autres, le jugement qu'ils pouvaient porter sur elle. Elle avait échoué aux yeux de son Clan tant de fois .. Comment leur en vouloir de ne pas tous la respecter, comment en vouloir à certains de la mépriser et de la traiter comme un sang impur à la Rivière ? D'ailleurs, c'est ce qu'elle était non ? Elle n'avait jamais connu son père, et sa mère ne lui en avait jamais parlé. La guerrière n'en avait jamais souffert, d'une manière ou d'une autre, et elle s'en fichait plus qu'autre chose. Elle ne connaissait pas le sang qui coulait dans ses veines, même si elle se doutait que sa mère avait du tracer un chemin similaire au sien, semé des même bêtises.

    Mais le mâle tigré ne semblait pas poser ce genre d'étiquettes au gens qu'il ne connaissait pas. Comme s'il désirait se forger son propre avis. Comme à peu près n'importe qui de gentil et d'intelligent. Enfin elle baissa les yeux vers lui. L'émeraude croisa l'or. Le soucis. Rien d'autre que le soucis ne brillait dans ses yeux. Il s'en faisait. Lorsqu'il parla, sa voix était douce, protectrice ..

    « C'est bien normal, Fraîcheur de Menthe ! Et je me tairai, bien évidemment... seulement... il serait sage de te faire examiner par le Guérisseur, je ne veux pas que tes blessures perdurent ! Tu es sûre que ça va ? Je peux faire quelque chose ? »

    Elle ne pu réprimer un ronron affectueux. C'était bien agréable. Pour une fois que quelqu'un s'inquiétait de son état. Elle essaya de bouger sa patte, qui, bien entendu, s'était engourdie. Frustrée, elle n'en montra rien et fit comme si elle n'avait rien testé du tout. Toujours avec ce radieux sourire fixé au babines, elle répondit ;

    « Ne te fais pas de bile, Écorce d'Épines ! J'irais voir Valse des Myosotis. Et oui, ça va, même si je ne suis pas sûr que tu puisses faire quelque chose pour l'instant. De toutes façons .. Il serait sage d'attendre que la pluie s'arrête avant de retourner au camp, non ? On avisera le moment venu. »

    Nouveau sourire, voix douce comme le velours. Mais il ne semblait pas vouloir arrêter là la conversation ;

    « En parlant de cela... pourquoi est-ce que tu courais ? Quelque chose t'as effrayée ou... ? »

    Instinctivement, elle se raidit. Son sourire se crispa, figé sur ses lèvres. Ses yeux durent fixer le vide sans qu'elle s'en rende compte. Les Chûtes. Le son vînt à nouveau bourdonner à ses oreilles, la plongeant dans cette sorte de torpeur qui la terrifiait et lui faisait tant de bien, qu'elle connaissait à présent aussi bien que sa couche, maintenant. Ce grondement sourd, bas, et étouffé, mais pourtant puissant. Il suffit ! Elle ne voulait pas en parler. Et ne pouvait pas. C'était trop fort, trop puissant pour ses frêles épaules, d'en parler là, maintenant. De toutes façons, qui la croirait ? Elle qui était l'amie de l'eau aussi bien tombée du ciel que de la falaise .. Qui croirait cette relation sortie d'un autre monde, qui ne fuirait pas une chatte devant se blesser pour survivre et aller mieux ? Non.

    Le mensonge. C'était sa seule issue, sa seule échappatoire. Elle détestait mentir, mais d'une manière ou d'une autre, ce ne serait pas la première fois, et sûrement pas la dernière. Elle ne voulait pas cacher la vérité au félin qui venait de la sauver, mais .. C'était une sorte d'obligeance. Pour ne pas se trahir, pour ne pas passer pour une folle. Pour se préserver, garder ses secrets pour elle, et continuer ses liens étranges seule. Elle ne le connaissait pas, même s'il lui inspirait la plus grande confiance qui soit. Elle s'obligea à se détendre, et à éteindre la lueur douloureuse et méfiante dans son regard.

    « Un coup de feu. C'est un coup de feu qui m'a fait peur et qui m'a lancée à courir à ce point. C'est ridicule, mais j'ai toujours eu une peur bleue des armes à feu de ces maudis Bipèdes. Je suppose que si elles arrivent à achever un lapin, ou même une biche, un chat ne leur pose pas de problème. »

    Elle plongea ses deux absinthes dans les yeux du guerrier, sans sourciller. Elle était crédible. Parfaitement crédible. Elle ne risquait rien. Elle ne risquait plus rien. Son pouls se calma, peu à peu.

_________________




-

Chant des Nuages:
 


♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)    Sam 14 Juil - 21:19



'Cause everything starts from something,
But something would be nothing,
Nothing if your heart didn't dream with me.


Contrairement à ce que prévoyait Écorce d'Épines, la pluie redoubla quelques minutes plus tard. Elle semblait vouloir inonder la prairie et noyer les belles fleurs, qui ne demandaient qu'un peu de soleil. Les nuages s'assombrirent encore, créant une atmosphère étrange qui envahissait tout. Mais pas la petite bulle que s'étaient créés les deux félins qui se trouvaient sous l'arbre, là-bas, en haut de la colline. C'était comme une petite bulle de bonheur et de sûreté. Le jeune mâle observait les nuages, tout comme sa lieutenante, couchée à ses côtés. Les cumulus semblaient être chargé d'électricité et prêts à la déverser ici. Le Guerrier battit de la queue, légèrement embêté pour Fraîcheur de Menthe. Des soins médicaux compétents auraient été d'un grand secours pour elle.

« Ne te fais pas de bile, Écorce d'Épines ! J'irais voir Valse des Myosotis. Et oui, ça va, même si je ne suis pas sûr que tu puisses faire quelque chose pour l'instant. De toutes façons .. Il serait sage d'attendre que la pluie s'arrête avant de retourner au camp, non ? On avisera le moment venu. » Répondit-elle, d'une voix enjouée.

Le grand mâle fit la moue, jetant à nouveau un regard vers le ciel qui n'allait sûrement pas tarder à virer encore plus sombre. Aussi bien parce que la nuit allait tomber que parce qu'un orage se préparait. Il fit claquer sa langue, passant sa queue sur l'oreille de la chasseuse :

« Comme tu voudras... mais la nuit tombera d'ici peu et un orage se prépare. J'ai bien peur qu'en ma présence le temps te paraisse bien long ! » Il avait dit cela sur le ton de la rigolade, mais il le pensait réellement.

Fraîcheur de Menthe avait une manière de lui sourire très particulière. Assez singulière dans le genre. Ce n'était pas le sourire faussement joyeux des guerrières du Clan qui répondaient à l'appel d'une patrouille, agacées parce qu'elles devaient se lever de leur séant et venir aider. Non, celui de la féline était autrement plus attirant. Vrai, sincère. Agréable. Arrête, s'ordonna le grand mâle, mal à l'aise. Il n'avait aucune idée de pourquoi il réfléchissait à ça, et il n'avait pas envie de répondre à cette question. C'était peut être difficile à croire, mais il n'avait jamais été question de cela dans sa vie, et il n'était peut être pas prêt à penser à des choses comme ça maintenant.

Une certaine tension s'empara de Fraîcheur de Menthe, quand il lui demanda pourquoi elle avait eu l'air effrayée avant d'arriver ici. Pourquoi elle avait dévalé cette côte.

« Un coup de feu. » Affirma t-elle avec un sourire figé. L'échine d'Écorce d'Épines s'hérissa d'un coup. Ses pupilles s'étrécirent dans le regard plein d'intérêt du Guerrier. « C'est un coup de feu qui m'a fait peur et qui m'a lancée à courir à ce point. C'est ridicule, mais j'ai toujours eu une peur bleue des armes à feu de ces maudis Bipèdes. Je suppose que si elles arrivent à achever un lapin, ou même une biche, un chat ne leur pose pas de problème. »

Il ne remit pas la parole de sa supérieure en doute. Jamais ne le ferait un véritable Guerrier, et Écorce d'Épines était fidèle à son Clan plus que quiconque. Il hocha la tête, d'un air entendu. Ce sourire figé n'était rien d'autre que le fait qu'elle devait se rappeler de ce dit-coup de feu, et avait peur. Soit, le chasseur avait crut sur paroles la jeune femelle. Le matou fronça les sourcils, agitant les oreilles de manière énervée :

« Je comprends ! Cependant, je ne pensais pas que les Bipèdes s'avançaient autant sur les Terres. »

Il balaya le sujet d'un coup de queue. De toute manière, ils craignaient la pluie et étaient sûrement rentrés à l'heure qu'il est. Il revint plutôt sur Fraîcheur de Menthe. Etait-elle confortablement installée ? Il l'avait déposée sans vraiment regarder. Mais elle semblait assez bien. Ou en tout cas, elle n'avait pas l'air de souffrir ou d'être embêtée. Ses yeux se portèrent à nouveau sur le paysage.

« Tu ne t'y intéresses peut être pas, mais pour ma part je suis venu par ici pour réfléchir...» Fit-il calmement, gardant malgré ses paroles légèrement mélancoliques son air doux et chaleureux.
« Je trouve que c'est un bon endroit pour s'isoler ici, seul... ou à deux. » Il lui fit un coup d'oeil malicieux. « C'est peut être bête de ma part, moi qui suis d'une nature sociale, mais j'ai l'impression qu'être seul ici me permet de me sentir un peu mieux, moins oppressé. »

Il lâcha un long soupir. Puis rit doucement.

« Excuse-moi, je raconte souvent ma vie. » Le grand mâle se coucha au sol, très près de la guerrière, prenant pour excuse qu'il eut fallut qu'ils se tiennent chaud, puis posa sa tête sur les pattes antérieures.

« Ça ne t'arrive jamais, à toi ? » Il planta ses yeux dorés dans ceux, émeraude, de la Guerrière.

Autour d'eux, les nuages continuaient à déverser leurs innombrables larmes sur la vallée avec un murmure monotone qui invitait à la mélancolie.
Revenir en haut Aller en bas
Menthe
Admin (attention ; bombe)
avatar

Féminin
Nombre de messages : 1439
Age : 19
Date d'inscription : 12/03/2009


Mes personnages
Description:

MessageSujet: Re: # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)    Mar 14 Aoû - 1:24

    « Seasons come and go,
    But I will never change. »
    Changer. Ce mot rassemble tant. Mais que signifie t – il vraiment ? J'ai souvent essayé. Longtemps j'ai échoué. Alors, j'ai arrêté. Changer. Es – ce faire semblant de devenir quelqu'un d'autre, quelque chose qu'on n'est pas vraiment ? Quelque chose qu'on a pas été destiné à être. Changer. J'ai fait semblant. Je fais toujours semblant. Je ferais semblant. Pourquoi se battre pour devenir ce que nous n'avons jamais été ? Pourquoi se forcer à se modeler à une image qui ne nous ressemble pas ? Le temps file, file, file encore, de plus en plus vite, et je continue à mentir. Aux autres, comme à moi – même. Je me cache, et je fait semblant. Je peins inlassablement un reflet qui n'est pas le mien, dessine un masque que je porte jour après jour sans jamais l'ôter. Une once de vérité, voilà tout le secret pour ne pas sombrer dans la folie. Je vois les feuilles tomber, la neige les recouvrir, les arbres les faire renaître et le soleil les réchauffer, et je me voile toujours la face. Les autres croient que j'ai changé. C'est qu'il ne m'ont jamais connue. Et je leur ment. Les saisons vont et viennent, mais jamais je ne changerais.

    Lavant toutes les erreurs de la terre, toutes ses impuretés, la détrempant en répandant cette douce odeur que la guerrière affectionnait tant de chaleur fraîchement arrosée, la pluie s'abattit avec fracas sur le Champ de Fleurs. Vous les verriez, tendant toutes leurs corolles colorées vers le ciel, se délectant du bain qu'elles avaient tant attendu. Mais les nuages restèrent percés même après le plus soif, courbant ces princesses de couleur avec violence, comme pour les punir d'être aussi belles. Baissant la tête, elles battaient en retraite, brisées sous l'orage.

    Du gris, du gris, encore du gris. Même la verte nature semblait colorée de ce mélange uni des encres noires et des purs blancs. Mais comme un tempo tantôt lent tantôt rapide, l'averse battait le sol, comme un renouveau, une danse endiablée. Pourtant, cela faisait des heures qu'il pleuvait, mais .. Pas aussi fort. Comme si un signal invisible avait laissé les nuages s'abandonner et composer leurs mélodies capricieuses et changeantes. En silence, elle contemplait l'eau s'abattre sur ce paysage qu'elle connaissait depuis des lunes, maintenant. Lui changeait sans arrêt, mais restait le même pour autant.

    Détachant son regard de ce spectacle qu'elle adorait n'importe où, n'importe quand, sans jamais s'en lasser, elle posa l'absinthe de ses beaux yeux sur le grand mâle tigré. Ses yeux à lui s'étaient fait durs et brillaient de colère, tout comme ses oreilles et sa queue qui fouettaient l'air.

    « Je comprends ! Cependant, je ne pensais pas que les Bipèdes s'avançaient autant sur les Terres. »

    Et voilà, un jeu d'enfant. Elle avait tant joué sur le fil du mensonge, tant raconté d'histoires toutes plus fausses les unes que les autres pour sauver sa peau, ou préserver ce qu'elle pensait être le cœur d'elle – même que ça ne lui posait plus aucuns soucis. Mais là .. Là, c'était différent. Comment expliquer l'once de remord qui lui tordit le ventre quant à la compréhension, la sympathie et la colère contre ce qui l'avait apeurée du grand mâle .. Il avait l'air si doux, si respectueux et gentil, qu'elle ne savait même pas comment pouvoir imaginer une seule seconde que ce serait le genre de félin vicieux qui vous veux du mal. Mais pourtant, elle l'avait fait. Elle avait menti. Pour protéger son petit jardin secret. Pour protéger sa source. Le lien entre elle et sa meilleure amie, qui était aussi vivante qu'elle était un raton laveur ! Oui, elle se sentait coupable. Mais elle était tellement égoïste, tellement .. Craintive du monde extérieur et de tout les maux que les autres pourraient lui infliger. Non, décidément, jamais elle ne changerait. Plus maintenant, de toutes façons.

    Comme Écorce d'Épines l'avait prédit, la nuit tomba. Sans coucher de soleil, sans cérémonie, sans belle lumière, juste le gris, qui s'obscurcit à chaque seconde jusqu'à devenir noir. Pas d'étoiles non plus. Pas de lune. Ils étaient seuls, là, sous cet arbre, à écouter la pluie tomber, dans le noir. Dans le froid.

    « Tu ne t'y intéresses peut être pas, mais pour ma part je suis venu par ici pour réfléchir... Je trouve que c'est un bon endroit pour s'isoler ici, seul... ou à deux. C'est peut être bête de ma part, moi qui suis d'une nature sociale, mais j'ai l'impression qu'être seul ici me permet de me sentir un peu mieux, moins oppressé. Excuse-moi, je raconte souvent ma vie. Ça ne t'arrive jamais, à toi ? »

    Elle ne répondit pas tout de suite. Elle ne broncha même pas lorsqu'il se coucha à ses côté, la réchauffant rien que par sa présence, là, toute proche. Leurs pelages se touchaient, s'entremêlaient, elle en était sûre. Elle le sentit poster sa tête sur ses pattes, et elle décida d'en faire autant. Doucement, elle se laissa glisser sur le sol, près de lui.

    Les paroles du mâle la firent réfléchir. Elle ne répondit toujours pas. Ce qu'il venait de lui dire .. L'aurait – il dit au premier venu ? Ou .. Peut – être lui accordait – il ainsi sa confiance ? Elle ferma les yeux. Peut être devrait – elle lui parler un peu d'elle, elle aussi. Partager. La dernière fois qu'elle avait fait confiance à quelqu'un, elle s'était enfuie, la laissant là. Mais .. Elle avait beau chercher dans ses maigres souvenirs du guerrier, il ne lui en résultait que de la gentillesse.

    « Si, ça m'intéresse .. Et ne t'excuse pas. Tu n'as pas à le faire, au contraire. Je suis contente que tu me parles de toi, de ta vie. C'est intéressant. Enfin, je veux dire .. J'aime bien écouter les autres parler. »

    Elle s'arrêta. Les pupilles écarquillées, elle fixait un point dans le noir, sans rien voir, évidemment. Le regard perdu dans le vague, elle articulait lentement, complètement déconnectée. Sans savoir où aller, ni que faire. Cette impression, elle ne la connaissait que trop bien. Et pourtant, elle ne pouvait lutter.

    « Pour ma part .. »

    Non. Non, non, non ! Il allait la prendre pour une folle, si elle lui disait, ne serais – ce qu'un peu de ses secrets. Il prendrait sûrement peur, d'ailleurs. Mais pourtant, elle ne pouvait plus rien faire. Oh, et puis .. Advienne ce qu'il adviendra ! Long soupir. Voix basse, légèrement rauque.

    « Pour ma part, ce sont les orages et la pluie, qui m’apaisent. Ils me délacent, me font du bien. Et c'est à eux, que je raconte ma vie. C'est à eux que je parle, que je dévoile ma vie, facette par facette. »

    Elle se fit l'impression d'une idiote. D'une pure imbécile. Mais que lui prenait – il, bon sang ? Pourtant, elle continua. Abandonnant la lutte. Tant pis. Qu'elle seule le sache ou que tout le Clan soit au courant, elle était folle, ça ne faisait pas grande différence.

    « Et tu sais .. Eux aussi, ils me parlent. Sans bruit, en silence, mais je sais qu'ils sont là, pour moi, et qu'ils m'écoutent. Sans jamais me juger. Je n'ai pas besoin de leur mentir. Jamais. »

    Et elle se tut.

_________________




-

Chant des Nuages:
 


♥:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: # Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)    Ven 17 Aoû - 12:54

If we live our life in fear
I'll wait a thousand years
Just to see you smile again


Les feuilles du chêne frissonnèrent sous un souffle de vent glacé, bruissant dans une superbe symphonie, en accord aux notes que chantaient la pluie. Puis tout se tut, même si la pluie continua de tomber, et que bientôt, un éclair zébra le ciel, dans un hurlement déchirant. Ecorce d'Epines avait tout oublié. Sauf la personne qui était à côté de lui, si près qu'il sentait son pelage contre le sien. Leurs museaux étaient à quelques centimètres l'un de l'autre, à peine une queue de souris. Dans cette intimité naissante, qui les entourait comme une bulle, Ecorce d'Epines sentit enfin sa détresse s'envoler. Leur proximité était comme un secret, un secret qu'eux deux seuls partageaient, chassant l'orage et lui faisant oublier la pluie, troublant imperceptiblement Ecorce d'Epines. Il ne bougeait plus, retenait presque son souffle, pour ne pas voir ce moment s'envoler. Il se reprocha son manque de discernement, sans pour autant esquisser un geste.
Il préféra laisser sa tête contre ses pattes avant. Et écouter.

Il avait un instant eut peur qu'elle le regarde de travers, et qu'elle s'en alla prétextant que cette conversation ne rimait à rien et qu'il n'avait pas à savoir quoi que ce soit là dessus. Mais elle ne fit que regarder dans le vague, avec une sorte de mélancolie lointaine. Cependant, le grand mâle ne vit pas cela. On ne voyait presque rien, à cause du manque de lumière. C'était une nuit sans lune, sans étoile, sans vie. Seuls les éclairs grondant et colériques éclairaient les yeux vert pâle de Fraîcheur de Menthe pendant une fraction de secondes. Dans le noir, seuls restaient les sons, l'odeur et le toucher. La voix de la jeune femelle murmurait dans cette étrange obscurité, s'enroulant lentement autour du jeune mâle.

« Pour ma part, ce sont les orages et la pluie, qui m’apaisent. Ils me délacent, me font du bien. Et c'est à eux, que je raconte ma vie. C'est à eux que je parle, que je dévoile ma vie, facette par facette. »

Elle s'arrêta. Comme si elle pensait à quelque chose. A un souvenir en particulier. Ou parce qu'elle hésitait à se révéler, mais cela, Ecorce d'Epines ne le comprit pas. Il ne fit qu'écouter. Elle ne tarda pas à reprendre, toujours de cette même voix caressante, comme un secret. Mais cette fois, elle ne chuchotait pas, sachant pertinemment qu'il n'y aurait personne d'autre que le Guerrier à l'entendre.

« Et tu sais .. Eux aussi, ils me parlent. Sans bruit, en silence, mais je sais qu'ils sont là, pour moi, et qu'ils m'écoutent. Sans jamais me juger. Je n'ai pas besoin de leur mentir. Jamais. »

Ecorce d'Epines resta un moment muet, comprenant lentement. Non, il ne la prenait pas pour une folle. Non, il n'allait pas répéter cela à tout le monde. Il comprenait ce qu'elle ressentait. Et il était ému, touché, qu'elle lui raconte cela à lui. Puis de sa voix rauque et basse, il répondit :

« Moi, je ne te mentirai jamais. Et jamais je ne te jugerai. » Il tourna la tête vers Fraîcheur de Menthe. Il ne la voyait pas, mais il sentait qu'elle était toute proche, et son souffle passait sur sa joue. La pluie se fit plus réservée, s'apaisant enfin. Légèrement.

« Mais je te comprends. » Il sentait le poids de son coeur lourd s'alléger lentement. « Quand ma soeur est partie, je n'avais plus personne à qui parler. Et c'est en la nature, que j'ai pu partager mon fardeau, et la douleur de son absence. Elle ne m'a rien répondu à moi... » Il regarda ses pattes. « Mais je me sentais soutenu, et je n'étais plus si seul. »

Il se racla la gorge avec gêne. Ne sachant comment continuer, ni que dire, il s'arrêta. Cette situation était étrange. C'était l'un de ses rares moments, où on a l'impression que l'on est seul sur Terre. Comme s'il n'y avait plus qu'eux deux. Et l'orage. Et la nuit.
Revenir en haut Aller en bas
 
# Premier Rp (Prio Fraîcheur de Menthe)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Bouchées fraîcheur (apero)
» Créer un peu de fraîcheur chez soi et sur soi
» Tutoriel fraîcheur d'Hawaii
» Garder la fraîcheur dans une maison en été
» Salade fraîcheur, Kiwi et saumon fumé

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
« Il n'y a que toi, il n'y a toujours eu que toi. » :: JEU. :: Clan de la Rivière :: Territoires :: Champ de Fleurs-
Sauter vers: